Albi : les pompiers craignent le chômage technique

Albi : les pompiers craignent le chômage technique

Ne tirez pas sur l’ambulance mais sur les pompiers !

Un bel article d’une neutralité impeccable. Encore une fois la presse ne tire pas sur l’ambulance et dresse un constat posé. La mise en place des référentiels tripartie dans les départements équilibre la charge et clarifie lesretro missions : le centre 15 adapte la réponse en fonction de l’appel et du type de prise en charge nécessaire. Chaque acteur du secours à personne est mis à contribution. Sauf qu’à priori certains s’inquiètent un peu. L’article est intéressant à lire et comme d’habitude ne pas tirer des conclusions trop hâtives. Les pompiers s’inquiètent mais c’est comme tout : l’activité de ce type n’est pas soumise à statistiques fixes. Un jour c’est l’enfer, le lendemain c’est calme. Donc c’est peut être précoce de parler de chômage technique tel que le souligne le responsable du SDIS. Ce que je reproche par contre ce sont les commentaires odieux au sujet des ambulanciers et la suite de mon article sera un bon coup de gueule contre ces détracteurs. Donc en premier lieu je vous laisse découvrir l’article (introduction avec le lien de référence), découvrir un extrait des commentaires dont l’un issu d’une autre source mais qui vaut franchement le détour et pour terminer mon coup de gueule du jour. Bonne lecture à tous et n’hésitez pas à me faire part de vos réactions constructives. Tout commentaire inutile ou qui n’apporte rien de concret sera enlevé. Merci de rester neutre un maximum et surtout constructif dans vos débats. Je ne publierais rien destiné à alimenter une guerre de chefs.

Albi. Les pompiers craignent le chômage technique

Depuis le 1er janvier, le SDIS et le Samu ont mis en place une nouvelle organisation dans les secours à personnes, qui impliquera aussi à terme les ambulances privées. Les critiques fusent déjà dans les rangs des pompiers.

Un pompier désœuvré est un pompier frustré. En ce début d’année, cette frustration est palpable dans les rangs des sapeurs-pompiers, particulièrement à Albi. «On est 16 à la garde et on ne sort plus, ou très peu», confie ce professionnel, sous couvert d’anonymat. Ce mardi-là, les pompiers albigeois n’ont eu que trois accidents (dûs au verglas) à se mettre sous la dent, «alors qu’on a une moyenne de 15 à 20 interventions par jour». Une baisse ponctuelle, en ce mois de janvier où l’activité opérationnelle est plutôt en berne ? C’est ce que pense le colonel Christophe Dulaud. Mais certains pompiers ont une autre explication : «Il y a un souci par rapport aux secours d’urgence. Depuis le 1er janvier, une nouvelle convention s’est mise en place avec le Samu. C’est lui qui gère presque tout. Tous les appels qui arrivent au 18 sont régulés par le médecin du Samu.» Avec trois semaines de recul, certains pompiers constatent le changement : «On continue à faire la voie publique mais on ne fait plus du tout de secours à domicile. Or, le relevage des personnes fait partie de la formation première des pompiers. On intervient à trois, parfois à quatre quand les ambulanciers privés ne sont que deux. Pour moi, si ça continue, c’est la mort du service public.» Marc Vigouroux, de la CGT pompiers, est plus prudent: «On a une baisse d’interventions sur certains secours et ça entraîne des retards. Mais ce sont des accords nationaux, tous les départements sont obligés d’y passer».

L’article dans son intégralité : http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/31/1549127-albi-les-pompiers-craignent-le-chomage-technique.html

Mais voici un florilège de commentaires dans cet article qui une fois de plus démontre à quel point on tire sur l’ambulance

Ces accords entre le SDIS et le SAMU sont scandaleux quand on connait le peu de formation de certains ambulanciers privé l’attachement de ces chefs d’entreprise au fric plus qu’à leurs malades Qui encore transportent deux parfois trois malade en vsl qui n’embaucheront jamais les effectifs correspondant à la demande on peut imaginer la qualité de leur service. Le pire est à venir quand les patient à l’agonie devront sortir le carnet de chèque avant d’être évacués surtout pour les plus démunis qui n’appelleront même plus les secours et se débrouilleront comme dans un temps jadis avec les malheurs connus de cette époque.

Ou encore un défaut d’information de la population à cause de ce type de commentaires

e que je n’ai pas trop compris dans cette histoire d’intervention par des ambu privés c’est effectivement le coté financier. S’il faut payer l’ambu qui se déplace alors qu’on paye déjà les pompiers “pour ça” (ça ne veut pas dire qu’il faut les faire venir pour une broutille) via nos impôts il va y avoir problème.

Mais aussi des gens plus intelligent et raisonnés

Cet article est d’une extrême neutralité et j’en félicite l’auteur.Il ne faut pas jeter “l’huile sur le feu” entre les rouges,les blancs,les volontaires et les professionnels.Il y a certes des soucis mais faisons confiance au dialogue entre responsables des personnels,le Président,le SAMU et le Colonel Dulaud.Il faut faire preuve de beaucoup de “prudence” comme le dit un responsable des personnels,alors faisons appel à ses immenses qualités professionnelles,son intelligence,son expérience,son sens du service public,sa force de dialogue et de persuasion,son respect pour les institutions…. priorité absolue de son engagement pour aider a trouver des solutions acceptables pour tous!!

