Ambulancier face au refus de transport, de soins

Ambulancier face au refus de transport, de soins

L’ambulancier en intervention et les refus de soins, de transport

Nombreux sont les cas de refus de transport et de soins que l’ambulancier peut rencontrer durant les interventions. Aujourd’hui je vais aborder le cas de figure du refus. On abordera le cas du refus : comment cela se passe, qui peut le faire, comment respecter la procédure et on terminera par la fiche de décharge. Il est impératif de bien veiller à être attentif lors d’une telle situation afin de ne pas subir la responsabilité si un problème demeure par la suite.

Rappelons que l’ambulancier diplômé assume les responsabilités lors d’une intervention et lors d’un transport. Je n’aborderais pas les questions des risques encourus car la législation est un domaine complexe et soporifique même si j’ insiste sur le fait que les sanctions sont suffisamment graves pour que vous soyez prudent.

Ce sujet fait suite à la demande d’un internaute auprès de qui je m’excuse pour le retard de parution et j’espère qu’il saura vous apporter des réponses utiles. Pour plus d’informations et pour obtenir des précisions plus pointues l’ouvrage qui a servi de référence à cet article est disponible en fin de page. Je vous le recommande fortement.

Ambulancier : le refus de transport, situation conflictuelle

Nombreux sont les cas de figure où sur une intervention vous devrez faire face à des patients qui vont refuser le transport. Sur un cas classique c’est un refus franc pour des raisons « simples ». Mais attention parfois aux situations conflictuelles (dispute, bagarre, colère) ou encore aux tensions générées par une alcoolisation importante des différents interlocuteurs présent sur place.

On doit bien mesurer l’importance d’un refus. Ce n’est pas juste un bonjour, au revoir. Vous avez des obligations à assumer et vous encourrez des risques en ne suivant pas la procédure. Un patient qui refuse sera peut-être un patient en détresse vitale quelques heures voire quelques minutes après votre départ.

C’est votre responsabilité qui est en jeu et c’est votre devoir en tant que professionnel de santé. Vous avez entre les mains une formation capable de vous permettre d’évaluer une situation à risques pour un être humain. Vous êtes les yeux et les oreilles du médecin régulateur. C’est donc vous le gestionnaire de la situation. Voici quelques éléments à suivre pour ne pas se tromper et commettre des erreurs.

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Le libre choix du patient

Un patient peut logiquement refuser les soins et/ou le transport lors de l’intervention d’un équipage d’ambulanciers. Que ce soit sur le cas de figure d’un appel  15 ou d’un appel médecin voire d’une situation imprévue que vous pourriez rencontrer lors de vos déplacements.

Chaque personne vivant sur le territoire français ne peut subir l’obligation d’un diagnostic médical, de soins médicaux ou d’un transport sanitaire sans obtention de son consentement éclairé. Mais il faut impérativement que ce consentement se produise après exposition de divers éléments :

  • Connaitre parfaitement la situation
  • Etre informé des risques encourus
  • Etre issu d’une personne apte à consentir

Nous sommes dans l’obligation  de délivrer des informations claires et sincères. Le discours tenu devra être parfaitement cohérent et adapté pour faciliter  la compréhension. Ne pas hésiter à reformuler pour s’assurer de la parfaite compréhension par la personne qui est à l’origine de ce refus. Bien expliquer chaque élément pour faire mesurer au patient l’importance de ces soins, de ce transport.

Vous devez dans tous les cas de figure dès que ce refus est exprimé de façon claire, et après exposition des faits et risques encourus,  avertir le médecin régulateur du centre 15. Il aura l’occasion de s’entretenir avec le patient afin d’exposer la situation médicale de manière plus approfondie et apporter son avis de médecin sur la situation, informer des risques avec précision.

Ce dialogue permet d’apporter des éléments de poids souvent indispensable. Et surtout c’est une obligation. Si un médecin est sur place le patient pourra dialoguer avec lui et obtenir un complément d’information médical.

