L’ambulancier et les formalités administratives

L’ambulancier et les formalités administratives

Une petite introduction sur les formalités administratives

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Il était temps d’aborder un sujet sensible : l’ambulancier face aux formalités administratives. Je vous présente ce document ci-après qui, malgré un caractère plus ou moins incisif  suivant la vision de chacun ne s’adresse pas au personnel hospitalier mais bien à la structure hospitalière elle même.

En effet nombre de pratiques dans tous les corps médicaux et paramédicaux s’exercent quotidiennement alors que les missions sont pourtant bien définies. Fautes de moyens, faute de ne pas se faire entendre ou autre, légendes urbaines c’est vite le fouillis. Ceci est là pour rappeler que dans la mission de l’ambulancier il n’est pas stipulé qu’il doit réaliser les démarches administratives.

Même si on le fait tous plus ou moins pour rendre service ça reste malgré tout une procédure qui ne devrait pas être réalisée par l’ambulancier. NON NON et NON ! Plus important il est bon de notifier ici que l’établissement de soin, lors de la facturation du forfait hospitalier, perçoit une indemnité pour frais administratif compris dans ce même forfait.  Il est donc de la responsabilité de la structure de mettre en oeuvre soit des accords avec les entreprises avec des aménagements adaptés soit de s’assurer de la réalisation des actes administratifs par son personnel .

Certes lors d’un transport assis le patient peut en règle général se rendre au bureau des entrées. Mais comme dans toute logique vous n’allez pas l’abandonner et le laisser se perdre dans le labyrinthe de couloirs de l’hôpital. De même certains patients nécessitent un accompagnement complet pour diverses raisons justifiant le transport par un personnel qualifié.

Mais dans le cas où le patient ne peut physiquement se présenter au bureau des entrées (entre autre dans le cadre d’un transport en ambulance) la structure demande systématiquement à l’ambulancier de se rendre lui même au guichet pour faire les formalités. Ce n’est pas notre job ! C’est du temps en moins pour s’occuper correctement du patient et entraîne en règle général un bouleversement du planning (équipage bloqué) et donc du retard sur les prises en charge suivantes.  

Donc au final vous bossez gratuitement puisque ce n’est pas inclus dans le forfait réglé à l’entreprise. Bref je ne vais pas épiloguer sur le sujet et je vous laisse lire la suite. Vous trouverez en fin d’article les textes faisant référence à ce détail : détail du contenu du forfait de prise en charge ambulance et vsl remboursé par la sécurité sociale et l’article de la circulaire DHOS régissant les bonnes pratiques entre transporteurs sanitaires et structures hospitalière.

Admission médicale des patients

Vous avez, avec raison, utilisé vos avertisseurs sonores et lumineux pour amener aux urgences un patient nécessitant une prise en charge hospitalière rapide.

Le public respecte votre responsabilité, respecte l’urgence de votre patient, vous représentez la santé dont vous êtes professionnel. Lorsque vous vous présentez à l’accueil des urgences, le public vous cède donc tout naturellement le passage, car comme le SAMU ou les pompiers, vous avez une “priorité naturelle“. Le personnel hospitalier doit aller en ce sens et ne pas faire obstruction à votre mission au service du public en vous faisant attendre avec le public. L’ambulancier fait partie de la chaîne des soins et non du grand public. Faire attendre des ambulanciers dans la file du public serait un abus de pouvoir à l’opposé de toutes les règles déontologiques.

Le fait de prendre une file d’attente serait d’autant plus incompatible avec le statut et le rôle de l’ambulancier, qu’il aurait pour motif de lui faire réaliser une tâche administrative qui ne lui incombe absolument pas comme par exemple les formalités d’admission.

De telles pratiques altéreraient l’image des ambulanciers, perturberaient le déroulement de leur planning et compromettraient la ponctualité des prestations ainsi que la vie économique de l’entreprise. Dans le cas où un établissement hospitalier créerait aux ambulanciers une obligation d’attente, que se passerait-il en cas d’aggravation de l’état du malade ?

Ce serait tout d’abord aux ambulanciers de refuser clairement et fermement cet état de soumission, quel que soit d’ailleurs l’état du patient. Sur le plan purement réglementaire, contrairement aux idées reçues laissant croire que le patient est sous la responsabilité de l’ambulancier tant qu’il est sur le brancard, le patient est sous la responsabilité de l’établissement hospitalier dès lors qu’il franchit le seuil de l’hôpital, l’ambulancier restant bien évidemment responsable de ses actes et de ses gestes.

Admission administrative des patients

L’infirmière d’accueil demande les coordonnées civiles et sociales du patient. Il n’y a là rien d’anormal, dans un monde raisonnable et l’ambulancier répondra avec sollicitude aux questions, sans qu’il y ait toutefois d’attente.

Il doit cependant savoir que sa réponse est à titre de service et non d’obligation. En effet, sur un plan réglementaire, l’ambulancier ne doit communiquer que les renseignements concernant l’état de santé du patient et le dossier médical au personnel médical qui accueil le patient.

En poussant à l’extrême, l’ambulancier n’a pas le droit de révéler le nom et l’adresse du patient, ce dernier gardant le droit d’être inscrit sous X, et pouvant se plaindre de ce qu’il considérerait de la part de l’ambulancier comme une indiscrétion. L’ambulancier est également souvent sollicité pour effectuer les formalités d’admission lors d’une hospitalisation programmée ou lorsqu’il amène un patient en consultation. Il s’agit alors d’une double faute. 

D’une part parce que l’admission est un acte administratif et médical qui nécessite donc, au préalable, que le patient soit examiné par un médecin de l’hôpital (hormis l’hospitalisation de jour, le bulletin de situation ne peut être délivré qu’à l’issue de 24 heures d’hospitalisation). D’autre part, c’est au patient, de procéder aux formalités de son admission.

En cas d’incapacité, la famille est invitée à le faire. A défaut de famille, il appartient alors à la direction de l’établissement, représentée dans le service par la surveillante, de procéder à cette formalité en fonction des informations dont elle dispose (pièces d’identité du patient, enregistrements antérieurs, etc.…). En aucun cas l’ambulancier n’est tenu de procéder aux formalités d’admission de son malade.  Certaines habitudes commerciales et la course au BS (Bulletin de Situation) ont conduit certains ambulanciers à le faire, mais ce n’est pas un dû, c’est une faute.

Deux arguments sont alors opposés à l’ambulancier réfractaire

1) «On ne dépose pas un malade comme un paquet !»
Réponse : ce n’est pas aux ambulanciers de suppléer au rôle d’accueil des établissements.

2) «Sans BS, la caisse ne prendra pas en charge !»
Réponse : hormis les cas où le BS accélérerait une prise en charge à 100%, le dossier de
remboursement se limite à la fourniture d’une facture, d’une prescription médicale et, le cas échéant,
d’une entente préalable (cf Convention Nationale Caisse d’Assurance Maladie).

ATTENTION : il n’est pas question de dissuader l’ambulancier de rendre service au patient ou à sa famille. Cependant, un service ne doit pas être rendu au détriment de l’accomplissement de son travail. Les ambulanciers qui acceptent d’accomplir ces démarches administratives sont en droit d’attendre une collaboration active des personnels de l’établissement comme par exemple une priorité de passage au Guichet.

