L’ambulancier de demain, quelques pistes de réflexion

L’ambulancier de demain, quelques pistes de réflexion

Présentation, Miguel, ambulancier diplômé d’état

Je suis Miguel Martinez Allainguillaume 40 ans, successivement Ambulancier PSC1 puis Ambulancier diplômé d’état dans le secteur privé en région PACA depuis 13 ans. Un métier de coeur, une passion viscérale qui m’habite depuis toujours. Le maintien de la vie et la santé des autres est l’essence même de ma profession.

Au quotidien j’accompagne, secours, aide, protège, rassure, soigne mon prochain. Une passion qui m’anime chaque jour qui nécessite empathie et savoir faire, faisant fi de toutes les difficultés que l’ambulancier affronte. 13 ans d’une évolution personnelle douce mais certaine. La santé du patient que l’on me confie n’est plus négociable à toute sorte de pression d’être toujours plus rapide et rentable, où l’économie fait manquer le matériel, où l’incompétence de l’ambulancier s’ajoute au danger.

Je me heurte depuis des années à des collègues de travail et des employeurs qui connaissent mal les tâches qu’un ambulancier peut et doit accomplir. Un langage approximatif, des gestes approximatifs, une apparence approximative devient un métier approximatif. Je m’aperçois que deux types d’ambulanciers se dessinent, ceux qui ne cherchent pas l’évolution personnelle au quotidien et ceux qui cherchent à inventer l’évolution. Nous travaillons dans l’ombre, l’ambulancier est un métier mal connu.

 On s’accorde tous à penser que la corporation doit être mieux reconnue. Pourtant la logique voudrait que si on n’entame pas une évolution personnelle rien ne pourra changer.

L’ambulancier et le coronavirus

Depuis ce mois de mars 2020 tout est chamboulé, le Coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la COVID-19 fait son entrée en scène. Les écoles et commerces sont fermés, le pays est gelé et notre utilité va de pair avec notre désillusion. Alors qu’une partie du monde se voit confinée, nous ambulanciers de France nous devons continuer à travailler jour et nuit, tel est notre travail de secourir et préserver la vie. Le soldats de l’ombre passent dans la lumière sans que nous y soyons préparés.

Alors que le président de la république remercie personnellement les ambulanciers dans ses allocutions, les médias et la population s’intéressent soudainement à notre métier. La France découvre notre utilité et notre place face à cette crise, comme si le métier venait d’être inventé, alors que je fais toujours le même travail. Des tas de reportages sortent avec des erreurs grossières mais pour le moins on parle de nous.

Bien que je connaisse parfaitement l’opinion publique du métier d’ambulancier, je suis à la fois fier d’être d’utilité publique et à la fois honteux d’être rejeté des pouvoirs publics. Je suis un ambulancier de France un véritable professionnel de santé formé pour la prise en soin de victimes contagieuses, mais moi aussi j’ai besoin d’être protégé et rassuré. Les ambulanciers sont oubliés, peu de consigne, pas de ravitaillement de matériel, l’activité diminue, des ambulanciers partout en France se retrouvent au chômage partiel.

Dans mon entreprise j’ai la chance de continuer à travailler même si le travail et le matériel nous manquent mais on se débrouille comme on peut sans l’aide de l’état. Notre activité est réduite aux patients qui ont des soins vitaux comme les dialyses, chimiothérapies et radiothérapies, sorties d’hospitalisation et bien entendu les urgences régulées par les médecins généralistes ou le SAMU. Plus le patient est immunodéprimé et fragile plus il a besoin de soins d’asepsie de qualité. Je dois m’adapter avec le matériel de protection qui diminue à vue d’oeil.

Prise de température, pose de masques chirurgicaux et lavage des mains de tout patient qui monte dans un véhicule. Interruption des missions simultanées et placement du patient à l’arrière en VSL, création de KIT COVID, mise à disposition du SAMU. Les premières victimes du coronavirus arrivent… L’inquiétude bien plus que leurs souffrances se lit sur leurs visages.

Bien que les ambulanciers connaissent les EPI (équipements individuels de protection) ils sont impressionnants pour les victimes, les interventions sont émouvantes, rassurer devient ma mission première, le bilan clinique et les gestes d’urgences doivent être réalisés avec méticulosité, la concentration est intense pour ne faire aucune erreur d’asepsie.

covid 19 - ambulancier

Arrivé aux urgences il ne faut pas perdre sa concentration chaque geste est calculé. En même temps je découvre que l’ambulancier est le seul et l’unique de la liste de la santé publique des professionnels de santé à ne pas être reconnu officiellement (ambulanciers privés ou hospitaliers) comme “personnel soignant” !! Une aberration incompréhensible, comme si l’ambulancier ne prodiguait pas de soins !! …Acteur majeur de la chaîne de soins.

En premier lieu, le transport sanitaire lui-même découle d’une prescription médicale dans la suite d’un protocole de soin. ceci dit la définition même d’une ambulance est un SOIN, outre que l’ambulancier soit titulaire d’un diplôme d’état paramédical validé par le ministère de la santé, titulaire de l’AFGSU pour les SOINS d’urgences, inscrit comme auxiliaire médical dans la liste des professionnels de santé, qu’il participe à la médicalisation, qu’il prodigue la surveillance médicale, l’oxygénothérapie, l’aspiration des muqueuses, l’accouchement, le conditionnement et manutention médico-technique des patients ou victimes, la prise de constantes dans une ambulance dédiée et équipée pour les SOINS d’urgence.

Conduire est l’élément indispensable de notre mission, mais c’est tout à fait secondaire à notre travail à tel point que d’ailleurs même dans le référentiel officiel et obligatoire du DEA ou de l’AA, la conduite y est inexistante.

Cette erreur et le manque de reconnaissance nous coûte cher durant cette crise sanitaire tout ce qui est accordé aux soignants nous passe sous le nez, pas de masque, pas de prime, pas de reconnaissance en maladie professionnelle, pas d’offre carburant du groupe Total, rejeté aux portes des officines, rejeté aux portes des écoles, il n’y a pas de place pour l’ambulancier. Un sentiment d’humiliation m’envahit. Impossible de comprendre comment un professionnel de l’urgence pré-hospitalière, professionnel de la prise en soin de toutes pathologies contagieuses peut en ce temps de crise sanitaire sans précédent se retrouver au chômage partiel ?

Alors que suite au plan blanc annoncé par l’état tous les autres professionnels de santé sont appelés à travailler. Un vrai sentiment d’inutilité. Pourquoi les ambulanciers ne sont pas dans les plans NRBC ou ORSAN de la France ? Des reportages, des témoignages, des associations ambulancières rabâchent toutes ces difficultés, je me sens privilégié, alors que nous on se débrouille à obtenir des dons de matériel, je travaille toujours, j’aime mon métier peut-être encore plus maintenant ou le regard de certain change. La corporation ambulancière entame son virage peut-être le plus important.

L’ambulancier de demain

Au moment où la crise sera derrière nous que sera l’évolution de la corporation ambulancière ? Serons-nous reconnus par l’état et par la population au côté des autres soignants? Tout le problème se pose et des problèmes qui ne datent pas de cette crise qui n’a servi qu’à mettre à jour ce qu’on avait laissé derrière nous, laissant d’autres problèmes nous submerger.

Sous la double tutelle du ministère des transports et de la santé, les ambulanciers sont trop transporteurs pour le ministère de la santé et trop sanitaires pour le ministère des transports. L’ARS, la sécu et le SAMU nous prennent pour des transporteurs de sacs de pommes de terre. En même temps il faut se poser la question qui a véhiculé cette image ?

ambulancier-storm-troopers-lego

Il est temps que tous les ambulanciers de France se soulèvent et refondent le cœur de notre métier.

➔ Saisir le conseil d’état pour la création d’ un ordre professionnel national d’ambulancier qui s’impose pour une régulation de l’accès à la profession, une représentation de la profession à l’égard des pouvoirs publics, une promotion de la profession à travers les médias et les écoles et sa fonction juridictionnelle entre autre.

➔ Avoir un badge ou une carte professionnelle généralisée délivré par le ministère de la santé.

➔ Veiller à être inscrit correctement lors de la deuxième phase au RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé)

➔ Être enregistré au répertoire ADELI et avoir un numéro comme tous les autres professionnels de santé.

➔ Basculer l’ambulancier hospitalier de la liste de l’hôpital public des métiers administratifs logistique et technique dans la catégorie des métiers soignants.

➔ Demander la tutelle complète et unique du ministère de la santé, qui engendrera un changement de convention et la refonte de notre accord cadre. Pour ce, il faudra des syndicats existants ou nouveaux fédérateurs défendant ses idées.

➔ Créer un diplôme d’état pour l’Auxiliaire ambulancier. Qu’il soit inscrit comme professionnel de santé lui aussi.

➔ Renforcer le diplôme d’état, pourquoi pas intégrer les 4 modules de l’ambulancier SMUR pour que tous les ADE soient mieux initiés à la médicalisation.

➔ Remaniement du langage professionnel afin d’adapter et supprimer tout ce qui est attrait au transport incluant la notion de santé :

  • transporteur sanitaire = ambulancier
  • prise en charge = prise en soin
  • Ect…

➔ Passer les 60h de l’attestation de formation spécialisée aux gestes et soins d’urgence en situation sanitaire exceptionnelle et faire son recyclage annuel au moins pour les ADE et renforcer le recyclage de AFGSU2

➔ Demander au CESU ou autre centre, des formations complémentaires de spécialisations de type :

  • Aspiration endo-trachéale
  • Maîtrise du langage médical
  • Gestion de la violence et l’agressivité
  • Prise en soin pédiatrique, bariatrique, gériatrique…
  • Etc…

➔ Comme le précise l’article R6312-11 du CSP l’agrément sanitaire est délivré pour l’accomplissement des transports en premier et dans tous les cas pour le SAMU, ceci dit chaque entreprise d’ambulance doit s’équiper d’au moins une ASSU pour assurer la médicalisation et les soins d’urgence.

➔ Créer un référentiel national officiel des gestes médicotechniques ambulanciers validé par le SAMU.

➔ Poursuivre à améliorer la réponse ambulancière à l’urgence pré-hospitalière avec une amélioration de nos conventions nationales:

  • Géolocalisation des ambulances par le SAMU
  • ECG et bilan connecté
  • Télémédecine
  • Ect…

En conclusion

Je pense que l’ascension de la grande corporation ambulancière de France a encore un long chemin à parcourir. Sans doute que nous allons devoir en passer par une véritable prise de conscience des ambulanciers eux même à se sentir des soignants. C’est en se considérant et se comportant comme soignant que l’on devient soignant. On devra en passer aussi par un investissement des entreprises ambulancières de nouvelles négociations avec le SAMU, la sécurité sociale et les établissements de santé devront avoir lieu pour recentrer notre métier au cœur de la santé de tous les français.

Portrait d’un ambulancier SMUR : Jean François CHARLES

Portrait d’un ambulancier SMUR : Jean François CHARLES

Qui suis-je ?

