La planche de massage

La planche de massage

Non cet article n’est pas là pour vous proposer une remise exceptionnelle sur la planche à masser vendu sur télé shopping.  Ce ne sera pas non plus un cours complet de remise à niveau sur les gestes d’urgence en cas d’arrêt ventilatoire hormis un rappel basique et très rapide.

La planche de massage cardiaque est une planche de type plan dur mais de taille plus courte que le plan dur destiné à l’immobilisation d’un patient avec traumatisme/polytraumatisé etc qui va servir dans certaines conditions. Il est bien entendu que le plan dur peut sans problème remplacer ce type de matériel.

La réanimation cardio-pulmonaire

Tout ambulancier ou secouriste est à même de détecter si une réanimation cardio-pulmonaire est nécessaire ou non. Ma phrase porte à sourire je me doute mais on ne sait jamais. Un rappel basique des choses : l’arrêt cardio respiratoire c’est quand un patient est insconscient et ne ventile plus.

Donc la procédure d’urgence hormis bien entendu un bilan vital rapide au 15 est la mise en oeuvre des procédures de réanimation de type RCP avec insufflation d’oxygène au BAVU et mise en place du DSA etc. Je ne vais pas ressortir ces bases du placard elles doivent être dans tous les esprits en permanence. Si ce n’est plus le cas changez de job vous êtes cuit ou alors filez vite en recyclage…

Masser oui mais attention

Pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire c’est une chose mais il ne faut pas oublier un détail : pour que les gestes de secours soient optimum il est indispensable que le patient repose sur un plan dur. Ce plan dur permettra que les compressions thoracique soient les plus efficaces possible. Je vous laisse imaginer sans difficulté ce que peut donner une RCP sur un matelas médical ou encore sur le matelas d’un brancard. A part ne servir presque à rien vu que le thorax du patient va s’enfoncer en partie dans la literie je doute de l’efficacité du massage.

Pourquoi une planche

Exercice tout simple : vous êtes en ambulance, votre patient tout d’un coup est en arrêt cardio respiratoire, quelle est votre attitude hormis les principes primordiaux évoqués plus haut ? Le mettre sur le plancher de l’ambulance ? Le sortir dehors par terre alors qu’il pleut à verse sous une température avoisinant les 5 degrés ?

Que nenni : la solution la mieux adaptée c’est de faire glisser la table de support du brancard latéralement pour avoir de la place autour du patient, glisser cette fameuse planche sous le patient et débuter vos gestes de premier secours. Le patient est sur le brancard, votre massage est optimisé grâce au plan dur qui est glissé dessous. Votre patient est au sec, au chaud et l’équipe médicale peut arriver et s’installer rapidement malgré la place restreinte. Les modèles commerciaux possèdent en général un profilé adapté et ergonomique.

planche de massage réanimation cardio pulmonaire

environ 50 euros TTC par ex chez http://www.quirumed.com/fr/Catalogo/articulo/25546

Un matériel utilisable partout

Réalisé dans une matière permettant la désinfection, la planche de massage ou plan dur pourra être utile dans divers endroits : au domicile, à l’hôpital, dans l’ambulance… Alors certes ce n’est pas un cas de figure que l’on rencontre au quotidien mais ça reste tout de même un matériel indispensable.  

Optionnel sur le point de vue législatif (normes d’équipements des ambulances) c’est un matériel qui devrait être obligatoire au vu de son utilité. Si vos ambulances ne sont pas encore équipées il serait bon de le rappeler à vos employeurs respectifs. A savoir que la solution « Do It Yourself » peut être envisagée si les paramètres de solidité sont respectés (planche d’olivier). Sur ce dernier point j’émet un doute mais si certains collègues qui me lisent utilisent une planche maison je serais intéressé par leur retour sur cette question.

Les planches de massage automatique

Il existe des systèmes de planches destinées à mettre en oeuvre les compressions en mode automatique : l’Autopulse de Zoll ou encore Lucas. Ces systèmes permettent une mise en oeuvre rapide et automatisée du massage. Ils libèrent ainsi un opérateur.

Je n’irais pas plus loin que l’évocation puisque c’est un système assez peu répandu et à priori la Société française de médecine d’urgence n’est pas favorable à la généralisation de ce type de matériel. Un manque d’étude portant sur les effets bénéfiques ou non de ce type de matériel serait mis en avant. Je vous laisse quand même découvrir les vidéos de présentation de ce type de matériel.

Je n’irais pas plus loin sur l’utilisation de ce type de matériel car je vais me faire descendre en flèche par les autres professionnels de santé. Je reste à ma place d’ambulancier ;=)

Système LUCAS

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Autopulse Zoll

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L’échelle visuelle analogique

L’échelle visuelle analogique

L’échelle visuelle analogique : la douleur

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Description Wikipédia : Une douleur est une sensation désagréable ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Elle peut être provoquée par un traumatisme (brûlure, plaie, choc) ou une maladie, mais aussi par un mauvais fonctionnement du système nerveux responsable de sa transmission. Habituellement, elle correspond à un signal d’alarme de l’organisme pour signifier une remise en cause de son intégrité physique.

Un individu pourrait ressentir une sensation extrêmement désagréable, voire insupportable, qui peut provoquer un mouvement réflexe de retrait (au niveau des membres et des extrémités) ou un changement de position du corps. D’après l’IASP (International Association for the Study of Pain), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d’une telle lésion ». 

L’évaluation et le diagnostic de la douleur étant complexe, l’IASP précise bien, notamment en ce qui concerne la douleur chez l’enfant, que « L’incapacité à communiquer verbalement n’infirme pas la possibilité que l’individu éprouve de la douleur et nécessite un traitements approprié pour soulager la douleur. La douleur est toujours subjective … »

Les deux types de douleurs

Douleur aiguë :La douleur aigüe est une douleur vive, immédiate, et généralement brève. Elle est causée par une stimulation nociceptive de l’organisme, tel une lésion tissulaire, pouvant se produire sous la forme d’un stimulus thermique (contact de la peau avec du feu) ou mécanique (un pincement, un coup).

Douleur chronique : Les douleurs chroniques sont des douleurs prolongées dans le temps : elles sont définies par des douleurs qui évoluent depuis plus de 3 mois

La prise en charge de la douleur enjeu de santé publique

Critère de qualité et d’évolution d’un système de santé, l’évaluation et la prise en charge de la douleur constituent un véritable enjeu de santé publique. La loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé du 4 mars 2002 reconnaît le soulagement de la douleur comme un droit fondamental de toute personne. La lutte contre la douleur est également une priorité de santé publique inscrite dans la loi de santé publique de 2004.

L’échelle visuelle analogique ou EVA, qu’est ce que c’est ?

Cette échelle permet une auto évaluation de la douleur ressentie par une victime/patient. Utilisée lors de la présence d’une douleur aigüe (suite à un traumatisme par ex) ou une douleur chronique. Quelle que soit son origine. Elle va donc permettre à la victime de pouvoir donner une mesure évaluative de la douleur qu’elle ressent grâce à cet outil.

L’échelle visuelle analogique à quoi ça ressemble ?

La règle EVA se présente sous la forme d’une petite réglette graduée à deux faces. La première face est destinée à la victime avec un curseur mobile qui se déplacera d’un bout à l’autre. Au départ de la règle l’extrémité correspond à « Absence totale de douleur » et va jusqu’à l’autre bout correspondant à « Douleur maximale imaginable ». Suivant le modèle la partie graphique peut être représentée de façon diverse : triangle avec en bout le plus fin absence de douleur et partie la plus large pour douleur maximale.

Présentée sous cette face au patient c’est lui qui fera glisser le curseur jusqu’à la zone qu’il jugera correspondre à la douleur ressentie.

De l’autre côté de cette règle se situe la partie dédiée à l’ambulancier. Elle est représentée sous la forme d’une règle millimétrée permettant d’obtenir le chiffre correspondant à la douleur ressentie et ainsi obtenir le score. C’est à dire une évaluation de 0 à 10.

L’échelle visuelle analogique à quoi ça sert ?

Dans le cadre d’une prise en charge par les ambulancier l’EVA permettra plusieurs choses. tout d’abord dans le cadre d’un transport à la demande du médecin ou du SAMU centre 15 l’évaluation s’inscrira naturellement dans la réalisation du bilan écrit et celui transmis à la régulation. Cette information viendra compléter le reste et permettra au permanencier ou au médecin régulateur d’adapter la suite de la prise en charge.

Dans le cadre d’un transport classique elle permettra une fois chiffrée de pouvoir adapter au mieux les manipulations et d’être plus attentif à certains détails important : localisation, position, éléments supplémentaires de confort (caler à l’aide d’oreiller, couverture etc), manutention (évaluer la meilleure méthode pour éviter d’augmenter cette même douleur).

Vous me direz même sans douleur cela fait partie du protocole. certes mais avec la présence de douleurs ressenties vous serez encore plus attentif et vous devrez parfois changer de méthode pour vous y adapter et donc fuir les méthodes courantes. De plus l’information reçue vous serez en mesure de la transmettre à l’équipe soignante une fois au sein de la structure pour que la suite de la prise en charge soit mieux adapté et de façon plus rapide.

L’échelle visuelle analogique comment s’en servir

Pour bien utiliser cet outil il est indispensable de prendre quelques minutes pour expliquer au patient ce que vous attendez de lui. Vous devez vous assurer de sa compréhension quand à la quantification de la douleur. N’oubliez pas de lui expliquer que plusieurs douleurs à des endroits différents entrainent des mesures séparées.

Les cas particuliers

Cet outil ne peut servir sur toutes les victimes : enfant de moins de 5 ans, patient non communicant ou dans l’incapacité de comprendre. Pour les enfants une échelle des visages peut être utilisée, on jugera la douleur ressentie en rapport avec le faciès de l’enfant et l’échelle des visages.

Quel sont les moyens dont dispose l’ambulancier pour limiter la douleur ?

Bien entendu la prescription d’antalgique est interdite sauf en cas de demande du médecin régulateur pour une prescription par téléphone où vous devrez amener le patient à prendre un comprimé par lui même. Vous n’avez aucunement le droit d’interagir. Bien entendu si vous êtes en présence d’un infirmier(ère), ce dernier pourra sur prescription du médecin administrer un antalgique. 

Par contre suivant le siège de la douleur vous devrez être en mesure de faire le maximum pour réduire cette douleur via une position de confort, caler intelligemment le patient par tous les moyens dont vous disposez et ainsi limiter les chocs, frottements, durant le transport. Une conduite adaptée sera mise en oeuvre et modifiée en fonction des réactions de la victime observée par l’ambulancier présent dans la cellule sanitaire. Ce dernier transmettra à son collègue les précautions à prendre.

Ambulancier, consultations, attente et transfert du patient

Ambulancier, consultations, attente et transfert du patient

L’ambulancier, les consultations, l’attente et le transfert du patient

J’ai reçu un mail très intéressant il y a peu qui m’a fait prendre conscience que j’avais oublié de publier un article sur un thème bien précis. Même si le sujet est abordé sur un autre article une piqûre de rappel n’est pas négligeable. Toutefois je vous rappelle tout de même que vous êtes aussi et en premier lieu au service de votre patient ! Donc on s’adapte à la situation. Ceci reste une manière de pouvoir poser les choses lors d’un conflit éventuel avec du personnel hospitalier.

« Vous devez attendre et vous occuper du patient »

Lors de votre arrivée dans une structure de soin pour une consultation vous accompagnez votre patient. Celui-ci a une première consultation suivi d’une seconde par exemple. Vous n’êtes pas en mesure de rester sur place en raison de votre planning. Un collègue est déjà prévu pour s’occuper du retour de votre patient. Consciencieux et professionnel vous laissez les coordonnées de l’entreprise au secrétariat de la consultation ainsi qu’à votre patient avec la petite explication qui va bien.

Mais à votre grand désarroi et malgré le fait que vous avez mentionner que le retour est planifié on vous dit plus ou moins gentiment que c’est à vous de vous occuper du patient et que vous devrez vous occuper du transfert de ce même patient vers le lieu de la seconde consultation (située dans l’enceinte même de la structure).

Il est bon de rappeler que le patient passe sous la responsabilité de la structure de soin du moment qu’il est installé et que les consignes sont transmises au personnel hospitalier. La structure doit ensuite assurer la prise en charge et le transfert interne de ce patient. Vous n’êtes pas salarié de la structure donc ce rôle n’est pas une obligation. La structure doit assumer ce rôle malgré les excuses type « ce n’est pas notre travail » ou autre.

Que disent les textes officiels

La convention entre la sécurité sociale et le transport sanitaire publié au Journal Officiel en date du 23 Mars 2003 définit ainsi le forfait de prise en charge :

Annexe 2 / Article 6 : Structure de tarification du véhicule sanitaire léger

 Forfait départemental ou minimum de perception

  • Il comprend les prestations suivantes :
  • La mise à disposition du véhicule
  • La désinfection éventuelle du véhicule
  • La prise en charge du malade au lieu où il se trouve
  • Le transport du malade jusqu’au lieu de destination
  • En aucun cas, le conducteur et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de 15 minutes

Annexe 1 portant sur les tarifs de l’ambulance

Complément III / structure de tarification de l’ambulance

Forfait minimal de perception

Il comprend les prestations suivantes :

  • La mise à disposition du véhicule et de ses équipements
  • La fourniture et le lavage de la literie
  • La fourniture de l’oxygène en cas de besoin
  • La désinfection éventuelle du véhicule
  • La prise en charge du malade au lieu où il se trouve
  • Le transport du malade jusqu’au lieu de destination
  • Le brancardage au départ et à l’arrivée (étages compris, le cas échéant) ainsi que le chargement ou déchargement du malade ou du blessé. En aucun cas, le conducteur et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de 15 minutes.

Consultation, attente, ambulancier : conclusion

Les textes sont on ne peut plus clair. Votre entreprise n’est pas rémunérée dès que la prise en charge dépasse 15 minutes. Bien entendu dans les faits ce n’est pas toujours réalisable surtout en vue du bien être du patient et de la qualité de la prise en charge. Cet article n’est pas là pour vous pousser au rendement ou autre mais juste pour vous donner quelques éléments de réponse à remettre aux personnels de la structure qui pensent posséder la science infuse. Ces personnes entendent se servir de vous comme un patron envers son employé. Ce qui n’est pas le cas.

Bien entendu je fais de même, quand on est en attente on s’occupe de son patient. Mais si vous êtes amené à devoir quitter l’établissement et à confier votre patient à l’équipe soignante ils doivent assumer leur rôle même si ça doit les empêcher d’aller boire leur café ou discuter avec leurs collègues (c’est volontairement ironique et je n’applique pas cette vision à l’ensemble des personnels. J’ai en général de très bonnes relations avec le personnel soignant que je côtoie régulièrement). Donc j’espère avoir apporté des éléments officiels qui pourront vous servir de référence et vous apporter une défense officielle face à certaines attitudes abusives.

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Ambulancier, un article de presse qui reflète enfin la réalité

Ambulancier, un article de presse qui reflète enfin la réalité

Ambulancier et article de presse

Voici un article de presse paru dans la presse, dans l’édition Nord Eclair. Un article qui relate une vérité trop souvent inconnue du grand public et qui change des clichés amers utilisés par beaucoup de médias. Enfin un journaliste a pu s’ intéresser à la réalité de notre job.

A la suite de cet article, Karim l’ambulancier interviewé, a proposé à cette journaliste de le suivre une nuit de garde entière pour lui faire partager le coeur de la profession. Il ne reste plus qu’à espérer que cet échange se réalise et voir enfin un contenu terre à terre sortir dans la presse et ainsi relayer une information qui reflète la réalité. Réalité loin des standards de l’ambulancier escroc. Un grand bravo à Karim pour avoir fait cette démarche et un grand merci à Brigitte LEMERY, journaliste à Nord Eclair.

Vous pouvez consulter l’article dans l’édition papier pour ceux qui sont concernés par la zone d’édition ou sur le net après inscription :

http://www.nordeclair.fr/info-locale/la-fievre-monte-chez-les-ambulanciers-jna50b0n183490

Ambulancier à Roubaix, Karim Lestriez-Bouzid fait part du malaise qui gagne sa profession. Le 3 juin, les ambulanciers pique-niqueront devant l’Agence régionale de santé pour exprimer leur malaise. Ils voudraient ne plus dépendre du ministère des Transports et être rattachés à celui de la Santé. Employé de la société d’ambulances privées TADP à Roubaix, Karim Lestriez-Bouzid mène la fronde.

La situation est paradoxale. « Je ne jalouse pas les pompiers, sinon je serais pompier, assure Karim Lestriez Bouzid, mais j’en ai marre que les ambulanciers soient pris pour des charlatans, de simples transporteurs par les particuliers ou des brancardiers à l’hôpital ! » Karim Lestriez-Bouzid est fier de la formation de 6 mois suivie au CHR pour obtenir le diplôme d’État en 2011.

« Un pompier n’a que quinze jours de formation », glisse-t-il. Avant d’ajouter : « Ambulancier diplômé, je suis chef à bord en ce qui concerne la sécurité de la circulation du véhicule mais aussi du patient. » En amont, il est donc habilité à secourir, comme à définir le caractère de l’urgence au médecin SAMU qui a régulé l’appel et l’a missionné sur le terrain avec un dispositif de géolocalisation, après appel au 18 ou au 15.

« À l’hôpital, on nous prend pour un brancardier, mais l’ambulancier c’est l’oeil du médecin ! On a dans l’ambulance du matériel médical pour prendre les constantes, intervenir pour un arrêt cardiaque. Le cahier des charges de l’ARS est très rigoureux. » « À la télé, ajoute-t-il, on encense le travail des pompiers et on critique les ambulanciers. On nous taxe d’abuser du système de santé en France mais le transport de santé ne représente que 10 % des dépenses de la CPAM. Le coût d’une intervention du SAMU ou d’une ambulance privée n’est que de 80 E (pris en charge à hauteur de 65 % par la CPAM, le reste par les mutuelles), contrairement aux pompiers, 400 E, pris en charge par la collectivité. »

92% de non-syndiqués

Les ambulanciers n’apprécient pas d’avoir été assimilés dernièrement, dans un documentaire diffusé sur W9, à des confrères qui fraudent au bon de transport ou qui manquent de matériel ou d’hygiène. Des clichés, d’après Karim, peu vérifiables sur Lille-Roubaix-Tourcoing où la profession est contrôlée par une brigade de police intégrant des agents de l’ARS (agence régionale de santé) et de la CPAM.