L’ambulancier qui, pour cause de formalités administratives étrangères à son rôle, ferait attendre un autre malade et perturberait le bon déroulement du planning de son entreprise, commettrait alors une faute déontologique fondamentale. Certains ambulanciers restent persuadés que l’admission fait partie de leur mission, allant même jusqu’à s’excuser à la moindre réprimande au moindre manquement à ce sujet…

S’agit-il d’une ignorance, ou d’une soumission commerciale ?

L’acte commercial a ses limites, l’intérêt du patient par exemple, ou encore la survie économique de l’entreprise… Il convient également de noter que dans le calcul du forfait journalier que l’assurance maladie règle à
l’établissement receveur, elle prend en compte les démarches administratives liées aux formalités d’admission. Donc, lorsque les ambulanciers procèdent à l’admission du patient à la place de l’établissement, l’assurance maladie paye à l’établissement hospitalier une prestation effectuée par les ambulanciers privés.

Textes de références

JORF n°70 du 23 mars 2003 page 5226, texte n° 12  / Convention nationale des transporteurs sanitaires privés prévue à l’article L. 322-5-2 du code de la sécurité sociale

Article 6  : Structure de tarification du véhicule sanitaire léger

A. – Forfait départemental ou minimum de perception

Il comprend les prestations suivantes :

  • La mise à disposition du véhicule
  • La désinfection du véhicule éventuellement
  • La prise en charge du malade au lieu où il se trouve
  • Le transport du malade jusqu’au lieu de destination
  • En aucun cas, le conducteur et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de 15 minutes.
  • Le transport du malade dans la limite de 5 kilomètres en charge.

Structure de tarification de l’ambulance

A. – Forfait départemental ou minimum de perception :

  • Il est prévu pour les transports à petite distance et dans toutes les localités autres que ceux effectués à l’intérieur des villes ou agglomérations lorsque le forfait visé en C existe.
  • Il comprend les prestations suivantes :
  • La mise à disposition du véhicule et l’utilisation de son équipement ;
  • La fourniture et le lavage de la literie ;
  • La fourniture de l’oxygène en cas de besoin ;
  • La désinfection du véhicule éventuellement ;
  • La prise en charge du malade ou du blessé au lieu où il se trouve ;
  • Le transport du malade ou du blessé jusqu’au lieu de destination ;
  • Le brancardage au départ et à l’arrivée (étages compris, le cas échéant) ainsi que le chargement et le déchargement du malade ou du blessé. En aucun cas l’équipage et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de quinze minutes.
  • Il couvre le transport du malade ou du blessé pour les transports à petite distance ne dépassant pas en moyenne cinq kilomètres en charge, ou dans la limite de cinq kilomètres en charge pour les transports à moyenne ou longue distance.

CIRCULAIRE DHOS/SDO/01/2003/N°277 Du 10 juin 2003 relative aux relations entre établissements de santé, publiques et privés et transporteurs sanitaires privés

« 10-   Il n’appartient pas à l’ambulancier de réaliser les formalités d’admission ou de sortie du patient, sauf accord local formalisé après avis du sous comité des transports sanitaires. »

 « Et les étiquettes c’est moi qui vais les faire peut être? »

Le but n’est pas de fustiger les IDE, AS ou autres personnes il faut savoir rester cohérent. Bon d’accord quand on vous jette à la figure les papiers sans vous avoir dit bonjour ni m… et qu’on vous grogne :

– « Et les étiquettes c’est moi qui vais les faire peut être ? » ou « Vous avez fait les étiquettes ? » (notez l’absence totale des formalités de politesse et  avec le ton hautain et méprisant, c’est du vécu si si ,je ne fabule pas je vous assure)

Je me fais un plaisir de répondre :

– « Et bien oui ! pas de bras pas de chocolat, pas de sourire, pas d’accueil décent, pas d’étiquettes non plus »

et je m’en vais en sifflant tranquillement sous les :

– « J’vais faire un rapport vous êtes obligé de les faire, on va appeler votre direction ! Je vous garantis que vous allez avoir de gros problèmes ! « 

Dommage ma grande mais ton rapport tu peux le ranger euh non pas ici… et puis ma direction…. A nul endroit il n’est marqué ou inscrit que je suis salarié de la structure hospitalière donc…  De plus j’ai fait mon job correctement : mon patient est accompagné dans le service et je l’installe en remettant au personnels tous les documents administratifs indispensable : carte vitale, mutuelle, courrier du médecin etc.

Par contre combien de fois je l’ais fait avec plaisir (oui plaisir) pour rendre service à des IDE ou AS complètement débordée mais qui ont su m’accueillir moi et mon patient de façon humaine et chaleureuse. Quand ensuite elles m’expliquent qu’elles courent beaucoup et si c’était possible que je m’occupe des formalités ? Et bien oui c’est avec plaisir que je rends service !

Il faut savoir s’entraider et la prochaine fois que je viendrais dans le service je sais que je pourrais demander de l’aide et que je l’aurais… Bref je vous laisse découvrir ce sujet ô combien épineux, que tous les ambulanciers connaissent et supportent. Je ne donnerais que ce conseil : ne soyez pas trop rigide, soyez humain mais ne faites aucune pitié si on vous traite comme un chien. Le respect et le savoir vivre restent des valeurs éthiques importante pour tous les personnels qui sont dans le milieu médical et autres.

Et je rappelle encore et encore et encore : ce n’est pas le but de cet article de vous faire stopper les entrées et autres. Je le fais aussi chaque jour POUR mes patients et parce que j’estime qu’ils ont besoin de ça. Non cet article a pour but de vous rappeler que vous n’êtes pas les domestiques des centres hospitalier. Rendez service mais sachez rappeler aussi à ceux qui abusent et vous prennent pour leur coursier les règles élémentaires de courtoisie et d’organisation des services

J’adore les ambulanciers

J’adore les ambulanciers

Les ambulanciers et les infirmiers. Aujourd’hui je vous partage un article issu du blog d’un infirmier http://www.idz.fr/ 

Avec la bénédiction de son auteur je partage son article afin de démontrer qu’il est important de bien choisir sa voie et que certains professionnels (enfin professionnel c’est juste le terme, le contenant n’est pas forcément aussi adapté) devrait aller pointer à l’usine et changer de métier car ils n’ont rien à faire dans ce domaine. Y en a marre des boulets de service qui détruisent la profession !!! :

Ah les ambulanciers, dans notre métier on a une approche avec eux digne parfois d’une romance. Comme dans tout métier, comme le notre, il y a des bons ambulanciers et des moins bons… Aujourd’hui, je suis tombé sur cette dernière catégorie et plusieurs fois !

Un ambulancier grognon

Peut-être que certains ambulanciers tomberont sur cet article et pourront m’expliquer (ou se défendre ?) sur votre métier. Je les y encourage vivement d’ailleurs.

Mon expérience du jour est dû à une panne malencontrueuse des ascenceurs. On l’avait subit lors de ce week-end de canicule où j’ai du porté sur deux étages des patients en fauteuil roulant mais on l’a de nouveau subit ce jour avec une nouvelle panne à 8h30 des deux ascenceurs. Pour vous la faire courte, la panne est causé par une pièce défectueuse qu’il faut changé et qui est commandé. C’est comme une voiture, faut que la pièce arrive… Donc on rappelle nos ouvriers ou l’agence en charge des ascenceurs pour les réparer.

