Ambulancier, pourquoi une tenue professionnelle ?

Ambulancier, pourquoi une tenue professionnelle ?

La tenue de l’ambulancier c’est pas juste pour faire joli

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Durant de longues années il était courant de voir les ambulanciers déambuler avec leurs longues blouses blanche accompagnée d’une tenue personnelle comme un jean. Mais avec l’évolution de la profession est venu l’obligation de porter une tenue professionnelle. Nous allons voir à quoi elle sert et surtout l’importance d’en avoir une.

Quelques rappels en matière de textes réglementaire  

Arrêté du 10 février 2009 fixant les conditions exigées pour les véhicules et les installations matérielles affectés aux transports sanitaires terrestres

A N N E X E 6

CONDITIONS COMMUNES DE TENUE EXIGÉES DES PERSONNELS AMBULANCIERS À L’EXCEPTION DES PERSONNELS SMUR EMBARQUANT DANS LES VÉHICULES DE TRANSPORTS SANITAIRES TERRESTRES DES TYPES A, B ET C ET DE LA CATÉGORIE D

I. ― Port obligatoire de la tenue professionnelle

Dans le cadre de l’activité professionnelle, le personnel ambulancier porte une tenue professionnelle. En dehors de l’activité professionnelle, le port de la tenue est proscrit. L’entreprise de transport sanitaire terrestre tient à la disposition des personnels un ou plusieurs changes.

II. ― Composition de la tenue professionnelle

La tenue est composée des pièces suivantes :

  • un pantalon ;
  • un haut au choix de l’entreprise ;
  • un blouson.

La couleur dominante de la tenue professionnelle est blanche et/ou bleue.

Le risque biologique

Dans le cadre de son activité l’ambulancier rencontre des situations très différentes où l’hygiène requiert une importance primordiale. Il transportera des patients immuno-déprimé ou encore sera en contact avec des personnes pouvant se révéler contagieuses, ou dont l’hygiène personnelle peut se révéler désastreuse. De ce fait le port de la tenue professionnelle au lieu d’une tenue personnelle permet de limiter les risques d’infection ou de transmission bactériologique.

Cela assure donc une protection du personnel mais aussi des patients. Grâce à la présence d’une tenue professionnelle  il est plus aisé d’avoir un rechange en cas de souillure par du sang ou tout autre liquide biologique et de préserver son environnement personnel. Ainsi une limite quand à la transmission des infections existe. Le circuit propre sale est respecté puisque la tenue est mise en arrivant sur le lieu de travail et quittée au même endroit. Son lavage sera soumis à un cycle régulier avec des produits de nettoyage et désinfectant.

L’identification du professionnel

Ajouté à ces principes fondamentaux de l’hygiène le port de la tenue professionnelle permet aussi aux patients ainsi qu’aux autres professionnels de santé d’assurer une identification des ambulanciers. Le port d’une tenue professionnelle permet de reconnaitre plus aisément les ambulanciers et donc d’identifier le professionnel.

La fin du short-tong ?

Pas sûr. Malgré l’existence de législation en vigueur il n’est pas rare de croiser encore de nombreux professionnels avec des tenues inadaptées. L’entreprise se doit pourtant d’intégrer cette tenue et de la fournir à son personnel. Malgré ces obligations, certaines entreprises n’affichent aucunement leur volonté d’appliquer la réglementation. Une augmentation des contrôles et des sanctions seraient la meilleure solution pour couper court à ce genre de pratique.

Sans oublier les collègues qui ne connaissent même pas la signification du mot déontologie ou qui ne veulent pas en entendre parler. Comme je le dis souvent on a affaire à des transporteurs de colis, pour qui, certaines notions de conscience professionnelle sont totalement inconnues. Ensuite si l’employeur ne veut pas fournir la tenue c’est un autre problème.

Le coût d’une tenue professionnelle reste élevé et il ne doit pas être assumé par l’employé. Dans les deux cas de figures soit l’entreprise ne remplit pas ses obligations soit l’employé ne se soumet pas au règlement de l’entreprise et se met hors la loi du fait de l’obligation nationale concernant la réglementation en vigueur. Mais souvent le problème est dû au premier cas de figure.

Pour conclure

La grande blouse blanche et le jean sont censés être de l’histoire ancienne et pourtant… A chacun, qu’il soit chef d’entreprise ou ambulancier salarié d’assumer un minimum ses responsabilités et de prendre en compte l’importance du port de la tenue professionnelle. De toute façon il n’y a pas à discuter c’est la loi. Reste que les ARS, organismes chargés du contrôle des entreprises de transport sanitaire devraient dans certaines régions, appliquer plus sévèrement les sanctions et augmenter les contrôles. C’est un des meilleurs moyens de sortir de la profession les brebis galeuses qui sont trop souvent hors créneaux et qui ne s’en cachent pas.

Votre patron est dans l’obligation de vous la fournir !

 Etre reconnu et agir en tant que professionnel commence déjà par la tenue. N’oubliez jamais que le jugement de l’être humain sur une personne commence déjà par son évaluation visuelle. N’oubliez pas non plus que vous devez vous protéger contre les risques infectieux et protéger vos patients, votre entourage familial etc. C’est la règle de base pour une pratique professionnelle de qualité.

Annexe

Les liens utiles pour connaitre les fournisseurs de vêtement professionnels destinés aux ambulanciers :

http://www.kmconcept.fr/  : La référence en la matière. Les coûts sont important certes mais au vu de la qualité des produits… Ils restent une référence à mon sens.

http://www.cargitex.fr/

http://www.webmedical.fr/

http://www.ccri.fr

http://www.ambu-pub.com

L’AmbuCelle ou le VSL ambulance !

L’AmbuCelle ou le VSL ambulance !

Un transport assis qui relèverait d’un transport allongé en ambulance

Allez un bon gros coup de gueule pour changer du monde des Bisounours !

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J’aime mon métier et beaucoup de collègues tout comme moi partagent cette passion. On se bat pour changer l’image ternie de ce job, remettre les pendules à l’heure et informer au mieux des réalités de notre quotidien. Mais pourtant parfois on subit aussi des choses qui nous posent problème. Alors la critique publique est facile mais sommes nous les premiers responsables ?

Non puisque l’ambulancier transporte des patients avec une prescription médicale de transport rédigée par un médecin. On ne choisit pas pas on nous l’impose. Ce qui dans les grandes lignes est tout à fait logique sinon ce serait un grand n’importe quoi. Mais à cause de ce mode opératoire on rencontre aussi des situations ubuesques.

Ubuesques après avoir réalisé le transport; car sur le moment point question de se marrer car on pleure. On pleure devant la difficulté, on pleure en se demandant quel est le c… qui a pondu ça et si, ne serait qu’une minute il a pris conscience de l’autonomie et des possibilités physiques du patient.

Voici l’apparition d’un nouveau terme dans le champ lexical ambulancier. C’est un collègue qui a rédigé ces lignes et je dois dire que chacun d’entre nous l’a déjà fait. Sauf que lui, il met une définition sur cette pratique :

Ambucelle : ou Ambulance Sanitaire Légère dite Ambu.S.L;  terme utilisé pour un transport sanitaire qui semble ne pas être correspondant à la réalité du terrain. Il en existe 2 types :

Ambucelle de Type 1: 
Transport sanitaire prescrit en Ambulance mais qui aurait pu être transporté en V.S.L. . Le patient se mobilise seul, NE nécessitant PAS un transport en position obligatoirement allongée ou demi-assise, un transport avec surveillance par une personne qualifiée ou nécessitant l’administration d’oxygène, un transport avec brancardage ou portage ou un transport devant être réalisé dans des conditions d’asepsie. Dans ces cas la les 2 ambulanciers se préservent.

Ambucelle de Type 2: 
Transport sanitaire prescrit en V.S.L. mais qui aurait du être transporté en Ambulance.  Le patient ne se mobilise pas seul et il faut être minimum 2 pour lui faire monter les 5 marches pour atteindre son palier, et aurait donc nécessité un transport avec brancardage ou portage . Dans ce cas là, l’ambulanciers est seul….Vraiment seul…

Et bah aujourd’hui j’étais en V.S.L. et j’ai fait une Ambucelle de Type 2.

Si on lit bien ces lignes on se rend compte de l’abération de la prescription médicale de transport : I-N-A-D-A-P-T-E-E. Combien d’entre nous ont dû réaliser ce type de transport ? Combien d’entre nous ont dû refuser ce type de transport. Car l’ambucelle de type 2 c’est la pire. Celle où on se rend compte de la prise de risque en essayant de monter notre patient dans le véhicule. Qui peut à peine se mobiliser (quand il se tient debout c’est une chance) et donc nous oblige à prendre des risques inconsidérables.

A se faire mal aussi puisque en général le dos prend cher, très très cher. Et puis quand on réussit seul ou avec l’aide d’une équipe d’infirmières qui essaient de vous aider tant bien que mal il faut ensuite recommencer au domicile. Et là souvent tu pleures avant de commencer quand tu découvres la configuration des lieux.

Tu pleures encore plus quand personne ne t’attends au domicile, que le téléphone de madame michaud (la personne à contacter) ne répond pas et qu’il n’ y a pas un voisin à 10 kilomètres à la ronde. Que tu te creuses la tête pour te demander comment tu vas gérer et surtout en maximisant la sécurité de ton patient et la tienne.

Alors on peut passer pour des fraudeurs et des ce que vous voudrez mais en attendant quand on rencontre ce genre de situation on se demande qui se fout de la tête de qui ! ! ! Refuser le transport oui c’est une chose. Mais parfois le temps de se rendre compte, c’est trop tard. On ne va pas imposer au patient une autre manipulation supplémentaire. Vous avez eu des difficultés mais il est enfin installé confortablement. Donc l’ambucelle ou comment exploser de colère sur certaines situations.

Surtout quand on vient nous sermonner en nous disant :  » une ambulance ? mais non hors de question la dame elle peut voyager en VSL sans problème !  » Oui il y a des fois où j’ai l’impression qu’on me prend pour un lapin de six semaines… Je me sens transporteur de viande…

Merci à Benoit Fabien Clément Guinot pour avoir crée cette terminologie : Claire, efficace et subjective (repiqué aussi ça 😉 )

A toi éventuel détracteur

Ah oui : aux futurs détracteurs qui voudront me remettre à ma place d’exécutant : oui je ne suis pas médecin, non je n’ai pas effectué le cursus d’études de sept années et validé mon doctorat de médecine et non je ne suis pas habilité à prescrire un mode de transport médicalisé. Certes.

En attendant celui qui prend les risques au final c’est ma pomme. Celui qui va effectuer le transport c’est ma pomme. Et non je me contrefiche que ça rapportera plus ou non ça n’ira pas dans mon portefeuille : je suis ambulancier SALARIE et je pense en priorité à MA sécurité et la sécurité du PATIENT. Si vous n’avez toujours pas compris nous accueillons les volontaires pour des stages de découverte : venez découvrir mon quotidien !

Stryker Performance Pro

Stryker Performance Pro

Le brancard de la gamme Stryker Performance Pro

Pour faire une suite logique au Power Load system voici une présentation brève d’un produit phare de chez stryker : le brancard de la gamme Performance Pro.

brancard Stryker Performance Pro

Un brancard qui préserve votre dos

Oubliez vos brancards traditionnels et fatigués celui ci est une petite bombe technologique en matière d’innovation. Ce brancard possède une particularité non négligeable : il va permettre à l’équipage de préserver un maximum son dos grâce à des aides techniques très utiles. En effet le brancard dispose d’un système de descente et de relevage pneumatique fonctionnant sur batterie. Plus besoin de freiner le brancard manuellement lors de sa descente au sol ou de forcer comme un âne au moment de le relever avec votre patient dessus. A l’aide de commande, le brancard pourra être monté ou descendu sans forcer.

Trois niveaux de hauteurs différents de hauteurs sont proposés afin de s’adapter au véhicule. Pas loin de 9 positions possibles sont recensées. les bras avant (à l’arrière du patient) son totalement rétractables afin de permettre un accès du brancard dans les zones difficiles d’accès.

Ce dernier point est un avantage assez utile surtout lorsque vous brancardez dans des logements mal agencés. Le poids supportés laisse de la marge : 300 kg supportés. Le poids de la bête est assez ridicule au vu de son équipement : seulement 40 kg. Totalement compatible au système Power Load. Couplé à ce dernier la batterie du brancard est directement mise en charge une fois en contact avec le système. Bien entendu en cas de panne du système il existe un dispositif manuel.

