L’ambulancier et la patiente qui ne voulait pas…

L’ambulancier et la patiente qui ne voulait pas…

L’ambulancier et cette patiente qui ne voulait pas, une anecdote

Il y a de ces anecdotes d’ambulancier qui vous secouent comme celui de cette patiente qui ne voulait pas que je l’emmène. On est jamais vraiment prêt à tout affronter. parfois on se dit c’est fini et au final c’est le contraire. Parfois on pleure, parfois on rit. Le quotidien d’un ambulancier !

Appel 15, patiente 60 ans …

Le téléphone retentit dans le local de garde : femme de 60 ans, dyspnée, essoufflée à l’effort. Nous voilà parti avec ma collègue à une quinzaine de kilomètres dans la nuit, désertée par les travailleurs parti dormir du sommeil du juste. La guirlande de l’ambulance illumine de bleu les façades des maisons à travers ces grandes rues désertes. Rues emplies à outrance la journée elles sont un véritable désert à cette heure du petit matin. Je connais le chemin j’ai bossé dans le secteur.

Première tentative ce n’est pas la bonne mais juste un peu plus bas. On ralentit, on scrute les numéros on y est. Ni une ni deux on descend le sac, l’oxygène. On s’alourdit pour éviter de devoir gravir et re-gravir les escaliers. 5ème étage et pas d’ascenseur. L’ambulancier râle une fois de plus sur les fabricants de lois qui n’obligent pas les promoteurs à installer des ascenseurs en deçà de x étages. Encore des gens intelligent payés des fortunes pour pondre des inepties. Toc toc, bonjour nous sommes les ambulanciers, oui je sais nous ne sommes pas médecins, ni les pompiers mais je vous rassure nous sommes en pleine possession de nos compétences.

Sur le canapé, ce couple

Assise sur son canapé la patiente. A ses côtés son mari qui vient de nous accueillir à la porte d’entrée. On sent monsieur très anxieux. Il ne le montre pas mais on peut sentir la tension, le stress. Les visages sont plus faciles à lire que les paroles parfois. Première phrase de cette petite dame : il est hors de question que j’aille à l’hôpital.

Ma première réaction est de tendre mon oreille tandis qu’elle s’adresse à ma collègue. Ce bruit est impossible à oublier, il est l’alerte typique. Ça graillonne là-dedans ça graillonne même fort. Elle est là assise, essoufflée au possible, la sueur coule, des œdèmes aux jambes et j’en passe des vertes et des pas mûres. Un regard entre nous deux et on s’est vite compris : OAP.

Déballage du sac, prises de constantes. La position assise nous facilite les choses. On fouine, on cherche parmi les antécédents, le déroulement des derniers jours. De vrais limiers. Tout concorde maintenant il faut agir. Poser de l’oxygène ? On va devoir patienter car madame est complètement fermée à la discussion ; pas la peine d’essayer elle se braque aussi sec à la vue du masque HC dont la réserve d’O²  gonfle devant elle.

On commence gentiment à lui poser les choses. On cherche, on reformule, on essaie plusieurs arguments. Raté total ça sent mauvais. Elle n’est pas du tout décidée à aller se promener avec nous au Palais des Délices. Je laisse ma collègue broder et négocier, et je m’éclipse pour passer un appel à la régule 15. Passage du bilan et détail de l’affaire : c’est mal engagé je précise mais on fait au mieux. Promesse de rappeler en cas dégradations ++, quelques mots d’encouragement de la part de l’ ARM je raccroche. On a pas d’autres choix il faut convaincre.

Refus total de la patiente

Ma collègue n’avance pas, la patiente refuse l’oxygène que ce soit le masque voire même des lunettes rien ! Elle refuse toujours de partir. On tente la solution plus costaud : on insiste, on sort les arguments chocs. Le bon et le mauvais flic. On est pas tendre dans nos paroles mais nous n’avons plus le choix, plus le temps, plus d’arguments. Son état empire de minutes en minutes il faut bouger, partir immédiatement. Déclic : elle se décide enfin.

Il est temps de partir au plus vite : elle est trempée de sueur, des œdèmes aux jambes, ça graillonne à tout va, buffe comme un soufflet de forge, le rythme cardiaque est parti pour une course sans fin. Installation sur la chaise on file. On rassure monsieur qui veut nous suivre avec sa voiture. Je suis prudent avec les familles je ne veux pas d’un encastré dans un mur car trop pressé, trop stressé.

Rien ne sert de paniquer ou de se dépêcher. Prenez votre temps, essayez de vous relaxer. Je comprends leurs angoisses, leurs peurs et mon job c’est aussi de savoir ne pas les négliger. Ils existent, ils ont besoin de nous, de pouvoir se raccrocher à quelque chose.

Ces fichus escaliers

 Nous voilà avec la chaise lancée dans la descente de cinq étages. J’ai de « la chance » la petite dame pèse juste entre 90 et 100 kilos tout mouillé, on a fait pire mais on a fait plus léger aussi. Ma collègue elle, elle gère. La force d’un bûcheron canadien dans un corps de demoiselle d’1.60 m.

Quand on la voit les gens se marrent. Quand elle brancarde ou soulève la chaise plus personne ne rigole. Et oui rien de tel pour fermer le clapet des machos. J’en bave, elle en bave mais on n’a pas le choix on doit évacuer très rapidement. Les escaliers n’en finissent pas on en verra jamais le bout c’est à croire. J’ai chaud. L’air frais de l’extérieur  qui me souffle au visage à la sortie fait du bien, beaucoup de bien. Le brancard est prêt : on transfère.