Perso je pense qu’il y a qq rouges sur cette page de réaction, et quand je peux lire les conneries que vous écrivez je me dis que votre encéphale doit être aussi étroit que vos casque F1. De vrai héros qui cherchent à tout pris la reconnaissance…. Vraiment pitoyable comme mentalité et pourtant nous faisont le même taf….. Blanc ou rouge il faut tout mettre en œuvre dans l’intérêt de la victime…

 Lu ailleurs sur un site web mais qui reflète le meilleur du pire (et aussi côté orthographe)

Bsr pensez vous sérieusement que les blancs peuvent apportés la mm réponse aux secours que nous !j en doute fort pour preuve les relevages a domicile les ouvertures de porte les sdf sur la vp j en passe et des meilleurs. Sans compter que nous sommes 3 ds un vsav et que nous pouvons avoir des renforts sur demande. Quant aux urgences vitales si la population veux attendre 3 jours les secours et bien moi non ! Pensez y si c est un de vos proches en ACR!!! Ces mm ambulanciers veulent faire croire à la population que nous avons un coût trop élevé dénonce par la cour des comptes! Mais pk ne parlent ils pas eux du looping blanc qui manigance dans nos départements en ayant pour but le profit de ces entreprises d ambulance sans compter qu ils contribuent au trou de la Sécu! Réveillons nous ! Nous Pompiers et population ou va dc allez le secours a personne! C est grave. J en parlais cet ap midi avec un médecin qui s offusque que les blancs soient engagés sur les urgences vitales !!!! Ps je ne parle mm pas de la réforme des sapeurs pompiers qui est bafouée dans le fond et dans la forme par notre hiérarchie et ces décideurs !!!! Bonne soirée a tous

En réponse a mes détracteurs! Chacun son boulot !!! Les urgences vitales restent du domaine SP il n y a pas transiger a cela point. Tt le monde peux bosser mais les blancs n ont pas a venir prendre nos inters.chacun a son histoire met on ne peux tenir un discours cohérent en étant le cul entre deux chaises. Qd a la guerre soit disant blanc rouge si nous on a été épingle par la cour des comptes et bien certaines entreprises ambulancières sont tout simplement épinglées par la police cf certains reportage. Le looping blanc lance ds certains département est révoltant et creuse le trou de la sécu c est une réalité!!! Sans compter les arnaques a la sécu! Regardez aussi le médecin ds le reportage de ma page qui que les conventions ch avec entreprise ambulancière coûte trop chère! Laissons a césar ce qui est a césar depuis la nuit des temps les SP ont été les 1 et a venir au secours de la population pour feu et urgences vitales! A 2 on ne peux faire que du transport sanitaire et non des urgences vitales c est tout. je suis pas Anti blanc y en a pour tout le monde juste une convention bipartite claire règlerais tout. Qd a ceux que sa fâche je ne dis que la réalité! En étant SP ON NE PEUX QUE DÉFENDRE SA PROFESSION CEUX QUI NE LE COMPRENNE N PNT PAS UN CŒUR ROUGE SANG

Arrêtez de critiquer ma profession

Je ne suis pas là pour alimenter une guerre ou autre. Le but de l’article est déjà d’informer, de relayer l’info mais aussi au passage de relancer un énième coup de gueule contre les réactions immatures et surtout complètement erronées à notre sujet. J’en ai plus que marre qu’on me reproche de facturer au patient au cul de l’ambulance. Excusez le terme. Je n’ai encore jamais facturé un patient en direct avant de descendre le brancard pour l’amener aux service des urgences : JAMAIS ! Alors à tous les détracteurs acides je vous rappelle que le budget des SDIS est ponctionné sur les impôts et que ça coûte un bras à chaque contribuable. Loin de moi de remettre en cause la mission des pompiers et son financement. Idem pour notre formation : si vous ne connaissez pas notre job informez vous ! Pour les équipages à deux je rappelle que la France est un des rares pays avec des équipages composés de 3 ou 4 intervenants… Partout ailleurs les ambulanciers bossent à deux.

Le secours à personne c’est gratuit ? Pas sûr

Par contre j’aimerais qu’on cesse de se foutre de nous en nous accusant de doubler la facture. Bon sang mais vous êtes complètement en dehors de la réalité. Je vous rappelle que nous respectons des règles précises. Que le patient en cas d’hospitalisation est remboursé. Enfin l’entreprise est remboursée car le patient est dispensé de l’avance de frais via la signature d’une annexe de transport. Le SMUR c’est pareil : même principe que pour les ambulances privées, le patient est dispensé de son avance de frais et tout est pris en charge en cas d’hospitalisation. Si le patient n’est pas hospitalisé c’est la mutuelle du patient qui prend en charge le complément. N’oubliez pas ce détail messieurs les pompiers et détracteurs des ambulanciers. Une inter SMUR c’est 65% pris en charge par la sécurité sociale et 35% pour la mutuelle idem pour une intervention sur la demande du centre 15 par les ambulanciers privés . Normal il faut bien financer un service de ce type. Sauf que dans les deux cas de figures : privé ou smur c’est transparent pour 98% des patients. Je ne vais pas détailler point par point le système de facturation ici. Les pompiers aussi c’est transparent sauf que c’est tous les ans via les taxes foncières et habitation. Non les pompiers ce n’est pas gratuit… Il ne me semble pas que c’est du bénévolat…

Pour info :  http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2012/10/31/Urgences-le-Smur-n-est-pas-toujours-gratuit

A quand une véritable entente entre professionnels

Mais on s’en fiche de ces détails. Arrêtons cette guerre stérile pour travailler ensemble de façon équilibrée et intelligente. Moi personnellement je n’attends qu’une chose : que lorsque je croise un rouge il me tende la main plutôt que de me snober dans le sas des urgences… Je serais le premier à sourire et faire de même et échanger ensemble. Je trouve ces attitudes idiotes, stériles et inutile. A quand une entente entre tous. Je vous rappelle qu’à la base c’est une guerre de chef et que la base du système : salariés ambulanciers ou simples pompiers nous ne pourrions que nous entendre car au quotidien le patient se fiche de la couleur de l’uniforme. il souhaite juste qu’on s’occupe de lui. Heureusement pour nous tous ce n’est pas une mésentente quotidienne puisque suivant les régions des collègues ont fait part de leur très bonne entente entre blancs et rouge. Dommage que ce ne soit pas universel. idem pour moi je ne suis pas un détracteur. La preuve un de mes partenaires est un sapeur pompier volontaire et je lui fait un poil de pub pour son site web : www.sapeurpompier.net . Comme quoi… Fin du coup de gueule.