Face à un refus la procédure à suivre

Si le refus demeure d’actualité il vous faudra donc faire remplir une fiche de décharge de responsabilité auprès du patient afin de clôturer l’intervention. Ce formulaire comprend diverses informations détaillées dans lequel le patient assure refuser les soins, le transport proposé par l’équipage présent sur place au vu de la situation rencontrée. Le patient assure grâce à ce document avoir été informé de la situation et des risques qu’il prend en refusant la prise en charge.

Ce document ne doit pas être une issue unique. L’équipage doit toujours tenter de renouveler la démarche de prise en charge en utilisant des arguments variés ou en reformulant les informations. Attention à ne pas engendrer non plus une situation conflictuelle. Ce document permettra en cas de réclamation de prouver le refus volontaire et assumé du patient. Si des personnes sont présentes (famille, amis, police, gendarmerie) ils pourront faire office de témoin afin d’appuyer cette décharge.

Attention tout de même

Cette décharge ne doit en aucun cas être signée par un patient confus, délirant, ou alcoolisé de façon importante, prises de stupéfiants ou substances médicamenteuses empêchant un raisonnement clair ou encore un mineur. Je précise à nouveau que le patient doit être en mesure d’exprimer son consentement en connaissance de cause et en possession de tous ses moyens intellectuels. Et ce après avoir informé la victime de façon claire et simple, synthétisée pour faciliter sa compréhension.

  • Pour le mineur c’est le représentant légal qui assurera la fonction de représentation.
  • Si le patient s’exprime dans une langue différente que celles des ambulanciers il est important de s’assurer de la parfaite traduction par un tiers avec présence de témoin.
  • Si le patient a des difficultés à s’exprimer (autre qu’un problème à l’origine de l’intervention, hors alcool, stupéfiant etc.) comme une aphasie ou problèmes connus d’élocution vous devrez prendre un proche qui vous aidera afin de vous assurer de la parfaite compréhension.
  • En cas de handicap physique ne permettant pas la signature, vous devrez inscrire sur le formulaire ce détail et faire contre signer les témoins présent.
  • Il est impératif de s’assurer que le patient a eu l’occasion de pouvoir dialoguer avec le médecin régulateur du centre 15 si aucun médecin n’est présent sur les lieux. Il peut à tout moment demander à le rappeler et vous pouvez très bien lui proposer de renouveler l’appel.
  • Cette décharge ne s’appliquera pas en cas d’hospitalisation forcée (HDT/HO) ! Une autre procédure existe pour ces cas de figures et la décharge n’a pas lieu d’être remplie.
  • Si le patient refuse de signer la décharge il faudra le mentionner sur le formulaire et faire contre signer les témoins présent.
  • L’ambulancier s’assurera de laisser au patient une copie de la fiche bilan qui reprend les éléments de l’intervention ainsi que le double de la décharge. La copie du bilan sera conservée par l’ambulancier et jointe à une copie du formulaire de décharge.
  • Vous devez toujours et ce jusqu’au moment du départ tenter de faire changer le patient d’avis sans le brusquer. Le dialogue permet souvent d’apporter des éléments et de faire évoluer le choix final afin de limiter les risques éventuels encourus par la victime.

En cas de doutes, de questions

Si vous avez le moindre doute, le moindre questionnement vous devez en référer auprès du médecin régulateur. Vos appels sont enregistrés et vous pourrez exprimer vos craintes ou encore vos questions quant à la situation pour tenter de trouver une issue viable.

Surtout : expliquez bien au patient, aux proches, amis etc. de l’importance de rappeler le centre 15 en cas d’aggravation de la situation. Ce n’est pas parce que le formulaire a été signé que rien ne sera fait en cas d’émergence d’une détresse vitale ou autre. Chaque situation est spécifique et sera traitée par l’équipe du centre 15.