Avaler le bitume

On installe, on jette le sac on claque les portes on s’en va. Ni une ni deux je prends le volant, je me bats avec la ceinture de sécurité, enchaîne les vitesses, colle le téléphone à l’oreille tout en conduisant. Je sais ce n’est pas bien mais là pas le choix.

J’appelle la régule, leur transmet les infos, je sens le parm qui souffle un coup : les équipes smur ne sont sûrement pas dispo, on n’est pas loin ça va le faire. La distance pourtant courte parait énorme. Le temps semble couler trop vite. Ma collègue bataille pour poser un masque. Je l’entends qui menace, supplie, tente tout pour y arriver. J’ai toute confiance, elle va gérer, comme d’hab’.

Je file, je tourne, je ne brusque pas mais dès que je peux je fonce dans cette nuit déserte. Pour une fois je suis content de ne voir personne sur cette foutue route. L’ambulance avale le bitume, je scrute dans la cellule, un coup d’œil à ma collègue : pas besoin de mot on se comprend. Elle gère la crise du moment que je l’emmène à bon port sans tarder sans la secouer. On a beau dire que ça ne sert à rien de courir je ne prends pas non plus le temps de cueillir des pissenlits au bord du trottoir. Pas envie que la dame finisse par les bouffer par la racine.

salle de déchocage

Arrivée au urge c’est déchoc direct. Là la petite dame n’aura plus le choix, plus question de discuter on obéit pour survivre. Je sors, on va à la rencontre de son mari, on le rassure : tout va bien elle est prise en charge par l’équipe médicale. Je ne peux en faire ou dire plus. Je le renvoie vers l’infirmière. Je sens le stress, la peur de la perdre. Un être vous quitte et c’est la fin de tout.

C’est dur de le laisser là seul dans  cette salle d’attente lugubre. On n’a pas le choix. Mes yeux lui disent tout ce que je ne peux prononcer. on le croisera dans la nuit plus tard. Toujours sombre et inquiet. Les nouvelles tardent. Nous, on a pas le choix on doit enchainer, d’autres vies, d’autres gens, d’autres situations qui ont besoin de nous pour les aider. C’est égoïste mais c’est le jeu il faut savoir se compartimenter émotionnellement et ne pas être triste.

Coup de théâtre

Cette histoire date de quelques semaines. Pas plus tard qu’hier matin, journée de repos, le bigophone qui sonne ! Bordel qui me casse les noisettes de bon matin : tiens ma collègue. Elle me raconte : ce matin on vient la voir, elle partit se chercher la petite douceur de 10h : notre patiente et son mari… En vie, en forme. Qui la remercie. Qui lui dit combien elle a mal réagi mais combien elle nous remercie d’avoir été là, d’avoir fait le nécessaire malgré ses peurs malgré son anxiété, ses refus, son attitude qui a dû nous brusquer.

Elle est reconnaissante au point que ma collègue elle, ça lui fout les larmes aux yeux. « Venez prendre le café quand vous passez…. » Bon sang ça fait chaud au cœur. C’est bête, c’est simple mais bon sang que ça fait du bien. Elle a tout entendu cette dame, même dans l’angoisse, dans le bruit de cette salle de déchoc où se succède infirmiers, médecins. Elle n’en a plus que pour un quart d’heure entend-elle.

Mais non Elle en a décidé autrement. C’est pas vot’jour m’dame. Tu vas encore patienter. Et oui elle va patienter et s’en sortir. C’est pas passé bien loin. Cette fois ci elle va se faire suivre, écouter les toubibs et se soigner.

En attendant entendre tout ça, ça illumine ma journée : c’est un foutu rayon de soleil. De se dire qu’on a su agir avec professionnalisme, passion. Et la reconnaissance de ces gens. On est pas des médecins certes mais on a fait notre partie du job. Que  ce boulot ,malgré toute la merde du quotidien, malgré ces journées de dingues et bien on a choisi. On a choisi de venir en aide, de servir ces gens et non pas se servir. Des moments comme ça, ça te mets un bon gros coup de pied aux fesses et ça te motive. Jusqu’à la prochaine fois…

Pour les pointilleux, les analystes, ne venez pas me casser les noisettes avec les détails, j’en ai omis pas mal, oublié certains autres. Et vous savez quoi ? ça ne me tracasse pas, pas le moins du monde. Ce billet n’est pas l’analyse d’un fichu cas concret dans lequel on coche les erreurs ou les manquement c’est juste un foutu récit. Un épisode de mon quotidien,.

Ce quotidien c’est le quotidien identique de beaucoup de collègues. Certes chacun a son histoire à lui. Un ambulancier sans histoire c’est qu’il encore bien vert et sort juste de l’école… Si on s’y mettait on rédigerait des histoires qui feraient de la bible un livre de poche. Je voulais juste partager cette histoire. Classique, basique, inintéressante, passionnante chacun aura son avis sur cette question. En attendant bonne route à tous et restez prudent 😉

Parce que j’ai choisi de devenir ambulancier

Parce que j’ai choisi de devenir ambulancier

L’ambulancier et la complainte du parce que…

equipage

Parce que j’ai choisi de devenir ambulancier car j’ai voulu une profession critiquée et mal aimée,

Parce que j’ai toujours voulu bosser comme un malade pour des clopinettes (ben oui travailler plus pour gagner moins, tu bosses 10h t’es payé 8h),

Parce que j’adore qu’on classifie ma profession avec un vulgaire « taxi pousse-mamie » (quelle poésie), mais j’ai voulu devenir ambulancier

Par ce que j’ai adoré bosser comme un chien en cours pour un diplôme complet et qu’au final on nous considère encore comme des bon à rien,

Parce que j’ai voulu choisir un métier en idéalisant le fait que l’évolution de la profession se mettait en route parce que parce que…

Parce que je voulais apporter quelque chose…

Parce que j’ai voulu me mettre au service des gens pour les servir et non me servir,

Parce que je me sens utile et que je peux apporter des choses, du réconfort, une aide, être un lien social auprès de patient qui en ont besoin. J’ai voulu devenir ambulancier.