Je suis ambulancier SMUR au Centre Hospitalier Melun (77), depuis maintenant 6 ans, dans une équipe qui compte actuellement 16 ambulanciers. Nous effectuons environ 5400 interventions par an, réparties entre primaires et secondaires.

Un parcours atypique

Issu d’une famille de pompier, j’ai commencé par faire des études de dessin publicitaires puis une formation de retoucheur photo. C’est à cette période que j’ai rencontré une personne, qui est devenu assez rapidement un ami Jean-Pierre de MEDICALP, et dont les parents possédaient une société d’ambulance. J’ai donc passé mon Brevet National de Secourisme (BNS) à l’époque (cela ne me rajeuni pas)…. afin de faire des vacations dans la société, vacations que je n’ai jamais faites par ailleurs.

Mais j’ai découvert le monde associatif avec la Croix Rouge Française (CRF) où j’ai passé quelques onze années comme bénévole. Commençant comme simple secouriste et grimpant les échelons au fur et à mesure (mention réanimation, secouriste en situation d’exception, chef de groupe SSE, chef d’intervention, et pour finir vice-président). C’est là que j’ai découvert le métier d’ambulancier SMUR au fil du réseau de secours et des plans « rouge ».

Professionnellement, j’ai alterné les emplois  de retoucheur photo dans un grand laboratoire parisien, assistant d’édition. J’ai commencé à faire des vacations dans une société d’ambulance, et l’opportunité s’est présentée : rentrer au SAMU 77 par la petite porte : « PARM »  (Permanencier Auxiliaire de Régulation Médicale) devenu l’ARM aujourd’hui (Auxiliaire de Régulation Médicale). J’y suis resté 9 ans.

Le chemin vers l’ambulancier SMUR

Jusqu’au jour où à force de voir les équipes partir sur les chapeaux de roues gyros allumés, me raconter leurs AVP (Accident de la Voie Publique) avec de multiples victimes, leurs histoires de chasses, j’ai saisi l’occasion du départ d’un ambulancier SMUR pour postuler.

Et là surprise ! … Au bout d’une semaine la candidature fut acceptée, l’hôpital me finançant le CCA (Certificat de Capacité Ambulancier, remplacé par le DEA actuellement). A charge pour moi de financer le permis C (Poids Lourd). Je remercie ma femme qui n’a pas hésité  à faire des sacrifices afin de me permettre de réaliser un rêve d’enfant bien tardif.

Mon implicationdans la profession d’ambulancier

Aujourd’hui  je suis investi dans cette profession qui me plait et que je veux faire évoluer. Je suis au fil du temps devenu moniteur national de premiers secours, formateurs AFGSU, et surtout formateur en IFA tant Croix Rouge que AFT IFTIM afin de partager mon amour du métier d’ambulancier, mon expérience, mes ficelles …

Je veux par cette implication aussi changer la vision qu’on les gens des ambulanciers qu’il soit privé, ou smuriste, avec quand même une attirance pour la partie urgence de la profession. Je veux aussi essayer de changer les choses en faisant que les ambulanciers qui ont transporté mon père un jour n’existent plus. Cette image des ambulanciers à l’ancienne.

Quand je vois ce que font nos voisins européen je me dis qu’il y a encore du travail… Une formation d’ambulancier urgentiste avec une orientation paramédic. Pour avoir passé la formation PHTLS il y a des choses a faires pour trouver un mix, obtenir une formation et un niveau adapté, et conserver nos SMUR.

Je profite de ma passion pour le métier pour conjuguer ma passion de la photographie qui m’habite depuis mes études de dessin et faire ainsi partager quelques moments de terrain, de matériel et d’ambiance.

Les ambulances Promedic IDF

Les ambulances Promedic IDF

promedic

Les ambulances Promedic IDF et Kévin DELACOURCELLE

Je voudrais présenter à ceux qui ne le connaissent pas encore, un chef d’entreprise jeune, avec un esprit dynamique et une réelle volonté de tirer le métier vers le haut. Il est actuellement chef d’entreprise dans le département du 77 et son entreprise est à son image : professionnelle jusqu’au bout. Petite interview de Kévin DELACOURCELLE, gérant de l’entreprise Ambulances PROMEDIC IDF.

Un jeune chef d’entreprise, une société dynamique : interview

Bonjour Kevin, pourriez-vous nous expliquer comment vous en êtes venu à devenir ambulancier ? Qu’est ce qui a motivé ce choix ? Vocation ?

Bonjour à vous, pour commencer je tiens à remercier tous ceux qui prendront le temps de lire cet article. Mon arrivée dans le métier d’ambulancier n’est pas un hasard. Ma vocation pour le secours à personne date de plusieurs années déjà. J’ai commencé dans ce milieu à l’âge de 14 ans en m’engageant dans une section de Jeune Sapeur-Pompier où j’ai obtenu mon Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence au même âge. Après avoir validé les différents diplômes de JSP je suis me suis tout naturellement engagé en tant que Sapeur-Pompier Volontaire à l’âge de 16 ans tout pile.

J’ai exercé plusieurs années au sein des sapeurs-pompiers volontaires du SDIS 77 où j’ai eu l’occasion de passer plusieurs formations de l’époque ; CFAPSE – CFAPSR – MC SAP – SAP 1 – SAP 2 etc… Après une période à vide où je n’étais plus SPV j’ai cherché à me réorienter car je travaillais dans la sécurité incendie et le secours à personne me manquait beaucoup. C’est tout naturellement que je me suis renseigné sur le métier d’ambulancier que je ne connaissais que très peu.

Au vu des évolutions du métier qui était en cours, j’ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure et j’ai passé dans la formation d’Auxiliaire Ambulancier (AA) puis dans la foulée le Diplôme d’Etat d’Ambulancier (DEA) après réussite du concours. J’ai obtenu mon diplôme en février 2011. J’ai travaillé par la suite pour plusieurs sociétés puis au final j’ai décidé de créer.

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Pourquoi vouloir créer ?

Réponse très simple, dans un premier temps pour ne plus avoir quelqu’un au-dessus de moi. J’ai toujours eu quelques problèmes avec la hiérarchie surtout quand le commandement est comment dire… non rien passons !!! Dans un deuxième temps pour travailler avec mes propres valeurs et ma manière de faire mais surtout pour pouvoir enfin respecter notre métier.

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Vous êtes chef d’entreprise actuellement, comment s’est passé votre installation en tant que tel ? Vous avez rencontré des difficultés particulières ? A l’heure actuelle est-ce un choix que vous recommanderiez à des ambulanciers désireux de s’installer ?

En effet je suis chef d’entreprise depuis juin 2012 dans le Loiret ou les Ambulances PROMEDIC ont vu le jour. Aujourd’hui nous avons changé de département pour de nouveaux projets et sommes en Seine et Marne depuis peu puisque l’activité a débuté le 1er novembre 2013. Les difficultés principales sont clairement le financement quand on est jeune et que l’on n’a pas forcément un apport conséquent.

Les banques sont de plus en plus frileuses et même avec des dossiers très complets les réponses sont souvent négatives pour l’obtention d’un prêt. J’ai donc opté pour un partenariat avec un financier qui aide à la création de structure ambulancière. Je suis maitre à bord de ma société et chacun y trouve son intérêt. Si je recommande de s’installer ? Moi je suis très satisfait de ce que nous construisons avec mon équipe. Même si ce n’est pas facile tous les jours, je ne regrette rien, après à chacun de voir par lui-même.

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Je me permets cette question un peu osée mais lorsque l’on parle des entreprises de Transport Sanitaire on parle beaucoup et (trop) souvent de patrons fraudeurs, quelle est votre avis sur la question ?

C’est un peu la guerre de toute mon équipe… Je suis pour beaucoup plus de contrôles, beaucoup plus de sanctions car il me semble important au vu de l’évolution positive de notre métier que le nettoyage doit être fait par les autorités. Le problème est aussi celui des disparités entre régions voire même entre départements. Il existe à l’heure actuelle des moyens pour éviter les fraudes mais ce n’est pas imposé (Géolocalisation etc…).

Ceux qui fraudent ont sûrement leurs raisons que l’on connaît tous mais leurs actions ne respectent en rien les autre chefs d’établissement qui eux sont honnête et bien souvent beaucoup plus respectueux des valeurs de notre métier qui, je le rappelle, est d’intérêt public. Leurs actions nuisent très fortement à l’image de notre corporation au grand regret de l’ensemble de la profession.

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Quelles sont vos missions au quotidien en dehors du transport sanitaire classique ?

Classique ? On ne fait quasiment pas de transport pour consultation, nos missions relèvent principalement de l’Aide Médicale Urgente (AMU), mais aussi quelques transferts inter hospitalier et retours à domicile.

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Votre entreprise semble dynamique, orientée vers les urgences pré-hospitalières, quelle est votre motivation pour vous imposer en tant qu’acteur de la chaine de soins ?

Pour commencer nous ne cherchons pas à nous imposer loin de là… Nous effectuons notre travail avec beaucoup de rigueur, avec tous les moyens nécessaire aux bonnes exécutions de nos missions. Nous avons opté pour le qualitatif plutôt que le quantitatif. Notre Ambulance de Secours et Soins d’Urgence (ASSU) est bien plus équipée que ceux que l’on trouve sur les liste de matériel obligatoire de l’Agence Régionale de Santé (ARS).

Nous optons pour du matériel de dernière génération tel que des moniteurs multi-paramétrique avec ECG etc… Pour l’hygiène tout est à usage unique et ceux qui n’existent pas en usage unique est bactériostatique… Je pense que dans l’avenir il faudra différencier les entreprises de transport classique comme vous dites de celles orientées AMU.

Une équipe professionnelle, des compétences toujours remise en question, du matériel fonctionnel, une hygiène rigoureuse et encore une fois le respect des règles et valeurs de notre métier font aujourd’hui la différence. Et cela, les autres professionnels de santé et les autres acteurs de l’Aide médicale Urgente s’en rendent compte.

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Votre entreprise engage t’elle des moyens de formation/recyclage pour vos personnels ?

Je réfléchi actuellement à une petit convention ou contrat avec le CESU 77 pour un recyclage annuel des Ambulanciers Diplômés et Auxiliaires Ambulanciers. Pour les formations ; les ADE seront envoyés aux formations annexe au DEA : transport et prise en charge de l’urgence pédiatrique et néonatale mais aussi la nouvelle formation concernant la prise en charge de l’urgence psychiatrique.

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Sur le plan matériel est ce que vous, en tant que chef d’entreprise, jugez-vous important d’investir dans des équipements supplémentaires en plus des normes obligatoires ? Des exemples éventuels ?

Il est évident que oui. Nous avons la civière cuillère mais nous aurons aussi un plan dur… Moniteur non obligatoire mais comment s’en passer ? Nous faisons beaucoup de transport médicalisé alors nous avons une réserve pour les équipes SMUR qui permet de ne pas s’arrêter en route pour du matériel. Il nous arrive de faire des transports avec pousse seringue ? Nous aurons des pousse seringue…

Nous faisons de la pédiatrie nous avons donc un matelas immobilisateur avec harnais et nous aurons bien plus… Dois-je continuer ? Notre ambulance actuelle est déjà très bien équipée mais la prochaine le sera encore plus. Je dis « nous » aurons car nous attendons l’arrivé d’un nouveau véhicule bien spécifique.