Le formulaire de décharge

Voici un exemplaire de fiche de décharge, celui ci comprend tous les éléments indispensables, à vous de l’utiliser si vous ne disposez pas d’un modèle établi en entreprise ou dans votre département

Cliquez sur le lien pour télécharger au format PDF : decharge

Pour les questions d’ordre législatif et autre

Si vous souhaitez vous documenter de façon plus approfondie, étudier divers cas de figures je ne saurais vous recommander l’excellent et indispensable Guide Juridique du Secours à Personne rédigé par Loïc Cadiou (IDE) et Laurent Facon (directeur de l’IFA CRF IDF) aux éditions Sètes. Vous pouvez trouver le lien et le commander : la librairie de l’ambulancier. Je le possède et je vous assure de façon sincère de l’utilité de ce guide. Il aborde de nombreux sujets et est rédigé de façon claire et adaptée pour faciliter la compréhension des textes de loi et des différents cas de figures existant.

Le bilan social

Le bilan social

Un bilan ambulancier complet

Assurer une prise en charge c’est avant tout assurer la mise en place de gestes, de pratiques indispensable à améliorer l’état du patient en vue de son évacuation. Tous ces paramètres sont enseignés et appliqués au quotidien : bilan circonstanciel, circulatoire, ventilatoire et lésionnel. Mais il est une partie trop souvent négligée qui est primordiale dans de nombreuses situations. Certes ce n’est pas le critère d’urgence numéro un mais pourtant il revêt une importance non négligeable : c’est le bilan social.

C’est une multitude de détails qui revêtent une importance non négligeable en cas de détresse non vitale. Je précise ce détail car sur une urgence extrême c’est l’état du patient le plus important. On a alors à ce moment d’autres sujets de priorité.

Quel contenu ?

Le bilan social va contenir tous les éléments extérieurs à l’état de santé du patient.  En effet très souvent vous allez rencontrer des patients avec des particularités importantes à prendre en compte en fonction de l’âge entre autre. Citons une personne ayant chutée chez elle avec une suspicion de fracture du col du fémur. Cette personne vit seule chez elle, la maison n’est pas adaptée : chambre à l’étage, escaliers très pentu etc. Elle vit seule à domicile, n’a pas de famille proche ou du moins aux alentours. Pas d’auxiliaire de vie ou de portage de repas elle était jusque-là parfaitement autonome.

Donc que vas-t-on faire ressortir de ce bilan ?

Un retour à domicile en cas de diagnostic de fracture de la part du médecin des urgences sera rendu complexe suite à la période de soins. La disposition de l’habitation ne permettra pas à ce patient de pouvoir demeurer à domicile : escaliers etc. Mais qui va informer l’équipe médicale en premier ? C’est vous !

Bien que le patient soit interrogé par le personnel soignant il est logique et impératif de mentionner ce genre de détail dans vos bilans. Le fait d’apporter cette information rendra la suite de la convalescence plus ciblée. On pourra penser entre autre à une convalescence en soin de suite, à la mise en place d’une HAD (Hospitalisation à Domicile), Infirmières à domicile pour les soins, mise en place d’auxiliaire de vie ou autre suivant le devenir du patient.

Dentiers, appareils auditif

Ce genre de petit détail a son importance : un patient porteur de prothèse : dentaire, auditive, lunettes (sont-elle de lecture ou de vue ?) est un élément qui a toute sa place dans un bilan. En effet il faudra pouvoir soit vérifier qu’il porte ses appareillages sur lui ou encore les trouver et les mettre dans un sac dédié et le signaler à l’équipe soignante. Ce ne sont pas juste des éléments de confort mais indispensable au quotidien. Sans appareil dentaire, un patient qui sera hospitalisé à la suite de son passage aux urgences ne pourra pas s’alimenter correctement si personne ne lui  a apporté sa prothèse dentaire.

Les lunettes : imaginez-vous laisser quelqu’un sans lunettes ce n’est pas concevable. Vous devez donc vous informer au domicile ou être observateur, poser des questions au patient sur ce point indispensable. De plus je ne saurais vous rappeler la valeur monétaire de ce type d’appareillage et donc l’importance de ne pas les laisser trainer n’importe où. La montre : détail tout bête mais pourtant pensez à emporter la montre ! La notion du temps est vite perdue dans une chambre d’hôpital. Pensez à leur confort !