Parce que malgré l’image pousse-mamie il y a bien d’autres nombreuses choses que personne ne voit et n’imagine,

Parce que je vois la misère sociale jusqu’au bas du plancher quand je me rends au domicile des patients et qu’on se met à changer sa façon de voir le monde,

Parce que l’on constate à quel point on peut apporter un peu de gentillesse dans ce fichu monde égoïste : un sourire, un service, une parole… Certes c’est pas un job fait pour tout le monde. Tu le choisis pas pour devenir riche (un billet de loto te donnera plus de chances) mais tu le choisis par passion, par envie, par choix. J’ai donc voulu devenir ambulancier.

Et ça tu t’en rends compte quand tes patients te remercient, sont heureux de te voir à leur porte car même si tu viens pour quelque chose qui ne va pas forcément être une partie de plaisir  ils savent que tu vas bien t’occuper d’eux. Qu’ils vont se faire chouchouter et accompagner.

Mais aussi que durant ce court temps de trajet ils vont pouvoir se confier, vider leur sac, passer leurs humeurs sur toi, te raconter leur galères et leurs joies. Et ça leur fait du bien. C’est pas toujours simple de garder ce masque : souriant, droit, poli quand tu t’en prends plein le grade à peine la porte ouverte mais on est un peu la soupape de sûreté pour certains qui cumulent les problèmes médicaux et pour rien au monde tu n’échangerais ta place avec eux.

Mais comme tu les comprends tu restes patient et tu fais tout pour les soulager quelques minutes jusqu’à la porte du service. Et en échanges tu récoltes un sourire, un regard qui réchauffe ta journée. Tu rentres chez toi le soir tu es rincé, le dos en miette et le moral dans les chaussettes. Mais au moins tu as une satisfaction personnelle : celle d’avoir apporté quelque chose à quelqu’un dans cette journée, avoir redonné le sourire, ou chassé les idées noires de certains. Mais tu rentres chez toi et tu te dis que tu as une put… de chance d’être là tranquille sans ennuis de santé pour le moment.

Parce que je voulais être intégré à la chaîne de soins et de secours comme dans mon livre de formation…

Parce que l’ambulancier ça reste le gars en blouse et jean crade, qui te balance une lettre de toubib non ouverte sur le bureau d’une infirmière avant de déverser le patient sur un brancard et repartir dans son fourgon de livrais… pardon son ambulance avec en poche son diplôme vieux de 20 ans et qui n’a jamais touché un bouquin de formation ou de GSU depuis sa sortie de l’école.

Parce que j’adore ce type de cliché et que chaque jour je me dis en enfilant ma tenue de travail que j’adore mon job car c’est un combat de tous les jours pour prouver à la quasi totalité de décérébrés que l’ambulancier est un professionnel de santé formé, que, en France à ce jour il existe de plus en plus une majorité de gars comme moi qui se battent pour exister en tant que professionnels, qui se battent pour démontrer qu’ils sont formés et qu’il savent bosser. Mais j’ai quand même voulu devenir ambulancier.

Que ce qu’on leur a inculqué en cours ils l’appliquent, ils le révisent chez eux le soir de temps en temps ou lors d’un doute… Que chaque matin ils sont motivés et ils ont encore le mince espoir de démontrer qu’ils ont une vraie place dans la chaîne de soin et de secours…

Parce que tu fais le maximum pour t’assurer que ta prise en charge sera la meilleure, parce que tu te remets en question après l’inter’ et que tu analyses pour voir ce que tu aurais pu améliorer afin d’être plus efficace la fois suivante.

Parce que tu t’acharnes à faire tes transmissions de façon complète même si en face tu n’ as pas de bol et tu tombes face à une personne qui t’écoutera d’une oreille ou qui n’en a rien à cirer… Mais quand tu tombes face à un quelqu’un qui t’écoutes tu sais que ça valais la peine de prendre le temps de chercher l’info et que ça contribuera peut être à faciliter à la prise en charge du patient installé dans le box des urg’.

Parce j’ai besoin de pognon…

Parce que l’ambulancier privé ça bosse pour le fric et rien d’autres, un appel 15 c’est juste une facture  avec supplément.

Parce que ça commence à me chauffer le bourrichon qu’on raisonne de cette manière en hurlant que le secours doit rester gratuit et ne doit pas être privatisé…. C’est vrai on est juste des bouffeurs de pognons, les autres acteurs sont bénévoles on le sait…

Parce que je sais que sur mon put… de bulletin de paie les charges retenues retourneront à la case départ. Oui oui celle qui a justement versée les indemnités de transport. La sécu ? Qui c’est la sécu ? Ben oui l’état bien sûr ! La sécu va payer la boite qui va payer des impôts et des charges qui vont retourner dans la même escarcelle qu’au départ. Que le secours n’est pas gratuit c’est juste que tu ne reçois pas la facture de la même façon. La facture elle s’appelle impôt…

Tout le monde finance les secours de manière indirecte. Ben tiens moi employé et mon patron on finance aussi non ? Les salaires il sortent bien de quelque part ? Les véhicules ils sont gratuits ? Donc non le secours gratos ça n’existe pas… Ah excusez moi je dois présenter la facture à mon patient, oui le gars qui présente une suspicion d’infarct’ et que je viens de ramener depuis son domicile…

Ah pardon il vient de faire un arrêt à la vue de la facture ? Pas de soucis je vais allez demander à sa dame de me signer le chèque… Et puis par la même occase je lui proposerais le service funé’ de ma boite, on a un pack « son et lumière » à moins 50% en ce moment… J’oubliais que je suis un privé…

Parce que le secours public sera toujours là pour sauver l’innocent du vilain ambulancier privé qui dépense honteusement l’argent de la sécu.