Le SAMU 41 répond aux pompiers

Le SAMU 41 répond aux pompiers

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Vendredi dernier, la NR publiait un article consacré aux inquiétudes du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels face au recours de plus en plus fréquent aux ambulanciers privés pour assurer certaines interventions dites de secours à personne. Le Dr Randriamalala, médecin-chef du Samu 41, a tenu à répondre aux critiques formulées par les représentants syndicaux des hommes du feu envers les Samu en général (et non celui de Blois en particulier).

« Des interventions de secours à personnes parfois difficiles sont confiées à des ambulanciers du privé par les médecins régulateurs du Samu au détriment des sapeurs-pompiers et surtout des usagers. »

Les ambulanciers participant à la garde justifient d’une formation continue et doivent adhérer à une convention départementale très stricte en terme de qualification et de moyens.

« Leurs délais d’intervention sont plus longs… » La convention impose un départ sans délai ou compatible avec le degré de l’urgence. « Les ambulanciers n’interviennent qu’à deux au lieu de trois pour les pompiers… »

L’effectif de deux est celui le plus courant dans les autres pays d’Europe. Les techniques enseignées prennent en compte le nombre d’intervenant sur la mission. Dans les prises en charge où le nombre de deux n’est pas considéré comme suffisant, les médecins régulateurs font appel aux sapeurs-pompiers.

«… qui disposent en plus d’un matériel spécifique ».

La liste des équipements obligatoires pour les véhicules sanitaires en application de l’arrêté du 10 février 2009 modifié par l’arrêté du 28 août 2009 impose un matériel aussi complet voire plus que celui en vigueur dans les VSAV.

« Il existe des conventions départementales qui fixent pourtant le travail de chacun mais qui ne sont pas suffisamment respectées. »

Au-delà même des conventions départementales, les référentiels communs sur l’organisation de la réponse ambulancière à l’urgence pré-hospitalière fixés par l’arrêté du 5 mai 2009, ainsi que le référentiel sur l’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente arrêté du 24 avril 2009 fixent les modalités de travail et de mission des ambulanciers privés, du Samu et des pompiers. Quelques ambiguïtés réelles sont relevables, mais jamais l’usager n’en pâtit à aucun moment. Il appartient au Samu d’adapter la réponse à la situation en fonction des moyens disponibles.

« Tout part d’un problème de confiance de la part du Samu envers les pompiers… »

Des échanges réguliers. Si certains délégués syndicaux ont ce ressenti dans leur département respectif, ce n’est pas le cas dans le Loir-et-Cher. Un travail de coopération est appliqué avec des échanges réguliers. Un point d’honneur est mis à intégrer des visites, ainsi que des échanges dans les deux structures lors des formations, par exemple, ainsi que la mise en commun d’une interface de régulation commune, permettant en temps réel aux deux structures la réponse apportée à une détresse.

http://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/ACTUALITE/Faits-Divers/24-Heures/Le-Samu-41-repond-aux-pompiers

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Enquête nationale et application par les SIS et les SAMU du référentiel commun

Extrait de l’avant propos : “Le référentiel commun d’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente est le résultat d’un travail partagé entre les représentants des structures de médecine d’urgence, des services d’incendie  et de secours, de  la direction de la sécurité civile et de la direction générale de l’offre de soins. Le comité de suivi et d’évaluation réuni le 6 avril 2010 a décidé d’établir un premier état des lieux partagé afin de :

  • valoriser le travail accompli,
  • évoquer les difficultés d’application,
  • proposer les axes d’amélioration.

La direction de la sécurité civile et la direction générale de l’offre de soins ont travaillé ensemble pour élaborer un questionnaire commun aux deux structures : services d’incendie et de secours et services d’aide médicale urgente.

NB : à noter que les ambulanciers n’apparaissent que sur un seul point : les carences ambulancières… Je me passerais de commentaires pour les reste et je vous laisse commenter selon votre opinion et votre connaissance du sujet de façon libre. Document de référence disponible en pièce jointe de cet article.

Télécharger le fichier au format PDF

http://www.sante.gouv.fr/la-direction-generale-de-l-offre-de-soins.html

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministere/Securite-civile

Gestion du stress traumatique chez les ambulanciers

Gestion du stress traumatique chez les ambulanciers

La première partie de cet article traite de l’impact des interventions émotionnellement choquantes ou traumatisantes ainsi que de la façon dont elles sont souvent difficilement exprimables dans le monde des Sapeurs-Pompiers.

Elle se poursuivra par une seconde partie consacrée à la façon dont les entretiens de soutien peuvent aider dans le prolongement des expériences traumatiques. Une dernière partie reviendra en détail sur les possibilités de prévention, d’approche et de traitement du stress post traumatique chez les SP et les ambulanciers grâce à la création d’un réseau d’équipes de gestion de crises. 

En prenant comme exemple la méthode de travail des “Firefighter & Medical Emergency Stress Teams” (FiST), notre but va consister à montrer que l’apport précoce des premiers soutiens aux victimes de traumatismes ainsi que les discussions “psychologiquement désinfectantes” des non-professionnels supervisés et entraînés peuvent produire de très bons résultats.

Nous nous proposons de relativiser et de démystifier “l’accompagnement psychologique” sans pour autant piétiner les principes de base de l’assistance psychologique de crise. Pour cela, nous nous proposons de traiter de manière non-exhaustive des possibilités de débriefing psychologique et de l’organisation d’un réseau supervisé d’équipes de gestion de crises, composées en majeure partie de SP et d’ambulanciers.

