La planche de massage

La planche de massage

Non cet article n’est pas là pour vous proposer une remise exceptionnelle sur la planche à masser vendu sur télé shopping.  Ce ne sera pas non plus un cours complet de remise à niveau sur les gestes d’urgence en cas d’arrêt ventilatoire hormis un rappel basique et très rapide.

La planche de massage cardiaque est une planche de type plan dur mais de taille plus courte que le plan dur destiné à l’immobilisation d’un patient avec traumatisme/polytraumatisé etc qui va servir dans certaines conditions. Il est bien entendu que le plan dur peut sans problème remplacer ce type de matériel.

La réanimation cardio-pulmonaire

Tout ambulancier ou secouriste est à même de détecter si une réanimation cardio-pulmonaire est nécessaire ou non. Ma phrase porte à sourire je me doute mais on ne sait jamais. Un rappel basique des choses : l’arrêt cardio respiratoire c’est quand un patient est insconscient et ne ventile plus.

Donc la procédure d’urgence hormis bien entendu un bilan vital rapide au 15 est la mise en oeuvre des procédures de réanimation de type RCP avec insufflation d’oxygène au BAVU et mise en place du DSA etc. Je ne vais pas ressortir ces bases du placard elles doivent être dans tous les esprits en permanence. Si ce n’est plus le cas changez de job vous êtes cuit ou alors filez vite en recyclage…

Masser oui mais attention

Pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire c’est une chose mais il ne faut pas oublier un détail : pour que les gestes de secours soient optimum il est indispensable que le patient repose sur un plan dur. Ce plan dur permettra que les compressions thoracique soient les plus efficaces possible. Je vous laisse imaginer sans difficulté ce que peut donner une RCP sur un matelas médical ou encore sur le matelas d’un brancard. A part ne servir presque à rien vu que le thorax du patient va s’enfoncer en partie dans la literie je doute de l’efficacité du massage.

Pourquoi une planche

Exercice tout simple : vous êtes en ambulance, votre patient tout d’un coup est en arrêt cardio respiratoire, quelle est votre attitude hormis les principes primordiaux évoqués plus haut ? Le mettre sur le plancher de l’ambulance ? Le sortir dehors par terre alors qu’il pleut à verse sous une température avoisinant les 5 degrés ?

Que nenni : la solution la mieux adaptée c’est de faire glisser la table de support du brancard latéralement pour avoir de la place autour du patient, glisser cette fameuse planche sous le patient et débuter vos gestes de premier secours. Le patient est sur le brancard, votre massage est optimisé grâce au plan dur qui est glissé dessous. Votre patient est au sec, au chaud et l’équipe médicale peut arriver et s’installer rapidement malgré la place restreinte. Les modèles commerciaux possèdent en général un profilé adapté et ergonomique.

planche de massage réanimation cardio pulmonaire

environ 50 euros TTC par ex chez http://www.quirumed.com/fr/Catalogo/articulo/25546

Un matériel utilisable partout

Réalisé dans une matière permettant la désinfection, la planche de massage ou plan dur pourra être utile dans divers endroits : au domicile, à l’hôpital, dans l’ambulance… Alors certes ce n’est pas un cas de figure que l’on rencontre au quotidien mais ça reste tout de même un matériel indispensable.  

Optionnel sur le point de vue législatif (normes d’équipements des ambulances) c’est un matériel qui devrait être obligatoire au vu de son utilité. Si vos ambulances ne sont pas encore équipées il serait bon de le rappeler à vos employeurs respectifs. A savoir que la solution « Do It Yourself » peut être envisagée si les paramètres de solidité sont respectés (planche d’olivier). Sur ce dernier point j’émet un doute mais si certains collègues qui me lisent utilisent une planche maison je serais intéressé par leur retour sur cette question.

Les planches de massage automatique

Il existe des systèmes de planches destinées à mettre en oeuvre les compressions en mode automatique : l’Autopulse de Zoll ou encore Lucas. Ces systèmes permettent une mise en oeuvre rapide et automatisée du massage. Ils libèrent ainsi un opérateur.

Je n’irais pas plus loin que l’évocation puisque c’est un système assez peu répandu et à priori la Société française de médecine d’urgence n’est pas favorable à la généralisation de ce type de matériel. Un manque d’étude portant sur les effets bénéfiques ou non de ce type de matériel serait mis en avant. Je vous laisse quand même découvrir les vidéos de présentation de ce type de matériel.