Un premier “couple” d’ambulancier, venant sans le brancard, pour chercher une patiente allant en chimiothérapie. Ils signalent que les ascenseurs sont en panne. Certes, mais je préviens que la petite dame ne pourra pas marcher, trop fatigué et surtout “trop” perfusé. Ils ne disent rien mais on sent que le grognement n’est pas loin.

Je cherche une astuce pour palier à l’ascenseur, notons qu’on est situé qu’au premier étage. Je trouve un autre moyen et pouvoir utilisé l’ascenseur situé dans un autre batîment, ils devront passés par le self de l’hôpital. Je n’ai pas trouvé mieux ! On les accompagne mais arrivé en face de 8 marchesils refuseront de descendre par là. “Et bien vous pouvez prendre une chaise pour descendre ces 8 marches ?!” 

Refus, ils partiront laissant la patiente qui n’aura pas de chimio ce jour. Je pensais que les ambulances étaient un service pour les patients ? Apparement on se soucie de leur prise en charge ?

Deuxième fois ce matin, les admissions appellent pour le retour d’une patiente avec les ambulanciers, en brancard, qui n’ont pas l’air de savoir comment faire pour monter la patiente… Ok, j’arrive je me détache du service pour aller les aider. A peine arrivé, un des deux ambulanciers tape son scandale, criant haut et fort que :

  • ”Cela est inadmissible, on est où là, c’est quoi cet hôpital, etc”….
  • “Ok monsieur, vous je ne vous connais pas, vous devez venir très rarement dans notre hôpital. Moi je subis cette panne, vous ne la subissez qu’une seule fois. Et puis même un hôpital a droit d’avoir une fois un ascenseur en panne, c’est pas infaillible et en ce moment les techniciens le réparent ! A part de la patience, il vous faut quoi de plus ? Pas la peine donc de me crier dessus, au pire allez vous plaindre au bureau de la directrice qui se trouve au bout du couloir (toi et ton jean qui te sers d’uniforme !)
  • “Oui mais je fais comment pour la monter là, elle a de l’oxygène et toute ses affaires, c’est n’importe quoi !”
  • “Ecoutez, les affaires un agent va les monter, la petite dame on va lui enlever l’oxygène le temps de la monter au 1ER ETAGE ! On la rebranchera tout de suite après… C’est fou ça ! Vous êtes formé au brancardage quand même et me racontez pas n’importe quoi j’ai fait 4 ans ce même métier avant de faire infirmier.”

Il m’adressera plus la parole le Schtroumph Grognon. Je sais pas mais vous pensez parfois qu’il y a un patient sur le brancard ? Tous ne sont pas comme ça, heureusement, mais vous étonnez pas si dans le milieu on pense que vous êtes des Taxi plutôt qu’autre chose. Je connais de très bons ambulanciers, je pense peut-être parce qu’ils sont passionnés et motivés par leur boulot ? Vous faites une formation quand même, d’ailleurs j’en forme certain étant moniteur…

Quand vous allez chercher quelqu’un à son domicile, vous la montez et descendez de chez elle, quitte des fois à prendre les escaliers ! Votre chaise pliante est fait pour cela. J’ai porté les patients sur deux étages plusieurs fois durant la canicule, j’ai pas ralé ! Les patients n’ont pas besoin d’entendre cela.

Je sais pas mais monter un étage, c’est drôlement dur… Qu’une patiente n’ai pas sa chimio à cause de votre transport qui n’a pas été assuré pour quelques malheureuses marches, cela ne vous gêne pas ? En plus, on vous aide souvent pour brancarder un patient… Enfin bon, ce fut mon petit coup de gueule du jour. D’ailleurs je salue quand même certains ambulanciers. Ce jour là je suis tombé surement sur des fainéants ce qui entache votre métier, comme vous devez tomber des fois sur des infirmiers/infirmières pas aimables, cela arrive.

Au faite, venez pas me parler de leur conduite sur la route, je ne parle pas de ça. (Je vous voir venir :p)

Bender

Je suis un infirmier qui aime bien bloguer pour se détendre un peu. Je suis donc une pousse seringue 2.0 dans une blouse blanche. J’agis également sur les réseaux sociaux comme Twitter et n’oubliez pas de devenir fan sur facebook.

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

La chaîne de l’urgence : La vie à un fil

Les métiers de l’urgence en vidéo

Clip présentant les métiers de l’urgence sur une musique de Random Memori. Tourné en Novembre 2011, ce film retrace la prise en charge d’un patient depuis le premier appel au SAMU (centre 15) jusqu’à sa prise en charge en réanimation.

Vous pourrez y voir représenté les différents acteurs de la chaîne de soins et de secours qui prendront en charge le patient tel le quotidien. Une illustration parfaite de ce qui se déroule quotidiennement pour les ambulanciers ainsi que pour les équipes soignantes que ce soit l’équipe SMUR ou encore les personnels hospitalier qui se chargent de la prise en charge au sein de la structure de soins. Ce scénario c’est ce qui se passe très régulièrement voire au quotidien. Ce que beaucoup de gens ne voient pas ou encore ne savent pas. La complexité de ces professions, le besoin réel de cohésion entre chaque acteur et l’importance majeure de chaque personnel dans cette chaîne très fragile.

Pour un appel  d’une victime il n’y a pas qu’une personne qui sera sollicitée mais bien tout un ensemble avec des compétences bien spécifiques propres à chacun.

Dans l’ordre d’apparition

Terminologie médicale

Terminologie médicale

Terminologie médicale, ou savoir de quoi on parle…

Il y a deux façons d’aborder la terminologie médicale. Apprendre les termes par cœur, ou en comprendre la structure. Il me semble préférable de comprendre la structure sous-jacente de la terminologie médicale. 

En effet, en reconnaissant les préfixes, racines et suffixes il devient plus facile sinon d’interpréter à tout le moins de saisir le sens général d’un nouveau mot. Commençons donc avec les préfixes. 

Ceux-ci sont dérivés du latin ou du grec ancien. En règle générale, ils indiquent une position ou une condition. Par exemple, dans « hypertrophie », le préfixe hyper indique une augmentation.  Son contraire, hypo, va indiquer une diminution.

Les préfixes les plus fréquents comprennent, entre autres :

PréfixesSignificationExemple
Hyper / HypoAugmentation / DiminutionHypoglicémie
Sus (supra) / sous (sub)Au-dessus / En-dessousSubclaviculaire
A (an) / EuAbsence de / Normal(e) Apnée
Tachy / BradyRapide / LentBradycardie
Exo (extra) / IntraDehors / DedansIntrathoracique
Poly / MonoPlusieurs / Un seulPolyurie
Macro / MicroGrand / petitMacroscopique
DysDifficulté / DysfonctionDyspnée
Pré / PostAvant / AprèsPost-opératoire
OrthDroit / CorrectOrthopédie
Hémo / HémaSangHémodynamie
DiaA traversDiaphorèse

Les suffixes vont, de leur côté, indiquer une fonction ou une pathologie.

SuffixesSignificationExemple
…iteInflammationLaryngite
…stomieIncision chirurgicaleLaparotomie
…pnéeRespirationTachypnée
…pepsieDigestionDyspepsie
…gèneQui provoque ou produitTératogène
…omeTumeurMélanome
…émieSang, dans le sangOxcémie
…orrhéeEcoulementOtorrhée
…ptysieCrachementsHémoptysie
…scopieRegarderGastroscopie
…lyseDestructionHémolyse

Reste maintenant la racine (qui peut parfois être assimilée tant au préfixe qu’au suffixe).  La racine désigne un organe, un tissu, une fonction.

