Ambulancier face au refus de transport, de soins

Ambulancier face au refus de transport, de soins

L’ambulancier en intervention et les refus de soins, de transport

Nombreux sont les cas de refus de transport et de soins que l’ambulancier peut rencontrer durant les interventions. Aujourd’hui je vais aborder le cas de figure du refus. On abordera le cas du refus : comment cela se passe, qui peut le faire, comment respecter la procédure et on terminera par la fiche de décharge. Il est impératif de bien veiller à être attentif lors d’une telle situation afin de ne pas subir la responsabilité si un problème demeure par la suite.

Rappelons que l’ambulancier diplômé assume les responsabilités lors d’une intervention et lors d’un transport. Je n’aborderais pas les questions des risques encourus car la législation est un domaine complexe et soporifique même si j’ insiste sur le fait que les sanctions sont suffisamment graves pour que vous soyez prudent.

Ce sujet fait suite à la demande d’un internaute auprès de qui je m’excuse pour le retard de parution et j’espère qu’il saura vous apporter des réponses utiles. Pour plus d’informations et pour obtenir des précisions plus pointues l’ouvrage qui a servi de référence à cet article est disponible en fin de page. Je vous le recommande fortement.

Ambulancier : le refus de transport, situation conflictuelle

Nombreux sont les cas de figure où sur une intervention vous devrez faire face à des patients qui vont refuser le transport. Sur un cas classique c’est un refus franc pour des raisons « simples ». Mais attention parfois aux situations conflictuelles (dispute, bagarre, colère) ou encore aux tensions générées par une alcoolisation importante des différents interlocuteurs présent sur place.

On doit bien mesurer l’importance d’un refus. Ce n’est pas juste un bonjour, au revoir. Vous avez des obligations à assumer et vous encourrez des risques en ne suivant pas la procédure. Un patient qui refuse sera peut-être un patient en détresse vitale quelques heures voire quelques minutes après votre départ.

C’est votre responsabilité qui est en jeu et c’est votre devoir en tant que professionnel de santé. Vous avez entre les mains une formation capable de vous permettre d’évaluer une situation à risques pour un être humain. Vous êtes les yeux et les oreilles du médecin régulateur. C’est donc vous le gestionnaire de la situation. Voici quelques éléments à suivre pour ne pas se tromper et commettre des erreurs.

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Le libre choix du patient

Un patient peut logiquement refuser les soins et/ou le transport lors de l’intervention d’un équipage d’ambulanciers. Que ce soit sur le cas de figure d’un appel  15 ou d’un appel médecin voire d’une situation imprévue que vous pourriez rencontrer lors de vos déplacements.

Chaque personne vivant sur le territoire français ne peut subir l’obligation d’un diagnostic médical, de soins médicaux ou d’un transport sanitaire sans obtention de son consentement éclairé. Mais il faut impérativement que ce consentement se produise après exposition de divers éléments :

  • Connaitre parfaitement la situation
  • Etre informé des risques encourus
  • Etre issu d’une personne apte à consentir

Nous sommes dans l’obligation  de délivrer des informations claires et sincères. Le discours tenu devra être parfaitement cohérent et adapté pour faciliter  la compréhension. Ne pas hésiter à reformuler pour s’assurer de la parfaite compréhension par la personne qui est à l’origine de ce refus. Bien expliquer chaque élément pour faire mesurer au patient l’importance de ces soins, de ce transport.

Vous devez dans tous les cas de figure dès que ce refus est exprimé de façon claire, et après exposition des faits et risques encourus,  avertir le médecin régulateur du centre 15. Il aura l’occasion de s’entretenir avec le patient afin d’exposer la situation médicale de manière plus approfondie et apporter son avis de médecin sur la situation, informer des risques avec précision.

Ce dialogue permet d’apporter des éléments de poids souvent indispensable. Et surtout c’est une obligation. Si un médecin est sur place le patient pourra dialoguer avec lui et obtenir un complément d’information médical.

Face à un refus la procédure à suivre

Si le refus demeure d’actualité il vous faudra donc faire remplir une fiche de décharge de responsabilité auprès du patient afin de clôturer l’intervention. Ce formulaire comprend diverses informations détaillées dans lequel le patient assure refuser les soins, le transport proposé par l’équipage présent sur place au vu de la situation rencontrée. Le patient assure grâce à ce document avoir été informé de la situation et des risques qu’il prend en refusant la prise en charge.

Ce document ne doit pas être une issue unique. L’équipage doit toujours tenter de renouveler la démarche de prise en charge en utilisant des arguments variés ou en reformulant les informations. Attention à ne pas engendrer non plus une situation conflictuelle. Ce document permettra en cas de réclamation de prouver le refus volontaire et assumé du patient. Si des personnes sont présentes (famille, amis, police, gendarmerie) ils pourront faire office de témoin afin d’appuyer cette décharge.

Attention tout de même

Cette décharge ne doit en aucun cas être signée par un patient confus, délirant, ou alcoolisé de façon importante, prises de stupéfiants ou substances médicamenteuses empêchant un raisonnement clair ou encore un mineur. Je précise à nouveau que le patient doit être en mesure d’exprimer son consentement en connaissance de cause et en possession de tous ses moyens intellectuels. Et ce après avoir informé la victime de façon claire et simple, synthétisée pour faciliter sa compréhension.

  • Pour le mineur c’est le représentant légal qui assurera la fonction de représentation.
  • Si le patient s’exprime dans une langue différente que celles des ambulanciers il est important de s’assurer de la parfaite traduction par un tiers avec présence de témoin.
  • Si le patient a des difficultés à s’exprimer (autre qu’un problème à l’origine de l’intervention, hors alcool, stupéfiant etc.) comme une aphasie ou problèmes connus d’élocution vous devrez prendre un proche qui vous aidera afin de vous assurer de la parfaite compréhension.
  • En cas de handicap physique ne permettant pas la signature, vous devrez inscrire sur le formulaire ce détail et faire contre signer les témoins présent.
  • Il est impératif de s’assurer que le patient a eu l’occasion de pouvoir dialoguer avec le médecin régulateur du centre 15 si aucun médecin n’est présent sur les lieux. Il peut à tout moment demander à le rappeler et vous pouvez très bien lui proposer de renouveler l’appel.
  • Cette décharge ne s’appliquera pas en cas d’hospitalisation forcée (HDT/HO) ! Une autre procédure existe pour ces cas de figures et la décharge n’a pas lieu d’être remplie.
  • Si le patient refuse de signer la décharge il faudra le mentionner sur le formulaire et faire contre signer les témoins présent.
  • L’ambulancier s’assurera de laisser au patient une copie de la fiche bilan qui reprend les éléments de l’intervention ainsi que le double de la décharge. La copie du bilan sera conservée par l’ambulancier et jointe à une copie du formulaire de décharge.
  • Vous devez toujours et ce jusqu’au moment du départ tenter de faire changer le patient d’avis sans le brusquer. Le dialogue permet souvent d’apporter des éléments et de faire évoluer le choix final afin de limiter les risques éventuels encourus par la victime.

En cas de doutes, de questions

Si vous avez le moindre doute, le moindre questionnement vous devez en référer auprès du médecin régulateur. Vos appels sont enregistrés et vous pourrez exprimer vos craintes ou encore vos questions quant à la situation pour tenter de trouver une issue viable.

Surtout : expliquez bien au patient, aux proches, amis etc. de l’importance de rappeler le centre 15 en cas d’aggravation de la situation. Ce n’est pas parce que le formulaire a été signé que rien ne sera fait en cas d’émergence d’une détresse vitale ou autre. Chaque situation est spécifique et sera traitée par l’équipe du centre 15.

Le formulaire de décharge

Voici un exemplaire de fiche de décharge, celui ci comprend tous les éléments indispensables, à vous de l’utiliser si vous ne disposez pas d’un modèle établi en entreprise ou dans votre département

Cliquez sur le lien pour télécharger au format PDF : decharge

Pour les questions d’ordre législatif et autre

Si vous souhaitez vous documenter de façon plus approfondie, étudier divers cas de figures je ne saurais vous recommander l’excellent et indispensable Guide Juridique du Secours à Personne rédigé par Loïc Cadiou (IDE) et Laurent Facon (directeur de l’IFA CRF IDF) aux éditions Sètes. Vous pouvez trouver le lien et le commander : la librairie de l’ambulancier. Je le possède et je vous assure de façon sincère de l’utilité de ce guide. Il aborde de nombreux sujets et est rédigé de façon claire et adaptée pour faciliter la compréhension des textes de loi et des différents cas de figures existant.

Transport sanitaire, une plate forme téléphonique : reportage France 3

Transport sanitaire, une plate forme téléphonique : reportage France 3

Nouveau reportage

Décidément France 3 Franche Comté s’abonne aux ambulanciers et au transport sanitaire en ce moment et c’est loin de déplaire de voir un média s’intéresser à notre métier de façon plus ouverte et réaliste. Les plate-forme téléphoniques installées dans les structures hospitalières est une recommandation issue d’un rapport du gouvernement, excusez moi de ne plus me souvenir des références exactes.

Le but ? Favoriser la disponibilité des ambulances de transport sanitaire privé auprès du SAMU Centre 15 pour une meilleure répartition des missions et des équipages en prenant en compte de nombreux paramètres : localisation, etc. Le CSA44, centrale ambulancière est une des pionnières dans ce domaine et pour ceux qui suivent l’actu du site vous ne serez pas sans savoir à quel point cela a optimisé les transports urgents et la meilleure répartition des missions.

Mais à celà s’ajoute suivant les régions le flux sortant des patients lors des sorties d’hospitalisation afin d’optimiser la libération des chambres, réduire les coûts du transport, favoriser le co-voiturage etc. Reste à espérer un développement complet sur le territoire de ce type de plate-forme.

Une plateforme téléphonique pour optimiser les transports sanitaires

Quand vous appelez les urgences, c’est la plupart du temps une ambulance qui vient vous chercher. Et qui vous ramènera peut être chez vous. Comment savoir où elle l’ambulance la plus proche ? Si elle disponible ?. La plateforme mise en place par l’Agence Régionale de Santé et l’association ambulancière de Franche-Comté permet de géolocaliser les véhicules.

L’ambulance a une minute pour accepter ou décliner le transport du malade. Sept opérateurs téléphoniques se relaient sur cette plateforme de 6h à minuit. 7 jours sur 7. S’ils ne trouvent pas d’ambulance, les pompiers prennent le relais. Le Samu assure les transports la nuit. Depuis sa mise en service, la plateforme aurait permis d’augmenter de 20% le nombre de véhicules disponibles.

Plus d’information

Pour plus de détail sur la plate forme téléphonique je vous propose de retrouver l’article présentant plus en détail le système mis en place et les motifs avancés pour sa création via le site des Ambulanciers Francs Comtois : http://www.ambulanciers-francs-comtois.fr/inauguration-de-la-plateforme-regionale-des-transports-sanitaires/

SAMU/SMUR/PIT le modèle Belge

SAMU/SMUR/PIT le modèle Belge

Le système de secours préhospitalier belge : 2ème article de la série. Thomas DECK nous propose aujourd’hui de découvrir le système SMUR Belge et ses différentes équipes.

SAMU/ SMUR / PIT en Belgique

 Abordons aujourd’hui le constat de la non-représentation du SAMU en Belgique, en effet j’avais indiqué dans mon premier article qu’il n’existe pas à proprement parler de SAMU en Belgique.C’est alors au préposé 100 (le Permanencier Auxiliaire de Régulation Médicale) de décider si le cas requiert un SMUR ou un PIT (Pré-Interventional Team), dans le doute le préposé diligentera une ambulance d’urgence sur place et c’est suite au bilan ambulancier que le VIM (Véhicule d’Intervention Médicale) ou le PIT sera engagé afin d’apporter un support médical à l’intervention.

Il ne faut pour autant pas croire que la Belgique est dépourvue de moyens d’intervention médicaux pour le service 112, nous avons par provinces plusieurs VIM prêts à être engagés sur différents théâtres d’opérations, le VIM est principalement composé d’un médecin urgentiste et d’un ambulancier SIAMU ( spécialisation Soins intensifs et Aide médicale urgente) ou anesthésiologiste et parfois d’un ambulancier AMU formé SMUR, mais ce n’est pas toujours le cas.

Le PIT ou Paramedical-Interventional Team

 A Bruxelles-Capitale et dans les grandes villes, il existe une équipe pionnière depuis quelques années le PIT (pour Paramedical-Interventional Team), comprenez un équipage composé d’un infirmier urgentiste SIAMU/SISU ou anesthésiologiste et d’un ambulancier AMU qui interviennent sous protocoles médicaux sur des cas de médicalisation .

Ainsi on évite de mobiliser un VIM et on gagne du temps pour une autre intervention possible, néanmoins si le PIT se rend compte que le cas dépasse la compétence protocolée il appellera de lui même le VIM pour obtenir l’aide d’un médecin qui sera à même de l’autoriser à pratiquer des gestes hors protocoles.

Le VIM ou Véhicule d’Intervention Médicale du SMUR en Belgique

 La problématique rencontrée lors d’une sortie VIM est que bien souvent le VIM ne sort qu’à 2 car par souci d’économie les hôpitaux qui sont bien souvent des structures privées ne dépendant pas de l’État, mais sous statut associatif ne souhaitent pas engager de chauffeur pour le VIM, il arrive alors très souvent que l’un des ambulanciers doive prendre le volant du VIM et si ce n’est pas possible alors l’infirmier doit reprendre le VIM et le médecin reste à bord de l’ambulance, ce qui implique également que si un geste doit être posé il faut faire un arrêt et l’infirmier doit rejoindre rapidement l’équipage de l’ambulance.

[1] PIT : pré-interventional team : équipe de première intervention médicalisée composée d’un infirmier SIAMU/SISU ou anesthesiste et d’un ambulancier AMU

[2] VIM: véhicule d’intervention médicale:  composé d’un médecin urgentiste d’un infirmier et parfois d’un chauffeur ambulancier

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AMBULANCE ATSU

AMBULANCE ATSU

Note de l’auteur de la vidéo :

 « La vidéo Ambulance ATSU » présente la réception d’un appel 15 pendant une garde de nuit jusqu’à l’arrivée au domicile du patient, la vidéo est un montage de plusieurs départs 15 et un jeu de théatre improvisé au bureau. »

AMLS – Advanced Medical Life Support

AMLS – Advanced Medical Life Support

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En parcourant les rubriques j’ai remarqué quelques manques ici et là. J’ai vu entre autre que je n’avais jamais abordé le sujet de l’ Advanced Medical Life Support (AMLS). Une formation spécifique qui est dispensée par un CESU en France. Donc je corrige et je vous diffuse donc la présentation de cette formation complémentaire à la formation initiale de l’ambulancier.

Qu’est ce que l’Advanced Medical Life Support – AMLS ?

L’Advanced Medical Life Support (AMLS) est un programme de formation parrainé par la NAEMT (l’Association Nationale des Techniciens d’Urgence américaine) les « paramédics » américains. Ce programme approuvé par l’Association Nationale des Médecins d’Urgence américaine (NAEMSP) s’adresse aux professionnels de santé qui prennent en charge des patients victimes de problèmes médicaux. Statistiquement, la fréquence des prises en charge nécessitant des soins médicaux dépasse nettement celle des traumatisés.

L’AMLS met l’accent sur l’étude de la situation du patient et propose une stratégie de prise en charge qui s’appuie sur une évaluation systématisée. L’enseignement compte seize heures de formation, réparties sur deux jours de cours interactifs alternant enseignement et cas pratiques en ateliers.

Le programme de l’AMLS aborde: l’évaluation initiale des patients, la gestion des voies aériennes, l’évaluation de l’état de choc, la dyspnée et les défaillances respiratoires, les douleurs thoraciques, les troubles de conscience, les douleurs abdominales, les pathologies infectieuses, métaboliques.

Au terme du cours, une évaluation diplômante détermine la délivrance d’un certificat américain reconnu de façon internationale, d’une validité de quatre ans. Les cours sont dispensés au Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence (CESU) du SAMU 68 au Centre Hospitalier de Mulhouse, par des médecins et infirmiers, professionnels de l’urgence.

Au programme de l’Advanced Medical Life Support – AMLS

JOUR 1

• L’évaluation d’un patient atteint d’une pathologie médicale
• Les états de choc
• La dyspnée et les détresses respiratoires aiguës
• Les douleurs thoraciques

• Les troubles de la conscience

• Les troubles endocriniens, métaboliques
• Les pathologies infectieuses

JOUR 2

• Les douleurs abdominales
• Les pathologies infectieuses
• Les pathologies d’origine toxiques

L’ensemble des cours dispensés sont en français.

Inscription et coût de la formation

  • L’inscription se fait par le formulaire disponible en téléchargement. Le coût de la formation, Livre AMLS et documents pédagogiques compris, s’élève à 675 euros.
  • Les frais de déplacement, d’hébergement et de repas ne sont pas inclus. Toute inscription sera accompagnée du prix de la formation soit un versement initial de 675 euros.
  • En fin de formation, une attestation de présence ainsi qu’une facture vous seront remises.
  • La lecture préalable du livre AMLS est un aspect primordial de la bonne compréhension des mécanismes physiopathologiques, permettant d’identifier les signes cliniques et les éléments anamnestiques pertinents.

Contact – informations etc : http://www.amls.fr/

Lieu : Hôpital Emile Muller (Möenschberg) (68)

Note importante : il est inutile de signaler que cette formation n’est pas utile pour un ambulancier etc etc. Aux détracteurs et autres je rappelle juste que rien n’interdit à chaque professionnel de juger lui même de l’intérêt d’approfondir ses connaissances. Je n’ajouterais rien de plus pour éviter toute polémique.

Ambulanciers et secours à personne

Ambulanciers et secours à personne

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Bien le bonjour à tous, je me présente Emmanuel, Ambulancier âgé de 30 ans, Cadre opérationnel dans une entreprise ambulancière de l’Ain (01). Mon rôle est (mis à part mes attributions de Diplômé d’état comme tous mes collègues) est de m’assurer de la continuité permanente de la réponse à l’urgence pré-hospitalière de l’entreprise où je travaille et de maintenir et développer cette réponse en collaboration avec le SAMU de l’Ain. Je suis titulaire du Premier Secours en Equipe de niveau 1 et 2 (PSE), du Diplôme d’Etat d’Ambulancier (DEA) et j’ai été Assistant de régulation médicale au Centre 15 de l’Ain (Bourg en Bresse de 2007 à 2010) date à laquelle j’ai passé mon DEA et depuis, je suis sur le terrain.

Si nous avons décidé de rédiger cet article en collaboration avec le webmaster du site, c’est afin de permettre de démystifier totalement le secours à personnes au sein du monde ambulancier, notamment d’éclaircir en tout respect et sans aucune arrière-pensée, les sapeurs-pompiers (qu’ils soient professionnels ou volontaires), ainsi que le grand public et toutes personnes qui souhaiterait comprendre le pourquoi du comment d’une ambulance privée qui est amenée à intervenir en urgence, et son équipage à parfois sauver des vies. En vous souhaitant une bonne lecture et en vous invitant à poser toutes les questions qui vous passeraient par la tête et auxquelles vous n’auriez pas trouvé réponses.

Bien respectueusement, Emmanuel Piquet-Pellorce.

I – Le secours à personnes en France :

Il convient déjà de différencier deux choses, le « prompt-secours » et le secours à personne. En France, trois acteurs principaux se répartissent, selon leurs rôles et leurs compétences, le secours à victime.

I-a Les sapeurs-pompiers et associations agrées de sécurité civile :

Le « prompt-secours » est clairement défini comme étant du ressort des sapeurs-pompiers :

« Conformément à la loi n° 96-369 du 3 mai 1996, les victimes d’accident ou de sinistre et leur évacuation relèvent des services d’incendie et de secours lorsque leur état nécessite un secours d’urgence ou lorsque l’intervention nécessite un secours en équipe (sauvetage, soustraction à un danger ou à un risque). »

Dès lors, les sapeurs-pompiers vont intervenir sur la Voie Publique (VP), les lieux publics, et en toutes circonstances où un élément extérieur peut représenter, ou est à l’origine du danger qu’encourt la victime. Quelques exemples logiques : accident de la route, incendie, fuite de gaz, explosion, chute en montagne, etc. etc. Ils disposent pour cela de véhicules appelés VSAV (Véhicules de Secours à Victime), équipés pour leur permettre de mener à bien leurs missions de sauvetage et de premiers secours. 

Ils sont titulaire des certificats de formation aux premiers secours (PSC1, PSE1, PSE2. SAP 1 et SAP 2 pour les chefs d’agrès).Ils sont généralement 3 ou 4 par VSAV dont au moins un est appelé Chef d’agrès (chef de bord) et dispose d’une formation au secourisme plus poussée afin de prendre en charge de manière optimale la victime.Ils dépendent du Ministère de l’Intérieur et sont déclenchés par les CODIS (Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours) de chaque département (Numéro 18). Ils sont postés dans des Centres de différentes tailles (CPI, CS, CSP etc.)Les Associations de Sécurité Civile disposent des mêmes prérogatives et formations mais sont souvent disposées en Dispositif d’encadrement lors des manifestations (DPS).

Lexique :

  • PSC : Premiers Secours Civique (anciennement Brevet National de Secourisme et Attestation de Formation aux Premiers Secours)
  • PSE : Premier Secours en Equipe
  • SAP : Secours A Personne
  • CPI : Centre de Première Intervention
  • CS : Centre de Secours
  • CSP : Centre de Secours Principal
  • DPS : Dispositif de Premier Secours

I-b, Les ambulanciers privés :

Les ambulanciers privés interviennent dans le cadre du secours à victime mais pas en « prompt-secours » c’est-à-dire que leur départ en intervention  est décidé par le Centre 15 (Numéro d’appel 15) de chaque département après ou avant une régulation médicale par un médecin urgentiste.

Dès lors, les ambulanciers vont intervenir sur les domiciles, les lieux privés, et en toutes circonstances où aucun élément extérieur ne représente un danger ou est à l’origine d’un danger pour la victime.Ils n’interviennent donc que sur des urgences purement médicales. Leurs missions sont régit par Arrêté Ministériel du 5 Mai 2009 (NOR : SASH0910602A). 

Mettant en application le référentiel SAMU/TS du 9 avril 2009 érigée par le Ministère de la Santé. Quelques exemples logiques : malaise, Accident Vasculaire Cérébral (AVC), Infarctus Du Myocarde (IDM), fracture, hypoglycémie etc… Ils disposent pour cela de véhicules appelés ASSU (Ambulance de Secours et de Soins d’Urgence), équipés pour leur permettre de mener à bien leurs missions de secours à victime.

Contrairement aux idées reçues, une ASSU est prioritaire lorsqu’elle intervient à la demande du SAMU (Article R311-1 du code de la route modifié par décret 2007/786 du 10 Mai 2007 confirmé au Sénat à 3 reprises et définitivement entériné par le Ministre de l’Intérieur,   Journal du Sénat le 17 Mai 2012 page 1259.)

Contrairement aux idées reçues, les ambulanciers privés ont la formation largement nécessaire et tout le matériel nécessaire à la prise en charge des urgences vitales dans l’intérêt du patient et doivent être missionnés par les Centre 15, y compris en cas d’urgence vitale

En effet, comme il est stipulé dans le référentiel du 9 avril 2009 au I-2, « les ambulanciers, professionnels de santé, ont vocation à être missionné par les SAMU pour participer à la prise en charge des urgences dans l’intérêt du patient, y compris des urgences vitales ». Ces prérogatives sont définitives depuis la mise en application du référentiel par arrêté ministériel du 5 Mai 2009 (NOR : SASH0910602A).

Ils sont 2 à bord généralement un auxiliaire ambulancier titulaire de l’AFGSU niveau 2 et d’un chef de bord diplômé d’état ou encore un équipage constitué de deux ambulanciers diplômés. Aucune limitation n’est imposée tant qu’il y a au moins 2 personnes dont au moins un DEA (Diplôme d’Etat d’Ambulancier). 

Le DEA (diplômé) dispose d’une formation poussée lui permettant d’assurer tous gestes et soins d’urgences face à tout type d’urgence médicale. Ils dépendent du Ministère de la Santé (pour le diplôme et la formation) et du Ministère des Transports (pour le cadre de travail). Ils sont déclenchés par les Centre 15 (Numéro d’appel 15), appelé CRRA (Centre de Réception et de Régulation des Appels) du Service d’Aide Médicale Urgente. Ils sont généralement postés dans les entreprises auxquelles ils sont rattachés.

Lexique :

  • AFGSU : Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence. Formation délivrée par le Ministère de la Santé.

I-c, les SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) :

Les SMUR sont des équipes mobiles dédiées exclusivement au secours médicalisé. Ils interviennent uniquement sur les urgences vitales en complément des sapeurs-pompiers et des ambulanciers, lorsque des manœuvres de réanimation lourde ou la présence d’un médecin urgentiste est nécessaire. Ils interviennent en tous lieux, du moment que le pronostic vital de la victime est menacé. Quelques exemples logiques : arrêt cardiaque, foudroiement, noyade, plaie par balle etc…

Ils disposent généralement de deux options pour intervenir : soit en complément des sapeurs-pompiers ou des ambulanciers, ils viendront dans ce cas généralement en Véhicule Léger Médicalisé (VLM) ou bien peuvent d’eux même partir avec un moyen lourd et gérer tout. On parle alors d’AR. (Ambulance de Réanimation). 

L’équipage est constitué d’un médecin urgentiste ou réanimateur, d’un(e) infirmier(e), et complété d’un ambulancier diplômé (obligatoire pour l’Ambulance de Réanimation) titulaire d’une formation spécifique (Formation d’Adaptation à l’Emploi dédiée au travail de l’ambulancier dans une équipe médicale SMUR). Ils dépendent du Ministère de la Santé, ne peuvent être déclenchés que par le Centre 15 et sont postés en général, aux Hôpitaux les plus proches.

Résumé pour comprendre la suite :

  • Secours à victimes : sapeurs-pompiers => Lieux public et non sécurisés + sauvetage
  • Ambulanciers => Lieux privés et sécurisés + uniquement médical
  • SMUR => Partout, dès lors qu’il y a une menace vitale.

Remarque : Les sapeurs-pompiers interviennent aussi en cas d’indisponibilité des ambulances privées, on parle alors de « carence » ambulancière. Car en effet les entreprises de transport sanitaire ont également des transports dit « programmés » de patients et ne peuvent pas forcément répondre tout le temps aux urgences. Chaque entreprise adapte sa politique vis-à-vis du SAMU de son département et de son organisation interne (Chef d’entreprise).

II – Pourquoi entend on nous parler de « Guerre » Blancs/Rouges ?

C’est malheureusement un sujet qui est récurrent, d’un côté les ambulanciers qui envoient du « arrêtez de la jouer héroïque, de vous la péter de vouloir tout le secours à victimes… etc. » de l’autre les pompiers « arrêtez de vouloir faire du secours, avec rien, retournez pousser des brancards et emmener mamie chez le dermato, vous n’êtes pas formés…. etc. »

Sachez déjà que (dieu merci) ni la majorité des pompiers, ni la majorité des ambulanciers ne pensent cela d’une part et d’autres, les véritables « haines déclarée » sont très rare. Toutefois ce problème couve depuis des années dans l’ombre, et si des échauffourées parfois virulentes se produisent c’est qu’en toile de fond une incompréhension subsiste. Pourtant, si vous regardez bien plus haut, on peut voir que sur le papier tout est rose et beau et que chacun a pourtant des missions clairement définies.

Alors pourquoi ces querelles se poursuivent encore ? Essayons d’y voir plus clair.

Premier problème : la Communication :

Le premier problème, est si ce n’est le principal, le manque de communication flagrant entre les corporations. Les sapeurs-pompiers depuis la nuit des temps, jouissent d’une image héroïque auprès de la population, et cela s’avère exact, le facteur « pompier » agrémente et béatifie bon nombre de cv et d’image de soi. Dans l’esprit de chacun, on sait que des pompiers, où que l’on se trouve ne sont pas bien loin et prêt à sauver toutes vies en péril ! 

Cette image est entretenue depuis des lustres grâce à des syndicats, des fédérations et des services de communication quasiment sans faille et omni-influent sur les gouvernements et les médias.

On dénombre aussi de nombreuses actions locales (calendrier, fêtes populaires, bal etc.) qui entretiennent cette sensation de proximité. Du coup vous pouvez faire un test, demandez à n’importe quelle personne quel numéro composer en cas de malaise : 90% des personnes vous répondront spontanément « les pompiers ». Cet effet est à double tranchant, car en effet la population se retrouve à appeler le 18 pour « tout » sans discernement. Des VSAV partent alors sur des malaises à domicile, au détriment de l’ASSU de garde du coin, qui était elle aussi dans les starting-blocks.

Ce même VSAV (sauf cas bien entendu où il est plus près du lieu d’intervention qu’une ASSU) ne sera pas disponible pour un éventuel accident de la route ou là par contre, aucune ASSU ne pourra aller car non formée (Premiers Secours Routiers) et non équipé du matériel spécifique à ce type de problème (désincarcération, balisage etc.) Parfois donc, les sapeurs-pompiers se retrouvent sur des interventions qui relèvent d’une ambulance privée, et sont donc indisponible pour une éventuelle intervention qui relèverait de leurs strictes compétences. Il leur faut donc faire appel à des moyens pompiers d’un autre centre en cas d’indisponibilité.

Ce qu’il faut retenir pour comprendre :

  • Les pompiers jouissent d’une image largement positive face aux ambulanciers
  • Les pompiers disposent d’organismes de communication très influents
  • Les ambulanciers ne disposent et n’utilisent que de peu d’outils de communication.
  • La population appelle bien plus le 18 au lieu du 15 pour ce qui est médical.

Puisque aucune communication sur les ambulanciers n’est efficace, les pompiers restent sur l’image des ambulanciers des années 1950, idem pour le grand public, alors que la formation et les armements des ASSU se sont radicalement transformés entre 2007 et 2009. Venons-y justement.

Deuxième problème : La méconnaissance des formations et des prérogatives de chacun :

Face à l’explosion des demandes en matière de secours à victime, les principaux syndicats et organismes formateurs se regroupent et élaborent une refonte totale de l’ancien « Certificat de Capacité d’Ambulancier (CCA)». Devenu diplôme d’état d’Ambulancier (DEA) en 2007, de nouvelles compétences et aptitudes, de nouvelles formations théoriques et pratique, de nouveaux scores d’urgence etc.., sont ajoutés. Le « bloc état clinique » est considérablement agrémenté et ce n’est pas moins désormais de 60% de la formation qui est entièrement consacrée à l’urgence médicale.

Défibrillateur, analyse d’une situation, surveillance des moniteurs, des couveuses, pose d’un ECG simple etc. sont autant d’éléments ajoutés, le DEA inclus également l’AFGSU de niveau 2 (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence) avec obligation de recyclage tous les 4 ans. Toute cette théorie est complétée par un ensemble de stage clinique obligatoires et validant (SMUR, Service des Urgences, service hospitalier comme service de court ou moyen séjour, réanimation, gynécologie et bloc accouchement, et entreprise de transport sanitaire) permettant aux professionnels d’évaluer et de valider les acquis du futur ambulancier.

Je me souviens d’une anecdote particulièrement humiliante où, il y a environ un mois, un médecin SMUR, m’a demandé si j’avais un BAVU (Ballon Auto remplisseur à Valve Unidirectionnelle destiné à la réanimation cardio pulmonaire entre autre) dans mon ambulance et si je savais m’en servir … Il a écarquillé les yeux lorsque je lui ai répondu « mais docteur j’ai un BAVU adulte, un BAVU pédiatrique, un BAVU néonatal, avec toute les tailles de masques…. » Et oui je sais insuffler heureusement… c’est…. la loi….

Il faut comprendre ce que nous, nouvelle génération d’ambulancier pouvons ressentir lorsque les autres acteurs du secours à personne, vous posent de telles questions… J’en avais une boule à l’estomac car s’il pose la question cela amène une autre question… « Où a-t-il pu être confronté à une ambulance de secours et de soin d’urgence sans BAVU et avec des ambulanciers qui ne savaient pas insuffler ? » Et la boule à l’estomac laisse alors place une colère très profonde….

Colère face à des entreprises d’ambulanciers qui ne respectent pas les normes imposées par la loi, qui ne respectent pas le recyclage de leurs personnels, qui ne placent pas le matériel adéquat dans leurs ambulances et qui partent comme cela « à l’aveugle ». Car on entend jamais parler des situations où tout se passe bien, les seuls articles de presse concernent les escroqueries à la sécurité sociale. Et si article il y a, trop souvent les informations livrées sont erronées faute de valorisation et de connaissance du métier Et bien venons-y à l’argument financier.

