Véhicule d’urgence et dashcam : quelle utilité ?

Véhicule d’urgence et dashcam : quelle utilité ?

Réflexion sur les véhicules d’urgences et les «dashcam»

Peut-on imaginer l’installation de «Dashcam» ou en français caméra de tableau de bord, semblant de boite noire qui enregistre les coordonnées GPS, la vitesse, les 30 secondes avant un accident et les 30 secondes après, ou les 10 dernières minutes à bord de nos véhicules de secours.

A l’étranger

Elles ont déjà été mis en service dans certains pays notamment à bord de véhicules de police américaine afin de servir de support pour les procédures judiciaires. Mais aussi à l’initiative des compagnies d’assurances, étant ainsi depuis 2012 installées de série dans les véhicules neufs qui sortent des chaines de productions.

Les «dashcam» se sont aussi généralisées en Russie à la demande des sociétés d’assurances qui les utilisent ainsi afin de lutter contre la fraude, qui est importante dans ce pays mais qui ; possèdent aussi un taux d’accident mortel conséquent à savoir 18,6 pour 100 000 habitants contre 6,4 pour la France (source OMS).

A Hong Kong et Singapour ce sont les taxis qui en sont équipés dans un souci de sécurité et de responsabilisation des conducteurs.

En Belgique certains véhicules de secours en sont équipés et enregistrent les informations durant le parcours pour se rendre en intervention mais aussi des caméras de zones autour du véhicule permettant de filmer les alentours.

Les pays ne réagissent pas tous de la même façon face à ce phénomène : ainsi sont-elles recommandées au Royaume Unis les «Dashcam» sont pourtant interdites au Portugal et en Autriche.

En France

Les automobilistes succombent aussi à la mode et on commence à trouver des caméras sur le marché français à des prix plus ou moins attractifs. On se retrouve avec environ 370 000 dashcam achetées en 2014 (UFC que choisir). Les compagnies d’assurances ne se sont pour l’instant pas vraiment penchées sur ce créneau même si l’une d’elle propose une réduction de 30% sur la prime d’assurance.

Le site amaguiz.com vient quand à lui de signer un partenariat avec l’entreprise Coyote, tout comme Allianz : «Dans le cadre d’un sinistre, cette vidéo est acceptée comme un élément fiable pour les clients d’Allianz équipés du boîtier CoyoteS (le figaro) ». Le premier ministre Mr Valls s’est prononcé quant à lui en 2014 sur l’utilisation a bord des véhicules de boites noires couplées avec des caméras afin de lutter en partie contre l’insécurité routière. On commence à en parler de plus en plus dans les journaux ou les émissions télé concernant l’automobile.

Applications pour les véhicules de secours

On peut noter que certaines ambulances ont des caméras qui permettent de surveiller ce qu’il se passe dans la cellule sanitaire depuis le poste de conduite protégeant ainsi le patient(e) mais aussi l’ambulancier.

Mais pour l’instant il n’y a pas de dashcam installées à bord d’ambulances ou de tout autre véhicule de secours. Hormis pour les forces de Gendarmerie et de Police, qui testent ainsi des systèmes comprenant des dashcam filmant les trajets des interventions mais aussi des caméras installées sur les fonctionnaires, filmant les interpellations afin de servir de support légal à certaines procédures judiciaires et enfin le système L.A.P.I (Lecture Automatisée des Plaques d’Immatriculation).

Or, l’installation de dashcam pourrait grandement encourager les usagers de la route, se sachant filmés, à faciliter la progression des véhicules d’urgence et à les respecter. Surtout si cette installation généralisée de caméras dans nos véhicules d’intervention est accompagnée d’une campagne de publicité, et d’un rappel à la loi concernant le non respect de l’aspect prioritaire de certains véhicules. Il est temps de rebooster le sens civique de chacun.

Pour mémoire : un usager de la route ne cédant pas le passage à un véhicule en intervention peut se voir retirer 4 points sur son permis et être verbalisé avec une contravention de 135 euros (Article R415-12 du code de la route). Tout le monde sait qu’il n’est pas rare de voir un véhicule particulier refuser la priorité à une ambulance privée, mais de la même façon à un SMUR alors que ceux-ci actionnent les dispositifs lumineux et sonores et se rendent au chevet d’un patient.

En cas d’accident entre un véhicule d’urgence en intervention et un autre véhicule; avec de tels dispositifs à bord il serait alors plus facile de prouver le refus de priorité, l’obstruction ou la mise en danger de l’équipe de secours et du patient, la caméra filme la vérité…. Et là plus de problèmes pour rédiger le constat, ce qui n’est vraiment pas le cas aujourd’hui.

Il faudrait également, pour une minorité d’entre nous, probablement revoir nos comportements, nous rendant ainsi irréprochables tous autant que nous sommes, Forces De l’Ordre comprises, puisque ce genre de système enregistre aussi l’espace de conduite. On peut déjà voir sur internet des vidéos avec des films tournés depuis le poste de conduite, d’ambulances ou de smur ou d’autres véhicules de secours soulevant des critiques devant certaines règles de sécurité ignorées.

C’est aussi dans ce cas à nous de montrer l’exemple. Permettant ainsi de faire de la prévention, servir de support dans l’apprentissage de notre conduite en urgence. Il en est de même pour des caméras fixées sur l’ADE, chef d’équipe, médecin etc. connectées avec la régulation médicale afin de faciliter la compréhension du bilan et de l’environnement.

Attention, Il ne faut pas cependant tomber dans l’excès inverse. Ce type de produit ne doit pas devenir un moyen de contrôle et de surveillance des personnels comme cela a pu se faire avec les logiciels de géo-localisation.

Il y a malheureusement des points négatifs a ce genre de dispositif

Car si l’idée semble bonne dans sa généralité elle est pourtant soumise à des effets pervers. En effet les gens filment que ce soit avec des dashcam ou des « gopro » leurs exploits d’excès de vitesse, leurs prise de risques laissant apparaitre de temps en temps des vidéos sur la toile de motards ou de conducteurs filmant, finalement leur propre mort.

Mais le point le plus important est l’aspect légal de ces enregistrements car ce qu’il faut savoir c’est qu’ils tombent sous le coup de la loi, en particulier l’article 226-1 du code pénal sur le respect de la vie privée. En l’occurrence toute personne se trouvant filmée à son insu pourrait facilement porter plainte et faire condamner la personne ayant réalisé cet enregistrement à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

La loi Guigou (15/06/2000) protège aussi le droit à l’image, et surtout la présomption d’innocence conduisant certains tribunaux à condamner des photographes. Un maire de Seine-et-Marne vient justement de recevoir récemment un rappel à la loi suite à l’utilisation de films provenant de caméras de vidéo-surveillance dans le cadre d’un litige.

C’est pour cela que les tests fait actuellement par les forces de l’ordre sont très encadrés.

Au final il est certain que mettre des caméras embarquées à bord des véhicules aurait un effet bénéfique et préventif : pour le conducteur lui-même se sachant filmé, mais aussi pour les autres usagers de la route. Certains pays européens, dont la France, ont commencé à travailler sur le sujet et l’intérêt de ces fameuses caméras.

Ce type de technologie ne peut être qu’un plus pour la sécurité routière et elle permettrait aussi de comprendre certains accidents (cinétique, malaise, alcool,…). Il faut pour cela que le législateur se positionne et légifère rapidement afin de donner un cadre légal à ce type de caméra, tout comme il va devoir légiférer sur les sirènes sinusoïdale appelées aussi internationale (us) ou européenne pour les véhicules de secours français.

En conclusion Il faut vivre avec son temps…

Les ambulanciers de Dordogne et le maintien des acquis

Les ambulanciers de Dordogne et le maintien des acquis

L’Association des Ambulanciers de Dordogne (AAD)

L’association des ambulanciers de Dordogne oeuvre de façon permanente eu sein de son département pour promouvoir le métier d’ambulancier mais aussi améliorer les bonnes pratiques du métier. Ces ambulanciers qui constituent le coeur de l’association mettent en place de nombreuses rencontres, action de formation avec les professionnels du secteur médical en région.

Aujourd’hui une grande avancée est mise en avant grâce à leur dévouement constant mais aussi grâce à la volonté des acteurs médicaux de l’Aide Médicale Urgente. Je vous propose de lire les lignes qui suivent. reste à espérer que ce modèle sera appliqué un jour sur l’ensemble du territoire auprès de tous les professionnels ambulanciers. Je ne cesserais de vanter la qualité de leurs résultats sans cesse en progression dans une région jusqu’à ce jour assez hostile à l’avancée des pratiques ambulancières. mais c’était sans compter sur l’acharnement de l’équipe de l’AAD qui a su démontrer aux autorités et différents partenaires l’intérêt réel de faire avancer cette profession d’ambulancier.

Maintien des acquis

Il y a un an, l’AAD, toujours en quête d’améliorer l’image et la pratique de notre métier, était contacté par la chambre des métier. Une question simple est posé au président de l’AAD : « Avez vous besoin de formation ? » Du pain béni, en somme. Nous avons donc proposé et établi les besoins et les priorités concernant la formation continu des ambulanciers de notre département.

La priorité de l’AAD était que cette formation soit d’abord obligatoire et annuelle, ensuite propre aux ambulanciers (contrairement à l’AFGSU) et, enfin, gratuite pour nos chefs d’entreprises. La chambre des métiers a donc menée, durant l’année 2014, bon nombre de réunion afin de mettre en place une journée de recyclage supplémentaire à l’AFGSU. Le cesu24 et l’Otsu24 ont activement participé. Nous sommes arrivé à un résultat satisfaisant même si, pour l’instant, toutes nos demandes n’ont pas pu aboutir.

En effet, cette formation, que nous avons appelé « maintien des acquis », ne sera, faute de formateurs et de place au CESU, que tout les 2 ans. Elle rentre dans le cadre de la formation continu, grâce à l‘OPCA transport. Elle sera, pour l’instant, un rappel des fondamentaux de l’AFGSU. Nous espérons affiner dans l’avenir le continu pour qu’elle devienne encore plus adaptée aux ambulanciers (postures, législation par exemple).

Au mois de février 2015, ce maintien des acquis va donc voir le jour. Un grand tournant dans l’histoire des ambulanciers de Dordogne, la plus grande victoire depuis la création de l’AAD.

Retrouvez l’association sur le web

Sur la toile : http://www.ambulanciers24.fr/

Sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Ambulanciers-de-Dordogne/367460413361289

Transport et Urgence : mémento pour les ambulanciers

Transport et Urgence : mémento pour les ambulanciers

Mémento des bonnes pratiques pour les ambulanciers en urgence

Voici quelques temps de ça j’avais crée un dépliant pour aider les ambulanciers à avoir sur eux les différents textes réglementaires relatifs au code de la route pour les transports urgent. Voici donc la nouvelle version. Elle est désormais plus complète et recense les dernières parutions en la matière. Destiné à être conservé dans votre sac ou dans l’ambulance ce mémento a pour but de vous rappeler les quelques règles élémentaires lors d’un transport urgent.

Mais comme cela ne suffit pas il vous aidera à démontrer en cas de contrôle par les forces de l’ordre que vous êtes dans votre bon droit. Tous les éléments présents émanent de source officielle hormis quelques éléments distinct. Je ne saurais trop vous rappeler que vous devez appliquer à la lettre les règles du code de la route et être capable de faire la différence entre urgence réelle et urgence relative, la différence entre vitesse et précipitation, mais aussi entre rapidité et confort etc.

Vous êtes des professionnels de santé formés et je ne devrais même pas vous rappeler certains détails qui doivent être un automatisme. La prudence et l’anticipation doivent rester vos priorités numéro un.

Pouvoir exercer sans devoir se justifier

Nous savons tous très bien que, au quotidien, suivant les régions, les règles ne s’appliquent pas pour tout le monde et de la même façon aux yeux des forces de l’ordre (les nombreuses coupures de presse le démontrent). En effet il est déplorable que régulièrement certains équipages en France se voient verbalisé alors qu’ils agissent dans les règles. Ce document existe donc aussi pour cette raison et vous permettre d’entamer un dialogue argumenté en cas de verbalisation.

Toutefois je vous mets en garde sur le fait que ce document ne pourra pas servir de passe droit mais juste apporter les références des textes qui s’appliquent aux transport sanitaire dans le cadre d’une mission à caractère urgent.

Dans le cas où vous ne pourriez pas entamer de dialogue surtout défendez vous en vous adressant à des professionnels du droit (assistance juridique, avocat). De multiples arrêts rendus par les tribunaux ont donné raison aux équipages qui ont respecté les règles durant leur transport conformément aux articles cités en exemple dans ce dépliant.

Aucune interprétation n’est donné dans ce document. Les textes et références sont cités tel qu’apparu à l’origine : que ce soit les règles du code, les questions au gouvernement etc etc. 

Donc conservez ce document il a été élaboré pour vous aider, vous permettre d’avoir avec vous les références utiles. Bonne route et ne confondez pas urgence avec pilotage sur circuit !!! Vous êtes des professionnels de santé, agissez en tant que tel.   

« La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Extrait de Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

 Références documentaires


Télécharger : dépliant  memento

Si vous rencontrez des problèmes d’impression, merci de donner plus de détail sur le problème rencontré dans les commentaires pour proposer une version adaptée pour que chacun puisse l’imprimer de façon impeccable ! Merci à vous tous !

trifold

Fichier PDF – dépliant 3 volets recto + verso – à imprimer

Observations

Il va de soi que, actuellement il existe un réel problème quand à la clarté des textes. Certains diront que l’ambulance qui réalise une mission à la demande du centre 15, donc mission de service public, devient un VIGP. D’autres soutiendront que seuls les véhicules affectés auprès des centre 15 (entreprises sous contrat par ex) peuvent bénéficier de cette priorité au regard de la phrase concernée dans l’article concerné.

A l’heure actuelle il serait enfin temps que TOUS les acteurs du secours à personne, qu’ils soient public ou privé soit enfin présent dans un seul système de règles du code de la route. Il s’agit de pouvoir en faire bénéficier au final celui qui sera transporté : victime, patient, parturiente etc. Mais pour cela il faudrait une réelle envie de la part des pouvoirs publics de vouloir enfin clarifier la situation une bonne fois pour toute. Mais en France on aime les choses compliquées.

Ce dépliant condense énormément d’informations. Peut être même trop. Mais n’oubliez pas que le but de ce mémento est d’avoir à disposition des références officielles, des textes de lois et des articles du code. Toute remarque constructive et argumentée sera la bienvenue pour enrichir et améliorer le document. Mais tenez bien compte que certains paramètres ont dû être pris en compte :

– Taille du document limitée pour tenir dans une boite à gant ou porte document

– Contenu exact des articles de loi pour éviter tout risque

– Textes officiels retranscris tel que paru. Aucune interprétation n’est faite.

Correctifs pour ceux rencontrant des problèmes d’impressions : Fichier alternatif

AMLS – Advanced Medical Life Support

AMLS – Advanced Medical Life Support

paramedic_canada

En parcourant les rubriques j’ai remarqué quelques manques ici et là. J’ai vu entre autre que je n’avais jamais abordé le sujet de l’ Advanced Medical Life Support (AMLS). Une formation spécifique qui est dispensée par un CESU en France. Donc je corrige et je vous diffuse donc la présentation de cette formation complémentaire à la formation initiale de l’ambulancier.

Qu’est ce que l’Advanced Medical Life Support – AMLS ?

L’Advanced Medical Life Support (AMLS) est un programme de formation parrainé par la NAEMT (l’Association Nationale des Techniciens d’Urgence américaine) les “paramédics” américains. Ce programme approuvé par l’Association Nationale des Médecins d’Urgence américaine (NAEMSP) s’adresse aux professionnels de santé qui prennent en charge des patients victimes de problèmes médicaux. Statistiquement, la fréquence des prises en charge nécessitant des soins médicaux dépasse nettement celle des traumatisés.

L’AMLS met l’accent sur l’étude de la situation du patient et propose une stratégie de prise en charge qui s’appuie sur une évaluation systématisée. L’enseignement compte seize heures de formation, réparties sur deux jours de cours interactifs alternant enseignement et cas pratiques en ateliers.

Le programme de l’AMLS aborde: l’évaluation initiale des patients, la gestion des voies aériennes, l’évaluation de l’état de choc, la dyspnée et les défaillances respiratoires, les douleurs thoraciques, les troubles de conscience, les douleurs abdominales, les pathologies infectieuses, métaboliques.

Au terme du cours, une évaluation diplômante détermine la délivrance d’un certificat américain reconnu de façon internationale, d’une validité de quatre ans. Les cours sont dispensés au Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence (CESU) du SAMU 68 au Centre Hospitalier de Mulhouse, par des médecins et infirmiers, professionnels de l’urgence.

Au programme de l’Advanced Medical Life Support – AMLS

JOUR 1

• L’évaluation d’un patient atteint d’une pathologie médicale
• Les états de choc
• La dyspnée et les détresses respiratoires aiguës
• Les douleurs thoraciques

• Les troubles de la conscience

• Les troubles endocriniens, métaboliques
• Les pathologies infectieuses

JOUR 2

• Les douleurs abdominales
• Les pathologies infectieuses
• Les pathologies d’origine toxiques

L’ensemble des cours dispensés sont en français.

Inscription et coût de la formation

  • L’inscription se fait par le formulaire disponible en téléchargement. Le coût de la formation, Livre AMLS et documents pédagogiques compris, s’élève à 675 euros.
  • Les frais de déplacement, d’hébergement et de repas ne sont pas inclus. Toute inscription sera accompagnée du prix de la formation soit un versement initial de 675 euros.
  • En fin de formation, une attestation de présence ainsi qu’une facture vous seront remises.
  • La lecture préalable du livre AMLS est un aspect primordial de la bonne compréhension des mécanismes physiopathologiques, permettant d’identifier les signes cliniques et les éléments anamnestiques pertinents.

Contact – informations etc : http://www.amls.fr/

Lieu : Hôpital Emile Muller (Möenschberg) (68)

Note importante : il est inutile de signaler que cette formation n’est pas utile pour un ambulancier etc etc. Aux détracteurs et autres je rappelle juste que rien n’interdit à chaque professionnel de juger lui même de l’intérêt d’approfondir ses connaissances. Je n’ajouterais rien de plus pour éviter toute polémique.

Système d’urgence Suisse : ambulancier et régulation

Système d’urgence Suisse : ambulancier et régulation

Le système de régulation médicale d’urgence suisse et  l’utilisation des moyens ambulanciers

Vous allez découvrir ci joint le lien vers un reportage vidéo très intéressant sur le système de régulation médicale d’urgence suisse et sur l’utilisation des moyens ambulanciers, leurs missions etc. La vidéo débute à 28 minutes ambulance_frontc’est normal à moins que vous ne souhaitez regarder les autres thèmes précédents complètement différents ^_^ !

Je vous cite le texte de présentation issu du reportage :

Un appel au 144 déclenche la chaîne des secours dans l’une des six centrales de Suisse romande. Les régulateurs qui répondent au téléphone sont formés à évaluer très vite la gravité et l’urgence de la situation. Dans certains cas, une vie est en jeu et chaque minute compte. Au besoin, ils dictent aux témoins les gestes qui sauvent dans l’attente de l’arrivée des ambulanciers. Un monde sensible, aux frontières de la détresse humaine.

Ce reportage poignant nous immerge dans le quotidien des principaux acteurs du 144. A commencer par celui des régulateurs, premiers maillons de la chaîne de secours. Leur rôle est d’évaluer la gravité de la situation mais aussi guider les gestes qui sauvent. Détresse physique ou psychologique, les régulateurs sont exposés à toutes les formes de souffrance. C’est à eux que revient la tâche délicate d’évaluer les moyens à mettre en œuvre. 

Le second maillon des secours sont les ambulanciers. Ils ne savent jamais de quoi leur journée sera faite. Infarctus, naissance, abus d’alcool, accident de la route font partie de leur quotidien.  Au stress s’ajoute le danger. Ils sont en contact direct avec des personnes qui parfois sont dangereuses pour elles-mêmes et pour les autres. La composante sociale prend alors le pas sur celle de la santé.

Voici le lien de découverte de ce reportage en vidéo : http://www.rts.ch/emissions/36-9/4464510-la-vie-du-144-mode-d-emploi.html

Bon visionnage, je me doute que ça va faire des émules et susciter des expatriations ^_^ ! Ce lien n’est pas une exclue certes mais pour ceux qui ne le connaissait pas encore…

Ambulance, véhicule prioritaire ou/et à facilité de passage : réponse du sénat

Ambulance, véhicule prioritaire ou/et à facilité de passage : réponse du sénat

Le débat interminable pour savoir si une ambulance privée peut être reconnue comme véhicule d’intérêt général prioritaire dans le cadre d’une intervention à la demande du centre 15 (SAMU) pourrait prendre fin grâce à la réponse qui va suivre. En effet un sénateur a évoqué le sujet lors d’une assemblée au sénat et voici la réponse du gouvernement à ce sujet. j’insite sur la clarté des informations dispensées par la réponse et l’utilisation des termes.

Si on vous reproche encore d’utiliser la loi comme vous l’entendez, ces éléments devraient pouvoir vous permettre d’apporter une réponse claire et surtout indiscutable. il est temps que les mentalités évoluent et qu’on arrête de chercher des poux dans la tête des ambulanciers privés. Les deux questions qui suivent font mention on ne peut plus clairement sur les deux rôles distinctifs d’une ambulance privée : intervention dans le cadre d’une mission 15 (VIGP)  ou d’un transport urgent sur la demande d’un médecin généraliste (VFP)

Ambulances, limitations de vitesse ou/et feux rouge 

Question écrite n° 16287 de M. Jean Louis Masson (Moselle – NI)

publiée dans le JO Sénat du 02/12/2010 – page 3155

M. Jean Louis Masson attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration sur la réglementation afférente aux ambulances qui se déplacent en urgence. Dans le cas où une ambulancetransporte un blessé ou un malade en situation d’urgence, il lui demande si, sous réserve d’agir avec prudence, le conducteur peut dépasser les limitations de vitesse ou franchir au ralenti un feu rouge.

Transmise au Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

Réponse du Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2012 – page 1259

L’honorable parlementaire appelle l’attention du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration sur les conditions dans lesquelles les ambulances transportant les blessés ou malades dans des situations d’urgencepeuvent déroger aux règles du code de la route relatives aux vitesses maximales autorisées et au franchissement des feux de signalisation. 