RacineSignificationExemple
Cardio, cardie, cardeCoeurCardiomégalie
Pnée, pneuVentilation, airPneumothorax
Oxy, oxOxygèneOxémie, hypoxie
GlycGlucoseGlycémie, glycurie
Urie, uréUrée, urine (production)Urémie, anurie, polyurie
CéphalTêteEncéphalite
CysteVessieCystite
NéphroReinNéphrite
GastroEstomacGastrite
EntérIntestin grêleEntérite
PhlebVeinePhlébotomie

Il est évident que la compréhension des termes passe par la connaissance de la signification des différents préfixes, suffixes et racines. Par conséquent, une fois que les principaux termes sont maîtrisés, on parvient plus facilement à interpréter les termes que l’on rencontre, ce qui peut grandement nous aider dans notre pratique préhospitalière.

Par exemple, vous devez transporter Grand-Père, qui peut facilement devenir apnéique et bradycarde, selon la famille. Cela signifie que vous pouvez vous attendre à un arrêt ventilatoire et une baisse de la fréquence cardiaque pendant le transport.  Sachant cela, il vous est plus facile de préparer le matériel nécessaire et réagir plus rapidement le cas échéant.

Utiliser le bon terme constitue pour l’intervenant pré-hospitalier une affirmation de son désir d’être reconnu comme un professionnel de la santé, intégré à 100% dans la chaîne des soins aux patients. Cela attire le respect des pairs, ainsi que la considération positive de la part des autres intervenants du milieu.

De même, certains termes anatomiques se doivent d’être employés de façon cohérente. Par exemple, « proximal » et « distal » n’ont de sens que si l’on identifie la structure dont il est question. Une blessure distale à l’épaule peut être partout sur le bras.  Par contre, une blessure au tiers proximal de l’avant-bras nous situe beaucoup mieux. Une crampe au quadrant supérieur gauche de l’abdomen est beaucoup plus précise qu’un mal de ventre…

Là encore, c’est la pratique qui permet la maîtrise du sujet. Je vous propose donc de chercher les significations des termes en italiques dans les précédents tableaux. Je publierai les solutions, et d’autres termes, dans quelques semaines.

Paramédicalement

Sébastien Gagnon, ACP
Paramédic en Soins Avancés au Canada

terminologie médicale
Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey

Les ambulances du Val d’Orbey, présentation

Aujourd’hui je vous présente monsieur Christophe DURRHEIMER gérant de la société Ambulances du Val d’Orbey en Alsace. Jeune et dynamique il a accepté mon « interview » avec beaucoup de gentillesse et a surtout pris le temps de répondre à mes nombreuses questions. Portrait d’un jeune chef d’entreprise qui nous dévoile le quotidien d’un « patron » :

Bonjour monsieur DURRHEIMER Pourriez vous présenter votre entreprise (missions, personnels, moyens) ?

Mon entreprise : Ambulances du Val d’Orbey (www.ambulances-web.com). Nous assurons l’ensemble des missions propres aux ambulanciers français, à savoir : transport sanitaire en VSL et ambulance pour des interventions de type « classique » et missions d’urgence (sur demande des médecins locaux et SAMU 68). Nous disposons de 3 VSL et de 2 ambulances. Nous sommes 4 Ambulanciers DE, 2 Auxiliaires Ambulanciers et une Assistante de Direction. Une équipe de renfort (vacataires) est également présente (1 ADE et 3 Aux).

Parlons un peu de vous… Quel est votre parcours professionnel et comment en êtes vous arrivé à devenir chef d’entreprise ? Qu’est ce qui vous a poussé dans cette voie ?

Ma formation scolaire initiale s’est orientée vers le nucléaire en tant qu’agent d’assainissement radioactif, métier que j’ai exercé peu de temps, en définitive, puisque j’ai été appelé sous les drapeaux. J’ai effectué mon service national à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris sur une période de 18 mois, en service actif en « Interventionnel ».

C’est à l’issue de ce service que j’ai trouvé ma voie, et en l’espèce, mon premier emploi en tant qu’auxiliaire – qu’on appelait à l’époque « chauffeur BNS » – (rires). J’ai occupé ce poste pendant un an avant d’être embauché dans une très grosse structure du Centre Alsace, m’ayant donné l’opportunité d’être formé au diplôme du CCA en 1995.

 En 2000, j’ai pris la tête de l’agence principale de cette « nébuleuse », puis j’ai mis en route d’autres agences annexes sous la même direction avant de me retrouver bombardé DRH du Groupe, comptant environ 150 ambulanciers.

En 2005, j’ai été recruté par un cabinet de conseil afin de faire du conseil en management de sociétés d’ambulances, m’obligeant, de fait, à quitter ce groupe dans lequel j’avais fait mes armes.J’ai donc été consultant durant deux ans avant d’avoir l’opportunité de reprendre « Val d’Orbey », opportunité sur laquelle je me suis empressé de sauter, car comme le dit le dicton, « Ambulancier un jour, ambulancier toujours ».

S’installer comme Transporteur Sanitaire c’est quelque chose d’assez flou en terme d’information, pourriez vous nous résumer le chemin que vous avez suivi ?

C’est une question qui appelle une réponse trop vaste mais gros, soulignons simplement que la démarche administrative a été assez clairement définie, donc le cheminement relativement aisé. C’est plus avec les banquiers et les organismes de prêts que le problème s’est posé en ces termes.

Avez vous rencontré de grosses difficultés passées ou présentes en tant que chef d’entreprise ?

Les grosses difficultés en tant que jeune chef d’entreprise résident dans le tri à faire entre toutes les arcanes du système de taxation français (URSSAF, ASSEDIC, Retraites, Taxes Professionnelles, Taxes sur les salaires, TVA) – rires. La complexité des obligations déclaratives est d’une lourdeur infinie, pour des impôts auxquels on n’est même pas sûrs d’être assujettis. On passe des journées à remplir des déclarations pour rien, en gros.

Selon vous, pour un jeune ambulancier, se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise de Transport Sanitaire est-ce une aventure vouée à l’échec ou est-ce encore quelque chose de réalisable ? Quels sont les atouts à posséder pour accéder à ce choix ? Quels sont les critères de base à prendre en compte ?

C’est une aventure envisageable dans deux cas de figure…, mettons… extrêmes :

Soit on gère son entreprise en « immersion », à l’artisanale, sachant que tu commences ta journée le premier, et tu es le dernier à quitter ta boîte – si et seulement si tu la quitte le soir, parce que souvent, dans ce cas de figure, tu VIS au boulot.

Deuxième option, la structure est plus grande, permettant au gestionnaire de prendre une certaine distance au sens figuré, sachant que son staff va permettre de faire tourner la boîte et de la viabiliser. La prégnance pour le chef d’entreprise est donc moindre, sans pour autant que les résultats ou le bilan financier n’en souffrent. Je pense qu’aucune autre « option » n’est réellement viable.