Ce qu’il faut retenir pour comprendre :

  • Les ambulanciers disposent d’une formation poussée, sanctionnée par un diplôme    d’état reconnus par le Ministère de la Santé
  • Ils disposent de compétences et de connaissances en matière pathologique et clinique supérieures à celles des Sapeurs-pompiers. Quand on parle de connaissances supérieures on évoque le contenu de certains modules supplémentaires voire un approfondissement de certains domaines commun. En termes de gestes de premier secours pour une urgence vitale  (arrêt cardio respiratoire, inconscience etc.) les prérogatives restent dans le même cadre de compétence.
  • Ils ne disposent en revanche ni du matériel ni des compétences pour répondre en matière de « prompt-secours » pour accidents routier, d’incendie etc…
  • Ils interviennent au même titre que les sapeurs-pompiers sur les urgences médicales vitales.

Troisième problème : L’argent, nerf de la guerre :

Qui n’a jamais entendu « les pompiers c’est gratuit ». Alors effectivement les pompiers sont gratuit, en apparence seulement…

Novembre 2011, la cours des comptes jette un pavé dans la mare en alertant l’opinion et les pouvoirs public sur l’explosion des budgets des Service D’Incendie et de Secours. Remarque importante : attention je ne critique pas le fait que les sapeurs-pompiers soient financés avec les fonds public, leurs missions relevant d’un rôle régalien de l’état, c’est normal. Toutefois la Loi de 1996 qui donne le contrôle des SDIS aux départements a bizarrement entrainé une hausse significative des couts des sapeurs-pompiers. Je ne vais pas vous énumérer le rapport mais sachez qu’un VSAV revenant à distance et intervention égale à 1000 euros pour le département. La même intervention coutera 450 euros en ASSU…

http://www.ccomptes.fr/content/download/1756/17562/version/2/file/Synthese_rapport_public_thematique_SDIS.pdf.

Alors oui les ambulanciers privés sont financés à 98% par la sécurité sociale, oui une ambulance est comme un médicament, elle est remboursé 65% par votre caisse de sécurité sociale et le reste par votre mutuelle, dans certains cas à 100% (ALD etc.)

Un des préjugé est le fait qu’il faille payer « immédiatement » une ambulance ce qui est faux, la facture est réalisée après décaissement par la sécurité sociale, donc la seule chose qui vient vers vous c’est éventuellement le ticket modérateur, comme un médicament : vous réglez et présentez la facture acquittée à votre mutuelle et vous serez remboursé.

Donc voilà le fameux schéma qui créer tant de polémiques, une ambulance privée est financée par la sécurité sociale, les pompiers par nos impôts, rien n’est gratuit… Simplement que les uns vous les payerez à l’acte, d’autres vous les payez une fois par an…. Et d’autre part, les tarifs sont fixés par la loi… d’autre part, une ASSU de garde SAMU (garde préfectorale) voit d’office toutes ses interventions rabattues de 60% par la même loi. 

Le personnel en garde de nuit est payé 75% de son taux horaire… Et oui vous comprenez maintenant mieux, que les ambulanciers privés en garde pour le SAMU, prêt à partir en même pas 2 minutes, sont moins bien payés que le SMIC…

J’espère, pour conclure sur l’argument financier, avoir pu démontrer à tout le monde, ce que l’on ne voit pas, ou que l’on refuse d’entendre, et que cela peut vraiment « blesser » les ambulanciers de s’entendre dire que l’on s’en met « plein les poches sur le dos des malades » alors que les SP coûtent encore plus cher et pour des raisons bien plus obscures (voir rapport cours des comptes). Ceci dit, les patrons d’entreprise d’ambulances qui escroquent magistralement la sécurité sociale sont également bien présent, toutefois je refuse d’appeler ces gens des ambulanciers, je refuse de considérer ces gens comme des professionnels de santé, ils ne méritent que la prison et l’interdiction d’exercer.

Ce qu’il faut retenir pour comprendre :

  • Les Pompiers sont financés par les départements et les communes, les ambulanciers par la sécurité sociale
  • Une intervention en ASSU, revient 2.4 fois moins cher qu’un VSAV à intervention égale
  • Les ambulanciers sont payés comme l’achat d’un médicament en pharmacie, les pompiers sont payés par les impôts locaux et aucune démarche n’est à faire (sauf payer vos impôts)
  • La plupart des SDIS de France sont déficitaires, alors qu’une répartition équitable des missions permettrait de réinjecter une partie du budget des SDIS pour leurs missions.

III – l’An pire de 2009

En 2009 le gouvernement décide de soi-disant tout réorganiser et de clarifier les choses. Sauf que nous sommes en France, et qu’en France on ne fait jamais les choses comme tout le monde. Donc notre Ministère de l’intérieur part de son côté pour créer le fameux référentiel SDIS/SAMU. Mis en application par arrêté du 24 avril 2009. Et le ministère de la santé va nous pondre de son côté le référentiel SAMU/Ambulanciers Privés mis en application par arrêté du 5 Mai 2009.

Déjà, première chose étonnante, aucune concertation et les ambulanciers sont mis de côté, beaucoup pense qu’il aurait fallu regrouper tout le monde autour d’un seul et unique référentiel. Mais cette idée s’est heurtée très violemment aux hautes instances de la sécurité civile et notamment la FNSP (Fédération Nationale des Sapeur-Pompiers).

Et maintenant laissez-moi vous montrer en quoi l’organisation des secours est devenue un véritable fiasco.

D’un côté le Référentiel SAMU/SDIS donne en son article 8 (annexe 1) le devoir aux Centres 15 de déclencher OBLIGATOIREMENT un moyen pompier immédiat en cas d’urgence vitale ou de risque vital. D’un autre côté, le référentiel SAMU/AP en son I-2 réaffirme le rôle souverain de la régulation du Centre 15 et la possibilité de déclencher des moyens ambulanciers sur les urgences vitales. Et voilà, Bingo, qui va aller sur quoi ? On demande aux sapeurs-pompiers de faire la voie publique, les lieux publics et également de partir sur tout ce qui est vital où que cela se trouve. 

De l’autre côté on dit aux Centres 15 il faut réguler ! Et envoyer les AP aussi sur les urgences vitales. Il y eu un tel vacarme législatif des deux côtés que, miracle le 24 octobre 2009 une nouvelle circulaire censée clarifier les choses arrive. Cette circulaire, d’une part va réaffirmer le rôle premier des sapeurs-pompiers pour le prompt-secours (sauf que cela, personne ne l’avait remis en cause ni ne protestait). Elle va réaffirmer la régulation médicale obligatoire par le centre 15 (nous le savions aussi déjà).

Là où le bât blesse, c’est qu’en petit, glissé entre deux lignes tel un tarif de minitel rose, se glisse en clair que « le Référentiel SAMU/AP ne peux faire obstacle au référentiel SAMU/SDIS » Les dés sont jetés rien ne va plus, les SAMU ne sont plus libres de leur choix et les ambulanciers sont condamnés à récupérer les « restes » car du coup, les sapeurs-pompiers ont désormais obligation, au regard de cette circulaire, de partir sur tout ce qui est vital, partout et en tous lieux, ceci AVANT régulation médicale. Conséquence ?

Les budgets des SDIS explosent et les départs dans le cadre de la fameuse procédure réflexe, atteignent un plafond démentiel comme l’indique la cours des comptes. Les départements et les conseils généraux appellent à l’aide (dans l’Ain, 25 millions d’euros en 2009, 29 millions en 2010….) et ça continue de monter.

Résultat également visible ? Le manque de SPV et la difficulté de certains centres à armer leurs véhicules.

Et pour les ambulanciers ? Qui y ont cru dur comme fer et se sont pliés aux lois draconiennes de mise aux normes (Arrêté Ministériel de février 2009, modifié par de nouveau un arrêté encore plus sévère en Août 2009). Les seuls qui s’en sortent sont les chefs d’entreprises qui finalement continuent à escroquer la sécurité sociale, qui ont décidé de ne pas armer leur ASSU correctement, et ce sont ces gens-là que l’on va retrouver en tête d’affiche dans la presse lorsqu’un drame arrivera ou encore ceux qui refusent de s’organiser pour adapter une réponse à l’urgence. 

Et bien on se retrouve avec des ASSU, la plupart du temps surarmées, sous exploitées. Et bien évidemment comme le prévoit la fameuse circulaire d’octobre 2009, en gros il appartient à chaque département de faire comme il l’entend, sous l’autorité du Préfet. Donc d’un département à l’autre, les Préfet forment des conventions toutes plus bancales les unes que les autres, pour tenter de satisfaire tout le monde.

IV – Conclusion et avenir :

Alors comment procéder ? Je n’aurai jamais la prétention d’avoir la solution miracle, mais une chose est sûre on peut déjà soulever deux problèmes importants :

  • Comme l’a signalé la cours des comptes, les budgets des conseils généraux alloués aux SDIS sont en augmentation constante et « pèsent » drastiquement sur les finances des départements.
  • Les ambulanciers ont un potentiel non négligeable si seulement ils étaient organisés et capable de pousser les instances à mieux structurer le secours à personne.
  • Si les contrôles et les décisions gouvernementales seraient plus sévère en terme d’obligation et de respect de celle-ci

Ambulanciers et sapeurs-pompiers peuvent être totalement complémentaires, puisque les qualifications et compétences sont différentes, si seulement les hautes autorités arrêtaient de faire croire à la population qu’ambulanciers, sapeurs-pompiers et SAMU sont prêt à s’entretuer à la moindre occasion. Certes de grandes disparités existent d’un département à l’autre, mais la plupart du temps nous sommes quand même largement « main dans la main » dans les interventions.

J’ai souvenir de trois interventions qui m’auront marqué ou justement les sapeurs-pompiers et nous étions complémentaires, bizarrement se sont les trois seules ou j’ai souvenirs que des sapeurs-pompiers soient venu.

La première a Vonnas (01) avec le Centre de Secours de Vonnas, sur un Arrêt Cardio-Respiratoire où le grand classique du témoin qui appelle le  15 et  le 18 à 1mn d’intervalle. Résultat nous sommes tous arrivés en même temps et nous sommes répartis  immédiatement les tâches sans arrière-pensées, sans querelles, l’intérêt souverain du patient…. Les sapeurs-pompiers à l’aspiration et au BAVU, nous au massage et au Défibrillateur Semi-Automatique. 45mn de réanimation conjointe n’auront pas réussi à ramener la dame de 92 ans.

La deuxième à Saint Triviers sur Moignan (01) avec le Centre de Secours de Saint Trivier, départ pour malaise au domicile d’un homme de 45 ans. Résultat, l’homme est au premier étage de sa maison en construction, une seule et simple échelle de meunier permet l’accès à la victime ne supportant ni mon poids ni celui du matériel donc nous pouvions difficilement rajouter la victime à tout cela.

Nous avons procédé au bilan, au conditionnement etc. et les sapeurs-pompiers volontaires de Saint Trivier sont arrivés après avec une nacelle car il était impossible de sortir la victime autrement ; puis nous l’ont descendu afin que nous l’installions dans l’ambulance. C’était vraiment une intervention très prenante car à aucun moment je n’ai ressenti de vindicte ou d’exaspération, vraiment le vrai « Volontariat » désintéressé et Altruiste comme on aimerait en voir très souvent.

Et la dernière et la plus prenante à Frans (01) sur une Tension à 6 qui s’est finie en Arrêt Cardio Respiratoire, je me suis vu arriver en plus de l’hélicoptère Dragon 69, les sapeurs-pompiers de Jassans Riottier, en Véhicule Léger, aller récupérer l’équipe sur le stade, la ramener à nous, et nous nous sommes tous aidés et relayés pour sortir de là cette petite dame de 66 ans qui décèdera au 6ème ACR sur notre brancard dans le box de réanimation du Centre Hospitalier.

Ce ne sont que des mots sur un écran et je vais conclure ce petit témoignage en vous assurant que nous pouvons nous organiser dans ce pays, faire des grandes choses pour permettre un maillage territorial du secours à personne optimal, peu importe quelle couleur arrivera auprès de la victime, peu importe la manière dont cela se passe, tant que l’intervenant le plus proche et le plus adapté vient à la victime. 

Je le répète et c’est mon réel ressenti, les sapeurs-pompiers ont des compétences et des missions, nous avons les nôtres également ; respectons-nous les uns les autres, et que les Agences Régionales de Santé continuent à pousser les contrôles et à forcer les brebis galeuses à se conformer aux normes, ou à quitter ce métier…

« I have a dream…. »                                                             

Ambulance, véhicule prioritaire ou/et à facilité de passage : réponse du sénat

Ambulance, véhicule prioritaire ou/et à facilité de passage : réponse du sénat

Le débat interminable pour savoir si une ambulance privée peut être reconnue comme véhicule d’intérêt général prioritaire dans le cadre d’une intervention à la demande du centre 15 (SAMU) pourrait prendre fin grâce à la réponse qui va suivre. En effet un sénateur a évoqué le sujet lors d’une assemblée au sénat et voici la réponse du gouvernement à ce sujet. j’insite sur la clarté des informations dispensées par la réponse et l’utilisation des termes.

Si on vous reproche encore d’utiliser la loi comme vous l’entendez, ces éléments devraient pouvoir vous permettre d’apporter une réponse claire et surtout indiscutable. il est temps que les mentalités évoluent et qu’on arrête de chercher des poux dans la tête des ambulanciers privés. Les deux questions qui suivent font mention on ne peut plus clairement sur les deux rôles distinctifs d’une ambulance privée : intervention dans le cadre d’une mission 15 (VIGP)  ou d’un transport urgent sur la demande d’un médecin généraliste (VFP)

Ambulances, limitations de vitesse ou/et feux rouge 

Question écrite n° 16287 de M. Jean Louis Masson (Moselle – NI)

publiée dans le JO Sénat du 02/12/2010 – page 3155

M. Jean Louis Masson attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration sur la réglementation afférente aux ambulances qui se déplacent en urgence. Dans le cas où une ambulancetransporte un blessé ou un malade en situation d’urgence, il lui demande si, sous réserve d’agir avec prudence, le conducteur peut dépasser les limitations de vitesse ou franchir au ralenti un feu rouge.

Transmise au Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

Réponse du Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2012 – page 1259

L’honorable parlementaire appelle l’attention du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration sur les conditions dans lesquelles les ambulances transportant les blessés ou malades dans des situations d’urgencepeuvent déroger aux règles du code de la route relatives aux vitesses maximales autorisées et au franchissement des feux de signalisation. 

Aux termes de l’article R. 311-1 du code de la route, les ambulances de transport sanitaire entrent dans la catégorie des « véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage ». Ceux-ci sont alors rattachés au régime dérogatoire des articles R. 432-2 et R. 432-3 du code de la route, lorsqu’ils sont en situation d’urgence. Ce régime dérogatoire s’applique aux dispositions du code de la route relatives aux limitations de vitesse, à la circulation dans des voies réservées, à l’usage des avertisseurs et à la circulation sur autoroute et route express. Toutefois, il ne concerne pas le respect des feux de signalisation, auquel les ambulances sont tenues.

En revanche, lorsque les ambulances agissent à la demande du service d’aide médicale d’urgence, elles disposent des mêmes prérogatives que les « véhicules d’intérêt général prioritaires ». Elles peuvent dans ces circonstances déroger à l’ensemble des prescriptions relatives aux règles de circulation édictées par le code de la route, lorsque l’urgence de leur mission le justifie, conformément aux dispositions de l’article R. 432-1 du même code. Compte tenu de la nécessité de définir limitativement les véhicules d’intérêt général prioritaires autorisés à déroger à toutes les règles de circulation, il n’est pour l’instant pas prévu d’y inclure les ambulances exerçant dans le cadre normal de leurs activités.

Ambulances et voies de bus  

Question écrite n° 12479 de M. Claude Domeizel (Alpes de Haute-Provence – SOC)

publiée dans le JO Sénat du 11/03/2010 – page 577

M. Claude Domeizel attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales sur les difficultés rencontrées par les véhicules sanitaires légers (VSL) et ambulances. Ces derniers avaient bénéficié d’une tolérance accordée par Monsieur Gaston Defferre, alors ministre de l’intérieur et de la décentralisation, d’emprunter les voies de bus au même titre que les taxis. Il semblerait que ces véhicules fassent aujourd’hui l’objet de verbalisation entraînant bien souvent une immobilisation temporaire du véhicule. Il lui demande si la tolérance évoquée plus haut s’est traduite dans un texte réglementaire et si, dans la négative, il envisage de régulariser cet avantage.

Réponse du Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales

publiée dans le JO Sénat du 06/05/2010 – page 1155

Les véhicules de transport sanitaire, définis à l’article R. 6312-8 du code de la santé publique, sont répertoriés en deux catégories : « les véhicules spécialement aménagés », c’est-à-dire les ambulances, et « les autres véhicules affectés au transport sanitaire terrestre » constitués des véhicules sanitaires légers (VSL). Les VSL sont des véhicules réservés au transport sanitaire de trois malades au maximum en positon assise et peuvent être également utilisés pour le transport de produits sanguins labiles (art. R. 6312-14 du code de la santé publique).

Aux termes de l’article R. 311-1 du code de la route, les ambulances sont reconnues comme des véhicules d’intérêt général « prioritaires », s’il s’agit d’ambulances effectuant des transports urgents à la demande des unités mobiles hospitalières (SAMU, centre 15) ou « bénéficiant de facilités de passage » pour les autres ambulances de transport sanitaire.

À ce titre, les ambulances peuvent bénéficier d’un aménagement des conditions de circulation sur la voie publique (art. R. 432-1 à R. 432-4 du code de la route), sous réserve d’être équipées de dispositifs spéciaux, lumineux et sonores, de signalisation (art. R. 313-27 et R. 313-34 du même code). Ainsi, aux termes de ces dispositions du code de la route, les ambulances disposent du droit d’emprunter les voies réservées à certaines catégories de véhicules, à la condition de se trouver en situation d’urgence, de faire usage d’avertisseurs spéciaux et de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route.

Elles peuvent alors se prévaloir du droit d’emprunter les couloirs d’autobus, quelle que soit la commune sur le territoire de laquelle ceux-ci sont situés. Pour ce qui concerne les VSL, ils ne peuvent être inclus dans les « véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage », définis à l’article R. 311-1 du code de la route, qu’au titre des « véhicules de transport de produits sanguins et d’organes humains ».

Les véhicules de transport sanitaire peuvent ainsi circuler dans les couloirs de bus, mais dans des conditions strictement définies, en leur qualité de « véhicule d’intérêt général » quand ils sont en situation d’urgence et, concernant les VSL, uniquement ceux transportant des produits sanguins labiles.

Enfin, aux termes de l’article L. 2213-2 (1°) du code général des collectivités territoriales, le maire peut, par arrêté motivé, réserver, à certaines heures, l’accès de certaines voies ou de certaines portions de voies à diverses catégories d’usagers ou de véhicules. À titre d’exemple, aux heures de circulation intense dans certaines agglomérations, les maires peuvent autoriser l’accès des couloirs de bus aux VSL.

Lexique :

VSL : véhicule sanitaire léger

SAMU : Service d’aide médicale urgente

SMUR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation

VIGP : véhicule d’intérêt général prioritaire

VFP : véhiculel avec facilité de passage

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance

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Voici une vidéo de présentation issue de la société Assistance Ambulance, une référence pour beaucoup d’ambulanciers. Société à la pointe avec du matériel de pointe et surtout un patron et une équipe au top. Une entreprise modèle qu’on ne présente plus. Je vous laisse découvrir cette vidéo très bien réalisée. Bien entendu la vidéo est une vitrine de la société mais elle met en valeur toutes les qualités de cette société. Beaucoup d’entreprises devraient prendre exemple.

Assistance Ambulance, la société :

Assistance Ambulance a été fondée en 1995. L’entreprise est composée d’une trentaine d’ambulanciers, formés et recyclés régulièrement par nos partenaires ainsi que par des intervenants extérieurs venant notamment du Québec. Assistance Ambulance, c’est une équipe disponible 24 H/24, 365 jours par an. Notre spécialité 1ère, le transport sanitaire urgent. Délai d’intervention n’excédant pas 15 minutes (dans la mesure du possible) sur l’ensemble de la métropole Nantaise.

Tous nos véhicules d’urgences sont équipés de D.S.A (Défibrillateur Semi-Automatique) et de multiparamétrique (Zoll, Propaq). Nous intervenons sur différentes pathologies (I.M.V, chute, H.D.T, douleur thoracique, accouchements, O.A.P, A.V.C…..), à domicile, dans certains lieux accueillant du public, le centre de détention de Nantes, la maison d’arrêt, l’aéroport de Nantes Atlantique…(liste non exhaustive). Nous possédons également des véhicules pour les transports longues distances, eux aussi équipés de DSA.

http://www.assistanceambulance.com/

Ambulancier SMUR – Formation de conduite

Ambulancier SMUR – Formation de conduite

Formation de conduite et de sécurité pour l’ambulancier SMUR ou privé…

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Je vous présente un organisme de formation à la conduite : Le Mans Driver, école de pilotage officielle de l’Automobile Club de l’Ouest. En dehors des habituels stages de conduite et pilotage grand public, cet organisme propose entre autre une formation adapté à la conduite des véhicules de type VLM et UMH. Ce stage est tout aussi adapté à un ambulancier exercant en SMUR  ou un ambulancier privé dans la mesure où l’objectif n’est pas la vitesse pure mais l’apprentissage de la maitrise de son véhicule en toute sécurité et l’incidence de la conduite sur le patient.

Je cite le message :

Au-delà des « savoir-faire » et des habiletés nécessaires que réclame la fonction,l’acquisition d’une capacité de discernement relative à la prise de risque demeure notre objectif essentiel.Tous nos ateliers font référence à cette prise de conscience des risques occasionnés par une conduite non adaptée aux besoins et circonstances. Nous n’avons pas vocation à rendre les conducteurs plus confiants, mais leur offrir le savoir et les compétences d’être à même d’opter pour la conduite la plus rationnelle en terme d’efficacité et de sécurité.

Le programme de la formation de conduite:

JOUR 1

  • Apports d’informations sur la dynamique d’un véhicule (énergie cinétique, force centrifuge).
  • Savoir manipuler correctement son véhicule, savoir positionner son regard en virage et en courbe.
  • Découvrir les trajectoires offrant plus de sécurité : chronologie d’un virage ; techniques de manipulation de volant ; les trajectoires, sécurité et souplesse.
  • Etre capable d’effectuer un freinage d’urgence et un évitement d’obstacle.
  • Faire l’expérience de différentes pertes d’adhérence.
  • Mise en situation de dérapages (du train avant et du train arrière).
  • Conduite sur neige et verglas.

JOUR 2

  • Prendre conscience de l’incidence de la conduite sur le patient transporté horizontalement.
  • Conduite avec ambulance de type UMH en alternance patient/conducteur.
  • Découvrir les principes de conduite préventive.
  • Evaluation des distances de freinage à différentes allures, découverte du carré de la vitesse.
  • Découverte sur piste des mesures de sécurité.
  • Démonstration d’une distance de sécurité adaptée et non adaptée.
  • Avoir des notions sur les aides à la conduite.
  • Compréhension du rôle et du fonctionnement de l’ESP, l’Anti patinage, l’Assistance au Freinage d’Urgence…
  • Savoir manipuler correctement son véhicule.
  • Savoir positionner son regard en virage et en courbe.
  • Découvrir les trajectoires offrant plus de sécurité.
  • Perfectionnement des techniques acquises le jour 1.

Infos de contact et lieu de formation

  • Pour tout renseignement : 02 43 40 25 62
  • Lieu de formation : Le Mans/Brest
  • Encadrement pédagogique : 1 formateur pour 3 stagiaires Capacité d’accueil : 12 personnes
  • Répartition théorie/pratique : 3h30/3h30
  • Contact : Philippe Jousse/ p.jousse@lemans.org

http://www.lemansdriver.fr/formations/2-jours-samu-smur.html

 Note du webmaster

Pour les amateurs de sensation forte ou les « pylotes » je pense que vous serez en mesure de trouver un emploi chez DHL ou chez Maitre Cochon et tester une wonderbox « stage de découverte sur *choisir son modèle de voiture*. L’ambulancier qu’il soit privé, SMUR ou pompier n’a pas vocation à être un pilote de course avec son véhicule. La sécurité de l’équipage et du patient doit rester un objectif primordial.

https://www.ambulancier.fr/wp-content/uploads/2012/12/lemans-fiche-présentation-stage-samu-smur.pdf

 

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Pourquoi une fiche bilan

Je vous propose aujourd’hui une fiche bilan destinée à vos prises en charge : intervention SAMU, médecin ou autre qui nécessite l’usage d’une fiche bilan. Je rappelle que cette fiche d’intervention est indispensable car elle permet la traçabilité des informations relatives au patient : renseignements, constantes, ATCD, TTT, gestes effectués, observations, surveillance etc.

Cette fiche est un élément qui doit suivre le patient et doit être intégré à son dossier médical. Grâce à cette fiche chaque intervenant (médecin, IDE etc.) pourra vérifier ce que vous avez vu, entendu, vérifié et ainsi améliorer la qualité des soins. De plus, L’Infirmière d’Accueil et d’Orientation aura les éléments indispensable pour le patient à votre arrivée au service des urgences. Même si le patient sera questionné à nouveau elle sera en mesure de pouvoir faire le lien avec les éléments recueillis.

Une pratique trop peu répandue

C’est une pratique encore trop peu répandue chez certains collègues : d’abord par manque de formation, usage inconnu ou non intégré aux pratiques courantes, par manque de modèle de document etc. Mais il ne tient qu’à vous de prôner cette pratique au sein de votre entreprise et de démontrer à vos collègues l’importance de ce genre de traçabilité.

Fini le bout de papier sur lequel on gribouille ses constantes pour faire son bilan 15 et ensuite transmettre oralement les informations. Cette pratique permet une transmission par écrit. Divers modèles existent mais souvent à mon sens elles restent trop succincte. Il est indispensable de réunir le plus d’informations possibles sans pour autant sombrer dans l’extrême. Cette fiche est un concentré de beaucoup de fiches existantes, d’ajout personnel etc.

Personnaliser et corriger

Cette fiche est la votre. Le modèle existant est modifiable suivant vos demandes : envoyez moi un mail avec vos demandes de modifications et je ferais le nécessaire. Etant donné que j’ai réalisé cette fiche via des moyens logiciels autres que Microsoft Word et autres traitements de textes courant pour faciliter la mise en page,  je ne peux pas vous mettre à disposition un .doc et cie étant donné que ce n’est pas modifiable avec un traitement de texte.

Donc n’hésitez pas au besoin je peux personnaliser le document. Ensuite si vous constatez des erreurs, manques ou autre, surtout faites des retours via les commentaires en bas de l’article. Une fois corrigé je mettrais en ligne la nouvelle version.

Télécharger la fiche Bilan au format A3

Télécharger la fiche bilan au format A4

Ambulancier et… interventions insolite !

Ambulancier et… interventions insolite !

Les ambulanciers et les interventions parfois très insolite

Les ambulanciers c’est comme toutes professions de santé on a tous nos anecdotes. Histoire rocambolesque, appels abusifs et j’en passe. Voici un petit florilège raconté par des collègues ambulanciers qui ont accepté de partager leurs souvenirs de leurs interventions insolites.

Les interventions pas comme les autres

  • Chakib : Sortie pour un jeune homme qui en éternuant s’est bloqué le dos avec douleur +++
  • Laurent : 31 décembre soir, personne âgée de 86 ans qui s’est bloqué la mâchoire en mangeant une pomme….
  • Catherine : Un homme en dépression alcoolisé, qui veux mettre fin à ces jours , bagage près de lui bien sur , je lui demande pourquoi le 15. « Bien j’aurais pu faire n’importe quoi le 16 le 20 le 18 , j’ai pas réfléchi ». Il voulait tous simplement avoir un taxi pour l’emmener à son endroit choisi par lui. 

    Mais la déception  nous l’emmenons à l’opposé. Mais il me dit « quand vous aurez 5 mn passez boire un café, car vous avez bien le temps ? » , je ne  lui ais pas répondu , mais c’est vrai que pour une urgence pareil on n’est plus à 5 mn pour faire le taxi.
  • Rémi : Appel samu pour femme 30 ans qui c’est cogné le gros orteil… Voiture devant la maison. Mais ses enfants mangeaient donc elle a appelé le samu…
  • Catherine : Appel samu 23h30 pour un panari, personne qui loge à 5 mn à pied de l’hosto. C’était pour avoir une dispense pour le sport, pas mal !!!!!!!!!
  • Laetitia : Quand j’étais adolescente, le SAMU est venu dans mon quartier. Plus tard, on m’a dit que le couple qui faisait l’amour, est resté coincé…euh comment dire….. »l’un dans l’autre »…
  • Jérôme :  Appel Samu pour une femme de 40 ans dont l’appareil dentaire a explosé et a embroché la langue et la gencive. Je vous avoue que là je savais pas trop quoi faire.

    Sinon j’ai aussi un monsieur âgé, avec gangrène du pied et totalement délirant, faire une inspection de la plaie avec l’odeur plus un monsieur qui vous explique qu’il a construit un réacteur à fission pouvant alimenter une ville complète, qu’il a aussi rencontrer des extraterrestres qui vont l’aider à repousser l’invasion des musulmans.

    Je vous jure vous trouvez le temps long surtout quand vous entendez votre collègue dire, « ah mince je me suis gouré sur le bilan, faut que je recommence « .
  • Karim : Appel 15 pour un bilan rapide : trauma de l’oeil chez un enfant de 6 ans. A l’ arrivée c’ était deux frère qui chahutaient et l’un d’entre eux à pris le doigt dans l’oeil… o_O
  • Chris : Il y a quelques années, appel pour un mec d’une tite quarantaine, délirant, et pour cause : d’après ses dires, il s’était fait tirer dessus par des snipers sur l’immeuble d’en face (qui au demeurant était une maison de plain pied), s’était recousu à la Rambo, voyait sa tante (décédée) faire des « trucs » avec un inconnu face à sa fenêtre, et a accepté de nous suivre parce qu’il en avait marre des guêpes électroniques (si si je vous jure) qui l’attaquaient dans son salon. Mémorable. Je sais pas ce qu’il avait pris mais…. c’était violent !!!

    Ou un autre, complètement saoul, qui était rentré par effraction chez son ex. Il s’était totalement dessapé et avait enfilé un body string en dentelle de cette dernière avant de se coucher ds son lit…. Je vous laisse imaginer le spectacle. Il a quand même fallut insister pour lui faire enfilé au moins un Jean avant le transport.
  • Audrey :  Des collègues ont fait tout aussi bien , ils ont décalé chez une dame car elle n’arrivait pas a garer sa voiture dans le garage, c’etait bien la première fois que ça lui arrivait donc le samu a voulus verifier si elle ne perdait pas la tête
  • Francis : 21h, appel 15 : suspicion de fracture poignet. Nous arrivons chez la patiente, alitée, 72 ans qui explique qu’ elle est tombée sur la main et qu’elle pense s’être cassé le poignet. C’est aussi l’avis de son mari. A l’examen : pas de déformation, pas d’hématome ni de paresthésies, rien !

    Quand je lui demande l’EVa : 0 ! Intrigué, je la questionne sur le pourquoi du comment et là elle me répond : « Ah mais non, j’ai pris un Doliprane 500, 5 minutes avant votre arrivée, c’est pour ça que j’ai plus mal ». Le 15 nous demande de transporter et dans l’ambu elle m’avouera qu’elle ne voulais pas rester avec son mari  « parce qu’il a toujours raison… » ! 
  • Marshall : Appel 15 pour Tampax coincé dans le vagin
  • Marion : Appel 15 pour un homme bloqué du dos… On arrive au domicile, l’homme était bloqué du dos effectivement mais sur ses chiottes… Impossible de le relever car douleur ++. Evidemment, tout petit wc exigu… On a réussi à le sortir de là, le slip sur les chevilles.

    Ensuite, ben je l’ai coquillé assis, pas banal mais pas le choix. J’ai oublié de dire que nous étions deux ambulancières… Monsieur était plus que gêné, sa femme aussi mais j’ai réussi à dérider tout le monde. La position sur le brancard, coquillé quasi-assis ça valait son pesant de cacahuètes…
  • Chakib : Une sortie pour une personne avec douleur aux dents qui aurait avalé 9 Doliprane. Donc mon DEA m’explique qu’il y a un risque d’intoxication sévère … Arrivé sur les lieux la prise des 9 doliprane était sur plusieurs jours […] et cerise sur le gâteau, la personne a mis de la Lysopaïne ( pour les maux de gorge) sur sa dent douloureuse ! On était mort de rire…
  • Christophe : Plaie de la verge … Mademoiselle avait un appareil dentaire et …lors d’une fellation…couic….