Les effets du stress traumatique dans le milieu fermé des sapeurs pompiers et des ambulanciers

Dans les paragraphes qui vont suivre nous allons tâcher d’apporter quelques clartés sur la diversité des effets des évènements émotionnellement choquants ou traumatisants sur les SP et les ambulanciers.

Evénements choquant et traumatisant

Par un “évènement émotionnellement choquant”, nous entendons un évènement, qui fait violemment prendre peur, émeut et, peut sérieusement troubler l’équilibre émotionnel et cognitif de l’individu concerné. Nous citons, l’annonce d’un décès douloureux et inattendu, la vue de blessés ou de morts et la vue ou la participation à un accident de voiture.

Un “évènement traumatisant” en revanche, est un évènement qui répond aux quatre critères suivants : 1 l’évènement est soudain et inattendu ; 2 cela donne un sentiment d’impuissance, d’affolement ou de colère ; 3 est lié à des émotions fortes ou des sentiments de peur intense et 4 confronte les victimes de façon directe ou indirecte avec la mort ou une atteinte sérieuse à l’intégrité physique de soi-même ou de l’autre.

Un évènement émotionnellement choquant peut donc également être traumatisant, mais ceci n’est pas obligatoire. Les évènements traumatiques ébranlent les fondements de l’homme : ils s’écartent de l’expérience habituelle et causent chez presque toutes les personnes un dommage certain.

Les évènements traumatiques sont naturels et, en fait, personne ne peut vraiment se mesurer avec ceux-ci. Se remettre d’un évènement traumatique peut être un processus particulièrement douloureux et long. En dehors du sentiment d’être troublé, blessé et pénétré dans sa propre sécurité, suivent des sentiments complexes et souvent destructifs d’incertitude, de faute, de peur et de doute.

Impact de ces événements sur les sauveteurs

Les intervenants mettront incontestablement en question leur rôle de “sauveur” et commenceront à douter de leurs capacités. Les victimes d’un événement traumatique se remémorent souvent des souvenirs non désirés de l’événement en question.

Les souvenirs sont alternativement présentés comme, d’un côté des pensées indésirables qui incitent à se tracasser et de l’autre côté, des souvenirs obsessionnels, intrusivement profonds. Les souvenirs spontanés forment en fait, à côté des réactions d’évitement, la signature de l’état de stress post-traumatique (post traumatic stress disorder) comme celui qui a été exprimé pour la première fois dans Diagnostic and Statistical Manual for Disorders-III (American Psychiatric Association, 1980).

Notion de déterminisme professionnel

Qui va travailler chez les SP peut s’attendre à ce qu’il ou elle, tôt ou tard, soit confronté à un évènement émotionnellement choquant ou traumatisant, comme dans d’autres métiers à risques où il est question d’un choix professionnel clairement conscient (personnels de police, transporteurs de fonds, prison, service d’urgence). On espère que les personnes comme l’organisation dans laquelle elles travaillent soient bien armées contre de tels impacts.

Devoir travailler avec des victimes vivantes, gravement blessées ou mortes par le feu, un grave accident de voiture, une catastrophe naturelle, un délit de violence, une fusillade,…demande aussi un bon accompagnement psychologique. Selon une enquête (De Soir, 1995, 1996,1997) il semble qu’un peu plus d’un SP ou ambulancier sur dix n’aurait jamais digéré un précédent choc traumatique pendant une intervention.

Les effets, à court et à long terme, des stress soudains et intenses qui s’accumulent lentement, semblent vraiment détériorant pour les SP. Le milieu des SP et ambulanciers est vraiment un milieu très spécifique et clos où un étranger ne serait pas admis.

Principe de comparaison sociale

Le principe de comparaison sociale dans la crise psychologique, c’est à dire “je veux être soutenu, écouté et aidé par quelqu’un qui me ressemble le plus possible et qui se trouve dans un milieu de vie semblable” n’est probablement nulle part ailleurs si fort que chez les SP. Le problème de beaucoup de SP est qu’ils souffrent du not-invented-by-engineers’-syndrome.

Le fait que la direction de Corps de SP se compose principalement d’ingénieurs qui, pendant leur formation, ont reçu un nombre d’heures insignifiant de relations interpersonnelles, human ressources et de leadership, rend visiblement plus difficile l’instauration des “valeurs douces” ainsi nommées.

Etant donné qu’une bonne partie des cadres, comme les ingénieurs, est directement nommée officier, et s’occupe des questions techniques, il ne lui est pas toujours facile de se mettre dans le problème purement humain sur le terrain.

Une autre ligne de rupture, qui se retrouve dans beaucoup de corps de SP, se situe entre jeune et vieux : le fait d’avoir un grade ou un certain nombre d’années d’expérience n’est pas toujours synonyme d’une meilleure connaissance professionnelle. Beaucoup de jeunes SP ou ambulanciers détiennent toute une série de diplômes et de brevets fraîchement acquis ; ce qui les rend fort par rapport à leurs collègues plus âgés.

Répercussions cliniques

Les interventions émotionnellement choquantes ou traumatisantes peuvent apporter beaucoup de plaintes physiques ou psychiques. Des manifestations possibles de ceci sont, entre autre, de se retirer de la vie sociale, d’éviter des situations difficiles, de l’agitation et de la nervosité, de l’irritabilité excessive ou de l’agressivité directe (même parfois au sein de la famille) mal de dos, de tête et de ventre, pointe au cœur, toutes sortes de souvenirs (rêves tristes, désagréables, flash-back, etc.), problèmes de concentration et de peur. Ce sont tous des symptômes de stress post-traumatique.