Aux termes de l’article R. 311-1 du code de la route, les ambulances de transport sanitaire entrent dans la catégorie des « véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage ». Ceux-ci sont alors rattachés au régime dérogatoire des articles R. 432-2 et R. 432-3 du code de la route, lorsqu’ils sont en situation d’urgence. Ce régime dérogatoire s’applique aux dispositions du code de la route relatives aux limitations de vitesse, à la circulation dans des voies réservées, à l’usage des avertisseurs et à la circulation sur autoroute et route express. Toutefois, il ne concerne pas le respect des feux de signalisation, auquel les ambulances sont tenues.

En revanche, lorsque les ambulances agissent à la demande du service d’aide médicale d’urgence, elles disposent des mêmes prérogatives que les « véhicules d’intérêt général prioritaires ». Elles peuvent dans ces circonstances déroger à l’ensemble des prescriptions relatives aux règles de circulation édictées par le code de la route, lorsque l’urgence de leur mission le justifie, conformément aux dispositions de l’article R. 432-1 du même code. Compte tenu de la nécessité de définir limitativement les véhicules d’intérêt général prioritaires autorisés à déroger à toutes les règles de circulation, il n’est pour l’instant pas prévu d’y inclure les ambulances exerçant dans le cadre normal de leurs activités.

Ambulances et voies de bus  

Question écrite n° 12479 de M. Claude Domeizel (Alpes de Haute-Provence – SOC)

publiée dans le JO Sénat du 11/03/2010 – page 577

M. Claude Domeizel attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales sur les difficultés rencontrées par les véhicules sanitaires légers (VSL) et ambulances. Ces derniers avaient bénéficié d’une tolérance accordée par Monsieur Gaston Defferre, alors ministre de l’intérieur et de la décentralisation, d’emprunter les voies de bus au même titre que les taxis. Il semblerait que ces véhicules fassent aujourd’hui l’objet de verbalisation entraînant bien souvent une immobilisation temporaire du véhicule. Il lui demande si la tolérance évoquée plus haut s’est traduite dans un texte réglementaire et si, dans la négative, il envisage de régulariser cet avantage.

Réponse du Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales

publiée dans le JO Sénat du 06/05/2010 – page 1155

Les véhicules de transport sanitaire, définis à l’article R. 6312-8 du code de la santé publique, sont répertoriés en deux catégories : « les véhicules spécialement aménagés », c’est-à-dire les ambulances, et « les autres véhicules affectés au transport sanitaire terrestre » constitués des véhicules sanitaires légers (VSL). Les VSL sont des véhicules réservés au transport sanitaire de trois malades au maximum en positon assise et peuvent être également utilisés pour le transport de produits sanguins labiles (art. R. 6312-14 du code de la santé publique).

Aux termes de l’article R. 311-1 du code de la route, les ambulances sont reconnues comme des véhicules d’intérêt général « prioritaires », s’il s’agit d’ambulances effectuant des transports urgents à la demande des unités mobiles hospitalières (SAMU, centre 15) ou « bénéficiant de facilités de passage » pour les autres ambulances de transport sanitaire.

À ce titre, les ambulances peuvent bénéficier d’un aménagement des conditions de circulation sur la voie publique (art. R. 432-1 à R. 432-4 du code de la route), sous réserve d’être équipées de dispositifs spéciaux, lumineux et sonores, de signalisation (art. R. 313-27 et R. 313-34 du même code). Ainsi, aux termes de ces dispositions du code de la route, les ambulances disposent du droit d’emprunter les voies réservées à certaines catégories de véhicules, à la condition de se trouver en situation d’urgence, de faire usage d’avertisseurs spéciaux et de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route.

Elles peuvent alors se prévaloir du droit d’emprunter les couloirs d’autobus, quelle que soit la commune sur le territoire de laquelle ceux-ci sont situés. Pour ce qui concerne les VSL, ils ne peuvent être inclus dans les « véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage », définis à l’article R. 311-1 du code de la route, qu’au titre des « véhicules de transport de produits sanguins et d’organes humains ».

Les véhicules de transport sanitaire peuvent ainsi circuler dans les couloirs de bus, mais dans des conditions strictement définies, en leur qualité de « véhicule d’intérêt général » quand ils sont en situation d’urgence et, concernant les VSL, uniquement ceux transportant des produits sanguins labiles.

Enfin, aux termes de l’article L. 2213-2 (1°) du code général des collectivités territoriales, le maire peut, par arrêté motivé, réserver, à certaines heures, l’accès de certaines voies ou de certaines portions de voies à diverses catégories d’usagers ou de véhicules. À titre d’exemple, aux heures de circulation intense dans certaines agglomérations, les maires peuvent autoriser l’accès des couloirs de bus aux VSL.

Lexique :

VSL : véhicule sanitaire léger

SAMU : Service d’aide médicale urgente

SMUR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation

VIGP : véhicule d’intérêt général prioritaire

VFP : véhiculel avec facilité de passage

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance

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Voici une vidéo de présentation issue de la société Assistance Ambulance, une référence pour beaucoup d’ambulanciers. Société à la pointe avec du matériel de pointe et surtout un patron et une équipe au top. Une entreprise modèle qu’on ne présente plus. Je vous laisse découvrir cette vidéo très bien réalisée. Bien entendu la vidéo est une vitrine de la société mais elle met en valeur toutes les qualités de cette société. Beaucoup d’entreprises devraient prendre exemple.

Assistance Ambulance, la société :

Assistance Ambulance a été fondée en 1995. L’entreprise est composée d’une trentaine d’ambulanciers, formés et recyclés régulièrement par nos partenaires ainsi que par des intervenants extérieurs venant notamment du Québec. Assistance Ambulance, c’est une équipe disponible 24 H/24, 365 jours par an. Notre spécialité 1ère, le transport sanitaire urgent. Délai d’intervention n’excédant pas 15 minutes (dans la mesure du possible) sur l’ensemble de la métropole Nantaise.

Tous nos véhicules d’urgences sont équipés de D.S.A (Défibrillateur Semi-Automatique) et de multiparamétrique (Zoll, Propaq). Nous intervenons sur différentes pathologies (I.M.V, chute, H.D.T, douleur thoracique, accouchements, O.A.P, A.V.C…..), à domicile, dans certains lieux accueillant du public, le centre de détention de Nantes, la maison d’arrêt, l’aéroport de Nantes Atlantique…(liste non exhaustive). Nous possédons également des véhicules pour les transports longues distances, eux aussi équipés de DSA.

http://www.assistanceambulance.com/

Ambulancier SMUR – Formation de conduite

Ambulancier SMUR – Formation de conduite

Formation de conduite et de sécurité pour l’ambulancier SMUR ou privé…

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Je vous présente un organisme de formation à la conduite : Le Mans Driver, école de pilotage officielle de l’Automobile Club de l’Ouest. En dehors des habituels stages de conduite et pilotage grand public, cet organisme propose entre autre une formation adapté à la conduite des véhicules de type VLM et UMH. Ce stage est tout aussi adapté à un ambulancier exercant en SMUR  ou un ambulancier privé dans la mesure où l’objectif n’est pas la vitesse pure mais l’apprentissage de la maitrise de son véhicule en toute sécurité et l’incidence de la conduite sur le patient.

Je cite le message :

Au-delà des « savoir-faire » et des habiletés nécessaires que réclame la fonction,l’acquisition d’une capacité de discernement relative à la prise de risque demeure notre objectif essentiel.Tous nos ateliers font référence à cette prise de conscience des risques occasionnés par une conduite non adaptée aux besoins et circonstances. Nous n’avons pas vocation à rendre les conducteurs plus confiants, mais leur offrir le savoir et les compétences d’être à même d’opter pour la conduite la plus rationnelle en terme d’efficacité et de sécurité.

Le programme de la formation de conduite:

JOUR 1

  • Apports d’informations sur la dynamique d’un véhicule (énergie cinétique, force centrifuge).
  • Savoir manipuler correctement son véhicule, savoir positionner son regard en virage et en courbe.
  • Découvrir les trajectoires offrant plus de sécurité : chronologie d’un virage ; techniques de manipulation de volant ; les trajectoires, sécurité et souplesse.
  • Etre capable d’effectuer un freinage d’urgence et un évitement d’obstacle.
  • Faire l’expérience de différentes pertes d’adhérence.
  • Mise en situation de dérapages (du train avant et du train arrière).
  • Conduite sur neige et verglas.

JOUR 2

  • Prendre conscience de l’incidence de la conduite sur le patient transporté horizontalement.
  • Conduite avec ambulance de type UMH en alternance patient/conducteur.
  • Découvrir les principes de conduite préventive.
  • Evaluation des distances de freinage à différentes allures, découverte du carré de la vitesse.
  • Découverte sur piste des mesures de sécurité.
  • Démonstration d’une distance de sécurité adaptée et non adaptée.
  • Avoir des notions sur les aides à la conduite.
  • Compréhension du rôle et du fonctionnement de l’ESP, l’Anti patinage, l’Assistance au Freinage d’Urgence…
  • Savoir manipuler correctement son véhicule.
  • Savoir positionner son regard en virage et en courbe.
  • Découvrir les trajectoires offrant plus de sécurité.
  • Perfectionnement des techniques acquises le jour 1.

Infos de contact et lieu de formation

  • Pour tout renseignement : 02 43 40 25 62
  • Lieu de formation : Le Mans/Brest
  • Encadrement pédagogique : 1 formateur pour 3 stagiaires Capacité d’accueil : 12 personnes
  • Répartition théorie/pratique : 3h30/3h30
  • Contact : Philippe Jousse/ p.jousse@lemans.org

http://www.lemansdriver.fr/formations/2-jours-samu-smur.html

 Note du webmaster

Pour les amateurs de sensation forte ou les “pylotes” je pense que vous serez en mesure de trouver un emploi chez DHL ou chez Maitre Cochon et tester une wonderbox “stage de découverte sur *choisir son modèle de voiture*. L’ambulancier qu’il soit privé, SMUR ou pompier n’a pas vocation à être un pilote de course avec son véhicule. La sécurité de l’équipage et du patient doit rester un objectif primordial.

https://www.ambulancier.fr/wp-content/uploads/2012/12/lemans-fiche-présentation-stage-samu-smur.pdf

 

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

La lettre du médecin et l’ambulancier : quelques rappels sur des notions primordiales

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Ambulancier

Un ambulancier est un professionnel de santé (Code de la Santé Publique, quatrième partie, livre III, titre IX, article L4393-1 à 7) qui a pour rôle la prise en charge et le transport de malades, de blessés ou de parturientes dans des véhicules de transport sanitaire adaptés pour des raisons de soins ou de diagnostic.

Il administre si nécessaire les premiers secours seul ou assisté d’une équipe médicale.

Secret de la correspondance

Le secret de la correspondance est un droit au maintien du caractère privé et secret des correspondances. Il est accordé par les réglementations de la plupart des pays. Il s’applique aux correspondances dont l’expéditeur pouvait attendre qu’elles bénéficient d’un minimum de confidentialité. En général, il s’applique aux courriers postaux et aux courriers électroniques.

Une correspondance est en général définie comme toute relation par écrit entre deux personnes identifiables, qu’il s’agisse de lettres, de messages ou de plis ouverts ou fermés. Il y a violation du secret de la correspondance lorsqu’une tierce personne prend connaissance, sans le consentement préalable de l’émetteur, d’un courrier à caractère privé. Une correspondance reste la propriété intellectuelle de son auteur bien que le support physique soit la propriété du destinataire.

  • Art. 226-15. — Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.
  • Art. 432-9. — Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l’ouverture de correspondances ou la révélation du contenu de ces correspondances, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, par une personne visée à l’alinéa précédent ou un agent d’un exploitant de réseau ouvert au public de communications électroniques ou d’un fournisseur de services de télécommunications, agissant dans l’exercice de ses fonctions, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, l’interception ou le détournement des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications, l’utilisation ou la divulgation de leur contenu.

Secret médical

« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant.

Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des informations concernant la personne venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou organismes et de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec ces établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé, ainsi qu’à tous les professionnels intervenant dans le système de santé.

Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent toutefois, sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe.

Afin de garantir la confidentialité des informations médicales mentionnées aux alinéas précédents, leur conservation sur support informatique, comme leur transmission par voie électronique entre professionnels, sont soumises à des règles définies par décret en Conseil d’État pris après avis public et motivé de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Ce décret détermine les cas où l’utilisation de la carte professionnelle de santé mentionnée au dernier alinéa de l’art. L161-33 du code de la sécurité sociale (CSS) est obligatoire.

Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en violation du présent article est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 EUR d’amende.

En cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical ne s’oppose pas à ce que le famille, les proches de la personne malade ou la personne de confiance définie à l’art. L1111-6 reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part.

Le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès.»

— Article L1110-4 du Code de la santé publique2

  • L’art. L1110-4 alinéas 2 et 3 CSP admet la notion de secret partagé par une équipe soignante.
    Par extension, sont admis à partager une partie du secret, les médecins des organismes sociaux, afin de permettre aux assurés un remboursement des prestations.
  • Par ailleurs, l’art. L1111-6 a introduit la notion de personne de confiance et l’art. L1110-4 alinéa 6 a autorisé celle-ci à recevoir les informations nécessaires destinées à permettre d’apporter un soutien direct au patient en cas de diagnostic ou de pronostic grave.
  • Enfin, l’art. L1110-4 alinéa 7 ; s’agissant d’une personne décédée, cet article a défini trois motifs de dérogations du secret vis-à-vis des ayants droit, à savoir : connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès (nous rappelons que le secret persiste après la mort).

Secret partagé

Selon le code de déontologie médicale français, les professionnels de santé qu’ils soient médecinschirurgiensdentistespharmacienssages-femmesinfirmiers ou infirmièresaides-soignants, ambulanciers, secrétaires médicaux, technologues en imagerie médicale (manipulateurs),technologistes médicaux sont contraints de taire les informations personnelles concernant les patients qu’ils ont recueillies au cours de leur activité.

Il ne s’agit pas seulement des observations qu’ils ont pu faire, mais aussi des déductions qu’ils ont pu tirer de leurs observations. Toute entorse peut être sanctionnée par les institutions professionnelles dont ils dépendent (le conseil de l’Ordre, par exemple), mais aussi par le tribunal de grande instance.

Le médecin est le dépositaire du secret médical concernant son malade. Mais le secret médical n’est pas en principe opposable au malade qui en reste le « propriétaire ». En effet, un patient ne peut décider de délier le médecin de son secret médical, même sur des informations le concernant du moins en droit pénal. Mais en droit civil, le médecin délivre des informations médicales aux patients eux-mêmes, ou à leur représentant légal (cas des enfants).

Ce petit rappel législatif bien soporifique s’avérait nécessaire afin de faire comprendre à tous que dans le système législatif il existe des dispositions bien précises concernant les informations médicales. Ces éléments sont indispensable afin de bien prendre en compte la suite de cet article.

Pourquoi l’ouverture du courrier suscite autant de débat ?

Très longtemps, et ça dure encore, le médecin était considéré comme le seul détenteur de l’information médicale. Sauf qu’avec le temps la collaboration avec le personnel médical et paramédical a pris une proportion importante pour assurer au patient une continuité des soins de qualité afin de lui garantir la meilleure prise en charge possible.

Chaque acteur, parmi les professionnels de santé, a donc envers ce secret des droits et des devoirs auxquels il ne doit surtout pas déroger sous peine de faute professionnelle grave. Chaque professionnel de santé adhère donc à un code de déontologie. Les ambulanciers sont des professionnels de santé et ont donc obligation à se confronter à ce devoir. Actuellement on retrouve encore nombre de personnels de santé qui s’offusquent que l’ambulancier ait pu oser lire un courrier issu d’un médecin.

C’est aussi à mon sens une attitude dû à une connaissance très limitée de notre champs de compétences et de notre quotidien. Je vais tenter de donner une explication à la nécessité ou non d’ouvrir ce fameux courrier.

Pourquoi l’ouverture du courrier pose des problèmes aux ambulanciers ?

Parce que l’ambulancier est un professionnel de santé. Il intervient souvent au chevet du patient sur appel d’un médecin traitant. En règle générale ce même médecin a souvent quitté les lieux à leur arrivée et laisse un courrier destiné au service des urgences.

Ce courrier reprend très souvent l’intégralité des informations nécessaires à la prise en charge du patient : bilan circonstanciel, constantes, antécédents médicaux, traitement etc. Pour faciliter la prise en charge et le transport, l’ambulancier se doit de réunir tous les éléments. Cela permet d’adapter son attitudes, ses gestes, le matériel à utiliser, la surveillance à effectuer.

On transporte des êtres humains et non des quartier de viande froide. Trop souvent encore, on reproche à l’ambulancier d’avoir pris connaissance d’informations dites interdites d’accès à des non-médecins ou encore que la quasi totalité des courriers renferment des données inutilisables par l’ambulancier et destinées à des docteurs en médecine. Cela est assez marrant puisque parfois ce sont des non-médecins qui vous le reproche et; qui au moment où ils vous font la remarque, lise son contenu…

C’est un sujet qui fait douter beaucoup d’ambulancier faute de données accessibles à tous. L’ouverture ou non du courrier c’est un peu le même problème des signaux sonores et lumineux dans le cadre d’une urgence : ais je le droit de même si… Donc pour favoriser la compréhension je vais partager avec vous les données en ma possession.

Donc au final je fais quoi ? j’ouvre ou non ? Indispensable ?

Dans 90% des cas si votre évaluation clinique est fait de façon correcte, si vous avez bien fait le tour de tout, posé les bonnes questions, rédigé votre fiche bilan (oui même avec courrier on établi sa propre fiche bilan car l’état du patient a peut être évolué) vous avez en main toutes les clés nécessaire à une bonne prise en charge. Ensuite cela reste propre à chacun. Vous avez des doutes, vous n’ êtes pas certains de la fiabilité des éléments recueillis ? Ouvrez ! et dans tous les cas de figures : le centre 15 reste votre référent en la matière.

Même si un courrier est présent vous ne transporterez pas un patient que vous jugez instable. Le médecin régulateur sera à même de vous apporter les éléments et surtout de décider de ce que vous allez entreprendre. Chaque cas reste particulier car chaque être humain est particulier. Aucuns cas ne se ressemble. Donc pour ma part je n’ouvre pas systématiquement (transport sanitaire classique en vue d’hospi etc etc).

Souvent pas besoin d’ouvrir puisque le courrier est là devant vos yeux sans enveloppe avec la prescription médicale il vous suffit de lire. Ensuite c’est aussi une attitude propre à chacun en fonction du patient rencontré, le contexte etc. Donc il n’existe pas d’algorithme prédéfini.

Je vous rapelle que vous êtes des professionnels de santé malgré ce que l’on pourra vous dire ailleurs. Vous êtes formés à établir une évaluation clinique avec fiche bilan dans le cadre d’une prise en charge en urgence. Vous disposez des moyens techniques destinés à cet usage ainsi que votre capacité à raisonner, analyser etc. Servez vous en ! Rien ne vaut en premier lieu une appréciation personnelle avant de la confronter à d’autres éléments pour infirmer ou confirmer vos doutes

Cet article ne doit pas devenir parole d’évangile !!!! Je suis peut être dans l’erreur sur certains points

Dans quel cas j’ouvre ou je n’ouvre pas

Cas numéro un

Vous arrivez chez le patient en vu d’un transport sanitaire. Je précise bien non urgent. L’ambulancier n’aura aucunement besoin de prendre connaissance du courrier. Le patient est hospitalisé ou se rend à une consultation. On va donc se renseigner sur les éventuels problèmes de santé que le patient nous raconteras ou son entourage direct.

Ce afin de pouvoir adapter la prise en charge et permettre à ce même patient d’être pris en charge avec les critères de sécurité et de confort indispensables. Il n’ y a pas de notion d’urgence à ce sujet. On s’occupera donc de connaitre son autonomie, la présence ou non de douleurs, leurs localisations etc. Pour un transport en sécurité et apportant un confort optimal.

Cas numéro deux

Vous agissez dans le cadre d’une urgence qu’on appelle communément dans le jargon : urgence médecin. Vous êtes sur les lieux et vous trouvez un courrier laissé sur la table par le médecin traitant. Ce courrier est cacheté et est destiné au Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE.

Interdiction d’ouvrir ce type de pli. Pourquoi ? Si vous n’avez pas compris vous n’avez pas lu l’introduction : ce courrier à l’intention d’une personne identifiable par son nom et fonction relève du secret de la correspondance. L’ouvrir reviendrait à commettre une faute professionnelle. Si le praticien a quitté les lieux vous devez appliquer le mode opératoire traditionnel : à savoir un bilan complet avec prises de constantes, un bilan circonstanciel, une recherche d’antécédent etc etc. Si vous jugez que vous ne pouvez assurer le transport sans risques on appelle le centre 15.

Cas numéro trois

Toujours dans le cadre d’une urgence médecin, vous arrivez etc. Le praticien est encore sur les lieux. Pas besoin d’ouvrir le courrier le médecin doit être en mesure de vous donner les détail. Je précise bien DOIT ! On ne prend pas en charge un patient avec pour seul encouragement : emmenez le aux urgences et ne posez pas de questions.

Pour faciliter la prise en charge et être en mesure de transmettre les informations au service des urgences vous devez partir avec les recommandations du médecin transmises de façon orale. Il est certain que si c’est une hospitalisation non programmée avec un passage par les urgences en vue d’une orientation vers un service court ou moyen séjour de la structure de soins pas besoin de demander un roman.

On se renseigne sur les risques potentiels éventuels à court terme, la présence d’une pathologie demandant une prise en charge particulière, l’administration ou non d’oxygène… Aucun besoin dans ce cas d’avoir connaissance du dossier médical du patient. L’accès à l’information doit se limiter à celle indispensable pour votre prise en charge.

Si le médecin refuse ou vous prend pour des livreur de colis installez le patient dans votre ambulance et établissez systématiquement un bilan avant départ. Vous devenez responsable du transport et du patient. A vous donc d’établir les éléments indispensables à sa sécurité et à son état.

Cas numéro quatre

Vous arrivez toujours chez le patient etc. Pas de médecin, juste un courrier cacheté ou non, sous enveloppe ou non adressé au service des urgences ou autre titre du même acabit. Pas de nom. Vous pouvez l’ouvrir, vous êtes professionnels de santé et donc vous vous soumettez au respect du droit médical et donc à respecter la confidentialité des informations.

Vous ne violez pas le secret de la correspondance puisque aucune mention nominative n’est inscrite. Vous ne commettez aucunes fautes ! La législation est claire vous ne violez pas la correspondance privée étant donnée que le courrier n’est pas destinée à une personne identifiable.