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Un véhicule spécifique ?

En effet, notre arrivé dans le 77 fait suite à un projet que je porte depuis 2 ans sur le transport et la prise en charge Bariatrique (NDLR transport de patient obèse). Nous attendons donc une ambulance cellulaire étudiée spécialement à cet effet. Elle est actuellement en cours de fabrication.

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Pourriez-vous me parler de vos relations avec le SAMU de votre région ? Comment l’entreprise et ses ambulanciers sont perçus ?

Dans le 77 il y a une bonne entente entre les ambulanciers et le SAMU. D’une manière générale je pense que la majeure partie des  Auxiliaires de Régulation médicale (ARM) et la direction du SAMU joue le jeu d’intégration des ambulanciers dans l’urgence. J’ai eu personnellement un entretien avec les responsables du SAMU 77 pour mon projet bariatrique et ils ont été très à l’écoute de ce projet avec différents conseils. Ils ont ensuite appuyé favorablement mon dossier face aux autres autorités. Je peux donc dire, et cela n’est que mon avis que l’entente entre le SAMU et nous est plutôt bonne.

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Je me permets de vous demander une vision d’avenir : le futur des entreprises de transport sanitaire vous le voyez comment ? Quelles sont vos attentes en tant que chef d’entreprise ?

Comme je l’ai dit plus haut, il faudrait à mon avis scinder les entreprises en 2 parties : le classique et l’AMU. On ne peut pas demander à ceux qui ne veulent pas faire d’urgence d’en faire. Cela ne serait ni bon pour les patients, ni bon pour notre métier. Concernant la formation, il faudrait une formation supplémentaire un peu comme celle des ambulanciers SMUR afin d’augmenter le niveau des ambulanciers qui participent et veulent participer à l’AMU. 

Aujourd’hui l’ensemble des ambulanciers européens ont un niveau bien supérieur au nôtre et continuent leur progression pendant que nous, en France, on en est encore à justifier le fait que l’on passe un feu rouge avec avertisseurs sonores et lumineux… C’est pathétique mais c’est la réalité du terrain. L’Etat n’aide en aucun cas la revalorisation de notre métier et de notre image qui reste pour bon nombre celle des taxis blancs. 

Faire de l’urgence est un réel choix pour une entreprise (gros investissement, coût mensuel de matériel, difficulté supplémentaire pour le recrutement) mais aussi pour les salariés. Quand on veut être actif dans l’AMU il faut réfléchir à tout. Il n’y a pas de place pour le hasard d’une manière générale dans notre métier.

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Au vu de votre expérience pensez-vous que l’actuel cursus est suffisamment complet ou existe-t-il un manque et si oui lequel ?

Notre formation est actuellement la plus complète en ce qui concerne le secours à personne même si les autres corporations prétendent le contraire. Je suis pour une rehausse des compétences mais avant il y a beaucoup à faire déjà au sein des entreprises et du personnel. A mon gout, le métier a trop souvent été la voie de garage de l’ANPE et de ce fait beaucoup de personnes ne sont pas impliquées à 100% et ne font pas cela par passion ou vocation. Que l’on ne se voile pas la face tout le monde travaille pour un salaire à la fin du mois mais certains y mettent du cœur et aujourd’hui trop peu à mon humble avis…

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Le regard du public et du milieu médical sur la profession est assez désastreux. Selon vous quels seraient les axes d’effort à faire pour avoir une image responsable de notre profession ?

On y revient : simplement respecter les règles et valeur de notre métier je n’ai rien à ajouter de plus. Quand on est professionnel de santé on a des devoirs et des obligations : à chacun de les respecter. Personnellement nous n’avons aucun problèmes avec les autres professionnels de la santé bien au contraire nous avons même une très bonne entente avec les autres corporations.

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Comment avez-vous organisé les recrutements et comment avez-vous choisi les collaborateurs ?

Le recrutement a été accès sur les compétences dans l’AMU mais aussi dans les capacités d’évolution notamment pour nos Auxiliaires Ambulanciers. Bizarrement je n’ai recruté que des gens que je connaissais déjà lol. Nous somme une petite équipe et chacun aide l’autre. Dans l’ambulance je suis le collègue et non le patron. Cela fonctionne très bien comme ça.

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Comment fonctionne l’entreprise en termes d’organisation, régulation etc. ?

Alors nous n’avons que 2 véhicules. Une Ambulance de Secours et de Soins d’Urgence et récemment 1 Véhicule Sanitaire Léger (VSL). Les équipes ASSU travail en 12h diurne et une autre en 12h nocturne. Pour les weekends ça tourne suivant les mois certains en font plus que d’autres mais j’essaie d’équilibrer. Chaque équipe s’auto régule, je leur fait confiance et cela ne me fait que très rarement défaut.

Je fais 27 nuits de 12h par mois alors j’aime bien ne pas avoir la régulation en journée. Je ne suis pas un robot et j’ai aussi une vie de famille. Pour le VSL nous aurons prochainement GOGOGADGET secrétaire/facturière et AA. Nous sommes une petite structure elle a donc proposé la mutualisation de son poste pour ma plus grande satisfaction.

Le site web de la société

Retrouvez l’entreprise Ambulances Promedic IDF sur le web à cette adresse : http://www.ambulances-promedic.com/

La page Facebook de l’entreprise : https://www.facebook.com/PROMEDIC.IDF?fref=ts

Ambulancier, un article de presse qui reflète enfin la réalité

Ambulancier, un article de presse qui reflète enfin la réalité

Ambulancier et article de presse

Voici un article de presse paru dans la presse, dans l’édition Nord Eclair. Un article qui relate une vérité trop souvent inconnue du grand public et qui change des clichés amers utilisés par beaucoup de médias. Enfin un journaliste a pu s’ intéresser à la réalité de notre job.

A la suite de cet article, Karim l’ambulancier interviewé, a proposé à cette journaliste de le suivre une nuit de garde entière pour lui faire partager le coeur de la profession. Il ne reste plus qu’à espérer que cet échange se réalise et voir enfin un contenu terre à terre sortir dans la presse et ainsi relayer une information qui reflète la réalité. Réalité loin des standards de l’ambulancier escroc. Un grand bravo à Karim pour avoir fait cette démarche et un grand merci à Brigitte LEMERY, journaliste à Nord Eclair.

Vous pouvez consulter l’article dans l’édition papier pour ceux qui sont concernés par la zone d’édition ou sur le net après inscription :

http://www.nordeclair.fr/info-locale/la-fievre-monte-chez-les-ambulanciers-jna50b0n183490

Ambulancier à Roubaix, Karim Lestriez-Bouzid fait part du malaise qui gagne sa profession. Le 3 juin, les ambulanciers pique-niqueront devant l’Agence régionale de santé pour exprimer leur malaise. Ils voudraient ne plus dépendre du ministère des Transports et être rattachés à celui de la Santé. Employé de la société d’ambulances privées TADP à Roubaix, Karim Lestriez-Bouzid mène la fronde.

La situation est paradoxale. « Je ne jalouse pas les pompiers, sinon je serais pompier, assure Karim Lestriez Bouzid, mais j’en ai marre que les ambulanciers soient pris pour des charlatans, de simples transporteurs par les particuliers ou des brancardiers à l’hôpital ! » Karim Lestriez-Bouzid est fier de la formation de 6 mois suivie au CHR pour obtenir le diplôme d’État en 2011.

« Un pompier n’a que quinze jours de formation », glisse-t-il. Avant d’ajouter : « Ambulancier diplômé, je suis chef à bord en ce qui concerne la sécurité de la circulation du véhicule mais aussi du patient. » En amont, il est donc habilité à secourir, comme à définir le caractère de l’urgence au médecin SAMU qui a régulé l’appel et l’a missionné sur le terrain avec un dispositif de géolocalisation, après appel au 18 ou au 15.

« À l’hôpital, on nous prend pour un brancardier, mais l’ambulancier c’est l’oeil du médecin ! On a dans l’ambulance du matériel médical pour prendre les constantes, intervenir pour un arrêt cardiaque. Le cahier des charges de l’ARS est très rigoureux. » « À la télé, ajoute-t-il, on encense le travail des pompiers et on critique les ambulanciers. On nous taxe d’abuser du système de santé en France mais le transport de santé ne représente que 10 % des dépenses de la CPAM. Le coût d’une intervention du SAMU ou d’une ambulance privée n’est que de 80 E (pris en charge à hauteur de 65 % par la CPAM, le reste par les mutuelles), contrairement aux pompiers, 400 E, pris en charge par la collectivité. »

92% de non-syndiqués

Les ambulanciers n’apprécient pas d’avoir été assimilés dernièrement, dans un documentaire diffusé sur W9, à des confrères qui fraudent au bon de transport ou qui manquent de matériel ou d’hygiène. Des clichés, d’après Karim, peu vérifiables sur Lille-Roubaix-Tourcoing où la profession est contrôlée par une brigade de police intégrant des agents de l’ARS (agence régionale de santé) et de la CPAM.

Elle vérifie les documents obligatoires, l’état du matériel, le cahier d’hygiène (draps à usage unique, désinfection à la prise de poste ou à la prise en charge si sang ou vomissement). Les clichés véhiculés par W9 font mal à une profession fragilisée, non reconnue.

Ambulancier passionné, mais non syndiqué comme 92% de la profession, Karim voudrait obtenir « une régulation plus fine, plus équitable au niveau des appels d’urgence (18 et 15), une reconnaissance du ministère de la Santé, car on est des professionnels de santé, pas des chauffeurs-routiers !

» Tourquennois, il a donc contacté Gérald Darmanin, député UMP de sa circonscription qui posera prochainement une question au gouvernement.
Karim évoque des conditions de travail difficiles : « Quand je monte dans l’ambulance, j’enfile la casquette de conducteur, de mécanicien, d’infirmier, de psychiatre, de secrétaire qui se charge du dossier à l’hôpital, sans statut, ni salaire à la hauteur des tâches ! » Métier complexe qui expliquerait « la disparition de sociétés d’ambulances sur Roubaix (cinq assuraient la nuit il y a 3 ans, ils ne sont plus que deux aujourd’hui, ndlr), un grand turn-over dans la profession, les postes vacants ».