En outre, des études (APTEL et al., 1993) montrent clairement qu’il existe une pathologie cardiovasculaire chez les SP qui font considérablement plus de victimes que dans la population moyenne. Les SP semblent montrer plus de facteurs de risques cardiovasculaires comme de l’hypertension artérielle, excès de poids et l’hypercholestérolémie.

Ces facteurs de risques médicaux sont à ajouter à la culture virile et machiste qui, la plupart du temps, en couche superficielle et parfois mince comme du papier à cigarette, se retrouvent chez les SP.

Attitudes comportementales typiques

Le personnel du Corps des SP se compose essentiellement d’hommes qui, pendant leur formation, ont appris que d’ordinaire, pleurer est un signe de faiblesse. Ils deviennent experts pour réprimer la douleur et pour cacher leurs sentiments avec de l’humour noir et du cynisme comme seul exutoire. C’était souvent ce même exutoire qui permettait aux SP, pendant les interventions, de conserver une distance psychologique opérationnelle par rapport aux victimes.

Pendant leur travail, dans beaucoup de situations atroces, ils apprennent à se concentrer sur leurs opérations techniques et à refouler leurs sentiments ou émotions. Ce comportement fut souvent dans le passé considéré à tort comme une insensibilité. La façon dont le SP manie les sentiments semble souvent être très fonctionnelle. Cependant, le comportement John Wayne, cf. le dénommé John Wayne syndrom (Mitchell, 1993 ; Becker, 1989), s’occupe de beaucoup de problèmes, une fois que l’effervescence de l’intervention est passée, l’armure enlevée et les SP de retour.

L’expérience fonctionnelle du tunnel se réveille. Un comportement typiquement masculin et extraverti (fumer, boire, parler fort, prendre beaucoup de place dans le groupe, se vanter de ses propres prestations) est encore visiblement renforcé par le profil spécifique du SP, qui est la plupart du temps dirigé directement dans l’action, dévoué, vraiment motivé, ambitieux et prêt à prendre des risques mesurés.

Échouer ne fait pas partie de son vocabulaire. Les victimes qui meurent (ou qui sont mortes) signifient justement “échouer” (ou être arrivé trop tard). L’impuissance surprenante qui va de pair avec l’incapacité pour ne pas évoluer et refléter de façon systématique et structurée les sentiments, font de beaucoup de SP les candidats idéaux pour le burn-out syndrom.

Burn-out syndrome

Le “Burn-out” a été initialement décrit par Freudenberger (1987) comme forme particulière de dépression des membres d’équipes de médecine sociale. Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir parler ainsi que les impressions et émotions acquises étape après étape mènent donc inévitablement à des problèmes à long terme. Certains quittent, après quelques années, toute activité opérationnelle ; effrayés et marqués par ce qu’ils font sur le terrain, physiquement, émotionnellement et mentalement épuisés.

Cinq ans de pratique chez les SP et les ambulanciers semble, surtout pour les SP volontaires, être une période critique. Une fois qu’ils ont réussi pendant ces cinq premières années à trouver un équilibre envers les interventions choquantes et le temps qu’ils investissent dans leur assistance (volontaire), la chance est plus grande qu’ils restent investis dans le corps. Un des premiers obstacles à surmonter est de manier les sentiments de faute et d’impuissance.

Savoir ne pas mettre la barre trop haut

Le SP doit apprendre à savoir que dans l’assistance ou l’aide médicale urgente, la barre ne peut pas être mise trop haut. Beaucoup de SP et d’ambulanciers sont des “accros de traumatisme”. Leur métier d’assistance leur manque avec un fort sentiment d’insuccès. Chez ces SP, on peut présenter l’échappement physique, mental et émotionnel comme un processus où il est question d’un désordre émotionnel toujours grandissant.

Le SP impliqué dans une situation de fuite du stress doit investir toujours plus d’énergie dans “la non envie d’être confronté” lié avec leur propre expérience à des interventions traumatiques du passé. L’alcool et l’hyper activité, (qui favorisent souvent l’isolation sociale), restent d’actualité et souvent utilisées pour “échapper”. Ils restent beaucoup dans leur caserne, occupés avec tout et rien, jouent aux cartes, boivent ensemble au comptoir discutant sur des interventions passées et tiennent les étrangers à une distance certaine. Ils partagent donc une bonne partie de leur temps.

Il ressort des SP de cette sorte une forte solidarité réciproque. Ils restent, même au repos, encore fort impliqués dans tout ce que le corps organise et dans la périphérie de tout ce qui se passe. Le professionnel du psychologique ne peut faire abstraction de ce soutien social tout à fait naturel en s’approchant d’un corps de SP atteint par un événement traumatique. Cependant, certains nient cette réalité !

Sondage d’expérience d’intervention traumatique

Cinq années, comme coordinateur et entraîneur des FiST à travers la Belgique et la Hollande, dans plus de 80 Corps de SP, toutes sortes d’exercices (de minimum 3 heures) sur le stress traumatique chez les SP, livrent une énorme quantité de données sur la manière dont les SP doivent s’y prendre avec les différentes sortes de stress dans leur pratique.

Les exercices de Corps généraux se composent de trois parties : une analyse dirigée sur l’expérience des interventions traumatiques, une discussion dirigée sur la pratique dans la vie réelle et une explication théorique des mécanismes et des phénomènes du stress traumatique. Les leçons et les soirées de discussion montrent en première place que les SP sont d’abord de “l’action”, ensuite de la “pensée” et de “la parole”. Pourtant une fois qu’ils commencent à parler… 

Pendant les dizaines d’exercices de corps avec les SP et les ambulanciers, il est apparu indispensable de connaître l’essentiel de leur monde de tous les jours ou idéalement d’en faire partie de façon idéale, pour en venir à un système sérieux de “peer support”.

Le SP ne supporte aucun indiscret. L’assistance d’un psychiatre, psychologue, thérapeute ou intervenant social à une victime, donc l’assistance à partir d’une position de force par les connaissances théoriques du diplômé et de “l’expérimenté”, ne va pas de pair avec les problèmes de stress des SP.