Cas numéro cinq

Toujours en urgence, le courrier est là, cacheté, mais au nom du fameux Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE. Décidément celui là… Le patient semble instable, la communication est complexe voire inexistante. Si j’ouvre ce courrier je suis dans la faute. Que faire ? L’appel au centre 15 !

Via le centre 15 vous expliquez les faits, détaillez votre bilan et mentionnez la présence de ce courrier destiné au Docteur… Si le médecin régulateur vous demande de l’ouvrir et de lui lire vous êtes légalement couvert car le courrier est ouvert à la demande du centre 15. La nécessité d’ouverture est donc justifiée par une situation d’urgence et est demandée par un docteur en médecine responsable du centre 15.

Pourquoi cet acharnement à vouloir ouvrir ce courrier ?

On parlera ici d’une intervention dans un cadre urgent (tout degrés confondus). Tout d’abord je parle à titre personnel : je suis ambulancier diplômé. Je suis donc un professionnel de santé consciencieux. Je mets en application au quotidien les gestes et techniques que l’on m’a appris afin d’assurer la prise en charge de mon patient de façon qualitative.

Je ne bosse pas chez UPS, Maitre cochon ou encore DHL. Je ne transporte pas de colis. Je ne prends donc pas mon patient sous le bras pour le jeter sur le brancard et le benner au service des urgences. Je suis un professionnel qui agit comme tel.

Pour effectuer ma prise en charge je dois donc évaluer l’état de mon patient et juger si oui ou non il est transportable. Pour évaluer son état j’ai à ma disposition de nombreuses ressources : connaissances, évaluation clinique, constantes, interrogatoire, recherche d’éléments et ET : peut être le courrier du médecin passé quelques minutes plus tôt.

L’ouvrir me permet de : savoir pourquoi je suis là et qu’est ce que mon patient a comme soucis de santé néccessitant un transport. Depuis combien de temps est il comme ça. Est ce une pathologie pouvant entrainer un risque potentiel durant le transport ? Dois je effectuer une surveillance particulière ?

On va me dire : mais si vous faites votre bilan comme d’habitude vous aurez ces éléments ! Vrai et Faux. Il est possible que certains éléments ressortent ou non. Il est possible que mon patient communique ou non voire mal. Il est possible que mon patient n’ais pas les bonnes notions relatives à son état de santé ou/et au problème du moment. Que l’entourage vous induise en erreur. L’entourage on doit en faire abstraction et se concentrer sur le patient mais quand le patient est dans l’incapacité de communiquer ou n’est pas orienté, confus… Ou encore que les réponses sont trop évasives…

  • Je suis malade du coeur
  • Je buffe docteur je buffe depuis quat’jours
  • Oh vous avez j’ai plein d’trucs qui vont pas, j’vois des docteurs tous les jours : un pour l’coeur, l’aut pour ma goutte
  • Vous avez y’m connaissent depuis l’temps à l’hôpital
  • L’docteur y’m’a rien dit, chais pas c’que j’ai, ptet le coeur ou la tête ! Vous savez à mon âge y’a plus grand chose qui marche bien…

Par contre si dans le courrier les dernières constantes sont notées (je peux effectuer une comparaison entre elles et mes données), le circonstanciel est précisé (dyspnée depuis ce matin 3h avec  présence de crépitement), les antécédents ( monsieur x est suivi pour …).

On gagne du temps, on fait le lien plus facilement avec les éléments et on a la possibilité d’adapter parfaitement sa prise en charge, cibler plus rapidement les critères de surveillance les plus important.  Et éviter de commettre une faute éventuelle. Sans oublier tous les éléments concernant un possible risque infectieux ou contagieux nécessitant une aseptie rigoureuse et des mesures de protection de l’équipage.

Et dans 99% des cas ce courrier sera ouvert par l’infirmière responsable de l’accueil des urgences. Autant éviter des surprises à l’arrivée si il est mentionné des éléments particuliers qui pourrait vous rendre responsable d’une faute.

Et le patient dans tout ça ?

Pour terminer tranquillement je vous rappellerait que le patient est le seul à pouvoir autoriser ou non l’accès à ses informations. Le patient, on l’oublie souvent, a des droits fondamentaux que nous sommes tenus de respecter. La loi du 4 Mars 2002 relative au droit du patient existe à ce jour dans ce sens. Donc si vous doutez ou autre sachez que le patient peut vous autoriser à prendre connaissances de ce courrier puisque il recense des informations qui le concernent.

Personne ne pourra l’empêcher de vous autoriser à y accéder. Le droit du patient est une notion importante que tout professionnel de santé se doit de respecter ! Toujours aussi important le fait de poser au patient la question si il vous autorise ou non à prendre connaissance des informations. Si vous expliquez les motifs de cette démarche rares sont ceux qui vous refuseront ce droit. Surtout si vous expliquez que vous êtes tenu au respect du secret médical comme toute profession de santé.

Alors oui mais…

Je sais qu’ à la lecture de cet article il y aura des mails, commentaires  qui vont fuser sur les incohérences, erreurs dans l’article etc. Pas de soucis j’ai l’habitude. Je sais qu’il ya des domaines sensibles auxquels on ne doit pas toucher. Je ne suis pas docteur en médecine ni juriste etc.

Je suis simple ambulancier diplômé. Chacun aura son avis sur la question. Il n’existe à ce jour ; ou alors cela n’a pas été porté à ma connaissance, moi misérable petit ambulancier transporteur de colis pardon de patient; de textes clairs sur la question de l’ouverture de ce fameux courrier médical. Je ne fais que dresser une analyse personnelle, que d’autres collègues partagent, à mon avis, largement sur cette question épineuse ainsi que d’autres professionnels (formateurs, IDE, juriste etc).  

Je me doute que ma parole pourra être mise en doute ce que je conçois bien entendu. Je ne suis pas un puits de savoir et je suis peut être dans l’erreur. Donc j’invite cordialement, les personnes les plus compétentes, en matière de connaissances et de fonction à me contacter pour m’aider à affiner cet article (médecin, juriste etc etc).

Je n’ai pas rédigé cet article de façon légère. Il est le résultat de plusieurs tentatives ces dernières années qui ont finit à la corbeille faute d’oser le publier. Pourquoi ? Parce que je n’ai aucune matière solide pour avancer les choses du type : c’est comme ça point à la ligne et pas de discussions possibles.  Evidemment quand on ne maitrise pas on n’en parle pas. Oui mais… c’est un sujet qui revient souvent dans la profession et il serait peut être temps que ça devienne plus clair pour tout le monde. Donc faute d’élément on adapte son comportement pour faciliter notre quotidien.

L’ambulancier est avant tout un professionnel de santé

On est professionnels de santé et on met tout en oeuvre pour que le travail soit bien fait et que le patient puisse être transporté dans les meilleures conditions possible. Au passage j’ai volontairement omis d’imager les nombreuses situations avec des exemples vécus qui auraient pu illustrer de façon explicative le pourquoi du comment nous ouvrons les courriers des médecins et ses conséquences positives ou non. Les avis divergent. Je ne suis pas là pour faire l’apologie du oui ou non l’ambulancier est en droit de…

J’apporte juste des éléments de réponses. Rien n’est imposé. Faites comme vous jugez au vu de la situation rencontrée. comme dis plus haut si votre job est bien fait vous n’avez pas forcément besoin du contenu du courrier mais ça peut aider fortement dans certains cas à aller doit au coeur du problème.

Mais à toi visiteur je te laisse la possibilité de donner ton opinion via les commentaires. Ainsi tu contribueras à la compréhension de cet article par les jeunes ambulanciers fraichement diplômés. Mais aussi à corriger ou enrichir cet article afin de réaliser une solide base de connaissance sur le sujet. Plus les éléments fournis seront solide plus la raison d’exister de cet article sera facilitée.

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Pourquoi une fiche bilan

Je vous propose aujourd’hui une fiche bilan destinée à vos prises en charge : intervention SAMU, médecin ou autre qui nécessite l’usage d’une fiche bilan. Je rappelle que cette fiche d’intervention est indispensable car elle permet la traçabilité des informations relatives au patient : renseignements, constantes, ATCD, TTT, gestes effectués, observations, surveillance etc.

Cette fiche est un élément qui doit suivre le patient et doit être intégré à son dossier médical. Grâce à cette fiche chaque intervenant (médecin, IDE etc.) pourra vérifier ce que vous avez vu, entendu, vérifié et ainsi améliorer la qualité des soins. De plus, L’Infirmière d’Accueil et d’Orientation aura les éléments indispensable pour le patient à votre arrivée au service des urgences. Même si le patient sera questionné à nouveau elle sera en mesure de pouvoir faire le lien avec les éléments recueillis.

Une pratique trop peu répandue

C’est une pratique encore trop peu répandue chez certains collègues : d’abord par manque de formation, usage inconnu ou non intégré aux pratiques courantes, par manque de modèle de document etc. Mais il ne tient qu’à vous de prôner cette pratique au sein de votre entreprise et de démontrer à vos collègues l’importance de ce genre de traçabilité.

Fini le bout de papier sur lequel on gribouille ses constantes pour faire son bilan 15 et ensuite transmettre oralement les informations. Cette pratique permet une transmission par écrit. Divers modèles existent mais souvent à mon sens elles restent trop succincte. Il est indispensable de réunir le plus d’informations possibles sans pour autant sombrer dans l’extrême. Cette fiche est un concentré de beaucoup de fiches existantes, d’ajout personnel etc.

Personnaliser et corriger

Cette fiche est la votre. Le modèle existant est modifiable suivant vos demandes : envoyez moi un mail avec vos demandes de modifications et je ferais le nécessaire. Etant donné que j’ai réalisé cette fiche via des moyens logiciels autres que Microsoft Word et autres traitements de textes courant pour faciliter la mise en page,  je ne peux pas vous mettre à disposition un .doc et cie étant donné que ce n’est pas modifiable avec un traitement de texte.

Donc n’hésitez pas au besoin je peux personnaliser le document. Ensuite si vous constatez des erreurs, manques ou autre, surtout faites des retours via les commentaires en bas de l’article. Une fois corrigé je mettrais en ligne la nouvelle version.

Télécharger la fiche Bilan au format A3

Télécharger la fiche bilan au format A4

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Un mémento des règles du code de la route pour les ambulanciers

Je vous propose un livret (disponible en libre téléchargement en bas de page) intitulé “mémento des règles de priorités concernant les véhicules d’intérêt général avec facilité de passage et les véhicules d’intérêt général prioritaire et règles de prudences en urgence”. Ce dépliant au format A4 se plie comme un livret et,  est destiné à votre information personnelle concernant la législation mais aussi à pouvoir expliquer en cas de contrôle par les forces de l’ordre que vous êtes en accord avec le Code de la Route (si vous les appliquez de façon correcte bien entendu).

L’ambulancier fait, comme d’autres corps de métier, partie intégrante de la chaîne de secours. Il est donc qualifié et souvent mandaté par le centre 15 pour intervenir sur des situations d’urgences à degrés variables. Seulement l’usage des avertisseurs sonores et lumineux, ainsi que les transports dit urgent sont souvent remis en cause dès lors que c’est une ambulance privée qui en fait usage.

Le but est donc de posséder un document mentionnant les textes réglementaires afin d’informer et de justifier le bon droit de la mission. Le Code de la Route a été modifié il y a quelques temps pour mieux intégrer les missions des ambulanciers au même titre que les pompiers.

Au programme du mémento

Vous y trouverez : la définition de l’urgence médicale, les divers degrés de l’urgence médicale, la définition du transport sanitaire, le contenu du courrier de la Direction Hospitalière de l’Offre de Soins remplacé par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) aux Agences Régionales de la Santé, les divers articles du codes de la route relatifs aux véhicules d’intérêt général et aux véhicules à facilité de passage, puis un rappel sur les règles de prudence lors d’un transport à caractère urgent.

Je rappelle au passage que certains ambulanciers font part des ARS de leurs régions qui leurs interdisent l’utilisation des dispositifs sonores et lumineux. Sauf erreur de ma part, n’hésitez pas à me le signaler si je me trompe, les ARS ne possèdent pas le pouvoir d’aller contre le code de la route. Les agences ne peuvent qu’effectuer un rappel et rappeler les règles d’usage et bonne pratique de ces équipements que beaucoup de monde oublie (ambulanciers mais aussi FDO, pompiers etc).

Mais attention

Ce dépliant ne vaut pas un texte de loi à proprement parler et se veut uniquement informatif. Il est destiné à être imprimé et conservé dans votre ambulance mais aussi à être correctement lu. Une page de rappel des règles de bonne conduite et de prudence est destinée à l’information des ambulanciers sur les bonnes pratiques lors d’un transport urgent.

Nous ne sommes pas des cow-boy ! Ce mémo c’est le premier que je réalise et n’est donc pas à l’abri d’erreurs, manques ou autre. Je vous invite donc à utiliser les commentaires en bas de cet article pour me faire remonter les défauts, les ajouts à envisager etc. Une nouvelle version du document sera mis en ligne au fur et à mesure des corrections.

Références

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006074228

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Ces policiers qui « soignent » les ambulanciers

Ces policiers qui « soignent » les ambulanciers

Je vous partage cet article du Journal “l’union”. Vous pourrez lire l’article dans son intégralité via le lien plus bas. Je ne saurais vous conseiller la lecture des commentaires qui reflètent la vison de certaines personnes vis à vis de notre profession. Je reconnais que l’équipage a commis plus ou moins une faute sur l’absence d’un membre de l’équipage à l’arrière mais dans ce cas de figure  je pense aussi qu’ils ont préféré laisser la maman aux côtés de son fils…

SOISSONS (Aisne). Une ambulance missionnée par le Samu est un véhicule comme les autres. C’est l’étrange théorie qu’ont mise en pratique trois motards de la CRS 21. À Soissons, un enfant blessé en a fait les frais.

 

FICHE 2095333. Ce n’est pas avec ce numéro que Mme F. va gagner le gros lot. Ce 25 octobre, en matinée, son fils se mélange les pédales sur le chemin du collège. Il est tôt, c’est une chute de vélo, le papa chauffeur routier est au travail et la maman n’a pas de véhicule. Le gamin a 12 ans. Une douleur lui mord la cheville. Impossible de rallier l’établissement. La maman est prévenue; elle compose le 15. Il est 8 h 43. À 9 heures, le blessé est dans l’ambulance et sa mère avec. Fiche de transport remplie. La routine presque pour Cédric et Franck, deux ambulanciers certifiés. L’hôpital n’est pas loin. À 9 h 05, si tout va bien, le collégien sera aux urgences, à l’hôpital de Soissons

 

Des concombres

« Les motards étaient au rond-point quand l’ambulance a mis sa sirène et son gyrophare. Ils ont été obligés de se pousser sur le côté pour nous laisser passer. À partir de ce moment-là, je me suis dit, c’est sûr, on va y avoir droit ! » se souvient la mère. Au fan-club de la CRS 21, ça se sent, la maman du jeune blessé va être en retard de cotisation… « Ça n’a pas loupé. J’ai regardé par la vitre arrière. Ils nous ont suivis. On a dû s’arrêter. » Franck, l’un des deux ambulanciers présents confirme. « On était à 200 mètres de l’hôpital. On a demandé pour quelle raison on était contrôlé, mais aucun policier n’a voulu nous répondre. »

 

La suite : http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/ces-policiers-qui-soignent-les-ambulanciers

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

Les métiers de l’urgence en vidéo

Clip présentant les métiers de l’urgence sur une musique de Random Memori. Tourné en Novembre 2011, ce film retrace la prise en charge d’un patient depuis le premier appel au SAMU (centre 15) jusqu’à sa prise en charge en réanimation.

Vous pourrez y voir représenté les différents acteurs de la chaîne de soins et de secours qui prendront en charge le patient tel le quotidien. Une illustration parfaite de ce qui se déroule quotidiennement pour les ambulanciers ainsi que pour les équipes soignantes que ce soit l’équipe SMUR ou encore les personnels hospitalier qui se chargent de la prise en charge au sein de la structure de soins. Ce scénario c’est ce qui se passe très régulièrement voire au quotidien. Ce que beaucoup de gens ne voient pas ou encore ne savent pas. La complexité de ces professions, le besoin réel de cohésion entre chaque acteur et l’importance majeure de chaque personnel dans cette chaîne très fragile.

Pour un appel  d’une victime il n’y a pas qu’une personne qui sera sollicitée mais bien tout un ensemble avec des compétences bien spécifiques propres à chacun.

Dans l’ordre d’apparition

Assistance Ambulance

Ambulancier, intervention du CSA 44

serigraphie_ambulanceFilm sur le métier d’ambulanciers, réalisé par le CSA 44 (Centrale de Secours Ambulancier) en partenariat avec le SAMU 44 de Nantes.

Le CSA 44

Association départementale des Transports Sanitaires Urgents (ATSU), nous regroupons l’ensemble des sociétés privées d’ambulances agrées pour  intervention d’urgente. Notre mission est d’organiser, en lien étroit avec le SAMU Centre 15, les transports sanitaires urgents réalisés par les ambulanciers privés sur le département.

Notre association est indépendante et ouverte à toutes les entreprises de transport et secours ambulancier de Loire-Atlantique formées, équipées et agréés pour intervenir en urgence sanitaire.

Notre métier, c’est l’urgence.

Présentation

La loi du 6 janvier 1986 prévoit la création obligatoire d’une Association de Transport sanitaire d’Urgence (ATSU) par département. C’est en réponse à cette obligation que l’association CSA, Centrale de Secours Ambulancier, nait en 1991 de la fusion de trois Associations. Aujourd’hui, le CSA 44 regroupe 62 entreprises de transport ambulancier de Loire-Atlantique, soit plus des 96% des professionnels du département. Comme toute association, le CSA 44 est géré par un conseil d’administration et un bureau composé de représentants élus et bénévoles.

Les adhérents du CSA autofinancent l’emploi d’une Coordonnatrice Ambulancière, basée au coeur même des locaux du SAMU à Nantes. Ils autofinancent également l’emploi d’une secrétaire basée dans les locaux de l’Hôpital Saint Jacques à NANTES.

Missions

L’organisation et la gestion de la garde préfectorale des transports sanitaires :La mission principale du CSA 44 est celle de toutes les ATSU de France. Elle consiste à organiser les gardes obligatoires sur le département durant les nuits, les week-end et les jours fériés.

L’organisation et la gestion de gardes complémentaires : En complément des gardes obligatoires, le CSA 44 a créé, en auto-financement, un poste de Coordonnateur Ambulancier, il régule les demandes du 15 et permet aux ambulanciers privés d’y répondre. Cette régulation s’effectue grâce à un logiciel de gestion des appels urgents, développé par la société SCR Informatique, en partenariat avec le CSA44.

A lire pour compléter cette vidéo de présentation

https://www.ambulancier.fr/nantes-et-la-reponse-des-ambulanciers-a-lurgence/

 

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

Urgence diabétique : présentation

diabetique

Les urgences diabétiques représentent une part appréciable des appels aux services d’ambulance.  Nous en réviserons donc le processus ainsi que les signes et symptômes, et nous terminerons avec l’intervention préhospitalière appropriée lors d’un épisode diabétique.  Le diabète auquel nous nous intéresserons dans cet article est le diabetes melitus, ou diabète sucré.  D’autres formes de diabète existent, dont le diabète insipide.  Le diabète sucré est le seul où la glycémie du patient peut présenter un problème.

D’un côté physiologique, ce sont deux hormones qui sont responsables de maintenir la glycémie dans les limites acceptables selon les besoins.  Le glucagon est une hormone hyperglycémiante sécrétée par les cellules alpha des ilots de Langherans du pancréas.  Le glucagon va favoriser la libération de glucose dans le sang en activant la néoglycogénèse hépatique.  Autrement dit, le glucagon va provoquer la sortie des réserves de glucose du foie.

L’insuline, sécrétée par les cellules bêta des ilots de Langherans, a de son côté a deux rôles distincts.  Premièrement, elle provoque la mise en réserve du glucose dans le foie, étant donc antagoniste au glucagon à ce niveau.  De plus, l’insuline est nécessaire pour faire pénétrer le glucose dans la plupart des cellules.  Une exception notoire à ce phénomène est la cellule cérébrale, qui peut assimiler le glucose sans avoir recours à l’insuline.  Ce détail prendra toute son importance dans la prochaine section.

Lors d’un effort physique ou d’un stress le glucagon est libéré, entraînant donc une augmentation de la glycémie afin de « nourrir » correctement les muscles en énergie.  De même, lors de la digestion, l’insuline veillera à entreposer des réserves de glucose dans le foie.

Hypoglycémie, hyperglycémie…

Les signes et symptômes de l’hypoglycémie et de l’hyperglycémie peuvent facilement être confondus si l’on n’y porte pas une attention suffisante.  En effet, dans les deux cas le patient pourra présenter de la polyurie et de la  polydipsie, une grande fatigue et même de l’apathie.  Cependant, certains signes plus subtils nous permettent d’identifier plus précisément le trouble auquel nous sommes confrontés dans notre pratique préhospitalière.

Lors de l’hypoglycémie le corps entier manque de glucose, y compris le cerveau.  Le cerveau n’ayant pas besoin d’insuline pour assimiler le glucose, ce sera un des derniers organes à montrer des signes d’hypoglycémie.  Le signe le plus marquant de l’hypoglycémie cérébrale est l’altération du niveau de conscience. 

Le patient sera de plus en plus somnolent, pour éventuellement sombrer dans l’inconscience.  Mais avant l’altération du niveau de conscience, on pourrait observer des tremblements, une peau pâle, moite et froide, de la confusion, des étourdissements, une grande fatigue physique ou un épuisement.  Ces signes sont dus au fait que tous les tissus du corps manquent de glucose. 

Ils n’ont donc plus d’énergie pour fonctionner convenablement.  Et comme l’encéphale continue de son côté à assimiler le glucose jusqu’à ce qu’il disparaisse presque complètement, l’état de conscience du patient sera le dernier paramètre à être altéré.

Pour l’hyperglycémie, le problème n’est pas le manque de glucose mais plutôt le manque d’insuline.  Le sang est donc très « sucré », mais les cellules ne peuvent pas assimiler ce glucose.  Les cellules sont donc hypoglycémiques, même si le sang est très chargé en sucre.  Et le glucose étant une grosse molécule comparativement aux autres composantes du sang, il aura un effet direct sur l’osmolarité sanguine. 