Elle vérifie les documents obligatoires, l’état du matériel, le cahier d’hygiène (draps à usage unique, désinfection à la prise de poste ou à la prise en charge si sang ou vomissement). Les clichés véhiculés par W9 font mal à une profession fragilisée, non reconnue.

Ambulancier passionné, mais non syndiqué comme 92% de la profession, Karim voudrait obtenir « une régulation plus fine, plus équitable au niveau des appels d’urgence (18 et 15), une reconnaissance du ministère de la Santé, car on est des professionnels de santé, pas des chauffeurs-routiers !

» Tourquennois, il a donc contacté Gérald Darmanin, député UMP de sa circonscription qui posera prochainement une question au gouvernement.
Karim évoque des conditions de travail difficiles : « Quand je monte dans l’ambulance, j’enfile la casquette de conducteur, de mécanicien, d’infirmier, de psychiatre, de secrétaire qui se charge du dossier à l’hôpital, sans statut, ni salaire à la hauteur des tâches ! » Métier complexe qui expliquerait « la disparition de sociétés d’ambulances sur Roubaix (cinq assuraient la nuit il y a 3 ans, ils ne sont plus que deux aujourd’hui, ndlr), un grand turn-over dans la profession, les postes vacants ».

L’amplitude horaire importante (12 heures par jour), les gardes de nuit sont en cause. « À Roubaix, particulièrement, on entre dans la vie des gens à un moment critique, d’urgence médicale ou psychologique, confie l’ambulancier. Je me suis déjà retrouvé avec un couteau ou face à un schizo, un drogué. Si vous saviez le nombre de gens qui ont des serpents, des chiens dangereux chez eux ! Et puis, il y a les agressifs à cause de l’alcool, des médocs, des difficultés familiales. On est vraiment au coeur de l’action. Ce métier me passionne, même sous-payé ! »

BRIGITTE LEMERY
roubaix@nordeclair.fr

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

La lettre du médecin et l’ambulancier : quelques rappels sur des notions primordiales

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Ambulancier

Un ambulancier est un professionnel de santé (Code de la Santé Publique, quatrième partie, livre III, titre IX, article L4393-1 à 7) qui a pour rôle la prise en charge et le transport de malades, de blessés ou de parturientes dans des véhicules de transport sanitaire adaptés pour des raisons de soins ou de diagnostic.

Il administre si nécessaire les premiers secours seul ou assisté d’une équipe médicale.

Secret de la correspondance

Le secret de la correspondance est un droit au maintien du caractère privé et secret des correspondances. Il est accordé par les réglementations de la plupart des pays. Il s’applique aux correspondances dont l’expéditeur pouvait attendre qu’elles bénéficient d’un minimum de confidentialité. En général, il s’applique aux courriers postaux et aux courriers électroniques.

Une correspondance est en général définie comme toute relation par écrit entre deux personnes identifiables, qu’il s’agisse de lettres, de messages ou de plis ouverts ou fermés. Il y a violation du secret de la correspondance lorsqu’une tierce personne prend connaissance, sans le consentement préalable de l’émetteur, d’un courrier à caractère privé. Une correspondance reste la propriété intellectuelle de son auteur bien que le support physique soit la propriété du destinataire.

  • Art. 226-15. — Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.
  • Art. 432-9. — Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l’ouverture de correspondances ou la révélation du contenu de ces correspondances, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, par une personne visée à l’alinéa précédent ou un agent d’un exploitant de réseau ouvert au public de communications électroniques ou d’un fournisseur de services de télécommunications, agissant dans l’exercice de ses fonctions, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, l’interception ou le détournement des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications, l’utilisation ou la divulgation de leur contenu.

Secret médical

« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant.

Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des informations concernant la personne venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou organismes et de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec ces établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé, ainsi qu’à tous les professionnels intervenant dans le système de santé.

Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent toutefois, sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe.

Afin de garantir la confidentialité des informations médicales mentionnées aux alinéas précédents, leur conservation sur support informatique, comme leur transmission par voie électronique entre professionnels, sont soumises à des règles définies par décret en Conseil d’État pris après avis public et motivé de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Ce décret détermine les cas où l’utilisation de la carte professionnelle de santé mentionnée au dernier alinéa de l’art. L161-33 du code de la sécurité sociale (CSS) est obligatoire.

Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en violation du présent article est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 EUR d’amende.

En cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical ne s’oppose pas à ce que le famille, les proches de la personne malade ou la personne de confiance définie à l’art. L1111-6 reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part.

Le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès.»

— Article L1110-4 du Code de la santé publique2

  • L’art. L1110-4 alinéas 2 et 3 CSP admet la notion de secret partagé par une équipe soignante.
    Par extension, sont admis à partager une partie du secret, les médecins des organismes sociaux, afin de permettre aux assurés un remboursement des prestations.
  • Par ailleurs, l’art. L1111-6 a introduit la notion de personne de confiance et l’art. L1110-4 alinéa 6 a autorisé celle-ci à recevoir les informations nécessaires destinées à permettre d’apporter un soutien direct au patient en cas de diagnostic ou de pronostic grave.
  • Enfin, l’art. L1110-4 alinéa 7 ; s’agissant d’une personne décédée, cet article a défini trois motifs de dérogations du secret vis-à-vis des ayants droit, à savoir : connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès (nous rappelons que le secret persiste après la mort).

Secret partagé

Selon le code de déontologie médicale français, les professionnels de santé qu’ils soient médecinschirurgiensdentistespharmacienssages-femmesinfirmiers ou infirmièresaides-soignants, ambulanciers, secrétaires médicaux, technologues en imagerie médicale (manipulateurs),technologistes médicaux sont contraints de taire les informations personnelles concernant les patients qu’ils ont recueillies au cours de leur activité.

Il ne s’agit pas seulement des observations qu’ils ont pu faire, mais aussi des déductions qu’ils ont pu tirer de leurs observations. Toute entorse peut être sanctionnée par les institutions professionnelles dont ils dépendent (le conseil de l’Ordre, par exemple), mais aussi par le tribunal de grande instance.

Le médecin est le dépositaire du secret médical concernant son malade. Mais le secret médical n’est pas en principe opposable au malade qui en reste le « propriétaire ». En effet, un patient ne peut décider de délier le médecin de son secret médical, même sur des informations le concernant du moins en droit pénal. Mais en droit civil, le médecin délivre des informations médicales aux patients eux-mêmes, ou à leur représentant légal (cas des enfants).

Ce petit rappel législatif bien soporifique s’avérait nécessaire afin de faire comprendre à tous que dans le système législatif il existe des dispositions bien précises concernant les informations médicales. Ces éléments sont indispensable afin de bien prendre en compte la suite de cet article.

Pourquoi l’ouverture du courrier suscite autant de débat ?

Très longtemps, et ça dure encore, le médecin était considéré comme le seul détenteur de l’information médicale. Sauf qu’avec le temps la collaboration avec le personnel médical et paramédical a pris une proportion importante pour assurer au patient une continuité des soins de qualité afin de lui garantir la meilleure prise en charge possible.

Chaque acteur, parmi les professionnels de santé, a donc envers ce secret des droits et des devoirs auxquels il ne doit surtout pas déroger sous peine de faute professionnelle grave. Chaque professionnel de santé adhère donc à un code de déontologie. Les ambulanciers sont des professionnels de santé et ont donc obligation à se confronter à ce devoir. Actuellement on retrouve encore nombre de personnels de santé qui s’offusquent que l’ambulancier ait pu oser lire un courrier issu d’un médecin.

C’est aussi à mon sens une attitude dû à une connaissance très limitée de notre champs de compétences et de notre quotidien. Je vais tenter de donner une explication à la nécessité ou non d’ouvrir ce fameux courrier.

Pourquoi l’ouverture du courrier pose des problèmes aux ambulanciers ?

Parce que l’ambulancier est un professionnel de santé. Il intervient souvent au chevet du patient sur appel d’un médecin traitant. En règle générale ce même médecin a souvent quitté les lieux à leur arrivée et laisse un courrier destiné au service des urgences.

Ce courrier reprend très souvent l’intégralité des informations nécessaires à la prise en charge du patient : bilan circonstanciel, constantes, antécédents médicaux, traitement etc. Pour faciliter la prise en charge et le transport, l’ambulancier se doit de réunir tous les éléments. Cela permet d’adapter son attitudes, ses gestes, le matériel à utiliser, la surveillance à effectuer.

On transporte des êtres humains et non des quartier de viande froide. Trop souvent encore, on reproche à l’ambulancier d’avoir pris connaissance d’informations dites interdites d’accès à des non-médecins ou encore que la quasi totalité des courriers renferment des données inutilisables par l’ambulancier et destinées à des docteurs en médecine. Cela est assez marrant puisque parfois ce sont des non-médecins qui vous le reproche et; qui au moment où ils vous font la remarque, lise son contenu…

C’est un sujet qui fait douter beaucoup d’ambulancier faute de données accessibles à tous. L’ouverture ou non du courrier c’est un peu le même problème des signaux sonores et lumineux dans le cadre d’une urgence : ais je le droit de même si… Donc pour favoriser la compréhension je vais partager avec vous les données en ma possession.

Donc au final je fais quoi ? j’ouvre ou non ? Indispensable ?

Dans 90% des cas si votre évaluation clinique est fait de façon correcte, si vous avez bien fait le tour de tout, posé les bonnes questions, rédigé votre fiche bilan (oui même avec courrier on établi sa propre fiche bilan car l’état du patient a peut être évolué) vous avez en main toutes les clés nécessaire à une bonne prise en charge. Ensuite cela reste propre à chacun. Vous avez des doutes, vous n’ êtes pas certains de la fiabilité des éléments recueillis ? Ouvrez ! et dans tous les cas de figures : le centre 15 reste votre référent en la matière.

Même si un courrier est présent vous ne transporterez pas un patient que vous jugez instable. Le médecin régulateur sera à même de vous apporter les éléments et surtout de décider de ce que vous allez entreprendre. Chaque cas reste particulier car chaque être humain est particulier. Aucuns cas ne se ressemble. Donc pour ma part je n’ouvre pas systématiquement (transport sanitaire classique en vue d’hospi etc etc).

Souvent pas besoin d’ouvrir puisque le courrier est là devant vos yeux sans enveloppe avec la prescription médicale il vous suffit de lire. Ensuite c’est aussi une attitude propre à chacun en fonction du patient rencontré, le contexte etc. Donc il n’existe pas d’algorithme prédéfini.

Je vous rapelle que vous êtes des professionnels de santé malgré ce que l’on pourra vous dire ailleurs. Vous êtes formés à établir une évaluation clinique avec fiche bilan dans le cadre d’une prise en charge en urgence. Vous disposez des moyens techniques destinés à cet usage ainsi que votre capacité à raisonner, analyser etc. Servez vous en ! Rien ne vaut en premier lieu une appréciation personnelle avant de la confronter à d’autres éléments pour infirmer ou confirmer vos doutes

Cet article ne doit pas devenir parole d’évangile !!!! Je suis peut être dans l’erreur sur certains points

Dans quel cas j’ouvre ou je n’ouvre pas

Cas numéro un

Vous arrivez chez le patient en vu d’un transport sanitaire. Je précise bien non urgent. L’ambulancier n’aura aucunement besoin de prendre connaissance du courrier. Le patient est hospitalisé ou se rend à une consultation. On va donc se renseigner sur les éventuels problèmes de santé que le patient nous raconteras ou son entourage direct.

Ce afin de pouvoir adapter la prise en charge et permettre à ce même patient d’être pris en charge avec les critères de sécurité et de confort indispensables. Il n’ y a pas de notion d’urgence à ce sujet. On s’occupera donc de connaitre son autonomie, la présence ou non de douleurs, leurs localisations etc. Pour un transport en sécurité et apportant un confort optimal.

Cas numéro deux

Vous agissez dans le cadre d’une urgence qu’on appelle communément dans le jargon : urgence médecin. Vous êtes sur les lieux et vous trouvez un courrier laissé sur la table par le médecin traitant. Ce courrier est cacheté et est destiné au Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE.

Interdiction d’ouvrir ce type de pli. Pourquoi ? Si vous n’avez pas compris vous n’avez pas lu l’introduction : ce courrier à l’intention d’une personne identifiable par son nom et fonction relève du secret de la correspondance. L’ouvrir reviendrait à commettre une faute professionnelle. Si le praticien a quitté les lieux vous devez appliquer le mode opératoire traditionnel : à savoir un bilan complet avec prises de constantes, un bilan circonstanciel, une recherche d’antécédent etc etc. Si vous jugez que vous ne pouvez assurer le transport sans risques on appelle le centre 15.

Cas numéro trois

Toujours dans le cadre d’une urgence médecin, vous arrivez etc. Le praticien est encore sur les lieux. Pas besoin d’ouvrir le courrier le médecin doit être en mesure de vous donner les détail. Je précise bien DOIT ! On ne prend pas en charge un patient avec pour seul encouragement : emmenez le aux urgences et ne posez pas de questions.

Pour faciliter la prise en charge et être en mesure de transmettre les informations au service des urgences vous devez partir avec les recommandations du médecin transmises de façon orale. Il est certain que si c’est une hospitalisation non programmée avec un passage par les urgences en vue d’une orientation vers un service court ou moyen séjour de la structure de soins pas besoin de demander un roman.

On se renseigne sur les risques potentiels éventuels à court terme, la présence d’une pathologie demandant une prise en charge particulière, l’administration ou non d’oxygène… Aucun besoin dans ce cas d’avoir connaissance du dossier médical du patient. L’accès à l’information doit se limiter à celle indispensable pour votre prise en charge.

Si le médecin refuse ou vous prend pour des livreur de colis installez le patient dans votre ambulance et établissez systématiquement un bilan avant départ. Vous devenez responsable du transport et du patient. A vous donc d’établir les éléments indispensables à sa sécurité et à son état.

Cas numéro quatre

Vous arrivez toujours chez le patient etc. Pas de médecin, juste un courrier cacheté ou non, sous enveloppe ou non adressé au service des urgences ou autre titre du même acabit. Pas de nom. Vous pouvez l’ouvrir, vous êtes professionnels de santé et donc vous vous soumettez au respect du droit médical et donc à respecter la confidentialité des informations.

Vous ne violez pas le secret de la correspondance puisque aucune mention nominative n’est inscrite. Vous ne commettez aucunes fautes ! La législation est claire vous ne violez pas la correspondance privée étant donnée que le courrier n’est pas destinée à une personne identifiable.

Cas numéro cinq

Toujours en urgence, le courrier est là, cacheté, mais au nom du fameux Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE. Décidément celui là… Le patient semble instable, la communication est complexe voire inexistante. Si j’ouvre ce courrier je suis dans la faute. Que faire ? L’appel au centre 15 !

Via le centre 15 vous expliquez les faits, détaillez votre bilan et mentionnez la présence de ce courrier destiné au Docteur… Si le médecin régulateur vous demande de l’ouvrir et de lui lire vous êtes légalement couvert car le courrier est ouvert à la demande du centre 15. La nécessité d’ouverture est donc justifiée par une situation d’urgence et est demandée par un docteur en médecine responsable du centre 15.

Pourquoi cet acharnement à vouloir ouvrir ce courrier ?

On parlera ici d’une intervention dans un cadre urgent (tout degrés confondus). Tout d’abord je parle à titre personnel : je suis ambulancier diplômé. Je suis donc un professionnel de santé consciencieux. Je mets en application au quotidien les gestes et techniques que l’on m’a appris afin d’assurer la prise en charge de mon patient de façon qualitative.

Je ne bosse pas chez UPS, Maitre cochon ou encore DHL. Je ne transporte pas de colis. Je ne prends donc pas mon patient sous le bras pour le jeter sur le brancard et le benner au service des urgences. Je suis un professionnel qui agit comme tel.

Pour effectuer ma prise en charge je dois donc évaluer l’état de mon patient et juger si oui ou non il est transportable. Pour évaluer son état j’ai à ma disposition de nombreuses ressources : connaissances, évaluation clinique, constantes, interrogatoire, recherche d’éléments et ET : peut être le courrier du médecin passé quelques minutes plus tôt.

L’ouvrir me permet de : savoir pourquoi je suis là et qu’est ce que mon patient a comme soucis de santé néccessitant un transport. Depuis combien de temps est il comme ça. Est ce une pathologie pouvant entrainer un risque potentiel durant le transport ? Dois je effectuer une surveillance particulière ?

On va me dire : mais si vous faites votre bilan comme d’habitude vous aurez ces éléments ! Vrai et Faux. Il est possible que certains éléments ressortent ou non. Il est possible que mon patient communique ou non voire mal. Il est possible que mon patient n’ais pas les bonnes notions relatives à son état de santé ou/et au problème du moment. Que l’entourage vous induise en erreur. L’entourage on doit en faire abstraction et se concentrer sur le patient mais quand le patient est dans l’incapacité de communiquer ou n’est pas orienté, confus… Ou encore que les réponses sont trop évasives…

  • Je suis malade du coeur
  • Je buffe docteur je buffe depuis quat’jours
  • Oh vous avez j’ai plein d’trucs qui vont pas, j’vois des docteurs tous les jours : un pour l’coeur, l’aut pour ma goutte
  • Vous avez y’m connaissent depuis l’temps à l’hôpital
  • L’docteur y’m’a rien dit, chais pas c’que j’ai, ptet le coeur ou la tête ! Vous savez à mon âge y’a plus grand chose qui marche bien…

Par contre si dans le courrier les dernières constantes sont notées (je peux effectuer une comparaison entre elles et mes données), le circonstanciel est précisé (dyspnée depuis ce matin 3h avec  présence de crépitement), les antécédents ( monsieur x est suivi pour …).

On gagne du temps, on fait le lien plus facilement avec les éléments et on a la possibilité d’adapter parfaitement sa prise en charge, cibler plus rapidement les critères de surveillance les plus important.  Et éviter de commettre une faute éventuelle. Sans oublier tous les éléments concernant un possible risque infectieux ou contagieux nécessitant une aseptie rigoureuse et des mesures de protection de l’équipage.