L’amplitude horaire importante (12 heures par jour), les gardes de nuit sont en cause. « À Roubaix, particulièrement, on entre dans la vie des gens à un moment critique, d’urgence médicale ou psychologique, confie l’ambulancier. Je me suis déjà retrouvé avec un couteau ou face à un schizo, un drogué. Si vous saviez le nombre de gens qui ont des serpents, des chiens dangereux chez eux ! Et puis, il y a les agressifs à cause de l’alcool, des médocs, des difficultés familiales. On est vraiment au coeur de l’action. Ce métier me passionne, même sous-payé ! »

BRIGITTE LEMERY
roubaix@nordeclair.fr

Medic Assistance (SARL Ambulances Arc en Ciel IDF)

Medic Assistance (SARL Ambulances Arc en Ciel IDF)

Présentation de l’entreprise Medic Assistance

Medic Assistance est une SARL créée en 1997, dans ses débuts, il s’agissait d’une entreprise de transports sanitaires traditionnels. Depuis 2007, nous avons abandonnés la pratique traditionnelle pour nous spécialiser dans les transports infirmiers inter-hospitaliers pédiatriques et adultes avec 6 ambulances paramedicalisées.

En 2010, nous avons fait le choix de développer la partie rapatriements sanitaires aériens en partenariat avec un avionneur de l’aéroport de Paris – Le Bourget. Nos équipes d’ambulanciers et d’infirmiers sont donc amenés à se retrouver aussi sur terre que dans les airs accompagnés d’un médecin. En 2013, nous ouvrirons une Unité de Transports Médicalisés avec 1 ambulance armée comme un SMUR sur le plan matériel et personnel : ambulancier DE + Infirmier + Médecin.

Quelques chiffres :

En 2011, nos équipes ont éffectuées plus de 3000 transports paramedicalisés, 17 rapatriements sanitaires.
En 2012, nous avons déjà effectué plus de 3300 transports paramedicalisés.

La séance questions réponses de l’ambulancier pour les nuls à monsieur David AUDIBERT, superviseur chez Medic Assistance :

Bonjour monsieur AUDIBERT, pourriez vous nous expliquer comment vous en êtes venu à devenir ambulancier ? Qu’est ce qui a motivé ce choix ? Vocation ?

J’ai débuté à l’âge de 12 ans comme Jeune Sapeur-Pompier puis sapeur-pompier volontaire à 16ans. C’est donc naturellement que je me suis tourné vers le monde du transport sanitaire ; au début comme « BNS » pendant 2 ans avant de passer mon CCA au CESU du CHU d’Amiens.

Vous êtes chef d’entreprise actuellement, comment s’est passé votre installation en tant que tel ? Vous avez rencontré des difficultés particulières ? A l’heure actuelle est-ce un choix que vous recommanderiez à des ambulanciers désireux de s’installer ?

Je ne suis pas tout à fait chef d’entreprise, j’occupe la fonction du Superviseur dans la société dans laquelle j’ai commencé en qualité d’ambulancier CCA. J’ai participé à la mise en place de notre 1ère ambulance paramedicalisée en 2007, j’ai ensuite occupé le poste de régulateur et désormais celui de Superviseur. J’ai en charge les relations avec les établissements de santé, la gestion du personnel, les plannings… En collaboration avec le Directeur d’exploitation.

Comment est venue cette idée de mettre en place cette spécialité de transport ? Quelles ont été les difficultés pour mettre en place ce genre de service ?

En nous spécialisant dans le transport paramedicalisé, nous avons répondu à une demande croissante des unités de soins en Ile de France afin de décharger les SMUR de certains transports qui ne nécessitaient pas de médecin durant le transport. Nous avons rencontré plusieurs difficultés :

· Recruter des infirmiers ayant les connaissances et compétences nécessaires
· Investir dans le matériel
· Respecter les exigences de la DDASS (désormais ARS)
· Augmenter le niveau de compétences des ambulanciers

Quelles sont vos missions au quotidien en dehors du transport sanitaire classique ?

Depuis 2010 nous n’effectuons plus de transports sanitaires traditionnels, nous nous consacrons uniquement aux transports paramedicalisés adultes et pédiatriques, aux transports médicalisés et aux rapatriements sanitaires aériens. 

Quelles types de structure font appel à vous et est-ce que la présentation de ce type de transport fut bien acceptée par les organismes de santé ?

Nous nous adressons essentiellement aux établissements de santé : services de pédiatrie, de réanimation, de soins intensifs, d’urgences…. Nos prestations ont toujours été bien accueillies par les services : augmentation de la qualité des transports, sécurisation par la présence d’un infirmier et économies par rapport au coût d’un SMUR. 

Sur le plan du recrutement comment cela s’est passé au moment de la bascule d’activités classique vers la spécialisation transport infirmier ? Des difficultés pour convaincre les IDE de vous joindre à ce projet ?

Le recrutement a été long car nous avons été très sélectif quant aux CV des infirmiers : nous leur réclamons une expérience pédiatrique d’un an minimum. Tous ont dès le départ été très enthousiastes. De plus, nous leur proposons une rémunération supérieure à la majorité des employeurs d’Ile de France.

Comment vos ambulanciers voient-ils cette spécialisation ?

Ils sont fiers et motivés, le rôle de l’ambulancier est mis en valeur par la création du binôme ambulancier / infirmier. Sur le plan rémunération nous n’appliquons plus de coefficient de réduction des heures travaillées (accord cadre), nous avons mis en place une prime « qualité », des tickets-restaurant et ils bénéficient (tout comme les IDE) d’une complémentaire santé prise en charge en partie par l’entreprise. 

Votre entreprise engage t’elle des moyens de formation/recyclage pour vos personnels ?

Nous venons de mettre récemment de mettre en place un plan de formation : formation pédiatrique, conduite de véhicule sanitaire en situation d’urgence, recyclage AFGSU 2 etc…

Sur le plan matériel est ce que vous, en tant que chef d’entreprise, jugez-vous important d’investir dans des équipements supplémentaires en plus des normes obligatoires ? Des exemples éventuels ?

En transports paramedicalisés nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir du matériel défaillant ; c’est pourquoi nous renouvelons régulièrement nos ambulances et le matériel embarqué. Par exemple, nous venons d’acquérir un Lifepak 15 pour un projet qui devrait se mettre en place dans les mois qui suivent, ce matériel est 20% plus cher qu’un équivalent, mais il offre une robustesse plus important, c’est très important pour nous.

Je me permets de vous demander une vision d’avenir : le futur des entreprises de transport sanitaire vous le voyez comment ? Quelles sont vos attentes en tant que chef d’entreprise ?

La législation sur le transport sanitaire change régulièrement, les ambulanciers ne sont toujours pas considérés comme acteurs de la chaîne de soins. Il me parait important de faire évoluer la formation et les prérogatives des sociétés d’ambulances.

L’avenir de notre profession : Au vu de votre expérience pensez-vous que l’actuel cursus est suffisamment complet ou existe-t-il un manque et si oui lequel ?

Comme je le disais juste avant, la formation des ambulanciers est incomplète, trop courte, pas assez sélective. De plus, il me semble logique que la formation au DEA soit assurée par des organismes d’État et non par des organismes lucratifs.

Je me permets cette question un peu osée mais lorsque l’on parle des entreprises de TS on parle beaucoup et (trop) souvent de patrons fraudeurs, quelle est votre avis sur la question ? 

Il y a et il y aura toujours des fraudeurs… Il me semble pourtant que les contrôles s’accentuent. 

Le regard du public et du milieu médical sur la profession est assez désastreux. Selon vous quels seraient les axes d’effort à faire pour avoir une image responsable de notre profession ?

A mon avis, la profession devrait être plus harmonisée : en terme de véhicules (marquages), d’uniforme, de législation, de formation, de rémunération… 

Merci à monsieur David AUDIBERT pour avoir pris le temps de répondre à mes questions et pour l’échange chaleureux sur l’entreprise !

retrouvez l’entreprise sur le web à cette adresse : http://www.medic-assistance.com/

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey, présentation

Aujourd’hui je vous présente monsieur Christophe DURRHEIMER gérant de la société Ambulances du Val d’Orbey en Alsace. Jeune et dynamique il a accepté mon « interview » avec beaucoup de gentillesse et a surtout pris le temps de répondre à mes nombreuses questions. Portrait d’un jeune chef d’entreprise qui nous dévoile le quotidien d’un « patron » :

Bonjour monsieur DURRHEIMER Pourriez vous présenter votre entreprise (missions, personnels, moyens) ?

Mon entreprise : Ambulances du Val d’Orbey (www.ambulances-web.com). Nous assurons l’ensemble des missions propres aux ambulanciers français, à savoir : transport sanitaire en VSL et ambulance pour des interventions de type « classique » et missions d’urgence (sur demande des médecins locaux et SAMU 68). Nous disposons de 3 VSL et de 2 ambulances. Nous sommes 4 Ambulanciers DE, 2 Auxiliaires Ambulanciers et une Assistante de Direction. Une équipe de renfort (vacataires) est également présente (1 ADE et 3 Aux).

Parlons un peu de vous… Quel est votre parcours professionnel et comment en êtes vous arrivé à devenir chef d’entreprise ? Qu’est ce qui vous a poussé dans cette voie ?

Ma formation scolaire initiale s’est orientée vers le nucléaire en tant qu’agent d’assainissement radioactif, métier que j’ai exercé peu de temps, en définitive, puisque j’ai été appelé sous les drapeaux. J’ai effectué mon service national à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris sur une période de 18 mois, en service actif en « Interventionnel ».

C’est à l’issue de ce service que j’ai trouvé ma voie, et en l’espèce, mon premier emploi en tant qu’auxiliaire – qu’on appelait à l’époque « chauffeur BNS » – (rires). J’ai occupé ce poste pendant un an avant d’être embauché dans une très grosse structure du Centre Alsace, m’ayant donné l’opportunité d’être formé au diplôme du CCA en 1995.

 En 2000, j’ai pris la tête de l’agence principale de cette « nébuleuse », puis j’ai mis en route d’autres agences annexes sous la même direction avant de me retrouver bombardé DRH du Groupe, comptant environ 150 ambulanciers.

En 2005, j’ai été recruté par un cabinet de conseil afin de faire du conseil en management de sociétés d’ambulances, m’obligeant, de fait, à quitter ce groupe dans lequel j’avais fait mes armes.J’ai donc été consultant durant deux ans avant d’avoir l’opportunité de reprendre « Val d’Orbey », opportunité sur laquelle je me suis empressé de sauter, car comme le dit le dicton, « Ambulancier un jour, ambulancier toujours ».

S’installer comme Transporteur Sanitaire c’est quelque chose d’assez flou en terme d’information, pourriez vous nous résumer le chemin que vous avez suivi ?

C’est une question qui appelle une réponse trop vaste mais gros, soulignons simplement que la démarche administrative a été assez clairement définie, donc le cheminement relativement aisé. C’est plus avec les banquiers et les organismes de prêts que le problème s’est posé en ces termes.

Avez vous rencontré de grosses difficultés passées ou présentes en tant que chef d’entreprise ?

Les grosses difficultés en tant que jeune chef d’entreprise résident dans le tri à faire entre toutes les arcanes du système de taxation français (URSSAF, ASSEDIC, Retraites, Taxes Professionnelles, Taxes sur les salaires, TVA) – rires. La complexité des obligations déclaratives est d’une lourdeur infinie, pour des impôts auxquels on n’est même pas sûrs d’être assujettis. On passe des journées à remplir des déclarations pour rien, en gros.