Le sang devenant plus « épais » nous pourrons observer une augmentation de la soif, puisque le système voudrait bien diluer un peu ce sang afin qu’il circule plus facilement.  De même, du fluide sera récupéré de l’espace interstitiel, ce qui entraînera une déshydratation cellulaire qui augmentera la sensation de soif.  Les cellules manquant de glucose enverront donc des messages au cerveau afin de faire libérer encore plus de glucose dans le sang, en utilisant les réserves de tissus adipeux.  Une cellule adipeuse peut libérer rapidement ces réserves de glucose, mais avec un prix à payer.

Ce prix est la libération simultanée de corps cétoniques volatiles, qui sont acides.  Le pH sanguin va donc diminuer, le sang devenant plus acide.  L’acidose sanguine entraîne un état d’agressivité et de confusion chez le patient hyperglycémique.  De plus, les corps cétoniques sont évacués par la ventilation, ce qui contribue à donner une haleine fruitée au patient. 

Nous nous retrouvons donc devant un patient agressif et confus, ayant une peau rouge et tiède/chaude et présentant une haleine fruitée.  Vous aurez compris que ce patient a toutes les chances du monde de passer pour un individu en état d’ébriété avancé, alors qu’il a un problème glycémique majeur, pouvant le mener au coma, puis au décès.  La dernière phase de l’hyperglycémie est en effet un coma profond, souvent suivi de convulsions et du décès du patient si l’état n’est pas traité rapidement.

Traitement de l’urgence diabétique

Donc, comment traiter un patient souffrant d’un trouble diabétique ?  Il est plus facile de faire le bon traitement si l’on sait de quel côté de la glycémie se trouve le patient.  Un patient hypoglycémique a besoin de glucose pour rétablir sa glycémie et alimenter correctement ses tissus en énergie ; alors qu’un patient hyperglycémique devrait recevoir rapidement un hypoglycémiant afin de faire entrer le glucose sanguin dans les tissus.

Une bonne observation du patient est donc une phase cruciale de l’intervention auprès du patient diabétique dans un contexte préhospitalier.  Un patient pâle et diaphorétique, confus et somnolent a de fortes chances d’être hypoglycémique.  Cette suspicion peut être facilement confirmée par l’obtention d’une glycémie capillaire, qui nous indique la valeur exacte de la glycémie du patient.  Si l’on soupçonne une hypoglycémie, il convient de fournir du glucose au patient. 

La première méthode, si l’état de conscience du patient le permet, consiste à lui faire manger (ou boire) une substance sucrée.  L’idéal, pour éviter les hypoglycémies secondaires, est d’utiliser une combinaison de sucres rapides et de sucres lents.  Par exemple, une tartine (l’amidon présent dans le pain est un sucre lent) accompagnée d’un jus d’orange ou de pomme (le fructose est un sucre intermédiaire) auquel on aura ajouté une ou deux cuiller à café de sucre blanc (le glucose est un sucre rapide). 

Certains composés sucrés sont aussi proposés par les compagnies pharmaceutiques pour traiter les épisodes hypoglycémiques.  Ces composés ont l’avantage d’avoir été conditionnés pour être facilement transportables et disponibles en cas de besoin.  Il peut s’agir d’un gel dans un tube, ou de comprimés à mastiquer.

Si le patient n’est pas en mesure de protéger adéquatement ses voies respiratoires ou que son état de conscience est tellement altéré qu’il n’avalerait même pas des substances sucrées insérées dans sa bouche, l’intervenant préhospitalier doit envisager des méthodes plus invasives.  La première est l’administration de glucagon intramusculaire ou sous-cutané. 

Le glucagon faisant en sorte que le glucose mis en réserve dans le foie en est extrait, la glycémie du patient devrait remonter.  La faiblesse du traitement au glucagon est que si les réserves hépatiques sont épuisées, le glucagon ne servira à rien.  Les paramédics de niveau avancés ont dans leur arsenal un autre composé.  Il s’agit du D50W IV.  Autrement dit, un composé composé à 50% de dextrose à administrer directement dans la veine du patient.

Les effets de ce traitement, qui consiste donc à injecter directement une substance sucrée dans la circulation du patient, sont spectaculairement rapides et ne dépendent aucunement de la présence ou non de réserves de glucose dans le patient.  Un patient peut être en plein délire, pour reprendre tout à coups contact avec la réalité dans les secondes qui suivent l’administration du dextrose. 

Malheureusement, cette intervention nécessite absolument une cathéterisation d’une veine.  En effet, si le dextrose se retrouve dans le milieu interstitiel il y aura nécrose des cellules environnantes.  De même, si le patient reçoit trop de dextrose, il peut développer un œdème cérébral fatal.

Considérons maintenant le traitement de l’hyperglycémie.  Le premier défi consiste à identifier correctement l’état hyperglycémique, qui peut facilement passer pour une intoxication alcoolique.  Chez un patient coopératif, l’obtention d’une glycémie capillaire est toujours le moyen le plus simple et le plus fiable de déterminer exactement l’état du patient. 

Et ce n’est pas parce qu’un patient a bu qu’il ne peut pas être diabétique.  Une histoire récente de consommation alcoolique ne nous permet donc pas d’écarter un épisode hyperglycémique.  Outre l’identification précise du problème et le transport rapide au centre hospitalier, il n’existe pas d’autres traitements préhospitaliers. 

Le patient devrait normalement recevoir une forte dose d’hypoglycémiant, notamment de l’insuline, qui doit être soigneusement dosée en fonction de la glycémie du patient, mais aussi en fonction de sa corpulence.  Il est donc préférable que cette intervention se déroule en milieu hospitalier.

En conclusion

En terminant, j’aimerais vous rappeler que les signes et symptômes, surtout neurologiques,  d’un épisode diabétique peuvent fortement ressembler à un accident vasculaire cérébral.  Il est donc important de s’assurer que notre patient qui semble diabétique ne soit pas en fait en train de subir une attaque cérébrale.  De même, un patient présentant des signes d’AVC devrait toujours être évalués pour un problème diabétique.

Paramédicalement

Sébastien Gagnon, ACP
Paramédic en Soins Avancés

Note du webm@ster : article à caractère informatif, n’oubliez pas les limites de votre champ de compétences ! ! ! 

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

Je vous partage un article vraiment très intéressant et surtout important dans le cadre de la profession : l’ambulancier et les positions de transport. Une thématique qui nous concerne en particulier et qu’il est important de comprendre. En effet suivant la pathologie, les traumatismes une attention particulière devra être apportée.

Positions d’attente : justifications physiopathologiques et principales indications

FDNY

L’installation d’une victime en position d’attente et de transport poursuit un double but : disposer le patient dans une posture qui vise à obtenir des conditions susceptibles de préserver ou d’améliorer ses fonctions vitales (conscience, état ventilatoire, état circulatoire), tout en veillant à ne pas aggraver d’éventuelles lésions traumatiques associées. Nous nous proposons de rappeler brièvement les indications de ces positions ainsi que les grandes lignes de leurs justifications physiopathologiques. 

Lors de l’abord d’une victime, une des premières questions à se poser est la suivante : “La position spontanément adoptée par le patient est-elle celle la mieux adaptée à son état ?” En cas de réponse négative, il convient d’estimer le rapport bénéfice/risque d’un éventuel changement de position. Si cette mobilisation ne pose généralement pas de problème dans le cadre des urgences médicales, il n’en est pas de même en traumatologie.

Dans ce contexte, la hantise d’une lésion rachidienne imposera l’emploi de règles strictes de manutention (avec parfois plusieurs secouristes), seules garantes du respect de la rectitude de l’axe tête-cou-tronc. Une victime consciente aura, le plus souvent, tendance à adopter spontanément la posture dans laquelle elle se sent le mieux. Cette position sera généralement à respecter, à condition qu’elle soit en accord avec les grands principes que nous allons rappeler ici. Pour des raisons didactiques, il est pratique de classer les positions d’attente en quatre grandes catégories :

  • les positions dérivées du décubitus dorsal,
  • les positions dérivées du décubitus latéral,
  • les positions dérivées de la position assise et
  • le cas particulier du décubitus ventral.

Les techniques spécifiques qui permettent d’installer le patient dans l’une ou l’autre de ces positions sont réputées acquises par les médecins et les secouristes. Elles ne seront donc pas détaillées ici.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Décubitus dorsal, à plat dos strict

La position à plat dos strict est indiquée chez tout patient en arrêt respiratoire ou cardio-respiratoire. Elle permet la réalisation des manœuvres de réanimation cardio pulmonaire de base (libération des voies aériennes, ventilation, massage cardiaque externe) ainsi que les gestes de réanimation spécialisée (choc électrique externe, intubation, abord veineux périphérique).

Elle favorise la restauration d’un débit sanguin cérébral lors du Massage Cardiaque Externe. Elle limite le risque d’hypo débit cérébral sans s’opposer au retour veineux.

Décubitus dorsal, membres inférieurs relevés

Le décubitus dorsal avec surélévation des membres inférieurs est indiqué chez toute victime consciente présentant une hémorragie abondante (interne, externe ou extériorisée) ainsi que devant la constatation de signes d’hypovolémie sévère (collapsus, tachycardie ou bradycardie paradoxale, temps de recoloration cutané allongé, troubles de la conscience…).

Dans le cas particulier de l’hémorragie extériorisée, les mesures d’urgence visant à arrêter le saignement (compression manuelle, pansement compressif, point de compression) priment sur l’installation en position d’attente. Devant une plaie hémorragique du membre supérieur, la surélévation du segment de membre intéressé (s’il n’existe pas de fracture associée) améliorera l’efficacité des gestes d’hémostase.

L’installation du patient en décubitus dorsal, membres inférieurs surélevés, peut en outre permettre de limiter les effets d’un malaise vagal. Cette position est contre-indiquée en cas de fracture des membres inférieurs ou du bassin. Son principe repose sur la redistribution d’une partie du sang contenu dans le système capacitif veineux des membres inférieurs, vers la partie supérieure du corps.

Décubitus dorsal, membres inférieurs fléchis

Le décubitus dorsal, cuisses fléchies, les jambes étant disposées en position repliée ou horizontale, est indiqué chez toute victime consciente présentant une plaie ou un traumatisme fermé de l’abdomen. Elle est souvent spontanément adoptée par le patient conscient présentant une douleur abdominale aiguë. Elle permet de diminuer les phénomènes douloureux en favorisant le relâchement des muscles de la sangle abdominale.

Décubitus dors en proclive à 10°

Cette position est recommandée dans le cadre de la prise en charge des neurotraumatisés. Tous les brancards des ambulances modernes permettent cette position. Le but recherché consiste à diminuer l’oedème cérébral en favorisant le retour veineux. Cette position peut avoir un effet néfaste sur la tension artérielle, qui doit être contrôlée toutes les 10 minutes.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Position latérale de sécurité (PLS)

La PLS est indiquée en cas de troubles isolés de la conscience, c’est-à-dire en l’absence de détresse respiratoire ou circulatoire associée. Elle permet d’assurer un certain degré de liberté des voies aériennes (la tête de la victime est ramenée avec précaution vers l’arrière) et de limiter le risque d’inhalation du contenu gastrique (la bouche est légèrement ouverte et dirigée vers le sol).

La mise en PLS constitue une manœuvre à risques dans le cadre de la prise en charge d’un blessé potentiellement porteur d’une lésion du rachis cervical, mais même dans cette situation, c’est le risque vital qui prime devant l’éventuelle aggravation d’une lésion neurologique supposée. La technique de mise en PLS chez le blessé grave ou chez le polytraumatisé doit être connue de tous les intervenants de l’urgence (médecins et secouristes) et respectée scrupuleusement.

Lorsqu’elle est réalisée à trois secouristes, elle permet de respecter l’axe tête-cou-tronc lors de la mobilisation de la victime. Un collier cervical peut être mis en place avant la PLS.

La PLS peut aussi bien être réalisée à droite qu’à gauche. En cas de fracture d’un membre la victime sera tournée du côté sain, de manière à ce que le poids du corps ne comprime pas le membre lésé. Si on a le choix, on préférera néanmoins tourner la victime sur le côté gauche afin de pouvoir la surveiller plus facilement une fois qu’elle sera installée dans l’ambulance ou le VSAB (véhicules normalisés avec porte brancard à gauche). Dans le cas particulier du traumatisé thoracique présentant des troubles de la conscience, la PLS sera réalisée du côté de la lésion afin de favoriser l’efficacité des mouvements ventilatoires du poumon sain.

Position obstétricale (PLS gauche)

La position obstétricale ou PLS gauche est indiquée pour le transport de toute femme enceinte (même si elle est consciente) à partir du 7ème mois de grossesse. Elle permet de supprimer la compression exercée par le poids de l’utérus gravide sur la veine cave inférieure.

Positions d’attente dérivées de la position assise

Position assise, membres inférieurs pendants

La position assise au bord du lit (ou sur une chaise) est indiquée chez tout patient présentant une détresse respiratoire consécutive à la survenue d’un œdème aigu du poumon. Elle est souvent adoptée spontanément par la victime, qu’il n’est pas rare de trouver également debout, penchée dans l’embrasure d’une fenêtre (soif d’air). Cette posture permet de diminuer le retour veineux (précharge ventriculaire gauche) et, conséquemment, la pression artérielle pulmonaire.

Position demi assise, membre inférieurs allongés

La position demi-assise stricte est indiquée en cas de gêne respiratoire ou de détresse respiratoire chez un malade conscient (crise d’asthme par exemple). Cette posture améliore l’efficacité des mouvements ventilatoires en facilitant le jeu du diaphragme, ainsi soulagé du poids des viscères abdominaux. S’il existe une gêne ventilatoire consécutive à une blessure thoracique, le patient peut également être maintenu dans cette position, mais tourné vers le côté lésé. Le blessé indique alors lui même dans laquelle de ces deux positions il se sent le mieux.

Position demis assise, membres inférieurs fléchis

La position demi-assise, membres inférieurs fléchis constitue un cas particulier. Elle représente une combinaison de deux positions dont nous avons déjà parlé. Elle est indiquée en cas de traumatisme thoraco-abdominal. La composante thoracique est améliorée par la position demi-assise, la composante abdominale par la flexion des membres inférieurs. Avant d’adopter cette position, il est préférable de s’assurer de l’absence de lésions des membres inférieurs, du bassin et du rachis. En cas de doute, on respectera la position initialement adoptée par le patient.

Position assise, patient penché en avant

La position assise, patient penché en avant, est indiquée dans le cadre de la prise en charge et du transport des enfants (mais aussi des adultes) présentant une épiglottite. Dans ce contexte, il faut rappeler que tout passage en position allongée est strictement contre-indiqué (risque de détresse respiratoire aiguë par obstruction brutale des VAS), sauf si la victime est préalablement intubée ou si un abord transtrachéal a été réalisé.

Cette position limite la gêne respiratoire et s’oppose en partie au risque d’obstruction des voies aériennes par l’hypertrophie inflammatoire de l’épiglotte. Cette posture convient également en cas d’épistaxis (on demande au patient de réaliser simultanément une compression nasale manuelle) car elle permet de limiter le risque d’écoulement sanguin postérieur.

Positions d’attente : décubitus ventral

L’installation et le transport d’un malade en décubitus ventral reste une indication d’exception. Cette posture, particulièrement inconfortable est, en effet, susceptible d’aggraver une gêne respiratoire préexistante. Elle perturbe également la surveillance clinique du patient en empêchant l’accès aux voies aériennes (intubation) et au thorax (auscultation cardiaque, contrôle de l’ampliation thoracique).

Elle n’est indiquée que lors de la prise en charge de lésions hyperalgiques (plaies ou brûlures) de la face postérieure du tronc ne présentant pas d’association avec une atteinte des fonctions vitales. Rappelons pour mémoire que le décubitus ventral peut être utilisé, dans un but thérapeutique, chez le patient de réanimation (intubé et ventilé) dans le cadre de la prise en charge du Syndrome de Détresse Respiratoire de l’Adulte (SDRA).

Conclusion

La période de transport d’un malade ou d’un blessé grave constitue toujours une étape “à risques” au cours de laquelle les perturbations liées au déplacement de la victime (vibrations, accélérations, décélérations, mouvements d’inclinaison) contribuent à aggraver son état. Lors du transport et durant la phase qui le précède, la connaissance et l’utilisation d’un certain nombre de règles simples dans la procédure d’installation du malade sont fondamentales.

Si ces techniques reposent avant tout sur des principes élémentaires de secourisme, ces positions ne perdent cependant rien de leur intérêt lors de la phase de médicalisation des secours. Elles doivent donc être connues et utilisées par le médecin, ne serait-ce que pour vérifier que la position de la victime (spontanée ou imposée par les secouristes) est adaptée à son état neurologique, ventilatoire et hémodynamique ainsi qu’à la nature de ses lésions. L’utilisation de ces postures ne dispense en aucun cas de la surveillance de la victime, dont l’état clinique peut se modifier à tout instant et nécessiter une adaptation rapide de la stratégie de prise en charge.

Eric TORRES
Médecin Capitaine CSP Digne
SMUR de Hyères
E.mail : eric.torres@wanadoo.fr

Michel TASHAN
Médecin Capitaine SDIS 13
SAMU 04

Marie-Pierre RUDELIN
Médecin attaché
SMUR de Hyères

Cet article ambulancier et les positions de transport est issu du site urgence pratique : http://www.urgence-pratique.com/

Ambulancier, le bilan

Ambulancier, le bilan

Le bilan ambulancier

Voici un dossier que je vais qualifier d’important étant donné que le bilan est quelque chose de très important et qui permettra au médecin régulateur de juger de la gravité de la situation. L’ambulancier est les yeux et les oreilles du médecin. Un bilan bien établi c’est un patient bien pris en charge.

A la suite de ce dossier vous trouverez une fiche bilan à utiliser lors de vos interventions et à remettre au service d’urgence à l’accueil du patient pour permettre une meilleure traçabilité de la prise en charge. La fiche quand à elle est une réalisation de l’ambulancier pour les nuls sur la base d’une fiche existante. Toute remarque est la bienvenue.Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé.

Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (ADE ou AUXILIAIRE). Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télédiagnostic plus fin dans le but de déclencher la réponse la plus adéquate possible, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

On peut définir le bilan ainsi : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  •  Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter ?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT : l’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones :

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime ! attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les «attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc…  Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser (  minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement (faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  • Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  • Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  • Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  • Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques hémostatiques, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même assurer la sécurité du binôme +++ et du patient.  Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est  pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à  quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique. Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  •  Nous arrivons avec trois-tons et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçu par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçu comme une humiliation suprême…

Territoire

Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain. Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ».

C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé.

Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire…, entendre les ambulanciers s’adresser à l’entourage en ignorant le patient :  « Eh, je peux quand même parler, non ? »

Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces  en réponse :

  •  Saluer tout le monde avec politesse.
  •  Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  •  Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  •  Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…

TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!

  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant.

RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%

Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan élaborées par Christophe, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU.

La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !) Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique !

Utiliser le langage médical universel

« douleurs abdominales  aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

Dans le dernier exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin » : quelques exemples communs en vrac… :

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque et TA = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC < 60 = bradycardie ( attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR <12 = bradypnée
  • Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Pour terminer, l’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion, la détection visuelle des signes cliniques.

  • Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
  • Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Le bilan ambulancier : l’importance d’un travail sérieux

Comme vous l’aurez constaté la teneur du bilan entraînera une bonne étude de la prise en charge à mettre en oeuvre. Chaque acteur de la chaine de soin pourra alors apporter au plus vite une réponse de soins de qualité en fonction des éléments apportés. Ne négligez jamais le bilan, en plus d’être le reflet de votre professionnalisme il pourra sauver des vies et apporter une réponse adaptée au patient et à ses soins.

Assistance Ambulance

Nantes et la réponse des ambulanciers face à l’urgence

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Voici l’illustration que les ambulanciers ont bel et bien évolué, que les professionnels passionnés et compétent existent et que le système qui existe en Loire Atlantique diffère de bien des régions au vu de la formidable organisation que l’on rencontre chez eux. Portrait d’un système en avance sur son temps via les explications d’un professionnel qui a accepté de m’en parler un peu plus longuement.

 CSA 44, la Centrale de Secours Ambulancier de Loire-Atlantique ! Réponse à l’urgence

 Nous exerçons dans le 44 dans la campagne Nantaise plus exactement, avec un territoire situé dans certaines zones à 30 – 40 minutes du premier smur. Nous evacuons sur 2 pôles hospitaliers, Nantes et St Nazaire. Notre zone d’intervention représente environs 82 000 habitants soit l’équivalent de la ville de St Nazaire. Les ambulanciers sont regroupés en association du nom du : CSA 44 (centrale de secours ambulancier).  Actuellement nous mettons nos moyens en véhicules disponibles par le logiciel SCR Urgences avec des délais définis en fonction des implantations des centrales d’ambulances.

Le système fonctionne par type de priorité

  • Temps 0 : 3 à 7 minutes de délai d’inter
  • Temps 15 : 10 à 18 minutes de délai d’inter
  • Temps 30 : 25 à 35 minutes de délai d’inter

Le système de garde préfectorale existe également comme sur l’ensemble du territoire. Ce système sera modifié dans les semaines à venir avec la mise en place de la géolocalisation des moyens ASSU sur tout le département pour raccourcir d’avantage les délais d’inter. Le 44 possède une centaine d’Ambulances de Secours et de Soins d’Urgence. Chaque service d’ambulance fonctionne de manière indépendante et chacun impose ses techniques de travail, néanmoins les techniques américaines dominent dans les compagnies faisant de l’urgence,du fait que ses méthodes sont développées pour des interventions à 2 :

Baxtrap, brancards stryker, cellules carrées, etc, font parti de l’équipement de certains services d’ambulances. Plusieurs services d’ambulances valident leurs ambulanciers au PHTLS, AMLS et reçoivent régulièrement des paramedics canadiens, suisses, américains ou allemands pour dispenser des cours de formations continues.

Comment fonctionne le service où j’exerce

Nous réalisons 65% de missions d’urgences pour 35% de conventionel. Crée en 2007, nous nous inspirons des techniques venant des Etats-Unis, logique de travail à deux, bilans de type “sample” et “ABCD” nous intervenons avec une ambulance calquée sur le modèle US, de l’aménagement au matériel, choix du sprinter étant donné que ce type d’ambulance est utilisée aux US.