Parce que quand je vois comment sont utilisé les budgets de subventions public dans certains endroits ça m’offusque encore plus surtout quand on vient nous chercher la pti’te bébète

Parce que si ils prenaient exemple sur les privés ils auraient une autre façon de jeter le pognon par les fenêtres. Ah c’est vrai une entreprise c’est là pour générer du chiffre.  Allez dire ça à la nouvelle génération de patrons ambulanciers qui s’investissent jour après jours pour garder leurs boite à flot et sauvegarder les emplois…

Qui surveillent leurs dépenses, et investissent de façon intelligente. et qui passent les 3/4 de leurs budgets en frais de gazole et de charges… Les patrons vivent bien !!! Ben oui mais ils bossent dur pour ça… Ils font pas du 8h-17h pour aller émarger à 3k5 €  avec voiture de fonction, avantages en natures etc comme d’autres… chuuut faut pas dire…

Parce que chaque matin moi ambulancier privé (employé) je me lève en me disant : allez on va aller faire du fric aujourd’hui ça ira dans ma poche en partie.

Parce qu’une fois encore des abrutis généralisent et mettent tout le monde dans le même sac c’est tellement plus simple. Un patron qui fraude et c’est l’ensemble des ambulanciers français (employés compris) qui tapent dans la caisse. je me demandais aussi comment j’avais pu acheter ma résidence secondaire à saint trop’… C’est vrai dans le public ça n’existe pas… Qui a dit médecins, kiné, hôpitaux, pharmacie qui fraudent/se loupent/sur-facturent ? zut on doit pas avoir accès aux mêmes actualités.

Parce que certains généralisent après vu un ambulancier raté, ben oui c’est connu les autres métiers de la santé et du secours ne sont pas concernés. Chez eux tout le monde il est parfait. Je pense que je devrais consulter pour les troubles auditifs et de la vision que j’ai eu parfois en les regardant travailler ou après les avoir écoutés.

Parce que ce soir j’en avais ras le bol, un trop plein d’idées noires qui couvaient. Mais c’est pas si grave demain matin je me lèverais de bonne humeur et avec le sourire parce que j’aime mon job et que je fais tout pour le faire du mieux possible. Parce que je crois encore en certaines idées qui ne sont que des utopies certes mais qui me font avancer.

Parce que sous ces lignes revendicatives d’autres personnes partagent leurs réponses sur le thème : Pourquoi avez vous choisi ce métier ?

  • Margot : J’ai choisi ce métier pour me sentir utile et ce que j’aime par dessus tout, c’est redonner le sourire aux patients…!!
  • Ludovic : j’ai choisi ce métier pour être au plus proche des gens les écouter et essayer des les aider en restant a mon niveau… Ce que je préfère c’est la prise en charge de différentes générations chaque jour, il n’y a jamais 2 fois  la même douleur tout les jours est différent… De la bobologie,  à la prise en charge avec une équipe médicale
  • Samuel :  l’urgence , aider les gens , bavarder avec les gens ( comme a l’école lol )
  • David : Moi au départ ( à 6 ans) faire comme papa  » sauver les gens  » ; second degré;  je m y suis oriente pour ça das un premier temps et c’est devenu une passion une drogue tout me plait , mais l’urgence par dessus tout … Le dialogue, l’approche avec des gens de tous milieux de toute nature, nos  » papys mamies  » qu’on aiment tant … L’adrénaline sur certains cas parfois dramatique mais c’est aussi ça notre boulot … Et je pense que beaucoup sont comme moi : ambulancier c’est 6 mois ou pour la vie … L’ambulance ma drogue, mon plaisir , mon métier … Ambulancier et fier de l’être.

Parce qu’il est temps de conclure ce billet…

Merci d’être passé au bureau des pleurs, ce billet dramatico-pleurnichard est volontairement axé sur du second degré. Que ceux qui n’arrivent pas à comprendre le sens de cet article reprennent sa lecture ou passent à autre chose (merci d’être venu, veuillez libérer l’espace et éviter de polluer cet espace d’expression). Non ce n’est pas un épanchement d’un ambulancier qui fait oui-ouin (j’ai des kleenex c’est bon).

Je vous rassure ma santé mentale et psychique est très bonne (enfin je crois ^_^). C’est juste que de temps en temps ça fait pas de mal de rédiger ce genre de choses tellement la part de vérité contenue ici est importante.

Parce que heureusement mon quotidien n’est pas toujours comme ça et que je cotoie des professionnels de santé qui savent reconnaître mon travail quand il est bien réalisé et aussi me faire remarquer mes erreurs avec pédagogie et manière, me donner les bons conseils qui vont bien. et aussi reconnaître que notre profession a sa place et son importance.

Et je n’oublie pas mes patients qui, avant tout et au quotidien, me remercient d’être là, pour eux… Et c’est d’abord et avant tout pour eux que je continue. Parce que malgré toutes ces lignes j’ai choisi et je pratique mon job pour eux et qu’ils passent avant toute chose, querelle ou autre. Parce que j’ai voulu devenir ambulancier.