Et dans 99% des cas ce courrier sera ouvert par l’infirmière responsable de l’accueil des urgences. Autant éviter des surprises à l’arrivée si il est mentionné des éléments particuliers qui pourrait vous rendre responsable d’une faute.

Et le patient dans tout ça ?

Pour terminer tranquillement je vous rappellerait que le patient est le seul à pouvoir autoriser ou non l’accès à ses informations. Le patient, on l’oublie souvent, a des droits fondamentaux que nous sommes tenus de respecter. La loi du 4 Mars 2002 relative au droit du patient existe à ce jour dans ce sens. Donc si vous doutez ou autre sachez que le patient peut vous autoriser à prendre connaissances de ce courrier puisque il recense des informations qui le concernent.

Personne ne pourra l’empêcher de vous autoriser à y accéder. Le droit du patient est une notion importante que tout professionnel de santé se doit de respecter ! Toujours aussi important le fait de poser au patient la question si il vous autorise ou non à prendre connaissance des informations. Si vous expliquez les motifs de cette démarche rares sont ceux qui vous refuseront ce droit. Surtout si vous expliquez que vous êtes tenu au respect du secret médical comme toute profession de santé.

Alors oui mais…

Je sais qu’ à la lecture de cet article il y aura des mails, commentaires  qui vont fuser sur les incohérences, erreurs dans l’article etc. Pas de soucis j’ai l’habitude. Je sais qu’il ya des domaines sensibles auxquels on ne doit pas toucher. Je ne suis pas docteur en médecine ni juriste etc.

Je suis simple ambulancier diplômé. Chacun aura son avis sur la question. Il n’existe à ce jour ; ou alors cela n’a pas été porté à ma connaissance, moi misérable petit ambulancier transporteur de colis pardon de patient; de textes clairs sur la question de l’ouverture de ce fameux courrier médical. Je ne fais que dresser une analyse personnelle, que d’autres collègues partagent, à mon avis, largement sur cette question épineuse ainsi que d’autres professionnels (formateurs, IDE, juriste etc).  

Je me doute que ma parole pourra être mise en doute ce que je conçois bien entendu. Je ne suis pas un puits de savoir et je suis peut être dans l’erreur. Donc j’invite cordialement, les personnes les plus compétentes, en matière de connaissances et de fonction à me contacter pour m’aider à affiner cet article (médecin, juriste etc etc).

Je n’ai pas rédigé cet article de façon légère. Il est le résultat de plusieurs tentatives ces dernières années qui ont finit à la corbeille faute d’oser le publier. Pourquoi ? Parce que je n’ai aucune matière solide pour avancer les choses du type : c’est comme ça point à la ligne et pas de discussions possibles.  Evidemment quand on ne maitrise pas on n’en parle pas. Oui mais… c’est un sujet qui revient souvent dans la profession et il serait peut être temps que ça devienne plus clair pour tout le monde. Donc faute d’élément on adapte son comportement pour faciliter notre quotidien.

L’ambulancier est avant tout un professionnel de santé

On est professionnels de santé et on met tout en oeuvre pour que le travail soit bien fait et que le patient puisse être transporté dans les meilleures conditions possible. Au passage j’ai volontairement omis d’imager les nombreuses situations avec des exemples vécus qui auraient pu illustrer de façon explicative le pourquoi du comment nous ouvrons les courriers des médecins et ses conséquences positives ou non. Les avis divergent. Je ne suis pas là pour faire l’apologie du oui ou non l’ambulancier est en droit de…

J’apporte juste des éléments de réponses. Rien n’est imposé. Faites comme vous jugez au vu de la situation rencontrée. comme dis plus haut si votre job est bien fait vous n’avez pas forcément besoin du contenu du courrier mais ça peut aider fortement dans certains cas à aller doit au coeur du problème.

Mais à toi visiteur je te laisse la possibilité de donner ton opinion via les commentaires. Ainsi tu contribueras à la compréhension de cet article par les jeunes ambulanciers fraichement diplômés. Mais aussi à corriger ou enrichir cet article afin de réaliser une solide base de connaissance sur le sujet. Plus les éléments fournis seront solide plus la raison d’exister de cet article sera facilitée.

La maman de Camille n’a pas eu le temps d’arriver à la maternité !

La maman de Camille n’a pas eu le temps d’arriver à la maternité !

Une belle anecdote pour les ambulanciers qui ont assuré l’intervention et de beaux souvenirs en perspective. Comme quoi les ambulanciers aussi sont formés à ce genre d’intervention bien que le grand public en doute encore ;=) Toutes mes félicitations aux parents et aux collègues qui étaient sur place :

Samedi, vers 1 h 30, Camille est née… chez elle, au lieu-dit « La Ragotte », à Vallon-en-Sully. L’accouchement s’est passé si vite que sa maman, Elodie Dechatre, n’a pu se rendre à la maternité de Montluçon, à une vingtaine de kilomètres : « J’ai appelé les pompiers pour leur dire que le bébé arrivait, mais comme la poche des eaux n’était pas rompue, ils m’ont dit qu’on avait encore le temps »

C’est finalement une ambulance qui a été envoyée, pour assurer le transport. « Les ambulanciers ont tout de suite vérifié les contractions puis m’ont mise sur le brancard, raconte la jeune maman. Mais on n’a même pas eu le temps de changer de pièce, la tête de ma fille était déjà sortie ! »

L’article dans son intégralité c’est ici : la-maman-de-camille-n-a-pas-eu-le-temps-d-arriver-a-la-maternite

Si les ambulanciers qui étaient sur place me lisent : contactez moi pour raconter cette aventure !

Article 44 de la loi de financement de la sécu, où-en-est-on ?

Article 44 de la loi de financement de la sécu, où-en-est-on ?

L’article 38 devenu 44 de la Loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2013 a fait l’objet d’un mouvement de colère de la part des entreprises de transport sanitaires et des artisans taxi. Je ne reviendrais pas sur son contenu puisque vous trouverez quelques articles à ce sujet sur le site. Mais où en est on ? Récemment les artisans taxis ont fait part de leur grogne à l’aide d’opérations escargots massives. Les ambulanciers sont restés sage, et un seul mot d’ordre a paru via la FNAA, des négociations auraient été entamés de leur côté.

Bref après ce gigantesque foutoir mis en place les résultats ne se sont à priori pas fait attendre. Pour une fois la presse a parlé des ambulanciers en étant sur un domaine autre que le recours systématique à la fraude. Ce qui est quand même assez rarissime. Non je ne suis pas si mauvaise langue que ça. Même si il est encore très difficile d’avoir des articles avec un contenu réaliste et ne se basant pas sur des infos de 1960, on a parlé un peu de nous quand même. Un seul article a retenu mon attention du fait de la clarté et de la réalité de son contenu mais j’en parlerais une autre fois. Mais il y a un gros travail d’information à faire par la presse sur notre job. En dehors des camions rouge…

Le gouvernement a tenu, au cours des manifestations, à signaler que l’article 44 stipulait que les appels d’offres étaient une expérimentation. Mais qu’on se le dise expérimentation ne veut pas toujours dire essai puis arrêt. Un risque potentiel pour la survie des entreprises existait. Donc à priori un gel de cette mesure aurait été obtenu. Ci joint le lien vers un article de France Info, qui date de quelques jours et qui relate l’avancée obtenu sur le plan du transport assis :

Après une journée de perturbations à Paris et dans les grandes villes françaises, les quatre fédérations et syndicats de chauffeurs de taxi ont obtenu l’ouverture d’une concertation sur les deux points de revendications : le transport des malades assis et le contrôle des voitures avec chauffeurs.

Des milliers de taxis ont défilé dans les rues de la plupart des grandes villes ce jeudi

Des milliers de chauffeurs de taxis ont causé des perturbationsce jeudi un peu partout en France. A l’appel des quatre fédérations et une intersyndicale parisienne, ils entendaient protester contre une modification de la loi sur la prise en charge des personnes malades et contrôle accru des sociétés parisiennes de voitures avec chauffeur.Deux points sur lesquels la délégation de représentants a obtenu des avancées en fin d’après-midi au ministère de l’Intérieur.

Le transport des malades assis

Les chauffeurs contestaient la mise en place d’appel d’offres par la sécurité sociale car, selon eux, les taxis indépendants n’auraient pas les moyens d’y répondre. Crainte très répandue dans les zones rurales où le transport des personnes malades représente une large part de l’activité des taxis.

  • Résultat: « Les appels d’offres sont gelés en attendant l’ouverture d’une concertation le 31 janvier. Par ailleurs, on a obtenu l’engagement que le transport des personnes malades sera toujours réservé aux ambulances, aux véhicules spécialisés et aux taxis. Et personne d’autre« , explique Jean-Claude Richard, président de la Fédération nationale des artisans taxis.

Affaire à suivre…

Frais de transport sanitaire et justice

Frais de transport sanitaire et justice

Aujourd’hui je vous propose un peu de bouillon de juriste. Au programme un état des décisions de justice au sujet de la prise en charge des transports sanitaires sur prescription médicale. Cet article issu de la Gazette Santé Social fait état des précédent en matière de justice concernant des prises en charges relatives au transport sanitaires.

Vous y découvrirez que la justice n’est pas forcément tendre avec certains cas de figures. Que certains cas de transport classique et souvent rencontrés sont parfois injustifiés au regard de la justice elle même. ensuite la question à se poser c’est sur quelles bases se fondent ces décisions ? Expertise médicale ? L’article ne le précise pas. Bon courage c’est du lourd mais c’est très instructif. Bonne lecture ! L’ambulancier pour les nuls n’offrent pas d’antalgique pour limiter les céphalées qui ne manqueront pas après lecture :)))

La prise en charge des frais de transport sanitaire

Les tribunaux exercent un contrôle renforcé des conditions de remboursement des frais de transport sanitaire.

Plusieurs décisions récentes de la Cour de cassation sont venues préciser les règles de la prise en charge des frais de transport, en particulier s’agissant de la nature des déplacements faisant l’objet d’un remboursement par l’assurance maladie. La portée de l’exigence d’une prescription médicale préalable a été délimitée. En outre, la haute juridiction a pu clarifier les critères de proximité et d’adéquation de l’établissement de santé avec la situation de l’assuré.

Liste limitative

Selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation, la liste des frais de transport pris en charge, telle que fixée par l’article R.322-10 du Code de la Sécurité sociale (CSS), est limitative (2 e civ., 10 nov. 2011, n° 10-24.496). Seuls sont donc couverts : les déplacements liés à une hospitalisation, des traitements ou des examens prescrits aux personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD) ; ceux en ambulance, justifiés par l’état du bénéficiaire ; les trajets de plus de 150 kilomètres, sous conditions ; les transports en série (soit quatre au moins, de plus de 50 kilomètres chacun, sur une période de deux mois) au titre d’un même traitement ; enfin, les déplacements prévus pour se soumettre à contrôle médical par les services administratifs.

S’agissant des transports liés à une hospitalisation, les juges considèrent comme devant être pris en charge ceux qui correspondent strictement à l’entrée et à la sortie du séjour hospitalier. Aussi la Cour de cassation, dans une décision du 24 septembre 2009 (2 e civ., n° 08-18.968) a-t-elle cassé un arrêt du tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Bastia qui avait ordonné la prise en charge des frais de taxi d’une assurée se rendant dans une polyclinique pour y recevoir des soins postopératoires ; et cela, bien que ces soins fussent justifiés médicalement par une prescription.

Dans la même logique, les déplacements effectués à l’occasion de consultations ayant pour but de préparer une intervention chirurgicale ou une hospitalisation ne constituent pas des transports liés à une hospitalisation au sens de l’article R.322-10 du CSS (Cass. soc., 16 mai 2002, n° 00-19.134).

Suivant un raisonnement identique, la Cour de cassation a censuré un jugement du Tass de Meaux, lequel, par une interprétation extensive de l’article suscité, avait estimé que le transport d’un assuré, de son domicile à la clinique de scintigraphie en vue de subir des examens postopératoires, avait un lien direct avec l’hospitalisation antérieure et, en tout état de cause, que ces examens auraient été réalisés lors de l’hospitalisation, si le patient n’avait pas fait l’objet d’une sortie anticipée (Cass. 2 e civ., 17 déc. 2009, n° 08-12.932).

Un arrêt du 8 janvier 2009 de la Cour de cassation (2 e civ., n° 07-16.859) illustre la fermeté des juges sur ce point. En l’espèce, le transport d’une patiente d’un hôpital de Fréjus, où elle se trouvait, au domicile de son fils dans les Yvelines, avait été validé par une prescription médicale. La Cour a refusé de reconnaître le droit au remboursement des frais de transport au motif que le déplacement n’était pas médicalement justifié, dans la mesure où il était motivé par « la nécessité d’un rapprochement familial souhaitable pour le confort de la patiente et de sa famille » ; par conséquent, celui-ci « n’entrait dans aucun des cas limitativement énumérés par l’article R.322-10 du CSS ».

La suite de l’article et la lecture dans son intégralité c’est ici : http://www.gazette-sante-social.fr/juridique/bilans-de-jurisprudence-la-prise-en-charge-des-frais-de-transport-sanitaire-8816.html

Ambulancier et transport pédiatrique

Ambulancier et transport pédiatrique

Transport pédiatrique : nouvelle session de formation pour février 2013

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L’Institut Régional de Formation Croix Rouge Ile de France organise une session de formation pour ambulancier avec pour thème la spécialisation au transport pédiatrique sur le site de Romainville. Cette session se déroulera le mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 février 2013. Si vous souhaitez vous inscrire veuillez contacter Mme GEORGES au 01-41-60-21-30.

  • Durée de la formation : 21 heures d’enseignement théorique et clinique
  • Coût : 300 €

Objectif de formation

  • Développer des connaissances, un comportement et des aptitudes afin d’acquérir des compétences professionnelles
  • Acquérir des capacités d’initiative, d’anticipation et d’autonomie
  • Assurer sur prescription médicale tout type de transport pédiatrique
  • Collaborer avec les équipes hospitalières et pré hospitalières
  • Apprendre à gérer des situations de stress ou de communication difficiles

Public concerné

Formation destinée aux ambulanciers et infirmier Diplômés d’État qui souhaitent participer aux transports pédiatriques infirmiers inter hospitaliers (TIIH). Activité professionnelle qui peut s’exercer au sein d’une entreprise privée ou d’un service hospitalier de transport sanitaire.

Contenu de la formation

Enseignement théorique et pratique

Principaux contenus

  • Anatomie, physiologie et pathologies (nouveau-né, nourrisson et enfant)
  • Principales indications du transfert inter hospitalier (nouveau-né, nourrisson et enfant)
  • Réglementation en vigueur pour les transports pédiatriques
  • Entretien et hygiène du matériel de soins et de surveillance pédiatrique.
  • Surveillance durant le transport et gestion des appareils de mesure automatisés
  • Gestes d’urgence et de réanimation pédiatrique et application des protocoles
  • Gestion de l’environnement spécifique à l’enfant (les parents, les soignants)
  • Transmission et continuité des soins
  • Mise en place les différents matériels de transfert (incubateur de transport …)
  • Conditionnement du grand enfant en vue de son transport (coquille, attelle …)

La fiche technique de la formation est disponible à la fin de cet article. Pour plus d’informations : http://irfss-idf.croix-rouge.fr/Catalogue-des-formations/Transport-Pediatrique/(keywords)/ambulancier

Véolia et le transport sanitaire

Véolia et le transport sanitaire

On débute l’année avec des annonces qui font trembler : VEOLIA ! Depuis le temps que le bruit coure il semblerait que s’annonce doucement les prémices de l’arrivée de véolia au sein du transport sanitaire en tant qu’intermédiaire dans le cadre des appels d’offres :

Chez Veolia Transdev (VTD), on s’est sans doute félicité à la lecture du rapport de la Cour des comptes en septembre dernier. Les sages de la Rue Cambon y pointaient les dépenses de transport de patients pour l’assurance-maladie , qui augmentent« systématiquement à un rythme plus soutenu que les autres dépenses de soins ». Elles représentaient 3,5 milliards d’euros en 2010, soit l’équivalent de « la moitié des remboursements des consultations des médecins généralistes ».

Pour la Cour, « une action résolue et cohérente permettrait pourtant de dégager des économies très significatives ». C’est ce que pensent les experts du groupe du transport, pour qui « une économie de l’ordre de 20% à 30% » est envisageable.

Voilà des années que VTD étudie le sujet. Et la loi de inances de la Sécurité sociale 2013, qui introduit pour les caisses primaires d’assurance-maladie ou les hôpitaux la possibilité d’expérimenter des appels d’offres pour attribuer le marché du transport de malade, vient supprimer les freins juridiques qui existaient jusqu’à présent.

La suite de l’article : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/0202477192046-veolia-transdev-veut-se-placer-sur-le-marche-du-transport-medical-525050.php

 

Les requins n’auront pas attendus longtemps pour se manifester…

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Pourquoi une fiche bilan

Je vous propose aujourd’hui une fiche bilan destinée à vos prises en charge : intervention SAMU, médecin ou autre qui nécessite l’usage d’une fiche bilan. Je rappelle que cette fiche d’intervention est indispensable car elle permet la traçabilité des informations relatives au patient : renseignements, constantes, ATCD, TTT, gestes effectués, observations, surveillance etc.

Cette fiche est un élément qui doit suivre le patient et doit être intégré à son dossier médical. Grâce à cette fiche chaque intervenant (médecin, IDE etc.) pourra vérifier ce que vous avez vu, entendu, vérifié et ainsi améliorer la qualité des soins. De plus, L’Infirmière d’Accueil et d’Orientation aura les éléments indispensable pour le patient à votre arrivée au service des urgences. Même si le patient sera questionné à nouveau elle sera en mesure de pouvoir faire le lien avec les éléments recueillis.

Une pratique trop peu répandue

C’est une pratique encore trop peu répandue chez certains collègues : d’abord par manque de formation, usage inconnu ou non intégré aux pratiques courantes, par manque de modèle de document etc. Mais il ne tient qu’à vous de prôner cette pratique au sein de votre entreprise et de démontrer à vos collègues l’importance de ce genre de traçabilité.