Un grand merci pour le partage

Un très grand Merci à tous les membres du groupe facebook « Ambulancier de A à Z » pour m’avoir permis de lister toutes ces lignes. Rassurez vous tout n’est pas là : entre ce qu’il reste de côté et celle à venir… N’hésitez pas à partager vos anecdotes, histoires ou autre promis je les publierais 🙂

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Ces policiers qui « soignent » les ambulanciers

Ces policiers qui « soignent » les ambulanciers

Je vous partage cet article du Journal « l’union ». Vous pourrez lire l’article dans son intégralité via le lien plus bas. Je ne saurais vous conseiller la lecture des commentaires qui reflètent la vison de certaines personnes vis à vis de notre profession. Je reconnais que l’équipage a commis plus ou moins une faute sur l’absence d’un membre de l’équipage à l’arrière mais dans ce cas de figure  je pense aussi qu’ils ont préféré laisser la maman aux côtés de son fils…

SOISSONS (Aisne). Une ambulance missionnée par le Samu est un véhicule comme les autres. C’est l’étrange théorie qu’ont mise en pratique trois motards de la CRS 21. À Soissons, un enfant blessé en a fait les frais.

 

FICHE 2095333. Ce n’est pas avec ce numéro que Mme F. va gagner le gros lot. Ce 25 octobre, en matinée, son fils se mélange les pédales sur le chemin du collège. Il est tôt, c’est une chute de vélo, le papa chauffeur routier est au travail et la maman n’a pas de véhicule. Le gamin a 12 ans. Une douleur lui mord la cheville. Impossible de rallier l’établissement. La maman est prévenue; elle compose le 15. Il est 8 h 43. À 9 heures, le blessé est dans l’ambulance et sa mère avec. Fiche de transport remplie. La routine presque pour Cédric et Franck, deux ambulanciers certifiés. L’hôpital n’est pas loin. À 9 h 05, si tout va bien, le collégien sera aux urgences, à l’hôpital de Soissons

 

Des concombres

« Les motards étaient au rond-point quand l’ambulance a mis sa sirène et son gyrophare. Ils ont été obligés de se pousser sur le côté pour nous laisser passer. À partir de ce moment-là, je me suis dit, c’est sûr, on va y avoir droit ! » se souvient la mère. Au fan-club de la CRS 21, ça se sent, la maman du jeune blessé va être en retard de cotisation… « Ça n’a pas loupé. J’ai regardé par la vitre arrière. Ils nous ont suivis. On a dû s’arrêter. » Franck, l’un des deux ambulanciers présents confirme. « On était à 200 mètres de l’hôpital. On a demandé pour quelle raison on était contrôlé, mais aucun policier n’a voulu nous répondre. »

 

La suite : http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/ces-policiers-qui-soignent-les-ambulanciers

Ambulancier, les idées reçues ont la vie dure…

Ambulancier, les idées reçues ont la vie dure…

Petit florilège des idées reçues sur les ambulanciers

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A travers ce billet coup de gueule voici une liste peu exhaustive de ce que je peux entendre au quotidien. Je vous avoue que je commence à être blindé. Mais entre-nous : ça devient vraiment usant de voir que les stéréotypes ont la vie dure… Alors opposons un peu la réalité à l’ambulancier et ses idées reçues.

Tiens vla votre taxi m’ame bertrand !

Il faut savoir différencier le chauffeur de taxi détenteur d’une formation spécifique : Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi (CCPCT) et l’ambulancier issu d’un autre cursus : Diplôme d’Etat d’Ambulancier (DEA). Ce n’est pas la même formation ni les mêmes fonctions. Si on compare en terme de véhicule le Véhicule Sanitaire Léger ne remplis pas tout à fait les même critères non plus sur certains points.

Bien que certaines licences de taxi possèdent un agrément de la Sécurité Sociale pour des transports médicaux les personnels possèdent des fonctions et des qualifications radicalement différentes. Mais cela n’empêche que beaucoup de collègue possèdent l’ensemble de ces qualifications. et sont à même de faire partie de l’équipage d’une ambulance un jour et le lendemain être au volant d’un taxi. Les modes de facturations sont aussi différents, les tarifs aussi bref ce n’est pas tout à fait la même chose.

Les ambulanciers de toute façon ça bosse que pour le fric

Et oui une entreprise de transport sanitaire reste une entreprise donc pour payer ses charges, ses impôts, ses salaires etc il faut bien générer un chiffre d’affaire. Les pompiers ne travaillent pas gratuitement non plus puisque les budgets des SDIS sont issus des communes et régions et donc des …impôts ! Entre autre les impôts des sociétés ou des particuliers. Donc au final oui l’entreprise gagne de l’argent mais en reverse aussi… 

Pour continuer il existe en France des entreprises qui innovent et travaillent aussi pour la passion du métier ! Nombre de ces entreprises investissent considérablement dans le matériel et la formation, et assurent une disponibilité sans faille. Certes ce n’est pas un cas général mais ça existe. Donc oui elles gagnent mais en retour et elles investissent et ce au final dans l’intérêt du patient.

Alors oui il y a des abus mais dans la grande majorité l’entreprise est tellement surveillée par la Sécurité Sociale que pour frauder il faut avoir une grosse paire de c… Je souhaite très fort que la loi se durcisse pour ces gens là et que la suppression d’agrément devienne presque systématique.

A savoir aussi que la SS surveille mais se trompe aussi en accusant injustement certaines entreprises qui doivent prouver leur innocence (déjà vu); souvent pour des fautes reprochées comme cet exemple de type ratures ou surcharges sur les documents remplis à chaque transport (le bureau de l’ambulancier c’est sa voiture ou son ambulance et je mets au défi qui que ce soit de ne pas faire de ratures en remplissant un document dans un véhicule type ambulance qui roule car ça secoue un minimum, oui c’est l’équipier qui est dans la cellule qui écrit pas le collègue qui conduit…). Vive l’administration française !!! Mais je m’égare…

Ce sont des transporteurs

Définition du transport sanitaire : L’article L6312-1 du Code de la santé publique définit la notion de transport sanitaire : « Constitue un transport sanitaire, tout transport d’une personne malade, blessée ou parturiente [femme enceinte], pour des raisons de soins ou de diagnostic, sur prescription médicale ou en cas d’urgence médicale, effectué à l’aide de moyens de transports terrestres, aériens ou maritimes, spécialement adaptés à cet effet « .

Nous sommes missionnés pour effectuer du Transport Sanitaire et non du transport de colis bien que pour certaines entreprises la tendance serais au colisage de patient mais ça c’est autre chose. Je pense que certains ont dû se tromper entre l’entreprise Maitre Cochon ou transport petit colis 24/24 et le transports de patients.

Les brebis galeuses il en existe partout dans tous les corps de métiers, médical ou non, public ou non et oui si je pouvais je sortirais ma baguette magique. Et en effet nous sommes sous la convention collective du ministère des transports. Cherchez l’erreur… Diplôme de la santé, convention des transports routiers. Non je ne suis pas un transporteur je suis un A.M.B.U.L.A.N.C.I.E.R. D’ailleurs je vais déplacer mon 44t qui est mal garé il claque je lui ais mis une rampe bleue et un deux ton SAMU …

Les ambulances de toute façon ne sont pas prioritaires !

Vrai et Faux. Dans le cadre de la garde ambulancière (garde préfectorale) ou encore sur une mission régulée par le centre 15 l’ambulance « privée » devient Véhicule d’Intérêt Général Prioritaire au même titre que les forces de police, pompiers et j’en passe. Dans le cas contraire l’ambulance est un véhicule qui peut demander des facilités de passage avec usage des dispositifs sonores et lumineux. Ce dernier est utilisée lors des transports en général demandés par un médecin, non régulés par le centre 15 mais qui peut revêtir un caractère plus ou moins urgent suivant l’état du patient. Sur le papier il est vrai que toute urgence doit être régulée par le centre 15 mais dans la réalité…

A la base une jurisprudence est à l’origine du changement. Suite à un procès un juge de la cour de Limoges a tranché en faveur d’un ambulancier qui était sur un transport régulé par le centre 15 et verbalisé par les forces de l’ordre pour je ne sais plus quelle raison. Le code de la route a donc été modifié en ce sens en 2007. Ensuite dans la réalité les forces de l’ordre agissent selon l’humeur du moment (non ce n’est pas une légende urbaine).

Pour le grand public et donc certains agents des FDO les ambulanciers n’ont pas vocation à faire des transports urgent… Au passage pour les sceptiques je vous renvois à la définition de transport sanitaire donné par le code de santé publique ! Euh moi j’ai fais quoi ce midi ? ah oui un appel samu pour Homme de 85 ans, chute avec plaie frontale de 5*2 cm, perte de connaissance etc. J’aurais dû l’engueuler et lui dire de prendre sa voiture et de se rendre aux urgences ? Meuh non si c’était urgent on aurait envoyé les pompiers ! Mais zut qui m’a envoyé chez ce monsieur ?

Pour les légendes urbaines que le grand public adore; surtout pour commenter les articles de presse lors d’accident ou autre comprenant une ambulance; j’ajoute que le devenir d’une ambulance en VIGP n’est pas juste valable qu’en présence d’un médecin ou équipe SMUR. Pour les commentaires du type : « Que si c’était urgent le SMUR se déplacerait » : à savoir que tous les hôpitaux de France n’ont pas des équipes médicales à foison et que toutes les urgences ne justifient pas une équipe d’urgentistes…

La preuve c’est le service d’aide médicale urgente avec un médecin régulateur qui décide des moyens adaptés suivant le degré d’urgence. Donc avant de commenter (j’en ais lu des vertes et des pas mûres, je me suis bien poilé aussi quoique pas toujours vu le degré de bêtise) renseignez vous !

Pour la case pompiers le SAMU envoie les SP sur certaines urgences plus souvent que les ambulanciers pour différentes raisons : maillage plus important, disponibilité plus rapide (enfin pas partout) etc. Dans certaines régions les Ambulanciers Privés sont aussi réactif que les pompiers et tout ausi bien équipé, je dis ça mais je ne dis rien…

Mais je n’oublie pas que dans d’autres régions c’est aussi par ce que certaines entreprises ne veulent même pas se casser le popotin, pour rester poli, à s’intégrer au sein de l’Aide Médicale Urgente et que niveau matos entre l’aspirateur à mucosité à pédale de grand papa, la trousse de toilette avec un pôv tensio fatigué et sans batteries c’est loin d’être suffisant… Perso je refuse de travailler pour ce genre d’entreprise (et oui faut faire un choix !)

Le décret n°2007-786 du 10 mai 2007 relatif aux véhicules d’intérêt général et modifiant l’article R311-1 du code de la route prévoit en particulier :

  • Que les véhicules affectés exclusivement, à la demande du SAMU, à l’intervention des unités mobiles hospitalières font partie des véhicules d’intérêt général prioritaires;
  • Que les ambulances de transport sanitaire appartiennent à la catégorie des véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passages.

Le code de la route limite ainsi le qualitatif de Véhicule d’intérêt général (VIG) prioritaire, et toutes les prérogatives afférentes, à certains véhicules en fonction de leur statut.

Courrier DHOS aux ARS

Cependant, comme l’a rappelé la Direction de l’Hospitalisation et de l’Offre de Soins (DHOS) du ministère de la Santé dans un courriel du 20 avril dernier adressé à la DDASS de la Sarthe, la jurisprudence a fait considérablement évoluer cette situation au cours des dernières années. En effet, dans un arrêt de la cour d’appel de Limoges en date du 7 mars 2007, le juge a considéré comme VIG prioritaire une ambulance privée qui intervenait dans le cadre de la garde ambulancière, sur demande du SAMU.

Cette mission de service public (dixit le juge), urgente, confère à une ambulance privée, intervenant dans le cadre de la garde ambulancière, le droit de ne pas s’arrêter à un feu rouge et d’utiliser un avertisseur sonore 2 tons. En ce qui concerne le cas ou une ambulance privée intervient sur demande du SAMU, en dehors des tranches horaires réservées à la garde ambulancière, la DHOS souligne dans son courriel précité du 20 avril 2009 que la jurisprudence a considéré qu’une demande d’intervention du SAMU adressée à l’ambulancier valait réquisition, ce qui confère le statut de mission de service public. 

Par conséquent, la qualification VIG prioritaire peut légitiment être étendue aux ambulances de transport sanitaire qui interviennent à la demande du SAMU, en dehors des tranches horaires réservées à la garde ambulancière.

Extrait du référentiel SAMU/SDIS/Ambulanciers : La régulation par le SAMU-Centre 15 est systématique. Elle a pour but de déterminer et de déclencher dans les meilleurs délais la réponse adaptée à la situation décrite par l’appelant. Cette mission incombe au SAMU-Centre 15 des établissements publics de santé. 

Lorsqu’un appel d’urgence parvient au SAMU-Centre 15, la régulation décide du moyen le plus approprié pour répondre à l’état médical du patient (intervention SMUR, moyen ambulancier ou moyen SIS suivis ou non d’un SMUR), étant entendu que les ambulanciers, professionnels de santé, ont vocation à être missionnés par la régulation du SAMU-Centre 15 pour participer à la prise en charge des urgences vitales, dans l’intérêt du patient.

http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Referentiel_SAMU-TS.pdf mais aussi le référentiel « ORGANISATION DE LA REPONSE AMBULANCIERE A L’URGENCE PRE-HOSPITALIERE »

Les ambulanciers c’est juste des pousse-brancard !

Notez que l’expression pousse brancard fut donnée par un charmant inconnu sur un commentaire d’un article de presse, cette personne est d’une culture à toute épreuve sur les ambulanciers je n’en doute pas.
Faux l’ambulancier est qualifié avec une formation diplômante délivrée par le Ministère de la Santé.

D’une durée de 600 heures sur 8 modules de formations (urgences, état clinique, hygiène, ergonomie, communication, sécurité routière etc) avec des stages dans différentes unités hospitalières (samu, smur, court et moyen séjour, entreprises de transport sanitaire) elle est dispensée par des médecins urgentistes, formateurs (IDE, IADE, ambulanciers, kinéstérapeuthe…).

A savoir que les pompiers, en dehors de leurs formations feu, secours routier etc doivent suivre un programme moins important (+/-70 heures pour les PSE). La seule différence se situe dans le recyclage de formation où les pompiers se maintiennent à jour plus souvent et le contenu de la formation (ministère santé pour les ambulancier, ministère intérieur pour les pompiers oui oui c’est normal la logique à la française).

Pour les ambulanciers le recyclage c’est tous les 5 ans. La faute aux textes de lois et aux questions d’argent aussi… et sûrement à l’ingénieur technocrate qui a pondu cette connerie ! Reste que cela n’empêche en rien de se recycler soi même en maintenant ses connaissances à jour… Mais bon reste que comme partout il y a des abrutis incompétent aussi qui ne savent/veulent pas lire/se documenter en cours de route avant d’attendre les 5 ans.

Mais très important il faut savoir que chaque partie blanche ou rouge est tout aussi qualifiée l’ une comme l’ autre. Pas de meilleur que… Les deux entités restent des secouristes capable d’intervenir sur une détresse vitale ou non. Que celui qui me disent le contraire m’avance de bons arguments je suis prêt à dégainer 🙂 Pour les incompétents c’est du hors concours.

Les ambulanciers c’est tous des cow-boy

Vrai et Faux. On passe nos journées sur la route, on prend en charge de nombreux patients, on enchaine de nombreux transports et quelque fois quand il faut gérer de nombreux transports avec des impondérables (accident, feux, déviations, bouchons) avec l’heure du rendez vous et bien on se dépêche. A ça se rajoute le fait que les ambulances ne sont pas aussi nombreuses que ça, vsl compris.

Explication : Le numérus clausus est une formule de calcul imposée par la loi. En fonction de la population d’une commune ou ville est définie un nombre maximum d’ambulances pour ce lieu. Pas plus. Ce chiffre est révisé etc etc mais au final on se retrouve avec un nombre maxi et une population vieillissante sans cesse grandissante. A un moment ça coince…

Il n’y a plus assez de véhicules pour satisfaire la demande sans cesse grandissante de transport para médicalisé… sachant qu’une ambulance donne le droit à une entreprise de posséder deux VSL donc là aussi restriction… Refuser les transports ? oui pour les passer à qui ? Quand les « concurrents » sont eux aussi débordés ça coince et donc les ambulanciers exigeant sur la ponctualité se dépêchent pour que personne ne soit lésé !

A ceci on ajoute les médecins qui ne respectent pas les rendez vous sur le plan horaire, le manque d’informations au niveau des centres hospitaliers sur les retards éventuels, la perte de temps engendrée par le passage quasi obligatoire pour la paperasse à l’hôpital (malgré le fait que les formalités administratives ne sont pas du ressort de l’ambulancier mais de la structure de soin.

Mais les structures font leur sauce et on final on inverse les rôles), les patients qui sont encore au petit dej’ ou pas habillés parce que la structure de soin ne comporte pas assez de personnels pour s’occuper de leurs résidents et donc quand l’ambulancier arrive à l’heure avec son grand sourire niais pour emmener monsieur dupont à sa chimio ça coince ! ….

Je ne dis pas que les entreprises n’ont rien à se reprocher loin de là : régulation mal optimisée, patient oubliés, retard volontaire pour effectuer d’autres transports etc etc. La liste est aussi longue de ce côté. Heuresement ce n’est pas le cas partout mais il faut savoir que ce n’est pas forcément volontaire et qu’il existe aussi des impondérables.

Et que nous aussi on prend cher : on se fait allumer par les secrétaires, par les patients, par les médecins, par la régul’, on mange quand on a le temps (pour certains c’est pas toujours acquis) et on court et on court et on court et on court et on court toute la sainte journée… Vis ma vie d’ambulancier et … on en reparle 🙂 Oui c’est un choix ! Oui j’étais au courant avant de signer…

Après c’est pareil partout : sur la route on voit des cinglés toute la journée, certains collègues se prennent pour Shumacher. A partir du moment où il y a prise en charge du patient il y a aussi adaptation mais ça certains n’ont pas tout compris et roulent comme des c… (je veux dire par là sans se soucier du confort du patient !)

Mais je vous rassure j’ai vu aussi ce genre de comportement ailleurs comme par exemple des véhicules de secours, ceux qui sont les « vrais » rouler comme des tambours, traverser le feu rouge au carrefour à 90 sans ralentir…. (ah c’est vrai ils sont prioritaires… prioritaires aussi pour mettre en danger d’autres usagers ?)

Attention je ne dis pas que je suis le saint usager de la route qui respecte son code de la route avec son code rousseau sur les genoux toute la journée. je suis comme tout le monde et je m’adapte aussi. Mais je n’oublie pas que : mon permis c’est mon job, que à côté/ou derrière moi j’ai du monde et pas forcément en pleine forme, que je vais vers une structure de soin pour une consultation pour mon patient et non pas pour de la traumatologie pour nous deux.

Que lorsque je suis au volant de mon ambulance j’adapte ma conduite en fonction de l’état du patient, de sa ou ses douleurs, de l’importance de l’emmener plus ou moins rapidement vers l’accueil des urgences pour qu’il soit pris en charge au plus vite par l’équipe médicale etc etc

Après c’est au patient, titulaire du libre choix du transporteur de s’adresser ailleurs vers une entreprise plus respectueuse sur la qualité de sa prise en charge si il juge que l’ambuancier se prend pour alain prost au volant de son vsl ou de son ambu.

Une idée, des recommandations

Si vous avez d’autres sujets de choix à ajouter sur l’ambulancier et les idées reçues contactez moi. Ah oui pour ceux qui auront lu jusqu’en bas de l’article au lieu de le survoler sachez que certaines phrases sont à prendre au second degré : j’adore mon job malgré ses difficultés. Oui je pense que le système a besoin de changer et qu’il faudrait faire du nettoyage dans la profession…

Je suis lucide en fin j’espère… J’ajoute aussi que je n’ai rien contre les pompiers (que je cite à plusieurs reprises) je respecte la qualité de leur travail et leur professionnalisme (hormis ceux qui ont le melon trop gonflé au point de me snober sans répondre quand je leurs dis bonjour dans le sas des urgences… oui je suis très sérieux et non ce n’est pas du second degré cette fois ci).

Santé Les ambulanciers isérois réclament une revalorisation des gardes

Santé Les ambulanciers isérois réclament une revalorisation des gardes

 

Ils étaient 90 % au début du mouvement, le 16 avril. Un mois et demi après, près de 70 % des ambulanciers isérois – soit une quarantaine – font toujours la grève des gardes de nuit et ne répondent plus aux appels du Samu. « Les négociations sont actuellement dans une impasse, explique un membre de l’ATSU 38 (Association des transports sanitaires urgents). Nous avons été déboutés de notre demande de financement par l’ARS (Agence régionale de santé), qui ne veut rien lâcher. »

La revendication principale n’a pas changé : la revalorisation de l’indemnité de garde (du lundi au dimanche de 20 h à 8 h et le dimanche de 8 h à 20 h), fixée à 346 € en 2003 et gelée depuis, malgré l’explosion des charges (gasoil, matériel, charges salariales…). « Nous voulons qu’elle soit portée à 500 €, ce qui correspond au coût de fonctionnement, poursuit l’ambulancier. Une société comme la nôtre, qui fait entre zéro et une sortie nocturne perd de 100 à 150 € par nuit.»

 

La suite par ici : http://www.20minutes.fr/article/944823/greve-15-poursuit

Ambulance, réglementation et circulation

Ambulance, réglementation et circulation

Ambulances, réglementation et circulation

Question écrite n° 20485 de M. Jean Louis Masson (Moselle – NI) publiée dans le JO Sénat du 20/10/2011 – page 2681

Rappelle la question 16287

M. Jean Louis Masson rappelle à M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration les termes de sa question n°16287 posée le 02/12/2010 sous le titre :  » Réglementation de la circulation des ambulances « , qui n’a pas obtenu de réponse à ce jour. Il s’étonne tout particulièrement de ce retard très important et il souhaiterait qu’il lui indique les raisons d’une telle carence.

Réponse du Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2012 – page 1259

L’honorable parlementaire appelle l’attention du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration sur les conditions dans lesquelles les ambulances transportant les blessés ou malades dans des situations d’urgence peuvent déroger aux règles du code de la route relatives aux vitesses maximales autorisées et au franchissement des feux de signalisation. 

Aux termes de l’article R. 311-1 du code de la route, les ambulances de transport sanitaire entrent dans la catégorie des « véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage ». Ceux-ci sont alors rattachés au régime dérogatoire des articles R. 432-2 et R. 432-3 du code de la route, lorsqu’ils sont en situation d’urgence.

Ce régime dérogatoire s’applique aux dispositions du code de la route relatives aux limitations de vitesse, à la circulation dans des voies réservées, à l’usage des avertisseurs et à la circulation sur autoroute et route express. Toutefois, il ne concerne pas le respect des feux de signalisation, auquel les ambulances sont tenues. En revanche, lorsque les ambulances agissent à la demande du service d’aide médicale d’urgence, elles disposent des mêmes prérogatives que les « véhicules d’intérêt général prioritaires ».

Elles peuvent dans ces circonstances déroger à l’ensemble des prescriptions relatives aux règles de circulation édictées par le code de la route, lorsque l’urgence de leur mission le justifie, conformément aux dispositions de l’article R. 432-1 du même code. Compte tenu de la nécessité de définir limitativement les véhicules d’intérêt général prioritaires autorisés à déroger à toutes les règles de circulation, il n’est pour l’instant pas prévu d’y inclure les ambulances exerçant dans le cadre normal de leurs activités.

Référence : http://www.senat.fr/questions/base/2011/qSEQ111020485.html

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

Les métiers de l’urgence en vidéo

Clip présentant les métiers de l’urgence sur une musique de Random Memori. Tourné en Novembre 2011, ce film retrace la prise en charge d’un patient depuis le premier appel au SAMU (centre 15) jusqu’à sa prise en charge en réanimation.

Vous pourrez y voir représenté les différents acteurs de la chaîne de soins et de secours qui prendront en charge le patient tel le quotidien. Une illustration parfaite de ce qui se déroule quotidiennement pour les ambulanciers ainsi que pour les équipes soignantes que ce soit l’équipe SMUR ou encore les personnels hospitalier qui se chargent de la prise en charge au sein de la structure de soins. Ce scénario c’est ce qui se passe très régulièrement voire au quotidien. Ce que beaucoup de gens ne voient pas ou encore ne savent pas. La complexité de ces professions, le besoin réel de cohésion entre chaque acteur et l’importance majeure de chaque personnel dans cette chaîne très fragile.

Pour un appel  d’une victime il n’y a pas qu’une personne qui sera sollicitée mais bien tout un ensemble avec des compétences bien spécifiques propres à chacun.

Dans l’ordre d’apparition

Intervention – En chier avec dudul

Intervention – En chier avec dudul

retro

Bon allez merde ! Aujourd’hui c’est dimanche, l’actu me déprime, et les cons aussi ! Alors on va rester dans le “light”, et dans la neige. J’m’en vais te raconter un truc de malade ! Accroche-toi à ton slip !

Une intervention qui restera dans les annales

Je ne vais pas te faire le détail de ma rencontre avec Dudul, ni même t’expliquer pourquoi ce surnom affectueux lui a été attribué… Si tu es cortiqué, tu feras de toi-même le lien. Sinon, gratte-toi. L’intervention qu’on a vécu ce matin-là est quand même digne de figurer dans des annales quelconques, alors autant que ce soit ici… Par un beau matin d’hiver ensoleillé – Viens-en au fait, Jean !

Un matin beau. Soleil beaucoup… C’est ça que tu veux ? Bon alors merde ! Ce matin-là de l’hiver dernier, particulièrement long et rude avec beaucoup de neige dans cette partie du massif des Hautes-Vosges mais côté Alsacien, on avait été requis par,… alors là je sais plus si c’est un toubib du cru qui avait appelé en direct, ou s’il avait transité par la régule du SAMU Centre 15…

Homme 80 ans, pour la réa cardio

En tous cas on avait été requis pour évacuer sans délai un homme d’environ 80 ans vers la réa cardio de l’Hôpital Albert Schweitzer au motif de douleurs thoraciques chez sujet triple-ponté avec des antécédents de TACFA (Tachy-Arythmie Cardiaque par Fibrillation Auriculaire) et autres problèmes de palpitant… Forcément dans ces cas-là, on ne perd jamais de temps et on se dit qu’une convergence avec le SMUR doit rester une option sur le feu !

Un chemin… enneigé et deux ambulanciers

Le chalet de ce monsieur se trouvant à tout juste deux kilomètres en amont dans la vallée, les routes étant dégagées, on a parcouru la distance en moins de temps qu’il ne t’en faut pour éternuer… Arrivés devant la grille de fer forgé ouverte marquant l’entrée de la propriété, on s’est avancés sur le chemin. Juste quelques mètres, le temps de se rendre compte que le chemin menant au chalet (environ 200 mètres) était enneigé, verglacé, casse-gueule, craignos, pourri-moisi.
Bref, un putain d’écueil !

Et bien sûr, les chaînes étaient restées à la base… Alors que d’habitude elles sont toujours dans l’ASSU: de novembre à mars. Invariablement !

  • Dudul enquille vite fait:
  • Prends le sac d’inter et file bilanter le mec. Moi je retourne à la base chercher les chaînes et je te rejoins. Grouille !
  • Ok Boss !
  • Oui, Dudul, c’est mon Boss.

Je saute à terre (enfin, à neige), je chope notre Boscarol rouge plein de tout ce qu’il faut pour une évaluation clinique complète, et je me mets à cavaler sur la neige verglacée. Je courais comme un cinglé et oh, je devais bien faire des pointes à 2 km/h, toujours à la limite de me casser la mâchoire, sac sur le dos, bras étendus à l’horizontale pour ne pas perdre l’équilibre, mes rangers tentant vaillamment de s’accrocher à la glace – c’est des ventouses aux pieds qu’il m’aurait fallu, bordel de merde !

J’avais l’impression d’être Philippe Candeloro se préparant à faire un triple axel, sauf que je ne portais pas de costume de fiotte moule-burne. Arrivant tant bien que mal au chalet, après des sprints de fou à 2km/h, j’étais déjà en nage ! Et je priais in petto pour que Dudul n’ait pas eu la mauvaise idée d’aller faire un bonhomme de neige dans les prés !

J’arrive au chevet du monsieur, pas bien, essoufflé – lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons – et aussitôt les présentations faites, je lui explique ce que je fais en le rassurant. Tout en lui posant des questions d’ordre médical je prends sa tension, son pouls (tachy-arythmique +++: ça veut dire irrégulier et rapide), et aussi sa saturation en O2 dans le sang.
Et là, le chiffre tombe comme un couperet: 72 de sat !

N’ayant pas constaté de cyanoses ni d’acrocyanoses, je place le capteur de l’oxymètre à mon propre doigt, en me disant:

« Bon il a fait froid cette nuit, l’ASSU a dormi dehors… C’est peut-être un artefact ou un dysfonctionnement… » Mais à mon doigt l’oxymètre indique bien 99 % d’O2. Et merde, va chier ! J’ouvre plus largement le col de la chemise du monsieur en lui expliquant ce que je vérifie: en l’occurrence, je cherche un tirage sterno-cléïdo-mastoïdien ainsi qu’un balancement thoraco-abdominal, signant une détresse respiratoire aggravée. Mais des clous ! Rien !

Je lui replace la sat, et toujours un chiffre dans les patates, à peine plus haut que 70 %… Je me dis que Dudul ne va pas tarder et aussitôt je l’appelle histoire de lui demander de rapporter tout de suite l’ogive d’oxygène: tant qu’il débarque de l’ASSU, autant qu’il ne me rejoigne pas les mains vides…

  • Une main posée sur la main de ce vieil homme, je le regarde avec un sourire qui se veut rassurant tandis que j’explique à mon Boss par téléphone:
  • Je pense que ça ferait du bien à M. X qu’on lui donne un peu d’oxygène. Ce sera plus confortable pour lui. Tu es dans le coin ?
  • J’arrive dans 30 secondes. A toute !
  • J’explique alors au vieil homme un peu inquiet qu’on va lui administrer de l’oxygène, que ça lui fera du bien.
  • Mon co-équipier arrive, lui dis-je. Il a dû aller chercher les chaînes pour l’ambulance je rajoute pour faire bonne mesure, en lui faisant un clin d’oeil.

Le vieil homme sourit bravement.
J’en profite alors pour lui demander ainsi qu’à sa femme qui vient de nous rejoindre, s’il a des antécédents respiratoires connus:
– Monsieur X., avez-vous un dispositif d’assistance respiratoire à domicile ?
– Non…
– Est-ce que votre médecin a déjà évoqué une Insuffisance Respiratoire Chronique (IRC) ou une Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) ?
– Non plus…
– Bien Monsieur, alors on va placer un masque à haute concentration sur votre nez et vous allez être soulagé en respirant de l’oxygène pur grâce au masque, d’accord ?
– Oui-oui… Faites ce que vous avez à faire, me dit-il courageusement avec son accent welche.

Sa femme m’interroge du regard, inquiète. Je lui explique alors que son époux connaît un petit épisode de troubles du rythme cardiaque associé à une difficulté respiratoire, mais qu’en le conduisant en réa cardio, tout se passera bien et que l’équipe qui va le prendre en charge là-bas saura très bien s’occuper de lui et faire ce qu’il faut pour résoudre ce problème.

Rassurée, elle se dirige vers la porte tandis qu’apparaît ma vieille Dudul ! Je lui fais un topo succinct de la situation, alors qu’il m’écoute d’une oreille et salue avec amabilité le Monsieur et son épouse. Se penchant sur le patient, qui précisément est un patient patient, il jette un oeil à mon synoptique et prend connaissance du bilan avec les constantes.

On lui place le masque, et, le patient n’étant ni IRC ni BPCO, on lui balance de l’oxygène à 12 l/minutes. Puis on l’assoit sur la chaise-portoir et on le sort. Sur le brancard, on l’installe en position demi-assise, histoire de l’aider à mieux respirer. Et voilà, on enfourne le tout dans l’ASSU, et je meretrouve assis dans la cellule sanitaire, après avoir dit au-revoir à Madame X.

Prenant à son tour congé de l’épouse de Monsieur X., sautant derrière le volant, Dudul lui suggère d’appeller la réa cardio d’ici une heure ou deux, le temps de faire les examens préliminaires. Son ton est rassurant et, à travers les vitres teintées, je vois que Mme X. semble vraiment soulagée.

C’est là que TOUT a foiré !