Le rêve a un coût

Le rêve a aussi un prix : comptez environ 15 000 dollars pour ce joli bébé :=) Bon si vous le souhaitez il existe des occasions sur ebay US :p ! Sinon regarder du côté de Ferno qui possède aussi le même type de système. Prochain télé shopping je vous présenterais les chaises portoir. Non pas les chaises tradi mais LA chaise portoir où soi disant plus besoin de forcer pour descendre les escaliers. Avec en plus une mise en scène typique à l’américaine ^_^

Vidéo de  démonstration

Ambulancier et… interventions insolite !

Ambulancier et… interventions insolite !

Les ambulanciers et les interventions parfois très insolite

Les ambulanciers c’est comme toutes professions de santé on a tous nos anecdotes. Histoire rocambolesque, appels abusifs et j’en passe. Voici un petit florilège raconté par des collègues ambulanciers qui ont accepté de partager leurs souvenirs de leurs interventions insolites.

Les interventions pas comme les autres

  • Chakib : Sortie pour un jeune homme qui en éternuant s’est bloqué le dos avec douleur +++
  • Laurent : 31 décembre soir, personne âgée de 86 ans qui s’est bloqué la mâchoire en mangeant une pomme….
  • Catherine : Un homme en dépression alcoolisé, qui veux mettre fin à ces jours , bagage près de lui bien sur , je lui demande pourquoi le 15. « Bien j’aurais pu faire n’importe quoi le 16 le 20 le 18 , j’ai pas réfléchi ». Il voulait tous simplement avoir un taxi pour l’emmener à son endroit choisi par lui. 

    Mais la déception  nous l’emmenons à l’opposé. Mais il me dit « quand vous aurez 5 mn passez boire un café, car vous avez bien le temps ? » , je ne  lui ais pas répondu , mais c’est vrai que pour une urgence pareil on n’est plus à 5 mn pour faire le taxi.
  • Rémi : Appel samu pour femme 30 ans qui c’est cogné le gros orteil… Voiture devant la maison. Mais ses enfants mangeaient donc elle a appelé le samu…
  • Catherine : Appel samu 23h30 pour un panari, personne qui loge à 5 mn à pied de l’hosto. C’était pour avoir une dispense pour le sport, pas mal !!!!!!!!!
  • Laetitia : Quand j’étais adolescente, le SAMU est venu dans mon quartier. Plus tard, on m’a dit que le couple qui faisait l’amour, est resté coincé…euh comment dire….. »l’un dans l’autre »…
  • Jérôme :  Appel Samu pour une femme de 40 ans dont l’appareil dentaire a explosé et a embroché la langue et la gencive. Je vous avoue que là je savais pas trop quoi faire.

    Sinon j’ai aussi un monsieur âgé, avec gangrène du pied et totalement délirant, faire une inspection de la plaie avec l’odeur plus un monsieur qui vous explique qu’il a construit un réacteur à fission pouvant alimenter une ville complète, qu’il a aussi rencontrer des extraterrestres qui vont l’aider à repousser l’invasion des musulmans.

    Je vous jure vous trouvez le temps long surtout quand vous entendez votre collègue dire, « ah mince je me suis gouré sur le bilan, faut que je recommence « .
  • Karim : Appel 15 pour un bilan rapide : trauma de l’oeil chez un enfant de 6 ans. A l’ arrivée c’ était deux frère qui chahutaient et l’un d’entre eux à pris le doigt dans l’oeil… o_O
  • Chris : Il y a quelques années, appel pour un mec d’une tite quarantaine, délirant, et pour cause : d’après ses dires, il s’était fait tirer dessus par des snipers sur l’immeuble d’en face (qui au demeurant était une maison de plain pied), s’était recousu à la Rambo, voyait sa tante (décédée) faire des « trucs » avec un inconnu face à sa fenêtre, et a accepté de nous suivre parce qu’il en avait marre des guêpes électroniques (si si je vous jure) qui l’attaquaient dans son salon. Mémorable. Je sais pas ce qu’il avait pris mais…. c’était violent !!!

    Ou un autre, complètement saoul, qui était rentré par effraction chez son ex. Il s’était totalement dessapé et avait enfilé un body string en dentelle de cette dernière avant de se coucher ds son lit…. Je vous laisse imaginer le spectacle. Il a quand même fallut insister pour lui faire enfilé au moins un Jean avant le transport.
  • Audrey :  Des collègues ont fait tout aussi bien , ils ont décalé chez une dame car elle n’arrivait pas a garer sa voiture dans le garage, c’etait bien la première fois que ça lui arrivait donc le samu a voulus verifier si elle ne perdait pas la tête
  • Francis : 21h, appel 15 : suspicion de fracture poignet. Nous arrivons chez la patiente, alitée, 72 ans qui explique qu’ elle est tombée sur la main et qu’elle pense s’être cassé le poignet. C’est aussi l’avis de son mari. A l’examen : pas de déformation, pas d’hématome ni de paresthésies, rien !

    Quand je lui demande l’EVa : 0 ! Intrigué, je la questionne sur le pourquoi du comment et là elle me répond : « Ah mais non, j’ai pris un Doliprane 500, 5 minutes avant votre arrivée, c’est pour ça que j’ai plus mal ». Le 15 nous demande de transporter et dans l’ambu elle m’avouera qu’elle ne voulais pas rester avec son mari  « parce qu’il a toujours raison… » ! 
  • Marshall : Appel 15 pour Tampax coincé dans le vagin
  • Marion : Appel 15 pour un homme bloqué du dos… On arrive au domicile, l’homme était bloqué du dos effectivement mais sur ses chiottes… Impossible de le relever car douleur ++. Evidemment, tout petit wc exigu… On a réussi à le sortir de là, le slip sur les chevilles.

    Ensuite, ben je l’ai coquillé assis, pas banal mais pas le choix. J’ai oublié de dire que nous étions deux ambulancières… Monsieur était plus que gêné, sa femme aussi mais j’ai réussi à dérider tout le monde. La position sur le brancard, coquillé quasi-assis ça valait son pesant de cacahuètes…
  • Chakib : Une sortie pour une personne avec douleur aux dents qui aurait avalé 9 Doliprane. Donc mon DEA m’explique qu’il y a un risque d’intoxication sévère … Arrivé sur les lieux la prise des 9 doliprane était sur plusieurs jours […] et cerise sur le gâteau, la personne a mis de la Lysopaïne ( pour les maux de gorge) sur sa dent douloureuse ! On était mort de rire…
  • Christophe : Plaie de la verge … Mademoiselle avait un appareil dentaire et …lors d’une fellation…couic….

Un grand merci pour le partage

Un très grand Merci à tous les membres du groupe facebook « Ambulancier de A à Z » pour m’avoir permis de lister toutes ces lignes. Rassurez vous tout n’est pas là : entre ce qu’il reste de côté et celle à venir… N’hésitez pas à partager vos anecdotes, histoires ou autre promis je les publierais 🙂

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Medic Assistance (SARL Ambulances Arc en Ciel IDF)

Medic Assistance (SARL Ambulances Arc en Ciel IDF)

Présentation de l’entreprise Medic Assistance

Medic Assistance est une SARL créée en 1997, dans ses débuts, il s’agissait d’une entreprise de transports sanitaires traditionnels. Depuis 2007, nous avons abandonnés la pratique traditionnelle pour nous spécialiser dans les transports infirmiers inter-hospitaliers pédiatriques et adultes avec 6 ambulances paramedicalisées.

En 2010, nous avons fait le choix de développer la partie rapatriements sanitaires aériens en partenariat avec un avionneur de l’aéroport de Paris – Le Bourget. Nos équipes d’ambulanciers et d’infirmiers sont donc amenés à se retrouver aussi sur terre que dans les airs accompagnés d’un médecin. En 2013, nous ouvrirons une Unité de Transports Médicalisés avec 1 ambulance armée comme un SMUR sur le plan matériel et personnel : ambulancier DE + Infirmier + Médecin.

Quelques chiffres :

En 2011, nos équipes ont éffectuées plus de 3000 transports paramedicalisés, 17 rapatriements sanitaires.
En 2012, nous avons déjà effectué plus de 3300 transports paramedicalisés.

La séance questions réponses de l’ambulancier pour les nuls à monsieur David AUDIBERT, superviseur chez Medic Assistance :

Bonjour monsieur AUDIBERT, pourriez vous nous expliquer comment vous en êtes venu à devenir ambulancier ? Qu’est ce qui a motivé ce choix ? Vocation ?

J’ai débuté à l’âge de 12 ans comme Jeune Sapeur-Pompier puis sapeur-pompier volontaire à 16ans. C’est donc naturellement que je me suis tourné vers le monde du transport sanitaire ; au début comme « BNS » pendant 2 ans avant de passer mon CCA au CESU du CHU d’Amiens.

Vous êtes chef d’entreprise actuellement, comment s’est passé votre installation en tant que tel ? Vous avez rencontré des difficultés particulières ? A l’heure actuelle est-ce un choix que vous recommanderiez à des ambulanciers désireux de s’installer ?

Je ne suis pas tout à fait chef d’entreprise, j’occupe la fonction du Superviseur dans la société dans laquelle j’ai commencé en qualité d’ambulancier CCA. J’ai participé à la mise en place de notre 1ère ambulance paramedicalisée en 2007, j’ai ensuite occupé le poste de régulateur et désormais celui de Superviseur. J’ai en charge les relations avec les établissements de santé, la gestion du personnel, les plannings… En collaboration avec le Directeur d’exploitation.

Comment est venue cette idée de mettre en place cette spécialité de transport ? Quelles ont été les difficultés pour mettre en place ce genre de service ?

En nous spécialisant dans le transport paramedicalisé, nous avons répondu à une demande croissante des unités de soins en Ile de France afin de décharger les SMUR de certains transports qui ne nécessitaient pas de médecin durant le transport. Nous avons rencontré plusieurs difficultés :

· Recruter des infirmiers ayant les connaissances et compétences nécessaires
· Investir dans le matériel
· Respecter les exigences de la DDASS (désormais ARS)
· Augmenter le niveau de compétences des ambulanciers

Quelles sont vos missions au quotidien en dehors du transport sanitaire classique ?

Depuis 2010 nous n’effectuons plus de transports sanitaires traditionnels, nous nous consacrons uniquement aux transports paramedicalisés adultes et pédiatriques, aux transports médicalisés et aux rapatriements sanitaires aériens. 

Quelles types de structure font appel à vous et est-ce que la présentation de ce type de transport fut bien acceptée par les organismes de santé ?

Nous nous adressons essentiellement aux établissements de santé : services de pédiatrie, de réanimation, de soins intensifs, d’urgences…. Nos prestations ont toujours été bien accueillies par les services : augmentation de la qualité des transports, sécurisation par la présence d’un infirmier et économies par rapport au coût d’un SMUR. 

Sur le plan du recrutement comment cela s’est passé au moment de la bascule d’activités classique vers la spécialisation transport infirmier ? Des difficultés pour convaincre les IDE de vous joindre à ce projet ?

Le recrutement a été long car nous avons été très sélectif quant aux CV des infirmiers : nous leur réclamons une expérience pédiatrique d’un an minimum. Tous ont dès le départ été très enthousiastes. De plus, nous leur proposons une rémunération supérieure à la majorité des employeurs d’Ile de France.

Comment vos ambulanciers voient-ils cette spécialisation ?

Ils sont fiers et motivés, le rôle de l’ambulancier est mis en valeur par la création du binôme ambulancier / infirmier. Sur le plan rémunération nous n’appliquons plus de coefficient de réduction des heures travaillées (accord cadre), nous avons mis en place une prime « qualité », des tickets-restaurant et ils bénéficient (tout comme les IDE) d’une complémentaire santé prise en charge en partie par l’entreprise. 

Votre entreprise engage t’elle des moyens de formation/recyclage pour vos personnels ?

Nous venons de mettre récemment de mettre en place un plan de formation : formation pédiatrique, conduite de véhicule sanitaire en situation d’urgence, recyclage AFGSU 2 etc…

Sur le plan matériel est ce que vous, en tant que chef d’entreprise, jugez-vous important d’investir dans des équipements supplémentaires en plus des normes obligatoires ? Des exemples éventuels ?

En transports paramedicalisés nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir du matériel défaillant ; c’est pourquoi nous renouvelons régulièrement nos ambulances et le matériel embarqué. Par exemple, nous venons d’acquérir un Lifepak 15 pour un projet qui devrait se mettre en place dans les mois qui suivent, ce matériel est 20% plus cher qu’un équivalent, mais il offre une robustesse plus important, c’est très important pour nous.