Fini le bout de papier sur lequel on gribouille ses constantes pour faire son bilan 15 et ensuite transmettre oralement les informations. Cette pratique permet une transmission par écrit. Divers modèles existent mais souvent à mon sens elles restent trop succincte. Il est indispensable de réunir le plus d’informations possibles sans pour autant sombrer dans l’extrême. Cette fiche est un concentré de beaucoup de fiches existantes, d’ajout personnel etc.

Personnaliser et corriger

Cette fiche est la votre. Le modèle existant est modifiable suivant vos demandes : envoyez moi un mail avec vos demandes de modifications et je ferais le nécessaire. Etant donné que j’ai réalisé cette fiche via des moyens logiciels autres que Microsoft Word et autres traitements de textes courant pour faciliter la mise en page,  je ne peux pas vous mettre à disposition un .doc et cie étant donné que ce n’est pas modifiable avec un traitement de texte.

Donc n’hésitez pas au besoin je peux personnaliser le document. Ensuite si vous constatez des erreurs, manques ou autre, surtout faites des retours via les commentaires en bas de l’article. Une fois corrigé je mettrais en ligne la nouvelle version.

Télécharger la fiche Bilan au format A3

Télécharger la fiche bilan au format A4

L’ambulancier et le transport psychiatrique – le transport sécurisé

L’ambulancier et le transport psychiatrique – le transport sécurisé

Formation Ambulancier et transport psychiatrique

croix_rouge

L’Institut Régional de Formation de la Croix Rouge IDF propose une formation : « Ambulancier en Psychiatrie – le transport sécurisé ».

Cette formation se déroulera les mardi 29, mercredi 30 et jeudi 31 janvier 2013 sur le site de Romainville. Les inscriptions et informations sur le coût de la formation se font auprès de Mme Georges : 01.41.60.21.30

Objectifs

  • Développer des connaissances, un comportement et des aptitudes afin d’acquérir des compétences professionnels
  • Acquérir des capacités ciblées sur la prise en charge d’un patient souffrant d’une affection psychiatrique
  • Collaborer à la prise en charge médical d’un patient en hospitalisation sous contrainte
  • Assurer l’extraction et le transport d’un patient en toute sécurité pour le patient et l’ambulancier

Public concerné

Contenu de la formation

La formation est découpée en 6 séquence de 3h30 chacune :

  • Le cadre législatif
  • La prise d’appel , interroger un patient ou sa famille et orienter une prise en charge
  • Préparer l’intervention à domicile, l’entretien familiale, l’approche du patient
  • Le contact avec le patient et sa famille
  • L’extraction et le transport
  • L’analyse de l’intervention

Cette formation est toujours un « plus » dans le cursus de formation continue des ambulanciers. En effet vous pouvez être amené de façon plus ou moins régulière lors de vos interventions à réaliser ce type de transport. Il est donc très important de bien acquérir les diverses notions relatives à ce transport spécifique. De cette façon vous posséderez les éléments indispensable pour que l’ensemble de la prise en charge se déroule de façon la plus qualitative possible pour votre patient et pour la sécurité de votre équipage.

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Un mémento des règles du code de la route pour les ambulanciers

Je vous propose un livret (disponible en libre téléchargement en bas de page) intitulé « mémento des règles de priorités concernant les véhicules d’intérêt général avec facilité de passage et les véhicules d’intérêt général prioritaire et règles de prudences en urgence ». Ce dépliant au format A4 se plie comme un livret et,  est destiné à votre information personnelle concernant la législation mais aussi à pouvoir expliquer en cas de contrôle par les forces de l’ordre que vous êtes en accord avec le Code de la Route (si vous les appliquez de façon correcte bien entendu).

L’ambulancier fait, comme d’autres corps de métier, partie intégrante de la chaîne de secours. Il est donc qualifié et souvent mandaté par le centre 15 pour intervenir sur des situations d’urgences à degrés variables. Seulement l’usage des avertisseurs sonores et lumineux, ainsi que les transports dit urgent sont souvent remis en cause dès lors que c’est une ambulance privée qui en fait usage.

Le but est donc de posséder un document mentionnant les textes réglementaires afin d’informer et de justifier le bon droit de la mission. Le Code de la Route a été modifié il y a quelques temps pour mieux intégrer les missions des ambulanciers au même titre que les pompiers.

Au programme du mémento

Vous y trouverez : la définition de l’urgence médicale, les divers degrés de l’urgence médicale, la définition du transport sanitaire, le contenu du courrier de la Direction Hospitalière de l’Offre de Soins remplacé par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) aux Agences Régionales de la Santé, les divers articles du codes de la route relatifs aux véhicules d’intérêt général et aux véhicules à facilité de passage, puis un rappel sur les règles de prudence lors d’un transport à caractère urgent.

Je rappelle au passage que certains ambulanciers font part des ARS de leurs régions qui leurs interdisent l’utilisation des dispositifs sonores et lumineux. Sauf erreur de ma part, n’hésitez pas à me le signaler si je me trompe, les ARS ne possèdent pas le pouvoir d’aller contre le code de la route. Les agences ne peuvent qu’effectuer un rappel et rappeler les règles d’usage et bonne pratique de ces équipements que beaucoup de monde oublie (ambulanciers mais aussi FDO, pompiers etc).

Mais attention

Ce dépliant ne vaut pas un texte de loi à proprement parler et se veut uniquement informatif. Il est destiné à être imprimé et conservé dans votre ambulance mais aussi à être correctement lu. Une page de rappel des règles de bonne conduite et de prudence est destinée à l’information des ambulanciers sur les bonnes pratiques lors d’un transport urgent.

Nous ne sommes pas des cow-boy ! Ce mémo c’est le premier que je réalise et n’est donc pas à l’abri d’erreurs, manques ou autre. Je vous invite donc à utiliser les commentaires en bas de cet article pour me faire remonter les défauts, les ajouts à envisager etc. Une nouvelle version du document sera mis en ligne au fur et à mesure des corrections.

Références

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006074228

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Le brancard cuillère ou civière de relevage

Le brancard cuillère ou civière de relevage

La civière de relevage

Appelée brancard cuillère ou civière scoop est une civière à deux éléments séparables. Réglage en hauteur avec deux verrous situés en haut et en bas du brancard permettant la séparation en deux éléments distinct. Chaque élément possède des lames courbées permettant de cueillir la victime au sol sans la déplacer et donc en respectant un maximum l’axe tête-cou-tronc.

On positionne les deux éléments sur le côté de la victime après avoir réglé la longueur en fonction de la taille du patient. Les lames passent sous la personne puis on réunit chaque extrémité afin de les verrouiller. Il est bien entendu évident qu’il faut être prudent pour ne pas pincer les vêtements ou les parties charnues.

Chaque équipier se positionne à la tête et au pied du brancard et peuvent donc soulever l’ensemble par les bords permettant une bonne prise. Ainsi une fois installée et sanglée la victime peut être déposé sur le Matelas Immobilisateur à Dépression en toute sécurité. On pratiquera l’opération inverse une fois terminé : déverouillage du brancard en haut et en bas et retrait des deux éléments qui vont glisser très facilement vu le profilage des lames

Le brancard cuillère ou civière de relevage
Le brancard cuillère ou civière de relevage

Utilité du brancard cuillère

Ce type de brancard sert dans de nombreux cas : relevage, endroit difficile d’accès pour un brancard traditionnel, victime dans une position complexe à extraire. Le second point est que c’est utilisable par un équipage de deux ambulanciers sans risque de déplacer la victime et de prendre des risques supplémentaires en cas de suspicion de traumatisme du rachis. La matière alu/ fibre ou autre permet une désinfection de l’ensemble de façon pratique et rapide. Ce brancard est utilisé dans de nombreux pays où les équipage d’ambulanciers travaillent en binôme.

Mon avis sur le brancard cuillère

Je l’utilise de façon quasi systématique au quotidien si la situation le permet : pratique, rapide à mettre en oeuvre, sécurisée c’est un outil indispensable et surtout obligatoire dans les ASSU. ce que j’ai pu constater : beaucoup de mes collègues plus anciens ne savent pas s’en servir et donc ne l’utilisent pas. Pourquoi ? tout simplement cette méthode de relevage n’était pas forcément enseigné auparavant et sa présence obligatoire dans une ambulance reste assez récente.

Un outil indispensable pour les ambulanciers et… le patient

Je n’hésite donc pas même si je suis plus jeune d’expérience à expliquer et guider mes collègues pour la mise en place de ce système. En règle générale l’essayer c’est l’adopter. Ce brancard m’a sorti de la m… un paquet de fois comme cet exemple : extraction d’une victime avec trauma de type col du fémur, algique +++, allongée dans un lit complètement défoncé et surtout dans un environnement totalement insalubre…

La victime est « enfoncée »dans le matelas, les conditions d’hygiène assurément douteuses (un truc de malade même !). Accès du brancard quasi impossible au vu de l’encombrement et de la configuration des locaux. La cuillère nous a bien aidé.

Bon j’ai explosé les lattes du lit mangé par les vers en montant dessus mais il n’était pas de première jeunesse non plus. On a eu une franche rigolade après quand même… Reste que l’extraction a été rapide, facilitée par la taille étroite de ce type de civière au passage de la porte et pour circuler dans la maison étroite. On a donc pu déposer en toute sécurité la patiente sur le coquille et la techniquer sans la faire souffrir…

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

Les métiers de l’urgence en vidéo

Clip présentant les métiers de l’urgence sur une musique de Random Memori. Tourné en Novembre 2011, ce film retrace la prise en charge d’un patient depuis le premier appel au SAMU (centre 15) jusqu’à sa prise en charge en réanimation.

Vous pourrez y voir représenté les différents acteurs de la chaîne de soins et de secours qui prendront en charge le patient tel le quotidien. Une illustration parfaite de ce qui se déroule quotidiennement pour les ambulanciers ainsi que pour les équipes soignantes que ce soit l’équipe SMUR ou encore les personnels hospitalier qui se chargent de la prise en charge au sein de la structure de soins. Ce scénario c’est ce qui se passe très régulièrement voire au quotidien. Ce que beaucoup de gens ne voient pas ou encore ne savent pas. La complexité de ces professions, le besoin réel de cohésion entre chaque acteur et l’importance majeure de chaque personnel dans cette chaîne très fragile.

Pour un appel  d’une victime il n’y a pas qu’une personne qui sera sollicitée mais bien tout un ensemble avec des compétences bien spécifiques propres à chacun.

Dans l’ordre d’apparition

Ambulancier, intervention du CSA 44

Ambulancier, intervention du CSA 44

serigraphie_ambulanceFilm sur le métier d’ambulanciers, réalisé par le CSA 44 (Centrale de Secours Ambulancier) en partenariat avec le SAMU 44 de Nantes.

Le CSA 44

Association départementale des Transports Sanitaires Urgents (ATSU), nous regroupons l’ensemble des sociétés privées d’ambulances agrées pour  intervention d’urgente. Notre mission est d’organiser, en lien étroit avec le SAMU Centre 15, les transports sanitaires urgents réalisés par les ambulanciers privés sur le département.

Notre association est indépendante et ouverte à toutes les entreprises de transport et secours ambulancier de Loire-Atlantique formées, équipées et agréés pour intervenir en urgence sanitaire.

Notre métier, c’est l’urgence.

Présentation

La loi du 6 janvier 1986 prévoit la création obligatoire d’une Association de Transport sanitaire d’Urgence (ATSU) par département. C’est en réponse à cette obligation que l’association CSA, Centrale de Secours Ambulancier, nait en 1991 de la fusion de trois Associations. Aujourd’hui, le CSA 44 regroupe 62 entreprises de transport ambulancier de Loire-Atlantique, soit plus des 96% des professionnels du département. Comme toute association, le CSA 44 est géré par un conseil d’administration et un bureau composé de représentants élus et bénévoles.

Les adhérents du CSA autofinancent l’emploi d’une Coordonnatrice Ambulancière, basée au coeur même des locaux du SAMU à Nantes. Ils autofinancent également l’emploi d’une secrétaire basée dans les locaux de l’Hôpital Saint Jacques à NANTES.

Missions

L’organisation et la gestion de la garde préfectorale des transports sanitaires :La mission principale du CSA 44 est celle de toutes les ATSU de France. Elle consiste à organiser les gardes obligatoires sur le département durant les nuits, les week-end et les jours fériés.

L’organisation et la gestion de gardes complémentaires : En complément des gardes obligatoires, le CSA 44 a créé, en auto-financement, un poste de Coordonnateur Ambulancier, il régule les demandes du 15 et permet aux ambulanciers privés d’y répondre. Cette régulation s’effectue grâce à un logiciel de gestion des appels urgents, développé par la société SCR Informatique, en partenariat avec le CSA44.

A lire pour compléter cette vidéo de présentation

https://www.ambulancier.fr/nantes-et-la-reponse-des-ambulanciers-a-lurgence/

 

Intervention – En chier avec dudul

Intervention – En chier avec dudul

retro

Bon allez merde ! Aujourd’hui c’est dimanche, l’actu me déprime, et les cons aussi ! Alors on va rester dans le “light”, et dans la neige. J’m’en vais te raconter un truc de malade ! Accroche-toi à ton slip !

Une intervention qui restera dans les annales

Je ne vais pas te faire le détail de ma rencontre avec Dudul, ni même t’expliquer pourquoi ce surnom affectueux lui a été attribué… Si tu es cortiqué, tu feras de toi-même le lien. Sinon, gratte-toi. L’intervention qu’on a vécu ce matin-là est quand même digne de figurer dans des annales quelconques, alors autant que ce soit ici… Par un beau matin d’hiver ensoleillé – Viens-en au fait, Jean !

Un matin beau. Soleil beaucoup… C’est ça que tu veux ? Bon alors merde ! Ce matin-là de l’hiver dernier, particulièrement long et rude avec beaucoup de neige dans cette partie du massif des Hautes-Vosges mais côté Alsacien, on avait été requis par,… alors là je sais plus si c’est un toubib du cru qui avait appelé en direct, ou s’il avait transité par la régule du SAMU Centre 15…

Homme 80 ans, pour la réa cardio

En tous cas on avait été requis pour évacuer sans délai un homme d’environ 80 ans vers la réa cardio de l’Hôpital Albert Schweitzer au motif de douleurs thoraciques chez sujet triple-ponté avec des antécédents de TACFA (Tachy-Arythmie Cardiaque par Fibrillation Auriculaire) et autres problèmes de palpitant… Forcément dans ces cas-là, on ne perd jamais de temps et on se dit qu’une convergence avec le SMUR doit rester une option sur le feu !

Un chemin… enneigé et deux ambulanciers

Le chalet de ce monsieur se trouvant à tout juste deux kilomètres en amont dans la vallée, les routes étant dégagées, on a parcouru la distance en moins de temps qu’il ne t’en faut pour éternuer… Arrivés devant la grille de fer forgé ouverte marquant l’entrée de la propriété, on s’est avancés sur le chemin. Juste quelques mètres, le temps de se rendre compte que le chemin menant au chalet (environ 200 mètres) était enneigé, verglacé, casse-gueule, craignos, pourri-moisi.
Bref, un putain d’écueil !

Et bien sûr, les chaînes étaient restées à la base… Alors que d’habitude elles sont toujours dans l’ASSU: de novembre à mars. Invariablement !

  • Dudul enquille vite fait:
  • Prends le sac d’inter et file bilanter le mec. Moi je retourne à la base chercher les chaînes et je te rejoins. Grouille !
  • Ok Boss !
  • Oui, Dudul, c’est mon Boss.

Je saute à terre (enfin, à neige), je chope notre Boscarol rouge plein de tout ce qu’il faut pour une évaluation clinique complète, et je me mets à cavaler sur la neige verglacée. Je courais comme un cinglé et oh, je devais bien faire des pointes à 2 km/h, toujours à la limite de me casser la mâchoire, sac sur le dos, bras étendus à l’horizontale pour ne pas perdre l’équilibre, mes rangers tentant vaillamment de s’accrocher à la glace – c’est des ventouses aux pieds qu’il m’aurait fallu, bordel de merde !

J’avais l’impression d’être Philippe Candeloro se préparant à faire un triple axel, sauf que je ne portais pas de costume de fiotte moule-burne. Arrivant tant bien que mal au chalet, après des sprints de fou à 2km/h, j’étais déjà en nage ! Et je priais in petto pour que Dudul n’ait pas eu la mauvaise idée d’aller faire un bonhomme de neige dans les prés !

J’arrive au chevet du monsieur, pas bien, essoufflé – lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons – et aussitôt les présentations faites, je lui explique ce que je fais en le rassurant. Tout en lui posant des questions d’ordre médical je prends sa tension, son pouls (tachy-arythmique +++: ça veut dire irrégulier et rapide), et aussi sa saturation en O2 dans le sang.
Et là, le chiffre tombe comme un couperet: 72 de sat !

N’ayant pas constaté de cyanoses ni d’acrocyanoses, je place le capteur de l’oxymètre à mon propre doigt, en me disant:

« Bon il a fait froid cette nuit, l’ASSU a dormi dehors… C’est peut-être un artefact ou un dysfonctionnement… » Mais à mon doigt l’oxymètre indique bien 99 % d’O2. Et merde, va chier ! J’ouvre plus largement le col de la chemise du monsieur en lui expliquant ce que je vérifie: en l’occurrence, je cherche un tirage sterno-cléïdo-mastoïdien ainsi qu’un balancement thoraco-abdominal, signant une détresse respiratoire aggravée. Mais des clous ! Rien !

Je lui replace la sat, et toujours un chiffre dans les patates, à peine plus haut que 70 %… Je me dis que Dudul ne va pas tarder et aussitôt je l’appelle histoire de lui demander de rapporter tout de suite l’ogive d’oxygène: tant qu’il débarque de l’ASSU, autant qu’il ne me rejoigne pas les mains vides…

  • Une main posée sur la main de ce vieil homme, je le regarde avec un sourire qui se veut rassurant tandis que j’explique à mon Boss par téléphone:
  • Je pense que ça ferait du bien à M. X qu’on lui donne un peu d’oxygène. Ce sera plus confortable pour lui. Tu es dans le coin ?
  • J’arrive dans 30 secondes. A toute !
  • J’explique alors au vieil homme un peu inquiet qu’on va lui administrer de l’oxygène, que ça lui fera du bien.
  • Mon co-équipier arrive, lui dis-je. Il a dû aller chercher les chaînes pour l’ambulance je rajoute pour faire bonne mesure, en lui faisant un clin d’oeil.