Comme déjà cité plus tôt, il sera important de considérer les membres du groupe de SP et d’ambulanciers comme étant des égaux. Le SP considère que la marge, entre sauver et ne plus savoir sauver et donc entre “être un héros” ou “se sentir également victime” est très petite. Par définition, les services d’assistance de première ligne doivent donc être dirigés sur le fait que dans une ambiance de confiance, l’on doit savoir parler des sentiments de chacun dans la compréhension et le respect mutuel.

Pendant cette discussion, l’accent est clairement mis sur la reconstruction de l’événement, suivi de la légitimation et la normalisation des réactions. Le sens caché des “réactions normales à un événement anormal” leur va bien. Dans le groupe, viennent principalement au premier plan, les sentiments suivants : l’impuissance souvent envahissante, le sentiment vraiment haineux d’abandon, la tristesse paralysante envers la peine des victimes.

Le sentiment de culpabilité intense de n’avoir rien pu faire. Avant de s’arrêter aux séquences de l’assistance psychologique, il est important d’aller d’abord plus loin dans les phases qui peuvent être retrouvées dans une intervention de SP et le contexte dans lequel de telles interventions trouvent place. C’est justement ce contexte qui va donner un sujet aux discussions de groupe – le dénommé Supervized Peer Debriefing – comme il a été mené dans la pratique par les membres du FiST.

Le puzzle de l’intervention traumatique

L’expression “Supervized Peer Debriefing” illustre le caractère multidisciplinaire du traitement choc après une action de grande envergure.

L’expérience psychologique

L’expérience psychologique (aiguë et on-scene) d’un événement traumatisant est le sentiment d’une impuissance extrême et d’une perte de contrôle envahissante. La perte la plus lourde pour la victime est sa parole : c’est comme si sa propre volonté était supprimée. En outre, l’impact traumatique apporte dans beaucoup de cas une désorganisation soudaine et inattendue du travail ou de la vie. Rien ne semblera plus pareil.

La menace de mort et l’atteinte de l’intégrité physique

En plus, il y a aussi la menace de mort ou l’atteinte sérieuse de l’intégrité psychique ou physique de soi ou de l’autre, impliqué dans l’événement traumatique. Dans des accidents avec des enfants ou des personnes connues, l’illusion d’invulnérabilité – “les accidents n’arrivent qu’avec des victimes imprévues ou inconnues” – est sérieusement atteinte, il est souvent question durant et surtout après les accidents, d’intenses sentiments de culpabilité, honte, colère, rage.

L’intervenant touché ne peut plus défendre, dans beaucoup de cas, son image du monde. Les bases et les attentes de la vie ne tiennent plus debout, tout (et même la pratique du métier) est malhonnête, injuste, imprévisible et dangereux. Derrière chaque coin se cache le danger. L’entraînement n’est plus un synonyme de contrôle. Chaque intervention signifie le danger.

L’isolement sensoriel

L’équipement des SP les protège contre les impacts mécaniques, les bruits assourdissants, la chaleur par rayonnement ou contact direct. Finalement, cela rend en partie le SP privé de ses sens et de son expérience. Ce sont les vieux SP ou les plus expérimentés qui ont des difficultés : avant ils sentaient mieux leur métier, ils pouvaient alors mieux sentir le feu comme quelque chose de vivant. L’on pouvait figuralement suivre le feu par la chaleur et le bruit. Maintenant on est en partie emprisonné. Le SP est aussi touché socialement : il opère souvent en individuel et pourtant toute intervention exige un contact direct avec les collègues et un travail d’équipe.

Agitation corporelle et “Easterbrook-claim”

Dans la phase initiale d’une intervention et à moins qu’il ne remarque que la charge psychique d’une intervention risque d’être encore plus grande, l’agitation corporelle est très grande. C’est dans la plupart des cas cette agitation qui fera que, aussi bien chez le SP que chez l’ambulancier, l’infirmière, le médecin des urgences, le policier… ne se rappellera qu’une fraction de la réalité.

Cette même agitation est responsable du fait qu’ils vont faire plus de fautes, penser ou prendre une décision de manière incohérente. L’agitation corporelle est nécessaire pour être opérationnel et vigilant. Cependant, c’est celle-ci même qui, pendant des interventions traumatisantes, est responsable d’une chute d’attention (rétrécissement du champ perceptuel) et peut amener des faillites humaines. Les SP refusent cependant d’admettre ces données. C’est contre leur code d’honneur.

Ce phénomène de rétrécissement de l’attention se trouve dans la littérature scientifique connue sous le nom de l’Easterbrook-claim (Easterbrook 1959) Selon l’Easterbrook-claim, l’agitation physiologique d’un événement émotionnellement chargé mène à un rétrécissement de l’attention (narrowing of attention). Cette diminution de l’attention mène finalement à une diminution des capacités à prendre les éléments d’information clé d’un environnement où un événement prend place (Bruner, Matter, & Papaner, 1955 ; Easterbrook, 1959 ; Eysenck, 1982 ; Mandler, 1975).

L’intervenant impliqué a donc des difficultés à arriver seul à une reconstruction de toute l’intervention. Ceci est pour lui comme un grand puzzle dont il n’aurait qu’un nombre restreint de pièces. Ce qui rend difficile pour lui d’arriver à une image globale de l’intervention, pourtant c’est une condition sine qua non pour arriver à un développement sain.

Bien que nous couplions cette vue aux affirmations a posteriori (l’information d’événements émotionnellement choquants, est souvent mal encodée) nous nous trouvons près du centre du problème : la fantaisie autour d’un événement traumatisant est souvent plus grave que la réalité.