Rollboard et transfert du lit au brancard

Rollboard et transfert du lit au brancard

Le Rollboard pour le transfert du lit au brancard

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Au menu une révision des techniques d’ergonomie : transférer un patient du brancard de l’ambulancier au lit médicalisé suivant différentes méthodes. Utile à tous ceux qui souhaitent revoir la technique, réviser leurs postures etc.

Cette méthode m’a été envoyée par un ambulancier diplômé (merci Fabien GUINOT), il a réalisé ce “roman photo” en collaboration avec ses collègues lors de leur formation d’ambulancier. Il s’agissait de réaliser un roman photo reprenant différentes techniques de manutentions illustrées sous forme de diaporama. C’est très bien réalisé et détaillé et permet donc de revoir ses acquis, découvrir une technique etc. Au passage j’en profite pour vous proposer de ne pas hésiter à partager vos travaux réalisés en formation afin de les partager avec vos collègues. Il vous suffit pour cela d’entrer en contact avec moi et je me ferais un plaisir de partager vos travaux ici.

La première technique qui sera présentée cette fois ci sera : transfert du patient du brancard vers le lit avec l’aide du Rollboard plus connu sous le nom de planche de transfert.

Le Rollboard pour le transfert du lit au brancard, le pdf

Ce document est disponible au format PDF. Voici quelques images de la méthode présentée dans le document :

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Donc un très très grand merci à Fabien GUINOTChristopher FRONTIER, Emeric HENRYChristophe LEPETITXavier NARBOUX pour la qualité de leur travail, avoir accepté la diffusion de leur travail et autorisé cette publication. Elle sera un outil pédagogique utile pour tous et accessible. Merci de respecter la paternité de ce travail. D’autres techniques de manutention suivront sur d’autres thèmes.

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

Ambulancier, la lettre du médecin ouvrir ou non ?

La lettre du médecin et l’ambulancier : quelques rappels sur des notions primordiales

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Ambulancier

Un ambulancier est un professionnel de santé (Code de la Santé Publique, quatrième partie, livre III, titre IX, article L4393-1 à 7) qui a pour rôle la prise en charge et le transport de malades, de blessés ou de parturientes dans des véhicules de transport sanitaire adaptés pour des raisons de soins ou de diagnostic.

Il administre si nécessaire les premiers secours seul ou assisté d’une équipe médicale.

Secret de la correspondance

Le secret de la correspondance est un droit au maintien du caractère privé et secret des correspondances. Il est accordé par les réglementations de la plupart des pays. Il s’applique aux correspondances dont l’expéditeur pouvait attendre qu’elles bénéficient d’un minimum de confidentialité. En général, il s’applique aux courriers postaux et aux courriers électroniques.

Une correspondance est en général définie comme toute relation par écrit entre deux personnes identifiables, qu’il s’agisse de lettres, de messages ou de plis ouverts ou fermés. Il y a violation du secret de la correspondance lorsqu’une tierce personne prend connaissance, sans le consentement préalable de l’émetteur, d’un courrier à caractère privé. Une correspondance reste la propriété intellectuelle de son auteur bien que le support physique soit la propriété du destinataire.

  • Art. 226-15. — Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.
  • Art. 432-9. — Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l’ouverture de correspondances ou la révélation du contenu de ces correspondances, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait, par une personne visée à l’alinéa précédent ou un agent d’un exploitant de réseau ouvert au public de communications électroniques ou d’un fournisseur de services de télécommunications, agissant dans l’exercice de ses fonctions, d’ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, l’interception ou le détournement des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications, l’utilisation ou la divulgation de leur contenu.

Secret médical

« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant.

Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des informations concernant la personne venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou organismes et de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec ces établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé, ainsi qu’à tous les professionnels intervenant dans le système de santé.

Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent toutefois, sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe.

Afin de garantir la confidentialité des informations médicales mentionnées aux alinéas précédents, leur conservation sur support informatique, comme leur transmission par voie électronique entre professionnels, sont soumises à des règles définies par décret en Conseil d’État pris après avis public et motivé de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Ce décret détermine les cas où l’utilisation de la carte professionnelle de santé mentionnée au dernier alinéa de l’art. L161-33 du code de la sécurité sociale (CSS) est obligatoire.

Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en violation du présent article est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 EUR d’amende.

En cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical ne s’oppose pas à ce que le famille, les proches de la personne malade ou la personne de confiance définie à l’art. L1111-6 reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part.

Le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès.»

— Article L1110-4 du Code de la santé publique2

  • L’art. L1110-4 alinéas 2 et 3 CSP admet la notion de secret partagé par une équipe soignante.
    Par extension, sont admis à partager une partie du secret, les médecins des organismes sociaux, afin de permettre aux assurés un remboursement des prestations.
  • Par ailleurs, l’art. L1111-6 a introduit la notion de personne de confiance et l’art. L1110-4 alinéa 6 a autorisé celle-ci à recevoir les informations nécessaires destinées à permettre d’apporter un soutien direct au patient en cas de diagnostic ou de pronostic grave.
  • Enfin, l’art. L1110-4 alinéa 7 ; s’agissant d’une personne décédée, cet article a défini trois motifs de dérogations du secret vis-à-vis des ayants droit, à savoir : connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès (nous rappelons que le secret persiste après la mort).

Secret partagé

Selon le code de déontologie médicale français, les professionnels de santé qu’ils soient médecinschirurgiensdentistespharmacienssages-femmesinfirmiers ou infirmièresaides-soignants, ambulanciers, secrétaires médicaux, technologues en imagerie médicale (manipulateurs),technologistes médicaux sont contraints de taire les informations personnelles concernant les patients qu’ils ont recueillies au cours de leur activité.