Le vieil homme sourit bravement.
J’en profite alors pour lui demander ainsi qu’à sa femme qui vient de nous rejoindre, s’il a des antécédents respiratoires connus:
– Monsieur X., avez-vous un dispositif d’assistance respiratoire à domicile ?
– Non…
– Est-ce que votre médecin a déjà évoqué une Insuffisance Respiratoire Chronique (IRC) ou une Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) ?
– Non plus…
– Bien Monsieur, alors on va placer un masque à haute concentration sur votre nez et vous allez être soulagé en respirant de l’oxygène pur grâce au masque, d’accord ?
– Oui-oui… Faites ce que vous avez à faire, me dit-il courageusement avec son accent welche.

Sa femme m’interroge du regard, inquiète. Je lui explique alors que son époux connaît un petit épisode de troubles du rythme cardiaque associé à une difficulté respiratoire, mais qu’en le conduisant en réa cardio, tout se passera bien et que l’équipe qui va le prendre en charge là-bas saura très bien s’occuper de lui et faire ce qu’il faut pour résoudre ce problème.

Rassurée, elle se dirige vers la porte tandis qu’apparaît ma vieille Dudul ! Je lui fais un topo succinct de la situation, alors qu’il m’écoute d’une oreille et salue avec amabilité le Monsieur et son épouse. Se penchant sur le patient, qui précisément est un patient patient, il jette un oeil à mon synoptique et prend connaissance du bilan avec les constantes.

On lui place le masque, et, le patient n’étant ni IRC ni BPCO, on lui balance de l’oxygène à 12 l/minutes. Puis on l’assoit sur la chaise-portoir et on le sort. Sur le brancard, on l’installe en position demi-assise, histoire de l’aider à mieux respirer. Et voilà, on enfourne le tout dans l’ASSU, et je meretrouve assis dans la cellule sanitaire, après avoir dit au-revoir à Madame X.

Prenant à son tour congé de l’épouse de Monsieur X., sautant derrière le volant, Dudul lui suggère d’appeller la réa cardio d’ici une heure ou deux, le temps de faire les examens préliminaires. Son ton est rassurant et, à travers les vitres teintées, je vois que Mme X. semble vraiment soulagée.

C’est là que TOUT a foiré !

Malgré les chaînes, il y a une putain de saloperie de congère glacée-gelée, plus glacée-gelée qu’une nageuse Est-Allemande frigide ! Et forcément, l’ASSU part en plein dessus ! Voilà, les roues avant sanglées de leurs belles chaînes jaunes tournent dans le vide ! Le bas de caisse repose sur cette salope de congère ! Descendant de l’ASSU, Dudul demande à la femme, toujours dehors, sur le pas de la porte, si elle a une pelle ou une pioche, un piolet, qu’importe, histoire de péter la glace, maintenant les roues avant de l’ASSU à 30 cm dans le vide…

La petite femme court chercher des outils, Dudul en  sélectionne deux et vas-y que je me couche sous l’ASSU, à même la glace, à taper comme un sourd dans la neige congelée… Au bout d’un bout, il passe sa tête par la porte de la cellule où je suis assis, en train de rassurer notre Monsieur X. Celui-ci est calme, et même, il sourit de la cocasserie de la situation. Au moins un que ça fait rire ! Je sors relayer Dudul tandis que celui-ci s’assoit auprès du brancard pour récupérer un peu et se réchauffer.

C’est à mon tour d’être vautré sur la glace du sol, à taper comme un sourd avec la pelle que Dudul m’avait filée… Et au bout de ce qui me semble une éternité, la gorge en feu à cause de l’air froid, ce qui devait arriver arriva: la pelle se pète. C’est net et sans bavures ! Me voilà avec juste un manche de bois dans mes mains bleuies par le froid, tandis que le fer de la pelle est gentiment en train de dessiner un sourire à la glace de la congère…

– Euh Dudul… On a un petit problème, lui dis-je en passant la tête par la porte latérale de l’ASSU, en lui montrant la pelle décapitée.
– Bon, ben euh… Ben… Vois avec la dame si elle n’a pas autre chose, sinon, continue avec le manche.
– Glps ! Bon…

Et de continuer un bout jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, Dudul vienne me relayer tandis que je retournais au chevet de Monsieur X. maintenant franchement hilare ! A un moment, je sens que l’ASSU vient de descendre de son putain de perchoir à la con… Une petite secousse et je me dis qu’on va pouvoir repartir…  Dudul se place au volant, tandis que Madame X. se place devant l’ASSU pour le guider.

Madame bonhomme de neige

Elle n’avait pas prévu qu’il passe la marche arrière. Elle aurait dû ! Quand Dudul met les gaz, les roues avant se mettent à projeter de la neige et de la boue sur la pauvre dame, qui maintenant ressemble plus à un bonhomme de neige qu’à ce qu’elle était encore un instant auparavant ! De la neige et de la boue partout: sur le visage, dans les cheveux, sur son manteau… PARTOUT !

Dudul étouffe un fou-rire nerveux tandis qu’il saute à terre. Je suis moi-même obligé de me détourner de Monsieur X. parce que je sens que je pars en couilles à mon tour. A travers la portière avant laissée ouverte, j’entends Dudul demander au “Bonhomme de neige”:
– Ca va madame ? Vous n’êtes pas blessée ?
Celle-ci rigole en s’époussetant…
– Oh ben non hein ! Faut pas vous inquiéter alors… Toujours cet accent welche, là !

L’ASSU est en tout cas à nouveau sur ces 4 roues et on peut mettre les voiles et foutre le camp de cet “Enfer blanc”, Dudul derrière le volant, conduisant prudemment vers la sortie de la propriété, toujours chaînés, jusqu’à ce qu’on retrouve le bitume…

Le déchaînage ne lui a pas pris plus 2 minutes et puis voilà, on filait vers l’Hôpital Schweitzer avec Monsieur X. qui finalement, s’en est payé une bonne tranche. Nous voir trimer comme des sacs, vautrés dans la neige et la glace, les mains et les genoux plus bleus qu’un putain de Schtroumpf, à dégager l’ASSU de cette saloperie de congère lui aura au moins permis d’oublier qu’il n’était pas là pour faire joli, mais qu’à la base c’était parce qu’il était VRAIMENT mal qu’on était venus ! Pour lui porter secours ! Pas pour le divertir, bordel à cul…!

Ambulancier, souvenir de début de carrière

Ambulancier, souvenir de début de carrière

Souvenir de début de carrière, moi l’ambulancier…

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Vous vous souvenez de vos débuts en tant qu’ambulancier? Moi je m’en souviens très bien, quelle fierté de porter cette combinaison blanche (ca a son importance dans la suite du récit), d’arriver sur une intervention toutes sirènes hurlante et de pouvoir donner un peu de réconfort à la victime et tout ça sous les yeux attentionnés des passants qui admirent le dévouement des équipes de secours qui sont disponibles 24/24H 7j/7.

Malheureusement certaines interventions se passent un peu plus mal…pour nous…et notre ego. Je me souviendrais toujours de cette soirée d’hiver j’étais alors encore un jeune  »BNS’‘. Il avait plu tout la journée (ca a aussi son importance dans la suite) et la nuit venait de tomber lorsque j’entendis la sonnerie stridente du bipper qui venait troubler le calme de la salle de garde. Un rapide coup d’œil sur l’écran de celui ci et les 3 premières lettres qui se détachaient clairement du reste du message me firent comprendre qu’il n’était plus temps de bailler aux corneilles.

SMU ces 3 lettres indiquait que notre véhicule devait sortir sur un appel de la régulation du SAMU pour une urgence. Je pris rapidement la radio et j’apercevais déjà mon CCA (ambulancier titulaire) entrain de se diriger vers le véhicule. Nous venions à peine de quitter le centre que déjà la radio crachota le motif de l’appel: 745(indicatif fictif) Femme 40ans malaise sur la voie publique, pas de pc, place Kléber. En moins de 5 min nous étions sur le lieu de l’intervention, un fourgon secours des pompiers nous avait précédé (facile leur caserne est à 500m)…Ils protégeaient tant bien que mal la victime du froid et de la pluie.

Nous avions encore nos anciens ASSU qui permettait de passer du poste de conduite à la cellule arrière sans sortir du véhicule, et alors que mon collègue sortait de l’ ambulance pour aller vers notre patiente, je tentais de glisser mon petit 1m86 à travers ce fin passage afin de récupérer le sac d’intervention, mais je vois mon CCA ouvrir la porte arrière de l’ASSU pour récupérer une bouteille d’oxygène.

Je me demande d’un coup si l’intervention ne serait pas entrain de se compliquer… Et alors que je me dirige vers l’arrière de l’ambulance je remarque que la place est noir de monde et il est illusoire de croire que personne n’a remarqué les gyrophares qui tournaient au dessus de ma tête et alors que j’arrive au seuil de la cellule je me remémore cette série ou on voit un sauveteur avec son short rouge courir sur une plage pour sauver les malheureux baigneur de la vaguelette de 3cm et j’ai même la chanson qui me titille les oreilles alors que je descend mon pied vers le marche pied…

Et pour paraphraser Jean dans son récit En chier avec dudule..!!

C’est là que TOUT a foiré !

J’ai senti mon pied vouloir aller plus vite que la musique et pour une obscure raison il est même remonté à l’horizontale…!!!  Je regrette à ce moment d’avoir cru en la pub de mes chaussures de montagne Columbia (qui d’après l’inscription utilisent la technologie ULTRA MEGA GRIP only snow) Only snow qui est bien entendu écrit en tout petit, en fait cette  »technologie » est une vaste fumisterie qui permet de faire doubler le prix de la chaussure….’foiré..!!!

En fait le caoutchouc de la chaussure n’apprécie pas du tout le contact avec l’aluminium mouillé du marche pied…gggrrrmmmmbbbbblllll Bref alors que je suis encore entrain de pester dans ma tête une pensée m’effleure l’esprit et je me remémore tout d’un coup de certains de mes cours de physique et en particulier le cours de la pomme dû au théorème d’un certain Newton. Isaac de son prénom.

Deux corps ponctuels de masse MA et MB s’attirent avec une force proportionnelle à chacune des masses, et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Cette force a pour direction la droite passant par le centre de gravité de ces deux corps.

La force exercée sur le corps B par le corps A est vectorielle-ment donnée par newton. Voyons la gravité à Strasbourg est de 9.81..Fichtre si je ne me tenais pas je me serais écrasé par terre devant toute cette foule…. Soudainement un éclair de lucidité me traverse…mais oui tiens à quoi est ce que je me tiens d’ailleurs……la sentence tombe rapidement: Ben à rien mon gars..!!!

Et alors que je suis encore entrain de débattre dans ma tête de ce fameux théorème et de pester sur le fait que s’il n’existait pas on tomberait peut être un peu moins vite…je suis rappelé à la réalité par une douleur aiguë qui remonte le long de ma colonne….

Douleur due à l’impact et la rencontre entre mon postérieur et notre bonne vielle planète..!! C’est dans ce genre de moment qu’on aimerait trouver un petit trou ou se cacher et ne plus en sortir…. Et entre nous vous avez déjà essayé de faire un relevage devant 200 personnes en combinaison blanche avec le postérieur trempé, parce que vous vous êtes rétamé comme une buse en glissant sur ce !%&#!! de marche pied???

Corollaire: Les jours de pluie le marche pied tu n’utiliseras pas

Jean Laengy

C’est le métier qui rentre qu’il disait l’autre… J’aurais voulu le voir à ma place le rigolo qui a inventé ce proverbe..!!!

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

L’asthme c’est quoi ?

L’asthme est une affection communément rencontrée dans un contexte préhospitalier. Nous réviserons la pathophysiologie de l’asthme, ses signes et symptômes, et les traitements appropriés. L’asthme peut être due à différents facteurs comme la pollution environnementale, les allergies, l’effort physique ou une combinaison.  On peut aussi retrouver différents degrés selon lesquels les patients seront affectés par leur maladie. Certains contrôlent très bien leur asthme au moyen de leur médication et peuvent mener une vie presque normale, alors que d’autres seront très handicapés par leur condition, au point d’être hospitalisés à de nombreuses reprises pour arriver à contrôler les symptômes. L’asthme est une maladie chronique qui peut être contrôlée mais non guérie. Certains patients qui sont asthmatiques pendant leur petite enfance peuvent voir leur asthme disparaître à l’adolescence, puis réapparaître à l’âge adulte, alors que d’autres auront des symptômes persistants tout au long de leur vie.

Pour décrire la crise ou l’attaque d’asthme, il faut comprendre que la lumière bronchique (et donc le passage de l’air) est fortement diminuée par 3 facteurs. L’inflammation des muqueuses qui tapissent l’intérieur de la bronche, combinée à la bronchoconstriction et à la surproduction de mucus fait en sorte que le passage de l’air est très difficile non seulement lors de l’inspiration, mais aussi lors de l’expiration. C’est cette difficulté à expirer qui fait qu’un asthmatique chronique aura tendance à expirer avec les lèvres pincées et qu’il développera un thorax dit « en tonneau ».

La personne en crise asthmatique peut se reconnaître à certains signes, le premier étant une dyspnée modérée à sévère accompagnée ou non de sibilances ou de toux. La position du patient peut aussi être un bon indicateur.  Le patient en crise asthmatique aura tendance à adopter une position assise (il tolère très mal la position couchée) ou une position où il est penché vers l’avant, avec les bras appuyés sur une surface dure comme une chaise ou une table.  Cette position facilite la ventilation en permettant une meilleure expansion thoracique.

Les sibilances (wheezing) sont un signe presque certain de constriction des bronches. Ils peuvent cependant être observés chez les patients présentant une obstruction partielle des voies ventilatoires. Le stridor est un autre son respiratoire, mais son origine est plus haute dans l’arbre trachéo-bronchique. Alors que les sibilances viennent des bronches et des bronchioles le stridor, quant à lui, vient plutôt de la trachée et du larynx, incluant les cordes vocales. Les sibilances peuvent être entendues seulement lors de l’auscultation ventilatoire, ou encore à l’approche du patient, sans devoir procéder à l’auscultation. Il peut être inspiratoire, expiratoire, ou les deux.  C’est le signe le plus commun de la crise asthmatique. Par contre, son absence ou sa présence ne devrait pas être considérée comme un point de décision absolu dans le traitement. En effet, en cas de bronchoconstriction très sévère, les sibilances peuvent être absentes. Il y a donc d’autres signes et symptômes à considérer.

Outre la position du patient et la présence (ou absence) de sibilance, il y a aussi lieu de considérer l’état général du patient, la couleur et la texture de sa peau, son niveau d’activité et d’orientation et, si disponible, sa saturométrie.

Le problème réel du patient asthmatique n’est pas seulement son incapacité à faire entrer l’oxygène dans ses poumons, mais aussi à faire sortir le dioxyde de carbone de son sang. La mauvaise oxygénation peut entraîner la cyanose (d’abord périphérique puis centrale) et la position tripode. L’accumulation de CO2 dans le sang peut entraîner l’acidose, ce qui causera éventuellement de la faiblesse, de la confusion, de l’apathie et éventuellement de l’inconscience.

Les efforts ventilatoires du patient pourraient éventuellement déclencher l’utilisation des muscles accessoires de la ventilation, ce qui se entraînera le tirage intercostal et/ou sous-diaphragmatique, de même que l’utilisation des muscles sterno-mastoïdiens. Chez le jeune enfant, on pourrait aussi observer le battement des ailes du nez.

Prise en charge ambulancière

La prise en charge préhospitalière de la crise d’asthme implique autant une évaluation précise de la condition du patient qu’un traitement adéquat de sa crise. Outre les questions habituelles (OPQRST-SAMPLE), il serait pertinent de s’enquérir du niveau de dyspnée du patient, tout en étant attentif à sa façon de s’exprimer.  En effet, un patient qui est dyspnéique au point de ne pouvoir dire que 2 ou 3 mots entre chaque ventilation est dans un état extrêmement sérieux, voir critique.  Aussi, les informations sur les crises précédentes sont très pertinentes.  Si le patient a été intubé ou hospitalisé longuement suite à une crise, on peut s’attendre à ce que son état soit difficile à gérer.  Enfin, la saturométrie (ou oxymétrie de pouls, SPO2) peut donner une bonne indication mais n’est cependant pas un critère diagnostic absolu.  Obtenir rapidement une saturométrie sur les lieux, pour ensuite la comparer avec la valeur obtenue une fois les traitements initiés peut être utile, mais n’est pas essentiel.  De même, il n’y a pas de valeur de saturométrie établie pour indiquer la gravité de l’état du patient.  Certains patients ont des SPO2 moins élevées à cause de conditions médicales pré-existantes, notamment les patients souffrant de troubles ventilatoires chroniques.

Au chevet du patient, il sera important d’administrer rapidement de l’oxygène à haute concentration au patient dans les délais les plus brefs. Puisque ce patient est potentiellement hypoxique, l’oxygène d’appoint ne peut que l’aider. Et ceci est vrai même dans le cas d’un patient atteint d’un trouble ventilatoire chronique (Bronchopneumopatie Obstructive Chronique – BPOC, notamment l’emphysème, la bronchite chronique et la pneumonie). En effet, même si ces patients peuvent éventuellement subir un arrêt ventilatoire suite à l’administration d’oxygène supplémentaire (à cause du stimuli hypoxique), cette conséquence est tardive et prend quelques heures à s’installer.

Outre l’oxygène d’appoint, la position semi-assise ou assise est très nettement préférable à la position couchée. En effet, la position couchée met une contrainte supplémentaire sur l’expansion thoracique, et donc sur les mouvements ventilatoires.  Un patient présentant une dyspnée sévère, quelle qu’en soit la cause, ne devrait jamais être couché.  D’ailleurs, demander au patient dans quelle position il dort peut aussi être un bon indice. Un patient qui doit dormir assis dans un fauteuil ou avec de nombreux oreillers pour garder une position semi-assise indique un trouble plus sévère et potentiellement plus difficile à gérer.