Charge émotive et mémorisation :

Le problème est surtout que, d’un côté les scientifiques proposent que les événements hautement chargés en émotion diminuent à priori les souvenirs (Kassin, Ellisworth, & Smith, 1989 ; Yarmey & Jones, 1983) et que, de l’autre côté, certains chercheurs prétendent le contraire : les évènements émotionnellement choquants mèneraient à des souvenirs plus détaillés (Christianson & Loftus, 1990).

Par exemple, les études sur “weapon focusing” (Entre Autre Cutler, Penrod, & Martens, 1987 ; Kramer, Buckhout, Eugenio, 1990 ; Loftus, Loftus, & Messo, 1987 En Maas & Kohnken, 1989) montrent qu’un stress déterminé induit les objets comme armes à feu ou couteaux, pendant l’usage des méfaits et peut exiger toute l’attention de l’homme et donc peut améliorer le niveau des détails et sa minutie, ceci au détriment d’autres détails de la situation donnée.

Non reconnaissance de la réalité :

Il arrive en effet souvent, pendant les débriefings psychologiques, que les intervenants impliqués décrivent l’événement traumatisant comme quelque chose qui arrive comme dans un film, invraisemblable et plein de signes de non connaissance de la réalité. Le bébé blessé est d’abord vu comme une poupée sur le siège arrière.

Travail en “pilotage automatique” :

Les intervenants impliqués l’expriment après comme “travailler en pilotage automatique”. Donc, la plupart des opérations pendant les premiers moments d’une intervention traumatisante se font automatiquement, instinctivement, appris par exercice, avec peu de paroles, dirigés, et irréels. Les blessés ou les morts sont déshumanisés en partie via l’humour noir, pour pouvoir garder une certaine distance. Il arrive toujours un moment ou le pilotage automatique s’arrête.

Après l’intervention, on connaît ce phénomène de “contrecoup”. Pendant les longues interventions, un stimulus peut parfois déclencher l’arrêt du pilotage automatique : l’impression que la victime ressemble à un membre de la famille, un ours en peluche ou une poupée ou tout autre stimuli qui, instantanément, perfore l’armure de l’intervenant. Ce qui le fait principalement fonctionner comme un homme vulnérable. Une fois l’action intense derrière le dos et le danger écoulé, l’intervenant impliqué a, parfois partiellement, une vision de ce qui s’est réellement passé et de ce qu’il a fait.

A partir de là, commence le “trauma vidéo carrousel” : à cause du souvenir fragmenté pendant l’intervention, chaque intervenant commence à reconstituer l’intervention (voir ruminer) se demandant en permanence si cela n’aurait pas pu se dérouler autrement et si lui ou ses collègues n’auraient pas pu ou du faire plus. Au plus, l’intervention reste lacunaire, au plus ces questions durent et au plus l’esprit reste occupé à ruminer l’intervention.

État de stress post traumatique :

Ici, les victimes tombent directement dans le dialecte du psychotraumatisme : remémorations continuelles entrecoupées de périodes de dénégation/diminution, d’où ressortent en outre beaucoup de plaintes plus accrues, l’excitation corporelle reste. L’individu impliqué peut très bien s’emmurer dans la remémoration ou dans la dénégation avec comme conséquence une augmentation du disfonctionnement social. A ce moment on parle d’un état du stress post traumatique.

Source :
Ecole Royale Militaire – Département des Sciences du Comportement
Bruxelles – Belgique
E-mail : Erik.De.Soir@psps.rma.ac.be

Erik DE SOIR

Ambulance et véhicule prioritaire

Ambulance et véhicule prioritaire

L’ambulance de transport sanitaire privée un véhicule prioritaire ?

A l’éternelle question, moi même avant de connaitre les débats je me disais ambulance privée prioritaire ? Jamais vu ! En effet il existe bien trop d’idées reçues, de légendes urbaines, de spécialistes qui pensent savoir mais qui ne savent rien et qui ressortent dès qu’on évoque le sujet du véhicule prioritaire et son application à l’ambulance de transport sanitaire.

Le code de la route et l’ambulance

l’article R311-1 du Code de la Route :
« Véhicule d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage : ambulance de transport sanitaire, véhicule d’intervention d’Electricité de France et de Gaz de France, du service de la surveillance de la Société nationale des chemins de fer français, de transport de fonds de la Banque de France, des associations médicales concourant à la permanence des soins, des médecins lorsqu’ils participent à la garde départementale, de transports de produits sanguins et d’organes humains, engin de service hivernal et, sur autoroutes ou routes à deux chaussées séparées, véhicule d’intervention des services gestionnaires de ces voies. »

https://www.legifrance.gouv.fr/

Les véhicules AP sont donc équipées de feux spéciaux à éclats et d’une sirène « trois tons » (do-mi-do-silence) qui signifie aux usagers de la route une facilité de passage mais en aucun cas une quelconque priorité. Ces urgences sont généralement demandées par des médecins généralistes qui donnent une prescription médicale de transport cochées « urgent » ou des établissements de soins.

et

L’article R311-1 du Code de la Route, modifié par décret du 10/05/2007 :
« Véhicule d’intérêt général prioritaire : véhicule des services de police, de gendarmerie, des douanes, de lutte contre l’incendie, d’intervention des unités mobiles hospitalières ou, à la demande du service d’aide médicale urgente, affecté exclusivement à l’intervention de ces unités et du ministère de la justice affecté au transport des détenus ou au rétablissement de l’ordre dans les établissements pénitentiaires »

https://www.legifrance.gouv.fr/

Donc à destination du grand public, des agents de force de l’ordre et autres moi y compris il faut savoir qu’une ambulance privée mandatée pour une mission dans le cadre d’une intervention SAMU ou avec une prescription médicale avec la mention URGENCE défini le véhicule et son équipage comme prioritaire.