Autonomie

Il est important de signaler sur votre fiche bilan l’autonomie du patient : se déplace t’il sans appareillage ? Marche-t-il avec une canne, un déambulateur ? Hémiplégie, paraplégie ? Présence d’un fauteuil roulant ? Peut-il faire un transfert seul ou avec aide etc. Si vous vous apercevez que le patient présente des difficultés au niveau autonomie à domicile c’est votre devoir d’informer l’équipe soignante.

Le médecin diligentera alors au besoin le service compétent pour vérifier la situation du patient afin de trouver des solutions adéquates. Vous n’êtes pas là pour apporter votre opinion sur le sujet mais faire remonter une constatation. Quand la famille vous fait part de ses difficultés à maintenir le patient à domicile vous devez en faire part à l’équipe soignante et inviter la famille à se rapprocher d’eux pour étudier la situation ensemble. L’équipe soignante dirigera ensuite les proches vers le service adapté pour en parler et trouver une solution.

Violence ou maltraitance

C’est quelque chose où vous devrez faire très attention ! Vous n’êtes pas là pour apporter un jugement ou une affirmation. Selon les dires de la personne (âgée, femme ou enfant) ou encore selon vos observations vous devez rendre compte à l’équipe soignante et les prévenir.

Vous constatez juste et vous restez discret sur le sujet. Vous faites part de ce que vous avez vu et entendu, le médecin ensuite effectuera les démarches et examens nécessaires. Attention à ce que vous dites et ce que vous affirmez ! Soyez prudent car les conséquences peuvent être dramatique.

Les clés, les bijoux etc.

Les clés de maison. On en revient au patient seul à domicile sans voisins, sans aide, sans famille. Vous allez fermer sa maison avant le départ. Vous allez donc emporter les clés. Signalez-le par écrit !

Il est important de préciser si les clés sont avec le patient et à quel endroit : sac, poche etc. pour bien entendu faciliter le retour à domicile et ne pas laisser l’équipe qui le ramènera plantée devant une porte verrouillée. Si les clés sont laissées chez un voisin, un ami précisez les coordonnées de contact et l’identité de la personne sans oublier son lien avec le patient.

Attention aux bijoux, argent etc. Expliquez à votre patient l’importance de ne pas amener avec lui des objets de valeurs. Si cela est impossible inscrivez sur la feuille bilan la présence du portefeuille, bijoux etc.  Tentez de limiter l’emport de ce type d’objet et essayez de n’amener que le minimum : carte vitale, mutuelle de préférence dans un étui que vous identifierez en apposant une étiquette administrative.

Les animaux

Détail qui semble insignifiant aux yeux de beaucoup mais pourtant on touche à un point important. L’animal de compagnie est souvent pour une personne seule un lien très important. C’est leur seule compagnie et souvent ils y sont très attachés. Leur première inquiétude est souvent pour le devenir de l’animal avant même de penser à leur propre devenir personnel.

C’est aussi votre job de veiller à ce que le nécessaire soit fait : prévenir les voisins, laisser une clé, etc. Pour que l’animal soit nourri et abreuvé durant l’absence de la victime. Pensez à votre patient et à son état de stress sur ce sujet. C’est vraiment très important.

La famille et les numéros de téléphones

Il est important de se renseigner sur la famille du patient si vous le trouvez seul : est-il marié ? Divorcé ? Veuf ? A-t-il des enfants et où vivent-ils ? Comment les contacter. En cas d’inconscience ou aphasie ou autre problème de communication il y a surement des voisins, des amis autour de chez lui.

Rien n’empêche de prendre quelques minutes pour vous renseigner, prévenir de l’évacuation du patient vers les urgences de l’hôpital x ou y et demander à ce que quelqu’un soit prévenu. Au pire des cas regardez si vous trouvez un répertoire téléphonique papier près du téléphone ou observez le cadran du téléphone. Chez les personnes âgées c’est très souvent un élément affiché au mur ou à côté du téléphone.

Laisser un numéro de téléphone et l’identité d’une personne à prévenir aux urgences lors de la dépose du patient va faciliter la vie de l’équipe soignante qui aura alors la possibilité de contacter la famille en cas de besoin : retour, hospitalisations, complications etc.