  • Délais court sur l’ensemble des missions. ( nous sommes + rapides que les spv Grin )
  • Marquages de sécurité haute visibilité pour l’ambulance en arrière, latéral et frontal, pour la sécurité des ambulanciers sur le terrain.
  • Uniformes de rigueur, venus des US ( tenue de sécurités résistant aux projections de liquides biologiques )

 Nous partons en formations sur la Suisse, qui n’est ni plus ni moins que la copie Américaine en Europe, nous suivons les cours du PHTLS où nous sommes entre autre initiés à beaucoup de nouvelles techniques, toujours dans le but d’ accélérer la prise en charge de nos patients. De part le caractère cosmopolite de ambulanciers en Suisse, nous rencontrons des paramedics venants du Mexique, des US, du Canada et c’est une vraie mine de savoir, un régal.

Nous préparons également l’AMLS, participons à des formations par cycles saisonniers, exemple : des formations sur les différents NAC, comme les serpents histoire de mieux connaitre certaines bestioles, les accidents agricoles, formations sur les Accidents Vasculaires Cérébraux, etc…

 Nous travaillons également de manière occasionnelle avec les Infirmiers Sapeurs-Pompiers (ISP), il n’est pas rare de croiser un véhicule infirmier escorter notre ASSU. Il existe pas mal de moyens sur notre zone à nous d’en profiter. Nous collaborons avec la gendarmerie, très régulièrement.

Après nous assurons les autres missions du type conventionnel, comme dans n’importe quel central d’ambulances, car ses différentes missions font partie intégrante de notre métier, l’urgence oui, mais l’humain prime pour rester un ambulancier proche des gens et par logique de ses patients, il ne faut surtout pas l’oublier de plus que c’est toujours avec plaisir du fait que nous travaillons avec du matos adapté, donc adieu les problèmes de dos, de genoux…

Le site Web du CSA 44 : http://www.csa-44.fr/

Logiciel SRC Urgences : http://www.scr-ambulance.com/

Merci à Nickos pour sa contribution et ses explications enrichissantes.

Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Création de la régulation médicale

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La régulation médicale est l’administration chargée de gérer l’envoi des moyens médicaux ainsi que les évacuations dans le cadre de l’aide médicale urgente. Elle prend en général la forme d’une salle de coordination avec des personnels chargés des communications téléphoniques avec le public et les médecins, des communications radio avec les services de secours mobiles (smurs, sapeurs-pompiers), et d’un médecin régulateur.

Le concept de régulation médicale est né en France en 1968, avec la création du premier service d’aide médicale urgente (Samu) à Toulouse par le professeur Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d’urgence hospitaliers. Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre 1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.

Le principe de base de la régulation médicale est le « tri médical » : il s’agit d’acheminer les moyens adéquats vers la victime, puis d’amener la victime directement au service médical compétent. Ainsi, un brûlé grave ira directement au service des grands brûlés le plus proche, un polytraumatisé ira directement au centre hospitalier disposant d’un salle d’opération disponible 24h/24 7j/7…

Naissance d’un concept

Le concept de régulation médicale est né en France en 1968, avec la création du premier service d’aide médicale urgente (Samu) à Toulouse par le professeur Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d’urgence hospitaliers. Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre 1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.

Le principe de base de la régulation médicale est le « tri médical » : il s’agit d’acheminer les moyens adéquats vers la victime, puis d’amener la victime directement au service médical compétent. Ainsi, un brûlé grave ira directement au service des grands brûlés le plus proche, un polytraumatisé ira directement au centre hospitalier disposant d’un salle d’opération disponible 24h/24 7j/7…

Auparavant, la victime était amenée au service d’accueil des urgences le plus proche, puis évacué vers un autre centre hospitalier si le service ne pouvait pas le traiter, ce qui entraînait une perte de temps. La régulation médicale permet de respecter la règle des trois R du Dr. Trunkey :

« the right patient to the right place at the right time » (le bon patient au bon endroit et au bon moment).

I.J. GordonE. Sherwood Jones

Principe de fonctionnement

L’appelant formule une demande d’aide médicale urgente (damu), l’opérateur doit déterminer le besoin d’aide médicale urgente (bamu). Un des principaux problèmes est que l’urgence ressentie par l’appelant (damu) est souvent sans rapport avec l’urgence réelle (bamu), soit que l’appelant sous-évalue l’urgence (par exemple accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde ayant des signes en apparence bénins), soit, cas plus fréquent, qu’il la surévalue (mal bénin ayant des manifestations spectaculaires, panique, impact social élevé).

À la réception de l’appel, la régulation détermine

  1. s’il y a une demande d’aide médicale urgente (damu) ; sinon (erreur), elle réoriente vers un autre service ;
  2. si oui, elle s’enquiert de la localisation et ouvre un dossier médical ;
  3. elle détermine s’il y a un besoin d’aide médicale urgente (bamu), par un diagnostic :
    •  recueillir la demande
    • télémanipulation de l’appelant pour affiner la vision de la situation (signes opérationnels de régulation)
  4. en fonction de l’urgence, elle détermine la réponse adaptée.

« La régulation » peut désigner ici une ou plusieurs personnes.

L’urgence (U) dépend

  • de la gravité (G) de l’état ;
  • des soins (S) nécessaires ;
  • du temps (T) que l’on a avant une aggravation irréversible
  • de la valence sociale (V), c’est-à-dire de l’impact sur l’entourage ;

Si l’on pouvait quantifier chaque élément, on pourrait quantifier l’urgence par l’équation :

U = G × S × V / T

Cette quantité d’urgence est ce qui induit la décision de la part du médecin régulateur (choix de la réponse graduée). On note que la valence sociale V a un impact très important alors qu’il est tout sauf médical. Par exemple un décès, qui n’est pas une urgence (il n’y a plus rien à faire), a un fort impact, notamment dans le cas d’un nourrisson. Cette valence sociale prend aussi en compte l’identité de la victime (entre un inconnu et la princesse de Galles), la présence de média, la manière dont est habillée la personne (un SDF par exemple), l’impact social des antécédents médicaux connus (maladies de peau, sida)…

Au commande de la régulation : le centre 15

En France, la régulation médicale est faite par le Service d’aide médicale urgente (ou SAMU), et plus précisément par son Centre 15, également appelé centre de réception et de régulation des appels (CRRA). Le Centre 15 est au cœur du dispositif d’urgence français.

Il comporte des assistants de régulation médicale (ARM) et un médecin régulateur. Les Asistants de Régulation Médicale reçoivent les appels, récoltent les informations principales (lieu d’où la personne appelle, nature de l’appel) et les transmettent éventuellement au médecin régulateur et aux autres services concernés (police, gendarmerie, sapeurs-pompiers).

Le médecin régulateur est chargé d’évaluer la gravité de l’état de la victime en posant des question à la personne qui appelle. Il détermine la suite de l’appel : simple conseils (70 % des appels ne donnent lieu à aucune intervention à domicile) ou bien envoi de moyens

  • médecin de garde
  • ambulance privée
  • véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) des sapeurs-pompiers
  • VSAV + infirmier sapeur-pompier
  • unité mobile hospitalière (UMH) du SMUR.

 On a ainsi une réponse graduée en fonction de la gravité et de l’urgence de l’affection. Le Centre 15 détermine également vers quel centre hospitalier (CH) ou clinique doit être évacuée la victime (en fonction des places disponibles et du plateau technique). Il gère aussi les transports inter-hôpitaux.

Le Centre 15 est en communication constante avec le sapeurs-pompiers (via leur CTA) et les forces de l’ordre (police, gendarmerie). Ce système permet de gérer au mieux les moyens d’intervention disponibles. Avant de se rendre elle-même aux urgences d’un hôpital, une personne a tout intérêt à appeler le 15 pour savoir si cela est vraiment nécessaire, et à quel centre hospitalier se rendre (le moins encombré, celui disposant du plateau technique adapté).

En chiffres

Les centres 15 reçoivent environ 10 millions d’appels par an (en 2004), avec une progression d’environ 10 % par an. Les appels au 15 proviennent (statistiques sur les appels pour douleur thoracique) :

  • 51 % : public (témoin d’un malaise, d’un accident)
  • 30 % : sapeurs-pompiers (ayant été appelés sur une intervention) ;
  • 9 % : médecin généraliste.

Concernant les suites données aux appels

  • 48 % des appels se concluent par un simple conseil médical. Ceci permet de réduire considérablement les hospitalisation (personnes qui se présenteraient spontanément aux urgences).
  • 15 % des appels donnent lieu au départ d’un SMUR.

Source : SMUR Pédiatrique de Robert Debré

http://smur-rd.com
Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse : en bref

Une Intoxication médicamenteuse est une intoxication causée par un ou plusieurs médicament.

Il convient en premier lieu de contrôler les fonctions vitales et de prendre si nécessaire les mesures classiques de réanimation. Une diminution de l’état de conscience due à une hypoglycémie, au monoxyde de carbone ou à  des morphiniques doit être immédiatement recherchée et traitée de manière adéquate. Cela vaut aussi en cas de convulsions provoquées par des intoxications.

La gravité de l’intoxication doit ensuite être évaluée sur base de l’(hétéro-)anamnèse à partir de laquelle des informations peuvent être obtenues en ce qui concerne la nature du médicament, la quantité supposée prise, le moment de la prise, la prise concomitante éventuelle d’alcool. Il faut toutefois insister sur le fait que les informations obtenues à l’anamnèse ne sont pas toujours fiables et qu’elles peuvent mener à sous-estimer la gravité de la situation.

Les renseignements obtenus à partir de l’examen clinique sont aussi importants. Il faut aussi être attentif au fait que l’absence de symptômes peut être faussement rassurante. En cas d’intoxication intentionnelle, une évaluation et une aide psychiatriques urgentes s’imposent.

 Fiche cas concret

Fiche cas concret “intoxication médicamenteuse : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

Télécharger la fiche cas concret

Prise en charge ambulancier : la plaie

Prise en charge ambulancier : la plaie

La plaie en bref

Une plaie est une rupture de la barrière cutanée. Outre la lésion d’organes sous-jacents qui peut se produire lors de l’accident, la plaie peut entraîner la pénétration de germes pathogènes dans un organisme et provoquer une infection. Le principal risque pathogène est le tétanos. En premiers secours, on distingue les plaies simples, qui nécessitent un simple nettoyage ou une désinfection et les plaies graves qui nécessitent un avis médical.

Mais une plaie grave au sens premiers secours ne l’est pas forcément au sens médical. Par exemple, une plaie par outil est considérée comme grave en premiers secours car il faut en évaluer l’emplacement, la profondeur, les éventuelles répercussions, et ceci doit être fait par un médecin qui jugera lui si la plaie est effectivement grave ou bénigne ;

Prenons l’exemple d’une plaie par couteau à un doigt, elle sera bénigne si seule la chair est touchée, mais si un tendon est touché ou sectionné, cela nécessitera de la chirurgie au risque de perdre l’usage du doigt ; un écart d’un millimètre sur la position de la plaie peut faire la différence.

Les services d’aide médicale d’urgence peuvent donner des consignes utiles sur la conduite à tenir (se rendre chez le médecin généraliste, se rendre aux urgences de l’hôpital ou bien attendre des secours). Il ne faut pas hésiter à contacter les services d’urgence en cas de doute.

En premiers secours, une plaie simple est une petite effraction cutanée (petite coupure ou éraflure) superficielle et saignant peu, et qui n’est pas située près de l’œil ou d’un orifice naturel. On parle de plaie grave dès lors qu’un des éléments suivant survient :

  • Localisation :
    • près d’un orifice naturel (nez, bouche, oreille, sexe, anus), à l’œil ou à la face (visage, cou) ;
    • au thorax ;
    • à l’abdomen ;
  • Aspect :
    • saignement abondant (voire l’article Hémorragie) ;
    • déchiquetée ;
    • plaie étendue ou plaies multiples ;
  • Mécanisme :
    • par projectile ;
    • par outil ;
    • par morsure ;
    • par objet tranchant : couteau, cutter…

Fiche cas concret

Fiche cas concret “La plaie”: Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en bref

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) ou en anglais Cardio-pulmonary resuscitation (CPR), est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la circulation sanguine d’une personne s’est arrêtée (arrêt cardio-circulatoire).

En effet, lorsque la circulation du sang s’arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir : des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d’arrêt circulatoire[1]. Le fait d’oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d’éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d’accroître les chances de survie.

Méthodologie et concept

La réanimation cardio-pulmonaire est l’association de la ventilation artificielle et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).

Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l’on doit l’acronyme en anglais ABC :

  • A pour airway, libération des voies aériennes ;
  • B pour breathing, ventilation artificielle ;
  • C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.

La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c’est-à-dire :

  • inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
  • qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l’élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d’air sortir par le nez ou la bouche.

À moins d’y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime. Cette opération n’est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et elle prend un temps qui serait plus efficacement passé à réanimer la victime. Le cas d’une victime en arrêt respiratoire mais dont le cœur bat est rare, et de toutes façons la conduite appropriée dans ce cas pour le grand public est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s’écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d’abord stopper l’hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l’appareil électrique dans le cas de la victime électrisée. Dans le cas d’un adulte qui s’effondre sans raison, et lorsqu’on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l’arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP.

Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours. Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n’est disponible, on pratique la RCP deux minute avant d’aller alerter les secours car l’apport rapide d’oxygène aux cellules peut améliorer l’état de la personne. Au contraire, dans la cas de l’arrêt spontané chez l’adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne. Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d’alerter les secours et d’apporter un défibrillateur, puis commence immédiatement la réanimation.

Fiche cas concret réanimation cardio-pulmonaire

Fiche cas concret “réanimation cardio-pulmonaire” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis : en bref

Les fractures et instabilité du rachis cervical supérieur sont un peu différentes des fractures et luxations du rachis cervical de C3 à C7.

  • simples lésions des parties molles
  • à la paralysie ou au décès,
  • avec ou sans fractures ou luxations graves.
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Les lésions traumatiques de la colonne vertébrale cervicale ne sont souvent reconnues qu’en salle d’urgence et doivent faire l’objet d’un bilan soigneux et être prises en charge de manière à en minimiser les séquelles (pas de minerve routinière et stupide).
Un diagnostic sans retard, une contention vraie plutôt qu’une “immobilisation”, la préservation ou la restauration de la fonction de la moelle épinière et des racines, et la stabilisation définitive de la lésion sont les clés de la réussite de la prise en charge de telles lésions.

Au moins (Bohlman HH et Boada E., 1983)

  • un tiers de toutes les lésions de la colonne cervicale sont en rapport avec un accident à véhicule motorisé,
  • un tiers en rapport avec une chute d’un lieu plus ou moins élevé, et
  • le reste est le résultat d’accident de sport, de chute d’objets ou de projectiles par arme à feu.

La majorité de ces lésions est observée chez le sujet jeune et actif, adolescents ou adulte jeune.
Le deuxième grand groupe par incidence concerne l’adulte sexagénaire ou septuagénaire.

  • Dans ce second groupe, la spondylose ou la sténose exposent à de graves lésions en dépit de la faiblesse des forces mises en jeu au niveau de la colonne elle-même..

La création de centres dédiés aux lésions traumatiques de la moelle épinière est seule susceptible de faire progresser les soins en urgence, la qualité du traitement médical et chirurgical et de la reprise des activités du blessé qui souffre de lésion traumatique de la colonne vertébrale et/ou de la moelle épinière. Une équipe de prise en charge est un facteur important de résultat optimal.

Les objectifs du traitement sont

  • de préserver la vie,
  • de préserver ou restaurer la fonction neurologique,
  • d’assurer la stabilisation de la colonne cervicale, et
  • de permettre une reprise des activités optimale.

De tels objectifs sont raisonnables si des soins adéquats sont assurés.

Fiche cas concret : le traumatisme du rachis

Fiche cas concret : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Traumatisme crânien

Traumatisme crânien

Traumatisme crânien : en bref

La notion de traumatisme crânien ou traumatisme crânio-cérébral (TCC) couvre les traumatismes du neurocrâne (partie haute du crâne contenant le cerveau) et du cerveau. Les manifestations cliniques dépendent de l’importance de l’impact et des facteurs associés (âge, pathologies préexistantes autres, traumatismes associés).

De par la situation anatomique de la tête, le traumatisme crânien est souvent associé à des traumatismes du rachis cervical (entorses, luxations, fractures), du visage (contusions, plaies, fractures maxillo-faciales) et oculaires. Les séquelles immédiates et à distance des traumatismes cranio-cérébraux sont souvent la conséquence des lésions engendrées sur le système nerveux central (cerveau et moelle épinière cervicale). Elles grèvent l’avenir des victimes et de leurs familles et leur coût social et financier est élevé.

Trois catégories de Traumatismes crâniens

Sur le plan clinique il existe trois catégories principales de traumatismes crâniens : légers (sans perte de connaissance et sans fracture de crâne), moyens (avec une perte de connaissance initiale excédant quelques minutes ou avec fractures de crâne) et graves(avec coma d’emblée — sans ou avec fractures de crâne associées). 

D’importants progrès ont été réalisés dans la prise en charge médicale rapide des victimes et dans le diagnostic rapide et précis des lésions qui peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical. Malgré ces progrès, plus de 50 % des cas graves décèdent ou gardent un handicap à vie.

Le pronostic est ainsi le plus souvent lié à l’importance des signes et lésions initiales (survenues au moment de l’accident). Il permet de séparer les traumatismes manifestement bénins et ceux qui vont nécessiter une prise en charge en milieu hospitalier.

Recherche d’informations

L’interrogatoire de la victime et/ou des témoins s’efforce de renseigner le type d’accident et d’impact, ce dernier ne permettant cependant pas de préjuger de la gravité des lésions. Des troubles de la conscience doivent être recherchés et quantifiés suivant l’échelle de Glasgow. 

On se méfiera systématiquement d’un possible traumatisme cervical avec un risque potentiel de tétraplégie (paralysie des quatre membres) en cas de mobilisation imprudente. De même, un traumatisme associé d’une autre partie du corps devra être cherché à titre systématique. 

Un scanner crânien devra être fait en urgence en cas d’un déficit de la conscience, même transitoire ou de survenue secondaire, en cas de déficit neurologique (baisse de la mobilité d’un membre, troubles de la parole, amnésie), au moindre doute sur une fracture crânienne, en cas de survenue de crise convulsive ou en cas de vomissements[2]. Chez l’enfant, l’indication d’un scanner est d’autant plus grande qu’il est jeune.

Fiche cas concret

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Femme enceinte

Femme enceinte

La femme enceinte : en bref

La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d’une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu’à ce qu’elle puisse survivre hors du corps de la mère. Une femme en état de grossesse est dite enceinte ou gravide.

La grossesse commence avec la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde, d’où résulte la création d’une cellule œuf, qui va se diviser jusqu’à devenir un embryon, puis un fœtus. Elle se poursuit jusqu’à la naissance, ou à son interruption par un avortement artificiel ou naturel (fausse couche). Chez les humains, la grossesse dure environ 39 semaines, entre la fécondation et l’accouchement.

Elle se divise en trois périodes de trois mois chacune, communément appelées trimestres. Mais pour des raisons de convention on parle en semaines d’aménorrhée soit 41 semaines (correspondant à 39 semaines de gestation plus 2 semaines entre le premier jour des dernières règles et la fécondation), ou encore en mois de grossesse.

Fiche cas concret

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Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral (AVC) : en bref

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Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général.

C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante). L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • Perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • Perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • Difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à Bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • Trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • Perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • Maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés.

Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien. Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule.

Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible. Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Fiche cas concret

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Ambulancier, prise en charge de la brûlure

Ambulancier, prise en charge de la brûlure

La brûlure : en bref

La brûlure est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os.La gravité de la brûlure dépend de sa localisation, de sa profondeur (le degré de brûlure), de l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface totale) et de l’agent causal en question. La brûlure n’est pas une plaie comme les autres car elle a des répercussions sur l’état psychologique du brûlé.

Une brûlure peut être causée :

  • par le contact avec une source chaude (solide, liquide, ou gazeuse),
  • par le contact avec une substance ou un produit dit caustique,
  • par frottement
  • par l’effet de la combustion (action d’une flamme),
  • par l’effet d’un rayonnement (le coup de soleil – rayonnement Ultraviolet B – est l’exemple le plus fréquent),
  • par l’effet d’un courant électrique (électrisation),
  • par le froid (gelure).

Les brûlures graves comportent un risque vital. Les brûlures moins graves peuvent comporter un risque fonctionnel (gène à certains mouvements) ou esthétique (cicatrisation avec chéloïdes ou problème de pigmentation de la peau).

Fiche cas concret

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Œdème aiguë du poumon

Œdème aiguë du poumon

Œdème aigu du poumon (OAP) : en bref

L’œdème aigu du poumon est une affection pulmonaire secondaire à l’inondation ou l’accumulation brutale de liquides au niveau des poumons (alvéoles ou des espaces interstitiels pulmonaires).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Cet état va être responsable de troubles des échanges gazeux et peut entraîner une insuffisance respiratoire. Le plus fréquemment, il est d’origine cardiaque et dû à une insuffisance cardiaque gauche aiguë (on parle d’œdème cardiogénique). Il peut également être lié à des lésions du parenchyme pulmonaire (on parle d’œdème lésionnel) ou à une transfusion de trop gros volume de sang.

Le sujet présente une dyspnée, c’est-à-dire une gêne respiratoire angoissante (d’installation rapide ou progressive), une orthopnée (difficulté respiratoire en position couchée). Il peut également exister une toux nocturne, une expectoration (rosée, blanchâtre, mousseuse), un grésillement laryngé.

Une “crise d’asthme” survenant à plus de 65 ans correspond dans la plupart des cas à un œdème pulmonaire. Le sujet peut également présenter des signes en rapport avec la pathologie responsable de l’œdème pulmonaire : une douleur thoracique, une fièvre… L’examen peut mettre en évidence une cyanose, une augmentation de la pression artérielle (sauf état de choc). L’ausculation cardio-pulmonaire met en évidence une tachycardie (une bradycardie étant un signe de gravité), galop gauche inconstant, des râles crépitants, des râles sibilants. On recherche systématiquement un souffle cardiaque à la recherche d’une valvulopathie.

 Fiche cas concret Œdème aigu du poumon

Fiche cas concret “Oedeme Aigue du Poumon” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Accident vasculaire cérébral (AVC)

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Présentation de l’AVC

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général. C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante).

L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

AVC -accident vasculaire cérébral - ambulancier le site de référence

Etiologie /Causes

Épidemiologie

L’âge moyen de survenue est de soixante-dix ans, mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d’hémiplégie (paralysie d’un côté) récente et frappent environ 100 000 sujets par an, en France. La mortalité à six mois est de 30 à 40 %.

C’est la seconde cause de mortalité au niveau mondial et la sixième cause, en termes d’années de handicap. C’est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, et la première cause des handicaps physiques acquis. Le coût correspond à plus de 4 % des dépenses de santé dans les pays développés. Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d’origine ischémique.