Malgré les chaînes, il y a une putain de saloperie de congère glacée-gelée, plus glacée-gelée qu’une nageuse Est-Allemande frigide ! Et forcément, l’ASSU part en plein dessus ! Voilà, les roues avant sanglées de leurs belles chaînes jaunes tournent dans le vide ! Le bas de caisse repose sur cette salope de congère ! Descendant de l’ASSU, Dudul demande à la femme, toujours dehors, sur le pas de la porte, si elle a une pelle ou une pioche, un piolet, qu’importe, histoire de péter la glace, maintenant les roues avant de l’ASSU à 30 cm dans le vide…

La petite femme court chercher des outils, Dudul en  sélectionne deux et vas-y que je me couche sous l’ASSU, à même la glace, à taper comme un sourd dans la neige congelée… Au bout d’un bout, il passe sa tête par la porte de la cellule où je suis assis, en train de rassurer notre Monsieur X. Celui-ci est calme, et même, il sourit de la cocasserie de la situation. Au moins un que ça fait rire ! Je sors relayer Dudul tandis que celui-ci s’assoit auprès du brancard pour récupérer un peu et se réchauffer.

C’est à mon tour d’être vautré sur la glace du sol, à taper comme un sourd avec la pelle que Dudul m’avait filée… Et au bout de ce qui me semble une éternité, la gorge en feu à cause de l’air froid, ce qui devait arriver arriva: la pelle se pète. C’est net et sans bavures ! Me voilà avec juste un manche de bois dans mes mains bleuies par le froid, tandis que le fer de la pelle est gentiment en train de dessiner un sourire à la glace de la congère…

– Euh Dudul… On a un petit problème, lui dis-je en passant la tête par la porte latérale de l’ASSU, en lui montrant la pelle décapitée.
– Bon, ben euh… Ben… Vois avec la dame si elle n’a pas autre chose, sinon, continue avec le manche.
– Glps ! Bon…

Et de continuer un bout jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, Dudul vienne me relayer tandis que je retournais au chevet de Monsieur X. maintenant franchement hilare ! A un moment, je sens que l’ASSU vient de descendre de son putain de perchoir à la con… Une petite secousse et je me dis qu’on va pouvoir repartir…  Dudul se place au volant, tandis que Madame X. se place devant l’ASSU pour le guider.

Madame bonhomme de neige

Elle n’avait pas prévu qu’il passe la marche arrière. Elle aurait dû ! Quand Dudul met les gaz, les roues avant se mettent à projeter de la neige et de la boue sur la pauvre dame, qui maintenant ressemble plus à un bonhomme de neige qu’à ce qu’elle était encore un instant auparavant ! De la neige et de la boue partout: sur le visage, dans les cheveux, sur son manteau… PARTOUT !

Dudul étouffe un fou-rire nerveux tandis qu’il saute à terre. Je suis moi-même obligé de me détourner de Monsieur X. parce que je sens que je pars en couilles à mon tour. A travers la portière avant laissée ouverte, j’entends Dudul demander au “Bonhomme de neige”:
– Ca va madame ? Vous n’êtes pas blessée ?
Celle-ci rigole en s’époussetant…
– Oh ben non hein ! Faut pas vous inquiéter alors… Toujours cet accent welche, là !

L’ASSU est en tout cas à nouveau sur ces 4 roues et on peut mettre les voiles et foutre le camp de cet “Enfer blanc”, Dudul derrière le volant, conduisant prudemment vers la sortie de la propriété, toujours chaînés, jusqu’à ce qu’on retrouve le bitume…

Le déchaînage ne lui a pas pris plus 2 minutes et puis voilà, on filait vers l’Hôpital Schweitzer avec Monsieur X. qui finalement, s’en est payé une bonne tranche. Nous voir trimer comme des sacs, vautrés dans la neige et la glace, les mains et les genoux plus bleus qu’un putain de Schtroumpf, à dégager l’ASSU de cette saloperie de congère lui aura au moins permis d’oublier qu’il n’était pas là pour faire joli, mais qu’à la base c’était parce qu’il était VRAIMENT mal qu’on était venus ! Pour lui porter secours ! Pas pour le divertir, bordel à cul…!

Anecdote d’ambulancier : Philou le sage

Anecdote d’ambulancier : Philou le sage

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Anecdote d’ambulancier : Philou

Nous sommes le 2 décembre et je viens de créer cette nouvelle catégorie “Anecdotes d’ambulanciers – avec nous en Intervention”. Depuis 2001, je note chaque intervention marquante, banalement drôle ou dramatique. Elles sont soigneusement consignées depuis plus de 8 ans, et de temps en temps je vous en livrerai une dans un article… (Je n’ai pas commencé plus tôt, pour la simple et bonne raison que je n’en avais pas eu l’idée. C’est con, maintenant que j’y pense…) Le première que je vous livre n’a rien d’extraordinaire – simplement elle vous montre un des aspect de notre job. Et je la dédicace à Philou, prématurément enlevé à notre affection, ainsi qu’à Roland, ambulancier vétéran, décédé en mission le 26 octobre courant…

A “Philou-le-Sage”, le “Vétéran”, le “ZEN-man”… On te garde haut dans nos coeurs mon Ami.

Cette semaine-là, Philou et moi étions de garde de nuit pour les appels du SAMU-centre 15. C’était bien avant la mise en place dans le Haut-Rhin, des “Gardes Départementales”. C’était l’été, et nous avions pris notre service à 19h30, pour une garde de nuit de 12 heures, jusqu’à 7h30 le lendemain. La soirée était belle…

Le soleil ne voulait pas se coucher derrière les crêtes vosgiennes, à quelques kilomètres à l’ouest. Il faisait bon dehors et, à notre base, entourée de champs avec quelques coquelicots, l’air avait cette senteur parfumée d’un été alsacien comparable à nul autre. Philou et moi étions donc occupés à vérifier le matériel embarqué de l’ASSU – péremptions des solutés, des tubulures, des cathéters, présence de TOUT le matos d’immobilisation et “gonflage” correct des ogives d’O2. On faisait ça sur le parking de la base, hors du hangar sous lequel la température vers 20h00 frisait encore les 30°C, au début de notre prise de service. Chaleur intenable à l’intérieur, mais protocole-protocole, que voulez-vous…?

Le Médipack (sac d’intervention) était complet, les ogives d’O2 correctement « gonflées », et tout le matériel à sa place. Rien ne manquait. Ni dans le sac d’abordage de la victime, ni dans les placards et tiroirs de l’Ambulance de Secours et de Soins d’Urgence.

Une fois cette tâche exécutée, nous nous étions roulé une cigarette chacun et nous avions contemplé les Vosges et le coucher de soleil très lent et doux, en fumant notre cigarette, sans un mot, assis sur le marchepied de l’ASSU. Dans ces moments-là, parler est inutile. On était juste là, deux collègues, deux ambulanciers en train de savourer l’instant, quand notre radio de bord, une vieille Motorola pourrie et rafistolée au Chatterton®, avec son cordon “téléphone” et le micro accroché à une patte fixée sur la planche de bord – à la Starsky & Hutch – s’était mise à crachoter :

Ambulancier, intervention et mission SAMU

« Philou, Jean, vous partez sur un SAMU : TS par phlébotomie, hémorragie importante poignet gauche, au 17 rue Blabla, à Colmar chez Mme X. 41 ans, avec bilan. »

Traduction pour le profane: Le SAMU vous missionne pour aller chez Mme X qui a fait une Tentative de Suicide en s’ouvrant les veines, hémorragie importante. Transmettez un bilan au 15.

Mme X. était archi-connue par tous les ambulanciers de la boîte qui tous, au moins une fois, avaient été missionnés par le SAMU pour le même motif au domicile de cette femme. Soit elle s’ouvrait les veines, soit elle se confectionnait un cocktail médicaments-alcool avec soin, appliquée…

Rien de nouveau pour nous deux, donc. Nous avions écrasé nos cigarettes avec regret, rompant le charme de l’instant pour nous rendre chez cette dame, vivant dans un quartier chaud de Colmar, véritable coupe-gorge pour tout véhicule avec gyrophares, ambulances y compris. En soupirant, nous étions montés à bord de l’ASSU, avions démarré, allumé les xénons bleus et en route.

En appliquant bien sûr la devise de Philou: “Ne confondons pas URGENCE et PRÉCIPITATION, s’il-vous-plaît !” Les vitres ouvertes et le pin-pon-pin aux intersections, nous avions rapidement couvert la distance, puisque ce coupe-gorge n’était pas loin de notre base.

Arrivés sur les lieux, Medipack sur l’épaule, vitres fermées et ASSU verrouillée, nous étions entrés dans l’immeuble sordide aux relents de merde, et avions sonné à la porte, au rez-de-chaussée. Des éclats de voix provenaient de l’intérieur,… des canettes de verre qui se brisaient… Chez Mme X, rien que de très normal. La routine. Nous avions franchi le seuil de l’appartement vers 20h15 et en étions ressortis, calmement, une minute plus tard, après nous être baissés au son placide de la voix de Philou :

« Canette en vol tendu vers toi, baisse-toi un petit peu s’il-te-plaît, Jean…»

Je m’étais baissé dans la seconde tandis qu’une canette de bière venait s’exploser contre le mur juste derrière moi, là où s’était trouvé ma tête un instant plus tôt. De guerre lasse, nous avions alors salué la “joyeuse assemblée” et pris congé. Nous n’avions pas pu examiner la blessure de Mme X. qui saignottait un peu, et de toute façon, leur petit jeu du “jet de canettes” dans la cuisine nous aurait quelque peu empêché dans notre travail.

De retour dans l’ASSU, Philou rendait-compte au SAMU :

« SAMU pour Ambulances de Colmar, bilan de Mme X: reçus à jets de canettes de bière, refus d’évaluation clinique, pas de prise en charge. Elle est comme d’habitude, quoi. ASSU 31 dispo radio pour SAMU ».

Puis de même avec la régulation des Ambulances de Colmar, le micro de la vieille Motorola en main. La régulation nous avait alors répondu« Reçu ASSU 31. Retour base.»À 20h20, nous étions à nouveau assis sur le marchepied, contemplant le soleil amorçant sa descente derrière les ligne bleue des Vosges, sans un mot, simplement assis là, deux amis, deux ambulanciers, savourant l’instant en fumant une nouvelle cigarette…

Toulon, essai transformé pour les ambulances géolocalisées

Toulon, essai transformé pour les ambulances géolocalisées

Fabien Bonomi, ambulancier chez Var Assistance, ne prendra pas le volant ce matin. Il embauche à 8 h au centre 15 du Samu, situé à l’hôpital Font-Pré. Ici sont traités tous les appels d’urgence, ce qui en fait le centreus névralgique des interventions de secours dans le département.

Un autocom téléphonique permet une première répartition des appels entre la table de régulation libérale (conseils médicaux prodigués par des praticiens) et la table urgentiste dirigée par un médecin du Samu. Responsable de la mise en œuvre des moyens médicalisés (le Smur), celui-ci est aussi en prise directe avec les ambulances privées. « L’intégration d’un coordonnateur ambulancier au centre 15, a permis de lever certaines barrières entre urgentistes et ambulanciers, constate Fabien Bonomi. Je crois que nous soulageons considérablement le travail des permanenciers du Samu. Pourquoi ne pas professionnaliser cette tâche à l’avenir, pour atteindre encore plus d’efficacité? »

« Fluidité dans les interventions »

Les permanences de régulation, assurées du lundi au samedi (1) par une quinzaine d’ambulanciers de tout le département, sont bénévoles. Les salariés ou cadres volontaires sont payés par leur entreprise, sans que celle-ci ne soit remboursée. Mais des pistes de financement sont à l’étude avec l’Agence régionale de santé (ARS), signe de normalisation du dispositif. « Lors d’une réunion avec l’ARS et les professionnels de santé, récemment en préfecture, le directeur du Samu a dit tout le bien qu’il pensait de notre action », reprend M. Bonomi.

Alexandra Cittadini, qui anime l’Antenne départementale des services d’urgence (ADSU, ambulances), confirme : « Le coordinateur ambulancier a donné de la fluidité aux interventions. Cela fonctionne très bien, par exemple, dans les zones rurales. »

 70 % des ambulances varoises y participent

Plus parlant que tout, l’efficacité de la régulation des ambulances par géolocalisation, s’apprécie au regard de la carence évitée, en chute de 50 % depuis mars 2010. Par carence, il faut comprendre l’indisponibilité d’une ambulance, donnant lieu à une intervention des sapeurs-pompiers. Encore faut-il distinguer la carence absolue et la carence relative, celle-ci nécessitant un temps d’attente important avant l’arrivée d’une ambulance. On compte une soixantaine de sociétés d’ambulance dans le Var pour une flotte de 150 véhicules. À ce jour, environ 70 % des ambulances participent à la régulation centralisée par géolocalisation. « Rien n’empêche que toutes y adhèrent prochainement, cela repose sur le volontariat », conclut Fabien Bonomi.

1. Les nuits, dimanches et jours fériés, le système de gardes départementales reprend ses droits, selon un agenda régi par la préfecture.

http://www.varmatin.com/article/toulon/toulon-essai-transforme-pour-les-ambulances-geolocalisees

Le SAMU 41 répond aux pompiers

Le SAMU 41 répond aux pompiers

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Vendredi dernier, la NR publiait un article consacré aux inquiétudes du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels face au recours de plus en plus fréquent aux ambulanciers privés pour assurer certaines interventions dites de secours à personne. Le Dr Randriamalala, médecin-chef du Samu 41, a tenu à répondre aux critiques formulées par les représentants syndicaux des hommes du feu envers les Samu en général (et non celui de Blois en particulier).

« Des interventions de secours à personnes parfois difficiles sont confiées à des ambulanciers du privé par les médecins régulateurs du Samu au détriment des sapeurs-pompiers et surtout des usagers. »

Les ambulanciers participant à la garde justifient d’une formation continue et doivent adhérer à une convention départementale très stricte en terme de qualification et de moyens.

« Leurs délais d’intervention sont plus longs… » La convention impose un départ sans délai ou compatible avec le degré de l’urgence. « Les ambulanciers n’interviennent qu’à deux au lieu de trois pour les pompiers… »

L’effectif de deux est celui le plus courant dans les autres pays d’Europe. Les techniques enseignées prennent en compte le nombre d’intervenant sur la mission. Dans les prises en charge où le nombre de deux n’est pas considéré comme suffisant, les médecins régulateurs font appel aux sapeurs-pompiers.

«… qui disposent en plus d’un matériel spécifique ».

La liste des équipements obligatoires pour les véhicules sanitaires en application de l’arrêté du 10 février 2009 modifié par l’arrêté du 28 août 2009 impose un matériel aussi complet voire plus que celui en vigueur dans les VSAV.

« Il existe des conventions départementales qui fixent pourtant le travail de chacun mais qui ne sont pas suffisamment respectées. »

Au-delà même des conventions départementales, les référentiels communs sur l’organisation de la réponse ambulancière à l’urgence pré-hospitalière fixés par l’arrêté du 5 mai 2009, ainsi que le référentiel sur l’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente arrêté du 24 avril 2009 fixent les modalités de travail et de mission des ambulanciers privés, du Samu et des pompiers. Quelques ambiguïtés réelles sont relevables, mais jamais l’usager n’en pâtit à aucun moment. Il appartient au Samu d’adapter la réponse à la situation en fonction des moyens disponibles.

« Tout part d’un problème de confiance de la part du Samu envers les pompiers… »

Des échanges réguliers. Si certains délégués syndicaux ont ce ressenti dans leur département respectif, ce n’est pas le cas dans le Loir-et-Cher. Un travail de coopération est appliqué avec des échanges réguliers. Un point d’honneur est mis à intégrer des visites, ainsi que des échanges dans les deux structures lors des formations, par exemple, ainsi que la mise en commun d’une interface de régulation commune, permettant en temps réel aux deux structures la réponse apportée à une détresse.

http://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/ACTUALITE/Faits-Divers/24-Heures/Le-Samu-41-repond-aux-pompiers

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Extrait de l’avant propos : « Le référentiel commun d’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente est le résultat d’un travail partagé entre les représentants des structures de médecine d’urgence, des services d’incendie  et de secours, de  la direction de la sécurité civile et de la direction générale de l’offre de soins. Le comité de suivi et d’évaluation réuni le 6 avril 2010 a décidé d’établir un premier état des lieux partagé afin de :

  • valoriser le travail accompli,
  • évoquer les difficultés d’application,
  • proposer les axes d’amélioration.

La direction de la sécurité civile et la direction générale de l’offre de soins ont travaillé ensemble pour élaborer un questionnaire commun aux deux structures : services d’incendie et de secours et services d’aide médicale urgente.

NB : à noter que les ambulanciers n’apparaissent que sur un seul point : les carences ambulancières… Je me passerais de commentaires pour les reste et je vous laisse commenter selon votre opinion et votre connaissance du sujet de façon libre. Document de référence disponible en pièce jointe de cet article.

Télécharger le fichier au format PDF

http://www.sante.gouv.fr/la-direction-generale-de-l-offre-de-soins.html

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministere/Securite-civile

Ambulancier, le bilan

Ambulancier, le bilan

Le bilan ambulancier

Voici un dossier que je vais qualifier d’important étant donné que le bilan est quelque chose de très important et qui permettra au médecin régulateur de juger de la gravité de la situation. L’ambulancier est les yeux et les oreilles du médecin. Un bilan bien établi c’est un patient bien pris en charge.

A la suite de ce dossier vous trouverez une fiche bilan à utiliser lors de vos interventions et à remettre au service d’urgence à l’accueil du patient pour permettre une meilleure traçabilité de la prise en charge. La fiche quand à elle est une réalisation de l’ambulancier pour les nuls sur la base d’une fiche existante. Toute remarque est la bienvenue.Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé.

Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (ADE ou AUXILIAIRE). Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télédiagnostic plus fin dans le but de déclencher la réponse la plus adéquate possible, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

On peut définir le bilan ainsi : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  •  Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter ?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT : l’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones :

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime ! attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les «attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc…  Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser (  minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement (faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  • Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  • Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  • Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  • Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques hémostatiques, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même assurer la sécurité du binôme +++ et du patient.  Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est  pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à  quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique. Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  •  Nous arrivons avec trois-tons et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçu par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçu comme une humiliation suprême…

Territoire

Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain. Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ».

C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé.

Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire…, entendre les ambulanciers s’adresser à l’entourage en ignorant le patient :  « Eh, je peux quand même parler, non ? »

Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces  en réponse :

  •  Saluer tout le monde avec politesse.
  •  Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  •  Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  •  Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…

TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!

  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant.

RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%

Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan élaborées par Christophe, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU.

La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !) Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique !

Utiliser le langage médical universel

« douleurs abdominales  aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

Dans le dernier exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin » : quelques exemples communs en vrac… :

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque et TA = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC < 60 = bradycardie ( attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR <12 = bradypnée
  • Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Pour terminer, l’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion, la détection visuelle des signes cliniques.

  • Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
  • Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Le bilan ambulancier : l’importance d’un travail sérieux

Comme vous l’aurez constaté la teneur du bilan entraînera une bonne étude de la prise en charge à mettre en oeuvre. Chaque acteur de la chaine de soin pourra alors apporter au plus vite une réponse de soins de qualité en fonction des éléments apportés. Ne négligez jamais le bilan, en plus d’être le reflet de votre professionnalisme il pourra sauver des vies et apporter une réponse adaptée au patient et à ses soins.

Assistance Ambulance

Nantes et la réponse des ambulanciers face à l’urgence

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Voici l’illustration que les ambulanciers ont bel et bien évolué, que les professionnels passionnés et compétent existent et que le système qui existe en Loire Atlantique diffère de bien des régions au vu de la formidable organisation que l’on rencontre chez eux. Portrait d’un système en avance sur son temps via les explications d’un professionnel qui a accepté de m’en parler un peu plus longuement.

 CSA 44, la Centrale de Secours Ambulancier de Loire-Atlantique ! Réponse à l’urgence

 Nous exerçons dans le 44 dans la campagne Nantaise plus exactement, avec un territoire situé dans certaines zones à 30 – 40 minutes du premier smur. Nous evacuons sur 2 pôles hospitaliers, Nantes et St Nazaire. Notre zone d’intervention représente environs 82 000 habitants soit l’équivalent de la ville de St Nazaire. Les ambulanciers sont regroupés en association du nom du : CSA 44 (centrale de secours ambulancier).  Actuellement nous mettons nos moyens en véhicules disponibles par le logiciel SCR Urgences avec des délais définis en fonction des implantations des centrales d’ambulances.

Le système fonctionne par type de priorité

  • Temps 0 : 3 à 7 minutes de délai d’inter
  • Temps 15 : 10 à 18 minutes de délai d’inter
  • Temps 30 : 25 à 35 minutes de délai d’inter

Le système de garde préfectorale existe également comme sur l’ensemble du territoire. Ce système sera modifié dans les semaines à venir avec la mise en place de la géolocalisation des moyens ASSU sur tout le département pour raccourcir d’avantage les délais d’inter. Le 44 possède une centaine d’Ambulances de Secours et de Soins d’Urgence. Chaque service d’ambulance fonctionne de manière indépendante et chacun impose ses techniques de travail, néanmoins les techniques américaines dominent dans les compagnies faisant de l’urgence,du fait que ses méthodes sont développées pour des interventions à 2 :

Baxtrap, brancards stryker, cellules carrées, etc, font parti de l’équipement de certains services d’ambulances. Plusieurs services d’ambulances valident leurs ambulanciers au PHTLS, AMLS et reçoivent régulièrement des paramedics canadiens, suisses, américains ou allemands pour dispenser des cours de formations continues.

Comment fonctionne le service où j’exerce

Nous réalisons 65% de missions d’urgences pour 35% de conventionel. Crée en 2007, nous nous inspirons des techniques venant des Etats-Unis, logique de travail à deux, bilans de type « sample » et « ABCD » nous intervenons avec une ambulance calquée sur le modèle US, de l’aménagement au matériel, choix du sprinter étant donné que ce type d’ambulance est utilisée aux US.

  • Délais court sur l’ensemble des missions. ( nous sommes + rapides que les spv Grin )
  • Marquages de sécurité haute visibilité pour l’ambulance en arrière, latéral et frontal, pour la sécurité des ambulanciers sur le terrain.
  • Uniformes de rigueur, venus des US ( tenue de sécurités résistant aux projections de liquides biologiques )

 Nous partons en formations sur la Suisse, qui n’est ni plus ni moins que la copie Américaine en Europe, nous suivons les cours du PHTLS où nous sommes entre autre initiés à beaucoup de nouvelles techniques, toujours dans le but d’ accélérer la prise en charge de nos patients. De part le caractère cosmopolite de ambulanciers en Suisse, nous rencontrons des paramedics venants du Mexique, des US, du Canada et c’est une vraie mine de savoir, un régal.

Nous préparons également l’AMLS, participons à des formations par cycles saisonniers, exemple : des formations sur les différents NAC, comme les serpents histoire de mieux connaitre certaines bestioles, les accidents agricoles, formations sur les Accidents Vasculaires Cérébraux, etc…

 Nous travaillons également de manière occasionnelle avec les Infirmiers Sapeurs-Pompiers (ISP), il n’est pas rare de croiser un véhicule infirmier escorter notre ASSU. Il existe pas mal de moyens sur notre zone à nous d’en profiter. Nous collaborons avec la gendarmerie, très régulièrement.

Après nous assurons les autres missions du type conventionnel, comme dans n’importe quel central d’ambulances, car ses différentes missions font partie intégrante de notre métier, l’urgence oui, mais l’humain prime pour rester un ambulancier proche des gens et par logique de ses patients, il ne faut surtout pas l’oublier de plus que c’est toujours avec plaisir du fait que nous travaillons avec du matos adapté, donc adieu les problèmes de dos, de genoux…

Le site Web du CSA 44 : http://www.csa-44.fr/

Logiciel SRC Urgences : http://www.scr-ambulance.com/

Merci à Nickos pour sa contribution et ses explications enrichissantes.

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey, présentation

Aujourd’hui je vous présente monsieur Christophe DURRHEIMER gérant de la société Ambulances du Val d’Orbey en Alsace. Jeune et dynamique il a accepté mon « interview » avec beaucoup de gentillesse et a surtout pris le temps de répondre à mes nombreuses questions. Portrait d’un jeune chef d’entreprise qui nous dévoile le quotidien d’un « patron » :

Bonjour monsieur DURRHEIMER Pourriez vous présenter votre entreprise (missions, personnels, moyens) ?

Mon entreprise : Ambulances du Val d’Orbey (www.ambulances-web.com). Nous assurons l’ensemble des missions propres aux ambulanciers français, à savoir : transport sanitaire en VSL et ambulance pour des interventions de type « classique » et missions d’urgence (sur demande des médecins locaux et SAMU 68). Nous disposons de 3 VSL et de 2 ambulances. Nous sommes 4 Ambulanciers DE, 2 Auxiliaires Ambulanciers et une Assistante de Direction. Une équipe de renfort (vacataires) est également présente (1 ADE et 3 Aux).

Parlons un peu de vous… Quel est votre parcours professionnel et comment en êtes vous arrivé à devenir chef d’entreprise ? Qu’est ce qui vous a poussé dans cette voie ?

Ma formation scolaire initiale s’est orientée vers le nucléaire en tant qu’agent d’assainissement radioactif, métier que j’ai exercé peu de temps, en définitive, puisque j’ai été appelé sous les drapeaux. J’ai effectué mon service national à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris sur une période de 18 mois, en service actif en « Interventionnel ».

C’est à l’issue de ce service que j’ai trouvé ma voie, et en l’espèce, mon premier emploi en tant qu’auxiliaire – qu’on appelait à l’époque « chauffeur BNS » – (rires). J’ai occupé ce poste pendant un an avant d’être embauché dans une très grosse structure du Centre Alsace, m’ayant donné l’opportunité d’être formé au diplôme du CCA en 1995.

 En 2000, j’ai pris la tête de l’agence principale de cette « nébuleuse », puis j’ai mis en route d’autres agences annexes sous la même direction avant de me retrouver bombardé DRH du Groupe, comptant environ 150 ambulanciers.

En 2005, j’ai été recruté par un cabinet de conseil afin de faire du conseil en management de sociétés d’ambulances, m’obligeant, de fait, à quitter ce groupe dans lequel j’avais fait mes armes.J’ai donc été consultant durant deux ans avant d’avoir l’opportunité de reprendre « Val d’Orbey », opportunité sur laquelle je me suis empressé de sauter, car comme le dit le dicton, « Ambulancier un jour, ambulancier toujours ».

S’installer comme Transporteur Sanitaire c’est quelque chose d’assez flou en terme d’information, pourriez vous nous résumer le chemin que vous avez suivi ?

C’est une question qui appelle une réponse trop vaste mais gros, soulignons simplement que la démarche administrative a été assez clairement définie, donc le cheminement relativement aisé. C’est plus avec les banquiers et les organismes de prêts que le problème s’est posé en ces termes.

Avez vous rencontré de grosses difficultés passées ou présentes en tant que chef d’entreprise ?

Les grosses difficultés en tant que jeune chef d’entreprise résident dans le tri à faire entre toutes les arcanes du système de taxation français (URSSAF, ASSEDIC, Retraites, Taxes Professionnelles, Taxes sur les salaires, TVA) – rires. La complexité des obligations déclaratives est d’une lourdeur infinie, pour des impôts auxquels on n’est même pas sûrs d’être assujettis. On passe des journées à remplir des déclarations pour rien, en gros.

Selon vous, pour un jeune ambulancier, se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise de Transport Sanitaire est-ce une aventure vouée à l’échec ou est-ce encore quelque chose de réalisable ? Quels sont les atouts à posséder pour accéder à ce choix ? Quels sont les critères de base à prendre en compte ?

C’est une aventure envisageable dans deux cas de figure…, mettons… extrêmes :

Soit on gère son entreprise en « immersion », à l’artisanale, sachant que tu commences ta journée le premier, et tu es le dernier à quitter ta boîte – si et seulement si tu la quitte le soir, parce que souvent, dans ce cas de figure, tu VIS au boulot.

Deuxième option, la structure est plus grande, permettant au gestionnaire de prendre une certaine distance au sens figuré, sachant que son staff va permettre de faire tourner la boîte et de la viabiliser. La prégnance pour le chef d’entreprise est donc moindre, sans pour autant que les résultats ou le bilan financier n’en souffrent. Je pense qu’aucune autre « option » n’est réellement viable.

 Les atouts à posséder… Ils sont clairs et consistent à ne pas avoir peur de prendre des risques auxquels aucun salarié ne s’expose par définition, sachant qu’en cas d’échec, c’est ta maison que tu vois partir dans les mains du banquier… Ensuite, être un « leader » dans l’âme. On ne mène pas ce type de barque sans cet cette composante du caractère, constante…

 On ne « monte pas » sa boîte. On rachète. Il faut étudier le contexte à la fois géographique, économique. Stratégiquement, on ne rachète pas une boîte trop éloignée d’un centre hospitalier de référence ou sur les bases de finances malsaines…

C’est un mauvais choix qui peut potentiellement être lourd de conséquences. La réflexion doit être posée et tenir compte de multiples facteurs dont ceux-ci, entre autres. Je trouve dommage – entre nous soit dit – que ces choix soient basés sur ces conditions economiques, au lieu de pouvoir, comme il se devrait, se faire sur les bases d’une volonté de faire du bon boulot, par amour et dévouement pour ce métier.

Pour vos recrutements : avez-vous des critères de sélection particuliers, ou recrutez-vous juste au vu du CV ?

Mon opinion et ma façon de fonctionner ne se limite pas à un profil. C’est trop réducteur. La société dans laquelle nous vivons étant multiforme et en perpétuelle mutation, mon équipe se doit de l’être aussi.

Dans ce sens, je privilégie une grande diversité des personnalités, en sus des compétences, bien évidemment, puisque c’est dans la complémentarité des personnalités et des profils, si tu préfères, qu’on obtient une équipe qui tienne la route, adaptable et réactive. Malgré tout ça, la réglementation et l’équilibre des qualifications se doit d’être respectée dans les démarches de recrutement.

Quelle est votre vision de l’ambulancier en France ? Trouvez vous qu’il existe des manques d’un point de vue formation, motivation… Quelles améliorations seraient à apporter ?

Ha-ha ! C’est un pavé qu’il faudrait écrire, alors on va tenter d’être synthétique. Dans les années 60, la France à été précurseur dans le système de prise en charge pré hospitalière. Mais elle s’est glorifiée de ce statut, en omettant au passage de se remettre périodiquement en question.

Au final, nombre de pays, après nous avoir observés, ont non seulement pris exemple mais sont allés plus loin, tandis que la France restait en panne sur la bande d’arrêt d’urgence. Notre métier et par delà, le système global de secours, aujourd’hui, bien qu’en perpétuelle mouvance, DOIT être réformé. C’est une nécessité au regard des décennies de retard accumulées, comme nous le constatons avec nos partenaires européens.

Depuis le passage du CCA en DEA avez vous remarqué une amélioration de la « qualité » des ambulanciers ? La nouvelle génération est elle plus motivée ? plus investie ? Mieux formée ?

 Ma structure étant constituée de personnels de la « génération CCA » et le turn-over étant très limité, ce que je sais et ce que je constate chaque jour, c’est que le CCA était plus orienté vers l’urgence pure, alors que cette activité n’est que très limitée (la moyenne nationale est environ de10 %). Le DEA, bien que plus évolué et cohérent, s’inscrit plus dans une philosophie « hospitalière », avec des passerelles vers le diplôme d’état d’Aide-Soignant. Le CCA DEVAIT évoluer en un diplôme type DEA, mais c’est encore tellement insuffisant au regard de notre retard…

En tant que chef d’entreprise, quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui vient vous interroger sur ce choix de métier ?
L’ambulancier idéal à vos yeux, c’est ?

Ce choix implique une dynamique changeante et adaptative par définition. Combien de fois ai-je entendu des « postulants » me dire qu’ils ont porté ce choix par gout de la conduite… Une aberration selon moi, puisque ce métier est avant tout un métier de contact nécessitant une capacité d’écoute en même temps qu’une conscience aigue de la notion d’assistance et de secours.

Alors la conduite, franchement, c’est un argument que je balaye d’un revers du bras. Un argument que je ne peux entendre ! Un ambulancier heureux est un ambulancier qui, à l’issue de sa journée, ne rentre pas chez lui en ayant l’impression d’avoir perdu son temps, ou d’avoir été « balèze » en conduite !

Un ambulancier idéal n’existe pas car en France, ce métier est tellement diversifié (taxi-sanitaire jusqu’à l’urgentiste en passant par le transport sous surveillance médicale) que tous les profils correspondent, et qu’aucun ne doit « matcher » un seul versant de ce métier multiforme. Chaque tâche ou affectation de ce métier est une « spécialisation » en soi. Un bon auxiliaire en VSL est aussi indispensable qu’un bon urgentiste… et vice-versa.