Je n’irais pas plus loin sur l’utilisation de ce type de matériel car je vais me faire descendre en flèche par les autres professionnels de santé. Je reste à ma place d’ambulancier ;=)

Système LUCAS

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Autopulse Zoll

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Choc : physiopathologie

Choc : physiopathologie

Le choc : définition

Le choc est une condition qui met la vie du patient en danger. Lors d’une attaque cardiaque, d’un traumatisme massif, d’une septicémie ou encore d’une réaction anaphylactique, c’est le choc qui va finir par tuer le patient.  L’intervenant préhospitalier peut amenuiser l’impact du choc sur le patient, à condition d’en reconnaître les signes et symptômes précoces.  Nous réviserons donc la physiopathologie du choc. Les autres aspects seront abordés dans des articles subséquents.

Préambule :

De l’importance de la tension artérielle. La pression artérielle mesure plusieurs paramètres. La pression artérielle systolique mesure la force exercée sur le sang par le ventricule gauche. Elle est un indicateur direct du travail du cœur. La pression diastolique de son côté nous renseigne plutôt sur l’état des vaisseaux sanguins, puisque c’est la pression qu’ils exercent sur le sang. C’est la pression diastolique qui permet le retour sanguin au cœur ; c’est donc dire que le débit cardiaque dépend directement de la pression diastolique.

Un autre paramètre dépend des pressions systolique et diastolique. Il s’agit de la pression artérielle moyenne (PAM). La PAM est aussi connue sous le nom de pression de perfusion. C’est en effet grâce à cette pression que l’O2 et les nutriments peuvent quitter le milieu vasculaire pour se retrouver dans le milieu interstitiel.  Pour que ces déplacements puissent se faire normalement, il faut que la PAM soit de 60 mmHg au minimum. En deçà de cette valeur, l’O2 ne traverse plus la paroi des capillaires, et les tissus ne sont plus perfusés. (Pour mémoire, la PAM est calculée en additionnant un tiers de la PA systolique et deux tiers de la PA diastolique).

Le corps humain réagit donc immédiatement lorsqu’il sent une diminution de la PAM.  Une baisse marquée de la PAM va déclencher un choc.  Nous verrons plus bas les causes du choc, classées selon le facteur qui entraîne la baisse de la PAM.

Déroulement du choc

Le choc commence par une baisse de pression artérielle, qui va entraîner une diminution de la perfusion tissulaire (PAM, passage de l’O2 des artérioles vers le milieu interstitiel). Pour que la perfusion tissulaire se fasse de façon convenable, il faut que trois conditions soient satisfaites :

  • Un cœur assurant adéquatement ses fonctions ;
  • Une quantité de sang adéquate dans les vaisseaux sanguins ;
  • Des vaisseaux sanguins en bon état.

Il suffit que l’un de ces items soit affecté pour déclencher un choc. Nous verrons les types de choc selon le système affecté.

Les types de chocs

  • Les chocs dus à une défaillance de la pompe : Il y a deux types de choc qui sont dus à une défaillance de la pompe.
    • La première concerne le cœur lui-même. On parle alors de choc cardiogénique, puisque le problème est le cœur, et qu’un nouveau cœur règlerait le problème. Une grande zone du myocarde qui est infarctée et qui entrave les contractions normales, ou encore une défaillance majeure des valves cardiaques sont des exemples de conditions qui conduisent à un choc cardiogénique. L’infarctus du myocarde est la cause la plus fréquente et la plus observée du choc cardiogénique.
  • La deuxième atteint la capacité du cœur à se contracter efficacement, mais par une contrainte mécanique externe au muscle cardiaque. Par exemple, un mécanicien qui est coincé sous une voiture et qui a le thorax compressé va développer très rapidement un choc obstructif. La tamponnade péricardique ou le pneumothorax sous tension sont aussi des causes de choc obstructif.

Un cœur malade ou entravé n’est pas en mesure de pomper adéquatement le sang vers l’ensemble des tissus. Le débit cardiaque est diminué, et la pression artérielle en dépend directement. Donc, la pression artérielle va baisser, et déclencher le choc.

  • Les chocs dus à une perte de liquide dans les vaisseaux sanguins. Ici aussi, deux types de choc peuvent être observés :
    • Le choc hypovolémique implique une perte de fluide corporel, peu importe la cause (vomissements, diarrhées, déshydratation, brûlures étendues, etc.). Dans ce type de choc, les cellules perdent leur liquide, il vont donc aller en chercher dans le milieu interstitiel (autour des cellules), qui va à son tour aller en chercher dans les vaisseaux sanguins. Le sang, composé à environ 70% d’eau, va en perdre une bonne partie au profit du milieu interstitiel. Le volume sanguin va donc diminuer.
    • Le choc hémorragique, comme son nom l’indique, implique une perte de sang complet. L’hémorragie peut être interne, externe ou occulte, cela ne fait aucune différence. Il n’en demeure pas moins que la quantité totale de sang est diminuée.