Je me permets de vous demander une vision d’avenir : le futur des entreprises de transport sanitaire vous le voyez comment ? Quelles sont vos attentes en tant que chef d’entreprise ?

La législation sur le transport sanitaire change régulièrement, les ambulanciers ne sont toujours pas considérés comme acteurs de la chaîne de soins. Il me parait important de faire évoluer la formation et les prérogatives des sociétés d’ambulances.

L’avenir de notre profession : Au vu de votre expérience pensez-vous que l’actuel cursus est suffisamment complet ou existe-t-il un manque et si oui lequel ?

Comme je le disais juste avant, la formation des ambulanciers est incomplète, trop courte, pas assez sélective. De plus, il me semble logique que la formation au DEA soit assurée par des organismes d’État et non par des organismes lucratifs.

Je me permets cette question un peu osée mais lorsque l’on parle des entreprises de TS on parle beaucoup et (trop) souvent de patrons fraudeurs, quelle est votre avis sur la question ? 

Il y a et il y aura toujours des fraudeurs… Il me semble pourtant que les contrôles s’accentuent. 

Le regard du public et du milieu médical sur la profession est assez désastreux. Selon vous quels seraient les axes d’effort à faire pour avoir une image responsable de notre profession ?

A mon avis, la profession devrait être plus harmonisée : en terme de véhicules (marquages), d’uniforme, de législation, de formation, de rémunération… 

Merci à monsieur David AUDIBERT pour avoir pris le temps de répondre à mes questions et pour l’échange chaleureux sur l’entreprise !

retrouvez l’entreprise sur le web à cette adresse : http://www.medic-assistance.com/

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

Urgence diabétique : présentation

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Les urgences diabétiques représentent une part appréciable des appels aux services d’ambulance.  Nous en réviserons donc le processus ainsi que les signes et symptômes, et nous terminerons avec l’intervention préhospitalière appropriée lors d’un épisode diabétique.  Le diabète auquel nous nous intéresserons dans cet article est le diabetes melitus, ou diabète sucré.  D’autres formes de diabète existent, dont le diabète insipide.  Le diabète sucré est le seul où la glycémie du patient peut présenter un problème.

D’un côté physiologique, ce sont deux hormones qui sont responsables de maintenir la glycémie dans les limites acceptables selon les besoins.  Le glucagon est une hormone hyperglycémiante sécrétée par les cellules alpha des ilots de Langherans du pancréas.  Le glucagon va favoriser la libération de glucose dans le sang en activant la néoglycogénèse hépatique.  Autrement dit, le glucagon va provoquer la sortie des réserves de glucose du foie.

L’insuline, sécrétée par les cellules bêta des ilots de Langherans, a de son côté a deux rôles distincts.  Premièrement, elle provoque la mise en réserve du glucose dans le foie, étant donc antagoniste au glucagon à ce niveau.  De plus, l’insuline est nécessaire pour faire pénétrer le glucose dans la plupart des cellules.  Une exception notoire à ce phénomène est la cellule cérébrale, qui peut assimiler le glucose sans avoir recours à l’insuline.  Ce détail prendra toute son importance dans la prochaine section.

Lors d’un effort physique ou d’un stress le glucagon est libéré, entraînant donc une augmentation de la glycémie afin de « nourrir » correctement les muscles en énergie.  De même, lors de la digestion, l’insuline veillera à entreposer des réserves de glucose dans le foie.

Hypoglycémie, hyperglycémie…

Les signes et symptômes de l’hypoglycémie et de l’hyperglycémie peuvent facilement être confondus si l’on n’y porte pas une attention suffisante.  En effet, dans les deux cas le patient pourra présenter de la polyurie et de la  polydipsie, une grande fatigue et même de l’apathie.  Cependant, certains signes plus subtils nous permettent d’identifier plus précisément le trouble auquel nous sommes confrontés dans notre pratique préhospitalière.

Lors de l’hypoglycémie le corps entier manque de glucose, y compris le cerveau.  Le cerveau n’ayant pas besoin d’insuline pour assimiler le glucose, ce sera un des derniers organes à montrer des signes d’hypoglycémie.  Le signe le plus marquant de l’hypoglycémie cérébrale est l’altération du niveau de conscience. 

Le patient sera de plus en plus somnolent, pour éventuellement sombrer dans l’inconscience.  Mais avant l’altération du niveau de conscience, on pourrait observer des tremblements, une peau pâle, moite et froide, de la confusion, des étourdissements, une grande fatigue physique ou un épuisement.  Ces signes sont dus au fait que tous les tissus du corps manquent de glucose. 

Ils n’ont donc plus d’énergie pour fonctionner convenablement.  Et comme l’encéphale continue de son côté à assimiler le glucose jusqu’à ce qu’il disparaisse presque complètement, l’état de conscience du patient sera le dernier paramètre à être altéré.

Pour l’hyperglycémie, le problème n’est pas le manque de glucose mais plutôt le manque d’insuline.  Le sang est donc très « sucré », mais les cellules ne peuvent pas assimiler ce glucose.  Les cellules sont donc hypoglycémiques, même si le sang est très chargé en sucre.  Et le glucose étant une grosse molécule comparativement aux autres composantes du sang, il aura un effet direct sur l’osmolarité sanguine. 

Le sang devenant plus « épais » nous pourrons observer une augmentation de la soif, puisque le système voudrait bien diluer un peu ce sang afin qu’il circule plus facilement.  De même, du fluide sera récupéré de l’espace interstitiel, ce qui entraînera une déshydratation cellulaire qui augmentera la sensation de soif.  Les cellules manquant de glucose enverront donc des messages au cerveau afin de faire libérer encore plus de glucose dans le sang, en utilisant les réserves de tissus adipeux.  Une cellule adipeuse peut libérer rapidement ces réserves de glucose, mais avec un prix à payer.

Ce prix est la libération simultanée de corps cétoniques volatiles, qui sont acides.  Le pH sanguin va donc diminuer, le sang devenant plus acide.  L’acidose sanguine entraîne un état d’agressivité et de confusion chez le patient hyperglycémique.  De plus, les corps cétoniques sont évacués par la ventilation, ce qui contribue à donner une haleine fruitée au patient. 

Nous nous retrouvons donc devant un patient agressif et confus, ayant une peau rouge et tiède/chaude et présentant une haleine fruitée.  Vous aurez compris que ce patient a toutes les chances du monde de passer pour un individu en état d’ébriété avancé, alors qu’il a un problème glycémique majeur, pouvant le mener au coma, puis au décès.  La dernière phase de l’hyperglycémie est en effet un coma profond, souvent suivi de convulsions et du décès du patient si l’état n’est pas traité rapidement.

Traitement de l’urgence diabétique

Donc, comment traiter un patient souffrant d’un trouble diabétique ?  Il est plus facile de faire le bon traitement si l’on sait de quel côté de la glycémie se trouve le patient.  Un patient hypoglycémique a besoin de glucose pour rétablir sa glycémie et alimenter correctement ses tissus en énergie ; alors qu’un patient hyperglycémique devrait recevoir rapidement un hypoglycémiant afin de faire entrer le glucose sanguin dans les tissus.

Une bonne observation du patient est donc une phase cruciale de l’intervention auprès du patient diabétique dans un contexte préhospitalier.  Un patient pâle et diaphorétique, confus et somnolent a de fortes chances d’être hypoglycémique.  Cette suspicion peut être facilement confirmée par l’obtention d’une glycémie capillaire, qui nous indique la valeur exacte de la glycémie du patient.  Si l’on soupçonne une hypoglycémie, il convient de fournir du glucose au patient. 

La première méthode, si l’état de conscience du patient le permet, consiste à lui faire manger (ou boire) une substance sucrée.  L’idéal, pour éviter les hypoglycémies secondaires, est d’utiliser une combinaison de sucres rapides et de sucres lents.  Par exemple, une tartine (l’amidon présent dans le pain est un sucre lent) accompagnée d’un jus d’orange ou de pomme (le fructose est un sucre intermédiaire) auquel on aura ajouté une ou deux cuiller à café de sucre blanc (le glucose est un sucre rapide). 

Certains composés sucrés sont aussi proposés par les compagnies pharmaceutiques pour traiter les épisodes hypoglycémiques.  Ces composés ont l’avantage d’avoir été conditionnés pour être facilement transportables et disponibles en cas de besoin.  Il peut s’agir d’un gel dans un tube, ou de comprimés à mastiquer.

Si le patient n’est pas en mesure de protéger adéquatement ses voies respiratoires ou que son état de conscience est tellement altéré qu’il n’avalerait même pas des substances sucrées insérées dans sa bouche, l’intervenant préhospitalier doit envisager des méthodes plus invasives.  La première est l’administration de glucagon intramusculaire ou sous-cutané. 

Le glucagon faisant en sorte que le glucose mis en réserve dans le foie en est extrait, la glycémie du patient devrait remonter.  La faiblesse du traitement au glucagon est que si les réserves hépatiques sont épuisées, le glucagon ne servira à rien.  Les paramédics de niveau avancés ont dans leur arsenal un autre composé.  Il s’agit du D50W IV.  Autrement dit, un composé composé à 50% de dextrose à administrer directement dans la veine du patient.

Les effets de ce traitement, qui consiste donc à injecter directement une substance sucrée dans la circulation du patient, sont spectaculairement rapides et ne dépendent aucunement de la présence ou non de réserves de glucose dans le patient.  Un patient peut être en plein délire, pour reprendre tout à coups contact avec la réalité dans les secondes qui suivent l’administration du dextrose. 

Malheureusement, cette intervention nécessite absolument une cathéterisation d’une veine.  En effet, si le dextrose se retrouve dans le milieu interstitiel il y aura nécrose des cellules environnantes.  De même, si le patient reçoit trop de dextrose, il peut développer un œdème cérébral fatal.

Considérons maintenant le traitement de l’hyperglycémie.  Le premier défi consiste à identifier correctement l’état hyperglycémique, qui peut facilement passer pour une intoxication alcoolique.  Chez un patient coopératif, l’obtention d’une glycémie capillaire est toujours le moyen le plus simple et le plus fiable de déterminer exactement l’état du patient. 

Et ce n’est pas parce qu’un patient a bu qu’il ne peut pas être diabétique.  Une histoire récente de consommation alcoolique ne nous permet donc pas d’écarter un épisode hyperglycémique.  Outre l’identification précise du problème et le transport rapide au centre hospitalier, il n’existe pas d’autres traitements préhospitaliers. 

Le patient devrait normalement recevoir une forte dose d’hypoglycémiant, notamment de l’insuline, qui doit être soigneusement dosée en fonction de la glycémie du patient, mais aussi en fonction de sa corpulence.  Il est donc préférable que cette intervention se déroule en milieu hospitalier.

En conclusion

En terminant, j’aimerais vous rappeler que les signes et symptômes, surtout neurologiques,  d’un épisode diabétique peuvent fortement ressembler à un accident vasculaire cérébral.  Il est donc important de s’assurer que notre patient qui semble diabétique ne soit pas en fait en train de subir une attaque cérébrale.  De même, un patient présentant des signes d’AVC devrait toujours être évalués pour un problème diabétique.

Paramédicalement

Sébastien Gagnon, ACP
Paramédic en Soins Avancés

Note du webm@ster : article à caractère informatif, n’oubliez pas les limites de votre champ de compétences ! ! ! 

Choc : physiopathologie

Choc : physiopathologie

Le choc : définition

Le choc est une condition qui met la vie du patient en danger. Lors d’une attaque cardiaque, d’un traumatisme massif, d’une septicémie ou encore d’une réaction anaphylactique, c’est le choc qui va finir par tuer le patient.  L’intervenant préhospitalier peut amenuiser l’impact du choc sur le patient, à condition d’en reconnaître les signes et symptômes précoces.  Nous réviserons donc la physiopathologie du choc. Les autres aspects seront abordés dans des articles subséquents.

Préambule :

De l’importance de la tension artérielle. La pression artérielle mesure plusieurs paramètres. La pression artérielle systolique mesure la force exercée sur le sang par le ventricule gauche. Elle est un indicateur direct du travail du cœur. La pression diastolique de son côté nous renseigne plutôt sur l’état des vaisseaux sanguins, puisque c’est la pression qu’ils exercent sur le sang. C’est la pression diastolique qui permet le retour sanguin au cœur ; c’est donc dire que le débit cardiaque dépend directement de la pression diastolique.