En dehors du transport sanitaire classique, participez vous à l’Aide Médicale Urgente dans votre département ? Comment se passe-t-elle étant donné la grande disparité dans les différents départements ?

Bien sûr ! Notre activité est indissociable de l’AMU… Un ambulancier qui refuse cette place dans le dispositif ne devrait pas s’appeler « ambulancier », ou du moins se réclamer de notre profession. Pour ce qui concerne le Haut-Rhin, nous sommes gérés par le SAMU-Centre 15, lui-même informatisé dans le déclenchement de la réponse ambulancière immédiate via une plateforme nommée Thélis et un système de géolocalisation.

 Parlons urgence, à l’heure actuelle beaucoup d’ambulanciers souhaiteraient participer plus activement à l’AMU au vu de leur diplôme devenu plus complet et aussi axé sur la prise en charge pré hospitalière de patient avec et sans urgence vitale.

Notre système (ndlr français) est axé sur les pompiers et leur départ immédiat, et de l’autre côté de réels freins existent : carences, sentiment de « privatiser le secours à personne ». Auriez vous votre avis sur la question ? Les ambulanciers ont ils leur place dans l’avenir du secours à personne (modèles suisses, belges, canadiens…) ?

Les ambulanciers sont mieux formés à l’évaluation clinique d’une victime contrairement aux pompiers qui appliquent de simples protocoles. Sur l’abord d’une victime, les ambulanciers sont plus à même de dessiner un tableau mono ou poly-pathologique afin d’y répondre au mieux. Nos freins se retrouvent dans notre statut : n’appartenant pas à la « fonction publique », nous ne disposons pas du financement dont bénéficient les pompiers en termes d’armement des véhicules et de moyens matériels.

C’est l’ensemble du système qu’il faudrait refondre vers un diplôme commun, par exemple… J’ajoute, pour couper court à toute réaction « à chaud », qu’au-delà de la disparité des formation pompiers ou ambulanciers, il existe de très bons éléments de chacune des deux couleurs, comme de très mauvais. C’est le système global français qui crée les dissensions stériles auxquelles nous assistons quotidiennement. Alors oui, assurément, l’ambulancier d’aujourd’hui et de demain a TOUTE sa place dans le secours à personne. Bien sûr ! Plus que jamais. Et cela va aller exponentiellement.

Une conclusion pour terminer ce portrait ?

Cela fait 17 ans que je vois ce métier évoluer sans cesse. Mais ça ne doit pas s’arrêter là, malgré le contexte économique difficile. Il faut absolument, comme je le citais tout à l’heure, que le législateur prenne la pleine mesure de notre retard et que les ambulanciers se mettent à la page, dans le sens d’une dynamique de recherche permanente de l’aboutissement. Je fais et ferais toujours parie de cette dynamique… !

Merci à monsieur Christophe DURRHEIMER pour avoir pris le temps pour répondre à nos questions et en espérant que cela apportera des informations utiles à tous.

Ambulancier SMUR, les carrières, le salaire

Ambulancier SMUR, les carrières, le salaire

Carrière et salaire de l’ambulancier SMUR

Au sein de la fonction publique une véritable plan de carrière peut être  envisagé… Avec des formations complémentaires à la clef, et même changer de statut.. Certains ambulanciers du service publique passe  à la vitesse supérieur au bout de 5 ou 6 ans et deviennent infirmier ou aide-soignant. Ces formations sont un droit. des remises à niveaux sont effectuées si nécessaire… sur le temps de travail… Nous nous attacherons donc ici ici de présenter la carrière d’un ambulancier hospitalier, attaché à un l’hôpital  ou il travaille, (CHU, CHR..) c’est a dire un ambulancier  dépendant du ministère de la santé.

Grade et fonction

Deux situations distinctes pour la fonction publique : les ambulanciers recruté hors de la fonction publique hospitalière (souvent issus du privé) le sont en tant que « conducteurs ambulanciers » et donc sont intégré dans ce grade une fois le concours passé. Ils font alors partie du Personnel Ouvrier de la fonction publique hospitalière et dépendent du statut particulier des ambulanciers paru en 1991… Ils ont donc le grade & la fonction de conducteur Ambulancier. Leur feuille de salaire précise bien:

  • GRADE: Conducteur Ambulancier
  • FONCTION: Conducteur Ambulancier

Des agents déjà en poste dans un établissement hospitalier peuvent demander  à intégrer le service central des ambulances (si il existe bien sur). Il s’agit en général d’Aides-soignants, plus rarement d’agents hospitalier. Il s’agit souvent d’agents ayant leur C.C.A, et travaillant déja dans des hôpitaux… Dans ce cas, si ils sont intégrés au Service Central des Ambulances, ces agents conservent leur grade (Aide-soignant ou Agent hospitalier) tout en exerçant la « fonction » de conducteur ambulancier.

Leur feuille de salaire précise alors:

  • GRADE: Aide-soignant
  • FONCTION: Conducteur Ambulancier

 Leur déroulement de carrière suit alors celle de leur grade initial. En outre, puisqu’ils conservent leur grade soignant (A.S ou A.H), ils conservent ainsi leur droit de départ à la retraite dès 55 ans… Contrairement au agent ayant pour grade  » Conducteurs Ambulanciers », faisant partie du personnel Ouvrier, qui eux, partent eux en retraite à 60 ans.

Une carrière diversifiée

Un ambulancier hospitalier peut, si il le souhaite, ou si le besoin s’en fait sentir, changer d’orientation et sortir du cadre stricte de conducteur d’ambulance.  Il peut s’orienter vers la profession de: Auxiliaire de Régulation Médicale (Personnel administratif). Il peut aussi envisager des fonction d’encadrement.. Les Conducteurs Ambulanciers du Service Central des Ambulances de l’AP-HP qui travaillent au sein des SMUR sont géré par un Adjoint des Cadres Techniques. (personnel Ouvrier).

Tout ambulancier peut accéder à ce grade suivant certaines conditions. Au sein de la fonction publique un ambulancier monte en grade régulièrement. Son embauche s’effectue dans le grade d’ambulancier. Sa fonction précise est d’assurer le transport de toute personne nécessitant un transport sanitaire ainsi que la conduite des véhicules affectés à cet usage.

Ils participent le cas échéant, à l’activité des services mobiles d’urgence et de réanimation. (SMUR) Puis après un laps de temps variable, il passe au grade de conducteur  ambulancier principal. Les conducteurs ambulanciers principaux, comme le prévoit leur statut, sont en outre chargés des fonctions de coordination dans les établissements ou groupes d’établissements. Enfin, en haut de l’échelle, il peut passer au grade d’Ambulancier Chef. Les conducteurs ambulanciers principal et chef peuvent aussi prétendent intégrer le grade d’ Agent Technique de Coordination (ATC).

Source : ambulancier-CNT.org

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Photo Jean François Charles
Ambulancier SMUR, la fiche emploi

Ambulancier SMUR, la fiche emploi

Devenir ambulancier SMUR est un objectif de nombre d’ambulanciers. Les places disponibles restent rares et cher mais cela n’empêche pas de se documenter sur les fiches emplois type de l’ambulancier SMUR.

Rôle de l’ambulancier SMUR

L’ambulancier SMUR assure la conduite des véhicules U.M.H. dans le respect strict des règles du code de la route et aide à la mise en condition du malade avant son transport vers un hôpital.

A la prise de service

  • Se laver les mains
  • Mettre la tenue professionnelle propre
  • Relever le numéro de l’U.M.H prédéterminée (tableau de répartition hebdomadaire)
  • Communiquer à la régulation le numéro de l’U.M.H.
  • Relever le numéro du portable (donné par la régulation)
  • Remplir la feuille spéciale (n° portable/n° U.M.H./Nom du conducteur ambulancier)

Prise en charge de l’UMH

Vérifier toute absence d’effraction
* Pour le SMUR ayant une interruption de fonctionnement :
S’il y a effraction :
1°) inventorier les matériels et consommables embarqués en présence de la personne désignée par le SMUR
2°) prendre les dispositions auprès des responsables SMUR et SCA (Cf. procédures d’appel).

  • Vérifier les différents niveaux de l’U.M.H.
  • Contrôler les signalisations visuelles et sonores
  • Vérifier l’état de la carrosserie (faire des propositions de remise en état selon les procédures propres à chaque SMUR)
  • Remplir la check-list (ou cahier de transmission)
  • Faire des essais radio (du mobile et du portable)
  • Effectuer le protocole d’hygiène « d’entretien quotidien à la prise de service »
  • Se laver les mains

A l’appel de la régulation

  • rejoindre l’U.M.H.
  • Se mettre en liaison radio avec la régulation
  • Relever toutes les indications concernant la destination (nom, n° de la rue, arrondissement…)
  • Consulter le plan et identifier son trajet
  • Attendre la décision du départ donné par le Médecin transporteur
  • Noter l’horaire de départ sur la feuille d’intervention (D239 ou autre) (groupe horaire donné par la régulation)

Départ sur une intervention

  • Sortir de l’hôpital
  • Mettre le « deux tons »
  • Allumer les rampes de feux à éclats « BLEU » (sur ordre du Médecin transporteur)

Responsable de l’itinéraire : en cas de difficultés pour trouver la destination, l’ambulancier :
* arrête le véhicule
* informe la régulation (positionnement)
* demande des précisions (confirmation d’adresse…)
* corrige son itinéraire
SUR L’AVIS DU MÉDECIN TRANSPORTEUR, UN AUTRE MEMBRE DE L’ÉQUIPE PEUT ÊTRE AMENER A GUIDER L’AMBULANCIER

A l’arrivée sur les lieux

  • Arrêter le véhicule
  • Éteindre le deux tons
  • Demander à la régulation, le groupe horaire d’arrivée sur les lieux
  • L’indiquer sur la feuille d’intervention (D239)
  • Ouvrir la cellule sanitaire

Débarquer l’équipe et le matériel 

* stationner sans entraver la circulation
* en sécurisant l’équipe et le véhicule (verrouiller les portes de l’U.M.H)
* en permettant l’ouverture de la porte arrière et la sortie du brancard
* éteindre les feux à éclats

Rejoindre l’équipe

  • Au chevet du malade
  • Anticiper la mise en condition (materiel en fonction de la pathologie rencontrée)
  • Mettre en oeuvre la consigne du médecin transporteur et collaboration avec le reste de l’équipe.
  • Éventuellement déshabillage et positionnement du malade ou blessé
  • Poser le brassard a tension artérielle
  • Poser l’outil de mesure de saturation
  • Allumer le « propac »
  • Poser les électrodes et brancher l’e.c.g.
  • Mettre en place l’oxygénothérapie

* Des consignes spécifiques à d’autres gestes de survie peuvent être données à l’ambulancier par le Médecin transporteur.

A LA DEMANDE DU MÉDECIN TRANSPORTEUR ET SOUS SA RESPONSABILITÉ, L’AMBULANCIER PEUT ÊTRE AMENÉ A PARTICIPER A LA MISE EN OEUVRE DES PRÉCONISATIONS THÉRAPEUTIQUES.

Relever l’identité du patient, en fonction de la carte de SS ou CNI (laisser les papiers et les effets personnels au domicile, le plus souvent possible).

PARTICIPER AU RECUEIL ET A LA TRANSMISSION DES ÉLÉMENTS DU DOSSIER DU MALADE

Hors domicile, les objets personnels du patient ou blessé seront mis en sécurité dans un sac prévu à cet effet et seront remis au service receveur.

PRÉPARER ET CONDITIONNER LE PATIENT EN VUE DU TRANSPORT (MATELAS COQUILLE, CHAISE, BRANCARD…) TOUJOURS SUR LES INDICATIONS DU MÉDECIN TRANSPORTEUR.
Brancarder vers l’U.M.H, le malade techniqué par le Médecin

  • Installer le brancard dans la cellule sanitaire (malade confortablement installé)
  • Sécuriser tous les appareils (sangles, fixations)
  • Mettre l’U.M.H en condition de départ (feux à éclats « BLEU » + JAUNE »/ chauffage/climatisation/deux-tons….)

Réalisation du transport

Le transport est dit « en charge » :
L’ambulancier se dirige vers l’hôpital désigné

IL ADAPTE SA CONDUITE, EN FONCTION DES ORDRES DU MÉDECIN TRANSPORTEUR, COMPTE TENU DE LA PATHOLOGIE DU PATIENT TRANSPORTE.
Il se met à l’écoute de la régulation du SAMU et transmet à l’équipe les informations reçues.

Arrivée sur l’hôpital

L’ambulancier

  • Arrête le deux tons
  • Se dirige vers le service receveur
  • Se positionne auprès de la régulation (pour avoir le groupe horaire)
  • Laisse les rampes allumées
  • Autant que faire se peut, stationne sur un emplacement n’entravant pas la circulation
  • Éteint les feux à éclats
  • Ferme l’ambulance
  • Brancarde jusqu’à la destination finale

Arrivée dans le service receveur

Demander au personnel du service, une indication précise sur la place réservée au malade transporté.

PARTICIPER EN COLLABORATION AVEC L’ÉQUIPE HOSPITALIÈRE AU POSITIONNEMENT CORRECT DU LIT RECEVEUR
DÉPLACER LE MALADE DU BRANCARD AU LIT (MANUTENTION FAITE EN ÉQUIPE)/
INSTALLER COMPLÈTEMENT LE MALADE (TRANSFERT DES MATÉRIELS)

  • Hygiène des matériels (brancard, matelas coquille, scope, cordons…) (Cf. fiche n°17 = 1re partie).
  • Hygiène des mains
  • Inventorier le matériel et s’assurer de la présence sur le brancard de la totalité des matériels et accessoires (ne rien laisser dans le service).
  • Revenir à l’ambulance avec brancard et matériels.

Retour à l’UMH

  • Procéder à la désinfection des matériels et U.M.H. (Cf. protocole n°17 = 2ème partie)
  • Au niveau de la cellule sanitaire :
  • Embarquer le matériel nettoyé et désinfecté
  • Rebrancher les matériels ou s’assurer qu’ils sont bien branchés
  • Sécuriser les matériels (sangles/fixations)

Au niveau de la cellule chauffeur 

  • se mettre à la disposition de la régulation du SAMU
  • repartir avec l’équipe complète et se diriger vers la base

Si AVP sur le retour 

* le signaler à la régulation du SAMU
* reprendre la chronologie de « l’arrivée sur les lieux ».

SI L’U.M.H. SE TROUVE EN SITUATION D’INDISPONIBILITÉ (MALADIE CONTAGIEUSE OU CELLULE SANITAIRE TROP SOUILLÉE) SEUL LE MÉDECIN TRANSPORTEUR EN COLLABORATION AVEC LE MÉDECIN RÉGULATEUR PRENDRA LA DÉCISION D’IMMOBILISER LE VÉHICULE : SI LE VÉHICULE NÉCESSITE UNE DÉSINFECTION, METTRE EN OEUVRE LES PROTOCOLES D’HYGIÈNE PRÉVUS).

Retour à la base

  • Stationner à l’emplacement attitré à l’U.M.H.
  • Brancher le véhicule sur le secteur (après avoir mis le coupe circuit)
  • Vérifier les gaz (O,….)
  • Se laver les mains

PARTICIPER AVEC L’ÉQUIPE SMUR AU CONDITIONNEMENT DE L’U.M.H. (CONNAISSANCE DES LOTS, SETS….)
ÉVÈNEMENTS EXCEPTIONNELS

En cas d’évènements exceptionnels, le conducteur ambulancier du SCA se mettra à la disposition du SAMU de Paris, afin d’assurer les missions décrites en cas de :
* catastrophes
* déclenchement du plan BLANC
* manifestations diverses
* évènements sanitaires

Quelques rappels

  • Bien que de la responsabilité du conducteur ambulancier, la fiche D239 est quelquefois remplie par une autre personne de l’équipe. Dans ce cas, le conducteur ambulancier doit s’assurer que toutes les informations y figurent.
  • Respect du code de la route
  • Respect des règles de sécurité (port de la ceinture de sécurité notamment)
  • Respect des règles d’hygiène (se protéger et protéger les malades dans les cas de pathologies infectieuses).
  • Respect du secret professionnel et obligation de réserve (article 26 – loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations du fonctionnaire).
  • Respect de la réglementation (notamment en ce qui concerne l’interdiction de fumer dans un véhicule sanitaire)
  • Le conducteur ambulancier signale toute anomalie ou incidents constatés lors de l’utilisation de l’U.M.H (il remet en état ou signale à son encadrement.équipe les informations reçues.
Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Création de la régulation médicale

regulation

La régulation médicale est l’administration chargée de gérer l’envoi des moyens médicaux ainsi que les évacuations dans le cadre de l’aide médicale urgente. Elle prend en général la forme d’une salle de coordination avec des personnels chargés des communications téléphoniques avec le public et les médecins, des communications radio avec les services de secours mobiles (smurs, sapeurs-pompiers), et d’un médecin régulateur.

Le concept de régulation médicale est né en France en 1968, avec la création du premier service d’aide médicale urgente (Samu) à Toulouse par le professeur Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d’urgence hospitaliers. Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre 1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.

Le principe de base de la régulation médicale est le « tri médical » : il s’agit d’acheminer les moyens adéquats vers la victime, puis d’amener la victime directement au service médical compétent. Ainsi, un brûlé grave ira directement au service des grands brûlés le plus proche, un polytraumatisé ira directement au centre hospitalier disposant d’un salle d’opération disponible 24h/24 7j/7…

Naissance d’un concept

Le concept de régulation médicale est né en France en 1968, avec la création du premier service d’aide médicale urgente (Samu) à Toulouse par le professeur Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d’urgence hospitaliers. Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre 1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.

Le principe de base de la régulation médicale est le « tri médical » : il s’agit d’acheminer les moyens adéquats vers la victime, puis d’amener la victime directement au service médical compétent. Ainsi, un brûlé grave ira directement au service des grands brûlés le plus proche, un polytraumatisé ira directement au centre hospitalier disposant d’un salle d’opération disponible 24h/24 7j/7…

Auparavant, la victime était amenée au service d’accueil des urgences le plus proche, puis évacué vers un autre centre hospitalier si le service ne pouvait pas le traiter, ce qui entraînait une perte de temps. La régulation médicale permet de respecter la règle des trois R du Dr. Trunkey :

« the right patient to the right place at the right time » (le bon patient au bon endroit et au bon moment).

I.J. GordonE. Sherwood Jones

Principe de fonctionnement

L’appelant formule une demande d’aide médicale urgente (damu), l’opérateur doit déterminer le besoin d’aide médicale urgente (bamu). Un des principaux problèmes est que l’urgence ressentie par l’appelant (damu) est souvent sans rapport avec l’urgence réelle (bamu), soit que l’appelant sous-évalue l’urgence (par exemple accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde ayant des signes en apparence bénins), soit, cas plus fréquent, qu’il la surévalue (mal bénin ayant des manifestations spectaculaires, panique, impact social élevé).

À la réception de l’appel, la régulation détermine

  1. s’il y a une demande d’aide médicale urgente (damu) ; sinon (erreur), elle réoriente vers un autre service ;
  2. si oui, elle s’enquiert de la localisation et ouvre un dossier médical ;
  3. elle détermine s’il y a un besoin d’aide médicale urgente (bamu), par un diagnostic :
    •  recueillir la demande
    • télémanipulation de l’appelant pour affiner la vision de la situation (signes opérationnels de régulation)
  4. en fonction de l’urgence, elle détermine la réponse adaptée.

« La régulation » peut désigner ici une ou plusieurs personnes.

L’urgence (U) dépend

  • de la gravité (G) de l’état ;
  • des soins (S) nécessaires ;
  • du temps (T) que l’on a avant une aggravation irréversible
  • de la valence sociale (V), c’est-à-dire de l’impact sur l’entourage ;

Si l’on pouvait quantifier chaque élément, on pourrait quantifier l’urgence par l’équation :

U = G × S × V / T

Cette quantité d’urgence est ce qui induit la décision de la part du médecin régulateur (choix de la réponse graduée). On note que la valence sociale V a un impact très important alors qu’il est tout sauf médical. Par exemple un décès, qui n’est pas une urgence (il n’y a plus rien à faire), a un fort impact, notamment dans le cas d’un nourrisson. Cette valence sociale prend aussi en compte l’identité de la victime (entre un inconnu et la princesse de Galles), la présence de média, la manière dont est habillée la personne (un SDF par exemple), l’impact social des antécédents médicaux connus (maladies de peau, sida)…

Au commande de la régulation : le centre 15

En France, la régulation médicale est faite par le Service d’aide médicale urgente (ou SAMU), et plus précisément par son Centre 15, également appelé centre de réception et de régulation des appels (CRRA). Le Centre 15 est au cœur du dispositif d’urgence français.

Il comporte des assistants de régulation médicale (ARM) et un médecin régulateur. Les Asistants de Régulation Médicale reçoivent les appels, récoltent les informations principales (lieu d’où la personne appelle, nature de l’appel) et les transmettent éventuellement au médecin régulateur et aux autres services concernés (police, gendarmerie, sapeurs-pompiers).

Le médecin régulateur est chargé d’évaluer la gravité de l’état de la victime en posant des question à la personne qui appelle. Il détermine la suite de l’appel : simple conseils (70 % des appels ne donnent lieu à aucune intervention à domicile) ou bien envoi de moyens

  • médecin de garde
  • ambulance privée
  • véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) des sapeurs-pompiers
  • VSAV + infirmier sapeur-pompier
  • unité mobile hospitalière (UMH) du SMUR.

 On a ainsi une réponse graduée en fonction de la gravité et de l’urgence de l’affection. Le Centre 15 détermine également vers quel centre hospitalier (CH) ou clinique doit être évacuée la victime (en fonction des places disponibles et du plateau technique). Il gère aussi les transports inter-hôpitaux.

Le Centre 15 est en communication constante avec le sapeurs-pompiers (via leur CTA) et les forces de l’ordre (police, gendarmerie). Ce système permet de gérer au mieux les moyens d’intervention disponibles. Avant de se rendre elle-même aux urgences d’un hôpital, une personne a tout intérêt à appeler le 15 pour savoir si cela est vraiment nécessaire, et à quel centre hospitalier se rendre (le moins encombré, celui disposant du plateau technique adapté).

En chiffres

Les centres 15 reçoivent environ 10 millions d’appels par an (en 2004), avec une progression d’environ 10 % par an. Les appels au 15 proviennent (statistiques sur les appels pour douleur thoracique) :

  • 51 % : public (témoin d’un malaise, d’un accident)
  • 30 % : sapeurs-pompiers (ayant été appelés sur une intervention) ;
  • 9 % : médecin généraliste.

Concernant les suites données aux appels

  • 48 % des appels se concluent par un simple conseil médical. Ceci permet de réduire considérablement les hospitalisation (personnes qui se présenteraient spontanément aux urgences).
  • 15 % des appels donnent lieu au départ d’un SMUR.

Source : SMUR Pédiatrique de Robert Debré

http://smur-rd.com
Allergie aux vespidés et ambulanciers

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Une ou plusieurs piqûre de guêpes ou de frelons, appartenant tous deux à la famille entomologique des vespidés peuvent causer de sévères troubles de la santé, voire d’engager le pronostic vital. Les personnes allergiques au venin de ces deux hyménoptères le savent en général. Ils prennent donc des mesures particulières lorsqu’ils risquent de se voir confrontés à cette famille d’insectes, les vespidés.

Petit rappel

Guêpes et frelons sont des insectes carnivores. Leur comportement, contrairement à celui des abeilles, est, de facto agressif.
Quoique les frelons, plus gros que les guêpes, soient d’une manière générale et contrairement aux idées reçues, bien moins agressifs que ces dernières.

A noter également que le dard des guêpes et des frelons est lisse, au contraire de celui, barburé, des abeilles. De ce fait, frelons et guêpes peuvent infliger plusieurs piqûres consécutives – dites en rafale – à leur victime. La notion de danger immédiat concerne essentiellement, comme nous l’avons vu, les personnes allergiques.

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Signes

Le choc anaphylactique se déclenche dans les minutes ou, au plus tard, dans l’heure qui suit le contact avec l’allergène. Il est annoncé par un malaise intense, des sueurs, des frissons, des pâleurs, le tout suivi de rougeurs diffuses.

Peu après apparaît une dyspnée (gêne respiratoire) et nous voilà face à un Oedème de Quincke, accompagné d’un effondrement de la pression artérielle et d’une tachycardie compensatoire, signant un état de choc dit “anaphylactique“.

➥ A ce stade, le traitement repose sur l’administration immédiate d’adrénaline en IV, un remplissage vasculaire, (éventuellement l’injection de corticostéroïdes et d’antihistaminiques – quoique d’efficacité moins immédiate).

Si ces mesures ne sont pas prises à temps, le processus se poursuit, le calibre artériel continue de se dilater jusqu’à désamorçage de la pompe cardiaque.
Intervient alors le décès.

Certains cas, répertoriés au début du 20 è siècle, font état d’oedèmes très importants des zones piquées, sans pour autant que la mort ne soit venue sceller le destin du malheureux piqué, comme l’atteste la photo ci-dessous. Si vous le souhaitez, vous pouvez, via le parcours coordonné de santé, vous faire prescrire une recherche d’allegènes par votre médecin traitant qui vous dirigera vers l’allergologue le plus proche de votre domicile.

L’ambulancier et le choc obstétrical

L’ambulancier et le choc obstétrical

Choc obstétrical : définition

Ou “Insuffisance circulatoire aiguë chez une femme enceinte ou en cours d’accouchement (parturiente)”. Cette complication grave de la grossesse peut être due à une hémorragie au cours de la délivrance ou, deuxième cas, à un choc infectieux (libération de toxines dans l’organisme – endo- ou exotoxines – provoquant, par mécanismes imbriqués, une réaction en chaîne entraînant l’effondrement de la pression artérielle, puis des troubles respiratoires ou encore des troubles de la coagulation…).

choc obstetrical - prise en charge par les ambulanciers

Le choc obstétrical est devenu très rare aujourd’hui, grâce à la rigueur du suivi de la grossesse et au raccourcissement du temps de travail, mais il arrive pourtant que celui-ci se produise malgré tout. Lorsqu’un choc obstétrical se produit, des mesures d’urgence s’imposent. Le temps joue en défaveur de la mère et du foetus, si celui-ci se trouve encore in utero. Dans ce cas, le choc maternel diminue de manière brutale et significative l’apport d’oxygène au foetus, pouvant provoquer des séquelles neurologiques chez le bébé à venir, avec retards psycho-moteurs à la clé, par hypoxie voire anoxie.

Signes et conduite à tenir

Signes : Chute de la P.A, torpeur, chute de la température centrale et cyanose signent le C.O.

La césarienne doit être entreprise immédiatement, en urgence, pour éviter cette hypoxie tant redoutée pour le nouveau-né. Le traitement repose sur la suppression de la cause du choc (hémorragie, foyer infectieux) et à pallier le plus rapidement possible aux effets du choc proprement dit par une réanimation adéquate: perfusions de solutés dits “de remplissage” ou transfusions sanguines, associées à une oxygénothérapie visant à maintenir une saturation d’O2 dans le sang maternel optimale afin que le foetus, alimenté en O2 par l’ombilic n’en soit pas affecté…

NOTE: Comme tous les articles de la rubrique “PATHOLOGIES: Infos”, cet article se veut uniquement INFORMATIF.

Il n’a pas d’autres prétentions, qu’on ne s’y méprenne pas.

Source JLK rescue

https://www.jlk-rescue.fr/
Œdème aigu du poumon (OAP)

Œdème aigu du poumon (OAP)

L’Œdème aigu du poumon (OAP) c’est quoi ?

Cette détresse respiratoire (dyspnée) aigüe due à une insuffisance cardiaque gauche (ventriculaire) est une URGENCE VITALE – ou Urgence Absolue. Elle doit être détectée et traitée SANS DÉLAI, sous peine d’engager le pronostic vital du patient.

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Les causes de l’Œdème aigu du poumon

Le plus souvent, l’étiologie d’un Œdème aigu du poumon (OAP) est une insuffisance ventriculaire. Mais on retrouve d’autres causes telles qu’une poussée hypertensive systémique, une hypervolémie. Plus rarement, mais à ne pas négliger, la soumission à des agents infectieux (virus de la grippe, par exemple, le triste H5N1) ou encore l’inhalation d’un toxique. Le mécanisme: L’insuffisance ventriculaire (ou insuffisance cardiaque gauche) provoque des anomalies au niveau de la circulation sanguine, et, pour le cas qui nous intéresse, au niveau de la “petite circulation”, c’est-à-dire la circulation sanguine pulmonaire. Cette insuffisance ou cette défaillance cardiaque entraîne un défaut de débit sanguin, et, in extenso une augmentation de la pression sanguine intravasculaire. Il en résulte une fuite du plasma vers les alvéoles pulmonaires. Celles-ci s’inondent, n’étant de fait plus capable d’assurer l’échange gazeux O2-CO2. Le patient se noie de l’intérieur.

Les signes de l’Œdème aigu du poumon

Chez une personne présentant un Œdème aigu du poumon – OAP, les signes surviennent brutalement, sans prodromes (signes avant-coureurs), par un essoufflement intense, une toux pouvant s’accompagner d’expectorations mousseuses rosées – attention, ce n’est pas systématique ! – et des crépitements expiratoires caractéristiques. On verra aussi des turgescences jugulaires, ainsi qu’un balancement thoraco-abdominal ou des tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens. Une tachycardie (augmentation significative de la fréquence cardiaque > 100/110 bpm, voire plus) accompagne le tableau clinique.

NB: il peut y avoir des signes avant-coureurs (essoufflement progressif à l’effort ou au repos) dans le cas d’un oedème subaigu en fonction de l’évolution plus ou moins rapide de l’insuffisance ventriculaire.

Conduite a tenir par les ambulanciers

Respecter la position adoptée spontanément par la victime (le plus souvent debout: orthopnée) ou assis. Sans antécédents de BPCO ou d’IRC, administrer de l’oxygène au masque HC à raison de 12 à 15 l/minute. Surveiller la SpO2 et rassurer la victime. Demander un renfort SMUR sans délai lors de la transmission du bilan à la régulation du SAMU-Centre 15. Le traitement in situ sera alors d’administrer par intraveineuse des diurétiques dont le chef de file, le Furosémide (en France, son nom commercial est Lasilix®) est le plus couramment utilisé. Le but est d’éliminer un maximum de liquide des alvéoles pulmonaires via le système urinaire. Une fois le patient techniqué et l’évacuation médicalisée, un ECG, un bilan sanguin avec GDS et une échographie permettront de confirmer le diagnostic posé en pré-hospitalier.

Informations

L’analyse des gaz du sang (GDS) montrera une diminution significative à la fois de l’O2 et du CO2. L’ECG quant à lui mettra en évidence une tachycardie accompagnée de troubles du rythme sinusal (pouvant être à l’origine de l’Œdème aigu du poumon – OAP). L’échographie associée à un Doppler permet de montrer l’existence d’un trouble cardiaque et de préciser quantitativement les pressions à l’intérieur de la “petite circulation” – la circulation pulmonaire.

En définitive, le traitement de l’Œdème aigu du poumon – OAP sera le traitement du facteur déclenchant: insuffisance cardiaque, HTA…

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

On ne le rappellera jamais assez mais l’évaluation clinique et le bilan de l’ambulancier sont des éléments primordiaux. Chaque professionnel de santé se doit d’être irréprochable au possible dans ce domaine. Cet article vous apportera des éléments de rappels à ce sujet.

Rappels et choses à retenir

Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé. Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (Ambulancier Diplômé d’Etat ou Auxilaire).

Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télé-diagnostic plus fin, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

Le bilan

Personnellement, je définis le bilan comme suit : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage d’ambulanciers missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  • Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?
  • Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT

L’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime → ATTENTION !…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les « attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc… Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser ( → minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement ( → faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  •  Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  •  Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  •  Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  •  Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (→ recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques d’hémostase, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu → risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement :

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même → assurer la sécurité du binôme +++ et du patient. → Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu de la recherche du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le Stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique.

☛ Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  • Nous arrivons avec sirène et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçus par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçus comme une humiliation suprême…
  • Territoire : Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain.
  • Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ». C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé. Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire… Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces en réponse

  • Saluer tout le monde avec politesse.
  • Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  • Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  • Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…
  • TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!
  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant. RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%
  • Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU. La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !)

Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique ! Utiliser le langage médical universel : « douleurs abdominales aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés des tempes ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

→ Dans cet exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes → c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin »

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque ↑ et TA ↓} = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC inférieure à 60 = bradycardie (→ attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR inférieure à 10/12 = bradypnée
  • → Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Si bilanter une victime n’est pas toujours aisé et demande TOUJOURS une rapidité d’exécution, il n’en demeure pas moins que rester professionnels est la condition sine qua non pour faire du bon boulot. Et c’est de ça dont les victimes ont besoin. Elles n’ont pas besoin de voir débarquer des cow-boys trop sûrs d’eux mais à l’inverse, elles n’ont pas envie de voir débarquer à leur chevet des ambulanciers crispés, stressés et tremblottants.