 Les atouts à posséder… Ils sont clairs et consistent à ne pas avoir peur de prendre des risques auxquels aucun salarié ne s’expose par définition, sachant qu’en cas d’échec, c’est ta maison que tu vois partir dans les mains du banquier… Ensuite, être un « leader » dans l’âme. On ne mène pas ce type de barque sans cet cette composante du caractère, constante…

 On ne « monte pas » sa boîte. On rachète. Il faut étudier le contexte à la fois géographique, économique. Stratégiquement, on ne rachète pas une boîte trop éloignée d’un centre hospitalier de référence ou sur les bases de finances malsaines…

C’est un mauvais choix qui peut potentiellement être lourd de conséquences. La réflexion doit être posée et tenir compte de multiples facteurs dont ceux-ci, entre autres. Je trouve dommage – entre nous soit dit – que ces choix soient basés sur ces conditions economiques, au lieu de pouvoir, comme il se devrait, se faire sur les bases d’une volonté de faire du bon boulot, par amour et dévouement pour ce métier.

Pour vos recrutements : avez-vous des critères de sélection particuliers, ou recrutez-vous juste au vu du CV ?

Mon opinion et ma façon de fonctionner ne se limite pas à un profil. C’est trop réducteur. La société dans laquelle nous vivons étant multiforme et en perpétuelle mutation, mon équipe se doit de l’être aussi.

Dans ce sens, je privilégie une grande diversité des personnalités, en sus des compétences, bien évidemment, puisque c’est dans la complémentarité des personnalités et des profils, si tu préfères, qu’on obtient une équipe qui tienne la route, adaptable et réactive. Malgré tout ça, la réglementation et l’équilibre des qualifications se doit d’être respectée dans les démarches de recrutement.

Quelle est votre vision de l’ambulancier en France ? Trouvez vous qu’il existe des manques d’un point de vue formation, motivation… Quelles améliorations seraient à apporter ?

Ha-ha ! C’est un pavé qu’il faudrait écrire, alors on va tenter d’être synthétique. Dans les années 60, la France à été précurseur dans le système de prise en charge pré hospitalière. Mais elle s’est glorifiée de ce statut, en omettant au passage de se remettre périodiquement en question.

Au final, nombre de pays, après nous avoir observés, ont non seulement pris exemple mais sont allés plus loin, tandis que la France restait en panne sur la bande d’arrêt d’urgence. Notre métier et par delà, le système global de secours, aujourd’hui, bien qu’en perpétuelle mouvance, DOIT être réformé. C’est une nécessité au regard des décennies de retard accumulées, comme nous le constatons avec nos partenaires européens.

Depuis le passage du CCA en DEA avez vous remarqué une amélioration de la « qualité » des ambulanciers ? La nouvelle génération est elle plus motivée ? plus investie ? Mieux formée ?

 Ma structure étant constituée de personnels de la « génération CCA » et le turn-over étant très limité, ce que je sais et ce que je constate chaque jour, c’est que le CCA était plus orienté vers l’urgence pure, alors que cette activité n’est que très limitée (la moyenne nationale est environ de10 %). Le DEA, bien que plus évolué et cohérent, s’inscrit plus dans une philosophie « hospitalière », avec des passerelles vers le diplôme d’état d’Aide-Soignant. Le CCA DEVAIT évoluer en un diplôme type DEA, mais c’est encore tellement insuffisant au regard de notre retard…

En tant que chef d’entreprise, quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui vient vous interroger sur ce choix de métier ?
L’ambulancier idéal à vos yeux, c’est ?

Ce choix implique une dynamique changeante et adaptative par définition. Combien de fois ai-je entendu des « postulants » me dire qu’ils ont porté ce choix par gout de la conduite… Une aberration selon moi, puisque ce métier est avant tout un métier de contact nécessitant une capacité d’écoute en même temps qu’une conscience aigue de la notion d’assistance et de secours.

Alors la conduite, franchement, c’est un argument que je balaye d’un revers du bras. Un argument que je ne peux entendre ! Un ambulancier heureux est un ambulancier qui, à l’issue de sa journée, ne rentre pas chez lui en ayant l’impression d’avoir perdu son temps, ou d’avoir été « balèze » en conduite !

Un ambulancier idéal n’existe pas car en France, ce métier est tellement diversifié (taxi-sanitaire jusqu’à l’urgentiste en passant par le transport sous surveillance médicale) que tous les profils correspondent, et qu’aucun ne doit « matcher » un seul versant de ce métier multiforme. Chaque tâche ou affectation de ce métier est une « spécialisation » en soi. Un bon auxiliaire en VSL est aussi indispensable qu’un bon urgentiste… et vice-versa.

En dehors du transport sanitaire classique, participez vous à l’Aide Médicale Urgente dans votre département ? Comment se passe-t-elle étant donné la grande disparité dans les différents départements ?

Bien sûr ! Notre activité est indissociable de l’AMU… Un ambulancier qui refuse cette place dans le dispositif ne devrait pas s’appeler « ambulancier », ou du moins se réclamer de notre profession. Pour ce qui concerne le Haut-Rhin, nous sommes gérés par le SAMU-Centre 15, lui-même informatisé dans le déclenchement de la réponse ambulancière immédiate via une plateforme nommée Thélis et un système de géolocalisation.

 Parlons urgence, à l’heure actuelle beaucoup d’ambulanciers souhaiteraient participer plus activement à l’AMU au vu de leur diplôme devenu plus complet et aussi axé sur la prise en charge pré hospitalière de patient avec et sans urgence vitale.

Notre système (ndlr français) est axé sur les pompiers et leur départ immédiat, et de l’autre côté de réels freins existent : carences, sentiment de « privatiser le secours à personne ». Auriez vous votre avis sur la question ? Les ambulanciers ont ils leur place dans l’avenir du secours à personne (modèles suisses, belges, canadiens…) ?

Les ambulanciers sont mieux formés à l’évaluation clinique d’une victime contrairement aux pompiers qui appliquent de simples protocoles. Sur l’abord d’une victime, les ambulanciers sont plus à même de dessiner un tableau mono ou poly-pathologique afin d’y répondre au mieux. Nos freins se retrouvent dans notre statut : n’appartenant pas à la « fonction publique », nous ne disposons pas du financement dont bénéficient les pompiers en termes d’armement des véhicules et de moyens matériels.

C’est l’ensemble du système qu’il faudrait refondre vers un diplôme commun, par exemple… J’ajoute, pour couper court à toute réaction « à chaud », qu’au-delà de la disparité des formation pompiers ou ambulanciers, il existe de très bons éléments de chacune des deux couleurs, comme de très mauvais. C’est le système global français qui crée les dissensions stériles auxquelles nous assistons quotidiennement. Alors oui, assurément, l’ambulancier d’aujourd’hui et de demain a TOUTE sa place dans le secours à personne. Bien sûr ! Plus que jamais. Et cela va aller exponentiellement.

Une conclusion pour terminer ce portrait ?

Cela fait 17 ans que je vois ce métier évoluer sans cesse. Mais ça ne doit pas s’arrêter là, malgré le contexte économique difficile. Il faut absolument, comme je le citais tout à l’heure, que le législateur prenne la pleine mesure de notre retard et que les ambulanciers se mettent à la page, dans le sens d’une dynamique de recherche permanente de l’aboutissement. Je fais et ferais toujours parie de cette dynamique… !

Merci à monsieur Christophe DURRHEIMER pour avoir pris le temps pour répondre à nos questions et en espérant que cela apportera des informations utiles à tous.