Un autre paramètre dépend des pressions systolique et diastolique. Il s’agit de la pression artérielle moyenne (PAM). La PAM est aussi connue sous le nom de pression de perfusion. C’est en effet grâce à cette pression que l’O2 et les nutriments peuvent quitter le milieu vasculaire pour se retrouver dans le milieu interstitiel.  Pour que ces déplacements puissent se faire normalement, il faut que la PAM soit de 60 mmHg au minimum. En deçà de cette valeur, l’O2 ne traverse plus la paroi des capillaires, et les tissus ne sont plus perfusés. (Pour mémoire, la PAM est calculée en additionnant un tiers de la PA systolique et deux tiers de la PA diastolique).

Le corps humain réagit donc immédiatement lorsqu’il sent une diminution de la PAM.  Une baisse marquée de la PAM va déclencher un choc.  Nous verrons plus bas les causes du choc, classées selon le facteur qui entraîne la baisse de la PAM.

Déroulement du choc

Le choc commence par une baisse de pression artérielle, qui va entraîner une diminution de la perfusion tissulaire (PAM, passage de l’O2 des artérioles vers le milieu interstitiel). Pour que la perfusion tissulaire se fasse de façon convenable, il faut que trois conditions soient satisfaites :

  • Un cœur assurant adéquatement ses fonctions ;
  • Une quantité de sang adéquate dans les vaisseaux sanguins ;
  • Des vaisseaux sanguins en bon état.

Il suffit que l’un de ces items soit affecté pour déclencher un choc. Nous verrons les types de choc selon le système affecté.

Les types de chocs

  • Les chocs dus à une défaillance de la pompe : Il y a deux types de choc qui sont dus à une défaillance de la pompe.
    • La première concerne le cœur lui-même. On parle alors de choc cardiogénique, puisque le problème est le cœur, et qu’un nouveau cœur règlerait le problème. Une grande zone du myocarde qui est infarctée et qui entrave les contractions normales, ou encore une défaillance majeure des valves cardiaques sont des exemples de conditions qui conduisent à un choc cardiogénique. L’infarctus du myocarde est la cause la plus fréquente et la plus observée du choc cardiogénique.
  • La deuxième atteint la capacité du cœur à se contracter efficacement, mais par une contrainte mécanique externe au muscle cardiaque. Par exemple, un mécanicien qui est coincé sous une voiture et qui a le thorax compressé va développer très rapidement un choc obstructif. La tamponnade péricardique ou le pneumothorax sous tension sont aussi des causes de choc obstructif.

Un cœur malade ou entravé n’est pas en mesure de pomper adéquatement le sang vers l’ensemble des tissus. Le débit cardiaque est diminué, et la pression artérielle en dépend directement. Donc, la pression artérielle va baisser, et déclencher le choc.

  • Les chocs dus à une perte de liquide dans les vaisseaux sanguins. Ici aussi, deux types de choc peuvent être observés :
    • Le choc hypovolémique implique une perte de fluide corporel, peu importe la cause (vomissements, diarrhées, déshydratation, brûlures étendues, etc.). Dans ce type de choc, les cellules perdent leur liquide, il vont donc aller en chercher dans le milieu interstitiel (autour des cellules), qui va à son tour aller en chercher dans les vaisseaux sanguins. Le sang, composé à environ 70% d’eau, va en perdre une bonne partie au profit du milieu interstitiel. Le volume sanguin va donc diminuer.
    • Le choc hémorragique, comme son nom l’indique, implique une perte de sang complet. L’hémorragie peut être interne, externe ou occulte, cela ne fait aucune différence. Il n’en demeure pas moins que la quantité totale de sang est diminuée.

 Notre corps ne contient pas assez de sang pour perfuser tous les tissus à la fois. Il y a donc une perfusion sélective qui contrôle la quantité de sang envoyée aux différents tissus selon les besoins. Une perte de volume sanguin va donc faire baisser la pression artérielle dans le corps, puisque les réserves de liquides sont très restreintes et difficilement accessibles.

  • Les chocs qui atteignent les vaisseaux sanguins. Une dilatation subite des vaisseaux sanguins entraîne une diminution de la pression artérielle tout aussi subite. De même, l’augmentation de la perméabilité des capillaires va laisser passer plus de fluides vers le milieu interstitiel. Plusieurs chocs sont classés dans la catégorie des chocs vasogéniques ou distributifs.
    • Les chocs neurogénique et spinal découlent directement de la perte de l’influx nerveux commandant les contractions des vaisseaux sanguins. Lorsqu’aucun influx nerveux ne parvient aux vaisseaux, ceux-ci se relâchent automatiquement.  Lors d’un choc neurogénique, le problème vient de l’encéphale lui-même.  Il n’est alors plus en mesure d’envoyer ses influx. Une commotion cérébrale, un traumatisme crânien, une tumeur ou l’œdème cérébral sont tous des causes de choc neurogénique. Dans le cas du choc spinal, c’est la compression ou la rupture du rachis qui est en cause. L’influx nerveux est donc bien généré au niveau de l’encéphale, mais sa transmission est bloquée par la blessure du rachis, qui n’est plus en mesure de transmettre le message aux vaisseaux cibles.
  • Les chocs toxique et septique, qui sont causés par des infections du sang (septicémie) ou des toxines (toxémie), provoquent une vasodilatation généralisée de même que l’augmentation de la perméabilité des capillaires. C’est une conséquence du relâchement des médiateurs inflammatoires dans le sang.  Dans ces deux cas, en plus de la vasodilatation, on observe un déplacement de fluides du milieu vasculaire vers le milieu interstitiel.
  • Le choc anaphylactique, en réponse à une allergie, va provoquer la même séquence de vasodilatation et d’augmentation de la perméabilité que les chocs précédents. En plus, l’œdème des voies respiratoires peut entraîner une hypoxie qui va empirer et accélérer la cascade du choc.
  • Pour les chocs distributifs, on observe une hypovolémie relative puisque le volume total des vaisseaux sanguins augmente rapidement d’une part; et qu’une quantité appréciable de fluides va migrer vers le milieu interstitiel, d’autre part.

La présence d’un seul ou d’une combinaison de ces phénomènes va entraîner une diminution de la pression artérielle. Le corps a des mécanismes de compensation pour pallier à cette chute. Ces mécanismes sont toujours les mêmes, peu importe l’étiologie du choc en question.

Tous ces mécanismes compensatoires visent le rétablissement de la pression artérielle, et certains tissus seront sacrifiés dans cette bataille. Nous verrons les mécanismes de compensation, les signes et symptômes et les traitements spécifiques dans des articles subséquents.

tension artérielle - choc - physiopathologie
Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

L’asthme c’est quoi ?

L’asthme est une affection communément rencontrée dans un contexte préhospitalier. Nous réviserons la pathophysiologie de l’asthme, ses signes et symptômes, et les traitements appropriés. L’asthme peut être due à différents facteurs comme la pollution environnementale, les allergies, l’effort physique ou une combinaison.  On peut aussi retrouver différents degrés selon lesquels les patients seront affectés par leur maladie. Certains contrôlent très bien leur asthme au moyen de leur médication et peuvent mener une vie presque normale, alors que d’autres seront très handicapés par leur condition, au point d’être hospitalisés à de nombreuses reprises pour arriver à contrôler les symptômes. L’asthme est une maladie chronique qui peut être contrôlée mais non guérie. Certains patients qui sont asthmatiques pendant leur petite enfance peuvent voir leur asthme disparaître à l’adolescence, puis réapparaître à l’âge adulte, alors que d’autres auront des symptômes persistants tout au long de leur vie.

Pour décrire la crise ou l’attaque d’asthme, il faut comprendre que la lumière bronchique (et donc le passage de l’air) est fortement diminuée par 3 facteurs. L’inflammation des muqueuses qui tapissent l’intérieur de la bronche, combinée à la bronchoconstriction et à la surproduction de mucus fait en sorte que le passage de l’air est très difficile non seulement lors de l’inspiration, mais aussi lors de l’expiration. C’est cette difficulté à expirer qui fait qu’un asthmatique chronique aura tendance à expirer avec les lèvres pincées et qu’il développera un thorax dit « en tonneau ».

La personne en crise asthmatique peut se reconnaître à certains signes, le premier étant une dyspnée modérée à sévère accompagnée ou non de sibilances ou de toux. La position du patient peut aussi être un bon indicateur.  Le patient en crise asthmatique aura tendance à adopter une position assise (il tolère très mal la position couchée) ou une position où il est penché vers l’avant, avec les bras appuyés sur une surface dure comme une chaise ou une table.  Cette position facilite la ventilation en permettant une meilleure expansion thoracique.

Les sibilances (wheezing) sont un signe presque certain de constriction des bronches. Ils peuvent cependant être observés chez les patients présentant une obstruction partielle des voies ventilatoires. Le stridor est un autre son respiratoire, mais son origine est plus haute dans l’arbre trachéo-bronchique. Alors que les sibilances viennent des bronches et des bronchioles le stridor, quant à lui, vient plutôt de la trachée et du larynx, incluant les cordes vocales. Les sibilances peuvent être entendues seulement lors de l’auscultation ventilatoire, ou encore à l’approche du patient, sans devoir procéder à l’auscultation. Il peut être inspiratoire, expiratoire, ou les deux.  C’est le signe le plus commun de la crise asthmatique. Par contre, son absence ou sa présence ne devrait pas être considérée comme un point de décision absolu dans le traitement. En effet, en cas de bronchoconstriction très sévère, les sibilances peuvent être absentes. Il y a donc d’autres signes et symptômes à considérer.

Outre la position du patient et la présence (ou absence) de sibilance, il y a aussi lieu de considérer l’état général du patient, la couleur et la texture de sa peau, son niveau d’activité et d’orientation et, si disponible, sa saturométrie.

Le problème réel du patient asthmatique n’est pas seulement son incapacité à faire entrer l’oxygène dans ses poumons, mais aussi à faire sortir le dioxyde de carbone de son sang. La mauvaise oxygénation peut entraîner la cyanose (d’abord périphérique puis centrale) et la position tripode. L’accumulation de CO2 dans le sang peut entraîner l’acidose, ce qui causera éventuellement de la faiblesse, de la confusion, de l’apathie et éventuellement de l’inconscience.

Les efforts ventilatoires du patient pourraient éventuellement déclencher l’utilisation des muscles accessoires de la ventilation, ce qui se entraînera le tirage intercostal et/ou sous-diaphragmatique, de même que l’utilisation des muscles sterno-mastoïdiens. Chez le jeune enfant, on pourrait aussi observer le battement des ailes du nez.

Prise en charge ambulancière

La prise en charge préhospitalière de la crise d’asthme implique autant une évaluation précise de la condition du patient qu’un traitement adéquat de sa crise. Outre les questions habituelles (OPQRST-SAMPLE), il serait pertinent de s’enquérir du niveau de dyspnée du patient, tout en étant attentif à sa façon de s’exprimer.  En effet, un patient qui est dyspnéique au point de ne pouvoir dire que 2 ou 3 mots entre chaque ventilation est dans un état extrêmement sérieux, voir critique.  Aussi, les informations sur les crises précédentes sont très pertinentes.  Si le patient a été intubé ou hospitalisé longuement suite à une crise, on peut s’attendre à ce que son état soit difficile à gérer.  Enfin, la saturométrie (ou oxymétrie de pouls, SPO2) peut donner une bonne indication mais n’est cependant pas un critère diagnostic absolu.  Obtenir rapidement une saturométrie sur les lieux, pour ensuite la comparer avec la valeur obtenue une fois les traitements initiés peut être utile, mais n’est pas essentiel.  De même, il n’y a pas de valeur de saturométrie établie pour indiquer la gravité de l’état du patient.  Certains patients ont des SPO2 moins élevées à cause de conditions médicales pré-existantes, notamment les patients souffrant de troubles ventilatoires chroniques.

Au chevet du patient, il sera important d’administrer rapidement de l’oxygène à haute concentration au patient dans les délais les plus brefs. Puisque ce patient est potentiellement hypoxique, l’oxygène d’appoint ne peut que l’aider. Et ceci est vrai même dans le cas d’un patient atteint d’un trouble ventilatoire chronique (Bronchopneumopatie Obstructive Chronique – BPOC, notamment l’emphysème, la bronchite chronique et la pneumonie). En effet, même si ces patients peuvent éventuellement subir un arrêt ventilatoire suite à l’administration d’oxygène supplémentaire (à cause du stimuli hypoxique), cette conséquence est tardive et prend quelques heures à s’installer.