La ventilation à pression positive peut aussi être envisagée, surtout dans les cas de crise asthmatique très grave. Un patient présentant une forte diminution de ses mouvements ventilatoires, pouvant être accompagnée par une altération de l’état de conscience, par une cyanose centrale, une diaphorèse profuse et une diminution ou une absence des sons ventilatoires à l’auscultation. Il faut cependant être prudent lors des ventilations à pression positive, afin d’éviter de provoquer un pneumothorax.  En effet, l’air entre difficilement dans les poumons, mais en ressort aussi difficilement.  Une légère pression sur le thorax lors de l’expiration peut même être bénéfique.

Évidemment, la médication reste la meilleure façon de stabiliser le patient. Un bronchodilatateur à action rapide, comme le salbutamol, est indiqué dès le début des symptômes. Son effet sur les récepteurs adrénergiques β2 provoque la relaxation des muscles bronchiques, réduisant ainsi le bronchospasme. Dans les cas plus graves, l’épinéphrine peut aussi être considérée, encore là pour l’effet sur les mêmes récepteurs, mais de façon beaucoup plus efficace.

Rédigé par : Sébastien Gagnon, ACP, AEMCA, TA-P Paramédic en Soins Avancés. Canada.

Toulon, essai transformé pour les ambulances géolocalisées

Toulon, essai transformé pour les ambulances géolocalisées

Fabien Bonomi, ambulancier chez Var Assistance, ne prendra pas le volant ce matin. Il embauche à 8 h au centre 15 du Samu, situé à l’hôpital Font-Pré. Ici sont traités tous les appels d’urgence, ce qui en fait le centreus névralgique des interventions de secours dans le département.

Un autocom téléphonique permet une première répartition des appels entre la table de régulation libérale (conseils médicaux prodigués par des praticiens) et la table urgentiste dirigée par un médecin du Samu. Responsable de la mise en œuvre des moyens médicalisés (le Smur), celui-ci est aussi en prise directe avec les ambulances privées. « L’intégration d’un coordonnateur ambulancier au centre 15, a permis de lever certaines barrières entre urgentistes et ambulanciers, constate Fabien Bonomi. Je crois que nous soulageons considérablement le travail des permanenciers du Samu. Pourquoi ne pas professionnaliser cette tâche à l’avenir, pour atteindre encore plus d’efficacité? »

« Fluidité dans les interventions »

Les permanences de régulation, assurées du lundi au samedi (1) par une quinzaine d’ambulanciers de tout le département, sont bénévoles. Les salariés ou cadres volontaires sont payés par leur entreprise, sans que celle-ci ne soit remboursée. Mais des pistes de financement sont à l’étude avec l’Agence régionale de santé (ARS), signe de normalisation du dispositif. « Lors d’une réunion avec l’ARS et les professionnels de santé, récemment en préfecture, le directeur du Samu a dit tout le bien qu’il pensait de notre action », reprend M. Bonomi.

Alexandra Cittadini, qui anime l’Antenne départementale des services d’urgence (ADSU, ambulances), confirme : « Le coordinateur ambulancier a donné de la fluidité aux interventions. Cela fonctionne très bien, par exemple, dans les zones rurales. »

 70 % des ambulances varoises y participent

Plus parlant que tout, l’efficacité de la régulation des ambulances par géolocalisation, s’apprécie au regard de la carence évitée, en chute de 50 % depuis mars 2010. Par carence, il faut comprendre l’indisponibilité d’une ambulance, donnant lieu à une intervention des sapeurs-pompiers. Encore faut-il distinguer la carence absolue et la carence relative, celle-ci nécessitant un temps d’attente important avant l’arrivée d’une ambulance. On compte une soixantaine de sociétés d’ambulance dans le Var pour une flotte de 150 véhicules. À ce jour, environ 70 % des ambulances participent à la régulation centralisée par géolocalisation. « Rien n’empêche que toutes y adhèrent prochainement, cela repose sur le volontariat », conclut Fabien Bonomi.

1. Les nuits, dimanches et jours fériés, le système de gardes départementales reprend ses droits, selon un agenda régi par la préfecture.

http://www.varmatin.com/article/toulon/toulon-essai-transforme-pour-les-ambulances-geolocalisees

PALS : Pediatric Advanced life Support

PALS : Pediatric Advanced life Support

Pediatric Advanced life Support(PALS) : la formation

Le célèbre cours PALS de l’American Academy of Pediatrics et de l’American Heart Association, conforme aux recommandations de l’ILCOR, est enfin disponible en France.

 Public

Ce cours s’adresse aux médecins (urgentistes, pédiatres, médecins de famille), infirmiers, et à tous les autres professionnels de la santé qui veulent faire la mise à jour de leurs connaissances et veulent maîtriser leurs habilités techniques en réanimation pédiatrique. Les ambulanciers pourront trouver un intérêt pédagogique à cette formation en terme de connaissances.

 Programme et méthode

Ces sessions se veulent avant tout basées sur une pratique intense, à travers des ateliers de simulation clinique. L’apprentissage est basé sur la prise en charge des premières minutes face à une urgence pédiatrique : arrêt cardio-respiratoire, détresse ventilatoire, traumatisme, réanimation du nouveau-né. Toutes les techniques de soins sont pratiquées en y incluant la pharmacologie et les aspects éthiques de la réanimation. 

Cette formation dure deux jours et donne lieu à une épreuve écrite qui permet l’obtention d’un certificat en cas de réussite, reconnu internationalement. Tous les trois ans une remise à jour des connaissances de quelques heures doit être effectuée pour conserver sa validité. En effet, le contenu du PALS évolue avec l’avancement des connaissances et des données  scientifiques, par conséquent, tous les cinq ans de nouvelles lignes directrices peuvent être établies en fonction des derniers acquis de la recherche.

Comité scientifique

Directeur de cours: Pr Marc André DUGAS, Pédiatre intensiviste, chef de service des soins intensifs, CHU Laval, Québec
Co directeur: Dr Emmanuelle DEFRANCESCHI, Anesthésiste Réanimateur, DAR SUD APHM
Dr Anne Pascale WASIER, Pédiatre intensiviste, Réanimation CHU Timone et responsable du SMUR Néonatal SAMU 13
Dr Sophie Ariane HASSID, Pédiatre intensiviste, Réanimation néonatale CHU Nord
Dr Arnaud CHARPENTIER, Pédiatre intensiviste, Réanimation CHU Timone

Inscriptions et info

http://www.ims-org.com/

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

Je vous partage un article vraiment très intéressant et surtout important dans le cadre de la profession : l’ambulancier et les positions de transport. Une thématique qui nous concerne en particulier et qu’il est important de comprendre. En effet suivant la pathologie, les traumatismes une attention particulière devra être apportée.

Positions d’attente : justifications physiopathologiques et principales indications

FDNY

L’installation d’une victime en position d’attente et de transport poursuit un double but : disposer le patient dans une posture qui vise à obtenir des conditions susceptibles de préserver ou d’améliorer ses fonctions vitales (conscience, état ventilatoire, état circulatoire), tout en veillant à ne pas aggraver d’éventuelles lésions traumatiques associées. Nous nous proposons de rappeler brièvement les indications de ces positions ainsi que les grandes lignes de leurs justifications physiopathologiques. 

Lors de l’abord d’une victime, une des premières questions à se poser est la suivante : « La position spontanément adoptée par le patient est-elle celle la mieux adaptée à son état ? » En cas de réponse négative, il convient d’estimer le rapport bénéfice/risque d’un éventuel changement de position. Si cette mobilisation ne pose généralement pas de problème dans le cadre des urgences médicales, il n’en est pas de même en traumatologie.

Dans ce contexte, la hantise d’une lésion rachidienne imposera l’emploi de règles strictes de manutention (avec parfois plusieurs secouristes), seules garantes du respect de la rectitude de l’axe tête-cou-tronc. Une victime consciente aura, le plus souvent, tendance à adopter spontanément la posture dans laquelle elle se sent le mieux. Cette position sera généralement à respecter, à condition qu’elle soit en accord avec les grands principes que nous allons rappeler ici. Pour des raisons didactiques, il est pratique de classer les positions d’attente en quatre grandes catégories :

  • les positions dérivées du décubitus dorsal,
  • les positions dérivées du décubitus latéral,
  • les positions dérivées de la position assise et
  • le cas particulier du décubitus ventral.

Les techniques spécifiques qui permettent d’installer le patient dans l’une ou l’autre de ces positions sont réputées acquises par les médecins et les secouristes. Elles ne seront donc pas détaillées ici.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Décubitus dorsal, à plat dos strict

La position à plat dos strict est indiquée chez tout patient en arrêt respiratoire ou cardio-respiratoire. Elle permet la réalisation des manœuvres de réanimation cardio pulmonaire de base (libération des voies aériennes, ventilation, massage cardiaque externe) ainsi que les gestes de réanimation spécialisée (choc électrique externe, intubation, abord veineux périphérique).

Elle favorise la restauration d’un débit sanguin cérébral lors du Massage Cardiaque Externe. Elle limite le risque d’hypo débit cérébral sans s’opposer au retour veineux.

Décubitus dorsal, membres inférieurs relevés

Le décubitus dorsal avec surélévation des membres inférieurs est indiqué chez toute victime consciente présentant une hémorragie abondante (interne, externe ou extériorisée) ainsi que devant la constatation de signes d’hypovolémie sévère (collapsus, tachycardie ou bradycardie paradoxale, temps de recoloration cutané allongé, troubles de la conscience…).

Dans le cas particulier de l’hémorragie extériorisée, les mesures d’urgence visant à arrêter le saignement (compression manuelle, pansement compressif, point de compression) priment sur l’installation en position d’attente. Devant une plaie hémorragique du membre supérieur, la surélévation du segment de membre intéressé (s’il n’existe pas de fracture associée) améliorera l’efficacité des gestes d’hémostase.

L’installation du patient en décubitus dorsal, membres inférieurs surélevés, peut en outre permettre de limiter les effets d’un malaise vagal. Cette position est contre-indiquée en cas de fracture des membres inférieurs ou du bassin. Son principe repose sur la redistribution d’une partie du sang contenu dans le système capacitif veineux des membres inférieurs, vers la partie supérieure du corps.

Décubitus dorsal, membres inférieurs fléchis

Le décubitus dorsal, cuisses fléchies, les jambes étant disposées en position repliée ou horizontale, est indiqué chez toute victime consciente présentant une plaie ou un traumatisme fermé de l’abdomen. Elle est souvent spontanément adoptée par le patient conscient présentant une douleur abdominale aiguë. Elle permet de diminuer les phénomènes douloureux en favorisant le relâchement des muscles de la sangle abdominale.

Décubitus dors en proclive à 10°

Cette position est recommandée dans le cadre de la prise en charge des neurotraumatisés. Tous les brancards des ambulances modernes permettent cette position. Le but recherché consiste à diminuer l’oedème cérébral en favorisant le retour veineux. Cette position peut avoir un effet néfaste sur la tension artérielle, qui doit être contrôlée toutes les 10 minutes.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Position latérale de sécurité (PLS)

La PLS est indiquée en cas de troubles isolés de la conscience, c’est-à-dire en l’absence de détresse respiratoire ou circulatoire associée. Elle permet d’assurer un certain degré de liberté des voies aériennes (la tête de la victime est ramenée avec précaution vers l’arrière) et de limiter le risque d’inhalation du contenu gastrique (la bouche est légèrement ouverte et dirigée vers le sol).

La mise en PLS constitue une manœuvre à risques dans le cadre de la prise en charge d’un blessé potentiellement porteur d’une lésion du rachis cervical, mais même dans cette situation, c’est le risque vital qui prime devant l’éventuelle aggravation d’une lésion neurologique supposée. La technique de mise en PLS chez le blessé grave ou chez le polytraumatisé doit être connue de tous les intervenants de l’urgence (médecins et secouristes) et respectée scrupuleusement.

Lorsqu’elle est réalisée à trois secouristes, elle permet de respecter l’axe tête-cou-tronc lors de la mobilisation de la victime. Un collier cervical peut être mis en place avant la PLS.

La PLS peut aussi bien être réalisée à droite qu’à gauche. En cas de fracture d’un membre la victime sera tournée du côté sain, de manière à ce que le poids du corps ne comprime pas le membre lésé. Si on a le choix, on préférera néanmoins tourner la victime sur le côté gauche afin de pouvoir la surveiller plus facilement une fois qu’elle sera installée dans l’ambulance ou le VSAB (véhicules normalisés avec porte brancard à gauche). Dans le cas particulier du traumatisé thoracique présentant des troubles de la conscience, la PLS sera réalisée du côté de la lésion afin de favoriser l’efficacité des mouvements ventilatoires du poumon sain.

Position obstétricale (PLS gauche)

La position obstétricale ou PLS gauche est indiquée pour le transport de toute femme enceinte (même si elle est consciente) à partir du 7ème mois de grossesse. Elle permet de supprimer la compression exercée par le poids de l’utérus gravide sur la veine cave inférieure.

Positions d’attente dérivées de la position assise

Position assise, membres inférieurs pendants

La position assise au bord du lit (ou sur une chaise) est indiquée chez tout patient présentant une détresse respiratoire consécutive à la survenue d’un œdème aigu du poumon. Elle est souvent adoptée spontanément par la victime, qu’il n’est pas rare de trouver également debout, penchée dans l’embrasure d’une fenêtre (soif d’air). Cette posture permet de diminuer le retour veineux (précharge ventriculaire gauche) et, conséquemment, la pression artérielle pulmonaire.

Position demi assise, membre inférieurs allongés

La position demi-assise stricte est indiquée en cas de gêne respiratoire ou de détresse respiratoire chez un malade conscient (crise d’asthme par exemple). Cette posture améliore l’efficacité des mouvements ventilatoires en facilitant le jeu du diaphragme, ainsi soulagé du poids des viscères abdominaux. S’il existe une gêne ventilatoire consécutive à une blessure thoracique, le patient peut également être maintenu dans cette position, mais tourné vers le côté lésé. Le blessé indique alors lui même dans laquelle de ces deux positions il se sent le mieux.

Position demis assise, membres inférieurs fléchis

La position demi-assise, membres inférieurs fléchis constitue un cas particulier. Elle représente une combinaison de deux positions dont nous avons déjà parlé. Elle est indiquée en cas de traumatisme thoraco-abdominal. La composante thoracique est améliorée par la position demi-assise, la composante abdominale par la flexion des membres inférieurs. Avant d’adopter cette position, il est préférable de s’assurer de l’absence de lésions des membres inférieurs, du bassin et du rachis. En cas de doute, on respectera la position initialement adoptée par le patient.

Position assise, patient penché en avant

La position assise, patient penché en avant, est indiquée dans le cadre de la prise en charge et du transport des enfants (mais aussi des adultes) présentant une épiglottite. Dans ce contexte, il faut rappeler que tout passage en position allongée est strictement contre-indiqué (risque de détresse respiratoire aiguë par obstruction brutale des VAS), sauf si la victime est préalablement intubée ou si un abord transtrachéal a été réalisé.

Cette position limite la gêne respiratoire et s’oppose en partie au risque d’obstruction des voies aériennes par l’hypertrophie inflammatoire de l’épiglotte. Cette posture convient également en cas d’épistaxis (on demande au patient de réaliser simultanément une compression nasale manuelle) car elle permet de limiter le risque d’écoulement sanguin postérieur.

Positions d’attente : décubitus ventral

L’installation et le transport d’un malade en décubitus ventral reste une indication d’exception. Cette posture, particulièrement inconfortable est, en effet, susceptible d’aggraver une gêne respiratoire préexistante. Elle perturbe également la surveillance clinique du patient en empêchant l’accès aux voies aériennes (intubation) et au thorax (auscultation cardiaque, contrôle de l’ampliation thoracique).

Elle n’est indiquée que lors de la prise en charge de lésions hyperalgiques (plaies ou brûlures) de la face postérieure du tronc ne présentant pas d’association avec une atteinte des fonctions vitales. Rappelons pour mémoire que le décubitus ventral peut être utilisé, dans un but thérapeutique, chez le patient de réanimation (intubé et ventilé) dans le cadre de la prise en charge du Syndrome de Détresse Respiratoire de l’Adulte (SDRA).

Conclusion

La période de transport d’un malade ou d’un blessé grave constitue toujours une étape « à risques » au cours de laquelle les perturbations liées au déplacement de la victime (vibrations, accélérations, décélérations, mouvements d’inclinaison) contribuent à aggraver son état. Lors du transport et durant la phase qui le précède, la connaissance et l’utilisation d’un certain nombre de règles simples dans la procédure d’installation du malade sont fondamentales.

Si ces techniques reposent avant tout sur des principes élémentaires de secourisme, ces positions ne perdent cependant rien de leur intérêt lors de la phase de médicalisation des secours. Elles doivent donc être connues et utilisées par le médecin, ne serait-ce que pour vérifier que la position de la victime (spontanée ou imposée par les secouristes) est adaptée à son état neurologique, ventilatoire et hémodynamique ainsi qu’à la nature de ses lésions. L’utilisation de ces postures ne dispense en aucun cas de la surveillance de la victime, dont l’état clinique peut se modifier à tout instant et nécessiter une adaptation rapide de la stratégie de prise en charge.

Eric TORRES
Médecin Capitaine CSP Digne
SMUR de Hyères
E.mail : eric.torres@wanadoo.fr

Michel TASHAN
Médecin Capitaine SDIS 13
SAMU 04

Marie-Pierre RUDELIN
Médecin attaché
SMUR de Hyères

Cet article ambulancier et les positions de transport est issu du site urgence pratique : http://www.urgence-pratique.com/

Ambulancier, le bilan

Ambulancier, le bilan

Le bilan ambulancier

Voici un dossier que je vais qualifier d’important étant donné que le bilan est quelque chose de très important et qui permettra au médecin régulateur de juger de la gravité de la situation. L’ambulancier est les yeux et les oreilles du médecin. Un bilan bien établi c’est un patient bien pris en charge.

A la suite de ce dossier vous trouverez une fiche bilan à utiliser lors de vos interventions et à remettre au service d’urgence à l’accueil du patient pour permettre une meilleure traçabilité de la prise en charge. La fiche quand à elle est une réalisation de l’ambulancier pour les nuls sur la base d’une fiche existante. Toute remarque est la bienvenue.Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé.

Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (ADE ou AUXILIAIRE). Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télédiagnostic plus fin dans le but de déclencher la réponse la plus adéquate possible, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

On peut définir le bilan ainsi : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  •  Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter ?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT : l’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones :

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime ! attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les «attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc…  Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser (  minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement (faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  • Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  • Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  • Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  • Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques hémostatiques, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même assurer la sécurité du binôme +++ et du patient.  Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est  pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à  quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique. Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  •  Nous arrivons avec trois-tons et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçu par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçu comme une humiliation suprême…

Territoire

Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain. Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ».

C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé.

Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire…, entendre les ambulanciers s’adresser à l’entourage en ignorant le patient :  « Eh, je peux quand même parler, non ? »

Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces  en réponse :

  •  Saluer tout le monde avec politesse.
  •  Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  •  Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  •  Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…

TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!

  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime attention…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant.

RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%

Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan élaborées par Christophe, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU.

La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !) Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique !

Utiliser le langage médical universel

« douleurs abdominales  aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

Dans le dernier exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin » : quelques exemples communs en vrac… :

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque et TA = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC < 60 = bradycardie ( attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR <12 = bradypnée
  • Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Pour terminer, l’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion, la détection visuelle des signes cliniques.

  • Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
  • Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Le bilan ambulancier : l’importance d’un travail sérieux

Comme vous l’aurez constaté la teneur du bilan entraînera une bonne étude de la prise en charge à mettre en oeuvre. Chaque acteur de la chaine de soin pourra alors apporter au plus vite une réponse de soins de qualité en fonction des éléments apportés. Ne négligez jamais le bilan, en plus d’être le reflet de votre professionnalisme il pourra sauver des vies et apporter une réponse adaptée au patient et à ses soins.

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse : en bref

Une Intoxication médicamenteuse est une intoxication causée par un ou plusieurs médicament.

Il convient en premier lieu de contrôler les fonctions vitales et de prendre si nécessaire les mesures classiques de réanimation. Une diminution de l’état de conscience due à une hypoglycémie, au monoxyde de carbone ou à  des morphiniques doit être immédiatement recherchée et traitée de manière adéquate. Cela vaut aussi en cas de convulsions provoquées par des intoxications.

La gravité de l’intoxication doit ensuite être évaluée sur base de l’(hétéro-)anamnèse à partir de laquelle des informations peuvent être obtenues en ce qui concerne la nature du médicament, la quantité supposée prise, le moment de la prise, la prise concomitante éventuelle d’alcool. Il faut toutefois insister sur le fait que les informations obtenues à l’anamnèse ne sont pas toujours fiables et qu’elles peuvent mener à sous-estimer la gravité de la situation.

Les renseignements obtenus à partir de l’examen clinique sont aussi importants. Il faut aussi être attentif au fait que l’absence de symptômes peut être faussement rassurante. En cas d’intoxication intentionnelle, une évaluation et une aide psychiatriques urgentes s’imposent.

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Fiche cas concret « intoxication médicamenteuse : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Prise en charge ambulancier : la plaie

Prise en charge ambulancier : la plaie

La plaie en bref

Une plaie est une rupture de la barrière cutanée. Outre la lésion d’organes sous-jacents qui peut se produire lors de l’accident, la plaie peut entraîner la pénétration de germes pathogènes dans un organisme et provoquer une infection. Le principal risque pathogène est le tétanos. En premiers secours, on distingue les plaies simples, qui nécessitent un simple nettoyage ou une désinfection et les plaies graves qui nécessitent un avis médical.

Mais une plaie grave au sens premiers secours ne l’est pas forcément au sens médical. Par exemple, une plaie par outil est considérée comme grave en premiers secours car il faut en évaluer l’emplacement, la profondeur, les éventuelles répercussions, et ceci doit être fait par un médecin qui jugera lui si la plaie est effectivement grave ou bénigne ;

Prenons l’exemple d’une plaie par couteau à un doigt, elle sera bénigne si seule la chair est touchée, mais si un tendon est touché ou sectionné, cela nécessitera de la chirurgie au risque de perdre l’usage du doigt ; un écart d’un millimètre sur la position de la plaie peut faire la différence.

Les services d’aide médicale d’urgence peuvent donner des consignes utiles sur la conduite à tenir (se rendre chez le médecin généraliste, se rendre aux urgences de l’hôpital ou bien attendre des secours). Il ne faut pas hésiter à contacter les services d’urgence en cas de doute.

En premiers secours, une plaie simple est une petite effraction cutanée (petite coupure ou éraflure) superficielle et saignant peu, et qui n’est pas située près de l’œil ou d’un orifice naturel. On parle de plaie grave dès lors qu’un des éléments suivant survient :

  • Localisation :
    • près d’un orifice naturel (nez, bouche, oreille, sexe, anus), à l’œil ou à la face (visage, cou) ;
    • au thorax ;
    • à l’abdomen ;
  • Aspect :
    • saignement abondant (voire l’article Hémorragie) ;
    • déchiquetée ;
    • plaie étendue ou plaies multiples ;
  • Mécanisme :
    • par projectile ;
    • par outil ;
    • par morsure ;
    • par objet tranchant : couteau, cutter…

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Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en bref

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) ou en anglais Cardio-pulmonary resuscitation (CPR), est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la circulation sanguine d’une personne s’est arrêtée (arrêt cardio-circulatoire).

En effet, lorsque la circulation du sang s’arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir : des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d’arrêt circulatoire[1]. Le fait d’oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d’éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d’accroître les chances de survie.

Méthodologie et concept

La réanimation cardio-pulmonaire est l’association de la ventilation artificielle et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).

Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l’on doit l’acronyme en anglais ABC :

  • A pour airway, libération des voies aériennes ;
  • B pour breathing, ventilation artificielle ;
  • C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.

La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c’est-à-dire :

  • inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
  • qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l’élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d’air sortir par le nez ou la bouche.

À moins d’y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime. Cette opération n’est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et elle prend un temps qui serait plus efficacement passé à réanimer la victime. Le cas d’une victime en arrêt respiratoire mais dont le cœur bat est rare, et de toutes façons la conduite appropriée dans ce cas pour le grand public est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s’écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d’abord stopper l’hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l’appareil électrique dans le cas de la victime électrisée. Dans le cas d’un adulte qui s’effondre sans raison, et lorsqu’on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l’arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP.

Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours. Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n’est disponible, on pratique la RCP deux minute avant d’aller alerter les secours car l’apport rapide d’oxygène aux cellules peut améliorer l’état de la personne. Au contraire, dans la cas de l’arrêt spontané chez l’adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne. Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d’alerter les secours et d’apporter un défibrillateur, puis commence immédiatement la réanimation.

Fiche cas concret réanimation cardio-pulmonaire

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Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis : en bref

Les fractures et instabilité du rachis cervical supérieur sont un peu différentes des fractures et luxations du rachis cervical de C3 à C7.

  • simples lésions des parties molles
  • à la paralysie ou au décès,
  • avec ou sans fractures ou luxations graves.
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Les lésions traumatiques de la colonne vertébrale cervicale ne sont souvent reconnues qu’en salle d’urgence et doivent faire l’objet d’un bilan soigneux et être prises en charge de manière à en minimiser les séquelles (pas de minerve routinière et stupide).
Un diagnostic sans retard, une contention vraie plutôt qu’une « immobilisation », la préservation ou la restauration de la fonction de la moelle épinière et des racines, et la stabilisation définitive de la lésion sont les clés de la réussite de la prise en charge de telles lésions.

Au moins (Bohlman HH et Boada E., 1983)

  • un tiers de toutes les lésions de la colonne cervicale sont en rapport avec un accident à véhicule motorisé,
  • un tiers en rapport avec une chute d’un lieu plus ou moins élevé, et
  • le reste est le résultat d’accident de sport, de chute d’objets ou de projectiles par arme à feu.

La majorité de ces lésions est observée chez le sujet jeune et actif, adolescents ou adulte jeune.
Le deuxième grand groupe par incidence concerne l’adulte sexagénaire ou septuagénaire.

  • Dans ce second groupe, la spondylose ou la sténose exposent à de graves lésions en dépit de la faiblesse des forces mises en jeu au niveau de la colonne elle-même..

La création de centres dédiés aux lésions traumatiques de la moelle épinière est seule susceptible de faire progresser les soins en urgence, la qualité du traitement médical et chirurgical et de la reprise des activités du blessé qui souffre de lésion traumatique de la colonne vertébrale et/ou de la moelle épinière. Une équipe de prise en charge est un facteur important de résultat optimal.

Les objectifs du traitement sont

  • de préserver la vie,
  • de préserver ou restaurer la fonction neurologique,
  • d’assurer la stabilisation de la colonne cervicale, et
  • de permettre une reprise des activités optimale.

De tels objectifs sont raisonnables si des soins adéquats sont assurés.

Fiche cas concret : le traumatisme du rachis

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Traumatisme crânien

Traumatisme crânien

Traumatisme crânien : en bref

La notion de traumatisme crânien ou traumatisme crânio-cérébral (TCC) couvre les traumatismes du neurocrâne (partie haute du crâne contenant le cerveau) et du cerveau. Les manifestations cliniques dépendent de l’importance de l’impact et des facteurs associés (âge, pathologies préexistantes autres, traumatismes associés).

De par la situation anatomique de la tête, le traumatisme crânien est souvent associé à des traumatismes du rachis cervical (entorses, luxations, fractures), du visage (contusions, plaies, fractures maxillo-faciales) et oculaires. Les séquelles immédiates et à distance des traumatismes cranio-cérébraux sont souvent la conséquence des lésions engendrées sur le système nerveux central (cerveau et moelle épinière cervicale). Elles grèvent l’avenir des victimes et de leurs familles et leur coût social et financier est élevé.

Trois catégories de Traumatismes crâniens

Sur le plan clinique il existe trois catégories principales de traumatismes crâniens : légers (sans perte de connaissance et sans fracture de crâne), moyens (avec une perte de connaissance initiale excédant quelques minutes ou avec fractures de crâne) et graves(avec coma d’emblée — sans ou avec fractures de crâne associées). 

D’importants progrès ont été réalisés dans la prise en charge médicale rapide des victimes et dans le diagnostic rapide et précis des lésions qui peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical. Malgré ces progrès, plus de 50 % des cas graves décèdent ou gardent un handicap à vie.

Le pronostic est ainsi le plus souvent lié à l’importance des signes et lésions initiales (survenues au moment de l’accident). Il permet de séparer les traumatismes manifestement bénins et ceux qui vont nécessiter une prise en charge en milieu hospitalier.

Recherche d’informations

L’interrogatoire de la victime et/ou des témoins s’efforce de renseigner le type d’accident et d’impact, ce dernier ne permettant cependant pas de préjuger de la gravité des lésions. Des troubles de la conscience doivent être recherchés et quantifiés suivant l’échelle de Glasgow. 

On se méfiera systématiquement d’un possible traumatisme cervical avec un risque potentiel de tétraplégie (paralysie des quatre membres) en cas de mobilisation imprudente. De même, un traumatisme associé d’une autre partie du corps devra être cherché à titre systématique. 

Un scanner crânien devra être fait en urgence en cas d’un déficit de la conscience, même transitoire ou de survenue secondaire, en cas de déficit neurologique (baisse de la mobilité d’un membre, troubles de la parole, amnésie), au moindre doute sur une fracture crânienne, en cas de survenue de crise convulsive ou en cas de vomissements[2]. Chez l’enfant, l’indication d’un scanner est d’autant plus grande qu’il est jeune.

Fiche cas concret

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PALS : Pediatric Advanced life Support

Femme enceinte

La femme enceinte : en bref

La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d’une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu’à ce qu’elle puisse survivre hors du corps de la mère. Une femme en état de grossesse est dite enceinte ou gravide.

La grossesse commence avec la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde, d’où résulte la création d’une cellule œuf, qui va se diviser jusqu’à devenir un embryon, puis un fœtus. Elle se poursuit jusqu’à la naissance, ou à son interruption par un avortement artificiel ou naturel (fausse couche). Chez les humains, la grossesse dure environ 39 semaines, entre la fécondation et l’accouchement.

Elle se divise en trois périodes de trois mois chacune, communément appelées trimestres. Mais pour des raisons de convention on parle en semaines d’aménorrhée soit 41 semaines (correspondant à 39 semaines de gestation plus 2 semaines entre le premier jour des dernières règles et la fécondation), ou encore en mois de grossesse.

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Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral (AVC) : en bref

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Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général.

C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante). L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • Perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • Perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • Difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à Bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • Trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • Perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • Maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés.

Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien. Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule.

Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible. Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

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La brûlure et l’ambulancier, prise en charge

La brûlure et l’ambulancier, prise en charge

La brûlure : en bref

La brûlure est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os.La gravité de la brûlure dépend de sa localisation, de sa profondeur (le degré de brûlure), de l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface totale) et de l’agent causal en question. La brûlure n’est pas une plaie comme les autres car elle a des répercussions sur l’état psychologique du brûlé.

brûlure - prise en charge par les ambulanciers-ambulancier le site de référence

Une brûlure peut être causée :

  • par le contact avec une source chaude (solide, liquide, ou gazeuse),
  • par le contact avec une substance ou un produit dit caustique,
  • par frottement
  • par l’effet de la combustion (action d’une flamme),
  • par l’effet d’un rayonnement (le coup de soleil – rayonnement Ultraviolet B – est l’exemple le plus fréquent),
  • par l’effet d’un courant électrique (électrisation),
  • par le froid (gelure).

Les brûlures graves comportent un risque vital. Les brûlures moins graves peuvent comporter un risque fonctionnel (gêne à certains mouvements) ou esthétique (cicatrisation avec chéloïdes ou problème de pigmentation de la peau).

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Œdème aiguë du poumon

Œdème aiguë du poumon

Œdème aigu du poumon (OAP) : en bref

L’œdème aigu du poumon est une affection pulmonaire secondaire à l’inondation ou l’accumulation brutale de liquides au niveau des poumons (alvéoles ou des espaces interstitiels pulmonaires).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Cet état va être responsable de troubles des échanges gazeux et peut entraîner une insuffisance respiratoire. Le plus fréquemment, il est d’origine cardiaque et dû à une insuffisance cardiaque gauche aiguë (on parle d’œdème cardiogénique). Il peut également être lié à des lésions du parenchyme pulmonaire (on parle d’œdème lésionnel) ou à une transfusion de trop gros volume de sang.

Le sujet présente une dyspnée, c’est-à-dire une gêne respiratoire angoissante (d’installation rapide ou progressive), une orthopnée (difficulté respiratoire en position couchée). Il peut également exister une toux nocturne, une expectoration (rosée, blanchâtre, mousseuse), un grésillement laryngé.

Une « crise d’asthme » survenant à plus de 65 ans correspond dans la plupart des cas à un œdème pulmonaire. Le sujet peut également présenter des signes en rapport avec la pathologie responsable de l’œdème pulmonaire : une douleur thoracique, une fièvre… L’examen peut mettre en évidence une cyanose, une augmentation de la pression artérielle (sauf état de choc). L’ausculation cardio-pulmonaire met en évidence une tachycardie (une bradycardie étant un signe de gravité), galop gauche inconstant, des râles crépitants, des râles sibilants. On recherche systématiquement un souffle cardiaque à la recherche d’une valvulopathie.

 Fiche cas concret Œdème aigu du poumon

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Ambulancier et transport pédiatrique

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Présentation de l’AVC

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général. C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante).

L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

AVC -accident vasculaire cérébral - ambulancier le site de référence

Etiologie /Causes

Épidemiologie

L’âge moyen de survenue est de soixante-dix ans, mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d’hémiplégie (paralysie d’un côté) récente et frappent environ 100 000 sujets par an, en France. La mortalité à six mois est de 30 à 40 %.

C’est la seconde cause de mortalité au niveau mondial et la sixième cause, en termes d’années de handicap. C’est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, et la première cause des handicaps physiques acquis. Le coût correspond à plus de 4 % des dépenses de santé dans les pays développés. Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d’origine ischémique.

Semiologie/Signes d’un AVC

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés. Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien.

Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule. Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible.

Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Mécanismes et formes cliniques

L’accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l’état normal, sans séquelles, c’est à dire en moins d’une heure et sans preuve d’infarctus à l’imagerie (Consensus ANAES, mai 2004). Le déficit peut être au contraire permanent. On parle alors d’ accident vasculaire cérébral constitué (AIC).

Il existe deux types d’AVC:

  • L’infarctus cérébral : par obstruction d’un vaisseau sanguin (80 % de l’ensemble des AVC).
  • L’hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant 20 % des cas).

Les AVC sont donc classés en accidents ischémiques et en accidents hémorragiques.

Accidents vasculaires ischémiques et hémorragiques

Les accidents ischémiques sont dus à l’occlusion d’une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d’oxygène et de glucose. Celle-ci entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral).

Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d’origine cardiaque), mais d’autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l’artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé. Le ramollissement cérébral d’origine ischémique peut se compliquer secondairement d’un saignement au niveau de la lésion : on parle alors de ramollissement hémorragique.

La thrombophlébite cérébrale est une occlusion d’une veine cérébrale (et non pas d’une artère). Elle est beaucoup plus rare. La lacune cérébrale est une complication de l’hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral. L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC.

Chez une personne en bonne santé, la pression artérielle doit être inférieure à 140/90 mm de mercure. En cas d’hypertension (tension > 14/9), la pression à laquelle les vaisseaux sanguins sont soumis en permanence devient trop élevée et les vaisseaux cérébraux courent un risque accru de rupture, provoquant ainsi une hémorragie cérébrale. Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d’un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l’origine et soumis à une pression sanguine excessive. Le tabac et l’alcool sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l’hémorragie peut être méningée par rupture d’un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intra cérébral (dit aussi intra-parenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire. L’hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d’apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion.

Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l’hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L’hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral. Parfois lors d’accidents hémorragiques il y a aussi une libération d’ions calcium qui induisent un vaso-spasme brutal à l’origine d’accidents ischémiques.