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

Evaluation clinique, bilan ambulancier et transmissions

On ne le rappellera jamais assez mais l’évaluation clinique et le bilan de l’ambulancier sont des éléments primordiaux. Chaque professionnel de santé se doit d’être irréprochable au possible dans ce domaine. Cet article vous apportera des éléments de rappels à ce sujet.

Rappels et choses à retenir

Depuis le nouveau décret du 31 août 2007 établissant l’équivalence CCA/ADE, la profession vient de faire un grand pas dans le sens d’une reconnaissance indéniable de notre statut en tant que professionnels de santé. Dans cette optique, chacun de nous a un devoir de rigueur dans l’exercice de notre métier et ce, quelle que soit la qualification (Ambulancier Diplômé d’Etat ou Auxilaire).

Cela signifie notamment l’adoption impérative d’un langage médical universel, mais aussi et surtout une approche holistique, c’est-à-dire globale, de l’individu au chevet duquel nous intervenons à la demande du requérant. L’évaluation clinique et les transmissions ne peuvent souffrir d’aucune carence et encore moins de légèreté, quel que soit le cas auquel nous sommes confrontés.

Ainsi, le bilan et les transmissions sont capitales à plus d’un titre : ils permettent au médecin régulateur de faire un télé-diagnostic plus fin, mais aussi d’assurer, une fois le patient déposé au SAU, une traçabilité synthétique qui sera versée au dossier de soin du patient et sur lequel s’appuieront les médecins en hospitalier ainsi que l’équipe pluridisciplinaire qui assurera la continuité des soins. J’attire votre attention sur l’aspect médico-légal de notre engagement.

Le bilan

Personnellement, je définis le bilan comme suit : « C’est l’action de rechercher, de collecter et de recouper des informations auprès du malade et/ou de son entourage, permettant à l’ambulancier diplômé et à son auxiliaire, de déduire un tableau clinique mono ou polypathologique en tenant compte en tout premier lieu de l’observation par les sens et par les constantes exprimées, puis de faire le lien avec la ou les conduites à tenir face à ce tableau, en fonction et dans la limite de nos connaissances et des décrets fixant l’attribution de nos compétences. »

L’équipage d’ambulanciers missionné par le SAMU est le premier maillon de la chaîne de la prise en charge de la personne et de sa (ses) pathologie(s). A ce titre, nous pouvons être déterminants pour le devenir du patient ou de la victime. L’approche et la rencontre entre malade et soignant médico-technique (ambulanciers) sur les lieux est d’une importance fondamentale. C’est au cours de cette première prise de contact que d’emblée, l’équipage doit se poser des questions :

  • Où sommes-nous?
  • En présence de quelles personnes ?
  • Qui est la victime ?
  • Y en a-t-il plusieurs ?
  • Faut-il faire un tri ?
  • Quelle est la personne de l’entourage la plus anxiogène pour la victime ?
  • De quelles infos disposons-nous au regard de l’habitation ? (sale, propre, ressources financières…)
  • Y a-t-il une personne de confiance ou une personne ressource présente sur les lieux ?
  • Y a-t-il un problème de barrière linguistique ou culturelle à surmonter?

Ces éléments constituent un point de départ instantané pour situer le contexte socio-économique ou socio-culturel.

IMPORTANT

L’ambulancier et son binôme doivent savoir qu’ils ne seront pas perçus de la même façon en fonction des « zones » entourant la victime, et que le dialogue ou le questionnement n’aura pas les mêmes réponses que cherchent à obtenir les sauveteurs (dans le but de compresser le délai de prise en charge).

Voici les limites de ces zones

  • La zone intime : rayon de 30 à 50 cm autour de la victime → ATTENTION !…
  • La zone personnelle : jusqu’à 1 m.
  • La zone sociale : de 1 à 3 m.
  • La zone publique : au-delà de 3 m.

Evidemment, pour se livrer à une évaluation clinique, le contact avec la victime est très étroit parfois, nous obligeant à utiliser le toucher ou la palpation pour affiner l’évaluation, essentiellement en traumatologie.

J’inclus dans ces zones ceux que l’on nomme les « attendants » – famille, collègues, entourage etc… – et qui seront aussi pris en charge par l’équipage sur le lieu de l’intervention, car ils ne doivent pas être négligés. Ils ont droit, selon leur lien de parenté, à une explication éclairée, précise et sans mensonges, car cela fausserait la confiance instaurée en première instance, à l’arrivée des secours.

Or les attendants sont une source d’information de tout premier ordre sur l’histoire de vie de la victime, ses ATCD, les TTT en cours, les circonstances de survenue du problème etc… Ici, l’auxiliaire a toute sa place dans la recherche d’informations et de désanxiogénisation de la situation : il s’agit pour lui de rassurer, sans mentir ou minimiser ( → minimiser signifierait ne pas reconnaître la détresse du patient !!!), d’écouter activement ( → faire reformuler), de poser des questions ouvertes (appelant une réponse formulée) ou des questions fermées (seuls le « oui » et le « non » peuvent être des réponses) .

Le bilan doit suivre une trame, un fil conducteur où chacun des deux binômes sait ce qu’il a à faire, dans la complémentarité.

  •  Examen ou évaluation clinique. L’observation vaut mieux que toutes les constantes… !
  •  Recherche de signes de gravité permettant d’anticiper l’engagement du pronostic vital.
  •  Interrogation du patient sur les circonstances de survenue : y a-t-il eu des prodromes (signes avant-coureurs)?
  •  Prise des constantes utiles dans le même laps de temps, sans rompre la communication lorsqu’elle est possible avec recherche d’ATCD personnels et familiaux, interrogation sur le ou les TTT en cours (→ recouper ces informations avec l’équipier ayant pris en charge l’entourage, pour confirmation)

Ceci peut se faire tout en accomplissant des gestes techniques de première urgence lorsque la situation l’exige. (Techniques d’hémostase, application d’O2 – au débit approprié avec le vecteur approprié : attention à l’hypercapnie chez un IRC ou un BPCO connu → risque d’abolition bulbaire de la commande nerveuse respiratoire – par exemple, etc…)

Cas particulier de la psychiatrie

Le processus reste le même, avec cependant quelques règles de base à respecter scrupuleusement :

  • Penser au risque de passage à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif : le patient peut décompenser à n’importe quel moment et se montrer violent envers les ambulanciers ou envers lui-même → assurer la sécurité du binôme +++ et du patient. → Respect des « zones » décrites plus haut.
  • Pratiquer l’écoute active (reformulation et attente de confirmation de la part du patient).
  • Rester empathique mais ferme et ne pas entrer dans le jeu de la recherche du bénéfice secondaire attendu par le patient.
  • Si la sécurité de l’équipage risque de se trouver compromise, en premier lieu s’extraire du contexte rapidement et ne pas hésiter à demander un renfort policier et en référer immédiatement au MR (la conversation étant horodatée, nous sommes couverts d’un point de vue médico-légal)

Le Stress

Si nous autres ambulanciers sommes quotidiennement soumis au stress lors d’interventions, si nous le connaissons comme on connaît un vieil ami, quelqu’un qui nous est familier, il n’en est pas de même pour le patient ou la victime : pour lui, la situation est « exceptionnelle ». La gestion du stress du patient est un élément que nous DEVONS prendre en compte, quelles que soient les circonstances. Le stress, c’est quoi ?