Selon vous, pour un jeune ambulancier, se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise de Transport Sanitaire est-ce une aventure vouée à l’échec ou est-ce encore quelque chose de réalisable ? Quels sont les atouts à posséder pour accéder à ce choix ? Quels sont les critères de base à prendre en compte ?

C’est une aventure envisageable dans deux cas de figure…, mettons… extrêmes :

Soit on gère son entreprise en « immersion », à l’artisanale, sachant que tu commences ta journée le premier, et tu es le dernier à quitter ta boîte – si et seulement si tu la quitte le soir, parce que souvent, dans ce cas de figure, tu VIS au boulot.

Deuxième option, la structure est plus grande, permettant au gestionnaire de prendre une certaine distance au sens figuré, sachant que son staff va permettre de faire tourner la boîte et de la viabiliser. La prégnance pour le chef d’entreprise est donc moindre, sans pour autant que les résultats ou le bilan financier n’en souffrent. Je pense qu’aucune autre « option » n’est réellement viable.

 Les atouts à posséder… Ils sont clairs et consistent à ne pas avoir peur de prendre des risques auxquels aucun salarié ne s’expose par définition, sachant qu’en cas d’échec, c’est ta maison que tu vois partir dans les mains du banquier… Ensuite, être un « leader » dans l’âme. On ne mène pas ce type de barque sans cet cette composante du caractère, constante…

 On ne « monte pas » sa boîte. On rachète. Il faut étudier le contexte à la fois géographique, économique. Stratégiquement, on ne rachète pas une boîte trop éloignée d’un centre hospitalier de référence ou sur les bases de finances malsaines…

C’est un mauvais choix qui peut potentiellement être lourd de conséquences. La réflexion doit être posée et tenir compte de multiples facteurs dont ceux-ci, entre autres. Je trouve dommage – entre nous soit dit – que ces choix soient basés sur ces conditions economiques, au lieu de pouvoir, comme il se devrait, se faire sur les bases d’une volonté de faire du bon boulot, par amour et dévouement pour ce métier.

Pour vos recrutements : avez-vous des critères de sélection particuliers, ou recrutez-vous juste au vu du CV ?

Mon opinion et ma façon de fonctionner ne se limite pas à un profil. C’est trop réducteur. La société dans laquelle nous vivons étant multiforme et en perpétuelle mutation, mon équipe se doit de l’être aussi.

Dans ce sens, je privilégie une grande diversité des personnalités, en sus des compétences, bien évidemment, puisque c’est dans la complémentarité des personnalités et des profils, si tu préfères, qu’on obtient une équipe qui tienne la route, adaptable et réactive. Malgré tout ça, la réglementation et l’équilibre des qualifications se doit d’être respectée dans les démarches de recrutement.

Quelle est votre vision de l’ambulancier en France ? Trouvez vous qu’il existe des manques d’un point de vue formation, motivation… Quelles améliorations seraient à apporter ?

Ha-ha ! C’est un pavé qu’il faudrait écrire, alors on va tenter d’être synthétique. Dans les années 60, la France à été précurseur dans le système de prise en charge pré hospitalière. Mais elle s’est glorifiée de ce statut, en omettant au passage de se remettre périodiquement en question.

Au final, nombre de pays, après nous avoir observés, ont non seulement pris exemple mais sont allés plus loin, tandis que la France restait en panne sur la bande d’arrêt d’urgence. Notre métier et par delà, le système global de secours, aujourd’hui, bien qu’en perpétuelle mouvance, DOIT être réformé. C’est une nécessité au regard des décennies de retard accumulées, comme nous le constatons avec nos partenaires européens.

Depuis le passage du CCA en DEA avez vous remarqué une amélioration de la « qualité » des ambulanciers ? La nouvelle génération est elle plus motivée ? plus investie ? Mieux formée ?

 Ma structure étant constituée de personnels de la « génération CCA » et le turn-over étant très limité, ce que je sais et ce que je constate chaque jour, c’est que le CCA était plus orienté vers l’urgence pure, alors que cette activité n’est que très limitée (la moyenne nationale est environ de10 %). Le DEA, bien que plus évolué et cohérent, s’inscrit plus dans une philosophie « hospitalière », avec des passerelles vers le diplôme d’état d’Aide-Soignant. Le CCA DEVAIT évoluer en un diplôme type DEA, mais c’est encore tellement insuffisant au regard de notre retard…

En tant que chef d’entreprise, quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui vient vous interroger sur ce choix de métier ?
L’ambulancier idéal à vos yeux, c’est ?

Ce choix implique une dynamique changeante et adaptative par définition. Combien de fois ai-je entendu des « postulants » me dire qu’ils ont porté ce choix par gout de la conduite… Une aberration selon moi, puisque ce métier est avant tout un métier de contact nécessitant une capacité d’écoute en même temps qu’une conscience aigue de la notion d’assistance et de secours.

Alors la conduite, franchement, c’est un argument que je balaye d’un revers du bras. Un argument que je ne peux entendre ! Un ambulancier heureux est un ambulancier qui, à l’issue de sa journée, ne rentre pas chez lui en ayant l’impression d’avoir perdu son temps, ou d’avoir été « balèze » en conduite !

Un ambulancier idéal n’existe pas car en France, ce métier est tellement diversifié (taxi-sanitaire jusqu’à l’urgentiste en passant par le transport sous surveillance médicale) que tous les profils correspondent, et qu’aucun ne doit « matcher » un seul versant de ce métier multiforme. Chaque tâche ou affectation de ce métier est une « spécialisation » en soi. Un bon auxiliaire en VSL est aussi indispensable qu’un bon urgentiste… et vice-versa.

En dehors du transport sanitaire classique, participez vous à l’Aide Médicale Urgente dans votre département ? Comment se passe-t-elle étant donné la grande disparité dans les différents départements ?

Bien sûr ! Notre activité est indissociable de l’AMU… Un ambulancier qui refuse cette place dans le dispositif ne devrait pas s’appeler « ambulancier », ou du moins se réclamer de notre profession. Pour ce qui concerne le Haut-Rhin, nous sommes gérés par le SAMU-Centre 15, lui-même informatisé dans le déclenchement de la réponse ambulancière immédiate via une plateforme nommée Thélis et un système de géolocalisation.

 Parlons urgence, à l’heure actuelle beaucoup d’ambulanciers souhaiteraient participer plus activement à l’AMU au vu de leur diplôme devenu plus complet et aussi axé sur la prise en charge pré hospitalière de patient avec et sans urgence vitale.

Notre système (ndlr français) est axé sur les pompiers et leur départ immédiat, et de l’autre côté de réels freins existent : carences, sentiment de « privatiser le secours à personne ». Auriez vous votre avis sur la question ? Les ambulanciers ont ils leur place dans l’avenir du secours à personne (modèles suisses, belges, canadiens…) ?

Les ambulanciers sont mieux formés à l’évaluation clinique d’une victime contrairement aux pompiers qui appliquent de simples protocoles. Sur l’abord d’une victime, les ambulanciers sont plus à même de dessiner un tableau mono ou poly-pathologique afin d’y répondre au mieux. Nos freins se retrouvent dans notre statut : n’appartenant pas à la « fonction publique », nous ne disposons pas du financement dont bénéficient les pompiers en termes d’armement des véhicules et de moyens matériels.

C’est l’ensemble du système qu’il faudrait refondre vers un diplôme commun, par exemple… J’ajoute, pour couper court à toute réaction « à chaud », qu’au-delà de la disparité des formation pompiers ou ambulanciers, il existe de très bons éléments de chacune des deux couleurs, comme de très mauvais. C’est le système global français qui crée les dissensions stériles auxquelles nous assistons quotidiennement. Alors oui, assurément, l’ambulancier d’aujourd’hui et de demain a TOUTE sa place dans le secours à personne. Bien sûr ! Plus que jamais. Et cela va aller exponentiellement.

Une conclusion pour terminer ce portrait ?

Cela fait 17 ans que je vois ce métier évoluer sans cesse. Mais ça ne doit pas s’arrêter là, malgré le contexte économique difficile. Il faut absolument, comme je le citais tout à l’heure, que le législateur prenne la pleine mesure de notre retard et que les ambulanciers se mettent à la page, dans le sens d’une dynamique de recherche permanente de l’aboutissement. Je fais et ferais toujours parie de cette dynamique… !

Merci à monsieur Christophe DURRHEIMER pour avoir pris le temps pour répondre à nos questions et en espérant que cela apportera des informations utiles à tous.

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise, présentation

Aujourd’hui, tournons nous vers une entreprise de transport sanitaire pas comme les autres : les ambulances de l’Iroise. Basée dans le bout du monde, en Bretagne, à Brest plus exactement cette société est spécialisé dans le transport d’urgence. Une confiance certaine s’étant établie entre les différents demandeurs, tels que le SAMU , SOS Médecins, les Médecins traitants…, les Ambulances de l’Iroise détiennent de plus en plus de responsabilités dans l’intervention d’urgence sur le département. Dirigé par un chef d’entreprise dynamique et très motivé : David Tordeux, est diplômé CFAPSE en 2000, CCA en 2001 et moniteur en 2004.

 Il intervient à l’école d’ambulanciers de Brest (Ordre de Malte) afin d’initier les futurs diplômés. Désireux d’en savoir plus sur cette entreprise et surtout sur les motivations qui la font avancer je me suis décidé à entrer en contact avec eux afin de poser les question traditionnelles à monsieur TORDEUX. Il s’est fait, à ma grande surprise un plaisir de répondre posément aux diverses questions. Je vous laisse découvrir le portrait d’un patron pas comme les autres.

David TORDEUX, chef d’entreprise de Jussieu Secours Brest : l’interview

Ce métier d’ambulancier c’est une vocation de toujours ou une vocation tardive ? Qu’est ce qui vous a amené à choisir cette profession ?

De l’âge de 18 à 22 ans, j’étais dans les para-commandos.En 2000, j’ai passé mon CCA (major de promo). Et de 22 à 24 ans, j’étais salarié ambulancier. A l’âge de 25 ans j’ai créé mon entreprise, j’ai connu ce métier avec des secouristes qui étaient eux-même ambulanciers.

Vos plus grandes difficultés pour vous installer comme chef d’entreprise ? Vos plus grandes difficultés quotidiennes ?

Etre reconnu en tant que professionnel de santé auprès des institutionnels ainsi que des sapeurs-pompiers.

Pourquoi avoir axé votre entreprise sur l’urgence à contrario des nombreuses entreprises de transport sanitaires qui restent sur des missions plus traditionnelles ?

L’avenir du métier, c’est l’urgence et pour être un bon athlète, il faut être dans une seule discipline. De plus, un ambulancier épanoui dans son métier, c’est un ambulancier qui pratique de l’urgence

Comment avez vous réussi à vous imposer auprès des services d’urgence, à créer une confiance pour qu’ils vous confient une grande partie des interventions ?

Fiabilité, professionnalisme, efficacité, disponibilité et ne rien laisser au hasard, tout est protocolé (de la désinfection aux interventions)

Comment recrutez vous vos ambulanciers ? Mis à part les diplômes, motivations, spécialisation ?