Il ne s’agit pas seulement des observations qu’ils ont pu faire, mais aussi des déductions qu’ils ont pu tirer de leurs observations. Toute entorse peut être sanctionnée par les institutions professionnelles dont ils dépendent (le conseil de l’Ordre, par exemple), mais aussi par le tribunal de grande instance.

Le médecin est le dépositaire du secret médical concernant son malade. Mais le secret médical n’est pas en principe opposable au malade qui en reste le « propriétaire ». En effet, un patient ne peut décider de délier le médecin de son secret médical, même sur des informations le concernant du moins en droit pénal. Mais en droit civil, le médecin délivre des informations médicales aux patients eux-mêmes, ou à leur représentant légal (cas des enfants).

Ce petit rappel législatif bien soporifique s’avérait nécessaire afin de faire comprendre à tous que dans le système législatif il existe des dispositions bien précises concernant les informations médicales. Ces éléments sont indispensable afin de bien prendre en compte la suite de cet article.

Pourquoi l’ouverture du courrier suscite autant de débat ?

Très longtemps, et ça dure encore, le médecin était considéré comme le seul détenteur de l’information médicale. Sauf qu’avec le temps la collaboration avec le personnel médical et paramédical a pris une proportion importante pour assurer au patient une continuité des soins de qualité afin de lui garantir la meilleure prise en charge possible.

Chaque acteur, parmi les professionnels de santé, a donc envers ce secret des droits et des devoirs auxquels il ne doit surtout pas déroger sous peine de faute professionnelle grave. Chaque professionnel de santé adhère donc à un code de déontologie. Les ambulanciers sont des professionnels de santé et ont donc obligation à se confronter à ce devoir. Actuellement on retrouve encore nombre de personnels de santé qui s’offusquent que l’ambulancier ait pu oser lire un courrier issu d’un médecin.

C’est aussi à mon sens une attitude dû à une connaissance très limitée de notre champs de compétences et de notre quotidien. Je vais tenter de donner une explication à la nécessité ou non d’ouvrir ce fameux courrier.

Pourquoi l’ouverture du courrier pose des problèmes aux ambulanciers ?

Parce que l’ambulancier est un professionnel de santé. Il intervient souvent au chevet du patient sur appel d’un médecin traitant. En règle générale ce même médecin a souvent quitté les lieux à leur arrivée et laisse un courrier destiné au service des urgences.

Ce courrier reprend très souvent l’intégralité des informations nécessaires à la prise en charge du patient : bilan circonstanciel, constantes, antécédents médicaux, traitement etc. Pour faciliter la prise en charge et le transport, l’ambulancier se doit de réunir tous les éléments. Cela permet d’adapter son attitudes, ses gestes, le matériel à utiliser, la surveillance à effectuer.

On transporte des êtres humains et non des quartier de viande froide. Trop souvent encore, on reproche à l’ambulancier d’avoir pris connaissance d’informations dites interdites d’accès à des non-médecins ou encore que la quasi totalité des courriers renferment des données inutilisables par l’ambulancier et destinées à des docteurs en médecine. Cela est assez marrant puisque parfois ce sont des non-médecins qui vous le reproche et; qui au moment où ils vous font la remarque, lise son contenu…

C’est un sujet qui fait douter beaucoup d’ambulancier faute de données accessibles à tous. L’ouverture ou non du courrier c’est un peu le même problème des signaux sonores et lumineux dans le cadre d’une urgence : ais je le droit de même si… Donc pour favoriser la compréhension je vais partager avec vous les données en ma possession.

Donc au final je fais quoi ? j’ouvre ou non ? Indispensable ?

Dans 90% des cas si votre évaluation clinique est fait de façon correcte, si vous avez bien fait le tour de tout, posé les bonnes questions, rédigé votre fiche bilan (oui même avec courrier on établi sa propre fiche bilan car l’état du patient a peut être évolué) vous avez en main toutes les clés nécessaire à une bonne prise en charge. Ensuite cela reste propre à chacun. Vous avez des doutes, vous n’ êtes pas certains de la fiabilité des éléments recueillis ? Ouvrez ! et dans tous les cas de figures : le centre 15 reste votre référent en la matière.

Même si un courrier est présent vous ne transporterez pas un patient que vous jugez instable. Le médecin régulateur sera à même de vous apporter les éléments et surtout de décider de ce que vous allez entreprendre. Chaque cas reste particulier car chaque être humain est particulier. Aucuns cas ne se ressemble. Donc pour ma part je n’ouvre pas systématiquement (transport sanitaire classique en vue d’hospi etc etc).

Souvent pas besoin d’ouvrir puisque le courrier est là devant vos yeux sans enveloppe avec la prescription médicale il vous suffit de lire. Ensuite c’est aussi une attitude propre à chacun en fonction du patient rencontré, le contexte etc. Donc il n’existe pas d’algorithme prédéfini.

Je vous rapelle que vous êtes des professionnels de santé malgré ce que l’on pourra vous dire ailleurs. Vous êtes formés à établir une évaluation clinique avec fiche bilan dans le cadre d’une prise en charge en urgence. Vous disposez des moyens techniques destinés à cet usage ainsi que votre capacité à raisonner, analyser etc. Servez vous en ! Rien ne vaut en premier lieu une appréciation personnelle avant de la confronter à d’autres éléments pour infirmer ou confirmer vos doutes

Cet article ne doit pas devenir parole d’évangile !!!! Je suis peut être dans l’erreur sur certains points

Dans quel cas j’ouvre ou je n’ouvre pas

Cas numéro un

Vous arrivez chez le patient en vu d’un transport sanitaire. Je précise bien non urgent. L’ambulancier n’aura aucunement besoin de prendre connaissance du courrier. Le patient est hospitalisé ou se rend à une consultation. On va donc se renseigner sur les éventuels problèmes de santé que le patient nous raconteras ou son entourage direct.