Pour terminer

L’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion lorsqu’elle est possible, la détection visuelle des signes cliniques. Prendre une saturation ou une glycémie n’est pas systématiquement nécessaire. Il faut s’adapter à chaque situation.

→ Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
→ Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Analyse et explication d’une prise en charge d’une pathologie déclarée comme urgence vitale. En règle générale ce type d’événement est directement pris en charge par l’équipe du SMUR. Mais il est possible de rencontrer malgré tout ce type d’intervention. Il ne faut pas le négliger

La dissection aortique

Suite à la demande personnelle d’un lecteur assidu des “Z-ItoS”, voici quelques éléments de réponse au sujet de cette pathologie engageant très rapidement le pronostic vital. Physiopathologie: La DA, ou anévrysme disséquant n’est rien d’autre que la déchirure ou la rupture du média aortique (tunique moyenne de la paroi d’une artère). La plupart du temps, c’est au début de l’aorte que ça se produit, juste au-dessus des valves sigmoïdes. Lorsque le sang “pousse” dans l’aorte, il est sous pression.

Cette pression contribue, chez des sujets atteints de la maladie de Marfan (dégénérescence des fibres élastiques artérielles), par exemple, ou chez des hypertendus chroniques, ou encore suite à un traumatisme violent du thorax, à la constitution de la déchirure ainsi qu’à l’extension d’un clivage longitudinal de l’aorte. Il peut arriver que le sang retourne dans son “chenal” usuel par un deuxième point de rupture en aval. On a donc parfois deux types de circulation aortique: le “vrai chenal” et le “faux chenal”. Le résultat est catastrophique du fait de l’hemorragie massive que la DA peut impliquer… Mais pas de panique.

infarctus du myocarde - angor - prise en charge par l'ambulancier

Symptômes /signes

Lorsque vous êtes déclenchés et que vous arrivez sur les lieux, la victime se plaint de violentes ou d’insupportables douleurs thoraciques d’apparition brutale, sans prodrome et migrantes, du fait du siège de la dissection qui se déplace. J’insiste sur la douleur: dans tous les cas, l’EVA sera très élevée ! ATTENTION: diagnostic différentiel d’EP ! Merci…

 Actes pré-hospitaliers

Bilan flash. La première chose à vérifier est la symétrie du pouls radial simultanément. Si le pouls est dissymétrique, tu as une DA probable face à toi. Tu ne perds pas de temps: tu installes la victime en demi-assis, O2 à haut débit et masque HC, et tu prends une tension aux deux bras ! Pour confirmation. Tu ne perds pas de temps en palabres avec un ARM, tu demandes un renfort SMUR, point barre. Le but est d’ééviter le choc hypovolémique constituant un risque de complication systématique ou presque, sans mesures d’urgence adaptées, par la pose de VVP gros calibre avec remplissage * et ECG simultané !

En attendant le renfort, surveille régulièrement le PA aux deux bras (attention à la fistule artério-veineuse des dialysés, aux femmes ayant subi un curetage axillaire suite à un néo du sein, aux hémiplégiques suite à AVC etc…), rassure la victime, couvre-la, garde ton sang-froid. Délègue ce que tu peux déléguer à ton Auxiliaire Ambulancier (SpO2, PA…) pendant que tu continues de parler à la victime et que tu essayes de savoir si la douleur se déplace encore.

Attention: parfois, la douleur s’atténue. Eh oui… A l’arrivée du SMUR, transmissions complètes AVEC LES ÉVOLUTIONS à H+3′… H+6′ etc… au toubib. L’évacuation se fait selon les critères du Critical Care Transport: attention aux déports, aux accélérations brutales et aux freinages, attention aux côtes ou aux descentes car ça influe sur le déplacement des fluides corporels et l’incidence sur l’hémodynamique du sujet est élevée, évidemment…

* En France, le remplissage au Ringer-Lactate® est désormais interdit. On choisira donc du NaCl (sérum phy’) pour le remplissage vasculaire.

(Sources: Cardiovascular Disorders, Advanced Cardiac Life Support (ACLS), Critical Care Transport (CCT), Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, feedback personnel)

Noyade, conduite à tenir par les ambulanciers

Noyade, conduite à tenir par les ambulanciers

La noyade : rappels

Aquastress, Petite hypoxie, Grande hypoxie jusqu’à l’anoxie, noyade primaire, hydrocution (noyade secondaire), eau douce ou eau de mer, eaux vives (rivières, fleuves, mer)  ou stagnantes (baignoire, piscine, étang)… Les noyades et la typologie des symptômes sont variables selon le contexte et les différents tableaux cliniques auxquels nous pouvons être confrontés sont nombreux.

  • ventilationAquastress : frissons mais conscience normale, grosse frayeur a posteriori. Pas d’engagement
  • Petite hypoxie : Cyanoses et encombrement bronchique, agitation sans altération de l’état de conscience. Pas d’engagement d’emblée
  • Grande hypoxie : Encombrement de l’arbre bronchique majeur avec signe de l’Oedème Aigue du Poumon et cyanoses, agitation, altération de la conscience, troubles du rythme sinusal éventuels. Engagement.
  • Anoxie : Arrêt cardio-respiratoire.
  • Noyade primaire : Cas présenté par un nageur épuisé ou un mauvais nageur, entraîné par les courants: mécanisme basique de spasme-réflexe de la glotte au contact de l’eau, brêve perte de connaissance, relance de la ventilation polypnéique, suivi d’un ralentissement progressif de l’amplitude et de la fréquence, puis Arrêt Cardio Respiratoire après 5 à 6 minutes. On parle ici de NOYÉ BLEU.
  • Hydrocution (noyade secondaire): Perte de connaissance dès l’immersion du sujet (syncope primitive). Causes: choc thermique entre la température du milieu aquatique et la température centrale de la victime. Surtout en été, suite à une trop longue exposition au soleil, un repas trop copieux ou un effort physique intense: la syncope primitive entraîne la mort en 4 à 5 minutes. Peu de liquides dans les Voies Aériennes Supérieures. On parle alors de NOYÉ BLANC.
  • En eau douce : L’absence de salinité entraîne un passage rapide de l’eau dans les poumons puis dans le sang (parfois, le volume sanguin peut se voir multiplié par deux), avec une augmentation majeure de la Pression Artérielle, distension vasculaire et cardiaque (le coeur peut se dilater de manière très significative). L’une des propriétés de l’eau douce est son pouvoir de destruction des globules rouges induisant un épanchement de leur contenu dans le flux, d’où s’ensuit une modification du fonctionnement du coeur par fibrillation, avec une fraction d’éjection quasi nulle. Intervient alors l’ACR puis une mort rapide si rien n’est entrepris à ce stade.
  • En eau de mer : Le mécanisme est inversé. Le sodium contenu dans l’eau de mer est 3 fois plus élevé que le taux de sodium plasmatique. Celui-ci passe du sang aux alvéoles pulmonaires, constituant un OAP d’emblée, clair et net. Il n’y a jamais de fibrillation dans ces cas-ci. L’urgence absolue est le traitement de l’OAP: O2 à 15 L/min + Furosémide (Lasilix®) en dose de charge par IV directe
  • Hypo/hyperthermie : En baignoire, l’hyperthermie est la cause principale de malaises avec noyade secondaire à la syncope. En eaux vives en revanche, l’hypothermie est systématique puisque la conductivité thermique de l’eau est 25 fois supérieure à celle de l’air.

L’inhalation pulmonaire et/ou gastrique majore l’hypothermie «de l’intérieur» et les troubles de la conscience liés à un effondrement du métabolisme s’aggravent significativement (6 à 7 %par degré Celsius). Les signes accompagnant l’hypothermie sont : des gasps dus  l’inhalation-réflexe d’eau (2 à 3 L) et une hyperventilation-réflexe de compensation pouvant atteindre 10 fois la norme.

La victime peut être tachypnéique au rythme de 120 à 200 cycles par minutes ! La tachycardie peut, elle aussi, grimper, avec une fraction d’éjection de 80 à 100 % supérieure à la normale. La fibrillation ventriculaire apparaît à une température centrale de 28° chez la victime. Et l’asystolie entre 26° et 24°.

La noyade, conduite à tenir in situ

Question à se poser d’emblée:

  • Que s’est-il passé ?
  • Accident ? ➔ Aspect médico-légal+++
  • Action volontaire de la part de la victime (suicide) ou d’un tiers (homicide) ? ➔ Aspect médico-légal+++
  • Présence de témoins (qui a sorti la victime ?) ➔ Noter le récit des faits succinctement.
  • Notion de lestage de la victime ? Précipitation ? ➔ recherche de traumatismes (fractures et/ou plaies dues au charriage par le courant, traumatismes cervicaux si plongée en eaux peu profondes)
  • Temps d’immersion ?
  • Température du milieu aquatique ?
  • Quel type d’eau ? Saline, douce, stagnante, vive ?
  • Rechercher et noter les signes d’altération des fonctions vitales (circulation, ventilation et conscience) sans perdre de temps
  • Bilantage rapide +++ (Cas particulier de la France: les Ambulanciers rendront compte à la régulation du SAMU avec demande de renfort SMUR. Les Pompiers, en cas de  déclenchement-réflexe, se conformeront aux protocoles en vigueur après rapport au CODIS, avec ou sans régulation par le SAMU).

Pour l’évaluation clinique, choisir l’algorithme PHTLS (à défaut de l’algorithme ALS) ⇒ L’arborescence est plus complète et offre un synopsis plus précis.

Gestes à appliquer par les ambulanciers

Pour enrayer les effets délétères sur la victime, déshabiller, sécher et réchauffer la victime (attention aux 28 ° morbides: assurez-vous d’avoir un DAE ou votre Lifepack® à portée de main !). Administration d’O2 au masque Haute Concentration à haut débit (15 L/minute, pas moins !).

Si la victime présente des troubles de la conscience, installer une canule de Guedel, prévoir une sonde d’aspiration oro-trachéale et préparer le plateau d’intubation avec la lame et la sonde ad hoc. Dans tous les cas, surveiller les constantes au scope: rythme sinusal, PA, SpO2, et mesurer la glycémie (pour écarter l’étiologie métabolique de l’accident par malaise hypoglycémique).

noyade - ambulanciers
L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier face à l’épilepsie

Impressionnante mais dont la gravité reste très relative, la crise d’épilepsie est une situation somme toutes facile à gérer. Quelques rappels pour l’ambulancier qui fait face à la crise d’épilepsie.

Epilepsie, définition

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La crise d’épilepsie, que certaines nomenclatures appellent aussi crise “comitiale“, crise de “Grand Mal“ ou de “Petit Mal” selon sa manifestation, est un trouble neurologique qu’on retrouve le plus souvent chez l’enfant dont l’encéphale, et en particulier la gaine de myéline entourant les axones, n’est pas parvenue à maturation.

Le trouble est dû à une activité électrique anormale, aiguë et passagère du cerveau. La crise comitiale ou “Grand Mal” comporte plusieurs phases. NOTE: La crise “Petit Mal” ne se manifeste que par l’“absence“ passagère du patient, semblant être ailleurs, indifférent aux stimuli extérieurs. Elle ne dure que quelques secondes, mais un EEG (électro-encéphalogramme) met très bien en évidence un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau.

Les différentes phases:

Phase initiale ou phase de début

Parfois – ce n’est pas systématique – la personne pousse un cri et s’effondre, avec une perte de connaissance. Le seul risque ici, est qu’elle se blesse lors de sa chute.

Phase tonique

Contractures généralisées des muscles. Le visage est nettement crispé et les yeux sont révulsés. Le tout s’accompagne d’un trismus et le corps entier se retrouve en hyper-extension, avec une hypersialorrhée et un écoulement de bave subséquent.

Phase clonique

La personne est prise de convulsions, avec morsure de la langue la plupart du temps, bien que ça ne soit pas systématique. Cette phase s’accompagne parfois d’une émission d’urines involontaire et spontanée, si la vessie était pleine (minimum 400 ml) avant le début de la crise.

Phase de coma

La personne se trouve dans un coma profond mais calme, sans aucune réaction aux stimulations extérieures. La durée est très variable.

Phase de réveil

Le réveil est très progressif et lent. L’épileptique semble obnubilé et “ailleurs”, mais il revient à lui progressivement. En revanche, il ne se souvient de RIEN. Son amnésie de la crise est totale.

Action de l’ambulancier face à la crise d’épilepsie

En premier lieu, savoir identifier le trouble si la crise est passée à l’arrivée de l’équipage. Certains signes comme la survenue brutale sans prodromes, le cri initial avant la PC, la présence d’urine, la notion de morsure de la langue ou encore l’amnésie aiguillent d’emblée les ambulanciers sur l’épilepsie, puisque le tableau clinique est net et clair. Si l’équipage arrive pendant la crise, les ambulanciers s’attacheront à prévenir les blessures que pourrait s’infliger le malade, en aménageant une “zone de sécurité” autour de la victime (dégager chaises, table etc…).

☛ Ne JAMAIS s’opposer au déroulement de la crise en tentant d’immobiliser la victime.
☛ Pendant la phase dite de “coma”, il est impératif de placer l’épileptique en PLS.

Au “retour” de la victime, bilantez et cherchez à savoir s’il s’agit là d’une crise inaugurale ou si la personne est épileptique connue en vous référant aux traitements de fond qu’elle prend ou non :

– Rivotril® (clonazépam, pour les formes graves)
– Depakine® (acide valproïque, pour les crises généralisée de moindre gravité)

NDLR: Ces deux médicaments sont les chefs de file des anti-épileptiques.
Transmettez le bilan à la régulation de votre SAMU-Centre 15 et évacuez pour bilan de crise d’épilepsie.

ATTENTION

Il existe certains signes de gravité, comme la succession de crises de manière rapprochée. Cela nécessite, en France du moins, une médicalisation SMUR avec administration en IV de Valium® (diazépam), un benzodiazépine anxiolytique également utilisé comme anticonvulsivant…

En conclusion

Si l’épilepsie n’est pas en soi un trouble très grave, disparaissant généralement spontanément lorsque le cerveau est “mature”, il ne faut JAMAIS négliger les “attendants“, famille ou proches, collègues de travail, pour qui une crise d’épilepsie reste toujours impressionnante et qui peut les “marquer“.

Dédramatiser la situation en gardant un calme absolu sur les lieux est le meilleur moyen de faire passer le message suivant:
L’ÉPILEPSIE N’EST PAS GRAVE ET CE N’EST PAS UNE TARE.

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise, présentation

Aujourd’hui, tournons nous vers une entreprise de transport sanitaire pas comme les autres : les ambulances de l’Iroise. Basée dans le bout du monde, en Bretagne, à Brest plus exactement cette société est spécialisé dans le transport d’urgence. Une confiance certaine s’étant établie entre les différents demandeurs, tels que le SAMU , SOS Médecins, les Médecins traitants…, les Ambulances de l’Iroise détiennent de plus en plus de responsabilités dans l’intervention d’urgence sur le département. Dirigé par un chef d’entreprise dynamique et très motivé : David Tordeux, est diplômé CFAPSE en 2000, CCA en 2001 et moniteur en 2004.

 Il intervient à l’école d’ambulanciers de Brest (Ordre de Malte) afin d’initier les futurs diplômés. Désireux d’en savoir plus sur cette entreprise et surtout sur les motivations qui la font avancer je me suis décidé à entrer en contact avec eux afin de poser les question traditionnelles à monsieur TORDEUX. Il s’est fait, à ma grande surprise un plaisir de répondre posément aux diverses questions. Je vous laisse découvrir le portrait d’un patron pas comme les autres.

David TORDEUX, chef d’entreprise de Jussieu Secours Brest : l’interview

Ce métier d’ambulancier c’est une vocation de toujours ou une vocation tardive ? Qu’est ce qui vous a amené à choisir cette profession ?

De l’âge de 18 à 22 ans, j’étais dans les para-commandos.En 2000, j’ai passé mon CCA (major de promo). Et de 22 à 24 ans, j’étais salarié ambulancier. A l’âge de 25 ans j’ai créé mon entreprise, j’ai connu ce métier avec des secouristes qui étaient eux-même ambulanciers.

Vos plus grandes difficultés pour vous installer comme chef d’entreprise ? Vos plus grandes difficultés quotidiennes ?

Etre reconnu en tant que professionnel de santé auprès des institutionnels ainsi que des sapeurs-pompiers.

Pourquoi avoir axé votre entreprise sur l’urgence à contrario des nombreuses entreprises de transport sanitaires qui restent sur des missions plus traditionnelles ?

L’avenir du métier, c’est l’urgence et pour être un bon athlète, il faut être dans une seule discipline. De plus, un ambulancier épanoui dans son métier, c’est un ambulancier qui pratique de l’urgence

Comment avez vous réussi à vous imposer auprès des services d’urgence, à créer une confiance pour qu’ils vous confient une grande partie des interventions ?

Fiabilité, professionnalisme, efficacité, disponibilité et ne rien laisser au hasard, tout est protocolé (de la désinfection aux interventions)

Comment recrutez vous vos ambulanciers ? Mis à part les diplômes, motivations, spécialisation ?

Entretien, cas concret. De plus j’ai un responsable du personnel qui gère le recrutement, suivi de mon aval.

Vos ambulanciers ont t ils un parcours de formation différent du cursus courant ? Recyclage, spécialisation…

Étant moi-même formateur et moniteur aux IFA, je fais des remises à niveau interne et pour les transports pédiatriques les ambulanciers les plus méritant et les plus motivés passent le Certificat de Spécialisation en Transport Pédiatrique.Des postes à responsabilités sont mis en place au sein de l’entreprise (possibilité d’évolution pour les Ambulanciers de l’Iroise).

Quel est votre regard sur la profession d’ambulancier d’un point de vue chef d’entreprise ? d’un point de vue formateur IFA ?

Le métier est un métier d’avenir. Je pense que la sélection des candidats à l’école d’ambulanciers devrait être un peu plus poussée.

Demain imaginons qu’on vous confie les pleins pouvoirs, qu’auriez vous comme idée pour faire avancer la profession ? Que manque t il actuellement ?

Un nouveau diplôme, un en tant qu’ambulancier dit « Urgentiste » en plus du DEA. Et je mettrais en place un Référentiel national pour l’urgence Pré-Hospitalière pour uniformiser et standardiser les moyens humains et matériels des Transports Sanitaires Privés.

Auriez vous des conseils à donner à quelqu’un qui débute ou qui souhaite devenir ambulancier ?

Rigueur,altruisme, sang-froid, s’imprégner et apprendre de l’expérience des plus anciens,

Une anecdote particulière qui aurait marqué votre carrière ?

Réanimation d’un nourrisson de 9 mois à domicile 15 minutes avant l’arrivée de l’équipe médicale qui est décédé (parents présents.. Ma fille avait 12 mois)

Un dernier mot pour conclure ?

C’est un métier passionnant, malheureusement ce métier est terni par certain d’entre nous par manque de professionnalisme. Soyez respectable pour être respecté.

Un grand merci à monsieur David TORDEUX d’avoir pris du temps pour me répondre malgré son travail quotidien.

Jussieu Secours Brest en images

Le site web de l’entreprise

http://www.jussieusecoursbrest.fr/

Roger, ambulancier et formateur

Roger, ambulancier et formateur

Présentation d’un ambulancier : Roger, formateur pour les auxiliaires ambulanciers

Un nouveau portrait cette fois ci avec un formateur pour les ambulanciers. Une spécialité indispensable pour former les futurs professionnels de demain.

Quel est ton métier actuel ?

Animateur de formation au sein d’un IFA.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Après avoir obtenu le Diplôme d’Etat d’Ambulancier, je suis intervenu en qualité de formateur occasionnel, un poste c’est libéré suite à un départ à la retraite et je suis donc formateur permanent depuis 1 an.

Une vocation ?

Passionné par les métiers de l’urgence (ancien de la BSPP, SPV, …).

Que fais-tu au quotidien ?

Formation des Auxiliaires Ambulanciers sur les compétences de soins d’urgence, de manutention et de conduite. Organisation des stages, suivi et gestion des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Etre en cours auprès des stagiaires.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Une anecdote durant ma fonction d’ambulancier.A notre arrivée dans une maison de retraite pour le transport d’une patiente pour une consultation, la personne était nue et pas préparée. Les soignants nous annonçant qu’ils étaient en sous effectif. Deux solutions s’offraient à nous, le conflit avec l’équipe soignante et le refus de transport ou une prise en charge complète au delà de nos habitudes. Ne voulant pas annuler l’examen de cette vieille dame, nous avons été contraints de faire le nursing, de l’habiller, de l’accompagner aux sanitaires, de prévoir collation et eau et de la préparer pour son transport. Cette situation m’a marqué car la prise en charge des patients doit être une priorité des équipes indépendamment des contraintes de personnels.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Etre passionné par le transport de malade, être à l’écoute de l’environnement (soignant, famille, …) et savoir se remettre en question.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Etre disponible et à l’écoute.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Appliquer les règles présentées lors de la formation ADE, trop souvent le minimum enseigné n’est pas appliqué dans les entreprises de transport sanitaire.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Faire passer le contenu du programme ADE auprès des entreprises et services ambulancier afin qu’ils adaptent leur comportement. Tous les chefs d’entreprise de transport sanitaire devraient être ADE.

Le mot de la fin ?

La formation est enrichissante à travers les échanges entre formateurs et stagiaires. Le métier de formateur auprès des Auxiliaires Ambulanciers n’est pas quotidien et nécessite en permanence des échanges, de la recherche et du renouveau.

Merci à Laurent FACON, Directeur de l’Institut de formation des Ambulanciers de la Croix Rouge IDF, d’avoir recueilli ces propos.

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, ancienne paramedic devenue aide-soignante

Un nouveau portrait dans notre rubrique portraits de professionnels. Encore une fois c’est L’institut de formation des ambulanciers d’Ile de France Croix Rouge qui nous le présente. Un portrait atypique puisque cette fois ci c’est une ancienne paramedic devenue aide soignante en France et préparant le diplôme d’état d’ambulancier.

Quel est ton métier actuel ?

Aide soignante au sein d’un service de soins à domicile et en formation d’ambulancier diplômé en passerelle pour les modules complémentaires 1 3 6 8

 Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Evolution professionnel et attrait pour les métiers de l’urgence

Une vocation ?

Oui

 Que fais-tu au quotidien ?

Soins à domicile, soutien familial (formation), accompagnement social de familles et de patients en fin de vie.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe et la communication avec les différents intervenants ?

Pourquoi changer vers ambulancier ?

Pour diversifier mon activité et augmenter mon savoir.

Comment as-tu fais pour utiliser la passerelle Aide Soignant DE à Ambulancier Diplômé ?

Je me suis renseignée auprès de l’IFA Croix Rouge puis j’ai informé mon employeur.

Comment faire quand on est déjà soignant ou ambulancier dans un autre pays ?

Se renseigner auprès de la DRASS qui fait remplir un dossier permettant de valider par comparaison les cursus de formation.  Pour ma part ma formation de « paramédics » (5 ans) au Canada m’a permis une équivalence DEAS. Puis cette fonction d’Aide Soignant me permet d’accéder aux modules complémentaires du DEA (sans passer de concours).

Des anecdotes qui auraient marque ta carrière ?

Lors de la prise en charge d’un blessé par balle suite à une fusillade, je me suis retrouvé contrainte de placer mon doigt dans l’orifice pour stopper l’hémorragie. A l’arrivée au trauma center j’ai annoncé « j’ai le doigt dans le trou de balle » (ils rigolent encore de ma boulette). Le chirurgien après l’extraction de la balle m’a dit « je t aurais bien fait cadeau du projectile, mais son trou c’est son trou, donc sa balle c’est sa balle »

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Patience, compréhension et savoir travailler en équipe.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Bien se documenter, avoir une expérience de l’urgence par une activité associative dans le secourisme (Croix-Rouge, Protection civile,…)

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Un meilleur travail en collaboration entre les sapeurs pompiers et les ambulanciers.

Demain tu es nommée super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Réunir les acteurs de l’urgence, essayer d’avoir une cohérence et définir des limites de compétences.

Le mot de la fin ?

Les nouveaux ADE vont certainement dans l’avenir faire bouger le métier. La nouvelle formation devrait pouvoir faire évoluer dans le futur la représentation du métier.

 Merci à Laurent FACON, Directeur de l‘institut de formation des ambulanciers, Croix Rouge IDF d’avoir recueilli ces propos.

Ambulancier SMUR, la fiche emploi

FAE SMUR : Formation d’Adaptation à l’emploi pour l’ambulancier SMUR

Devenir ambulancier et exercer en SMUR requiert en plus d’obtenir le diplôme d’état d’ambulancier auprès d’un institut de formation, de suivre un cursus spécifique adapté à la spécialité appelé FAE SMUR ou Formation d’adaptation à l’Emploi.

En effet l’ambulancier va intégrer une équipe médicale et son rôle va changer, évoluer. Il faut donc être en mesure de pouvoir s’intégrer et agir efficacement au sein de cette nouvelle équipe composée d’un médecin urgentiste et d’un infirmier.

jonction smur et ambulanciers L' Ambulancier : le site de référence FAE SMUR : Formation d'Adaptation à l'emploi pour l'ambulancier SMUR

Au programme de la Formation d’Adaptation à l’Emploi (FAE SMUR)

Cette formation comprend 4 modules conformément à l’arrêté du 26 avril 1999, journal officiel du 18 mai 1999. Elle est indispensable pour exercer le métier d’ambulancier dans un Service Mobile d’Urgence et de Réanimation.

  • Module 1 : radiotéléphonie (deux jours)
  • Module 2 : hygiène, décontamination et désinfection (deux jours)
  • Module 3 : Situation d’exception (deux jours)
  • Module 4 : Participation à la prise en charge d’un patient au sein d’une équipe médicale (neuf jours)

Radiotéléphonie

  • Maintenir le matériel de radiocommunication en état de marche et veiller à son bon fonctionnement;
  • Appliquer les procédures de transmission (réseau santé, SSU…);
  • Utiliser les moyens de télécommunication embarqués;
  • Identifier les différents réseaux et les fréquences  utilisées.

Réseaux radio

  • rappel sur le code de l’OACI
  • utilisation des codes sélectifs
  • utilisation du réseau en 150 Mhz au quotidien
  • utilisation du réseau SSU au quotidien
  • indicatifs radio des autorités
  • utilisation des réseaux lors des catastrophes

Travaux pratiques

Hygiène, décontamination et désinfection

Le conducteur ambulancier doit être capable de

  • Appliquer les règles d’hygiène, pour lui-même et son unité  mobile hospitalière, le patient et son entourage et tout membre de l’équipe ;
  • Appliquer les principes de décontamination et de désinfection des différents éléments de la cellule sanitaire ;
  • Appliquer les différentes techniques de protection du patient et du personnel en fonction des pathologies rencontrées ;
  • Appliquer les différentes techniques de traitements des déchets.

Hygiène

  • modes de transmission des microbes
  • infections nosocomiales
  • lavage des mains

Désinfection

  • utilisation des désinfectants, des décontaminants
  • nettoyage de la cellule sanitaire et des matériels

Situation d’exception

  • Décrire les structures mises en place lors de situations exceptionnelles ;
  • Participer à la mise en oeuvre et à la maintenance de la logistique déployée par le service d’aide médicale urgente et le service mobile d’urgence et de réanimation en situation d’exception ;
  • Identifier les différents maillons de la chaîne médicale des secours ;
  • Appliquer les règles à suivre par le conducteur ambulancier, en présence de  différentes situations :
    • au relevage
    • au poste médical avancé
    • à la noria d ’évacuation
    • Participer à la mise en place d’un P.C. mobile de transmission et exploiter les réseaux de communication.
    • Exercice catastrophe avec associations de secourisme

Participation à la prise en charge d’un patient au sein d’une équipe médicale

Le conducteur ambulancier de service mobile d’urgence et de réanimation  doit être capable de :

  • Participer à la prise en charge globale du patient et de son entourage
  • Appliquer les méthodes et les moyens adaptés pour l’exécution des soins et des gestes d’urgence de l’équipe mobile hospitalière
  • Dans un contexte médical ou traumatique chez l’adulte et chez l’enfant

Identifier une détresse neurologique

Fonction neurologique

  • rappel anatomie-physiologie
  • utilisation de l’échelle de Glasgow
  • principales pathologies neurologiques
  • mise en PLS
  • Visite d’un scanner et de l’IRM

Identifier une détresse ventilatoire

Fonction ventilatoire

  • rappel anatomie-physiologie
  • principales pathologies ventilatoires
  • asthme
  • insuffisance respiratoire chronique
  • pneumothorax
  • fausse route
  • Bouche à bouche
  • utilisation de l’insufflateur manuel
  • Préparation d’une intubation
  • Préparation d’un respirateur autonome
  • Utilisation d’un saturomètre
  • Aide à la pose d’un drain pleural

Identifier une détresse circulatoire

Fonction circulatoire

  • rappel anatomie-physiologie
  • principales pathologies circulatoires
  • Infarctus du myocarde
  • Douleurs thoraciques
  • Arrêt cardiaque
  • Etats de choc
  • Bradycardie
  • Massage cardiaque externe
  • La cardio-pump
  • Pose d’un tensiomètre manuel
  • électronique
  • Pose des électrodes en vue de la réalisation d’un ECG
  • de la surveillance du patient par électroscope
  • d’une défibrillation
  • d’un entraînement électrosystolique
  • Préparation d’une ligne de perfusion
  • Aide à la pose d’une voie veineuse périphérique centrale
  • Préparation d’un blood-pomp
  • Accélérateur de débit
  • Pousse-seringue
  • Pantalon anti-G

Le polytraumatisé

  • Prise en charge d’un patient présentant un :
  • traumatisme thoracique
  • abdominal
  • crânien
  • du rachis
  • une section de membre
  • une fracture fermée et ouverte
  • Mise en oeuvre des différentes techniques d’immobilisation
  • Utilisation du matelas à dépression
  • des minerves
  • de l’attelle de Donway
  • Mise en  oeuvre des techniques de ramassage
  • Participer à la prise en charge d’un accouchement inopiné extra hospitalier

Accouchement à domicile

  • circulaire du cordon
  • procidence du cordon
  • la délivrance
  • L’éclampsie

Participer à la prise en charge d’un nouveau-né dans le cadre de transport interhospitalier

  • La mort subite du nourrisson
  • Les détresses  neurologiques
  • circulatoires
  • ventilatoires
  • Hyperthermie
  • La déshydratation
  • Les convulsions

Participer à la prise d’une urgence psychiatrique

Participer à la prise en charge de la douleur

Aider à la prise en charge du matériel sur prescription médicale

  • bouteille de gaz médicaux et matériel d’oxygénothérapie
  • monitorage de la saturation de l’oxygène – installation de capteur comprise sauf en néatologie
  • aide à la préparation du matériel d’accès trachéal
  • monitorage expiré (capnographie), circuit du patient exclus
  • respirateur mécanique : installation (réglage des paramètres et circuit du patient exclus)
  • matériel nécessaire pour drainage pleural
  • moniteurs électrocardioscopiques, électrocardiographes, défibrillateurs en mode manuel, entraîneurs électrosystoliques, vérification de la charge électrique et du matériel d’enregistrement (pose des électrodes exclue pour le défibrillateur en mode manuel et l’entraîneur électrosystolique);
  • pousse-seringues électriques
  • matériel nécessaire pour pose d’un accès veineux central ou périphérique
  • installation  du pantalon anti-choc (choix des niveaux de pression exclu), gonflage sous contrôle du médecin
  • monitorage de la pression artérielle non invasive, préparation et mise en place;
  • incubateur de transport;

Participer au sein de l’équipe de l’unité mobile hospitalière les gestes d’urgence acquis à l’issue de l’enseignement du Diplôme d’Etat d’Ambulancier;

Les brûlures

  • Différents types :  électrique, chimique, thermique
  • Définition de la règle des « 9 »
  • Catégorisation
  • CAT devant un brûlé

Les intoxications

  • médicamenteuses
  • au CO
  • toxicomanies
  • chimique (cyanure, …)

Les urgences neurologiques

  • Malaises
  • Coma
  • Les convulsions

Participer à la prise en charge psychologique de la famille et de l’entourage

  • Urgences psychologiques
  • Prise en charge de la famille dans les situations difficiles
  • Connaître les risques, les signes et la prévention du stress et de la fatigue professionnelle

Sécurité

Réglementation routière

  • véhicules de catégorie A, législation, code de la route
  • responsabilité du conducteur
  • nombre maximum de personnes embarquées

FAE SMUR : une formation, un financement

Comme vous pouvez le constater le FAE SMUR est une formation vraiment spécifique et s’ajoute à la formation initiale de l’ambulancier. Chacun peut suivre cette formation qui est soit financée par l’établissement dans lequel oeuvre ou va oeuvre l’ambulancier, mais aussi pris en charge dans le cadre du compte professionnel de formation.0

PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

Principe de la formation PHTLS

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Le cours Pre Hospital Trauma Life Support (PHTLS) est un programme de formation continue unique en France. qui met l’accent sur la nécessité de traiter le patient polytraumatisé comme une entité unique, avec des besoins très spécifiques. Cela peut nécessiter une approche du patient traumatisé qui varie des modalités habituelles de prise en charge.