Entretien, cas concret. De plus j’ai un responsable du personnel qui gère le recrutement, suivi de mon aval.

Vos ambulanciers ont t ils un parcours de formation différent du cursus courant ? Recyclage, spécialisation…

Étant moi-même formateur et moniteur aux IFA, je fais des remises à niveau interne et pour les transports pédiatriques les ambulanciers les plus méritant et les plus motivés passent le Certificat de Spécialisation en Transport Pédiatrique.Des postes à responsabilités sont mis en place au sein de l’entreprise (possibilité d’évolution pour les Ambulanciers de l’Iroise).

Quel est votre regard sur la profession d’ambulancier d’un point de vue chef d’entreprise ? d’un point de vue formateur IFA ?

Le métier est un métier d’avenir. Je pense que la sélection des candidats à l’école d’ambulanciers devrait être un peu plus poussée.

Demain imaginons qu’on vous confie les pleins pouvoirs, qu’auriez vous comme idée pour faire avancer la profession ? Que manque t il actuellement ?

Un nouveau diplôme, un en tant qu’ambulancier dit « Urgentiste » en plus du DEA. Et je mettrais en place un Référentiel national pour l’urgence Pré-Hospitalière pour uniformiser et standardiser les moyens humains et matériels des Transports Sanitaires Privés.

Auriez vous des conseils à donner à quelqu’un qui débute ou qui souhaite devenir ambulancier ?

Rigueur,altruisme, sang-froid, s’imprégner et apprendre de l’expérience des plus anciens,

Une anecdote particulière qui aurait marqué votre carrière ?

Réanimation d’un nourrisson de 9 mois à domicile 15 minutes avant l’arrivée de l’équipe médicale qui est décédé (parents présents.. Ma fille avait 12 mois)

Un dernier mot pour conclure ?

C’est un métier passionnant, malheureusement ce métier est terni par certain d’entre nous par manque de professionnalisme. Soyez respectable pour être respecté.

Un grand merci à monsieur David TORDEUX d’avoir pris du temps pour me répondre malgré son travail quotidien.

Jussieu Secours Brest en images

Le site web de l’entreprise

http://www.jussieusecoursbrest.fr/

Roger, ambulancier et formateur

Roger, ambulancier et formateur

Présentation d’un ambulancier : Roger, formateur pour les auxiliaires ambulanciers

Un nouveau portrait cette fois ci avec un formateur pour les ambulanciers. Une spécialité indispensable pour former les futurs professionnels de demain.

Quel est ton métier actuel ?

Animateur de formation au sein d’un IFA.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Après avoir obtenu le Diplôme d’Etat d’Ambulancier, je suis intervenu en qualité de formateur occasionnel, un poste c’est libéré suite à un départ à la retraite et je suis donc formateur permanent depuis 1 an.

Une vocation ?

Passionné par les métiers de l’urgence (ancien de la BSPP, SPV, …).

Que fais-tu au quotidien ?

Formation des Auxiliaires Ambulanciers sur les compétences de soins d’urgence, de manutention et de conduite. Organisation des stages, suivi et gestion des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Etre en cours auprès des stagiaires.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Une anecdote durant ma fonction d’ambulancier.A notre arrivée dans une maison de retraite pour le transport d’une patiente pour une consultation, la personne était nue et pas préparée. Les soignants nous annonçant qu’ils étaient en sous effectif. Deux solutions s’offraient à nous, le conflit avec l’équipe soignante et le refus de transport ou une prise en charge complète au delà de nos habitudes. Ne voulant pas annuler l’examen de cette vieille dame, nous avons été contraints de faire le nursing, de l’habiller, de l’accompagner aux sanitaires, de prévoir collation et eau et de la préparer pour son transport. Cette situation m’a marqué car la prise en charge des patients doit être une priorité des équipes indépendamment des contraintes de personnels.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Etre passionné par le transport de malade, être à l’écoute de l’environnement (soignant, famille, …) et savoir se remettre en question.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Etre disponible et à l’écoute.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Appliquer les règles présentées lors de la formation ADE, trop souvent le minimum enseigné n’est pas appliqué dans les entreprises de transport sanitaire.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Faire passer le contenu du programme ADE auprès des entreprises et services ambulancier afin qu’ils adaptent leur comportement. Tous les chefs d’entreprise de transport sanitaire devraient être ADE.

Le mot de la fin ?

La formation est enrichissante à travers les échanges entre formateurs et stagiaires. Le métier de formateur auprès des Auxiliaires Ambulanciers n’est pas quotidien et nécessite en permanence des échanges, de la recherche et du renouveau.

Merci à Laurent FACON, Directeur de l’Institut de formation des Ambulanciers de la Croix Rouge IDF, d’avoir recueilli ces propos.

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, ancienne paramedic devenue aide-soignante

Un nouveau portrait dans notre rubrique portraits de professionnels. Encore une fois c’est L’institut de formation des ambulanciers d’Ile de France Croix Rouge qui nous le présente. Un portrait atypique puisque cette fois ci c’est une ancienne paramedic devenue aide soignante en France et préparant le diplôme d’état d’ambulancier.

Quel est ton métier actuel ?

Aide soignante au sein d’un service de soins à domicile et en formation d’ambulancier diplômé en passerelle pour les modules complémentaires 1 3 6 8

 Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Evolution professionnel et attrait pour les métiers de l’urgence

Une vocation ?

Oui

 Que fais-tu au quotidien ?

Soins à domicile, soutien familial (formation), accompagnement social de familles et de patients en fin de vie.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe et la communication avec les différents intervenants ?

Pourquoi changer vers ambulancier ?

Pour diversifier mon activité et augmenter mon savoir.

Comment as-tu fais pour utiliser la passerelle Aide Soignant DE à Ambulancier Diplômé ?

Je me suis renseignée auprès de l’IFA Croix Rouge puis j’ai informé mon employeur.

Comment faire quand on est déjà soignant ou ambulancier dans un autre pays ?

Se renseigner auprès de la DRASS qui fait remplir un dossier permettant de valider par comparaison les cursus de formation.  Pour ma part ma formation de « paramédics » (5 ans) au Canada m’a permis une équivalence DEAS. Puis cette fonction d’Aide Soignant me permet d’accéder aux modules complémentaires du DEA (sans passer de concours).

Des anecdotes qui auraient marque ta carrière ?

Lors de la prise en charge d’un blessé par balle suite à une fusillade, je me suis retrouvé contrainte de placer mon doigt dans l’orifice pour stopper l’hémorragie. A l’arrivée au trauma center j’ai annoncé « j’ai le doigt dans le trou de balle » (ils rigolent encore de ma boulette). Le chirurgien après l’extraction de la balle m’a dit « je t aurais bien fait cadeau du projectile, mais son trou c’est son trou, donc sa balle c’est sa balle »

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Patience, compréhension et savoir travailler en équipe.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Bien se documenter, avoir une expérience de l’urgence par une activité associative dans le secourisme (Croix-Rouge, Protection civile,…)

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Un meilleur travail en collaboration entre les sapeurs pompiers et les ambulanciers.

Demain tu es nommée super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Réunir les acteurs de l’urgence, essayer d’avoir une cohérence et définir des limites de compétences.

Le mot de la fin ?

Les nouveaux ADE vont certainement dans l’avenir faire bouger le métier. La nouvelle formation devrait pouvoir faire évoluer dans le futur la représentation du métier.

 Merci à Laurent FACON, Directeur de l‘institut de formation des ambulanciers, Croix Rouge IDF d’avoir recueilli ces propos.

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière mais aussi formatrice en institut de formation des ambulanciers

Quel est ton métier actuel ?

Infirmière et ambulancière formatrice au sein d’un IFA.

Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Infirmière de formation je suis intervenue en tant que formatrice occasionnelle au sein de l’IFA, puis j ai eu la proposition d’un poste à temps plein au sein de cet établissement.

Une vocation ?

J’ai toujours voulu enseigner et mon arrivée dans la filière ambulancier est un concours de circonstances.

Que fais-tu au quotidien ?

Ingénierie pédagogique, enseignement théorique et pratique principalement sur les modules passerelle aide soignant (2 4 5 7) et module hygiène (3). Suivi et gestion des stages et des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Le face à face pédagogique notamment en pratique.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Certains décalages entre le vocabulaire pré hospitalier et hospitalier menant à des situations cocasses. Lors d’un cours, je présentais la désinfection complète de la cellule arrière, un stagiaire me dit « en fait vous allez jusqu’au hayon ? » terme inconnu pour moi donc j’ai cru qu’il me parlait de vêtements en lambeaux.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Des capacités de prise rapide de décisions, de l’autonomie, de l’écoute et toujours chercher à se former. L’ambulancier étant en dehors du circuit hospitalier il est plus difficile de se tenir informé des évolutions techniques et scientifiques.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Profitez de l’expérience de ceux qui ont de « la bouteille » ils ont souvent des conseils avisés.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Présentation du métier ADE auprès des autres professions de santé. Créer plusieurs niveaux de qualification de l’ADE notamment pour l’urgence.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Amélioration des conditions de travail (payer chaque heures de travail) et de l’équipement des ambulances notamment au niveau du matériel de transfert (les problèmes dorso-lombaires sont la première cause d’arrêt maladie en ambulance) .

Le mot de la fin ?

C’est un métier dynamique et riche humainement qui gagne à être connu.

Merci à laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, assistant de régulation au centre 15 et en formation pour le diplôme d’ambulancier

Quel est ton métier actuel ?

Assistant de Régulation Médicale (PARM) au SAMU, je suis actuellement en cours de formation Ambulancier Diplômé d’Etat dans le cadre de la formation professionnelle.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Une opportunité par l’intermédiaire d’un ami à la fin de mes études (chaudronnerie) sur un dispositif de secours en tant que bénévole à la Croix -Rouge.

Une vocation ?

Les métiers de l’urgence et les premiers secours

Que fais-tu au quotidien ?

Localiser, identifier, hiérarchiser les demandes de secours parvenues au 15.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe au sein d’une régulation pluridisciplinaire. La gestion du stress et la gestion des appels complexes et relevant d’une véritable urgence.

 Des anecdotes qui auraient marquées ta carrière ?

Gestion d’un accouchement par téléphone pour guider le père, ni SMUR, ni ambulance sur place.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

De la volonté, du professionnalisme, de la curiosité intellectuelle et l’envie de progresser.

Des conseils à donner au plus jeune ?

Ne pas s’arrêter sur ses acquis.

 Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Instaurer une dynamique de formation continue. Trop de compagnie d’ambulance ne voient que l’aspect rentabilité du métier au détriment d’une notion de service publique notamment dans le cadre de l’ATSU. Ne pas oublier que les ambulanciers sont maintenant des professionnels de santé.

 Demain tu es nomme super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Recyclage obligatoire de tous les « CCA » (anciens formés avant 2007), des ambulances de qualités et équipées.

 Le mot de la fin ?