Semiologie/Signes d’un AVC

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés. Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien.

Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule. Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible.

Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Mécanismes et formes cliniques

L’accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l’état normal, sans séquelles, c’est à dire en moins d’une heure et sans preuve d’infarctus à l’imagerie (Consensus ANAES, mai 2004). Le déficit peut être au contraire permanent. On parle alors d’ accident vasculaire cérébral constitué (AIC).

Il existe deux types d’AVC:

  • L’infarctus cérébral : par obstruction d’un vaisseau sanguin (80 % de l’ensemble des AVC).
  • L’hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant 20 % des cas).

Les AVC sont donc classés en accidents ischémiques et en accidents hémorragiques.

Accidents vasculaires ischémiques et hémorragiques

Les accidents ischémiques sont dus à l’occlusion d’une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d’oxygène et de glucose. Celle-ci entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral).

Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d’origine cardiaque), mais d’autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l’artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé. Le ramollissement cérébral d’origine ischémique peut se compliquer secondairement d’un saignement au niveau de la lésion : on parle alors de ramollissement hémorragique.

La thrombophlébite cérébrale est une occlusion d’une veine cérébrale (et non pas d’une artère). Elle est beaucoup plus rare. La lacune cérébrale est une complication de l’hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral. L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC.

Chez une personne en bonne santé, la pression artérielle doit être inférieure à 140/90 mm de mercure. En cas d’hypertension (tension > 14/9), la pression à laquelle les vaisseaux sanguins sont soumis en permanence devient trop élevée et les vaisseaux cérébraux courent un risque accru de rupture, provoquant ainsi une hémorragie cérébrale. Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d’un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l’origine et soumis à une pression sanguine excessive. Le tabac et l’alcool sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l’hémorragie peut être méningée par rupture d’un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intra cérébral (dit aussi intra-parenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire. L’hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d’apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion.

Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l’hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L’hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral. Parfois lors d’accidents hémorragiques il y a aussi une libération d’ions calcium qui induisent un vaso-spasme brutal à l’origine d’accidents ischémiques.

Principes du traitement

Une hospitalisation est nécessaire, idéalement en milieu spécialisé (« Unités de soins intensifs neurologiques »)

Après un bilan hospitalier, le traitement se confond avec celui de la cause. En aigu, on propose :

  • un traitement par anticoagulants en cas de cardiopathie emboligène, mais ce traitement doit être discuté si l’accident est important, du fait du risque majoré de survenue d’une hémorragie secondaire (Ramollissement hémorragique)
  • un traitement par médicaments antiagrégants plaquettaires en cas d’ischémie (le plus souvent de l’aspirine à petites doses),
  • Le traitement anti-hypertenseur doit permettre cependant de maintenir une pression artérielle minimale afin d’assurer une perfusion optimale du cerveau.
  • Un traitement neurochirurgical dans les cas particuliers, rares, d’hémorragie cérébrale, d’infarctus cérébelleux et d’infarctus hémisphérique malin, peut être proposé.
  • L’ Altéplase est un médicament thrombolytique (qui permet la dissolution d’un caillot par thrombolyse ou fibrinolyse) qui est proposé en cas d’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, lorsqu’il est pris en charge moins de 3 heures après les premiers symptômes. Il permet une récupération complète plus fréquente et diminue la mortalité. Cependant, étant donné ses effets indésirables potentiels (notamment les hémorragies intra-crâniennes), la marge de manœuvre entre les bénéfices de ce traitement et ses risques, est très étroite. Il ne devrait être utilisé que dans des centres spécialisés et pour des malades sélectionnés selon des critères très précis.

À distance de l’épisode

À distance de l’épisode aigu, doit être discuté une chirurgie carotidienne s’il existe une sténose carotidienne (endartériectomie). La prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire est impérative. Certains médicaments antihypertenseurs, comme le périndopril, ont prouvé une diminution significative du risque de récidive. L’arrêt du tabac, l’équilibration d’un diabète ou d’une hypercholestérolémie par le régime ou par des médicaments, sont également nécessaires.

L’aspirine, à petites doses, réduit de près d’un cinquième le risque de survenue d’un nouvel accident. Le dipyridamole (en association avec l’aspirine) et le clopidogrel ont également prouvé une certaine efficacité. La rééducation après un AVC fait partie intégrante du traitement : selon les cas, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, régime alimentaire, Activités physiques adaptées. En cas de fibrillation auriculaire, la prescription de médicaments anti-coagulants de type anti-vitamine K reste indispensable.

Pronostic

L’accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à 30 % au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de 10 % des survivants. Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l’atteinte. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an peut atteindre près de 40 %. 

Dans le monde, 5,5 millions de personnes meurent chaque année d’une attaque cérébrale. 75 % des victimes ont plus de 65 ans et les hommes sont plus exposés que les femmes. Lorsqu’un ou plusieurs symptômes d’AVC sont présents, il faut appeler d’urgence de l’aide médicale en avertissant au plus vite le médecin ou les secours. De nombreuses personnes n’en sont pas conscientes. Contrairement à un infarctus du myocarde, un infarctus cérébral est généralement indolore.

C’est pourquoi il est souvent considéré comme bénin et non mortel. On pense que cela passera et on attend. Tout phénomène plus bref et passager (AIT) doit également être pris au sérieux et examiné par un médecin. Attention, le compte à rebours est lancé dès les premiers signes. Après trois heures, un traitement anti-thrombotique n’a plus guère de chances de réussite et les dégâts cérébraux seront plus graves.

Source : wikipédia

Asthme et prise en charge par l’ambulancier

Asthme et prise en charge par l’ambulancier

En réponse au mail d’une jeune fille de 18 ans, Isabelle, asthmatique connue, voici quelques infos utiles pour “gérer” une crise d’asthme dans l’attente des secours (Ambulanciers + SMUR).

☛ ATTENTION: ce ne sont que les conseils d’un Ambulancier SMUR

L’asthme

Respiration difficile (dyspnée), lente (bradypnée), laborieuse avec râles sibilants (sifflements inspiratoires) est une affection pouvant évoluer vers l’AAG (Asthme Aigu Grave). Il est important d’en reconnaître les signes pour enrayer le début d’une crise, même inaugurale chez un asthmatique qui s’ignore et donc non traité.

ambulancier, prise en charge de la crise d'asthme

Mécanisme

Bronchoconstriction et/ou bronchospasme, hypersécrétion de mucus bronchique et possible apparition d’un oedème de la paroi des alvéoles pulmonaires (aussi appelé oedème interstitiel).

Conséquences

Augmentation de la résistance au passage de l’air dans l’arbre bronchique, avec installation rapide d’une dyspnée. Les débits ventilatoires s’effondrent et entraînent une bradypnée, prédominants au moment de l’expiration. Le travail ventilatoire se trouve augmenté et se met alors en place ce qu’on nomme les tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens, signe de gravité… pouvant vite mener à des troubles de la conscience !

Traitement

La plupart du temps, les asthmatiques “connus” sont sous Ventoline® – dont la molécule, le salbutamol, est un antagoniste des ß2 (bêta 2)-adrénergique, ou ß2-mimétique, c’est-à-dire un bronchodilatateur à courte durée d’action. La Ventoline® est le chef de file des bronchodilatateurs indiqués en cas d’asthme. Mais il en existe d’autres: Bricanyl® et/ou Atrovent® – surtout utilisés en urgence pré-hospitalière sous forme de nébulisats.

Quelques conseils

Devant un tel tableau clinique, quelques conseils: Appelez ou faites appeler le SAMU qui dépêchera un SMUR à votre domicile car le pronostic vital est engagé. Respectez la position adoptée spontanément par la victime ou la faire s’asseoir, jambes pendantes, afin de favoriser les mouvements ventilatoires et d’améliorer le remplissage des cavités du coeur droit… et RASSUREZ la victime…

L’INSTALLATION EN POSITION ALLONGÉE (DÉCUBITUS) EST STRICTEMENT INTERDITE EN RAISON DU RISQUE D’ARRÊT CARDIO-RESPIRATOIRE PAR DÉSAMORÇAGE DE LA POMPE CARDIAQUE.

(Sources: EMT-P’s courses and training program on pulmonary major pathologies, Pharmacology, Vancouver Paramedic Academy. Physiopathologies de l’appareil respiratoire, CCA. Pharmacologie FAE SMUR. Feedback personnel)

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Une ou plusieurs piqûre de guêpes ou de frelons, appartenant tous deux à la famille entomologique des vespidés peuvent causer de sévères troubles de la santé, voire d’engager le pronostic vital. Les personnes allergiques au venin de ces deux hyménoptères le savent en général. Ils prennent donc des mesures particulières lorsqu’ils risquent de se voir confrontés à cette famille d’insectes, les vespidés.

Petit rappel

Guêpes et frelons sont des insectes carnivores. Leur comportement, contrairement à celui des abeilles, est, de facto agressif.
Quoique les frelons, plus gros que les guêpes, soient d’une manière générale et contrairement aux idées reçues, bien moins agressifs que ces dernières.

A noter également que le dard des guêpes et des frelons est lisse, au contraire de celui, barburé, des abeilles. De ce fait, frelons et guêpes peuvent infliger plusieurs piqûres consécutives – dites en rafale – à leur victime. La notion de danger immédiat concerne essentiellement, comme nous l’avons vu, les personnes allergiques.

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Signes

Le choc anaphylactique se déclenche dans les minutes ou, au plus tard, dans l’heure qui suit le contact avec l’allergène. Il est annoncé par un malaise intense, des sueurs, des frissons, des pâleurs, le tout suivi de rougeurs diffuses.

Peu après apparaît une dyspnée (gêne respiratoire) et nous voilà face à un Oedème de Quincke, accompagné d’un effondrement de la pression artérielle et d’une tachycardie compensatoire, signant un état de choc dit “anaphylactique“.

➥ A ce stade, le traitement repose sur l’administration immédiate d’adrénaline en IV, un remplissage vasculaire, (éventuellement l’injection de corticostéroïdes et d’antihistaminiques – quoique d’efficacité moins immédiate).

Si ces mesures ne sont pas prises à temps, le processus se poursuit, le calibre artériel continue de se dilater jusqu’à désamorçage de la pompe cardiaque.
Intervient alors le décès.

Certains cas, répertoriés au début du 20 è siècle, font état d’oedèmes très importants des zones piquées, sans pour autant que la mort ne soit venue sceller le destin du malheureux piqué, comme l’atteste la photo ci-dessous. Si vous le souhaitez, vous pouvez, via le parcours coordonné de santé, vous faire prescrire une recherche d’allegènes par votre médecin traitant qui vous dirigera vers l’allergologue le plus proche de votre domicile.

L’ambulancier et le choc obstétrical

L’ambulancier et le choc obstétrical

Choc obstétrical : définition

Ou “Insuffisance circulatoire aiguë chez une femme enceinte ou en cours d’accouchement (parturiente)”. Cette complication grave de la grossesse peut être due à une hémorragie au cours de la délivrance ou, deuxième cas, à un choc infectieux (libération de toxines dans l’organisme – endo- ou exotoxines – provoquant, par mécanismes imbriqués, une réaction en chaîne entraînant l’effondrement de la pression artérielle, puis des troubles respiratoires ou encore des troubles de la coagulation…).

choc obstetrical - prise en charge par les ambulanciers

Le choc obstétrical est devenu très rare aujourd’hui, grâce à la rigueur du suivi de la grossesse et au raccourcissement du temps de travail, mais il arrive pourtant que celui-ci se produise malgré tout. Lorsqu’un choc obstétrical se produit, des mesures d’urgence s’imposent. Le temps joue en défaveur de la mère et du foetus, si celui-ci se trouve encore in utero. Dans ce cas, le choc maternel diminue de manière brutale et significative l’apport d’oxygène au foetus, pouvant provoquer des séquelles neurologiques chez le bébé à venir, avec retards psycho-moteurs à la clé, par hypoxie voire anoxie.

Signes et conduite à tenir

Signes : Chute de la P.A, torpeur, chute de la température centrale et cyanose signent le C.O.

La césarienne doit être entreprise immédiatement, en urgence, pour éviter cette hypoxie tant redoutée pour le nouveau-né. Le traitement repose sur la suppression de la cause du choc (hémorragie, foyer infectieux) et à pallier le plus rapidement possible aux effets du choc proprement dit par une réanimation adéquate: perfusions de solutés dits “de remplissage” ou transfusions sanguines, associées à une oxygénothérapie visant à maintenir une saturation d’O2 dans le sang maternel optimale afin que le foetus, alimenté en O2 par l’ombilic n’en soit pas affecté…

NOTE: Comme tous les articles de la rubrique “PATHOLOGIES: Infos”, cet article se veut uniquement INFORMATIF.

Il n’a pas d’autres prétentions, qu’on ne s’y méprenne pas.

Source JLK rescue

https://www.jlk-rescue.fr/
Œdème aigu du poumon (OAP)

Œdème aigu du poumon (OAP)

L’Œdème aigu du poumon (OAP) c’est quoi ?

Cette détresse respiratoire (dyspnée) aigüe due à une insuffisance cardiaque gauche (ventriculaire) est une URGENCE VITALE – ou Urgence Absolue. Elle doit être détectée et traitée SANS DÉLAI, sous peine d’engager le pronostic vital du patient.

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Les causes de l’Œdème aigu du poumon

Le plus souvent, l’étiologie d’un Œdème aigu du poumon (OAP) est une insuffisance ventriculaire. Mais on retrouve d’autres causes telles qu’une poussée hypertensive systémique, une hypervolémie. Plus rarement, mais à ne pas négliger, la soumission à des agents infectieux (virus de la grippe, par exemple, le triste H5N1) ou encore l’inhalation d’un toxique. Le mécanisme: L’insuffisance ventriculaire (ou insuffisance cardiaque gauche) provoque des anomalies au niveau de la circulation sanguine, et, pour le cas qui nous intéresse, au niveau de la “petite circulation”, c’est-à-dire la circulation sanguine pulmonaire. Cette insuffisance ou cette défaillance cardiaque entraîne un défaut de débit sanguin, et, in extenso une augmentation de la pression sanguine intravasculaire. Il en résulte une fuite du plasma vers les alvéoles pulmonaires. Celles-ci s’inondent, n’étant de fait plus capable d’assurer l’échange gazeux O2-CO2. Le patient se noie de l’intérieur.

Les signes de l’Œdème aigu du poumon

Chez une personne présentant un Œdème aigu du poumon – OAP, les signes surviennent brutalement, sans prodromes (signes avant-coureurs), par un essoufflement intense, une toux pouvant s’accompagner d’expectorations mousseuses rosées – attention, ce n’est pas systématique ! – et des crépitements expiratoires caractéristiques. On verra aussi des turgescences jugulaires, ainsi qu’un balancement thoraco-abdominal ou des tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens. Une tachycardie (augmentation significative de la fréquence cardiaque > 100/110 bpm, voire plus) accompagne le tableau clinique.

NB: il peut y avoir des signes avant-coureurs (essoufflement progressif à l’effort ou au repos) dans le cas d’un oedème subaigu en fonction de l’évolution plus ou moins rapide de l’insuffisance ventriculaire.

Conduite a tenir par les ambulanciers

Respecter la position adoptée spontanément par la victime (le plus souvent debout: orthopnée) ou assis. Sans antécédents de BPCO ou d’IRC, administrer de l’oxygène au masque HC à raison de 12 à 15 l/minute. Surveiller la SpO2 et rassurer la victime. Demander un renfort SMUR sans délai lors de la transmission du bilan à la régulation du SAMU-Centre 15. Le traitement in situ sera alors d’administrer par intraveineuse des diurétiques dont le chef de file, le Furosémide (en France, son nom commercial est Lasilix®) est le plus couramment utilisé. Le but est d’éliminer un maximum de liquide des alvéoles pulmonaires via le système urinaire. Une fois le patient techniqué et l’évacuation médicalisée, un ECG, un bilan sanguin avec GDS et une échographie permettront de confirmer le diagnostic posé en pré-hospitalier.

Informations

L’analyse des gaz du sang (GDS) montrera une diminution significative à la fois de l’O2 et du CO2. L’ECG quant à lui mettra en évidence une tachycardie accompagnée de troubles du rythme sinusal (pouvant être à l’origine de l’Œdème aigu du poumon – OAP). L’échographie associée à un Doppler permet de montrer l’existence d’un trouble cardiaque et de préciser quantitativement les pressions à l’intérieur de la “petite circulation” – la circulation pulmonaire.

En définitive, le traitement de l’Œdème aigu du poumon – OAP sera le traitement du facteur déclenchant: insuffisance cardiaque, HTA…

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Analyse et explication d’une prise en charge d’une pathologie déclarée comme urgence vitale. En règle générale ce type d’événement est directement pris en charge par l’équipe du SMUR. Mais il est possible de rencontrer malgré tout ce type d’intervention. Il ne faut pas le négliger

La dissection aortique

Suite à la demande personnelle d’un lecteur assidu des “Z-ItoS”, voici quelques éléments de réponse au sujet de cette pathologie engageant très rapidement le pronostic vital. Physiopathologie: La DA, ou anévrysme disséquant n’est rien d’autre que la déchirure ou la rupture du média aortique (tunique moyenne de la paroi d’une artère). La plupart du temps, c’est au début de l’aorte que ça se produit, juste au-dessus des valves sigmoïdes. Lorsque le sang “pousse” dans l’aorte, il est sous pression.

Cette pression contribue, chez des sujets atteints de la maladie de Marfan (dégénérescence des fibres élastiques artérielles), par exemple, ou chez des hypertendus chroniques, ou encore suite à un traumatisme violent du thorax, à la constitution de la déchirure ainsi qu’à l’extension d’un clivage longitudinal de l’aorte. Il peut arriver que le sang retourne dans son “chenal” usuel par un deuxième point de rupture en aval. On a donc parfois deux types de circulation aortique: le “vrai chenal” et le “faux chenal”. Le résultat est catastrophique du fait de l’hemorragie massive que la DA peut impliquer… Mais pas de panique.

infarctus du myocarde - angor - prise en charge par l'ambulancier

Symptômes /signes

Lorsque vous êtes déclenchés et que vous arrivez sur les lieux, la victime se plaint de violentes ou d’insupportables douleurs thoraciques d’apparition brutale, sans prodrome et migrantes, du fait du siège de la dissection qui se déplace. J’insiste sur la douleur: dans tous les cas, l’EVA sera très élevée ! ATTENTION: diagnostic différentiel d’EP ! Merci…

 Actes pré-hospitaliers

Bilan flash. La première chose à vérifier est la symétrie du pouls radial simultanément. Si le pouls est dissymétrique, tu as une DA probable face à toi. Tu ne perds pas de temps: tu installes la victime en demi-assis, O2 à haut débit et masque HC, et tu prends une tension aux deux bras ! Pour confirmation. Tu ne perds pas de temps en palabres avec un ARM, tu demandes un renfort SMUR, point barre. Le but est d’ééviter le choc hypovolémique constituant un risque de complication systématique ou presque, sans mesures d’urgence adaptées, par la pose de VVP gros calibre avec remplissage * et ECG simultané !

En attendant le renfort, surveille régulièrement le PA aux deux bras (attention à la fistule artério-veineuse des dialysés, aux femmes ayant subi un curetage axillaire suite à un néo du sein, aux hémiplégiques suite à AVC etc…), rassure la victime, couvre-la, garde ton sang-froid. Délègue ce que tu peux déléguer à ton Auxiliaire Ambulancier (SpO2, PA…) pendant que tu continues de parler à la victime et que tu essayes de savoir si la douleur se déplace encore.

Attention: parfois, la douleur s’atténue. Eh oui… A l’arrivée du SMUR, transmissions complètes AVEC LES ÉVOLUTIONS à H+3′… H+6′ etc… au toubib. L’évacuation se fait selon les critères du Critical Care Transport: attention aux déports, aux accélérations brutales et aux freinages, attention aux côtes ou aux descentes car ça influe sur le déplacement des fluides corporels et l’incidence sur l’hémodynamique du sujet est élevée, évidemment…

* En France, le remplissage au Ringer-Lactate® est désormais interdit. On choisira donc du NaCl (sérum phy’) pour le remplissage vasculaire.

(Sources: Cardiovascular Disorders, Advanced Cardiac Life Support (ACLS), Critical Care Transport (CCT), Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, feedback personnel)

Traumatisme crânien (TC)

Traumatisme crânien (TC)

Le traumatisme crânien

La mort de Natasha Richardson met en évidence la manière dont une banal accident se transforme en crise majeure et fatale. Elisa, 3 ans, se promène au musée avec son père. Elle tombe et sa tête heurte durement le sol. Elle pleure, s’arrête de pleurer puis reprend la balade avec son père. Une heure plus tard, elle se met à vomir et à convulser.

Transportée aux urgences en moins d’une demi-heure, les médecins se battent pour la maintenir éveillée, un abord veineux en place. Le scanner est prêt. Elisa a eu de la chance: il y a bien eu un oedème cérébral, mais pas d’hémorragie. Aujourd’hui, elle va très bien. Natasha Richardson n’a pas eu cette chance. Elle est morte d’un banal Traumatisme Crânien.

Mécanisme du traumatisme crânien

La tête en mouvement est stoppée brutalement par un obstacle quelconque (mur, volant, pare-brise, sol…). L’encéphale effectue un mouvement pendulaire dans la boîte cranienne: il est à son tour stoppé sur la partie frontale du crâne, puis rebondit sur la partie occipitale… Une première compression frontale. Puis une deuxième compression lors du rebond.

Siège

Le siège des lésions et leur nature sont déterminants. Un hématome épidural, accumulation de sang entre la boîte cranienne et la dure-mère) ou un hématome sous-dural accumulation de sang entre la pie-mère et le cerveau) ont un ratio de mortalité de 50 %. Une hémorragie cérébrale est plus sérieuse. D’autres blessures incluant les fractures du crâne pouvant mener à des hémorragies cérébrales et à des inconsciences prolongées ont des effets dramatiques par oedème cérébral avec de potentielles séquelles irréversibles sur l’encéphale et les fonctions cognitives.

