Métier d’ambulancier : 3 pistes de réflexion

Métier d’ambulancier : 3 pistes de réflexion

Choisir le métier d’ambulancier, un choix à bien peser

Choisir le métier d’ambulancier et le devenir ce n’est pas le même schéma de réflexion que de choisir de devenir mécanicien ou boulanger. Ce métier est un choix qui requiert, à mon sens, une réflexion importante au vu de la particularité de la profession. Voici quelques pistes de réflexions, il y en a d’autres que j’essaierais de développer plus tard.

Le métier d’ambulancier c’est faire face à l’Humain

Tout d’abord avant même d’aller plus loin il est indispensable de se poser la question suivante : suis-je fais pour les relations humaines. Nous ne sommes pas tous à l’aise en société. Certains préfèrent la solitude ou fuir la communication. C’est une question de personnalité propre à chacun. Mais il faut savoir que 80% du travail de l’ambulancier est symbolisé par la communication avec autrui. Avant d’être un spécialiste du transport sanitaire et des premiers soins dans un contexte d’urgence, l’ambulancier est avant tout un être humain qui utilise comme premier outil le dialogue. Il faut aimer parler, rassurer, écouter, argumenter, reformuler bref utiliser un panel d’outils de communication très divers.

C’est aussi faire face à des catégories sociales de tous horizons. Faire face à des cultures du monde entier, et qui culture dit aussi connaitre et savoir adapter son dialogue en fonction des croyances. C’est aussi être capable de rester professionnel face à des situations de détresse sociale et de violences (familiales, conjugales), des décès brutaux, des patients en fin de vie, être capable de s’adapter face au public rencontré et face aux humeurs de chacun souvent influencée par la maladie, faire face à la détresse des familles car oui, l’ambulancier se doit de gérer un ensemble et non pas une personne, tout est lié.

Hors tout le monde n’est pas forcément capable de se glisser dans cet uniforme. Les relations humaines sont complexes. Néanmoins ce n’est pas parce que l’on est timide ou introverti que l’on ne doit pas tenter l’expérience. Beaucoup se révèlent d’excellents ambulanciers et s’épanouissent en développant l’aspect communication.

Etre endurant

L’ambulancier, même si les choses ont évolué, doit se montrer endurant. Il va transporter des êtres humains et non des colis. Donc sur ce cas de figure, où l’on va prendre deux extrêmes on aura deux possibilités :

  • Le colis : il n’a pas d’impératif sauf l’aspect économique. Mais le colis a derrière lui une chaine logistique huilée. Le colis ne pense pas, ne vit pas. On peut le trimbaler où l’on veut, le secouer, le jeter il ne dira ni ne se plaindra. Il peut attendre à un endroit sans bouger et cela sans risques ou presque. Le critère temps de livraison est géré sur une base de contrat commercial.
  • L’humain : l’humain vit. L’humain pour vivre fait appel à des fonctions vitales très complexes. On ne peut le secouer ou le jeter comme un colis. Il est fragile et solide à la fois. Mais l’humain contrairement au colis souffre en cas de choc ou de déséquilibre de ses fonctions. Ce déséquilibre peut survenir de façon soudaine sans pour autant respecter des critères horaires. Il peut se créer à n’importe quel jour de la semaine (férié, weekend) et ne peut pas toujours attendre.

Si maintenant on regarde bien on mesure la différence notable qui existe entre les deux. Si on préfère avoir affaire à des masses non vivantes et avec lesquelles on n’aura pas besoin de porter plus d’attention que ça hormis des règles de sécurité choisissez la livraison de colis ou autre matériel non vivant.

Si le facteur humain vous attire, prévoyez de vivre une vie professionnelle complètement atypique. L’humain quand ses fonctions se détraquent c’est à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Cela induit donc un panel formidable de situations différentes avec des obligations et des facteurs différents. L’humain n’attends pas, ne choisit pas forcément, est dépendant d’autres êtres humains pour lui venir en aide. Et celui qui viendra ce sera peut être vous même si vous préfériez à ce moment là rentrer au chaud dans votre petit confort.

Etre motivé pour mieux valoriser

Ensuite dernier point important : être motivé, avoir la hargne, l’envie. Si ce métier vous plait, si vos croyances sont ancrées profondément soyez motivé. Vous allez avoir besoin de beaucoup de motivation au quotidien pour pratiquer votre job. Vous devrez faire face aux critiques, aux reproches, aux stéréotypes, vous serez parfois humilié verbalement.

D’abord en raison du facteur humain, l’humain est parfois d’humeur changeante, de caractère différent, parfois exigeant, provocateur, touchant, gentil, humble, tendu, stressé, énervé, désespéré, adorable… Et le panel est loin d’être complet.

Mais aussi face à une profession qui est salie, corrompue à cause d’évènements passés ou à cause de quelques individus sans scrupules. De collègues dépassés ou démotivés. D’une profession qui évolue mais qui souffre d’un manque de reconnaissance profond. D’acteurs principaux qui refusent d’aller de l’avant. Mais heureusement il y a quand même des gens formidables, qui se lèvent chaque matin avec une envie : venir en aide à autrui. Qui agissent par passion et qui se donne jusqu’au bout chaque jour. Professionnels jusqu’au bout des doigts ils se battent pour tirer la profession vers le haut.

Alors si toi aussi tu as cette fibre qui court assumes ton choix et rejoins nous. Mais prends bien garde à ne pas te tromper. Prends bien garde à te tester. Toi seul sais si tu auras la personnalité et les capacités humaines pour faire ce métier. Un ambulancier avant d’être un spécialiste formé c’est avant tout un être humain assez particulier et qui est capable de se dire : je suis prêt à tout endurer si je veux faire ce métier.

NB : penses aussi que c’est un job vraiment très mal payé, très mal reconnu. Alors si tu veux faire de l’alimentaire et pas plus de 8h/jours changes de métier et/ou d’orientation ;=) 

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