C’est une réponse de l’organisme destinée à nous permettre de faire face à une situation de crise, par définition inhabituelle. Vieil héritage génétique de notre condition de mammifères, le stress, à l’instar de nos amis à quatre pattes, est un processus qui libère dans notre organisme différents neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, et qui inhibe la recapture de la sérotonine, de façon momentanée.

Les répercussions sur l’organisme sont diverses : dilatation des pupilles, augmentation du calibre artériel et veineux (pour pouvoir fuir devant une menace le cas échéant), blocage de la fonction digestive, augmentation de la fréquence cardiaque et de la fraction d’éjection ventriculaire, etc…, le tout étant commandé par le système nerveux sympathique.

☛ Je vous laisse le soin de faire le lien avec l’hémodynamique chez un patient, en tenant compte de la dilatation artério-veineuse et de la tachycardie engendrée par le stress.

Il nous appartient de prendre en compte certains éléments qui nous sont familiers, à nous, ambulanciers, mais auxquels nous ne pensons pas ou peu, afin de mieux comprendre le stress que notre arrivée chez une personne malade peut occasionner.

  • Nous arrivons avec sirène et xénons
  • Nous arrivons à deux sur le « territoire » du patient, dans son intimité
  • Nous arrivons à son chevet, souvent dans une chambre à coucher, ultime « bastion » territorial du malade, ultime refuge.
  • Nous arrivons avec un sac d’intervention, parfois une ogive d’O2 , une chaise portoir etc…
  • Nous sommes appelés à porter des gants d’examen, pouvant être perçus par la victime comme une barrière entre elle et nous, pouvant aussi être perçus comme une humiliation suprême…
  • Territoire : Nous sommes avant tout des mammifères. En tant que tels, la notion de territorialité est fondammentale chez l’humain.
  • Humiliation : La personne est « malade », « pas bien », « ne peut plus se mouvoir ». C’est déjà pénible d’avoir à s’avouer à soi-même en temps normal que, dépassé par les événements, nous sommes contraints de « demander de l’aide », imaginez ce que l’on peut ressentir quand un problème médical (médecine pure ou traumato) survient : inquiétude, angoisse (parfois majorée par l’entourage), sensations pénibles, obligation de s’avouer « vaincu » et de commencer un travail d’acceptation de son propre état dégradé. Voir deux silhouettes debout alors que le patient est couché, « soumis » sur son propre territoire… Tout cela participe au STRESS du patient !

Trucs et astuces en réponse

  • Saluer tout le monde avec politesse.
  • Ne pas débarquer comme des cow-boys.
  • Tenir compte du temps, mais ne pas brûler les étapes : si le SAMU attend son bilan dans un délai de 3 minutes, on privilégiera le patient, et le SAMU attendra !
  • Se placer au niveau de la victime et lui expliquer, si cela s’avère nécessaire, qu’on ne porte pas des gants de crainte de se salir, mais parce que nous ne voulons pas lui transmettre NOS microbes : c’est pour le préserver lui, le patient, que l’on porte des gants…
  • TRAÎTER LE PATIENT COMME NOTRE ÉGAL !!!
  • Se rappeler des « zones intersubjectives » décrites plus haut.
  • Inspirer confiance, rester calme et attentif, rassurer +++ mais ne jamais mentir. Ni à la victime ni à son entourage le cas échéant. RAPPEL : le langage ne compte que pour 7% dans la transmission d’un message, l’intonation pour 38% et la communication non-verbale compte pour environ 55%
  • Attention aux mimiques. Mimique = jugement de valeur !

Les transmissions

De la qualité de ce qui est noté sur les fiches de bilan, dépend la qualité des transmissions au SAMU centre 15 ainsi que les transmissions lors de la dépose de la personne transportée au SAU.

Rappel : Ces fiches ont un caractère médico-légal puisqu’elles sont la base de l’orientation clinique que le médecin suivra en fonction de ce que l’ambulancier et l’auxiliaire auront noté, et qu’elles seront versées au dossier de soin du patient arrivé au SAU. La transmission du bilan au SAMU centre 15 se doit d’être structurée, quel que soit l’environnement dans lequel le bilan est transmis – même si c’est parfois très très difficile (on l’a tous vécu… !)

Contenu des transmissions = contenu du bilan dans le même ordre. Identité de la personne, sexe, âge, motif de l’appel, constat à l’arrivée de l’équipage, circonstances de survenue du problème, avec ou sans prodrome, selon les ATCD, le ou les TTT en cours, un effort etc…, l’état actuel de la victime, les gestes entrepris, puis attente de la décision du PARM ou du MR sur le lieu d’évacuation.

Pour une question de crédibilité, j’attire votre attention sur le langage universel de la médecine. Une bonne transmission est une transmission technique ! Utiliser le langage médical universel : « douleurs abdominales aigües hypochondre gauche » au lieu de « la personne a très mal au ventre, en haut à gauche », ou autre cas, « plaintes exprimées : violentes céphalées pulsatiles localisées temporales bilatérales » au lieu de « la personne dit qu’elle a très mal à la tête, comme si ça lui battait les tempes des deux côtés des tempes ».

Déjà entendu aussi : « La personne a fait un caca tout noir qui pue vraiment beaucoup. On dirait du goudron, et je vous explique pas le coeur qui bat vite et la tension dans les chaussettes… » On aurait aimé entendre quelque chose de plus professionnel comme : « Emission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes accompagnées d’une tachycardie à xxx BPM et une systole à 90… ».

→ Dans cet exemple, le MR sait que les ambulanciers sont face à un tableau clinique qui signe un méléna, autrement dit une hémorragie digestive haute. Mais dans le premier cas de figure, le médecin régulateur, au mieux se moque des ambulanciers (ça vaut aussi pour les pompiers), et au pire il fait en sorte que de tels « professionnels » ne fassent plus de gardes → c’est la compagnie toute entière qui est rayée du tableau de garde.

Il nous faut donc prendre l’habitude de parler le « médecin »

  • Mal au ventre = gastralgie
  • Mal à la tête = céphalée
  • Mal au cou ou dans le dos ou dans les lombaires = cervicalgie ou dorsalgie ou lombalgie.
  • Saignement du nez = epistaxis
  • Saignement des oreilles = otorragie
  • Saignement de l’anus = rectorragie
  • Section des veines = phlébotomie
  • Plaie ouverte à l’abdomen = laparotomie
  • Le crâne enfoncé = embarrure
  • Fréquence cardiaque ↑ et TA ↓} = hémodynamique instable + les valeurs (Ex : FC à 130 bpm + TA 90/60)
  • Saignement du vagin hors période des règles = métrorragie
  • Règles trop abondantes = ménorragie
  • Du sang dans les urines = hématurie
  • Crache du sang = hémoptysie
  • Vomit du sang = hématémèse
  • Respire difficilement = dyspnéique
  • FC > 100-110 = tachycardie. FC inférieure à 60 = bradycardie (→ attention aux sportifs)
  • FR > 20 = polypnée (ou tachypnée, également admis). FR inférieure à 10/12 = bradypnée
  • → Exprimer les valeurs de la PA en mmHg plutôt qu’en cmHg. Ex : 130/80 au lieu de 13/8

Bref…, utilisons ce vocabulaire pour être crédibles.