Le fait d’avoir les lumières allumées voir la sirène DEUX TONS indique un caractère urgent et cela implique une règle de citoyenneté à savoir laisser le passage. Bien sûr et comme toute autre profession voué au secours à la personne il faut prendre compte le fait que la sécurité et la prudence est de mise. Autrement dit TOUT véhicule même les pompiers doivent respecter les règles élémentaires de sécurité routière.

Un feu rouge peut être « brûlé » mais à condition de rouler au pas en surveillant bien que les véhicules qui arrivent sur les côtés et en face ont bien pris en compte le caractère urgent et assurent de laisser le passage.

Ambuance un véhicule prioritaire mais avant tout responsable

Je cite un extrait d’un texte concernant les sapeurs pompiers mais qui est transposable à toute profession effectuant des missions de transports de personnes à caractère urgent :

« LA RESPONSABILITE INDIVIDUELLE DU SP DANS LA CONDUITE D’UN VEHICULE DU SDIS

Le code de la route confère aux véhicules de lutte contre l’incendie une priorité de passage aux intersections. De même, certaines prérogative, comme la vitesse maximum fixée par les dispositions réglementaires, ne sont pas applicables aux conducteurs de véhicules de lutte contre l’incendie lorsqu’ils se rendent sur les lieux où leur intervention urgente est nécessaire. Il exonère également les passagers des véhicules de secours de l’obligation de mettre la ceinture de sécurité.

Ces dispositions n’affranchissent pas les conducteurs de véhicules de sapeurs pompiers d’une obligation générale de prudence : commet une faute le conducteur d’un véhicule de lutte contre l’incendie qui aborde un virage sans visibilité à une vitesse excessive et en empruntant la partie gauche de la route, sans s’assurer que les conducteurs survenant en sens inverse aient perçu ses signaux et aient eu le temps de se ranger sur leur droite. Il est entièrement responsable de la collision intervenue avec un automobiliste arrivant en sens inverse, dès lors que rien ne prouve que des voitures en stationnement l’aient obligé à emprunter la partie gauche de la chaussée, ni que l’automobiliste ait entendu le signal sonore. Là aussi, le SP fautif peut se voir reprocher une faute individuelle (le non-respect de l’obligation générale de prudence) alors que le SDIS sera recherché en dommages et intérêts (indemnisation des blessures de la victime par exemple). »

La vitesse et l’impact sur le patient transporté

Rouler vite oui et non car il faut aussi prendre en compte les données suivantes :

Posté par Dr House sur un forum de sapeur pompier. Je l’ai copié car j’ai trouvé la réponse très intéressante d’un point de vue pédagogique et d’un point de vue connaissance :

J’aimerais ajouter un petit truc de ma part concernant les effets du transport sur l’organisme humain, au cas où certains (AP comme SP) roulent comme Fangio pour aller sur une inter et pour aller aux urgences avec le patient à son bord.

Alors un petit rappel pour certains car le transport d’une personne est un facteur de stress qui s’ajoute à la pathologie initiale. Durant le transport en ambulance/VSAV, les effets de la conduite vont avoir des retentissements sur l’état du patient.
Lors d’une accélération brutale, le sang va être poussé vers les pieds, au contraire lors d’une décélération brusque, il va être propulsé vers la tête.
Ce phénomène est accentué si la victime présente des troubles de la circulation avec une PA basse (hémorragies par ex.). Dans cette situation, les accélérations et décélérations peuvent avoir des conséquences sur la PA.
Les chaos de la route, la rudesse du brancard et les vibrations entraînent des secousses qui ont des conséquences en cas de trauma du patient. Des douleurs peuvent survenir lors du transport, rendant celui-ci particulièrement insupportable.

Parlons aussi du « mal des transports » qui est un phénomène très fréquent en particulier chez les enfants de 3 à 12 ans et les personnes âgées.
Toutes les informations du transport (vision, sensation de vitesse, équilibre…) sont transmises au cerveau et analysées.
Quand un patient est allongé sur un brancard, à l’inverse du sens de circulation et sans point de repère visuel, l’organisme ne parvient pas à organiser les informations, ainsi l’organisme est comme « déboussolé ». De plus, il existe des connexions entre les centres de l’équilibre et le nerf vague (pneumogastrique), ce qui explique l’apparition de malaise, nausées, vomissements et somnolence. Ces sensations sont favorisées aussi par d’autres facteurs extérieurs : les odeurs, la chaleur, le confinement et le bruit.

Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire sinon que les dérogations dont nous, AP et SP, bénéficions du Code de la Route doivent être adaptées à la mission : l’ambulancier ou le sapeur-pompier
doit accommoder son comportement sur la route.
Conduire une ambulance ou un VSAV oblige l’ambulancier ou le sapeur-pompier à une plus grande vigilance des règles de sécurité et du Code de la Route. Les droits qui sont accordés aux AP ou SP ne doivent pas faire l’objet d’abus, ceux-ci étant bien évidemment sanctionnables.

Si vous lisez ces lignes ce post n’est pas voué à polémique il est là pour informer, il est possible que les données présentées soient erronées ou incomplète je vous laisse donc m’apporter les modifications à apporter pour éviter toute confusion.

En conclusion

La vitesse n’est pas un élément qui vous permettra de changer le cours des choses à moins de rouler à des vitesses très importantes. Donnez la priorité à un parcours intelligent où vous serez certain de gagner du temps sans devenir un danger pour les autres. De plus si missionné par le 15 (ATSU, garde préfectorale) vous devenez VIGP (Véhicule d’Intérêt Général Prioritaire). Si ce n’est pas le cas attention vous restez un véhicule avec facilité de passage.

Respectez les règles de base en matière de prudence : être certain d’être vu et entendu et surveiller les automobilistes autour de vous ! De nombreux articles similaires sont visibles sur le site à des stades de développement ou sur des thématiques plus précises n’hésitez pas à les consulter.