Signes

Ils ne sont pas toujours évidents à détecter d’emblée. Céphalées allant empirant, confusion, désorientation, vomissements. Discours indistinct, somnolence, regard vague, coordination motrice altérée et “amnésies” de toutes sortes…, les signes progressent graduellement, jusqu’à atteindre le point critique où la victime ne peut plus être “réveillée”…

Actes ambulanciers: Bilan très rapide avec évaluation neuro +++, GSC, réactivité pupillaire, plus hémodynamique. L’idéal est de pouvoir appliquer la Golden Hour (une heure maxi entre l’appel et la dépose de la victime au bloc opératoire). Ce système n’est hélas pas en vigueur en France. On demandera donc un gentil renfort SMUR qui mettra 10 ou 15 minutes pour se pointer – 10 ou 15 minutes de perdues pour acheminer la victime vers le plateau technique avec bloc op’, VIVE LA FRANCE – on couvre, on rassure, on parle à la victime, on la maintient éveillée, en attendant le renfort… Puis on se met à disposition du SMUR lorsqu’il se pointe enfin…

Devenir de la victime

Il dépend des délais de réponse. Si l’entourage appelle d’abord le médecin traitant au lieu de composer le 15 d’emblée, on creuse déjà la tombe potentielle. Si les secours mettent du temps pour arriver sur place, on creuse encore un peu plus… ! En général, une hospitalisation avec la médication appropriée rétablit la victime dans ses fonctions supérieures, SI et SEULEMENT SI le délai de prise en charge a été compressé en amont. Ce qui, avec le système de secours français à rallonge de temps, est loin d’être le cas…

(Sources: Brain Injuries, Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, Dr Carmelo Graffagnino, Director of the neuroscience critical-care unit at Duke University, feedback personnel)

traumatisme crânien
L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

A un moment donné de sa carrière l’ambulancier devra peut être faire face à l’accident de la voie publique – AVP. Professionnel de santé en perpétuel mouvement sur les routes de France, l’ambulancier doit pouvoir maitriser la conduite à tenir en sur accident.

Accident de la voie publique : en bref

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Quotidiens, fréquents, les AVP sont loin des interventions type « maison de retraite ». Le but est de bilanter rapidement, de pallier les décompensations diverses et de techniquer la victime avec toutes les précautions d’usage. Sur le cas d’un piéton, cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est évident que la cinétique est l’élément primordial. Aussi, et même si vous n’êtes pas titulaires du PHTLS, voici quelques recommandations.

Ambualncier : en premier lieu, les éléments à rechercher

Après avoir balisé la zone de l’accident au mieux en fonction de la topographie (en ville ou à la campagne, on ne balise pas de la même manière), il importe de saisir le tableau global instantanément et de se poser d’emblée 7 questions.

  1.  Quelles sont les circonstances ?
  2. Quelle a pu être la cinétique au moment de l’impact ? ➔ Vitesse du véhicule ?
  3. Où se situe le point d’impact sur la victime ?
  4. Quel est le type de véhicule impliqué ?
  5.  Notion de “crossing”: la victime s’est-elle fait rouler dessus par le véhicule ?
  6.  Notion de “dragging”: la victime a-t-elle été traînée par le véhicule ?
  7.  Notion de “throwing”: la victime a-t-elle été projetée ?

Le bilan se fera selon l’algorithme du PHTLS, en tenant compte du type de véhicule et de fait, du siège des lésions.

  • – Si le véhicule est un deux roues: Cuisses, bassin (fourche du véhicule), abdomen et thorax (guidon), membres Sup. (fractures de projection), membres Inf (fractures par choc direct)
  • – Si le véhicule est une VL:
    • Victime percutée de face: atteinte des membres Inf. (pare-chocs), hémorragie interne fréquente (choc sur capot).
    • Victime percutée de côté ou de dos: atteinte probable du rachis cervical et dorso-lombaire.

Algorithme d’évaluation

EVENEMENT ➔ SECURITE / SITUATION ➔ EVALUATION PRIMAIRE
Si TRAUMATISME: OUI ➔ A : immobilisation manuelle du rachis cervical + voies aériennes + BCDE
Si TRAUMATISME: NON ➔ A: LVA B : ventilation : fréquence, amplitude, auscultation C : circulation : contrôle hémorragie, pouls, peau D : déficit neurologique, conscience, pupilles E : exposer / environnement
Si Environnement CRITIQUE ➔ APPEL CENTRE 15 direct pour renfort SMUR SANS DÉLAI
Si Environnement NON CRITIQUE ➔ BILAN SECONDAIRE : ➔ Constantes : FC, FR, PA, SpO2, Dextro, T°, (ECG… si vous êtes équipés ou habilités par votre autorité de référence)
Puis SAMPLE – Plainte exprimée → Examen tête aux pieds ➔ APPEL CENTRE 15 pour bilan.

Techniquage

Maintien de l’axe tête-cou-tronc et immobilisation du rachis cervico-dorso-lombaire ➔ Backstrap™ +++ avec immobilisateur de tête, ou, si vous n’êtes pas équipés de cette manière: Stiffneck™ + coquille + scoop.

Précautions chez l’enfant

Du fait de sa petite taille, un enfant ne voit pas les dangers auxquels il est exposé sur la voie publique. Les blessures sont donc d’autant plus graves que sa hauteur place sa tête et donc son encéphale au niveau de la partie saillante du véhicule « percuteur »

Évacuation

Le bon sens commande: on évitera les déports brusques ainsi que les accélérations ou les freinages intempestifs (cf. Critical Care Transport, Vancouver Paramedic Academy) afin de ne pas affecter l’hémodynamique par migration brutale de la masse sanguine ou de son substitut de remplissage (Plasmion®, Gélo- / HEAfusine®).

accident de la route - avp - ambulanciers
Noyade, conduite à tenir par les ambulanciers

Noyade, conduite à tenir par les ambulanciers

La noyade : rappels

Aquastress, Petite hypoxie, Grande hypoxie jusqu’à l’anoxie, noyade primaire, hydrocution (noyade secondaire), eau douce ou eau de mer, eaux vives (rivières, fleuves, mer)  ou stagnantes (baignoire, piscine, étang)… Les noyades et la typologie des symptômes sont variables selon le contexte et les différents tableaux cliniques auxquels nous pouvons être confrontés sont nombreux.

  • ventilationAquastress : frissons mais conscience normale, grosse frayeur a posteriori. Pas d’engagement
  • Petite hypoxie : Cyanoses et encombrement bronchique, agitation sans altération de l’état de conscience. Pas d’engagement d’emblée
  • Grande hypoxie : Encombrement de l’arbre bronchique majeur avec signe de l’Oedème Aigue du Poumon et cyanoses, agitation, altération de la conscience, troubles du rythme sinusal éventuels. Engagement.
  • Anoxie : Arrêt cardio-respiratoire.
  • Noyade primaire : Cas présenté par un nageur épuisé ou un mauvais nageur, entraîné par les courants: mécanisme basique de spasme-réflexe de la glotte au contact de l’eau, brêve perte de connaissance, relance de la ventilation polypnéique, suivi d’un ralentissement progressif de l’amplitude et de la fréquence, puis Arrêt Cardio Respiratoire après 5 à 6 minutes. On parle ici de NOYÉ BLEU.
  • Hydrocution (noyade secondaire): Perte de connaissance dès l’immersion du sujet (syncope primitive). Causes: choc thermique entre la température du milieu aquatique et la température centrale de la victime. Surtout en été, suite à une trop longue exposition au soleil, un repas trop copieux ou un effort physique intense: la syncope primitive entraîne la mort en 4 à 5 minutes. Peu de liquides dans les Voies Aériennes Supérieures. On parle alors de NOYÉ BLANC.
  • En eau douce : L’absence de salinité entraîne un passage rapide de l’eau dans les poumons puis dans le sang (parfois, le volume sanguin peut se voir multiplié par deux), avec une augmentation majeure de la Pression Artérielle, distension vasculaire et cardiaque (le coeur peut se dilater de manière très significative). L’une des propriétés de l’eau douce est son pouvoir de destruction des globules rouges induisant un épanchement de leur contenu dans le flux, d’où s’ensuit une modification du fonctionnement du coeur par fibrillation, avec une fraction d’éjection quasi nulle. Intervient alors l’ACR puis une mort rapide si rien n’est entrepris à ce stade.
  • En eau de mer : Le mécanisme est inversé. Le sodium contenu dans l’eau de mer est 3 fois plus élevé que le taux de sodium plasmatique. Celui-ci passe du sang aux alvéoles pulmonaires, constituant un OAP d’emblée, clair et net. Il n’y a jamais de fibrillation dans ces cas-ci. L’urgence absolue est le traitement de l’OAP: O2 à 15 L/min + Furosémide (Lasilix®) en dose de charge par IV directe
  • Hypo/hyperthermie : En baignoire, l’hyperthermie est la cause principale de malaises avec noyade secondaire à la syncope. En eaux vives en revanche, l’hypothermie est systématique puisque la conductivité thermique de l’eau est 25 fois supérieure à celle de l’air.

L’inhalation pulmonaire et/ou gastrique majore l’hypothermie «de l’intérieur» et les troubles de la conscience liés à un effondrement du métabolisme s’aggravent significativement (6 à 7 %par degré Celsius). Les signes accompagnant l’hypothermie sont : des gasps dus  l’inhalation-réflexe d’eau (2 à 3 L) et une hyperventilation-réflexe de compensation pouvant atteindre 10 fois la norme.

La victime peut être tachypnéique au rythme de 120 à 200 cycles par minutes ! La tachycardie peut, elle aussi, grimper, avec une fraction d’éjection de 80 à 100 % supérieure à la normale. La fibrillation ventriculaire apparaît à une température centrale de 28° chez la victime. Et l’asystolie entre 26° et 24°.

La noyade, conduite à tenir in situ

Question à se poser d’emblée:

  • Que s’est-il passé ?
  • Accident ? ➔ Aspect médico-légal+++
  • Action volontaire de la part de la victime (suicide) ou d’un tiers (homicide) ? ➔ Aspect médico-légal+++
  • Présence de témoins (qui a sorti la victime ?) ➔ Noter le récit des faits succinctement.
  • Notion de lestage de la victime ? Précipitation ? ➔ recherche de traumatismes (fractures et/ou plaies dues au charriage par le courant, traumatismes cervicaux si plongée en eaux peu profondes)
  • Temps d’immersion ?
  • Température du milieu aquatique ?
  • Quel type d’eau ? Saline, douce, stagnante, vive ?
  • Rechercher et noter les signes d’altération des fonctions vitales (circulation, ventilation et conscience) sans perdre de temps
  • Bilantage rapide +++ (Cas particulier de la France: les Ambulanciers rendront compte à la régulation du SAMU avec demande de renfort SMUR. Les Pompiers, en cas de  déclenchement-réflexe, se conformeront aux protocoles en vigueur après rapport au CODIS, avec ou sans régulation par le SAMU).

Pour l’évaluation clinique, choisir l’algorithme PHTLS (à défaut de l’algorithme ALS) ⇒ L’arborescence est plus complète et offre un synopsis plus précis.

Gestes à appliquer par les ambulanciers

Pour enrayer les effets délétères sur la victime, déshabiller, sécher et réchauffer la victime (attention aux 28 ° morbides: assurez-vous d’avoir un DAE ou votre Lifepack® à portée de main !). Administration d’O2 au masque Haute Concentration à haut débit (15 L/minute, pas moins !).

Si la victime présente des troubles de la conscience, installer une canule de Guedel, prévoir une sonde d’aspiration oro-trachéale et préparer le plateau d’intubation avec la lame et la sonde ad hoc. Dans tous les cas, surveiller les constantes au scope: rythme sinusal, PA, SpO2, et mesurer la glycémie (pour écarter l’étiologie métabolique de l’accident par malaise hypoglycémique).

noyade - ambulanciers
L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier face à l’épilepsie

Impressionnante mais dont la gravité reste très relative, la crise d’épilepsie est une situation somme toutes facile à gérer. Quelques rappels pour l’ambulancier qui fait face à la crise d’épilepsie.

Epilepsie, définition

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La crise d’épilepsie, que certaines nomenclatures appellent aussi crise “comitiale“, crise de “Grand Mal“ ou de “Petit Mal” selon sa manifestation, est un trouble neurologique qu’on retrouve le plus souvent chez l’enfant dont l’encéphale, et en particulier la gaine de myéline entourant les axones, n’est pas parvenue à maturation.

Le trouble est dû à une activité électrique anormale, aiguë et passagère du cerveau. La crise comitiale ou “Grand Mal” comporte plusieurs phases. NOTE: La crise “Petit Mal” ne se manifeste que par l’“absence“ passagère du patient, semblant être ailleurs, indifférent aux stimuli extérieurs. Elle ne dure que quelques secondes, mais un EEG (électro-encéphalogramme) met très bien en évidence un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau.

Les différentes phases:

Phase initiale ou phase de début

Parfois – ce n’est pas systématique – la personne pousse un cri et s’effondre, avec une perte de connaissance. Le seul risque ici, est qu’elle se blesse lors de sa chute.

Phase tonique

Contractures généralisées des muscles. Le visage est nettement crispé et les yeux sont révulsés. Le tout s’accompagne d’un trismus et le corps entier se retrouve en hyper-extension, avec une hypersialorrhée et un écoulement de bave subséquent.

Phase clonique

La personne est prise de convulsions, avec morsure de la langue la plupart du temps, bien que ça ne soit pas systématique. Cette phase s’accompagne parfois d’une émission d’urines involontaire et spontanée, si la vessie était pleine (minimum 400 ml) avant le début de la crise.

Phase de coma

La personne se trouve dans un coma profond mais calme, sans aucune réaction aux stimulations extérieures. La durée est très variable.

Phase de réveil

Le réveil est très progressif et lent. L’épileptique semble obnubilé et “ailleurs”, mais il revient à lui progressivement. En revanche, il ne se souvient de RIEN. Son amnésie de la crise est totale.

Action de l’ambulancier face à la crise d’épilepsie

En premier lieu, savoir identifier le trouble si la crise est passée à l’arrivée de l’équipage. Certains signes comme la survenue brutale sans prodromes, le cri initial avant la PC, la présence d’urine, la notion de morsure de la langue ou encore l’amnésie aiguillent d’emblée les ambulanciers sur l’épilepsie, puisque le tableau clinique est net et clair. Si l’équipage arrive pendant la crise, les ambulanciers s’attacheront à prévenir les blessures que pourrait s’infliger le malade, en aménageant une “zone de sécurité” autour de la victime (dégager chaises, table etc…).

☛ Ne JAMAIS s’opposer au déroulement de la crise en tentant d’immobiliser la victime.
☛ Pendant la phase dite de “coma”, il est impératif de placer l’épileptique en PLS.

Au “retour” de la victime, bilantez et cherchez à savoir s’il s’agit là d’une crise inaugurale ou si la personne est épileptique connue en vous référant aux traitements de fond qu’elle prend ou non :

– Rivotril® (clonazépam, pour les formes graves)
– Depakine® (acide valproïque, pour les crises généralisée de moindre gravité)

NDLR: Ces deux médicaments sont les chefs de file des anti-épileptiques.
Transmettez le bilan à la régulation de votre SAMU-Centre 15 et évacuez pour bilan de crise d’épilepsie.

ATTENTION

Il existe certains signes de gravité, comme la succession de crises de manière rapprochée. Cela nécessite, en France du moins, une médicalisation SMUR avec administration en IV de Valium® (diazépam), un benzodiazépine anxiolytique également utilisé comme anticonvulsivant…

En conclusion

Si l’épilepsie n’est pas en soi un trouble très grave, disparaissant généralement spontanément lorsque le cerveau est “mature”, il ne faut JAMAIS négliger les “attendants“, famille ou proches, collègues de travail, pour qui une crise d’épilepsie reste toujours impressionnante et qui peut les “marquer“.

Dédramatiser la situation en gardant un calme absolu sur les lieux est le meilleur moyen de faire passer le message suivant:
L’ÉPILEPSIE N’EST PAS GRAVE ET CE N’EST PAS UNE TARE.

FAE SMUR : Formation d’Adaptation à l’emploi pour l’ambulancier SMUR

FAE SMUR : Formation d’Adaptation à l’emploi pour l’ambulancier SMUR

Devenir ambulancier et exercer en SMUR requiert en plus d’obtenir le diplôme d’état d’ambulancier auprès d’un institut de formation, de suivre un cursus spécifique adapté à la spécialité appelé FAE SMUR ou Formation d’adaptation à l’Emploi.

En effet l’ambulancier va intégrer une équipe médicale et son rôle va changer, évoluer. Il faut donc être en mesure de pouvoir s’intégrer et agir efficacement au sein de cette nouvelle équipe composée d’un médecin urgentiste et d’un infirmier.

jonction smur et ambulanciers L' Ambulancier : le site de référence FAE SMUR : Formation d'Adaptation à l'emploi pour l'ambulancier SMUR

Au programme de la Formation d’Adaptation à l’Emploi (FAE SMUR)

Cette formation comprend 4 modules conformément à l’arrêté du 26 avril 1999, journal officiel du 18 mai 1999. Elle est indispensable pour exercer le métier d’ambulancier dans un Service Mobile d’Urgence et de Réanimation.

  • Module 1 : radiotéléphonie (deux jours)
  • Module 2 : hygiène, décontamination et désinfection (deux jours)
  • Module 3 : Situation d’exception (deux jours)
  • Module 4 : Participation à la prise en charge d’un patient au sein d’une équipe médicale (neuf jours)

Radiotéléphonie

  • Maintenir le matériel de radiocommunication en état de marche et veiller à son bon fonctionnement;
  • Appliquer les procédures de transmission (réseau santé, SSU…);
  • Utiliser les moyens de télécommunication embarqués;
  • Identifier les différents réseaux et les fréquences  utilisées.

Réseaux radio

  • rappel sur le code de l’OACI
  • utilisation des codes sélectifs
  • utilisation du réseau en 150 Mhz au quotidien
  • utilisation du réseau SSU au quotidien
  • indicatifs radio des autorités
  • utilisation des réseaux lors des catastrophes

Travaux pratiques

Hygiène, décontamination et désinfection

Le conducteur ambulancier doit être capable de

  • Appliquer les règles d’hygiène, pour lui-même et son unité  mobile hospitalière, le patient et son entourage et tout membre de l’équipe ;
  • Appliquer les principes de décontamination et de désinfection des différents éléments de la cellule sanitaire ;
  • Appliquer les différentes techniques de protection du patient et du personnel en fonction des pathologies rencontrées ;
  • Appliquer les différentes techniques de traitements des déchets.

Hygiène

  • modes de transmission des microbes
  • infections nosocomiales
  • lavage des mains

Désinfection

  • utilisation des désinfectants, des décontaminants
  • nettoyage de la cellule sanitaire et des matériels

Situation d’exception

  • Décrire les structures mises en place lors de situations exceptionnelles ;
  • Participer à la mise en oeuvre et à la maintenance de la logistique déployée par le service d’aide médicale urgente et le service mobile d’urgence et de réanimation en situation d’exception ;
  • Identifier les différents maillons de la chaîne médicale des secours ;
  • Appliquer les règles à suivre par le conducteur ambulancier, en présence de  différentes situations :
    • au relevage
    • au poste médical avancé
    • à la noria d ’évacuation
    • Participer à la mise en place d’un P.C. mobile de transmission et exploiter les réseaux de communication.
    • Exercice catastrophe avec associations de secourisme

Participation à la prise en charge d’un patient au sein d’une équipe médicale

Le conducteur ambulancier de service mobile d’urgence et de réanimation  doit être capable de :

  • Participer à la prise en charge globale du patient et de son entourage
  • Appliquer les méthodes et les moyens adaptés pour l’exécution des soins et des gestes d’urgence de l’équipe mobile hospitalière
  • Dans un contexte médical ou traumatique chez l’adulte et chez l’enfant

Identifier une détresse neurologique

Fonction neurologique

  • rappel anatomie-physiologie
  • utilisation de l’échelle de Glasgow
  • principales pathologies neurologiques
  • mise en PLS
  • Visite d’un scanner et de l’IRM

Identifier une détresse ventilatoire

Fonction ventilatoire

  • rappel anatomie-physiologie
  • principales pathologies ventilatoires
  • asthme
  • insuffisance respiratoire chronique
  • pneumothorax
  • fausse route
  • Bouche à bouche
  • utilisation de l’insufflateur manuel
  • Préparation d’une intubation
  • Préparation d’un respirateur autonome
  • Utilisation d’un saturomètre
  • Aide à la pose d’un drain pleural

Identifier une détresse circulatoire

Fonction circulatoire

  • rappel anatomie-physiologie
  • principales pathologies circulatoires
  • Infarctus du myocarde
  • Douleurs thoraciques
  • Arrêt cardiaque
  • Etats de choc
  • Bradycardie
  • Massage cardiaque externe
  • La cardio-pump
  • Pose d’un tensiomètre manuel
  • électronique
  • Pose des électrodes en vue de la réalisation d’un ECG
  • de la surveillance du patient par électroscope
  • d’une défibrillation
  • d’un entraînement électrosystolique
  • Préparation d’une ligne de perfusion
  • Aide à la pose d’une voie veineuse périphérique centrale
  • Préparation d’un blood-pomp
  • Accélérateur de débit
  • Pousse-seringue
  • Pantalon anti-G

Le polytraumatisé

  • Prise en charge d’un patient présentant un :
  • traumatisme thoracique
  • abdominal
  • crânien
  • du rachis
  • une section de membre
  • une fracture fermée et ouverte
  • Mise en oeuvre des différentes techniques d’immobilisation
  • Utilisation du matelas à dépression
  • des minerves
  • de l’attelle de Donway
  • Mise en  oeuvre des techniques de ramassage
  • Participer à la prise en charge d’un accouchement inopiné extra hospitalier

Accouchement à domicile

  • circulaire du cordon
  • procidence du cordon
  • la délivrance
  • L’éclampsie

Participer à la prise en charge d’un nouveau-né dans le cadre de transport interhospitalier

  • La mort subite du nourrisson
  • Les détresses  neurologiques
  • circulatoires
  • ventilatoires
  • Hyperthermie
  • La déshydratation
  • Les convulsions

Participer à la prise d’une urgence psychiatrique

Participer à la prise en charge de la douleur

Aider à la prise en charge du matériel sur prescription médicale

  • bouteille de gaz médicaux et matériel d’oxygénothérapie
  • monitorage de la saturation de l’oxygène – installation de capteur comprise sauf en néatologie
  • aide à la préparation du matériel d’accès trachéal
  • monitorage expiré (capnographie), circuit du patient exclus
  • respirateur mécanique : installation (réglage des paramètres et circuit du patient exclus)
  • matériel nécessaire pour drainage pleural
  • moniteurs électrocardioscopiques, électrocardiographes, défibrillateurs en mode manuel, entraîneurs électrosystoliques, vérification de la charge électrique et du matériel d’enregistrement (pose des électrodes exclue pour le défibrillateur en mode manuel et l’entraîneur électrosystolique);
  • pousse-seringues électriques
  • matériel nécessaire pour pose d’un accès veineux central ou périphérique
  • installation  du pantalon anti-choc (choix des niveaux de pression exclu), gonflage sous contrôle du médecin
  • monitorage de la pression artérielle non invasive, préparation et mise en place;
  • incubateur de transport;

Participer au sein de l’équipe de l’unité mobile hospitalière les gestes d’urgence acquis à l’issue de l’enseignement du Diplôme d’Etat d’Ambulancier;

Les brûlures

  • Différents types :  électrique, chimique, thermique
  • Définition de la règle des « 9 »
  • Catégorisation
  • CAT devant un brûlé

Les intoxications

  • médicamenteuses
  • au CO
  • toxicomanies
  • chimique (cyanure, …)

Les urgences neurologiques

  • Malaises
  • Coma
  • Les convulsions

Participer à la prise en charge psychologique de la famille et de l’entourage

  • Urgences psychologiques
  • Prise en charge de la famille dans les situations difficiles
  • Connaître les risques, les signes et la prévention du stress et de la fatigue professionnelle

Sécurité

Réglementation routière

  • véhicules de catégorie A, législation, code de la route
  • responsabilité du conducteur
  • nombre maximum de personnes embarquées

FAE SMUR : une formation, un financement

Comme vous pouvez le constater le FAE SMUR est une formation vraiment spécifique et s’ajoute à la formation initiale de l’ambulancier. Chacun peut suivre cette formation qui est soit financée par l’établissement dans lequel oeuvre ou va oeuvre l’ambulancier, mais aussi pris en charge dans le cadre du compte professionnel de formation.0

PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

Principe de la formation PHTLS

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Le cours Pre Hospital Trauma Life Support (PHTLS) est un programme de formation continue unique en France. qui met l’accent sur la nécessité de traiter le patient polytraumatisé comme une entité unique, avec des besoins très spécifiques. Cela peut nécessiter une approche du patient traumatisé qui varie des modalités habituelles de prise en charge.