Ce afin de pouvoir adapter la prise en charge et permettre à ce même patient d’être pris en charge avec les critères de sécurité et de confort indispensables. Il n’ y a pas de notion d’urgence à ce sujet. On s’occupera donc de connaitre son autonomie, la présence ou non de douleurs, leurs localisations etc. Pour un transport en sécurité et apportant un confort optimal.

Cas numéro deux

Vous agissez dans le cadre d’une urgence qu’on appelle communément dans le jargon : urgence médecin. Vous êtes sur les lieux et vous trouvez un courrier laissé sur la table par le médecin traitant. Ce courrier est cacheté et est destiné au Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE.

Interdiction d’ouvrir ce type de pli. Pourquoi ? Si vous n’avez pas compris vous n’avez pas lu l’introduction : ce courrier à l’intention d’une personne identifiable par son nom et fonction relève du secret de la correspondance. L’ouvrir reviendrait à commettre une faute professionnelle. Si le praticien a quitté les lieux vous devez appliquer le mode opératoire traditionnel : à savoir un bilan complet avec prises de constantes, un bilan circonstanciel, une recherche d’antécédent etc etc. Si vous jugez que vous ne pouvez assurer le transport sans risques on appelle le centre 15.

Cas numéro trois

Toujours dans le cadre d’une urgence médecin, vous arrivez etc. Le praticien est encore sur les lieux. Pas besoin d’ouvrir le courrier le médecin doit être en mesure de vous donner les détail. Je précise bien DOIT ! On ne prend pas en charge un patient avec pour seul encouragement : emmenez le aux urgences et ne posez pas de questions.

Pour faciliter la prise en charge et être en mesure de transmettre les informations au service des urgences vous devez partir avec les recommandations du médecin transmises de façon orale. Il est certain que si c’est une hospitalisation non programmée avec un passage par les urgences en vue d’une orientation vers un service court ou moyen séjour de la structure de soins pas besoin de demander un roman.

On se renseigne sur les risques potentiels éventuels à court terme, la présence d’une pathologie demandant une prise en charge particulière, l’administration ou non d’oxygène… Aucun besoin dans ce cas d’avoir connaissance du dossier médical du patient. L’accès à l’information doit se limiter à celle indispensable pour votre prise en charge.

Si le médecin refuse ou vous prend pour des livreur de colis installez le patient dans votre ambulance et établissez systématiquement un bilan avant départ. Vous devenez responsable du transport et du patient. A vous donc d’établir les éléments indispensables à sa sécurité et à son état.

Cas numéro quatre

Vous arrivez toujours chez le patient etc. Pas de médecin, juste un courrier cacheté ou non, sous enveloppe ou non adressé au service des urgences ou autre titre du même acabit. Pas de nom. Vous pouvez l’ouvrir, vous êtes professionnels de santé et donc vous vous soumettez au respect du droit médical et donc à respecter la confidentialité des informations.

Vous ne violez pas le secret de la correspondance puisque aucune mention nominative n’est inscrite. Vous ne commettez aucunes fautes ! La législation est claire vous ne violez pas la correspondance privée étant donnée que le courrier n’est pas destinée à une personne identifiable.

Cas numéro cinq

Toujours en urgence, le courrier est là, cacheté, mais au nom du fameux Docteur DUPONT LAJOIE, adjoint au chef de clinique, ancien interne des hôpitaux x et assistant de l’assistant du Professeur BIDULE. Décidément celui là… Le patient semble instable, la communication est complexe voire inexistante. Si j’ouvre ce courrier je suis dans la faute. Que faire ? L’appel au centre 15 !

Via le centre 15 vous expliquez les faits, détaillez votre bilan et mentionnez la présence de ce courrier destiné au Docteur… Si le médecin régulateur vous demande de l’ouvrir et de lui lire vous êtes légalement couvert car le courrier est ouvert à la demande du centre 15. La nécessité d’ouverture est donc justifiée par une situation d’urgence et est demandée par un docteur en médecine responsable du centre 15.

Pourquoi cet acharnement à vouloir ouvrir ce courrier ?

On parlera ici d’une intervention dans un cadre urgent (tout degrés confondus). Tout d’abord je parle à titre personnel : je suis ambulancier diplômé. Je suis donc un professionnel de santé consciencieux. Je mets en application au quotidien les gestes et techniques que l’on m’a appris afin d’assurer la prise en charge de mon patient de façon qualitative.

Je ne bosse pas chez UPS, Maitre cochon ou encore DHL. Je ne transporte pas de colis. Je ne prends donc pas mon patient sous le bras pour le jeter sur le brancard et le benner au service des urgences. Je suis un professionnel qui agit comme tel.

Pour effectuer ma prise en charge je dois donc évaluer l’état de mon patient et juger si oui ou non il est transportable. Pour évaluer son état j’ai à ma disposition de nombreuses ressources : connaissances, évaluation clinique, constantes, interrogatoire, recherche d’éléments et ET : peut être le courrier du médecin passé quelques minutes plus tôt.

L’ouvrir me permet de : savoir pourquoi je suis là et qu’est ce que mon patient a comme soucis de santé néccessitant un transport. Depuis combien de temps est il comme ça. Est ce une pathologie pouvant entrainer un risque potentiel durant le transport ? Dois je effectuer une surveillance particulière ?