Outre l’oxygène d’appoint, la position semi-assise ou assise est très nettement préférable à la position couchée. En effet, la position couchée met une contrainte supplémentaire sur l’expansion thoracique, et donc sur les mouvements ventilatoires.  Un patient présentant une dyspnée sévère, quelle qu’en soit la cause, ne devrait jamais être couché.  D’ailleurs, demander au patient dans quelle position il dort peut aussi être un bon indice. Un patient qui doit dormir assis dans un fauteuil ou avec de nombreux oreillers pour garder une position semi-assise indique un trouble plus sévère et potentiellement plus difficile à gérer.

La ventilation à pression positive peut aussi être envisagée, surtout dans les cas de crise asthmatique très grave. Un patient présentant une forte diminution de ses mouvements ventilatoires, pouvant être accompagnée par une altération de l’état de conscience, par une cyanose centrale, une diaphorèse profuse et une diminution ou une absence des sons ventilatoires à l’auscultation. Il faut cependant être prudent lors des ventilations à pression positive, afin d’éviter de provoquer un pneumothorax.  En effet, l’air entre difficilement dans les poumons, mais en ressort aussi difficilement.  Une légère pression sur le thorax lors de l’expiration peut même être bénéfique.

Évidemment, la médication reste la meilleure façon de stabiliser le patient. Un bronchodilatateur à action rapide, comme le salbutamol, est indiqué dès le début des symptômes. Son effet sur les récepteurs adrénergiques β2 provoque la relaxation des muscles bronchiques, réduisant ainsi le bronchospasme. Dans les cas plus graves, l’épinéphrine peut aussi être considérée, encore là pour l’effet sur les mêmes récepteurs, mais de façon beaucoup plus efficace.

Rédigé par : Sébastien Gagnon, ACP, AEMCA, TA-P Paramédic en Soins Avancés. Canada.

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey, présentation

Aujourd’hui je vous présente monsieur Christophe DURRHEIMER gérant de la société Ambulances du Val d’Orbey en Alsace. Jeune et dynamique il a accepté mon « interview » avec beaucoup de gentillesse et a surtout pris le temps de répondre à mes nombreuses questions. Portrait d’un jeune chef d’entreprise qui nous dévoile le quotidien d’un « patron » :

Bonjour monsieur DURRHEIMER Pourriez vous présenter votre entreprise (missions, personnels, moyens) ?

Mon entreprise : Ambulances du Val d’Orbey (www.ambulances-web.com). Nous assurons l’ensemble des missions propres aux ambulanciers français, à savoir : transport sanitaire en VSL et ambulance pour des interventions de type « classique » et missions d’urgence (sur demande des médecins locaux et SAMU 68). Nous disposons de 3 VSL et de 2 ambulances. Nous sommes 4 Ambulanciers DE, 2 Auxiliaires Ambulanciers et une Assistante de Direction. Une équipe de renfort (vacataires) est également présente (1 ADE et 3 Aux).

Parlons un peu de vous… Quel est votre parcours professionnel et comment en êtes vous arrivé à devenir chef d’entreprise ? Qu’est ce qui vous a poussé dans cette voie ?

Ma formation scolaire initiale s’est orientée vers le nucléaire en tant qu’agent d’assainissement radioactif, métier que j’ai exercé peu de temps, en définitive, puisque j’ai été appelé sous les drapeaux. J’ai effectué mon service national à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris sur une période de 18 mois, en service actif en « Interventionnel ».

C’est à l’issue de ce service que j’ai trouvé ma voie, et en l’espèce, mon premier emploi en tant qu’auxiliaire – qu’on appelait à l’époque « chauffeur BNS » – (rires). J’ai occupé ce poste pendant un an avant d’être embauché dans une très grosse structure du Centre Alsace, m’ayant donné l’opportunité d’être formé au diplôme du CCA en 1995.

 En 2000, j’ai pris la tête de l’agence principale de cette « nébuleuse », puis j’ai mis en route d’autres agences annexes sous la même direction avant de me retrouver bombardé DRH du Groupe, comptant environ 150 ambulanciers.

En 2005, j’ai été recruté par un cabinet de conseil afin de faire du conseil en management de sociétés d’ambulances, m’obligeant, de fait, à quitter ce groupe dans lequel j’avais fait mes armes.J’ai donc été consultant durant deux ans avant d’avoir l’opportunité de reprendre « Val d’Orbey », opportunité sur laquelle je me suis empressé de sauter, car comme le dit le dicton, « Ambulancier un jour, ambulancier toujours ».

S’installer comme Transporteur Sanitaire c’est quelque chose d’assez flou en terme d’information, pourriez vous nous résumer le chemin que vous avez suivi ?

C’est une question qui appelle une réponse trop vaste mais gros, soulignons simplement que la démarche administrative a été assez clairement définie, donc le cheminement relativement aisé. C’est plus avec les banquiers et les organismes de prêts que le problème s’est posé en ces termes.

Avez vous rencontré de grosses difficultés passées ou présentes en tant que chef d’entreprise ?

Les grosses difficultés en tant que jeune chef d’entreprise résident dans le tri à faire entre toutes les arcanes du système de taxation français (URSSAF, ASSEDIC, Retraites, Taxes Professionnelles, Taxes sur les salaires, TVA) – rires. La complexité des obligations déclaratives est d’une lourdeur infinie, pour des impôts auxquels on n’est même pas sûrs d’être assujettis. On passe des journées à remplir des déclarations pour rien, en gros.

Selon vous, pour un jeune ambulancier, se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise de Transport Sanitaire est-ce une aventure vouée à l’échec ou est-ce encore quelque chose de réalisable ? Quels sont les atouts à posséder pour accéder à ce choix ? Quels sont les critères de base à prendre en compte ?

C’est une aventure envisageable dans deux cas de figure…, mettons… extrêmes :

Soit on gère son entreprise en « immersion », à l’artisanale, sachant que tu commences ta journée le premier, et tu es le dernier à quitter ta boîte – si et seulement si tu la quitte le soir, parce que souvent, dans ce cas de figure, tu VIS au boulot.

Deuxième option, la structure est plus grande, permettant au gestionnaire de prendre une certaine distance au sens figuré, sachant que son staff va permettre de faire tourner la boîte et de la viabiliser. La prégnance pour le chef d’entreprise est donc moindre, sans pour autant que les résultats ou le bilan financier n’en souffrent. Je pense qu’aucune autre « option » n’est réellement viable.

 Les atouts à posséder… Ils sont clairs et consistent à ne pas avoir peur de prendre des risques auxquels aucun salarié ne s’expose par définition, sachant qu’en cas d’échec, c’est ta maison que tu vois partir dans les mains du banquier… Ensuite, être un « leader » dans l’âme. On ne mène pas ce type de barque sans cet cette composante du caractère, constante…

 On ne « monte pas » sa boîte. On rachète. Il faut étudier le contexte à la fois géographique, économique. Stratégiquement, on ne rachète pas une boîte trop éloignée d’un centre hospitalier de référence ou sur les bases de finances malsaines…

C’est un mauvais choix qui peut potentiellement être lourd de conséquences. La réflexion doit être posée et tenir compte de multiples facteurs dont ceux-ci, entre autres. Je trouve dommage – entre nous soit dit – que ces choix soient basés sur ces conditions economiques, au lieu de pouvoir, comme il se devrait, se faire sur les bases d’une volonté de faire du bon boulot, par amour et dévouement pour ce métier.

Pour vos recrutements : avez-vous des critères de sélection particuliers, ou recrutez-vous juste au vu du CV ?

Mon opinion et ma façon de fonctionner ne se limite pas à un profil. C’est trop réducteur. La société dans laquelle nous vivons étant multiforme et en perpétuelle mutation, mon équipe se doit de l’être aussi.

Dans ce sens, je privilégie une grande diversité des personnalités, en sus des compétences, bien évidemment, puisque c’est dans la complémentarité des personnalités et des profils, si tu préfères, qu’on obtient une équipe qui tienne la route, adaptable et réactive. Malgré tout ça, la réglementation et l’équilibre des qualifications se doit d’être respectée dans les démarches de recrutement.

Quelle est votre vision de l’ambulancier en France ? Trouvez vous qu’il existe des manques d’un point de vue formation, motivation… Quelles améliorations seraient à apporter ?

Ha-ha ! C’est un pavé qu’il faudrait écrire, alors on va tenter d’être synthétique. Dans les années 60, la France à été précurseur dans le système de prise en charge pré hospitalière. Mais elle s’est glorifiée de ce statut, en omettant au passage de se remettre périodiquement en question.

Au final, nombre de pays, après nous avoir observés, ont non seulement pris exemple mais sont allés plus loin, tandis que la France restait en panne sur la bande d’arrêt d’urgence. Notre métier et par delà, le système global de secours, aujourd’hui, bien qu’en perpétuelle mouvance, DOIT être réformé. C’est une nécessité au regard des décennies de retard accumulées, comme nous le constatons avec nos partenaires européens.

Depuis le passage du CCA en DEA avez vous remarqué une amélioration de la « qualité » des ambulanciers ? La nouvelle génération est elle plus motivée ? plus investie ? Mieux formée ?

 Ma structure étant constituée de personnels de la « génération CCA » et le turn-over étant très limité, ce que je sais et ce que je constate chaque jour, c’est que le CCA était plus orienté vers l’urgence pure, alors que cette activité n’est que très limitée (la moyenne nationale est environ de10 %). Le DEA, bien que plus évolué et cohérent, s’inscrit plus dans une philosophie « hospitalière », avec des passerelles vers le diplôme d’état d’Aide-Soignant. Le CCA DEVAIT évoluer en un diplôme type DEA, mais c’est encore tellement insuffisant au regard de notre retard…

En tant que chef d’entreprise, quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui vient vous interroger sur ce choix de métier ?
L’ambulancier idéal à vos yeux, c’est ?

Ce choix implique une dynamique changeante et adaptative par définition. Combien de fois ai-je entendu des « postulants » me dire qu’ils ont porté ce choix par gout de la conduite… Une aberration selon moi, puisque ce métier est avant tout un métier de contact nécessitant une capacité d’écoute en même temps qu’une conscience aigue de la notion d’assistance et de secours.

Alors la conduite, franchement, c’est un argument que je balaye d’un revers du bras. Un argument que je ne peux entendre ! Un ambulancier heureux est un ambulancier qui, à l’issue de sa journée, ne rentre pas chez lui en ayant l’impression d’avoir perdu son temps, ou d’avoir été « balèze » en conduite !

Un ambulancier idéal n’existe pas car en France, ce métier est tellement diversifié (taxi-sanitaire jusqu’à l’urgentiste en passant par le transport sous surveillance médicale) que tous les profils correspondent, et qu’aucun ne doit « matcher » un seul versant de ce métier multiforme. Chaque tâche ou affectation de ce métier est une « spécialisation » en soi. Un bon auxiliaire en VSL est aussi indispensable qu’un bon urgentiste… et vice-versa.

En dehors du transport sanitaire classique, participez vous à l’Aide Médicale Urgente dans votre département ? Comment se passe-t-elle étant donné la grande disparité dans les différents départements ?

Bien sûr ! Notre activité est indissociable de l’AMU… Un ambulancier qui refuse cette place dans le dispositif ne devrait pas s’appeler « ambulancier », ou du moins se réclamer de notre profession. Pour ce qui concerne le Haut-Rhin, nous sommes gérés par le SAMU-Centre 15, lui-même informatisé dans le déclenchement de la réponse ambulancière immédiate via une plateforme nommée Thélis et un système de géolocalisation.

 Parlons urgence, à l’heure actuelle beaucoup d’ambulanciers souhaiteraient participer plus activement à l’AMU au vu de leur diplôme devenu plus complet et aussi axé sur la prise en charge pré hospitalière de patient avec et sans urgence vitale.

Notre système (ndlr français) est axé sur les pompiers et leur départ immédiat, et de l’autre côté de réels freins existent : carences, sentiment de « privatiser le secours à personne ». Auriez vous votre avis sur la question ? Les ambulanciers ont ils leur place dans l’avenir du secours à personne (modèles suisses, belges, canadiens…) ?