Principes du traitement

Une hospitalisation est nécessaire, idéalement en milieu spécialisé (« Unités de soins intensifs neurologiques »)

Après un bilan hospitalier, le traitement se confond avec celui de la cause. En aigu, on propose :

  • un traitement par anticoagulants en cas de cardiopathie emboligène, mais ce traitement doit être discuté si l’accident est important, du fait du risque majoré de survenue d’une hémorragie secondaire (Ramollissement hémorragique)
  • un traitement par médicaments antiagrégants plaquettaires en cas d’ischémie (le plus souvent de l’aspirine à petites doses),
  • Le traitement anti-hypertenseur doit permettre cependant de maintenir une pression artérielle minimale afin d’assurer une perfusion optimale du cerveau.
  • Un traitement neurochirurgical dans les cas particuliers, rares, d’hémorragie cérébrale, d’infarctus cérébelleux et d’infarctus hémisphérique malin, peut être proposé.
  • L’ Altéplase est un médicament thrombolytique (qui permet la dissolution d’un caillot par thrombolyse ou fibrinolyse) qui est proposé en cas d’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, lorsqu’il est pris en charge moins de 3 heures après les premiers symptômes. Il permet une récupération complète plus fréquente et diminue la mortalité. Cependant, étant donné ses effets indésirables potentiels (notamment les hémorragies intra-crâniennes), la marge de manœuvre entre les bénéfices de ce traitement et ses risques, est très étroite. Il ne devrait être utilisé que dans des centres spécialisés et pour des malades sélectionnés selon des critères très précis.

À distance de l’épisode

À distance de l’épisode aigu, doit être discuté une chirurgie carotidienne s’il existe une sténose carotidienne (endartériectomie). La prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire est impérative. Certains médicaments antihypertenseurs, comme le périndopril, ont prouvé une diminution significative du risque de récidive. L’arrêt du tabac, l’équilibration d’un diabète ou d’une hypercholestérolémie par le régime ou par des médicaments, sont également nécessaires.

L’aspirine, à petites doses, réduit de près d’un cinquième le risque de survenue d’un nouvel accident. Le dipyridamole (en association avec l’aspirine) et le clopidogrel ont également prouvé une certaine efficacité. La rééducation après un AVC fait partie intégrante du traitement : selon les cas, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, régime alimentaire, Activités physiques adaptées. En cas de fibrillation auriculaire, la prescription de médicaments anti-coagulants de type anti-vitamine K reste indispensable.

Pronostic

L’accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à 30 % au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de 10 % des survivants. Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l’atteinte. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an peut atteindre près de 40 %. 

Dans le monde, 5,5 millions de personnes meurent chaque année d’une attaque cérébrale. 75 % des victimes ont plus de 65 ans et les hommes sont plus exposés que les femmes. Lorsqu’un ou plusieurs symptômes d’AVC sont présents, il faut appeler d’urgence de l’aide médicale en avertissant au plus vite le médecin ou les secours. De nombreuses personnes n’en sont pas conscientes. Contrairement à un infarctus du myocarde, un infarctus cérébral est généralement indolore.

C’est pourquoi il est souvent considéré comme bénin et non mortel. On pense que cela passera et on attend. Tout phénomène plus bref et passager (AIT) doit également être pris au sérieux et examiné par un médecin. Attention, le compte à rebours est lancé dès les premiers signes. Après trois heures, un traitement anti-thrombotique n’a plus guère de chances de réussite et les dégâts cérébraux seront plus graves.

Source : wikipédia

Spasmophilie ou crise mineure de tétanie

Spasmophilie ou crise mineure de tétanie

La spasmophilie ou forme mineure de tétanie ?

LA SPASMOPHILIE N’EXISTE PAS ! C’est un problème à 200 % Franco-Français ! ELLE N’EXISTE PAS JE TE DIS !…  Sauf en France bien sûr, seul pays où elle est référencée. Partout ailleurs, on parle de forme mineure de crise de tétanie. En quelques mots, la TÉTANIE est un état d’hyperexcitabilité neuromusculaire. Ce trouble du métabolisme provient d’une hyperventilation. L’organisme est blindé d’oxygène et PAF: baisse du CO2, du taux de calcium, de potassium et de magnésium, et hop: une réponse exagérée de la fibre musculaire… CQFD

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Un tableau clinique

 Le ratio est d’environ 1 homme pour 3 femmes. Il n’y a parfois pas de cause particulière a priori, mais check bien et tu retrouves bien souvent une personne particulièrement émotive dans un contexte de fatigue particulière, d’émotion – Eurêka ! – de syndrome pré-menstruel ou après une injection – ou avant ! – liste non exhaustive…

A l’interrogatoire, tu retrouves un tableau souvent typique, avec constriction laryngée (boule dans la gorge), sensations de palpitations, fourmillements dans les doigts et puis aussi parfois des crampes – seuil de calcium et de magnésium en chute libre… ahh, les vieilles Katch ! En général il n’y a pas de perte de connaissance, mais la victime ne répond pas à tes questions PENDANT la crise – note, elle pourrait.

Et si les paupières sont occluses, tu les vois quand même frémir…, avec des mains “en accoucheur” et éventuellement un trismus (fourres surtout pas ton doigt dans la bouche de la victime, tu te retrouverais probablement amputé si tu tirais “Hey, rends-moi mon doigt, bordel ! “).

Bref, bref, tu fais regrimper le taux de CO2 (tu mets ta victime en hypercapnie pour restaurer l’équilibre O2/CO2, quoi) en faisant souffler dans un sac de papier ou un masque simple (non-branché, cela va de soi – je le précise, parce que j’ai déjà vu des ambulanciers ou des pompiers brancher l’O2 au masque… bravo les manches ! Ah, j’te jure !).

Mais gaffe au ressenti de “suffocation” de la victime, hein ! Nan, des fois que…! C’est souvent en public que ça se passe (alors merci de mettre ça en corrélation avec oh, disons, pff, une crise de nerfs, allez, tiens. Ben oui, ben oui, c’est comme ça !) Si il n’y a pas de pertes d’urines ou de morsures des muqueuses buccales ou de la langue, tu peux d’emblée éliminer une crise tonico-clonique épileptoïde. Donc tu oublies la VVP et tu laisses ton NaCl + ton ampoule de Valium® dans ton sac d’intervention, ok ?. Merci pour ta victime…

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

On ne le rappellera jamais assez mais l’évaluation clinique et le bilan de l’ambulancier sont des éléments primordiaux. Chaque professionnel de santé se doit d’être irréprochable au possible dans ce domaine. Cet article vous apportera des éléments de rappels à ce sujet.

Rappels et choses à retenir

Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé. Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (Ambulancier Diplômé d’Etat ou Auxilaire).

Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télé-diagnostic plus fin, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

Le bilan

Personnellement, je définis le bilan comme suit : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage d’ambulanciers missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  • Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?
  • Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT

L’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime → ATTENTION !…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les « attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc… Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser ( → minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement ( → faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  •  Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  •  Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  •  Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  •  Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (→ recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques d’hémostase, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu → risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement :

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même → assurer la sécurité du binôme +++ et du patient. → Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu de la recherche du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le Stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique.

☛ Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  • Nous arrivons avec sirène et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçus par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçus comme une humiliation suprême…
  • Territoire : Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain.
  • Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ». C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé. Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire… Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces en réponse

  • Saluer tout le monde avec politesse.
  • Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  • Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  • Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…
  • TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!
  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant. RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%
  • Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU. La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !)

Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique ! Utiliser le langage médical universel : « douleurs abdominales aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés des tempes ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

→ Dans cet exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes → c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin »

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque ↑ et TA ↓} = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC inférieure à 60 = bradycardie (→ attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR inférieure à 10/12 = bradypnée
  • → Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Si bilanter une victime n’est pas toujours aisé et demande TOUJOURS une rapidité d’exécution, il n’en demeure pas moins que rester professionnels est la condition sine qua non pour faire du bon boulot. Et c’est de ça dont les victimes ont besoin. Elles n’ont pas besoin de voir débarquer des cow-boys trop sûrs d’eux mais à l’inverse, elles n’ont pas envie de voir débarquer à leur chevet des ambulanciers crispés, stressés et tremblottants.

Pour terminer

L’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion lorsqu’elle est possible, la détection visuelle des signes cliniques. Prendre une saturation ou une glycémie n’est pas systématiquement nécessaire. Il faut s’adapter à chaque situation.

→ Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
→ Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Délirium tremens

Délirium tremens

Le délirium tremens

Au décours de nos missions, nous sommes parfois confrontés à ces situations de sevrage alcoolique brutal et involontaire d’un individu. La situation est grave avec une possible menace d’engagement pour le patient, et potentiellement dangereuse pour les professionnels médico-techniciens pré-hospitaliers que nous sommes.

Ce syndrome, dont le nom est souvent galvaudé par le profane, cache en réalité une gravité réelle chez un alcoolique chronique sevré brutalement, de manière volontaire ou non (pendant une hospitalisation, par exemple, ou du fait d’une maladie l’empêchant de boire). Un Pré-Délirium s’installe en général de 24 à 36 heures après la dernière absorption d’alcool, avec tremblements et agitation SANS délire. Sans prise en charge immédiate (personne vivant seule, isolée ou en difficulté sociale), s’ensuit alors le Délirium Tremens proprement dit.

délirium tremens - prise en charge par les ambulanciers

Les symptômes et les signes

Tremblements, soit généralisés, soit ne touchant qu’un ou deux des quatre membres ou encore la langue, sueurs profuses, fièvre, tachycardie nette, agitation et confusion mentale, une méchante déshydratation (mise en évidence par le “Godet” ou le “Pli cutané”), convulsions éventuelles, hallucinations (le plus souvent, il s’agit de zoopsies: le malade “voit” des animaux existant dans la réalité, ou des animaux fantastiques issus de son phantasme…). Le patient auquel nous faisons face “vit son délire” intensément et dans cette activité, peut être amené a commettre des gestes inconsidérés de type défensifs (fuite, défénestration…).

Gravité

La déshydratation mentionnée plus haut est l’un des deux risques majeurs pour la personne, par risque de collapsus cardio-vasculaire (effondrement tensionnel). Les actes dits de défense, comme la fuite par exemple, peuvent entraîner la victime vers une issue fatale de prime abord, par précipitation à travers une fenêtre, sur une chaussée etc…, l’exposant directement à la mort, selon le contexte. Il existe un troisième risque majeur, à effet moins “immédiat” ou “fulgurant”: il s’agit de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke, affection grave du cerveau par carence en vitamine B1.

La prise en charge et le traitement

Du fait des actes inconsidérés que la victime peut être amenée à commettre, l’équipage est lui aussi en “danger immédiat” dans ce sens que la victime peut prendre le binôme d’ambulanciers comme une menace dans son délire, et faire face, au lieu de fuir. La violence développée est alors sans limites, car pour la personne en état de DT, il s’agit d’“éliminer la menace”, à défaut de s’y soustraire. Pour elle, c’est une question de survie!
Il est important de garder toujours à l’esprit ce risque de passage à l’acte hétéro-agressif et d’assurer la sécurité de l’équipage. Un renfort SMUR doit être demandé, ainsi qu’éventuellement, un renfort policier.

Le traitement repose sur la réhydratation massive par intraveineuse, avec adjonction d’anxiolytiques benzodiazépiniques à action rapide comme le Triazolam (DC en France: HALCION®) ou d’autres substances anxiolytiques non-benzodiazépiniques telle que le Zolpidem (DC en France: STILNOX®), de structure moléculaire différente, mais toute aussi rapide.

Bien sûr, l’administration simultanée ou en aval de la prise en charge pré-hospitalière, de vitamine B1 aura pour conséquences d’enrayer l’apparition de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke. In fine, le Délirium Tremens est une situation explosive qu’il faut de prendre avec le même sérieux qu’un IDM, un angor instable ou encore une dyspnée aigüe.

(Sources: Of Alcohol-linked pathologies, DSM IV, EMT-P Courses, Vancouver EMT Academy, personal feedback, records & datas.)

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

A un moment donné de sa carrière l’ambulancier devra peut être faire face à l’accident de la voie publique – AVP. Professionnel de santé en perpétuel mouvement sur les routes de France, l’ambulancier doit pouvoir maitriser la conduite à tenir en sur accident.

Accident de la voie publique : en bref

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Quotidiens, fréquents, les AVP sont loin des interventions type « maison de retraite ». Le but est de bilanter rapidement, de pallier les décompensations diverses et de techniquer la victime avec toutes les précautions d’usage. Sur le cas d’un piéton, cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est évident que la cinétique est l’élément primordial. Aussi, et même si vous n’êtes pas titulaires du PHTLS, voici quelques recommandations.

Ambualncier : en premier lieu, les éléments à rechercher

Après avoir balisé la zone de l’accident au mieux en fonction de la topographie (en ville ou à la campagne, on ne balise pas de la même manière), il importe de saisir le tableau global instantanément et de se poser d’emblée 7 questions.

  1.  Quelles sont les circonstances ?
  2. Quelle a pu être la cinétique au moment de l’impact ? ➔ Vitesse du véhicule ?
  3. Où se situe le point d’impact sur la victime ?
  4. Quel est le type de véhicule impliqué ?
  5.  Notion de “crossing”: la victime s’est-elle fait rouler dessus par le véhicule ?
  6.  Notion de “dragging”: la victime a-t-elle été traînée par le véhicule ?
  7.  Notion de “throwing”: la victime a-t-elle été projetée ?

Le bilan se fera selon l’algorithme du PHTLS, en tenant compte du type de véhicule et de fait, du siège des lésions.

  • – Si le véhicule est un deux roues: Cuisses, bassin (fourche du véhicule), abdomen et thorax (guidon), membres Sup. (fractures de projection), membres Inf (fractures par choc direct)
  • – Si le véhicule est une VL:
    • Victime percutée de face: atteinte des membres Inf. (pare-chocs), hémorragie interne fréquente (choc sur capot).
    • Victime percutée de côté ou de dos: atteinte probable du rachis cervical et dorso-lombaire.

Algorithme d’évaluation

EVENEMENT ➔ SECURITE / SITUATION ➔ EVALUATION PRIMAIRE
Si TRAUMATISME: OUI ➔ A : immobilisation manuelle du rachis cervical + voies aériennes + BCDE
Si TRAUMATISME: NON ➔ A: LVA B : ventilation : fréquence, amplitude, auscultation C : circulation : contrôle hémorragie, pouls, peau D : déficit neurologique, conscience, pupilles E : exposer / environnement
Si Environnement CRITIQUE ➔ APPEL CENTRE 15 direct pour renfort SMUR SANS DÉLAI
Si Environnement NON CRITIQUE ➔ BILAN SECONDAIRE : ➔ Constantes : FC, FR, PA, SpO2, Dextro, T°, (ECG… si vous êtes équipés ou habilités par votre autorité de référence)
Puis SAMPLE – Plainte exprimée → Examen tête aux pieds ➔ APPEL CENTRE 15 pour bilan.

Techniquage

Maintien de l’axe tête-cou-tronc et immobilisation du rachis cervico-dorso-lombaire ➔ Backstrap™ +++ avec immobilisateur de tête, ou, si vous n’êtes pas équipés de cette manière: Stiffneck™ + coquille + scoop.

Précautions chez l’enfant

Du fait de sa petite taille, un enfant ne voit pas les dangers auxquels il est exposé sur la voie publique. Les blessures sont donc d’autant plus graves que sa hauteur place sa tête et donc son encéphale au niveau de la partie saillante du véhicule « percuteur »

Évacuation

Le bon sens commande: on évitera les déports brusques ainsi que les accélérations ou les freinages intempestifs (cf. Critical Care Transport, Vancouver Paramedic Academy) afin de ne pas affecter l’hémodynamique par migration brutale de la masse sanguine ou de son substitut de remplissage (Plasmion®, Gélo- / HEAfusine®).

accident de la route - avp - ambulanciers
PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

PHTLS – Pre Hospital Trauma Life Support

Principe de la formation PHTLS

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Le cours Pre Hospital Trauma Life Support (PHTLS) est un programme de formation continue unique en France. qui met l’accent sur la nécessité de traiter le patient polytraumatisé comme une entité unique, avec des besoins très spécifiques. Cela peut nécessiter une approche du patient traumatisé qui varie des modalités habituelles de prise en charge.

Le PHTLS est conçu sur le principe de l’  » evidence based medicine  » (médecine basée sur des preuves) et privilégie avant toute chose l’efficacité. Basé sur le concept du céle€bre cours ATLS pour médecins, le PHTLS peut vous permettre par son approche pédagogique originale, d’augmenter votre capacité а évaluer l’état de gravité d’un patient, puis а gérer les priorités suivant le principe du  » Treat first what kill first  » (Traiter en premier ce qui tue en premier).

Ce programme de formation révisé tous les quatre ans, est devenu un standard mondialement reconnu par l’ensemble des intervenants pré hospitaliers. Se reposant sur une structure internationale, plus de 350 000 intervenants pré hospitaliers ont été formés depuis 20 ans dans 33 pays. Une étude a montré que la formation au PHTLS d’intervenants pré hospitaliers, peut être associée а une réduction des taux de mortalité et de morbidité. Cette amélioration se traduisant par une réduction de 15, 7 % а 10, 6 % de la mortalité des patients traumatisés sur la zone géographique étudiée.

Déroulement des cours

Le PHTLS est un cours très intensif qui favorise la « réflexion critique ». D’une durée de 16 heures, il s’articule autour d’exposés théoriques axés sur la physiopathologie, et de « stations pratiques » consacrés aux situations cliniques rencontrées sur le terrain. Une évaluation certificative est réalisée а l’issue du cours. La réussite donne lieu а la délivrance d’un certificat émis par la US / National Association of Emergency Medical Technicians (NAEMT). Ce certificat est valable pour une période de 4 ans. A l’issue de cette période, si vous désirez prolonger la validité de votre formation, il vous sera demandé de suivre une session de remise а niveau d’une durée de 8 heures.

Pour plus d’informations rendez vous sur le site http://www.phtls.fr/PHTLS_France/Accueil.html

Programme du cours :

 Cinématique des traumatismes
 Évaluation et management
 Gestion des voies aériennes et ventilation
 Traumatismes thoraciques
 État de choc et réanimation liquidienne
 Traumatismes abdominaux
 Traumatismes crâniens
 Traumatismes du rachis
 Traumatismes musculo-squelettiques
 Traumatismes thermiques : blessures produites par la chaleur et le froid
 Traumatismes chez l’enfant et la personne âgée
 Les principes des soins pré hospitaliers aux traumatisés

Ouvrage de référence de la formation

https://www.ambulancier.fr/phtls-secours-soins-prehospitaliers-aux-traumatises/