Le PHTLS est conçu sur le principe de l’ ” evidence based medicine ” (médecine basée sur des preuves) et privilégie avant toute chose l’efficacité. Basé sur le concept du céle€bre cours ATLS pour médecins, le PHTLS peut vous permettre par son approche pédagogique originale, d’augmenter votre capacité а évaluer l’état de gravité d’un patient, puis а gérer les priorités suivant le principe du ” Treat first what kill first ” (Traiter en premier ce qui tue en premier).

Ce programme de formation révisé tous les quatre ans, est devenu un standard mondialement reconnu par l’ensemble des intervenants pré hospitaliers. Se reposant sur une structure internationale, plus de 350 000 intervenants pré hospitaliers ont été formés depuis 20 ans dans 33 pays. Une étude a montré que la formation au PHTLS d’intervenants pré hospitaliers, peut être associée а une réduction des taux de mortalité et de morbidité. Cette amélioration se traduisant par une réduction de 15, 7 % а 10, 6 % de la mortalité des patients traumatisés sur la zone géographique étudiée.

Déroulement des cours

Le PHTLS est un cours très intensif qui favorise la « réflexion critique ». D’une durée de 16 heures, il s’articule autour d’exposés théoriques axés sur la physiopathologie, et de « stations pratiques » consacrés aux situations cliniques rencontrées sur le terrain. Une évaluation certificative est réalisée а l’issue du cours. La réussite donne lieu а la délivrance d’un certificat émis par la US / National Association of Emergency Medical Technicians (NAEMT). Ce certificat est valable pour une période de 4 ans. A l’issue de cette période, si vous désirez prolonger la validité de votre formation, il vous sera demandé de suivre une session de remise а niveau d’une durée de 8 heures.

Pour plus d’informations rendez vous sur le site http://www.phtls.fr/PHTLS_France/Accueil.html

Programme du cours :

 Cinématique des traumatismes
 Évaluation et management
 Gestion des voies aériennes et ventilation
 Traumatismes thoraciques
 État de choc et réanimation liquidienne
 Traumatismes abdominaux
 Traumatismes crâniens
 Traumatismes du rachis
 Traumatismes musculo-squelettiques
 Traumatismes thermiques : blessures produites par la chaleur et le froid
 Traumatismes chez l’enfant et la personne âgée
 Les principes des soins pré hospitaliers aux traumatisés

Ouvrage de référence de la formation

https://www.ambulancier.fr/phtls-secours-soins-prehospitaliers-aux-traumatises/

Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Assistant de régulation médicale (ARM)

L’Assistant de Régulation médicale est un acteur lié à l’ambulancier. En effet lors des interventions à la demande du SAMU Centre 15 L’Assistant de Régulation Médicale sera le premier interlocuteur de l’ambulancier : transmission de la mission et réception du premier bilan une fois sur place. L’ARM est un personnel primordial dans chaine de soin et de secours. On vous en dis un peu plus sur le sujet.

Assistant de Régulation Médicale (ARM) : recrutement

Le recrutement des ARM est soit en interne : réservé aux agents des établissements mentionnés à l’article 2 de la loi du 9 janvier 1986. Le recrutement est donc réalisé par concours interne sur épreuves organisés, dans chaque établissement, par le directeur. Peuvent également être promus au choix dans ce corps, les aides soignants et standardistes comptant au moins 5 ans de services publics (il s’agit alors de la promotion professionnelle). Ou encore de recrutement via CDD avec titularisation possible

Statut des assistants de régulation médicale (ARM)

Le corps des ARM, inséré dans la catégorie B des emplois administratifs de la fonction publique hospitalière, comprend 3 grades :

  1. Permanencier
  2. Permanencier principal
  3. Permanencier chef

L’ARM du SAMU est donc un personnel hospitalier. Son recrutement et son corps d’emploi sont définis depuis 1990 par le décret 90-839 du 21 septembre 1990, par la circulaire d’application n°409 du 31 octobre 1990, par les arrêtés du 13 et 14 mai 1991 et par la circulaire du 18 janvier 2005 de la FAE d’ARM.

Formation

La fonction d’ARM est récente et peu formalisée. Il n’existe pas de référentiel de compétences d’ARM validé et aucune formation n’est obligatoire pour occuper ces fonctions ; seule la réussite à un concours administratif est exigée pour pouvoir exercer le métier d’ARM au sein du SAMU 94. En conséquence, chaque CRRA (Centre de Réception et de Régulation des Appels) définit la place et le rôle des ARM au sein de sa structure. Le seul diplôme demandé est le CEHT (Certificat d’Exploitation Hospitalière en Télécommunication).

Toutefois, il existe des formations pour les ARM déjà en poste. Ces formations sont assurées par les Centre d’Enseignement et de Soins d’Urgence (CESU) et découpées en 4 modules :

  1. La communication. Les relations interpersonnelles.
  2. Rôle et partenaires de l’ARM. La gestion de l’appel. Les situations d’exceptions.
  3. Les urgences medico-chirurgicales et sociales.
  4. Les outils de la télécommunication. Le CEHT.

En dehors des formations concrètes organisées par les CESU, l’ARM, pour être opérationnel et autonome, travaille dans un 1er temps en binôme avec un autre ARM expérimenté, et ceci afin :

De se familiariser avec l’outil informatique (différent selon le centre 15 : Applisamu ®, Samuscript ®, Centaur15 ®, Goss ®) spécialement dédié à la prise de renseignement pour les appels SAMU :

  • Prise d’appel,
  • Régulation, prise de décision,
  • Suivi des missions,
  • Aides à la régulation, consultation des moyens du secteur,
  • Prise de bilan et destination du patient.
  • D’apprendre à maîtriser les outils de radiocommunications

Cette phase d’apprentissage plutôt technique, nécessite la bonne connaissance du mode de fonctionnement des réseaux de téléphonie filaires et mobiles et toutes les ressources annexes à cette téléphonie (enregistreurs de communications en particulier). Après cette 1ère phase, l’ARM décrochera ses appels, toujours en binôme, et sera alors formé sur la prise d’appel.

Il devra apprendre à :

  • Rassurer et contenir le stress de l’appelant,
  • Maîtriser ses propres émotions,
  • Préparer l’appelant aux questions médicales,
  • Orienter la conversation, et ceci, afin d’obtenir dans un délai très court, toutes les informations concernant la localisation du patient et le motif de son appel,
  • Saisir les informations en temps réel sur fichier informatique,
  • Détecter, reconnaître et prioriser une urgence médicale,
  • Prendre des décisions adaptées au degré d’urgence des appels et orienter le patient vers le médecin régulateur SAMU ou vers celui de la permanence des soins,
  • Synthétiser les informations recueillies et les transmettre au médecin lors de la transmission de l’appel.

La 3ème phase d’apprentissage consiste en l’envoi d’effecteurs (médecins généralistes, ambulances privées, premiers secours, UMH) à la demande du médecin régulateur SAMU ou du médecin libéral. L’ARM devra renseigner de façon claire et précise : l’adresse, le motif d’appel, le moyen de secours envoyé et ceci par le biais du réseau filaire, GSM ou radio.

En résumé, la formation nécessaire des ARM repose sur 2 aspects

  • Le savoir être : Il nécessite une formation à la psychologie et à l’accueil au téléphone. Une connaissance des gestes de secourisme ainsi que les différentes pathologies et termes médicaux les plus souvent employés est indispensable. Des connaissances dans le domaine de la sociologie, de l’éthique et de la morale sont également nécessaires.
  • Le savoir faire : Il nécessite la maîtrise des appareillages et outils à disposition du PARM comme l’outil informatique, les radiocommunications et la gestion des bases de données (ces dernières étant en constante évolution).

2 écoles forment au métier d’ARM

Accès à la Validation d’Acquis par Expérience (VAE) 

Le rôle des Assistants de régulation médicale (ARM)

L’ARM est le pivot d’une réelle plate forme de télémédecine. C’est le 1er interlocuteur de toute personne qui compose le 15. Il assure la réception et l’orientation des appels parvenant au  Centre de Réception et de Régulation des Appels du centre 15 sous la responsabilité du médecin régulateur. Il collabore également à la réponse et au suivi des affaires traitées.

Le rôle de l’ARM se décompose en différentes étapes

La prise d’appel

  1. Le décroché : L’ARM répond à tous les appels parvenant au centre 15 et s’assure qu’il s’agit d’une demande d’aide médicale urgente. Si c’est le cas, l’ARM ouvre un dossier médical informatisé et commence alors l’interrogatoire en temps réel. L’ARM ne sait jamais par l’avance à quel type d’appel il va devoir faire face. Il doit donc être prêt à gérer à tout moment les appels dit « difficile » comme l’arrêt cardio-respiratoire ou la mort subite du nouveau né. Il lui faudra gérer son stress mais aussi celui de l’appelant tout en prenant un maximum d’informations dans un minimum de temps.
  2. La prise d’adresse et l’interrogatoire: selon la gravité de l’appel, l’interrogatoire pourra être plus ou moins long mais dans tous les cas, et même pour les cas les plus bénins, il doit comporter :
    1. Le numéro de téléphone de l’appelant (il est à noter que lorsque l’ARM décroche, le numéro de l’appelant s’affiche automatiquement dés que le 15 est composé)
    2. L’adresse d’intervention du patient. Il arrive que l’appelant ne soit pas au même endroit que la personne requérante ; l’ARM doit donc s’assurer que l’adresse saisie est bien celle du patient, et donc de l’intervention.
    3. La prise d’adresse doit être la plus précise possible. Elle doit comporter la ville, la rue, le n° du bâtiment, le code ou l’interphone, et toutes les informations nécessaires (escalier, étage, voie d’accès, etc…)
  3. Le motif de l’appel : après la prise d’adresse, l’ARM procède à un interrogatoire dirigé, bref mais précis. Il doit recueillir une information fiable et la retransmettre avec précision au médecin régulateur. Il doit donc s’assurer que l’appelant a été correctement écouté, compris et pris en charge.

 L’envoi de moyens

Une fois l’appel transmis au médecin régulateur, ce dernier peut décider l’envoi de moyens variés, et c’est à l’ARM que revient la responsabilité d’envoyer, dans un délai approprié au degré d’urgence, l’effecteur demandé :

  • Les effecteurs hospitaliers : UMH d’un des SMUR.
  • Les effecteurs secouristes : Sapeurs pompiers, Croix Rouge ou Protection Civile, ambulance privée.
  • Les effecteurs médicaux non hospitalier : médecins traitants ou médecins de garde.

L’ARM doit connaître à chaque moment l’état de disponibilité des équipes SMUR afin de réduire au maximum la phase d’alerte des ces effecteurs. Une bonne connaissance géographique du secteur d’intervention et des possibilités sanitaires locales est par ailleurs indispensable.

L’ARM peut être autorisé à déclencher immédiatement les moyens de secours sur sa propre initiative dans des cas bien précis prévus par les protocoles de régulation (procédures de régulation médicale), en fonction de la nature de l’appel (arrêt cardiaque, pendaison, défenestration, explosion, etc…). Pour tout appel traité directement par l’ARM, le médecin régulateur sera informé dans l’instant qui suit cette décision.

Le suivi de l’intervention

L’ARM reçoit les appels concernant les bilans des effecteurs (UMH, sapeurs pompiers, etc.) : L’appel est alors transmis au médecin régulateur SAMU. Une fois le bilan pris par le médecin régulateur, l’ARM assiste alors le médecin dans sa recherche de place pour le patient, et ceci vers des services d’urgence ou de réanimation spécialisées. 

L’ARM doit donc connaître les différentes structures hospitalières du secteur et le nombre de places de réanimations (cardiaque, polyvalente, pédiatrique etc.…) disponibles. Le dossier du patient ne sera clôturé que lorsque celui ci sera arrivé à destination dans un établissement de soins, ou lorsque la décision médicale sera achevée. Ce recueil des données, en particulier les horaires, effectué par l’intermédiaire du logiciel de saisie d’appels doit être le plus exhaustif possible, pour des raisons tant médico-légales qu’organisationnelles.

Autres missions de l’ARM

Il effectue au besoin ou à la demande le recensement des lits disponibles et des capacités d’accueil des services spécialisés. Il renseigne le grand public sur les différents services de garde (pharmacies, médecins, SAMU, dentiste) ou sur certains numéro de téléphones spécialisés dans le domaine médical, tel que les urgences psychiatriques, dentaires ou ophtalmologiques. Il participe également aux exercices de médecine de catastrophe et met en œuvre sur le terrain, en situation d’exception (plan rouge), des moyens de télécommunications, tout en assurant les fonctions d’ARM au niveau du poste médical avancé.

Ressources documentaires

Fiche du ministère de la santé : http://www.sante.gouv.fr/assistant-de-regulation-medicale,10817.html

Référence sur le web pour plus d’infos : http://www.unarm.fr/

assistant de regulation médicale - centre 15
Médecin et SAMU

Médecin et SAMU

Etre ambulancier c’est aussi connaitre les différents intervenants dont entre autres et les plus important : le médecin. Ces derniers n’ont pas un cursus similaire en fonction de leurs spécialités. Découvrons ensemble :

Les différents cursus des médecins

Le généraliste

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Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études de médecine puis 3 ans et demi de résidanat, avant de soutenir une thèse de doctorat en médecine. Leur rôle consiste à répondre aux appels téléphoniques par des conseils médicaux et à proposer une ambulance privée ou la visite d’un médecin généraliste au domicile, en cas de besoin. Ils s’occupent des urgences médicales non vitales.

Le psychiatre

Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études en médecine, puis 4 ans d’internat en psychiatrie après le succès au concours de l’internat, puis ont soutenu une thèse de doctorat en médecine. Ils interviennent dans le cadre de la cellule d’urgence médico-psychologique.

Les anesthésistes réanimateurs

Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études de médecine puis 4 ans d’internat en anesthésie réanimation, après le succès au concours de l’internat, puis ont soutenu eux aussi une thèse de doctorat en médecine.

Les urgentistes

Après leur thèse de doctorat en médecine, ils ont suivi une formation de 2 ans à l’urgence (Capacité Médicale Urgente – CAMU). Ces deux dernières catégories de médecins gèrent l’urgence médicale vitale immédiate sur le terrain.

Spécialistes et activités différentes

Les médecins anesthésistes réanimateurs et urgentistes participent donc à différentes activités

  • Régulation des appels au Centre de Réception de Régulation des Appels (CRRA) : c’est-à-dire qu’ils interrogent les personnes ou patients qui ont composé le 15 et qui souhaitent une aide médicale. Ces « médecins régulateurs », apportent la réponse médicale qui leur semble la plus adaptée (conseil, visite d’un médecin généraliste, envoi d’une ambulance privée, envoi de secouristes – Pompiers, Croix-Rouge, envoi d’une ambulance de réanimation). Lorsque le médecin de l’unité mobile hospitalière a fini son examen clinique et a mis en œuvre le traitement adéquate, il transmet alors son bilan (examen clinique, diagnostic, traitement) au médecin régulateur qui appellera immédiatement le service médical hospitalier le plus adapté pour accueillir, traiter et soigner le patient. Ainsi, le patient emmené par le SMUR à l’hôpital, est accueilli par une équipe médicale qui est préalablement prévenue de son état.
  • Prise en charge, examen, traitement et transport des patients dans les UMH : Mettre un médecin dans une UMH est une particularité française qui n’est pas retrouvée dans les pays anglo-saxons. Le médecin dispose, à l’intérieur de l’ambulance de réanimation, de tout le matériel et de tous les médicaments nécessaires au traitement d’une urgence vitale.
  • Enseignement théorique et formations pratiques à l’urgence pour les ambulanciers, les aides-soignants, les infirmiers, les étudiants en médecine, les médecins. S’inscrivent, également dans ce cadre, les exercices avec afflux massif de victimes (plan rouge), en coopération avec les pompiers, la police, la Croix-Rouge.
  • Recherche clinique pour améliorer la prise en charge des patients par le SAMU. Dans certaines situations, les patients ou blessés peuvent entrer dans un protocole d’essai clinique, après un consentement libre et éclairé. Le médecin explique alors au patient ou à ses proches le but de l’essai clinique, les bénéfices attendus et lui propose de participer à l’étude. A la demande des patients, les résultats de l’essai peuvent leur être communiqués.

Le médecin Régulateur Généraliste de ville

Il a un statut de médecin associé, et participe à la régulation médicale pour tout ce qui concerne la médecine générale. Il travaille donc en étroite collaboration avec les PARM et le médecin régulateur SAMU. Selon l’interrogatoire téléphonique et selon un arbre décisionnel, il décide des moyens à envoyer :

  • soit par l’envoi d’un médecin généraliste effecteur du 15 ou médecin de ville,
  • soit orienter le patient vers un SAMI (Service d’Accueil Médical Initial), ou vers le Médecin traitant,
  • ou tout simplement donner un conseil téléphonique.

Il peut également envoyer un premier secours, une ambulance privée, une ambulance Croix Rouge ou par la demande au régulateur SAMU une Unité Mobile Hospitalière.

Site de référence : http://www.conseil-national.medecin.fr/

Que se passe t’il quand on compose le 15 ?

Que se passe t’il quand on compose le 15 ?

Un article qui se veut volontairement simple et adapté à l’ensemble de la population pour bien comprendre le mécanisme qui se cache derrière ce numéro raccourci : le 15. Car derrière ces deux chiffres se dissimule une organisation bien huilée qui se destiné avant toute chose à sauver des vies.

Quand appeler le 15 ?

Le 15 est un numéro d’urgence unique national attribué à la Santé en 1978. Ce numéro reçoit principalement les appels de secours pour les situations d’urgence sanitaire . Cela inclut entre autres :

  • malaise ou perte de connaissance d’une personne en votre présence
  • accident de la circulation avec blessés
  • douleur thoracique
  • les situations de détresse clinique (respiratoires, cardio-circulatoires, neurologiques)

Mais il draine également toutes demandes médicales tels que les conseils, les demandes d’ambulances ou bien les visites de médecins. Ce numéro, qu’on peut composer d’un téléphone fixe comme d’un portable, est un moyen simple, unique, gratuit, mis en place par l’Etat, à la disposition de la population en cas d’urgence sanitaire.

Quel est votre 1er interlocuteur ? Le P.A.R.M.

Lorsque vous faites le 15, c’est un Assistant de Régulation Médicale (A.R.M.) qui vous répond. C’est votre premier interlocuteur. Formé à l’aide à la régulation médicale, assujéti au secret professionnel, l’A.R.M. ouvre un dossier médical après validation de l’appel téléphonique et prend les renseignements nécessaires à une intervention efficace et rapide des secours :

  • Etat civil (âge, sexe, identité)
  • Localisation de la demande (adresse précise)
  • Nature de la demande

Selon la nature de cette dernière, il traite directement l’appel s’il s’agit d’une erreur, d’une malveillance ou d’une demande d’informations non médicale, ou il l’oriente vers un médecin régulateur.

Le Médecin Régulateur

Le médecin régulateur est un médecin expérimenté, anesthésiste ou généraliste urgentiste, diplômé en régulation médicale. Il vous posera différentes questions afin de préciser la situation en cours, l’état de gravité du patient par un éventuelle entretien direct avec lui. Le bilan qu’il aura fait lui permettra de mobiliser, si besoin, le moyen de secours le mieux adapté.

La réponse adaptée

Selon la nature de votre demande, selon la situation à gérer, le médecin régulateur peut prendre diverses décisions à l’issue du bilan qu’il aura fait avec vous ou en même temps qu’il le fait :

  • Simple conseil médical, devant par exemple une demande d’avis sur la dangerosité d’un médicament ou sa posologie,
  • Envoi d’un médecin de garde, devant par exemple une gastro-entérite aiguë chez un nourrisson, faute de médecin traitant disponible,
  • Envoi d’une Ambulance Privée, dans le cadre d’un transport d’une femme enceinte pour la maternité par exemple,
  • Envoi d’un premier secours (Sapeurs Pompiers, ou moyens associatifs – Croix Rouge, Protection Civile), en cas de secours à victime (par exemple pour une chute sur du verglas avec impossibilité de se relever), ou en complément d’une UMH, dans le cas d’une “détresse vitale” (malaise grave, arret cardiaque, douleur thoracique, etc)
  • Mobilisation d’une Unité Mobile Hospitalière (U.M.H.), devant par exemple des crises convulsives répétées,
  • Envoi d’emblée de plusieurs U.M.H., devant un accident d’allure catastrophique, par exemple un carambolage sur autoroute avec plusieurs victimes graves.