Les ambulanciers sont mieux formés à l’évaluation clinique d’une victime contrairement aux pompiers qui appliquent de simples protocoles. Sur l’abord d’une victime, les ambulanciers sont plus à même de dessiner un tableau mono ou poly-pathologique afin d’y répondre au mieux. Nos freins se retrouvent dans notre statut : n’appartenant pas à la « fonction publique », nous ne disposons pas du financement dont bénéficient les pompiers en termes d’armement des véhicules et de moyens matériels.

C’est l’ensemble du système qu’il faudrait refondre vers un diplôme commun, par exemple… J’ajoute, pour couper court à toute réaction « à chaud », qu’au-delà de la disparité des formation pompiers ou ambulanciers, il existe de très bons éléments de chacune des deux couleurs, comme de très mauvais. C’est le système global français qui crée les dissensions stériles auxquelles nous assistons quotidiennement. Alors oui, assurément, l’ambulancier d’aujourd’hui et de demain a TOUTE sa place dans le secours à personne. Bien sûr ! Plus que jamais. Et cela va aller exponentiellement.

Une conclusion pour terminer ce portrait ?

Cela fait 17 ans que je vois ce métier évoluer sans cesse. Mais ça ne doit pas s’arrêter là, malgré le contexte économique difficile. Il faut absolument, comme je le citais tout à l’heure, que le législateur prenne la pleine mesure de notre retard et que les ambulanciers se mettent à la page, dans le sens d’une dynamique de recherche permanente de l’aboutissement. Je fais et ferais toujours parie de cette dynamique… !

Merci à monsieur Christophe DURRHEIMER pour avoir pris le temps pour répondre à nos questions et en espérant que cela apportera des informations utiles à tous.

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise

Jussieu Secours Brest – les ambulances de l’Iroise, présentation

Aujourd’hui, tournons nous vers une entreprise de transport sanitaire pas comme les autres : les ambulances de l’Iroise. Basée dans le bout du monde, en Bretagne, à Brest plus exactement cette société est spécialisé dans le transport d’urgence. Une confiance certaine s’étant établie entre les différents demandeurs, tels que le SAMU , SOS Médecins, les Médecins traitants…, les Ambulances de l’Iroise détiennent de plus en plus de responsabilités dans l’intervention d’urgence sur le département. Dirigé par un chef d’entreprise dynamique et très motivé : David Tordeux, est diplômé CFAPSE en 2000, CCA en 2001 et moniteur en 2004.

 Il intervient à l’école d’ambulanciers de Brest (Ordre de Malte) afin d’initier les futurs diplômés. Désireux d’en savoir plus sur cette entreprise et surtout sur les motivations qui la font avancer je me suis décidé à entrer en contact avec eux afin de poser les question traditionnelles à monsieur TORDEUX. Il s’est fait, à ma grande surprise un plaisir de répondre posément aux diverses questions. Je vous laisse découvrir le portrait d’un patron pas comme les autres.

David TORDEUX, chef d’entreprise de Jussieu Secours Brest : l’interview

Ce métier d’ambulancier c’est une vocation de toujours ou une vocation tardive ? Qu’est ce qui vous a amené à choisir cette profession ?

De l’âge de 18 à 22 ans, j’étais dans les para-commandos.En 2000, j’ai passé mon CCA (major de promo). Et de 22 à 24 ans, j’étais salarié ambulancier. A l’âge de 25 ans j’ai créé mon entreprise, j’ai connu ce métier avec des secouristes qui étaient eux-même ambulanciers.

Vos plus grandes difficultés pour vous installer comme chef d’entreprise ? Vos plus grandes difficultés quotidiennes ?

Etre reconnu en tant que professionnel de santé auprès des institutionnels ainsi que des sapeurs-pompiers.

Pourquoi avoir axé votre entreprise sur l’urgence à contrario des nombreuses entreprises de transport sanitaires qui restent sur des missions plus traditionnelles ?

L’avenir du métier, c’est l’urgence et pour être un bon athlète, il faut être dans une seule discipline. De plus, un ambulancier épanoui dans son métier, c’est un ambulancier qui pratique de l’urgence

Comment avez vous réussi à vous imposer auprès des services d’urgence, à créer une confiance pour qu’ils vous confient une grande partie des interventions ?

Fiabilité, professionnalisme, efficacité, disponibilité et ne rien laisser au hasard, tout est protocolé (de la désinfection aux interventions)

Comment recrutez vous vos ambulanciers ? Mis à part les diplômes, motivations, spécialisation ?

Entretien, cas concret. De plus j’ai un responsable du personnel qui gère le recrutement, suivi de mon aval.

Vos ambulanciers ont t ils un parcours de formation différent du cursus courant ? Recyclage, spécialisation…

Étant moi-même formateur et moniteur aux IFA, je fais des remises à niveau interne et pour les transports pédiatriques les ambulanciers les plus méritant et les plus motivés passent le Certificat de Spécialisation en Transport Pédiatrique.Des postes à responsabilités sont mis en place au sein de l’entreprise (possibilité d’évolution pour les Ambulanciers de l’Iroise).

Quel est votre regard sur la profession d’ambulancier d’un point de vue chef d’entreprise ? d’un point de vue formateur IFA ?

Le métier est un métier d’avenir. Je pense que la sélection des candidats à l’école d’ambulanciers devrait être un peu plus poussée.

Demain imaginons qu’on vous confie les pleins pouvoirs, qu’auriez vous comme idée pour faire avancer la profession ? Que manque t il actuellement ?

Un nouveau diplôme, un en tant qu’ambulancier dit « Urgentiste » en plus du DEA. Et je mettrais en place un Référentiel national pour l’urgence Pré-Hospitalière pour uniformiser et standardiser les moyens humains et matériels des Transports Sanitaires Privés.

Auriez vous des conseils à donner à quelqu’un qui débute ou qui souhaite devenir ambulancier ?

Rigueur,altruisme, sang-froid, s’imprégner et apprendre de l’expérience des plus anciens,

Une anecdote particulière qui aurait marqué votre carrière ?

Réanimation d’un nourrisson de 9 mois à domicile 15 minutes avant l’arrivée de l’équipe médicale qui est décédé (parents présents.. Ma fille avait 12 mois)

Un dernier mot pour conclure ?

C’est un métier passionnant, malheureusement ce métier est terni par certain d’entre nous par manque de professionnalisme. Soyez respectable pour être respecté.

Un grand merci à monsieur David TORDEUX d’avoir pris du temps pour me répondre malgré son travail quotidien.

Jussieu Secours Brest en images

Le site web de l’entreprise

http://www.jussieusecoursbrest.fr/

Roger, ambulancier et formateur

Roger, ambulancier et formateur

Présentation d’un ambulancier : Roger, formateur pour les auxiliaires ambulanciers

Un nouveau portrait cette fois ci avec un formateur pour les ambulanciers. Une spécialité indispensable pour former les futurs professionnels de demain.

Quel est ton métier actuel ?

Animateur de formation au sein d’un IFA.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Après avoir obtenu le Diplôme d’Etat d’Ambulancier, je suis intervenu en qualité de formateur occasionnel, un poste c’est libéré suite à un départ à la retraite et je suis donc formateur permanent depuis 1 an.

Une vocation ?

Passionné par les métiers de l’urgence (ancien de la BSPP, SPV, …).

Que fais-tu au quotidien ?

Formation des Auxiliaires Ambulanciers sur les compétences de soins d’urgence, de manutention et de conduite. Organisation des stages, suivi et gestion des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Etre en cours auprès des stagiaires.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Une anecdote durant ma fonction d’ambulancier.A notre arrivée dans une maison de retraite pour le transport d’une patiente pour une consultation, la personne était nue et pas préparée. Les soignants nous annonçant qu’ils étaient en sous effectif. Deux solutions s’offraient à nous, le conflit avec l’équipe soignante et le refus de transport ou une prise en charge complète au delà de nos habitudes. Ne voulant pas annuler l’examen de cette vieille dame, nous avons été contraints de faire le nursing, de l’habiller, de l’accompagner aux sanitaires, de prévoir collation et eau et de la préparer pour son transport. Cette situation m’a marqué car la prise en charge des patients doit être une priorité des équipes indépendamment des contraintes de personnels.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Etre passionné par le transport de malade, être à l’écoute de l’environnement (soignant, famille, …) et savoir se remettre en question.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Etre disponible et à l’écoute.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Appliquer les règles présentées lors de la formation ADE, trop souvent le minimum enseigné n’est pas appliqué dans les entreprises de transport sanitaire.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Faire passer le contenu du programme ADE auprès des entreprises et services ambulancier afin qu’ils adaptent leur comportement. Tous les chefs d’entreprise de transport sanitaire devraient être ADE.

Le mot de la fin ?

La formation est enrichissante à travers les échanges entre formateurs et stagiaires. Le métier de formateur auprès des Auxiliaires Ambulanciers n’est pas quotidien et nécessite en permanence des échanges, de la recherche et du renouveau.

Merci à Laurent FACON, Directeur de l’Institut de formation des Ambulanciers de la Croix Rouge IDF, d’avoir recueilli ces propos.

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, paramedic et aide-soignante

Brigitte, ancienne paramedic devenue aide-soignante

Un nouveau portrait dans notre rubrique portraits de professionnels. Encore une fois c’est L’institut de formation des ambulanciers d’Ile de France Croix Rouge qui nous le présente. Un portrait atypique puisque cette fois ci c’est une ancienne paramedic devenue aide soignante en France et préparant le diplôme d’état d’ambulancier.

Quel est ton métier actuel ?

Aide soignante au sein d’un service de soins à domicile et en formation d’ambulancier diplômé en passerelle pour les modules complémentaires 1 3 6 8

 Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Evolution professionnel et attrait pour les métiers de l’urgence

Une vocation ?

Oui

 Que fais-tu au quotidien ?

Soins à domicile, soutien familial (formation), accompagnement social de familles et de patients en fin de vie.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe et la communication avec les différents intervenants ?

Pourquoi changer vers ambulancier ?

Pour diversifier mon activité et augmenter mon savoir.

Comment as-tu fais pour utiliser la passerelle Aide Soignant DE à Ambulancier Diplômé ?

Je me suis renseignée auprès de l’IFA Croix Rouge puis j’ai informé mon employeur.

Comment faire quand on est déjà soignant ou ambulancier dans un autre pays ?

Se renseigner auprès de la DRASS qui fait remplir un dossier permettant de valider par comparaison les cursus de formation.  Pour ma part ma formation de « paramédics » (5 ans) au Canada m’a permis une équivalence DEAS. Puis cette fonction d’Aide Soignant me permet d’accéder aux modules complémentaires du DEA (sans passer de concours).

Des anecdotes qui auraient marque ta carrière ?

Lors de la prise en charge d’un blessé par balle suite à une fusillade, je me suis retrouvé contrainte de placer mon doigt dans l’orifice pour stopper l’hémorragie. A l’arrivée au trauma center j’ai annoncé « j’ai le doigt dans le trou de balle » (ils rigolent encore de ma boulette). Le chirurgien après l’extraction de la balle m’a dit « je t aurais bien fait cadeau du projectile, mais son trou c’est son trou, donc sa balle c’est sa balle »

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Patience, compréhension et savoir travailler en équipe.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Bien se documenter, avoir une expérience de l’urgence par une activité associative dans le secourisme (Croix-Rouge, Protection civile,…)

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Un meilleur travail en collaboration entre les sapeurs pompiers et les ambulanciers.

Demain tu es nommée super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Réunir les acteurs de l’urgence, essayer d’avoir une cohérence et définir des limites de compétences.

Le mot de la fin ?

Les nouveaux ADE vont certainement dans l’avenir faire bouger le métier. La nouvelle formation devrait pouvoir faire évoluer dans le futur la représentation du métier.

 Merci à Laurent FACON, Directeur de l‘institut de formation des ambulanciers, Croix Rouge IDF d’avoir recueilli ces propos.

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière mais aussi formatrice en institut de formation des ambulanciers

Quel est ton métier actuel ?

Infirmière et ambulancière formatrice au sein d’un IFA.

Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Infirmière de formation je suis intervenue en tant que formatrice occasionnelle au sein de l’IFA, puis j ai eu la proposition d’un poste à temps plein au sein de cet établissement.

Une vocation ?

J’ai toujours voulu enseigner et mon arrivée dans la filière ambulancier est un concours de circonstances.

Que fais-tu au quotidien ?