Le PHTLS est conçu sur le principe de l’  » evidence based medicine  » (médecine basée sur des preuves) et privilégie avant toute chose l’efficacité. Basé sur le concept du céle€bre cours ATLS pour médecins, le PHTLS peut vous permettre par son approche pédagogique originale, d’augmenter votre capacité а évaluer l’état de gravité d’un patient, puis а gérer les priorités suivant le principe du  » Treat first what kill first  » (Traiter en premier ce qui tue en premier).

Ce programme de formation révisé tous les quatre ans, est devenu un standard mondialement reconnu par l’ensemble des intervenants pré hospitaliers. Se reposant sur une structure internationale, plus de 350 000 intervenants pré hospitaliers ont été formés depuis 20 ans dans 33 pays. Une étude a montré que la formation au PHTLS d’intervenants pré hospitaliers, peut être associée а une réduction des taux de mortalité et de morbidité. Cette amélioration se traduisant par une réduction de 15, 7 % а 10, 6 % de la mortalité des patients traumatisés sur la zone géographique étudiée.

Déroulement des cours

Le PHTLS est un cours très intensif qui favorise la « réflexion critique ». D’une durée de 16 heures, il s’articule autour d’exposés théoriques axés sur la physiopathologie, et de « stations pratiques » consacrés aux situations cliniques rencontrées sur le terrain. Une évaluation certificative est réalisée а l’issue du cours. La réussite donne lieu а la délivrance d’un certificat émis par la US / National Association of Emergency Medical Technicians (NAEMT). Ce certificat est valable pour une période de 4 ans. A l’issue de cette période, si vous désirez prolonger la validité de votre formation, il vous sera demandé de suivre une session de remise а niveau d’une durée de 8 heures.

Pour plus d’informations rendez vous sur le site http://www.phtls.fr/PHTLS_France/Accueil.html

Programme du cours :

 Cinématique des traumatismes
 Évaluation et management
 Gestion des voies aériennes et ventilation
 Traumatismes thoraciques
 État de choc et réanimation liquidienne
 Traumatismes abdominaux
 Traumatismes crâniens
 Traumatismes du rachis
 Traumatismes musculo-squelettiques
 Traumatismes thermiques : blessures produites par la chaleur et le froid
 Traumatismes chez l’enfant et la personne âgée
 Les principes des soins pré hospitaliers aux traumatisés

Ouvrage de référence de la formation

https://www.ambulancier.fr/phtls-secours-soins-prehospitaliers-aux-traumatises/

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière mais aussi formatrice en institut de formation des ambulanciers

Quel est ton métier actuel ?

Infirmière et ambulancière formatrice au sein d’un IFA.

Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Infirmière de formation je suis intervenue en tant que formatrice occasionnelle au sein de l’IFA, puis j ai eu la proposition d’un poste à temps plein au sein de cet établissement.

Une vocation ?

J’ai toujours voulu enseigner et mon arrivée dans la filière ambulancier est un concours de circonstances.

Que fais-tu au quotidien ?

Ingénierie pédagogique, enseignement théorique et pratique principalement sur les modules passerelle aide soignant (2 4 5 7) et module hygiène (3). Suivi et gestion des stages et des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Le face à face pédagogique notamment en pratique.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Certains décalages entre le vocabulaire pré hospitalier et hospitalier menant à des situations cocasses. Lors d’un cours, je présentais la désinfection complète de la cellule arrière, un stagiaire me dit « en fait vous allez jusqu’au hayon ? » terme inconnu pour moi donc j’ai cru qu’il me parlait de vêtements en lambeaux.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Des capacités de prise rapide de décisions, de l’autonomie, de l’écoute et toujours chercher à se former. L’ambulancier étant en dehors du circuit hospitalier il est plus difficile de se tenir informé des évolutions techniques et scientifiques.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Profitez de l’expérience de ceux qui ont de « la bouteille » ils ont souvent des conseils avisés.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Présentation du métier ADE auprès des autres professions de santé. Créer plusieurs niveaux de qualification de l’ADE notamment pour l’urgence.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Amélioration des conditions de travail (payer chaque heures de travail) et de l’équipement des ambulances notamment au niveau du matériel de transfert (les problèmes dorso-lombaires sont la première cause d’arrêt maladie en ambulance) .

Le mot de la fin ?

C’est un métier dynamique et riche humainement qui gagne à être connu.

Merci à laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, assistant de régulation au centre 15 et en formation pour le diplôme d’ambulancier

Quel est ton métier actuel ?

Assistant de Régulation Médicale (PARM) au SAMU, je suis actuellement en cours de formation Ambulancier Diplômé d’Etat dans le cadre de la formation professionnelle.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Une opportunité par l’intermédiaire d’un ami à la fin de mes études (chaudronnerie) sur un dispositif de secours en tant que bénévole à la Croix -Rouge.

Une vocation ?

Les métiers de l’urgence et les premiers secours

Que fais-tu au quotidien ?

Localiser, identifier, hiérarchiser les demandes de secours parvenues au 15.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe au sein d’une régulation pluridisciplinaire. La gestion du stress et la gestion des appels complexes et relevant d’une véritable urgence.

 Des anecdotes qui auraient marquées ta carrière ?

Gestion d’un accouchement par téléphone pour guider le père, ni SMUR, ni ambulance sur place.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

De la volonté, du professionnalisme, de la curiosité intellectuelle et l’envie de progresser.

Des conseils à donner au plus jeune ?

Ne pas s’arrêter sur ses acquis.

 Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Instaurer une dynamique de formation continue. Trop de compagnie d’ambulance ne voient que l’aspect rentabilité du métier au détriment d’une notion de service publique notamment dans le cadre de l’ATSU. Ne pas oublier que les ambulanciers sont maintenant des professionnels de santé.

 Demain tu es nomme super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Recyclage obligatoire de tous les « CCA » (anciens formés avant 2007), des ambulances de qualités et équipées.

 Le mot de la fin ?

Un parcours professionnel n’est pas figé et les métiers de la santé permettent des évolutions et de toucher différents corps de métier.

Merci à Laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Régulation médicale du SAMU – Centre 15

Assistant de régulation médicale (ARM)

L’Assistant de Régulation médicale est un acteur lié à l’ambulancier. En effet lors des interventions à la demande du SAMU Centre 15 L’Assistant de Régulation Médicale sera le premier interlocuteur de l’ambulancier : transmission de la mission et réception du premier bilan une fois sur place. L’ARM est un personnel primordial dans chaine de soin et de secours. On vous en dis un peu plus sur le sujet.

Assistant de Régulation Médicale (ARM) : recrutement

Le recrutement des ARM est soit en interne : réservé aux agents des établissements mentionnés à l’article 2 de la loi du 9 janvier 1986. Le recrutement est donc réalisé par concours interne sur épreuves organisés, dans chaque établissement, par le directeur. Peuvent également être promus au choix dans ce corps, les aides soignants et standardistes comptant au moins 5 ans de services publics (il s’agit alors de la promotion professionnelle). Ou encore de recrutement via CDD avec titularisation possible

Statut des assistants de régulation médicale (ARM)

Le corps des ARM, inséré dans la catégorie B des emplois administratifs de la fonction publique hospitalière, comprend 3 grades :

  1. Permanencier
  2. Permanencier principal
  3. Permanencier chef

L’ARM du SAMU est donc un personnel hospitalier. Son recrutement et son corps d’emploi sont définis depuis 1990 par le décret 90-839 du 21 septembre 1990, par la circulaire d’application n°409 du 31 octobre 1990, par les arrêtés du 13 et 14 mai 1991 et par la circulaire du 18 janvier 2005 de la FAE d’ARM.

Formation

La fonction d’ARM est récente et peu formalisée. Il n’existe pas de référentiel de compétences d’ARM validé et aucune formation n’est obligatoire pour occuper ces fonctions ; seule la réussite à un concours administratif est exigée pour pouvoir exercer le métier d’ARM au sein du SAMU 94. En conséquence, chaque CRRA (Centre de Réception et de Régulation des Appels) définit la place et le rôle des ARM au sein de sa structure. Le seul diplôme demandé est le CEHT (Certificat d’Exploitation Hospitalière en Télécommunication).

Toutefois, il existe des formations pour les ARM déjà en poste. Ces formations sont assurées par les Centre d’Enseignement et de Soins d’Urgence (CESU) et découpées en 4 modules :

  1. La communication. Les relations interpersonnelles.
  2. Rôle et partenaires de l’ARM. La gestion de l’appel. Les situations d’exceptions.
  3. Les urgences medico-chirurgicales et sociales.
  4. Les outils de la télécommunication. Le CEHT.

En dehors des formations concrètes organisées par les CESU, l’ARM, pour être opérationnel et autonome, travaille dans un 1er temps en binôme avec un autre ARM expérimenté, et ceci afin :

De se familiariser avec l’outil informatique (différent selon le centre 15 : Applisamu ®, Samuscript ®, Centaur15 ®, Goss ®) spécialement dédié à la prise de renseignement pour les appels SAMU :

  • Prise d’appel,
  • Régulation, prise de décision,
  • Suivi des missions,
  • Aides à la régulation, consultation des moyens du secteur,
  • Prise de bilan et destination du patient.
  • D’apprendre à maîtriser les outils de radiocommunications

Cette phase d’apprentissage plutôt technique, nécessite la bonne connaissance du mode de fonctionnement des réseaux de téléphonie filaires et mobiles et toutes les ressources annexes à cette téléphonie (enregistreurs de communications en particulier). Après cette 1ère phase, l’ARM décrochera ses appels, toujours en binôme, et sera alors formé sur la prise d’appel.

Il devra apprendre à :

  • Rassurer et contenir le stress de l’appelant,
  • Maîtriser ses propres émotions,
  • Préparer l’appelant aux questions médicales,
  • Orienter la conversation, et ceci, afin d’obtenir dans un délai très court, toutes les informations concernant la localisation du patient et le motif de son appel,
  • Saisir les informations en temps réel sur fichier informatique,
  • Détecter, reconnaître et prioriser une urgence médicale,
  • Prendre des décisions adaptées au degré d’urgence des appels et orienter le patient vers le médecin régulateur SAMU ou vers celui de la permanence des soins,
  • Synthétiser les informations recueillies et les transmettre au médecin lors de la transmission de l’appel.

La 3ème phase d’apprentissage consiste en l’envoi d’effecteurs (médecins généralistes, ambulances privées, premiers secours, UMH) à la demande du médecin régulateur SAMU ou du médecin libéral. L’ARM devra renseigner de façon claire et précise : l’adresse, le motif d’appel, le moyen de secours envoyé et ceci par le biais du réseau filaire, GSM ou radio.

En résumé, la formation nécessaire des ARM repose sur 2 aspects

  • Le savoir être : Il nécessite une formation à la psychologie et à l’accueil au téléphone. Une connaissance des gestes de secourisme ainsi que les différentes pathologies et termes médicaux les plus souvent employés est indispensable. Des connaissances dans le domaine de la sociologie, de l’éthique et de la morale sont également nécessaires.
  • Le savoir faire : Il nécessite la maîtrise des appareillages et outils à disposition du PARM comme l’outil informatique, les radiocommunications et la gestion des bases de données (ces dernières étant en constante évolution).

2 écoles forment au métier d’ARM

Accès à la Validation d’Acquis par Expérience (VAE) 

Le rôle des Assistants de régulation médicale (ARM)

L’ARM est le pivot d’une réelle plate forme de télémédecine. C’est le 1er interlocuteur de toute personne qui compose le 15. Il assure la réception et l’orientation des appels parvenant au  Centre de Réception et de Régulation des Appels du centre 15 sous la responsabilité du médecin régulateur. Il collabore également à la réponse et au suivi des affaires traitées.

Le rôle de l’ARM se décompose en différentes étapes

La prise d’appel

  1. Le décroché : L’ARM répond à tous les appels parvenant au centre 15 et s’assure qu’il s’agit d’une demande d’aide médicale urgente. Si c’est le cas, l’ARM ouvre un dossier médical informatisé et commence alors l’interrogatoire en temps réel. L’ARM ne sait jamais par l’avance à quel type d’appel il va devoir faire face. Il doit donc être prêt à gérer à tout moment les appels dit « difficile » comme l’arrêt cardio-respiratoire ou la mort subite du nouveau né. Il lui faudra gérer son stress mais aussi celui de l’appelant tout en prenant un maximum d’informations dans un minimum de temps.
  2. La prise d’adresse et l’interrogatoire: selon la gravité de l’appel, l’interrogatoire pourra être plus ou moins long mais dans tous les cas, et même pour les cas les plus bénins, il doit comporter :
    1. Le numéro de téléphone de l’appelant (il est à noter que lorsque l’ARM décroche, le numéro de l’appelant s’affiche automatiquement dés que le 15 est composé)
    2. L’adresse d’intervention du patient. Il arrive que l’appelant ne soit pas au même endroit que la personne requérante ; l’ARM doit donc s’assurer que l’adresse saisie est bien celle du patient, et donc de l’intervention.
    3. La prise d’adresse doit être la plus précise possible. Elle doit comporter la ville, la rue, le n° du bâtiment, le code ou l’interphone, et toutes les informations nécessaires (escalier, étage, voie d’accès, etc…)
  3. Le motif de l’appel : après la prise d’adresse, l’ARM procède à un interrogatoire dirigé, bref mais précis. Il doit recueillir une information fiable et la retransmettre avec précision au médecin régulateur. Il doit donc s’assurer que l’appelant a été correctement écouté, compris et pris en charge.

 L’envoi de moyens

Une fois l’appel transmis au médecin régulateur, ce dernier peut décider l’envoi de moyens variés, et c’est à l’ARM que revient la responsabilité d’envoyer, dans un délai approprié au degré d’urgence, l’effecteur demandé :

  • Les effecteurs hospitaliers : UMH d’un des SMUR.
  • Les effecteurs secouristes : Sapeurs pompiers, Croix Rouge ou Protection Civile, ambulance privée.
  • Les effecteurs médicaux non hospitalier : médecins traitants ou médecins de garde.

L’ARM doit connaître à chaque moment l’état de disponibilité des équipes SMUR afin de réduire au maximum la phase d’alerte des ces effecteurs. Une bonne connaissance géographique du secteur d’intervention et des possibilités sanitaires locales est par ailleurs indispensable.

L’ARM peut être autorisé à déclencher immédiatement les moyens de secours sur sa propre initiative dans des cas bien précis prévus par les protocoles de régulation (procédures de régulation médicale), en fonction de la nature de l’appel (arrêt cardiaque, pendaison, défenestration, explosion, etc…). Pour tout appel traité directement par l’ARM, le médecin régulateur sera informé dans l’instant qui suit cette décision.

Le suivi de l’intervention

L’ARM reçoit les appels concernant les bilans des effecteurs (UMH, sapeurs pompiers, etc.) : L’appel est alors transmis au médecin régulateur SAMU. Une fois le bilan pris par le médecin régulateur, l’ARM assiste alors le médecin dans sa recherche de place pour le patient, et ceci vers des services d’urgence ou de réanimation spécialisées. 

L’ARM doit donc connaître les différentes structures hospitalières du secteur et le nombre de places de réanimations (cardiaque, polyvalente, pédiatrique etc.…) disponibles. Le dossier du patient ne sera clôturé que lorsque celui ci sera arrivé à destination dans un établissement de soins, ou lorsque la décision médicale sera achevée. Ce recueil des données, en particulier les horaires, effectué par l’intermédiaire du logiciel de saisie d’appels doit être le plus exhaustif possible, pour des raisons tant médico-légales qu’organisationnelles.

Autres missions de l’ARM

Il effectue au besoin ou à la demande le recensement des lits disponibles et des capacités d’accueil des services spécialisés. Il renseigne le grand public sur les différents services de garde (pharmacies, médecins, SAMU, dentiste) ou sur certains numéro de téléphones spécialisés dans le domaine médical, tel que les urgences psychiatriques, dentaires ou ophtalmologiques. Il participe également aux exercices de médecine de catastrophe et met en œuvre sur le terrain, en situation d’exception (plan rouge), des moyens de télécommunications, tout en assurant les fonctions d’ARM au niveau du poste médical avancé.

Ressources documentaires

Fiche du ministère de la santé : http://www.sante.gouv.fr/assistant-de-regulation-medicale,10817.html

Référence sur le web pour plus d’infos : http://www.unarm.fr/

assistant de regulation médicale - centre 15
Médecin et SAMU

Médecin et SAMU

Etre ambulancier c’est aussi connaitre les différents intervenants dont entre autres et les plus important : le médecin. Ces derniers n’ont pas un cursus similaire en fonction de leurs spécialités. Découvrons ensemble :

Les différents cursus des médecins

Le généraliste

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Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études de médecine puis 3 ans et demi de résidanat, avant de soutenir une thèse de doctorat en médecine. Leur rôle consiste à répondre aux appels téléphoniques par des conseils médicaux et à proposer une ambulance privée ou la visite d’un médecin généraliste au domicile, en cas de besoin. Ils s’occupent des urgences médicales non vitales.

Le psychiatre

Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études en médecine, puis 4 ans d’internat en psychiatrie après le succès au concours de l’internat, puis ont soutenu une thèse de doctorat en médecine. Ils interviennent dans le cadre de la cellule d’urgence médico-psychologique.

Les anesthésistes réanimateurs

Après le baccalauréat, ils ont suivi 6 ans d’études de médecine puis 4 ans d’internat en anesthésie réanimation, après le succès au concours de l’internat, puis ont soutenu eux aussi une thèse de doctorat en médecine.

Les urgentistes

Après leur thèse de doctorat en médecine, ils ont suivi une formation de 2 ans à l’urgence (Capacité Médicale Urgente – CAMU). Ces deux dernières catégories de médecins gèrent l’urgence médicale vitale immédiate sur le terrain.

Spécialistes et activités différentes

Les médecins anesthésistes réanimateurs et urgentistes participent donc à différentes activités

  • Régulation des appels au Centre de Réception de Régulation des Appels (CRRA) : c’est-à-dire qu’ils interrogent les personnes ou patients qui ont composé le 15 et qui souhaitent une aide médicale. Ces « médecins régulateurs », apportent la réponse médicale qui leur semble la plus adaptée (conseil, visite d’un médecin généraliste, envoi d’une ambulance privée, envoi de secouristes – Pompiers, Croix-Rouge, envoi d’une ambulance de réanimation). Lorsque le médecin de l’unité mobile hospitalière a fini son examen clinique et a mis en œuvre le traitement adéquate, il transmet alors son bilan (examen clinique, diagnostic, traitement) au médecin régulateur qui appellera immédiatement le service médical hospitalier le plus adapté pour accueillir, traiter et soigner le patient. Ainsi, le patient emmené par le SMUR à l’hôpital, est accueilli par une équipe médicale qui est préalablement prévenue de son état.
  • Prise en charge, examen, traitement et transport des patients dans les UMH : Mettre un médecin dans une UMH est une particularité française qui n’est pas retrouvée dans les pays anglo-saxons. Le médecin dispose, à l’intérieur de l’ambulance de réanimation, de tout le matériel et de tous les médicaments nécessaires au traitement d’une urgence vitale.
  • Enseignement théorique et formations pratiques à l’urgence pour les ambulanciers, les aides-soignants, les infirmiers, les étudiants en médecine, les médecins. S’inscrivent, également dans ce cadre, les exercices avec afflux massif de victimes (plan rouge), en coopération avec les pompiers, la police, la Croix-Rouge.
  • Recherche clinique pour améliorer la prise en charge des patients par le SAMU. Dans certaines situations, les patients ou blessés peuvent entrer dans un protocole d’essai clinique, après un consentement libre et éclairé. Le médecin explique alors au patient ou à ses proches le but de l’essai clinique, les bénéfices attendus et lui propose de participer à l’étude. A la demande des patients, les résultats de l’essai peuvent leur être communiqués.

Le médecin Régulateur Généraliste de ville

Il a un statut de médecin associé, et participe à la régulation médicale pour tout ce qui concerne la médecine générale. Il travaille donc en étroite collaboration avec les PARM et le médecin régulateur SAMU. Selon l’interrogatoire téléphonique et selon un arbre décisionnel, il décide des moyens à envoyer :

  • soit par l’envoi d’un médecin généraliste effecteur du 15 ou médecin de ville,
  • soit orienter le patient vers un SAMI (Service d’Accueil Médical Initial), ou vers le Médecin traitant,
  • ou tout simplement donner un conseil téléphonique.

Il peut également envoyer un premier secours, une ambulance privée, une ambulance Croix Rouge ou par la demande au régulateur SAMU une Unité Mobile Hospitalière.

Site de référence : http://www.conseil-national.medecin.fr/

Ambulancier SMUR, les carrières, le salaire

Que se passe t’il quand on compose le 15 ?

Un article qui se veut volontairement simple et adapté à l’ensemble de la population pour bien comprendre le mécanisme qui se cache derrière ce numéro raccourci : le 15. Car derrière ces deux chiffres se dissimule une organisation bien huilée qui se destiné avant toute chose à sauver des vies.

Quand appeler le 15 ?

Le 15 est un numéro d’urgence unique national attribué à la Santé en 1978. Ce numéro reçoit principalement les appels de secours pour les situations d’urgence sanitaire . Cela inclut entre autres :

  • malaise ou perte de connaissance d’une personne en votre présence
  • accident de la circulation avec blessés
  • douleur thoracique
  • les situations de détresse clinique (respiratoires, cardio-circulatoires, neurologiques)

Mais il draine également toutes demandes médicales tels que les conseils, les demandes d’ambulances ou bien les visites de médecins. Ce numéro, qu’on peut composer d’un téléphone fixe comme d’un portable, est un moyen simple, unique, gratuit, mis en place par l’Etat, à la disposition de la population en cas d’urgence sanitaire.

Quel est votre 1er interlocuteur ? Le P.A.R.M.

Lorsque vous faites le 15, c’est un Assistant de Régulation Médicale (A.R.M.) qui vous répond. C’est votre premier interlocuteur. Formé à l’aide à la régulation médicale, assujéti au secret professionnel, l’A.R.M. ouvre un dossier médical après validation de l’appel téléphonique et prend les renseignements nécessaires à une intervention efficace et rapide des secours :

  • Etat civil (âge, sexe, identité)
  • Localisation de la demande (adresse précise)
  • Nature de la demande

Selon la nature de cette dernière, il traite directement l’appel s’il s’agit d’une erreur, d’une malveillance ou d’une demande d’informations non médicale, ou il l’oriente vers un médecin régulateur.

Le Médecin Régulateur

Le médecin régulateur est un médecin expérimenté, anesthésiste ou généraliste urgentiste, diplômé en régulation médicale. Il vous posera différentes questions afin de préciser la situation en cours, l’état de gravité du patient par un éventuelle entretien direct avec lui. Le bilan qu’il aura fait lui permettra de mobiliser, si besoin, le moyen de secours le mieux adapté.

La réponse adaptée

Selon la nature de votre demande, selon la situation à gérer, le médecin régulateur peut prendre diverses décisions à l’issue du bilan qu’il aura fait avec vous ou en même temps qu’il le fait :

  • Simple conseil médical, devant par exemple une demande d’avis sur la dangerosité d’un médicament ou sa posologie,
  • Envoi d’un médecin de garde, devant par exemple une gastro-entérite aiguë chez un nourrisson, faute de médecin traitant disponible,
  • Envoi d’une Ambulance Privée, dans le cadre d’un transport d’une femme enceinte pour la maternité par exemple,
  • Envoi d’un premier secours (Sapeurs Pompiers, ou moyens associatifs – Croix Rouge, Protection Civile), en cas de secours à victime (par exemple pour une chute sur du verglas avec impossibilité de se relever), ou en complément d’une UMH, dans le cas d’une « détresse vitale » (malaise grave, arret cardiaque, douleur thoracique, etc)
  • Mobilisation d’une Unité Mobile Hospitalière (U.M.H.), devant par exemple des crises convulsives répétées,
  • Envoi d’emblée de plusieurs U.M.H., devant un accident d’allure catastrophique, par exemple un carambolage sur autoroute avec plusieurs victimes graves.
Devenir ambulancier SMUR

Devenir ambulancier SMUR

Beaucoup d’ambulanciers, ou d’élèves souhaitent se diriger vers cette profession du moins cette spécialité. Car avant toute chose l’ambulancier SMUR est un ambulancier et partage sa formation avant de se spécialiser. Mais vyons d’un peu plus près la fiche emploi type avec les compétences et savoir faire demandés.

Comment devenir ambulancier SMUR ?

Les Ambulanciers SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) ont une formation de base appelé DEA  (Diplôme d’Etat d’Ambulancier) suivie de la F.A.E. (Formation d’ Adaptation à l’Emploi) obligatoire pour travailler en S.M.U.R. Ils interviennent sur tous les cas de figure dans le domaine de l’Urgence Médicale, avec deux types de moyens : un Véhicule Léger Médicalisé (V.L.M) ou en Ambulance de Réanimation dite Unité Mobile Hospitalière (U.M.H). Mais avant tout, l’Ambulancier SMUR est un professionnel du Transport Sanitaire et de l’Urgence, formé pour réagir devant toutes détresses,  il est quotidiennement aux côtés de malades et de victimes dont l’état nécessite une assistance médicale.

Pour être Ambulancier SMUR, il faut  :

  • Avoir plus de deux ans de permis.
  • Être titulaire du permis Ambulance délivré par la Préfecture.
  • Être titulaire des permis B et C ou D.
  • Être titulaire du D.E.A
  • Suivre la Formation d’Adaptation à l’Emploi  « Textes Généraux FAE ».

Rôle de l’Ambulancier SMUR :

  • Assurer le transport de l’équipe médicale et du patient.
  • Avoir une bonne connaissance cartographique
  • Assurer la logistique du matériel lors des interventions.
  • Aider le médecin et l’infirmier dans la prise en charge des victimes.
  • Organiser la mise en condition et le brancardage des blessés.
  • Assurer la maintenance de l’ambulance.

Compétences  de l’Ambulancier SMUR :

Il exerce les différentes fonctions ci-dessous définies sous la responsabilité du chef de service duquel il relève.

Conducteur

  • Entretien courant du véhicule, Respect de la réglementation et du code de la route ainsi que des règles de sécurité,
  • Contrôle les niveaux, nettoie le véhicule et désinfecte la cellule sanitaire, nettoie le matériel, contrôle les signalisations lumineuses et sonores,
  • Signale les éventuelles pannes et défauts, s’assure de la sécurité de l’équipage et du patient, s’assure de l’arrimage du matériel embarqué dans la cellule sanitaire,
  • Vérifie la conformité du véhicule par rapport à la réglementation (charge utile, nombre de personnes embarquées …).
  • Vérifie l’actualité des éléments de cartographie et assure leur maintenance, vérifie les moyens électroniques d’aide à la conduite et d’assistance à l’itinéraire.
  • Recherche l’itinéraire le plus rapide et le mieux adapté à l’état du patient en collaboration avec le médecin intervenant et l’équipe.
  • Localiser les sites d’intervention et les structures hospitalières.
  • Adapte sa conduite aux situations d’urgence, maîtrise la conduite d’un véhicule en situation climatique difficile.
  • Respecte la réglementation sur la conduite des véhicules prioritaires.

Auxiliaire de soins

  • Prise en charge du patient au quotidien et en situation d’exception.RESPECT du secret professionnel et de la déontologie.
  • Participe à la maintenance de la cellule sanitaire de l’UMH en collaboration de l’équipe médicale et paramédicale.
  • Désinfecte la cellule sanitaire et procède aux techniques de traitement des déchets.
  • Vérifie les dispositifs de distribution des fluides médicaux au patient ainsi que le niveau et l’état de réserve de ces fluides.
  • Vérifie le fonctionnement des matériels embarqués (Matério-vigilance).
  • Participe à la préparation du matériel médico-technique, à l’exception des réglages, en collaboration de l’infirmier anesthésie et du médecin.
  • Connaît les protocoles utilisés au sein de son service.
  • Participe à la réalisation de gestes en collaboration avec l’équipe médicale et paramédicale.Participe à la prise en charge psychologique du patient et de son environnement immédiat en situation d’urgence médicale.

Opérateur Radiotéléphonie

  • Respect de la discrétion professionnelle.
  • Est capable d’exploiter le réseau des télécommunications au quotidien et en situation d’exception.
  • Utilise les moyens de communication embarquée.
  • Maintient le matériel de radio télécommunication en état de marche permanente et veille à son bon fonctionnement.
  • Applique les procédures de transmission.

Activités complémentaires

  • Encadre les élèves Ambulanciers en formation dans les SAMU-SMUR.
  • Pour les formateurs (MNPS ou autre) ils participent aux formations Internes de l’Hôpital, de l’IFSI ou du CESU sur la base du volontariat …
  • Participe régulièrement aux différents types d’exercices.
  • Peut s’intégrer dans les différents maillons de la chaîne médicale des secours dans les situations d’exception entant que logisticien formé à cet effet .
  • Participe aux interventions lors des plans d’alerte : Plan rouge, Plan blanc, Orsec…
  • Participe aux interventions lors des manifestations officielles et sportives.
  • Participe à la gestion et à l’installation d’un véhicule PC, à la mise en place du PMA ou d’une chaine de décontamination NRBC ou à la mise en oeuvre de la plate-forme nationale sanitaire et logistique.
  • L’ambulancier SMUR, tout comme le personnel médical et paramédical peut être rappelé à toute heure afin de renforcer les equipes lors d’un evenement exceptionnel ou d’acheminer le matériel sur le site des sinistres.

En conclusion

Le métier d’Ambulancier SMUR est un métier à part entière et la connaissance des techniques médicales permet à ceux-ci de participer à la préparation de certains actes, sous réserve que leurs exécutions soient contrôlés par les médecins ou les infirmiers anesthésiste, et dans les domaines de responsabilités qui leurs sont propres. Il n’en reste pas moins que cette connaissance n’est jamais trop élevée et qu’elle contribue à l’homogénéité de l’équipe qui travaille souvent dans des conditions difficiles.

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Photo jean françois Charles
Ambulance et véhicule prioritaire

Ambulance et véhicule prioritaire

L’ambulance de transport sanitaire privée un véhicule prioritaire ?

A l’éternelle question, moi même avant de connaitre les débats je me disais ambulance privée prioritaire ? Jamais vu ! En effet il existe bien trop d’idées reçues, de légendes urbaines, de spécialistes qui pensent savoir mais qui ne savent rien et qui ressortent dès qu’on évoque le sujet du véhicule prioritaire et son application à l’ambulance de transport sanitaire.

Le code de la route et l’ambulance

l’article R311-1 du Code de la Route :
« Véhicule d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage : ambulance de transport sanitaire, véhicule d’intervention d’Electricité de France et de Gaz de France, du service de la surveillance de la Société nationale des chemins de fer français, de transport de fonds de la Banque de France, des associations médicales concourant à la permanence des soins, des médecins lorsqu’ils participent à la garde départementale, de transports de produits sanguins et d’organes humains, engin de service hivernal et, sur autoroutes ou routes à deux chaussées séparées, véhicule d’intervention des services gestionnaires de ces voies. »

https://www.legifrance.gouv.fr/

Les véhicules AP sont donc équipées de feux spéciaux à éclats et d’une sirène « trois tons » (do-mi-do-silence) qui signifie aux usagers de la route une facilité de passage mais en aucun cas une quelconque priorité. Ces urgences sont généralement demandées par des médecins généralistes qui donnent une prescription médicale de transport cochées « urgent » ou des établissements de soins.

et

L’article R311-1 du Code de la Route, modifié par décret du 10/05/2007 :
« Véhicule d’intérêt général prioritaire : véhicule des services de police, de gendarmerie, des douanes, de lutte contre l’incendie, d’intervention des unités mobiles hospitalières ou, à la demande du service d’aide médicale urgente, affecté exclusivement à l’intervention de ces unités et du ministère de la justice affecté au transport des détenus ou au rétablissement de l’ordre dans les établissements pénitentiaires »

https://www.legifrance.gouv.fr/

Donc à destination du grand public, des agents de force de l’ordre et autres moi y compris il faut savoir qu’une ambulance privée mandatée pour une mission dans le cadre d’une intervention SAMU ou avec une prescription médicale avec la mention URGENCE défini le véhicule et son équipage comme prioritaire.