Si bilanter une victime n’est pas toujours aisé et demande TOUJOURS une rapidité d’exécution, il n’en demeure pas moins que rester professionnels est la condition sine qua non pour faire du bon boulot. Et c’est de ça dont les victimes ont besoin. Elles n’ont pas besoin de voir débarquer des cow-boys trop sûrs d’eux mais à l’inverse, elles n’ont pas envie de voir débarquer à leur chevet des ambulanciers crispés, stressés et tremblottants.

Pour terminer

L’approche d’une victime est une relation humaine qui s’instaure. C’est donc avec l’« humain » qu’il faut travailler, c’est-à-dire l’observation, la discussion lorsqu’elle est possible, la détection visuelle des signes cliniques. Prendre une saturation ou une glycémie n’est pas systématiquement nécessaire. Il faut s’adapter à chaque situation.

→ Un dextro chez quelqu’un qui s’est cogné la tête est inutile et constitue une perte de temps.
→ Une SpO2 chez quelqu’un qui s’est fait une entorse est inutile et constitue une perte de temps….

Prenez une SpO2 seulement si vos observations laissent à penser qu’il y a un déficit en O2… Idem pour le dextro : si une personne se casse une jambe, pourquoi un dextro s’il n’y a pas d’ATCD ou de notion de diabète ??? Il faut rester cohérent et travailler avec bon sens et RIGUEUR !

J’insiste sur un dernier point. Et j’insiste LOURDEMENT: Le monitorage et les chiffres sont une chose…, mais RIEN ne remplacera JAMAIS votre flair, votre aptitude à observer, à écouter, mais surtout à ENTENDRE la détresse, et RIEN ne remplacera JAMAIS vos CONNAISSANCES et votre EXPÉRIENCE.

Ambulancier et évolutions professionnelles

Ambulancier et évolutions professionnelles

Les évolutions professionnelles après une carrière en tant qu’ambulancier existent, certes peu nombreuses mais méritent qu’on y porte un intérêt. Comme toute reconversion ou évolution il faut d’abord et avant toute chose bien prendre en compte que c’est une démarche personnelle. Il n’y a pas de bon ou mauvais choix, il y a aussi des opportunités à saisir.

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 Aide soignant

L’ambulancier titulaire du DEA peut intégrer l’école d’aide soignant sans se présenter au concours de sélection. Les modules  2,4,5,6 et 7 étant commun avec la formation d’aide soignant ne seront pas à valider. Par contre les modules 1,3,6,8 et 9 devront être suivis et validés ce qui représente 9 semaines d’enseignements théorique. A cela s’ajoute 6 stages de 4 semaines soit un total de 33 semaines de formation. La profession d’aide soignant propose de nombreux postes en EHPAD comme en hôpitaux ou cliniques.

Infirmier

Aucun passe droit, l’ambulancier devra se présenter aux sélections courantes. Diverses exemptions comme pour le DEA existent pour « sauter » certaines parties des sélections. La durée de la formation est de 3 années et demande un véritable travail de fond. C’est une formation difficile qui demande un réel investissement personnel de votre part. mais en échange c’est enrichissant à souhait.

Régulateur

Poste rare, le régulateur travaille dans une entreprise de transport sanitaire privée. Une fonction qui consiste essentiellement à recevoir les appels, coordonner les demandes et établir ainsi le planning des courses. Une expérience minimale dans le métier sera requise. Ajoutez à cela une bonne maitrise du secteur géographique afin d’être efficace au plus vite dans l’équilibrage des planning. C’est un poste difficile qui vous mettra face à de nombreux paramètres : le planning, les appels patients, SAMU, les équipages. Une bonne gestion du stress est indispensable ainsi qu’un sens logique. Souvent des compétences en facturation seront appréciées.

Ambulancier SMUR

Poste rare lui aussi, il vous faudra trouver un poste libre dans un hôpital disposant d’un Service Médical d’Urgence et de Réanimation. Je vous invite à consulter l’article de référence dans la rubrique profession afin déjà de vous imprégner de la fiche de poste, mais aussi des formations qui seront demandées, les critères etc. De nombreux hôpitaux n’hésitent désormais plus à recruter des personnels disposant déjà des formations et des permis adéquat. Une expérience d’ambulancier solide avec de préférence une expertise dans les transports à la demande du centre 15 sera fortement apprécié. En règle générale l’ambulancier recruté est d’abord doublé avec un ambulancier SMUR pour lui permettre d’intégrer solidement sa future place.

Evolutions des ambulanciers : une réflexion

Vous l’aurez compris il existe des pistes pour évoluer professionnellement mais qui vont toutes demander une solide réflexion. Vouloir évoluer c’est d’abord préparer ce changement. Les évolutions dans le métier d’ambulancier sont des choses à étudier, à calculer : famille, investissement, désir de reprendre le chemin des études. mais c’est aussi l’opportunité d’évoluer en terme de connaissances comme en terme de salaires, de conditions de travail.

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière et formatrice pour les ambulanciers

Oriana, infirmière mais aussi formatrice en institut de formation des ambulanciers

Quel est ton métier actuel ?

Infirmière et ambulancière formatrice au sein d’un IFA.

Tu es arrivée comment dans cette profession ?

Infirmière de formation je suis intervenue en tant que formatrice occasionnelle au sein de l’IFA, puis j ai eu la proposition d’un poste à temps plein au sein de cet établissement.

Une vocation ?

J’ai toujours voulu enseigner et mon arrivée dans la filière ambulancier est un concours de circonstances.

Que fais-tu au quotidien ?

Ingénierie pédagogique, enseignement théorique et pratique principalement sur les modules passerelle aide soignant (2 4 5 7) et module hygiène (3). Suivi et gestion des stages et des plannings …

Que préfères-tu dans ton travail ?

Le face à face pédagogique notamment en pratique.

Des anecdotes qui auraient marqué ta carrière ?

Certains décalages entre le vocabulaire pré hospitalier et hospitalier menant à des situations cocasses. Lors d’un cours, je présentais la désinfection complète de la cellule arrière, un stagiaire me dit « en fait vous allez jusqu’au hayon ? » terme inconnu pour moi donc j’ai cru qu’il me parlait de vêtements en lambeaux.

A ton avis quelles sont les qualités requises pour un bon ambulancier selon ton point de vue personnel ?

Des capacités de prise rapide de décisions, de l’autonomie, de l’écoute et toujours chercher à se former. L’ambulancier étant en dehors du circuit hospitalier il est plus difficile de se tenir informé des évolutions techniques et scientifiques.

Des conseils à donner aux plus jeunes ?

Profitez de l’expérience de ceux qui ont de « la bouteille » ils ont souvent des conseils avisés.

Des idées pour faire avancer le métier ? Rendre la machine à café de l’hôpital gratos …

Présentation du métier ADE auprès des autres professions de santé. Créer plusieurs niveaux de qualification de l’ADE notamment pour l’urgence.

Demain tu es nommé super décideur tu as les pleins pouvoir que changerais-tu pour faire avancer le métier ?

Amélioration des conditions de travail (payer chaque heures de travail) et de l’équipement des ambulances notamment au niveau du matériel de transfert (les problèmes dorso-lombaires sont la première cause d’arrêt maladie en ambulance) .

Le mot de la fin ?

C’est un métier dynamique et riche humainement qui gagne à être connu.

Merci à laurent FACON, directeur de l’IFA de la Croix Rouge d’Ile de France pour avoir recueilli ces propos.