On va me dire : mais si vous faites votre bilan comme d’habitude vous aurez ces éléments ! Vrai et Faux. Il est possible que certains éléments ressortent ou non. Il est possible que mon patient communique ou non voire mal. Il est possible que mon patient n’ais pas les bonnes notions relatives à son état de santé ou/et au problème du moment. Que l’entourage vous induise en erreur. L’entourage on doit en faire abstraction et se concentrer sur le patient mais quand le patient est dans l’incapacité de communiquer ou n’est pas orienté, confus… Ou encore que les réponses sont trop évasives…

  • Je suis malade du coeur
  • Je buffe docteur je buffe depuis quat’jours
  • Oh vous avez j’ai plein d’trucs qui vont pas, j’vois des docteurs tous les jours : un pour l’coeur, l’aut pour ma goutte
  • Vous avez y’m connaissent depuis l’temps à l’hôpital
  • L’docteur y’m’a rien dit, chais pas c’que j’ai, ptet le coeur ou la tête ! Vous savez à mon âge y’a plus grand chose qui marche bien…

Par contre si dans le courrier les dernières constantes sont notées (je peux effectuer une comparaison entre elles et mes données), le circonstanciel est précisé (dyspnée depuis ce matin 3h avec  présence de crépitement), les antécédents ( monsieur x est suivi pour …).

On gagne du temps, on fait le lien plus facilement avec les éléments et on a la possibilité d’adapter parfaitement sa prise en charge, cibler plus rapidement les critères de surveillance les plus important.  Et éviter de commettre une faute éventuelle. Sans oublier tous les éléments concernant un possible risque infectieux ou contagieux nécessitant une aseptie rigoureuse et des mesures de protection de l’équipage.

Et dans 99% des cas ce courrier sera ouvert par l’infirmière responsable de l’accueil des urgences. Autant éviter des surprises à l’arrivée si il est mentionné des éléments particuliers qui pourrait vous rendre responsable d’une faute.

Et le patient dans tout ça ?

Pour terminer tranquillement je vous rappellerait que le patient est le seul à pouvoir autoriser ou non l’accès à ses informations. Le patient, on l’oublie souvent, a des droits fondamentaux que nous sommes tenus de respecter. La loi du 4 Mars 2002 relative au droit du patient existe à ce jour dans ce sens. Donc si vous doutez ou autre sachez que le patient peut vous autoriser à prendre connaissances de ce courrier puisque il recense des informations qui le concernent.

Personne ne pourra l’empêcher de vous autoriser à y accéder. Le droit du patient est une notion importante que tout professionnel de santé se doit de respecter ! Toujours aussi important le fait de poser au patient la question si il vous autorise ou non à prendre connaissance des informations. Si vous expliquez les motifs de cette démarche rares sont ceux qui vous refuseront ce droit. Surtout si vous expliquez que vous êtes tenu au respect du secret médical comme toute profession de santé.

Alors oui mais…

Je sais qu’ à la lecture de cet article il y aura des mails, commentaires  qui vont fuser sur les incohérences, erreurs dans l’article etc. Pas de soucis j’ai l’habitude. Je sais qu’il ya des domaines sensibles auxquels on ne doit pas toucher. Je ne suis pas docteur en médecine ni juriste etc.

Je suis simple ambulancier diplômé. Chacun aura son avis sur la question. Il n’existe à ce jour ; ou alors cela n’a pas été porté à ma connaissance, moi misérable petit ambulancier transporteur de colis pardon de patient; de textes clairs sur la question de l’ouverture de ce fameux courrier médical. Je ne fais que dresser une analyse personnelle, que d’autres collègues partagent, à mon avis, largement sur cette question épineuse ainsi que d’autres professionnels (formateurs, IDE, juriste etc).  

Je me doute que ma parole pourra être mise en doute ce que je conçois bien entendu. Je ne suis pas un puits de savoir et je suis peut être dans l’erreur. Donc j’invite cordialement, les personnes les plus compétentes, en matière de connaissances et de fonction à me contacter pour m’aider à affiner cet article (médecin, juriste etc etc).

Je n’ai pas rédigé cet article de façon légère. Il est le résultat de plusieurs tentatives ces dernières années qui ont finit à la corbeille faute d’oser le publier. Pourquoi ? Parce que je n’ai aucune matière solide pour avancer les choses du type : c’est comme ça point à la ligne et pas de discussions possibles.  Evidemment quand on ne maitrise pas on n’en parle pas. Oui mais… c’est un sujet qui revient souvent dans la profession et il serait peut être temps que ça devienne plus clair pour tout le monde. Donc faute d’élément on adapte son comportement pour faciliter notre quotidien.

L’ambulancier est avant tout un professionnel de santé

On est professionnels de santé et on met tout en oeuvre pour que le travail soit bien fait et que le patient puisse être transporté dans les meilleures conditions possible. Au passage j’ai volontairement omis d’imager les nombreuses situations avec des exemples vécus qui auraient pu illustrer de façon explicative le pourquoi du comment nous ouvrons les courriers des médecins et ses conséquences positives ou non. Les avis divergent. Je ne suis pas là pour faire l’apologie du oui ou non l’ambulancier est en droit de…

J’apporte juste des éléments de réponses. Rien n’est imposé. Faites comme vous jugez au vu de la situation rencontrée. comme dis plus haut si votre job est bien fait vous n’avez pas forcément besoin du contenu du courrier mais ça peut aider fortement dans certains cas à aller doit au coeur du problème.

Mais à toi visiteur je te laisse la possibilité de donner ton opinion via les commentaires. Ainsi tu contribueras à la compréhension de cet article par les jeunes ambulanciers fraichement diplômés. Mais aussi à corriger ou enrichir cet article afin de réaliser une solide base de connaissance sur le sujet. Plus les éléments fournis seront solide plus la raison d’exister de cet article sera facilitée.