Ingénierie pédagogique, enseignement théorique et pratique principalement sur les modules passerelle aide soignant (2 4 5 7) et module hygiène (3). Suivi et gestion des stages et des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Le face à face pédagogique notamment en pratique.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Certains décalages entre le vocabulaire pré hospitalier et hospitalier menant à des situations cocasses. Lors d’un cours, je présentais la désinfection complète de la cellule arrière, un stagiaire me dit « en fait vous allez jusqu’au hayon ? » terme inconnu pour moi donc j’ai cru qu’il me parlait de vêtements en lambeaux.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Des capacités de prise rapide de décisions, de l’autonomie, de l’écoute et toujours chercher à se former. L’ambulancier étant en dehors du circuit hospitalier il est plus difficile de se tenir informé des évolutions techniques et scientifiques.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Profitez de l’expérience de ceux qui ont de « la bouteille » ils ont souvent des conseils avisés.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Présentation du métier ADE auprès des autres professions de santé. Créer plusieurs niveaux de qualification de l’ADE notamment pour l’urgence.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Amélioration des conditions de travail (payer chaque heures de travail) et de l’équipement des ambulances notamment au niveau du matériel de transfert (les problèmes dorso-lombaires sont la première cause d’arrêt maladie en ambulance) .

Le mot de la fin ?

C’est un métier dynamique et riche humainement qui gagne à être connu.

Merci à laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, ARM et en formation d’ambulancier

Adrien, assistant de régulation au centre 15 et en formation pour le diplôme d’ambulancier

Quel est ton métier actuel ?

Assistant de Régulation Médicale (PARM) au SAMU, je suis actuellement en cours de formation Ambulancier Diplômé d’Etat dans le cadre de la formation professionnelle.

Tu es arrivé comment dans cette profession ?

Une opportunité par l’intermédiaire d’un ami à la fin de mes études (chaudronnerie) sur un dispositif de secours en tant que bénévole à la Croix -Rouge.

Une vocation ?

Les métiers de l’urgence et les premiers secours

Que fais-tu au quotidien ?

Localiser, identifier, hiérarchiser les demandes de secours parvenues au 15.

 Que préfères-tu dans ton travail ?

Le travail en équipe au sein d’une régulation pluridisciplinaire. La gestion du stress et la gestion des appels complexes et relevant d’une véritable urgence.

 Des anecdotes qui auraient marquées ta carrière ?

Gestion d’un accouchement par téléphone pour guider le père, ni SMUR, ni ambulance sur place.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

De la volonté, du professionnalisme, de la curiosité intellectuelle et l’envie de progresser.

Des conseils à donner au plus jeune ?

Ne pas s’arrêter sur ses acquis.

 Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Instaurer une dynamique de formation continue. Trop de compagnie d’ambulance ne voient que l’aspect rentabilité du métier au détriment d’une notion de service publique notamment dans le cadre de l’ATSU. Ne pas oublier que les ambulanciers sont maintenant des professionnels de santé.

 Demain tu es nomme super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Recyclage obligatoire de tous les « CCA » (anciens formés avant 2007), des ambulances de qualités et équipées.

 Le mot de la fin ?

Un parcours professionnel n’est pas figé et les métiers de la santé permettent des évolutions et de toucher différents corps de métier.

Merci à Laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.

Portrait d’un ambulancier SMUR

Portrait d’un ambulancier SMUR

Portrait d’un ambulancier SMUR. Ce portrait est un des tous premiers articles parus sur le site. A ce moment je débutais totalement. J’avais eu la chance à ce moment d’avoir le soutien et l’intérêt de quelques ambulanciers motivés au travers d’un forum de discussion qui était une source d’information passionnante. Ce portrait reste tout à fait d’actualité.

Quel est ton métier actuel ?

Je suis depuis près d’un an ambulancier au SAMU de Paris, affecté plus précisément au SMUR de l’hôpital Hôtel-Dieu comptant une seule Ambulance de Réanimation dépendant de la régulation du SAMU 75 basée à l’hôpital Necker. Nous effectuons environ 1700 interventions par an. Je me considère un peu comme un privilégié dans ce milieu, car j’ai le double avantage de faire un métier formidable sur un des plus beau site de France, en plein cœur de Paris en face de la cathédrale Notre-Dame !

Tu es arrivé comment dans cette profession ? Une vocation ?

Oui et non… En fait, je pensais depuis assez longtemps à me retrouver un jour derrière le volant d’une ambulance, mais sans savoir vraiment en quoi consistait ce métier ni comment y parvenir. J’ai donc occupé pas mal d’emploi de 18 à 24 ans, notamment du transport d’organes et de sang ou comme chauffeur au Samu Social de Paris. C’est à cette période que j’ai rencontré une personne, qui est devenu assez rapidement un ami et même mon employeur quelques années après, qui était ambulancier au sein d’une société en pleine restructuration qui cherchait du personnel, même débutant tant que la motivation y était.

A mon grand étonnement, j’ai fait valider mon permis de conduire, passé mon AFPS (à l’époque cela suffisait pour être le second membre d’équipage) et dès le lendemain, je me retrouvai dans une ambulance ! La chance que j’ai eu à été de faire ces premiers pas au sein d’une entreprise sérieuse qui se donnait les moyens d’assurer les urgences que transmettait le SAMU. J’y ai fait la connaissance de plusieurs ambulanciers-smur qui venaient y faire des vacations et qui m’ont transmis le virus. Cette expérience à durée un an, jusqu’au dépôt de bilan de cette société, ce qui m’a permis d’avoir un peu de temps devant moi pour passer mon CCA (financé de ma poche, soit dit en passant).

Par la suite, mon ami sus cité à ouvert sa propre entreprise et c’est tout naturellement que j’ai travaillé pour lui. Son choix fut d’axer son activité sur l’appel d’urgence et c’est là que durant 3 ans j’ai pu vraiment me faire une expérience complète en enchaînant les interventions pour le SAMU les unes après les autres (on doit être dans les environs de 10000 interventions sur cette période uniquement pour mon équipage). Au bout de deux ans, j’ai intégré un smur privé du secteur et l’expérience, bien qu’enrichissante, ne fut pas probante.

L’esprit régnant n’était pas vraiment ce que j’attendais et il me manquait sûrement une expérience à finir dans le secourisme avant de tourner la page. J’ai donc réintégré la société d’où je venais et ai passé ma dernière année d’ambulancier privé avec une collègue également CCA qui est devenue une vraie amie et qui est également ambulancière à ce même SMUR à l’heure actuelle, où elle se sent comme un poisson dans l’eau. Comme une entreprise, un SMUR peut convenir à une personne et pas à une autre selon ces us et coutumes. Mon entrée au SAMU de Paris fut le fruit de ce travail accompagné d’une bonne poignée de chance car est consécutive à une candidature spontanée.

Ambulancier SMUR, quel est ton quotidien ?

L’ambulancier en SMUR est un pilier central. Peut-être même encore un peu plus dans un smur comme celui où je travaille car nous sommes mutualisés avec les urgences. Ce qui signifie que les infirmiers et les médecins montant des gardes au smur effectue la majorité de leur temps de travail aux urgences. Par contre lorsqu’ils sont de garde au smur, ils ne font rien d’autres. Les seuls « permanents » sont donc les quatre ambulanciers ainsi qu’une IADE (infirmière anesthésiste), la seule que compte notre service et qui nous quittera bientôt sans être remplacée.

Il nous faut donc connaître sur le bout des doigts le contenu de notre UMH ainsi que d’assurer le suivi du matériel, l’infirmier du jour n’étant peut-être pas monté dans l’ambulance depuis quinze jours et ne revenant pas avant trois semaines ! Il faut donc savoir où est rangé et en quelle quantité l’ensemble du matériel médical et des médicaments, mais aussi connaître leur utilité et mode d’action et savoir les mettre en œuvre. Ce qui n’est pas un mince affaire dans les débuts, il faut s’attendre à quelques migraines ! Nous avons également en charge l’état général, mécanique et sanitaire du véhicule.

Les temps d’attente entre les interventions peuvent parfois être très longs (ou des fois très courts voir inexistants !) à nous de les meubler de la manière la plus optimale qui soit. Une fois le matériel vérifié et la cellule désinfectée, nous pouvons mettre en place des séances de formations au pied levé, coordonnées par le médecin, durant lesquelles nous reverrons telle ou telle prise en charge notamment sur des pathologies que nous rencontrons rarement mais pour lesquelles il faudra être efficace le jour J.

Nous rentrons également dans le processus de formation, étant dans un CHU, auprès des externes (étudiants en médecine, dans notre cas des quatrième année de doctorat) et des stagiaires (stagiaire IADE, élève sage-femme, élève ambulancier, médecin en formation CAMU…) venant se former aux aspects spécifiques du pré-hospitalier.

En interventions, nous sommes responsables de la sécurité de l’équipe durant le trajet puis, en parallèle de l’IDE, du matériel. Nous nous mettrons sous les ordres du médecin au chevet du patient puis assurerons l’évacuation de ce dernier avec l’équipe sur place (généralement BSPP mais aussi associatifs, ambulanciers…) le cas échéant.

Nous proposerons au médecin les moyens d’évacuation les plus adaptés à l’état du patient et à la spécificité des lieux. Cela pourra finir avec un camion échelle si escaliers impraticables, le GREP, une demande d’ambulance adaptée si patient en obésité morbide (nos brancards ne supportant pas plus de 180 kg) ou une simple descente rapide en chaise si c’est le temps qui prime et que l’état de santé du patient le permet.

 Une fois dans l’ambulance, après les soins qui auront pu être prodigués, nous vérifierons que la victime est bien sanglée, que le matériel est fixé (se prendre un scope de 20 kg sur le coin du museau peut surprendre… ) et que chacun est en sécurité à sa place avant de démarrer sur l’accord du médecin. Au final, je ne passerai généralement que peu de temps au volant, en moyenne 30-40mn en temps cumulé.

Que préfères-tu dans ton travail ?

Dans un premier temps, c’est l’assistance à une personne en détresse. Je ne saurai le décrire précisément, mais certaines personnes trouvent leur équilibre en faisant du bien. On se sent réellement utile au sein de la société, on veille sur son prochain. Ensuite, vient l’adrénaline.

Ne nous voilons pas la face, c’est ce qui stimule la quasi-totalité des professionnels de l’urgence, quelle que soit leur corporation d’ailleurs. Il ne faut rien y voir de malsain, c’est simplement que certaines personnes ont besoin de cette pression pour se stimuler et trouver un réel insert à ce qu’elles font.

Le travail en équipe me plait aussi. On ne passera peut-être pas ses vacances avec chacun de ces collègues, mais dans l’ensemble il se crée un lien particulier. C’est également vrai en ambulance privée, peut-être même plus, car une réelle entente voir une complicité est nécessaire au bon déroulement des taches.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Des « histoires de chasse » j’en ai un certain nombre ! Mais je dois avouer que, jusqu’à présent, la grande majorité des interventions qui me resteront en mémoire sont mes « premières fois » et la plupart ont eu lieu en ambulance et non en SMUR. De plus, en ambulance nous sommes beaucoup plus vite « débordés » car pas de moyens médicaux matériels ou humains à disposition. C’est un peu « la b..e et le couteau ».

Je garderai donc en souvenir mon premier arrêt cardiaque (patient non réanimé) qui en plus à eu lieu dans des circonstances un peu particulières car c’était la première intervention que je faisais avec un vacataire qui commençai le matin même ! Ce dernier, exerçant en smur depuis plusieurs années, à su gérer la situation de manière calme et posée puis m’a bien aidé à passer le cap dans les heures qui ont suivies. Je ne saurai que l’en remercier.

Me restera un très mauvais souvenir d’un patient décédé dans mon ambulance, s’asphyxiant sous nos yeux suite à un OAP massif et pour lequel le smur est intervenu au bout de 4O minutes ! Il se savait en train de mourir et, avant de perdre connaissance, nous implorait du regard de le sauver, choses que nous n’avons pu, mon collègue et moi-meme, faire. Dans ces cas-là, on se sent bien petit et inutile car on sait parfaitement que les manœuvres entreprises seront vaines.

Un meilleur sera sur la fin de ma carrière privée avec une première réanimation réussie (après l’intervention médicale, bien sur) ! Le genre de chose qui motive, même encore maintenant (les smur ne font que très peu de réanimations réussies et il faut savoir qu’a moyen terme il n’y a qu’1% de survie !)

Mention spéciale aussi pour mes trois premiers accouchements, également dans le privé, s’étant déroulés sur 3 gardes d’affilées ! Moments formidables également, pour peu que tout se déroule bien, la catastrophe n’étant jamais bien loin.