Le fait d’avoir les lumières allumées voir la sirène DEUX TONS indique un caractère urgent et cela implique une règle de citoyenneté à savoir laisser le passage. Bien sûr et comme toute autre profession voué au secours à la personne il faut prendre compte le fait que la sécurité et la prudence est de mise. Autrement dit TOUT véhicule même les pompiers doivent respecter les règles élémentaires de sécurité routière.

Un feu rouge peut être « brûlé » mais à condition de rouler au pas en surveillant bien que les véhicules qui arrivent sur les côtés et en face ont bien pris en compte le caractère urgent et assurent de laisser le passage.

Ambuance un véhicule prioritaire mais avant tout responsable

Je cite un extrait d’un texte concernant les sapeurs pompiers mais qui est transposable à toute profession effectuant des missions de transports de personnes à caractère urgent :

« LA RESPONSABILITE INDIVIDUELLE DU SP DANS LA CONDUITE D’UN VEHICULE DU SDIS

Le code de la route confère aux véhicules de lutte contre l’incendie une priorité de passage aux intersections. De même, certaines prérogative, comme la vitesse maximum fixée par les dispositions réglementaires, ne sont pas applicables aux conducteurs de véhicules de lutte contre l’incendie lorsqu’ils se rendent sur les lieux où leur intervention urgente est nécessaire. Il exonère également les passagers des véhicules de secours de l’obligation de mettre la ceinture de sécurité.

Ces dispositions n’affranchissent pas les conducteurs de véhicules de sapeurs pompiers d’une obligation générale de prudence : commet une faute le conducteur d’un véhicule de lutte contre l’incendie qui aborde un virage sans visibilité à une vitesse excessive et en empruntant la partie gauche de la route, sans s’assurer que les conducteurs survenant en sens inverse aient perçu ses signaux et aient eu le temps de se ranger sur leur droite. Il est entièrement responsable de la collision intervenue avec un automobiliste arrivant en sens inverse, dès lors que rien ne prouve que des voitures en stationnement l’aient obligé à emprunter la partie gauche de la chaussée, ni que l’automobiliste ait entendu le signal sonore. Là aussi, le SP fautif peut se voir reprocher une faute individuelle (le non-respect de l’obligation générale de prudence) alors que le SDIS sera recherché en dommages et intérêts (indemnisation des blessures de la victime par exemple). »

La vitesse et l’impact sur le patient transporté

Rouler vite oui et non car il faut aussi prendre en compte les données suivantes :

Posté par Dr House sur un forum de sapeur pompier. Je l’ai copié car j’ai trouvé la réponse très intéressante d’un point de vue pédagogique et d’un point de vue connaissance :

J’aimerais ajouter un petit truc de ma part concernant les effets du transport sur l’organisme humain, au cas où certains (AP comme SP) roulent comme Fangio pour aller sur une inter et pour aller aux urgences avec le patient à son bord.

Alors un petit rappel pour certains car le transport d’une personne est un facteur de stress qui s’ajoute à la pathologie initiale. Durant le transport en ambulance/VSAV, les effets de la conduite vont avoir des retentissements sur l’état du patient.
Lors d’une accélération brutale, le sang va être poussé vers les pieds, au contraire lors d’une décélération brusque, il va être propulsé vers la tête.
Ce phénomène est accentué si la victime présente des troubles de la circulation avec une PA basse (hémorragies par ex.). Dans cette situation, les accélérations et décélérations peuvent avoir des conséquences sur la PA.
Les chaos de la route, la rudesse du brancard et les vibrations entraînent des secousses qui ont des conséquences en cas de trauma du patient. Des douleurs peuvent survenir lors du transport, rendant celui-ci particulièrement insupportable.

Parlons aussi du « mal des transports » qui est un phénomène très fréquent en particulier chez les enfants de 3 à 12 ans et les personnes âgées.
Toutes les informations du transport (vision, sensation de vitesse, équilibre…) sont transmises au cerveau et analysées.
Quand un patient est allongé sur un brancard, à l’inverse du sens de circulation et sans point de repère visuel, l’organisme ne parvient pas à organiser les informations, ainsi l’organisme est comme « déboussolé ». De plus, il existe des connexions entre les centres de l’équilibre et le nerf vague (pneumogastrique), ce qui explique l’apparition de malaise, nausées, vomissements et somnolence. Ces sensations sont favorisées aussi par d’autres facteurs extérieurs : les odeurs, la chaleur, le confinement et le bruit.

Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire sinon que les dérogations dont nous, AP et SP, bénéficions du Code de la Route doivent être adaptées à la mission : l’ambulancier ou le sapeur-pompier
doit accommoder son comportement sur la route.
Conduire une ambulance ou un VSAV oblige l’ambulancier ou le sapeur-pompier à une plus grande vigilance des règles de sécurité et du Code de la Route. Les droits qui sont accordés aux AP ou SP ne doivent pas faire l’objet d’abus, ceux-ci étant bien évidemment sanctionnables.

Si vous lisez ces lignes ce post n’est pas voué à polémique il est là pour informer, il est possible que les données présentées soient erronées ou incomplète je vous laisse donc m’apporter les modifications à apporter pour éviter toute confusion.

En conclusion

La vitesse n’est pas un élément qui vous permettra de changer le cours des choses à moins de rouler à des vitesses très importantes. Donnez la priorité à un parcours intelligent où vous serez certain de gagner du temps sans devenir un danger pour les autres. De plus si missionné par le 15 (ATSU, garde préfectorale) vous devenez VIGP (Véhicule d’Intérêt Général Prioritaire). Si ce n’est pas le cas attention vous restez un véhicule avec facilité de passage.

Respectez les règles de base en matière de prudence : être certain d’être vu et entendu et surveiller les automobilistes autour de vous ! De nombreux articles similaires sont visibles sur le site à des stades de développement ou sur des thématiques plus précises n’hésitez pas à les consulter.

Devenir ambulancier SMUR, comment faire ?

Devenir ambulancier SMUR, comment faire ?

Quand je serais grand je serais ambulancier SMUR

Devenir ambulancier SMUR, c’est une question qui revient souvent. Pour répondre aux interrogations de nombreux nouveaux membres ou visiteurs,et pour éviter de devoir répondre quasi-quotidiennement aux mêmes (légitimes) interrogations,vous trouverez ici quelques éléments de base pour celles et ceux qui désireraient occuper un poste d’ambulancier au sein d’un SMUR.

Première chose,on ne se lève pas un matin en se disant « J’ai le permis,je suis un « pylote », je suis sur que le SMUR de ma ville n’attends que moi ». Sachez que le chemin sera plus ou moins long selon les diplômes qu’ils vous resterait à passer,votre expérience et pas mal d’autres facteurs (localisation,relations intra-hospitalieres…)

Il existe deux « cadres » de SMUR,

Les conditions de recrutement mais également les textes réglementaires et les conventions collectives n’étant pas les mêmes.

Le SMUR sous contrat avec une entreprise de transport sanitaire privée :

Vous serez employé au sein d’une entreprise de transport sanitaire privé qui vous mettra à disposition du service hospitalier qu’est le SMUR, ainsi que l’ambulance, car cette entreprise a répondu à un appel d’offre émanant de l’hôpital et à signé un contrat commercial pour la location du véhicule et des ambulanciers.

Vous serez régi par la convention collective des transports routiers, ne serez pas par contrat indéboulonnable du SMUR et ne ferez en rien parti du personnel hospitalier. L’hôpital fournissant matériel, médecin, infirmiers. Ce n’est pas la forme la plus répandue (tendant même à disparaître) mais il y a encore quelques sites éparpillés sur le territoire qui fonctionne de la sorte.

Ce n’est pas non plus la forme la plus intéressante pour l’ambulancier, ce dernier étant assujetti à l’accord-cadre, étant sur « un siège éjectable » et ne disposant pas des avantages inhérents à la fonction publique.

Le SMUR « hospitalier » :

Dans ce cadre (en clair,la majorité), c’est l’hôpital ou un service y étant rattaché qui possède les véhicules et emploie les ambulanciers. Vous serez donc personnel hospitalier (personnel technique pour être précis),la mention conducteur ambulancier de telle catégorie apparaîtra sur votre fiche de paie,vous serez régi par la convention collective hospitalière et travaillerez donc 35h par semaine, serez rémunéré par une grille salariale, bénéficierez des possibilités de formations etc…

Vous ne serez pas systématiquement titulaire dès votre prise de poste. Vous passerez généralement par une période plus ou moins longue de contractuel (CDD) avant de passer un concours sur titre (et c’est à ce moment précis que la FAE deviendra obligatoire) et être titularisé après une période dite de « stagiaire » d’un an, la période contractuelle étant inclus.

Les conditions à remplir

Le Diplôme d’Etat d’Ambulancier est obligatoire pour quiconque prétendant à conduire une ambulance de réanimation. Seuls les VLM (Véhicule Léger Médicalisé) peuvent être conduit par n’importe qui, mais nombres d’hôpitaux préfèrent encore mettre des ambulanciers à ce poste.

La FAE (Formation Adaptée à l’Emploi,durée 4 semaines) sera obligatoire UNIQUEMENT pour les ambulanciers hospitaliers titulaires. Après, rien n’empêche l’employeur (privé ou public) de demander cette FAE, mais elle ne sera pas législativement obligatoire, c’est à son choix.

Le permis poids-lourd serait obligatoire dans les textes pour les ambulanciers titulaires de la fonction publique hospitalière, bien que dans la pratique nombre de titulaires n’en disposent pas… Donc,pour éviter les « moi on me la demandé » et les « moi j’en connais des ambulanciers smur sans PL » on va dire que ça va être du cas par cas selon les administrations. Dans le cadre des SMURsous contrat avec des privés, c’est l’établissement qui demandera par contrat si les ambulanciers doivent avoir le PL ou non.

Le stage de conduite d’urgence n’est pas toujours obligatoire pour les ambulanciers privés sous contrat, cela dépendra également des assurances. Ils sera par contre nécessaire avant la prise de poste dans de nombreux cas, notamment en hospitalier.

Et après, comment je fais ?

Il ne faut pas rêver,même avec ces trois diplômes en poche, vous ne trouverez que très difficilement un poste d’ambulancier SMUR sans une expérience précédente d’ambulancier privé. Une expérience de l’urgence sera bien sur un plus très net.

N’attendez pas non plus bras croisés qu’un SMUR viennent vous démarcher, ça reste des cas très exceptionnels et la plupart des ambulanciers en poste ont fait des pieds et des mains pour avoir ne serait-ce qu’un entretien. Il faut donc garder ses oreilles ouvertes, se faire des connaissances dans ce petit milieu (là encore, l’expérience sert…) et être parfois prêt à une certaine mobilité.

De même, les petites annonces « Recherche ambulancier SMUR » ne sont pas légion et émaneront de toutes façons de sociétés privés, donc écumer les sites d’emploi ne vous sera pas d’une très grande utilité. Pour la quasi-totalité des ambulanciers smur, le chemin aura été plus ou moins long et est le fruit d’années d’expérience. Mais rien n’est impossible pour celui qui est motivé et saura tirer son épingle du jeu.

devenir ambulancier smur
Ambulancier SMUR, les carrières, le salaire

Portrait d’un ambulancier SMUR

Portrait d’un ambulancier SMUR. Ce portrait est un des tous premiers articles parus sur le site. A ce moment je débutais totalement. J’avais eu la chance à ce moment d’avoir le soutien et l’intérêt de quelques ambulanciers motivés au travers d’un forum de discussion qui était une source d’information passionnante. Ce portrait reste tout à fait d’actualité.

Quel est ton métier actuel ?

Je suis depuis près d’un an ambulancier au SAMU de Paris, affecté plus précisément au SMUR de l’hôpital Hôtel-Dieu comptant une seule Ambulance de Réanimation dépendant de la régulation du SAMU 75 basée à l’hôpital Necker. Nous effectuons environ 1700 interventions par an. Je me considère un peu comme un privilégié dans ce milieu, car j’ai le double avantage de faire un métier formidable sur un des plus beau site de France, en plein cœur de Paris en face de la cathédrale Notre-Dame !

Tu es arrivé comment dans cette profession ? Une vocation ?

Oui et non… En fait, je pensais depuis assez longtemps à me retrouver un jour derrière le volant d’une ambulance, mais sans savoir vraiment en quoi consistait ce métier ni comment y parvenir. J’ai donc occupé pas mal d’emploi de 18 à 24 ans, notamment du transport d’organes et de sang ou comme chauffeur au Samu Social de Paris. C’est à cette période que j’ai rencontré une personne, qui est devenu assez rapidement un ami et même mon employeur quelques années après, qui était ambulancier au sein d’une société en pleine restructuration qui cherchait du personnel, même débutant tant que la motivation y était.

A mon grand étonnement, j’ai fait valider mon permis de conduire, passé mon AFPS (à l’époque cela suffisait pour être le second membre d’équipage) et dès le lendemain, je me retrouvai dans une ambulance ! La chance que j’ai eu à été de faire ces premiers pas au sein d’une entreprise sérieuse qui se donnait les moyens d’assurer les urgences que transmettait le SAMU. J’y ai fait la connaissance de plusieurs ambulanciers-smur qui venaient y faire des vacations et qui m’ont transmis le virus. Cette expérience à durée un an, jusqu’au dépôt de bilan de cette société, ce qui m’a permis d’avoir un peu de temps devant moi pour passer mon CCA (financé de ma poche, soit dit en passant).

Par la suite, mon ami sus cité à ouvert sa propre entreprise et c’est tout naturellement que j’ai travaillé pour lui. Son choix fut d’axer son activité sur l’appel d’urgence et c’est là que durant 3 ans j’ai pu vraiment me faire une expérience complète en enchaînant les interventions pour le SAMU les unes après les autres (on doit être dans les environs de 10000 interventions sur cette période uniquement pour mon équipage). Au bout de deux ans, j’ai intégré un smur privé du secteur et l’expérience, bien qu’enrichissante, ne fut pas probante.

L’esprit régnant n’était pas vraiment ce que j’attendais et il me manquait sûrement une expérience à finir dans le secourisme avant de tourner la page. J’ai donc réintégré la société d’où je venais et ai passé ma dernière année d’ambulancier privé avec une collègue également CCA qui est devenue une vraie amie et qui est également ambulancière à ce même SMUR à l’heure actuelle, où elle se sent comme un poisson dans l’eau. Comme une entreprise, un SMUR peut convenir à une personne et pas à une autre selon ces us et coutumes. Mon entrée au SAMU de Paris fut le fruit de ce travail accompagné d’une bonne poignée de chance car est consécutive à une candidature spontanée.

Ambulancier SMUR, quel est ton quotidien ?

L’ambulancier en SMUR est un pilier central. Peut-être même encore un peu plus dans un smur comme celui où je travaille car nous sommes mutualisés avec les urgences. Ce qui signifie que les infirmiers et les médecins montant des gardes au smur effectue la majorité de leur temps de travail aux urgences. Par contre lorsqu’ils sont de garde au smur, ils ne font rien d’autres. Les seuls « permanents » sont donc les quatre ambulanciers ainsi qu’une IADE (infirmière anesthésiste), la seule que compte notre service et qui nous quittera bientôt sans être remplacée.

Il nous faut donc connaître sur le bout des doigts le contenu de notre UMH ainsi que d’assurer le suivi du matériel, l’infirmier du jour n’étant peut-être pas monté dans l’ambulance depuis quinze jours et ne revenant pas avant trois semaines ! Il faut donc savoir où est rangé et en quelle quantité l’ensemble du matériel médical et des médicaments, mais aussi connaître leur utilité et mode d’action et savoir les mettre en œuvre. Ce qui n’est pas un mince affaire dans les débuts, il faut s’attendre à quelques migraines ! Nous avons également en charge l’état général, mécanique et sanitaire du véhicule.

Les temps d’attente entre les interventions peuvent parfois être très longs (ou des fois très courts voir inexistants !) à nous de les meubler de la manière la plus optimale qui soit. Une fois le matériel vérifié et la cellule désinfectée, nous pouvons mettre en place des séances de formations au pied levé, coordonnées par le médecin, durant lesquelles nous reverrons telle ou telle prise en charge notamment sur des pathologies que nous rencontrons rarement mais pour lesquelles il faudra être efficace le jour J.

Nous rentrons également dans le processus de formation, étant dans un CHU, auprès des externes (étudiants en médecine, dans notre cas des quatrième année de doctorat) et des stagiaires (stagiaire IADE, élève sage-femme, élève ambulancier, médecin en formation CAMU…) venant se former aux aspects spécifiques du pré-hospitalier.

En interventions, nous sommes responsables de la sécurité de l’équipe durant le trajet puis, en parallèle de l’IDE, du matériel. Nous nous mettrons sous les ordres du médecin au chevet du patient puis assurerons l’évacuation de ce dernier avec l’équipe sur place (généralement BSPP mais aussi associatifs, ambulanciers…) le cas échéant.

Nous proposerons au médecin les moyens d’évacuation les plus adaptés à l’état du patient et à la spécificité des lieux. Cela pourra finir avec un camion échelle si escaliers impraticables, le GREP, une demande d’ambulance adaptée si patient en obésité morbide (nos brancards ne supportant pas plus de 180 kg) ou une simple descente rapide en chaise si c’est le temps qui prime et que l’état de santé du patient le permet.

 Une fois dans l’ambulance, après les soins qui auront pu être prodigués, nous vérifierons que la victime est bien sanglée, que le matériel est fixé (se prendre un scope de 20 kg sur le coin du museau peut surprendre… ) et que chacun est en sécurité à sa place avant de démarrer sur l’accord du médecin. Au final, je ne passerai généralement que peu de temps au volant, en moyenne 30-40mn en temps cumulé.

Que préfères-tu dans ton travail ?

Dans un premier temps, c’est l’assistance à une personne en détresse. Je ne saurai le décrire précisément, mais certaines personnes trouvent leur équilibre en faisant du bien. On se sent réellement utile au sein de la société, on veille sur son prochain. Ensuite, vient l’adrénaline.

Ne nous voilons pas la face, c’est ce qui stimule la quasi-totalité des professionnels de l’urgence, quelle que soit leur corporation d’ailleurs. Il ne faut rien y voir de malsain, c’est simplement que certaines personnes ont besoin de cette pression pour se stimuler et trouver un réel insert à ce qu’elles font.

Le travail en équipe me plait aussi. On ne passera peut-être pas ses vacances avec chacun de ces collègues, mais dans l’ensemble il se crée un lien particulier. C’est également vrai en ambulance privée, peut-être même plus, car une réelle entente voir une complicité est nécessaire au bon déroulement des taches.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Des « histoires de chasse » j’en ai un certain nombre ! Mais je dois avouer que, jusqu’à présent, la grande majorité des interventions qui me resteront en mémoire sont mes « premières fois » et la plupart ont eu lieu en ambulance et non en SMUR. De plus, en ambulance nous sommes beaucoup plus vite « débordés » car pas de moyens médicaux matériels ou humains à disposition. C’est un peu « la b..e et le couteau ».

Je garderai donc en souvenir mon premier arrêt cardiaque (patient non réanimé) qui en plus à eu lieu dans des circonstances un peu particulières car c’était la première intervention que je faisais avec un vacataire qui commençai le matin même ! Ce dernier, exerçant en smur depuis plusieurs années, à su gérer la situation de manière calme et posée puis m’a bien aidé à passer le cap dans les heures qui ont suivies. Je ne saurai que l’en remercier.

Me restera un très mauvais souvenir d’un patient décédé dans mon ambulance, s’asphyxiant sous nos yeux suite à un OAP massif et pour lequel le smur est intervenu au bout de 4O minutes ! Il se savait en train de mourir et, avant de perdre connaissance, nous implorait du regard de le sauver, choses que nous n’avons pu, mon collègue et moi-meme, faire. Dans ces cas-là, on se sent bien petit et inutile car on sait parfaitement que les manœuvres entreprises seront vaines.

Un meilleur sera sur la fin de ma carrière privée avec une première réanimation réussie (après l’intervention médicale, bien sur) ! Le genre de chose qui motive, même encore maintenant (les smur ne font que très peu de réanimations réussies et il faut savoir qu’a moyen terme il n’y a qu’1% de survie !)

Mention spéciale aussi pour mes trois premiers accouchements, également dans le privé, s’étant déroulés sur 3 gardes d’affilées ! Moments formidables également, pour peu que tout se déroule bien, la catastrophe n’étant jamais bien loin.

Il y a bien sur des anecdotes plus légères et amusantes, comme cette jeune fille s’étant enduit la main de mousse expansive en bricolant ! Ou ce jeune homme bien gêné de s’être rompu le frein du prépuce le soir de son anniversaire avec sa petite amie, toute aussi gênée. Bref, toutes ces petites histoires qui égaient un quotidien parfois dur.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Ce qui passera avant tout, ce sera la motivation. Avec un minimum de rigueur, d’application et d’investissement personnel le reste suivra tout seul. La présentation doit également subir un minimum de soin ne serait-ce que par respect des personnes transportées, des collègues et de l’image dégagée. En parlant de respect, celui-ci doit être omniprésent, que ce soit envers les patients, le personnel soignant, les autres acteurs (pompiers, policiers…), ses collègues et même les citoyens (si on peut éviter d’hurler des jurons et de faire des gestes aux autres usagers de la route, c’est bien !)

Un petit mot sur la forme physique qui doit tout de même être entretenue, surtout pour les candidats n’ayant pas un très bon capital force et endurance à la base. Il peut y avoir à fréquence variable des brancardages difficiles (un homme de 90kgs à descendre sur 11 étages sans ascenseur, ça existe…) et il faut pouvoir l’assurer en toute sécurité. La conduite est bien sur un aspect non négligeable, le niveau d’un nombre certains d’ambulanciers (même parfois en smur) me semble sommes toutes moyen.

On ne naît pas en sachant conduire, ça s’apprend et il y a des écoles pour çà. Je rajouterai que ce n’est pas la sirène ou les croix bleues sur les portières qui sauveront la vie de qui que ce soit et que la plus grande prudence doit toujours être de mise. Le moindre accident faisant bien sur les choux gras des détracteurs et porte le discrédit sur l’ensemble de la profession.

Au niveau intellectuel et connaissances, la curiosité est bienvenue. Trop d’ambulanciers ne savent pas vraiment pourquoi ils font tel ou tel geste, pourquoi le patient va dans ce service et les soins que l’on va lui prodiguer ou encore en quoi consiste vraiment la pathologie du patient qu’ils viennent de prendre en charge.

Une plus grande connaissance permettra d’être plus à l’aise, ce qui ne manquera pas de rassurer le malade qui se sentira réellement pris en charge, de transmettre des bilans plus complets à la régulation et de comprendre le potentiel charabia qu’est en train de vous raconter le médecin ou l’infirmière qui vous confie un patient. En fait, l’enseignement du DEA doit être considéré comme une base et sera agrémenté de connaissances supplémentaires débouchant de l’expérience au fil du temps.

Donc quand on ne sait pas, on le dit et on demande une explication si le besoin s’en fait sentir, sinon on garde ce « mystère » dans un coin de sa mémoire pour se documenter par la suite.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

A quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier, je ne peux que lui dire de s’accrocher, que les débuts ne seront peut-être pas faciles, il sera sûrement parfois tenté d’arrêter mais en y réfléchissant et en faisant les bons choix, c’est un métier qui peut apporter énormément au niveau personnel.

Je pourrai lui conseiller également d’écouter tout les conseils que les plus anciens pourraient lui donner mais d’y faire le tri et de décider de lui-même l’ambulancier qu’il veut être.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Les premiers à devant faire des efforts, ce sont les ambulanciers, employés et dirigeants, eux-mêmes. Lorsque nous serons tous à la hauteur des taches qui nous sont confiées, alors nous pourrons nous permettre de demander plus. De toutes façons, a part apporter le plus grand soin à son travail, un ambulancier salarié ne pourra faire grand-chose de plus pour faire bouger les choses, mais si nous nous y mettons tous, alors il pourra y avoir des changements.

Un exemple tout bête : lorsque les pompiers se rendent au domicile d’une personne en détresse, la victime et son entourage leur font une entière confiance, simplement à la vue de leur uniforme et par la réputation qui les précède, ensuite s’ils ne sont pas à la hauteur, peut-être l’avis changera.

En tant qu’ambulancier, c’est exactement le contraire ! De prime abord il y aura souvent une méfiance car beaucoup de gens nous imaginent comme des chauffeurs de taxi et au fil de l’intervention, si tout se passe bien et que les gens se sentent complètement pris en charge de manière efficace, ils verront les choses sous un autre angle.

Le problème, c’est que les deux cas présentés ne seront perçus que comme des exceptions. Dans l’imaginaire collectif, le pompier nul est aussi rare que le bon ambulancier… C’est donc à nous, et surtout à la nouvelle vague d’ambulanciers, de changer çà en faisant preuve de sérieux à chaque prise en charge.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Serait-ce vraiment une bonne idée ? (rires)

J’aurai bien quelques suggestions, sommes toutes personnelles et qui ne plairont sûrement pas à tout le monde mais qui sont, je pense, à méditer.

La première chose, qui est une grande injustice, serait la suppression des coefficients modérateurs pour les salariés du privé. C’est quoi cette loi qui oblige un salarié à offrir du temps de travail gracieusement à son entreprise ? Dans un deuxième temps, je laisserai le DEA tel qu’il est mais destiné à des ambulanciers qui ne feraient que du transport sanitaire. Et instaurerai une formation calquée sur celle de nos voisins paramédicaux (voir vers la Suisse, entre autre) pour les appels d’urgence.

Sans forcement passer sur un système « scoop and run » mais sans non plus devoir faire venir un SMUR pour une douleur thoracique ou un coma hypoglycémique, choses qui peuvent être parfaitement gérées puis orientées dans le service adéquat par des paramédicaux formés et équipés. Cela engendrerai une baisse des coûts et une plus grande disponibilité des médecins pour des cas où leur présence serait réellement nécessaires.

Et on en fait quoi des ces ambulanciers « urgentistes » ? On les rattache à des hôpitaux ou des centres de secours des pompiers. Ceci afin que tout le secours en France soit assuré par le service public, ce qui limite les dérives. Et pour le financement, en récupérant auprès de la sécurité sociale ce qui aurait été versé pour les interventions d’ambulances privées et de SMUR (qui du coup auraient non seulement une forte baisse d’activités, donc moins de facturations et besoin de moyens moindres…) cumulé au financement des pompiers (dont le secours à victime représentant près de 75% de l’activité) il y aurai sûrement de quoi faire.

Ah, qu’il est doux de rêver…

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance, fer de lance du métier d’ambulancier

Sous l’impulsion de Patrick YOUX, le patron, cette grosse compagnie d’ambulances nantaise est l’un des fers de lance du métier en France, et sans doute aussi l’une des plus belle vitrine nationale de la profession, en ayant su marier la « technique » et l’« humain » au juste dosage. Largement tournée vers le monde du secours anglo-saxon et en particulier canadien, Assistance Ambulance est de tous les congrès et de tous les partenariats (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Canada et en particulier la Belle-Province, ce Québec si cher à mon coeur…), pour une optimisation de l’efficience de ses personnels de terrain.

La meilleure illustration reste le degré de technicité des ambulanciers DE de la compagnie. Jugez plutôt : tous les ADE sont titulaires du PHTLS (Pre-Hospital Trauma Life Support, un programme de formation US né au John Hopkins’ Hospital de Chicago, Illinois). L’ efficacité des personnels de terrain trouve également son explication dans les faits : Assistance Ambulance assure des gardes SAMU 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, comme seules peuvent le faire des structures qui s’en donnent les moyens.

Des ambulances sur-équipées

En parlant de moyens, outre les ASSU classiques dont dispose Assistance Ambulance et équipées a minima de multiparamètres, défibrillateurs automatiques externes, détecteurs de monoxyde de carbone, Backstraps™, KEDs™ (Kendrick Extrication Device, un dispositif d’extraction de victimes – d’accidents de la route, par exemple) en plus du matériel standard d’évaluation clinique incontournable (oxymètre de pouls, tensiomètre et brassards de toutes tailles) et du matériel d’immobilisation plus classique (matelas « coquille » à dépression, attelles etc…) ainsi que du « consommable » (pansements américains, compresses, matos de désinfection de plaies, kits d’accouchements, champs stériles, couvertures isothermes, masques O2 simples, HC etc, tubulures et sets de perfusion avec Ecoflacs® de divers solutés et j’en passe…)

Cette société-modèle a une spécificité remarquable : la néonatologie et la réa pédiatrique en milieu pré-hospitalier, avec le matériel ad hoc : des incubateurs spécifiques adaptables aux brancards et bien sûr, la formation appropriée du personnel.

On dit que l’uniforme ne fait pas l’ambulancier. C’est vrai. Mais quand on voit la « gueule » des uniformes portés par ces professionnels, on ne peut, en tant qu’ambulancier soi-même, s’empêcher de se dire : « Ils se donnent vraiment les moyens de tirer vers le haut une profession sinistrée et d’en donner une image vraiment pro !… », puis d’admirer, béat, les mecs lorsqu’arrive un hélico du SAMU sur la DZ, pour la prise en charge d’un nourrisson intubé-ventilé, placé avec délicatesse par deux ambulanciers au top, dans l’incubateur solidement arrimé au brancard !

Ainsi, leur ASSU-PÉDIATRIQUE, ornée d’un ours-mascotte, en dit long sur le sens donné au mot « humain » par le patron et toute l’équipe d’ambulanciers d’Assistance Ambulance.  Une politique interne rigoureusement tournée vers « L’Autre », vers l’efficience de ses vecteurs et le professionnalisme inattaquable de son personnel font définitivement d’Assistance Ambulance un partenaire de tout premier choix dans quelque situation que ce soit.

A tous les personnels d’Assistance Ambulance, dans cette trop lointaine ville de Nantes ! A Patrick Youx, à Jean-René Letilly et à « Berthilde-l’inconnue »…, ne vous arrêtez jamais ! Vous êtes un modèle à suivre par toutes nos sœurs et tous nos frères ambulanciers de France. Quoiqu’il arrive !

Mais d’autres sociétés existe sur le même profil

J’ai également appris que les Ambulances Mader au travers de cette article faisait de l’AVP également et bien d’autres sociétés :

C’est vrai, du fait de leur ouverture sur le monde ambulancier étranger avec des partenaires comme Urgence Santé à Québec (rien de moins !), ils ne peuvent qu’évoluer très vite malgré les freins de la législation franchouillarde, hélas ! Il n’existe à ma connaissance que très peu de ces entreprises. A vrai dire, j’en connais trois sur toute la France: Le CSA (Centre de Secours Ambulancier) de CAP CIR-CERDAGNE, dans le 66, où le patron, Eric Levray est un authentique urgentiste dans l’âme !

Sinon, plus proche de moi, en Alsace, je ne vois que Rescue 68, une structure petite, mais ne travaillant qu’en partenariat exclusif avec le SAMU 68 et SOS Médecins, sur Mulhouse. Son boss, François Dannenmuller, est un pur urgentiste également. Enfin, il y a les Ambulances MADER, dont Franck Mader assure la présidence. Grosse structure, très puissante, se dotant de moyens énormes, tant humains en termes de formations et de recyclages, que de moyens “vecteurs”, avec cellules carrées, VLM, gyros tournants et deux tons (ils font de l’AVP, au grand dam des pompiers du cru !). Et surtout, une rigueur ne laissant planer aucun doute sur la compétence de ses personnels.

A Colmar, il y a une grosse compagnie nébuleuse d’environ 150 ambulanciers répartis sur plusieurs sites. Je salue le haut degré de professionalisme des ambulanciers de cette société très performante en termes de formations et de moyens déployés sur le terrain. Ambulanciers SMUR, les mecs et les nanas de cette boîte sont réellement des pros, au sens noble du terme. (Dans le tas, il y a forcément une ou deux têtes qui ont chopé le melon, mais on s’en fout, c’est humain, cet orgueil…)

Ils restent tous malgré tout des pros très chevronnés ! Ce que je déplore au sein de cette boîte qui m’a formé en partie, c’est que les moyens de catégorie A, dont deux ou trois cellules type “cube”, sont dévoyés de leur mission d’origine, l’URGENCE, pour faire aussi du transport sur prescription, des sorties d’hospi, ou des consultations, sans parler des séries kiné ou hémodialyse. Une hérésie !

Dommage, avec leur niveau et leurs outils, que les moyens ne soient pas rigoureusement maintenus dans leurs spécificités propres, hélas ! Il s’agit d’une politique interne que personnellement je ne peux que déplorer. Cependant, le job qu’ils font est quand même d’une très grande qualité !

Exemples a suivre …..