Un parcours professionnel n’est pas figé et les métiers de la santé permettent des évolutions et de toucher différents corps de métier.

Merci à Laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Portrait d’un ambulancier SMUR

Portrait d’un ambulancier SMUR

Portrait d’un ambulancier SMUR. Ce portrait est un des tous premiers articles parus sur le site. A ce moment je débutais totalement. J’avais eu la chance à ce moment d’avoir le soutien et l’intérêt de quelques ambulanciers motivés au travers d’un forum de discussion qui était une source d’information passionnante. Ce portrait reste tout à fait d’actualité.

Quel est ton métier actuel ?

Je suis depuis près d’un an ambulancier au SAMU de Paris, affecté plus précisément au SMUR de l’hôpital Hôtel-Dieu comptant une seule Ambulance de Réanimation dépendant de la régulation du SAMU 75 basée à l’hôpital Necker. Nous effectuons environ 1700 interventions par an. Je me considère un peu comme un privilégié dans ce milieu, car j’ai le double avantage de faire un métier formidable sur un des plus beau site de France, en plein cœur de Paris en face de la cathédrale Notre-Dame !

Tu es arrivé comment dans cette profession ? Une vocation ?

Oui et non… En fait, je pensais depuis assez longtemps à me retrouver un jour derrière le volant d’une ambulance, mais sans savoir vraiment en quoi consistait ce métier ni comment y parvenir. J’ai donc occupé pas mal d’emploi de 18 à 24 ans, notamment du transport d’organes et de sang ou comme chauffeur au Samu Social de Paris. C’est à cette période que j’ai rencontré une personne, qui est devenu assez rapidement un ami et même mon employeur quelques années après, qui était ambulancier au sein d’une société en pleine restructuration qui cherchait du personnel, même débutant tant que la motivation y était.

A mon grand étonnement, j’ai fait valider mon permis de conduire, passé mon AFPS (à l’époque cela suffisait pour être le second membre d’équipage) et dès le lendemain, je me retrouvai dans une ambulance ! La chance que j’ai eu à été de faire ces premiers pas au sein d’une entreprise sérieuse qui se donnait les moyens d’assurer les urgences que transmettait le SAMU. J’y ai fait la connaissance de plusieurs ambulanciers-smur qui venaient y faire des vacations et qui m’ont transmis le virus. Cette expérience à durée un an, jusqu’au dépôt de bilan de cette société, ce qui m’a permis d’avoir un peu de temps devant moi pour passer mon CCA (financé de ma poche, soit dit en passant).

Par la suite, mon ami sus cité à ouvert sa propre entreprise et c’est tout naturellement que j’ai travaillé pour lui. Son choix fut d’axer son activité sur l’appel d’urgence et c’est là que durant 3 ans j’ai pu vraiment me faire une expérience complète en enchaînant les interventions pour le SAMU les unes après les autres (on doit être dans les environs de 10000 interventions sur cette période uniquement pour mon équipage). Au bout de deux ans, j’ai intégré un smur privé du secteur et l’expérience, bien qu’enrichissante, ne fut pas probante.

L’esprit régnant n’était pas vraiment ce que j’attendais et il me manquait sûrement une expérience à finir dans le secourisme avant de tourner la page. J’ai donc réintégré la société d’où je venais et ai passé ma dernière année d’ambulancier privé avec une collègue également CCA qui est devenue une vraie amie et qui est également ambulancière à ce même SMUR à l’heure actuelle, où elle se sent comme un poisson dans l’eau. Comme une entreprise, un SMUR peut convenir à une personne et pas à une autre selon ces us et coutumes. Mon entrée au SAMU de Paris fut le fruit de ce travail accompagné d’une bonne poignée de chance car est consécutive à une candidature spontanée.

Ambulancier SMUR, quel est ton quotidien ?

L’ambulancier en SMUR est un pilier central. Peut-être même encore un peu plus dans un smur comme celui où je travaille car nous sommes mutualisés avec les urgences. Ce qui signifie que les infirmiers et les médecins montant des gardes au smur effectue la majorité de leur temps de travail aux urgences. Par contre lorsqu’ils sont de garde au smur, ils ne font rien d’autres. Les seuls « permanents » sont donc les quatre ambulanciers ainsi qu’une IADE (infirmière anesthésiste), la seule que compte notre service et qui nous quittera bientôt sans être remplacée.

Il nous faut donc connaître sur le bout des doigts le contenu de notre UMH ainsi que d’assurer le suivi du matériel, l’infirmier du jour n’étant peut-être pas monté dans l’ambulance depuis quinze jours et ne revenant pas avant trois semaines ! Il faut donc savoir où est rangé et en quelle quantité l’ensemble du matériel médical et des médicaments, mais aussi connaître leur utilité et mode d’action et savoir les mettre en œuvre. Ce qui n’est pas un mince affaire dans les débuts, il faut s’attendre à quelques migraines ! Nous avons également en charge l’état général, mécanique et sanitaire du véhicule.

Les temps d’attente entre les interventions peuvent parfois être très longs (ou des fois très courts voir inexistants !) à nous de les meubler de la manière la plus optimale qui soit. Une fois le matériel vérifié et la cellule désinfectée, nous pouvons mettre en place des séances de formations au pied levé, coordonnées par le médecin, durant lesquelles nous reverrons telle ou telle prise en charge notamment sur des pathologies que nous rencontrons rarement mais pour lesquelles il faudra être efficace le jour J.

Nous rentrons également dans le processus de formation, étant dans un CHU, auprès des externes (étudiants en médecine, dans notre cas des quatrième année de doctorat) et des stagiaires (stagiaire IADE, élève sage-femme, élève ambulancier, médecin en formation CAMU…) venant se former aux aspects spécifiques du pré-hospitalier.

En interventions, nous sommes responsables de la sécurité de l’équipe durant le trajet puis, en parallèle de l’IDE, du matériel. Nous nous mettrons sous les ordres du médecin au chevet du patient puis assurerons l’évacuation de ce dernier avec l’équipe sur place (généralement BSPP mais aussi associatifs, ambulanciers…) le cas échéant.

Nous proposerons au médecin les moyens d’évacuation les plus adaptés à l’état du patient et à la spécificité des lieux. Cela pourra finir avec un camion échelle si escaliers impraticables, le GREP, une demande d’ambulance adaptée si patient en obésité morbide (nos brancards ne supportant pas plus de 180 kg) ou une simple descente rapide en chaise si c’est le temps qui prime et que l’état de santé du patient le permet.

 Une fois dans l’ambulance, après les soins qui auront pu être prodigués, nous vérifierons que la victime est bien sanglée, que le matériel est fixé (se prendre un scope de 20 kg sur le coin du museau peut surprendre… ) et que chacun est en sécurité à sa place avant de démarrer sur l’accord du médecin. Au final, je ne passerai généralement que peu de temps au volant, en moyenne 30-40mn en temps cumulé.

Que préfères-tu dans ton travail ?

Dans un premier temps, c’est l’assistance à une personne en détresse. Je ne saurai le décrire précisément, mais certaines personnes trouvent leur équilibre en faisant du bien. On se sent réellement utile au sein de la société, on veille sur son prochain. Ensuite, vient l’adrénaline.

Ne nous voilons pas la face, c’est ce qui stimule la quasi-totalité des professionnels de l’urgence, quelle que soit leur corporation d’ailleurs. Il ne faut rien y voir de malsain, c’est simplement que certaines personnes ont besoin de cette pression pour se stimuler et trouver un réel insert à ce qu’elles font.

Le travail en équipe me plait aussi. On ne passera peut-être pas ses vacances avec chacun de ces collègues, mais dans l’ensemble il se crée un lien particulier. C’est également vrai en ambulance privée, peut-être même plus, car une réelle entente voir une complicité est nécessaire au bon déroulement des taches.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Des « histoires de chasse » j’en ai un certain nombre ! Mais je dois avouer que, jusqu’à présent, la grande majorité des interventions qui me resteront en mémoire sont mes « premières fois » et la plupart ont eu lieu en ambulance et non en SMUR. De plus, en ambulance nous sommes beaucoup plus vite « débordés » car pas de moyens médicaux matériels ou humains à disposition. C’est un peu « la b..e et le couteau ».

Je garderai donc en souvenir mon premier arrêt cardiaque (patient non réanimé) qui en plus à eu lieu dans des circonstances un peu particulières car c’était la première intervention que je faisais avec un vacataire qui commençai le matin même ! Ce dernier, exerçant en smur depuis plusieurs années, à su gérer la situation de manière calme et posée puis m’a bien aidé à passer le cap dans les heures qui ont suivies. Je ne saurai que l’en remercier.

Me restera un très mauvais souvenir d’un patient décédé dans mon ambulance, s’asphyxiant sous nos yeux suite à un OAP massif et pour lequel le smur est intervenu au bout de 4O minutes ! Il se savait en train de mourir et, avant de perdre connaissance, nous implorait du regard de le sauver, choses que nous n’avons pu, mon collègue et moi-meme, faire. Dans ces cas-là, on se sent bien petit et inutile car on sait parfaitement que les manœuvres entreprises seront vaines.

Un meilleur sera sur la fin de ma carrière privée avec une première réanimation réussie (après l’intervention médicale, bien sur) ! Le genre de chose qui motive, même encore maintenant (les smur ne font que très peu de réanimations réussies et il faut savoir qu’a moyen terme il n’y a qu’1% de survie !)

Mention spéciale aussi pour mes trois premiers accouchements, également dans le privé, s’étant déroulés sur 3 gardes d’affilées ! Moments formidables également, pour peu que tout se déroule bien, la catastrophe n’étant jamais bien loin.

Il y a bien sur des anecdotes plus légères et amusantes, comme cette jeune fille s’étant enduit la main de mousse expansive en bricolant ! Ou ce jeune homme bien gêné de s’être rompu le frein du prépuce le soir de son anniversaire avec sa petite amie, toute aussi gênée. Bref, toutes ces petites histoires qui égaient un quotidien parfois dur.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Ce qui passera avant tout, ce sera la motivation. Avec un minimum de rigueur, d’application et d’investissement personnel le reste suivra tout seul. La présentation doit également subir un minimum de soin ne serait-ce que par respect des personnes transportées, des collègues et de l’image dégagée. En parlant de respect, celui-ci doit être omniprésent, que ce soit envers les patients, le personnel soignant, les autres acteurs (pompiers, policiers…), ses collègues et même les citoyens (si on peut éviter d’hurler des jurons et de faire des gestes aux autres usagers de la route, c’est bien !)

Un petit mot sur la forme physique qui doit tout de même être entretenue, surtout pour les candidats n’ayant pas un très bon capital force et endurance à la base. Il peut y avoir à fréquence variable des brancardages difficiles (un homme de 90kgs à descendre sur 11 étages sans ascenseur, ça existe…) et il faut pouvoir l’assurer en toute sécurité. La conduite est bien sur un aspect non négligeable, le niveau d’un nombre certains d’ambulanciers (même parfois en smur) me semble sommes toutes moyen.