Il est important de connaitre un minimum sur la situation de famille : on évitera de laisser les coordonnées d’un fils ou une fille ou autre dont les relations avec le patient sont complexes. Si vous avez l’information bien entendu. On essaie de faire au mieux sur la prise d’information, le tout sans jugement. On est avant tout à l’écoute du patient et on respecte ses choix !

Rassurer l’épouse, la famille

On laisse un numéro de contact du service d’urgence auprès de l’épouse, du mari, des enfants etc. On marquera sur la fiche bilan si la famille prendra contact par téléphone ou va se déplacer au service d’urgence. On les rassure et on s’assure qu’ils ont bien compris à quel endroit vous allez évacuer la victime. On explique ce qui va se dérouler (transport, accueil aux urgences, installation, attente, examens médicaux) de façon simple sans donner trop de détails et en évitant d’évoquer des sujets que l’on ne maitrise pas.

Si la famille décide de suivre expliquez qu’ils devront patienter plus ou moins longtemps en salle d’attente etc. Pour ma part je les invite à téléphoner avant de s’y rendre, ou d’attendre quelques heures avant de partir. C’est une façon de s’assurer du retour au calme de tout le monde, de l’évacuation du stress avant de prendre le volant. Si monsieur ou madame est seule je les invite à faire appel à de la famille, des voisins et des amis pour être bien entouré.

Prenez le temps

Cet article n’est pas une référence complète mais un état des lieux grossier de ce que vous devez prendre en compte. Chaque situation sera différente et il vous revient de vous adapter. Sachez prendre le temps de faire les choses comme il faut. L’aspect social d’une intervention fait partie de votre mission tout comme l’aspect médical. Vous ne devez pas le négliger. Je ne vous dit pas de le passer en priorité mais de vous ADAPTER.

Cette liste même si elle semble longue ne représente que quelques minutes à mettre en place et facilitera beaucoup de choses. Votre patient n’est pas un objet que l’on dépose et il vous en sera sûrement très reconnaissant. A chaque fois vous n’avez qu’à penser à une chose : s’il était de ma famille qu’est ce que j’aimerais que l’ambulancier mette en place ? Vous pouvez bien entendu réagir à ce sujet, ajouter des éléments de précisions afin de l’enrichir et donc, par ce biais rendre service à tous les collègues ambulanciers ou secouristes qui liront cet article.

Un très grand merci à mon formateur : G. Jollet, formateur pour les ambulanciers,  pour avoir su nous démontrer l’utilité et l’importance d’un tel bilan durant le cursus de formation.

AMBULANCE ATSU

AMBULANCE ATSU

Note de l’auteur de la vidéo :

 « La vidéo Ambulance ATSU » présente la réception d’un appel 15 pendant une garde de nuit jusqu’à l’arrivée au domicile du patient, la vidéo est un montage de plusieurs départs 15 et un jeu de théatre improvisé au bureau. »

Ambulanciers,vos interventions marquantes

Ambulanciers,vos interventions marquantes

Ambulancier, les interventions marquantes

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Christian, ambulancier, créateur et animateur de la page Facebook « ambulancier en colère« , met en ligne de temps à autre des questions assez pertinente et très intéressante. Cette fois ci le sujet est axé sur les interventions marquante. j’espère que le relais des réponses pourra servir aux futurs ambulanciers qui se posent des questions sur cette facette du métier.

Joe : Un SAMU pour une occlusion intestinale se terminant par un décès par malaise cardiaque dans l’ambulance.

Fabrice : La tentative de suicide d’une connaissance.

Agathe : L’accueil d’un patient avec son fusil de chasse en pleine nuit et nous étions une équipe féminine…

Arnaud : histoire tragico-comique lors de mon expérience au SAMU 13. Nous avons décalé pour un plan rouge (cela s’appelais encore comme ça, à l’époque). Carambolage sur l’autoroute de Marseille à Toulon à hauteur de la la Valentine. Une personne âgée de 75 ans avait pris l’autoroute en sens inverse provoquant un carambolage monstrueux !