Il y a bien sur des anecdotes plus légères et amusantes, comme cette jeune fille s’étant enduit la main de mousse expansive en bricolant ! Ou ce jeune homme bien gêné de s’être rompu le frein du prépuce le soir de son anniversaire avec sa petite amie, toute aussi gênée. Bref, toutes ces petites histoires qui égaient un quotidien parfois dur.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Ce qui passera avant tout, ce sera la motivation. Avec un minimum de rigueur, d’application et d’investissement personnel le reste suivra tout seul. La présentation doit également subir un minimum de soin ne serait-ce que par respect des personnes transportées, des collègues et de l’image dégagée. En parlant de respect, celui-ci doit être omniprésent, que ce soit envers les patients, le personnel soignant, les autres acteurs (pompiers, policiers…), ses collègues et même les citoyens (si on peut éviter d’hurler des jurons et de faire des gestes aux autres usagers de la route, c’est bien !)

Un petit mot sur la forme physique qui doit tout de même être entretenue, surtout pour les candidats n’ayant pas un très bon capital force et endurance à la base. Il peut y avoir à fréquence variable des brancardages difficiles (un homme de 90kgs à descendre sur 11 étages sans ascenseur, ça existe…) et il faut pouvoir l’assurer en toute sécurité. La conduite est bien sur un aspect non négligeable, le niveau d’un nombre certains d’ambulanciers (même parfois en smur) me semble sommes toutes moyen.

On ne naît pas en sachant conduire, ça s’apprend et il y a des écoles pour çà. Je rajouterai que ce n’est pas la sirène ou les croix bleues sur les portières qui sauveront la vie de qui que ce soit et que la plus grande prudence doit toujours être de mise. Le moindre accident faisant bien sur les choux gras des détracteurs et porte le discrédit sur l’ensemble de la profession.

Au niveau intellectuel et connaissances, la curiosité est bienvenue. Trop d’ambulanciers ne savent pas vraiment pourquoi ils font tel ou tel geste, pourquoi le patient va dans ce service et les soins que l’on va lui prodiguer ou encore en quoi consiste vraiment la pathologie du patient qu’ils viennent de prendre en charge.

Une plus grande connaissance permettra d’être plus à l’aise, ce qui ne manquera pas de rassurer le malade qui se sentira réellement pris en charge, de transmettre des bilans plus complets à la régulation et de comprendre le potentiel charabia qu’est en train de vous raconter le médecin ou l’infirmière qui vous confie un patient. En fait, l’enseignement du DEA doit être considéré comme une base et sera agrémenté de connaissances supplémentaires débouchant de l’expérience au fil du temps.

Donc quand on ne sait pas, on le dit et on demande une explication si le besoin s’en fait sentir, sinon on garde ce « mystère » dans un coin de sa mémoire pour se documenter par la suite.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

A quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier, je ne peux que lui dire de s’accrocher, que les débuts ne seront peut-être pas faciles, il sera sûrement parfois tenté d’arrêter mais en y réfléchissant et en faisant les bons choix, c’est un métier qui peut apporter énormément au niveau personnel.

Je pourrai lui conseiller également d’écouter tout les conseils que les plus anciens pourraient lui donner mais d’y faire le tri et de décider de lui-même l’ambulancier qu’il veut être.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Les premiers à devant faire des efforts, ce sont les ambulanciers, employés et dirigeants, eux-mêmes. Lorsque nous serons tous à la hauteur des taches qui nous sont confiées, alors nous pourrons nous permettre de demander plus. De toutes façons, a part apporter le plus grand soin à son travail, un ambulancier salarié ne pourra faire grand-chose de plus pour faire bouger les choses, mais si nous nous y mettons tous, alors il pourra y avoir des changements.

Un exemple tout bête : lorsque les pompiers se rendent au domicile d’une personne en détresse, la victime et son entourage leur font une entière confiance, simplement à la vue de leur uniforme et par la réputation qui les précède, ensuite s’ils ne sont pas à la hauteur, peut-être l’avis changera.

En tant qu’ambulancier, c’est exactement le contraire ! De prime abord il y aura souvent une méfiance car beaucoup de gens nous imaginent comme des chauffeurs de taxi et au fil de l’intervention, si tout se passe bien et que les gens se sentent complètement pris en charge de manière efficace, ils verront les choses sous un autre angle.

Le problème, c’est que les deux cas présentés ne seront perçus que comme des exceptions. Dans l’imaginaire collectif, le pompier nul est aussi rare que le bon ambulancier… C’est donc à nous, et surtout à la nouvelle vague d’ambulanciers, de changer çà en faisant preuve de sérieux à chaque prise en charge.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Serait-ce vraiment une bonne idée ? (rires)

J’aurai bien quelques suggestions, sommes toutes personnelles et qui ne plairont sûrement pas à tout le monde mais qui sont, je pense, à méditer.

La première chose, qui est une grande injustice, serait la suppression des coefficients modérateurs pour les salariés du privé. C’est quoi cette loi qui oblige un salarié à offrir du temps de travail gracieusement à son entreprise ? Dans un deuxième temps, je laisserai le DEA tel qu’il est mais destiné à des ambulanciers qui ne feraient que du transport sanitaire. Et instaurerai une formation calquée sur celle de nos voisins paramédicaux (voir vers la Suisse, entre autre) pour les appels d’urgence.

Sans forcement passer sur un système « scoop and run » mais sans non plus devoir faire venir un SMUR pour une douleur thoracique ou un coma hypoglycémique, choses qui peuvent être parfaitement gérées puis orientées dans le service adéquat par des paramédicaux formés et équipés. Cela engendrerai une baisse des coûts et une plus grande disponibilité des médecins pour des cas où leur présence serait réellement nécessaires.

Et on en fait quoi des ces ambulanciers « urgentistes » ? On les rattache à des hôpitaux ou des centres de secours des pompiers. Ceci afin que tout le secours en France soit assuré par le service public, ce qui limite les dérives. Et pour le financement, en récupérant auprès de la sécurité sociale ce qui aurait été versé pour les interventions d’ambulances privées et de SMUR (qui du coup auraient non seulement une forte baisse d’activités, donc moins de facturations et besoin de moyens moindres…) cumulé au financement des pompiers (dont le secours à victime représentant près de 75% de l’activité) il y aurai sûrement de quoi faire.

Ah, qu’il est doux de rêver…

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance

Assistance Ambulance, fer de lance du métier d’ambulancier

Sous l’impulsion de Patrick YOUX, le patron, cette grosse compagnie d’ambulances nantaise est l’un des fers de lance du métier en France, et sans doute aussi l’une des plus belle vitrine nationale de la profession, en ayant su marier la « technique » et l’« humain » au juste dosage. Largement tournée vers le monde du secours anglo-saxon et en particulier canadien, Assistance Ambulance est de tous les congrès et de tous les partenariats (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Canada et en particulier la Belle-Province, ce Québec si cher à mon coeur…), pour une optimisation de l’efficience de ses personnels de terrain.

La meilleure illustration reste le degré de technicité des ambulanciers DE de la compagnie. Jugez plutôt : tous les ADE sont titulaires du PHTLS (Pre-Hospital Trauma Life Support, un programme de formation US né au John Hopkins’ Hospital de Chicago, Illinois). L’ efficacité des personnels de terrain trouve également son explication dans les faits : Assistance Ambulance assure des gardes SAMU 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, comme seules peuvent le faire des structures qui s’en donnent les moyens.

Des ambulances sur-équipées

En parlant de moyens, outre les ASSU classiques dont dispose Assistance Ambulance et équipées a minima de multiparamètres, défibrillateurs automatiques externes, détecteurs de monoxyde de carbone, Backstraps™, KEDs™ (Kendrick Extrication Device, un dispositif d’extraction de victimes – d’accidents de la route, par exemple) en plus du matériel standard d’évaluation clinique incontournable (oxymètre de pouls, tensiomètre et brassards de toutes tailles) et du matériel d’immobilisation plus classique (matelas « coquille » à dépression, attelles etc…) ainsi que du « consommable » (pansements américains, compresses, matos de désinfection de plaies, kits d’accouchements, champs stériles, couvertures isothermes, masques O2 simples, HC etc, tubulures et sets de perfusion avec Ecoflacs® de divers solutés et j’en passe…)

Cette société-modèle a une spécificité remarquable : la néonatologie et la réa pédiatrique en milieu pré-hospitalier, avec le matériel ad hoc : des incubateurs spécifiques adaptables aux brancards et bien sûr, la formation appropriée du personnel.

On dit que l’uniforme ne fait pas l’ambulancier. C’est vrai. Mais quand on voit la « gueule » des uniformes portés par ces professionnels, on ne peut, en tant qu’ambulancier soi-même, s’empêcher de se dire : « Ils se donnent vraiment les moyens de tirer vers le haut une profession sinistrée et d’en donner une image vraiment pro !… », puis d’admirer, béat, les mecs lorsqu’arrive un hélico du SAMU sur la DZ, pour la prise en charge d’un nourrisson intubé-ventilé, placé avec délicatesse par deux ambulanciers au top, dans l’incubateur solidement arrimé au brancard !

Ainsi, leur ASSU-PÉDIATRIQUE, ornée d’un ours-mascotte, en dit long sur le sens donné au mot « humain » par le patron et toute l’équipe d’ambulanciers d’Assistance Ambulance.  Une politique interne rigoureusement tournée vers « L’Autre », vers l’efficience de ses vecteurs et le professionnalisme inattaquable de son personnel font définitivement d’Assistance Ambulance un partenaire de tout premier choix dans quelque situation que ce soit.

A tous les personnels d’Assistance Ambulance, dans cette trop lointaine ville de Nantes ! A Patrick Youx, à Jean-René Letilly et à « Berthilde-l’inconnue »…, ne vous arrêtez jamais ! Vous êtes un modèle à suivre par toutes nos sœurs et tous nos frères ambulanciers de France. Quoiqu’il arrive !

Mais d’autres sociétés existe sur le même profil

J’ai également appris que les Ambulances Mader au travers de cette article faisait de l’AVP également et bien d’autres sociétés :

C’est vrai, du fait de leur ouverture sur le monde ambulancier étranger avec des partenaires comme Urgence Santé à Québec (rien de moins !), ils ne peuvent qu’évoluer très vite malgré les freins de la législation franchouillarde, hélas ! Il n’existe à ma connaissance que très peu de ces entreprises. A vrai dire, j’en connais trois sur toute la France: Le CSA (Centre de Secours Ambulancier) de CAP CIR-CERDAGNE, dans le 66, où le patron, Eric Levray est un authentique urgentiste dans l’âme !

Sinon, plus proche de moi, en Alsace, je ne vois que Rescue 68, une structure petite, mais ne travaillant qu’en partenariat exclusif avec le SAMU 68 et SOS Médecins, sur Mulhouse. Son boss, François Dannenmuller, est un pur urgentiste également. Enfin, il y a les Ambulances MADER, dont Franck Mader assure la présidence. Grosse structure, très puissante, se dotant de moyens énormes, tant humains en termes de formations et de recyclages, que de moyens “vecteurs”, avec cellules carrées, VLM, gyros tournants et deux tons (ils font de l’AVP, au grand dam des pompiers du cru !). Et surtout, une rigueur ne laissant planer aucun doute sur la compétence de ses personnels.

A Colmar, il y a une grosse compagnie nébuleuse d’environ 150 ambulanciers répartis sur plusieurs sites. Je salue le haut degré de professionalisme des ambulanciers de cette société très performante en termes de formations et de moyens déployés sur le terrain. Ambulanciers SMUR, les mecs et les nanas de cette boîte sont réellement des pros, au sens noble du terme. (Dans le tas, il y a forcément une ou deux têtes qui ont chopé le melon, mais on s’en fout, c’est humain, cet orgueil…)

Ils restent tous malgré tout des pros très chevronnés ! Ce que je déplore au sein de cette boîte qui m’a formé en partie, c’est que les moyens de catégorie A, dont deux ou trois cellules type “cube”, sont dévoyés de leur mission d’origine, l’URGENCE, pour faire aussi du transport sur prescription, des sorties d’hospi, ou des consultations, sans parler des séries kiné ou hémodialyse. Une hérésie !

Dommage, avec leur niveau et leurs outils, que les moyens ne soient pas rigoureusement maintenus dans leurs spécificités propres, hélas ! Il s’agit d’une politique interne que personnellement je ne peux que déplorer. Cependant, le job qu’ils font est quand même d’une très grande qualité !

Exemples a suivre …..