On ne naît pas en sachant conduire, ça s’apprend et il y a des écoles pour çà. Je rajouterai que ce n’est pas la sirène ou les croix bleues sur les portières qui sauveront la vie de qui que ce soit et que la plus grande prudence doit toujours être de mise. Le moindre accident faisant bien sur les choux gras des détracteurs et porte le discrédit sur l’ensemble de la profession.

Au niveau intellectuel et connaissances, la curiosité est bienvenue. Trop d’ambulanciers ne savent pas vraiment pourquoi ils font tel ou tel geste, pourquoi le patient va dans ce service et les soins que l’on va lui prodiguer ou encore en quoi consiste vraiment la pathologie du patient qu’ils viennent de prendre en charge.

Une plus grande connaissance permettra d’être plus à l’aise, ce qui ne manquera pas de rassurer le malade qui se sentira réellement pris en charge, de transmettre des bilans plus complets à la régulation et de comprendre le potentiel charabia qu’est en train de vous raconter le médecin ou l’infirmière qui vous confie un patient. En fait, l’enseignement du DEA doit être considéré comme une base et sera agrémenté de connaissances supplémentaires débouchant de l’expérience au fil du temps.

Donc quand on ne sait pas, on le dit et on demande une explication si le besoin s’en fait sentir, sinon on garde ce « mystère » dans un coin de sa mémoire pour se documenter par la suite.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

A quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier, je ne peux que lui dire de s’accrocher, que les débuts ne seront peut-être pas faciles, il sera sûrement parfois tenté d’arrêter mais en y réfléchissant et en faisant les bons choix, c’est un métier qui peut apporter énormément au niveau personnel.

Je pourrai lui conseiller également d’écouter tout les conseils que les plus anciens pourraient lui donner mais d’y faire le tri et de décider de lui-même l’ambulancier qu’il veut être.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Les premiers à devant faire des efforts, ce sont les ambulanciers, employés et dirigeants, eux-mêmes. Lorsque nous serons tous à la hauteur des taches qui nous sont confiées, alors nous pourrons nous permettre de demander plus. De toutes façons, a part apporter le plus grand soin à son travail, un ambulancier salarié ne pourra faire grand-chose de plus pour faire bouger les choses, mais si nous nous y mettons tous, alors il pourra y avoir des changements.

Un exemple tout bête : lorsque les pompiers se rendent au domicile d’une personne en détresse, la victime et son entourage leur font une entière confiance, simplement à la vue de leur uniforme et par la réputation qui les précède, ensuite s’ils ne sont pas à la hauteur, peut-être l’avis changera.

En tant qu’ambulancier, c’est exactement le contraire ! De prime abord il y aura souvent une méfiance car beaucoup de gens nous imaginent comme des chauffeurs de taxi et au fil de l’intervention, si tout se passe bien et que les gens se sentent complètement pris en charge de manière efficace, ils verront les choses sous un autre angle.

Le problème, c’est que les deux cas présentés ne seront perçus que comme des exceptions. Dans l’imaginaire collectif, le pompier nul est aussi rare que le bon ambulancier… C’est donc à nous, et surtout à la nouvelle vague d’ambulanciers, de changer çà en faisant preuve de sérieux à chaque prise en charge.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Serait-ce vraiment une bonne idée ? (rires)

J’aurai bien quelques suggestions, sommes toutes personnelles et qui ne plairont sûrement pas à tout le monde mais qui sont, je pense, à méditer.

La première chose, qui est une grande injustice, serait la suppression des coefficients modérateurs pour les salariés du privé. C’est quoi cette loi qui oblige un salarié à offrir du temps de travail gracieusement à son entreprise ? Dans un deuxième temps, je laisserai le DEA tel qu’il est mais destiné à des ambulanciers qui ne feraient que du transport sanitaire. Et instaurerai une formation calquée sur celle de nos voisins paramédicaux (voir vers la Suisse, entre autre) pour les appels d’urgence.

Sans forcement passer sur un système « scoop and run » mais sans non plus devoir faire venir un SMUR pour une douleur thoracique ou un coma hypoglycémique, choses qui peuvent être parfaitement gérées puis orientées dans le service adéquat par des paramédicaux formés et équipés. Cela engendrerai une baisse des coûts et une plus grande disponibilité des médecins pour des cas où leur présence serait réellement nécessaires.

Et on en fait quoi des ces ambulanciers « urgentistes » ? On les rattache à des hôpitaux ou des centres de secours des pompiers. Ceci afin que tout le secours en France soit assuré par le service public, ce qui limite les dérives. Et pour le financement, en récupérant auprès de la sécurité sociale ce qui aurait été versé pour les interventions d’ambulances privées et de SMUR (qui du coup auraient non seulement une forte baisse d’activités, donc moins de facturations et besoin de moyens moindres…) cumulé au financement des pompiers (dont le secours à victime représentant près de 75% de l’activité) il y aurai sûrement de quoi faire.

Ah, qu’il est doux de rêver…

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance, fer de lance du métier d’ambulancier

Sous l’impulsion de Patrick YOUX, le patron, cette grosse compagnie d’ambulances nantaise est l’un des fers de lance du métier en France, et sans doute aussi l’une des plus belle vitrine nationale de la profession, en ayant su marier la « technique » et l’« humain » au juste dosage. Largement tournée vers le monde du secours anglo-saxon et en particulier canadien, Assistance Ambulance est de tous les congrès et de tous les partenariats (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Canada et en particulier la Belle-Province, ce Québec si cher à mon coeur…), pour une optimisation de l’efficience de ses personnels de terrain.

La meilleure illustration reste le degré de technicité des ambulanciers DE de la compagnie. Jugez plutôt : tous les ADE sont titulaires du PHTLS (Pre-Hospital Trauma Life Support, un programme de formation US né au John Hopkins’ Hospital de Chicago, Illinois). L’ efficacité des personnels de terrain trouve également son explication dans les faits : Assistance Ambulance assure des gardes SAMU 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, comme seules peuvent le faire des structures qui s’en donnent les moyens.

Des ambulances sur-équipées

En parlant de moyens, outre les ASSU classiques dont dispose Assistance Ambulance et équipées a minima de multiparamètres, défibrillateurs automatiques externes, détecteurs de monoxyde de carbone, Backstraps™, KEDs™ (Kendrick Extrication Device, un dispositif d’extraction de victimes – d’accidents de la route, par exemple) en plus du matériel standard d’évaluation clinique incontournable (oxymètre de pouls, tensiomètre et brassards de toutes tailles) et du matériel d’immobilisation plus classique (matelas « coquille » à dépression, attelles etc…) ainsi que du « consommable » (pansements américains, compresses, matos de désinfection de plaies, kits d’accouchements, champs stériles, couvertures isothermes, masques O2 simples, HC etc, tubulures et sets de perfusion avec Ecoflacs® de divers solutés et j’en passe…)

Cette société-modèle a une spécificité remarquable : la néonatologie et la réa pédiatrique en milieu pré-hospitalier, avec le matériel ad hoc : des incubateurs spécifiques adaptables aux brancards et bien sûr, la formation appropriée du personnel.

On dit que l’uniforme ne fait pas l’ambulancier. C’est vrai. Mais quand on voit la « gueule » des uniformes portés par ces professionnels, on ne peut, en tant qu’ambulancier soi-même, s’empêcher de se dire : « Ils se donnent vraiment les moyens de tirer vers le haut une profession sinistrée et d’en donner une image vraiment pro !… », puis d’admirer, béat, les mecs lorsqu’arrive un hélico du SAMU sur la DZ, pour la prise en charge d’un nourrisson intubé-ventilé, placé avec délicatesse par deux ambulanciers au top, dans l’incubateur solidement arrimé au brancard !

Ainsi, leur ASSU-PÉDIATRIQUE, ornée d’un ours-mascotte, en dit long sur le sens donné au mot « humain » par le patron et toute l’équipe d’ambulanciers d’Assistance Ambulance.  Une politique interne rigoureusement tournée vers « L’Autre », vers l’efficience de ses vecteurs et le professionnalisme inattaquable de son personnel font définitivement d’Assistance Ambulance un partenaire de tout premier choix dans quelque situation que ce soit.

A tous les personnels d’Assistance Ambulance, dans cette trop lointaine ville de Nantes ! A Patrick Youx, à Jean-René Letilly et à « Berthilde-l’inconnue »…, ne vous arrêtez jamais ! Vous êtes un modèle à suivre par toutes nos sœurs et tous nos frères ambulanciers de France. Quoiqu’il arrive !

Mais d’autres sociétés existe sur le même profil

J’ai également appris que les Ambulances Mader au travers de cette article faisait de l’AVP également et bien d’autres sociétés :

C’est vrai, du fait de leur ouverture sur le monde ambulancier étranger avec des partenaires comme Urgence Santé à Québec (rien de moins !), ils ne peuvent qu’évoluer très vite malgré les freins de la législation franchouillarde, hélas ! Il n’existe à ma connaissance que très peu de ces entreprises. A vrai dire, j’en connais trois sur toute la France: Le CSA (Centre de Secours Ambulancier) de CAP CIR-CERDAGNE, dans le 66, où le patron, Eric Levray est un authentique urgentiste dans l’âme !

Sinon, plus proche de moi, en Alsace, je ne vois que Rescue 68, une structure petite, mais ne travaillant qu’en partenariat exclusif avec le SAMU 68 et SOS Médecins, sur Mulhouse. Son boss, François Dannenmuller, est un pur urgentiste également. Enfin, il y a les Ambulances MADER, dont Franck Mader assure la présidence. Grosse structure, très puissante, se dotant de moyens énormes, tant humains en termes de formations et de recyclages, que de moyens “vecteurs”, avec cellules carrées, VLM, gyros tournants et deux tons (ils font de l’AVP, au grand dam des pompiers du cru !). Et surtout, une rigueur ne laissant planer aucun doute sur la compétence de ses personnels.

A Colmar, il y a une grosse compagnie nébuleuse d’environ 150 ambulanciers répartis sur plusieurs sites. Je salue le haut degré de professionalisme des ambulanciers de cette société très performante en termes de formations et de moyens déployés sur le terrain. Ambulanciers SMUR, les mecs et les nanas de cette boîte sont réellement des pros, au sens noble du terme. (Dans le tas, il y a forcément une ou deux têtes qui ont chopé le melon, mais on s’en fout, c’est humain, cet orgueil…)

Ils restent tous malgré tout des pros très chevronnés ! Ce que je déplore au sein de cette boîte qui m’a formé en partie, c’est que les moyens de catégorie A, dont deux ou trois cellules type “cube”, sont dévoyés de leur mission d’origine, l’URGENCE, pour faire aussi du transport sur prescription, des sorties d’hospi, ou des consultations, sans parler des séries kiné ou hémodialyse. Une hérésie !

Dommage, avec leur niveau et leurs outils, que les moyens ne soient pas rigoureusement maintenus dans leurs spécificités propres, hélas ! Il s’agit d’une politique interne que personnellement je ne peux que déplorer. Cependant, le job qu’ils font est quand même d’une très grande qualité !

Exemples a suivre …..