Un camion renversé et couché, deux motard delta dont un écrasé sous le semi, quatre voitures encastrées les unes aux autres, 5 voitures de travers ! Résultat : 5 deltas, 4 ploytrauma, 2 traumas légers, 10 choqués et 2 indemnes dont la petite mamie. 3 vl sur place, avec 2 camions de la gendarmerie, 10 VSAV et 5 AR …..Pendant ce temps, la mamie était en train de hurler contre un colonel de gendarmerie : « mais je vous dis que j’ai le permis ! Bordel je vous dit que j’ai le permis ».

Le fin mot de l’histoire est que cette mamie avait son portefeuille depuis 20 ans et qu’elle a voulu le changer. Au centre commerciale ou elle est dirigé par le transport en commun, elle s’est fait plaisir en achetant un portefeuille tout neuf ! En ouvrant le portefeuille, elle a vu un permis de conduire! Elle a dû se dire : » chouette j’ai le permis». Juste à côté de la Valentine, il y avait une occasion du lion et s’est acheté une 309 automatique. C’est là que j’ai su que la loi n’obligeait pas à un vendeur d’automobile que l’acheteur montre son permis de conduire. Cela aurait évité une telle catastrophe.

Stéphanie : Mon premier patient décédé, la maison de retraite l’a laissé agoniser seul dans sa chambre…

Cyril : me faire courser par un drogué sur une rave party car il était allongé sur la route, pour sa sécurité nous lui avions demandé de se déplacer et de se mettre dans l’herbe!! Aucune réaction et je lui ai dit que s’il se déplacé pas, on faisait intervenir les gendarmes!!! Au final, notre binôme a été sécurisé par une VL SP!!! J’ai regretté d’avoir dit sa lol

Joe : Une intervention plus « légère » de conséquence. 5 gendarmes, 2 ambulanciers (nous), un pompier, un médecin et deux infirmiers du SAMU, une infirmière et une aide-soignante de la MdR, soit 13 personnes pour coincer et maîtriser un papy qui avait pété un câble.

Julien : Seul sans matériel, AVP, premier secouriste sur place. Fracture ouverte très importante de la face, un infirmier anesthésiste en civil se présente et ne me vient pas en aide, la victime a survécu. J’ai failli en venir aux mains avec l’infirmier une fois l’intervention finie.

Peg : accouchement inopiné (2 mois 1/2 après la fin de ma formation DEA) sur une nationale après 15 min de trajet (5ème pare), smur demandé après perte des eaux au moment du départ, jonction prévue, la tête est sortie couleur schtroumpf (cordon autour du coup), pas de son a la naissance, le smur est arrivé 5 min après qu’il ait hurlé, grand moment de solitude  Il a eu 3 ans en mars

Emmanuel : Dimanche dernier, départ ASSU pour hypotension à 6, arrivée sur place la dame est encore consciente et elle m’a parlé, 5mn après elle était en ACR, l’hélico de Lyon arrivait pas à se poser il a fallu attendre de longue minute, elle a fait 5 arrêt donc le 6ème lui a été fatale, sur notre brancard dans le Box de Réa….. Il a fallu retourner sur les lieux récupérer une partie du matériel et faire face à la douleur de la fille et de son époux… très marquant ma collègue et moi en avons été retourné

Joe : Le décès d’un patient fait partie de notre métier et nous arrivons à prendre du recul. Par contre se confronter directement à la douleur de la famille, c’est insupportable.

Sophie : Une dame âgée qui vivait seule avec maladie neuro dégénérative type Alzheimer, personne ne se préoccupait d’elle ni les voisins plus de famille, des douleurs plus morale que physiques, la dame nous a remercié d’être là en 15 pour elle et de s’être occupe d’elle, sinon dans mon métier les gens qui vous font la bise pour vous remercier de votre patience, douceur et gentillesse que des bons moments

Ced : Un suicide voie ferrée en direct live, en rentrant à la base…

Rachel : Le transfert d’un bébé né sous X, je l’ai gardé contre moi durant tout le parcours, cela a été très dur de donner cet enfant à l’infirmière de néonat … J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps au retour …

Clarence : accouchement dans la voiture d’une jeune femme, une tite fille Lucie qui a maintenant 17 mois et je suis amie avec les parents de cette princesse

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