 Notre corps ne contient pas assez de sang pour perfuser tous les tissus à la fois. Il y a donc une perfusion sélective qui contrôle la quantité de sang envoyée aux différents tissus selon les besoins. Une perte de volume sanguin va donc faire baisser la pression artérielle dans le corps, puisque les réserves de liquides sont très restreintes et difficilement accessibles.

  • Les chocs qui atteignent les vaisseaux sanguins. Une dilatation subite des vaisseaux sanguins entraîne une diminution de la pression artérielle tout aussi subite. De même, l’augmentation de la perméabilité des capillaires va laisser passer plus de fluides vers le milieu interstitiel. Plusieurs chocs sont classés dans la catégorie des chocs vasogéniques ou distributifs.
    • Les chocs neurogénique et spinal découlent directement de la perte de l’influx nerveux commandant les contractions des vaisseaux sanguins. Lorsqu’aucun influx nerveux ne parvient aux vaisseaux, ceux-ci se relâchent automatiquement.  Lors d’un choc neurogénique, le problème vient de l’encéphale lui-même.  Il n’est alors plus en mesure d’envoyer ses influx. Une commotion cérébrale, un traumatisme crânien, une tumeur ou l’œdème cérébral sont tous des causes de choc neurogénique. Dans le cas du choc spinal, c’est la compression ou la rupture du rachis qui est en cause. L’influx nerveux est donc bien généré au niveau de l’encéphale, mais sa transmission est bloquée par la blessure du rachis, qui n’est plus en mesure de transmettre le message aux vaisseaux cibles.
  • Les chocs toxique et septique, qui sont causés par des infections du sang (septicémie) ou des toxines (toxémie), provoquent une vasodilatation généralisée de même que l’augmentation de la perméabilité des capillaires. C’est une conséquence du relâchement des médiateurs inflammatoires dans le sang.  Dans ces deux cas, en plus de la vasodilatation, on observe un déplacement de fluides du milieu vasculaire vers le milieu interstitiel.
  • Le choc anaphylactique, en réponse à une allergie, va provoquer la même séquence de vasodilatation et d’augmentation de la perméabilité que les chocs précédents. En plus, l’œdème des voies respiratoires peut entraîner une hypoxie qui va empirer et accélérer la cascade du choc.
  • Pour les chocs distributifs, on observe une hypovolémie relative puisque le volume total des vaisseaux sanguins augmente rapidement d’une part; et qu’une quantité appréciable de fluides va migrer vers le milieu interstitiel, d’autre part.

La présence d’un seul ou d’une combinaison de ces phénomènes va entraîner une diminution de la pression artérielle. Le corps a des mécanismes de compensation pour pallier à cette chute. Ces mécanismes sont toujours les mêmes, peu importe l’étiologie du choc en question.

Tous ces mécanismes compensatoires visent le rétablissement de la pression artérielle, et certains tissus seront sacrifiés dans cette bataille. Nous verrons les mécanismes de compensation, les signes et symptômes et les traitements spécifiques dans des articles subséquents.

tension artérielle - choc - physiopathologie
Asthme et prise en charge par l’ambulancier

Asthme et prise en charge par l’ambulancier

En réponse au mail d’une jeune fille de 18 ans, Isabelle, asthmatique connue, voici quelques infos utiles pour “gérer” une crise d’asthme dans l’attente des secours (Ambulanciers + SMUR).

☛ ATTENTION: ce ne sont que les conseils d’un Ambulancier SMUR

L’asthme

Respiration difficile (dyspnée), lente (bradypnée), laborieuse avec râles sibilants (sifflements inspiratoires) est une affection pouvant évoluer vers l’AAG (Asthme Aigu Grave). Il est important d’en reconnaître les signes pour enrayer le début d’une crise, même inaugurale chez un asthmatique qui s’ignore et donc non traité.

ambulancier, prise en charge de la crise d'asthme

Mécanisme

Bronchoconstriction et/ou bronchospasme, hypersécrétion de mucus bronchique et possible apparition d’un oedème de la paroi des alvéoles pulmonaires (aussi appelé oedème interstitiel).

Conséquences

Augmentation de la résistance au passage de l’air dans l’arbre bronchique, avec installation rapide d’une dyspnée. Les débits ventilatoires s’effondrent et entraînent une bradypnée, prédominants au moment de l’expiration. Le travail ventilatoire se trouve augmenté et se met alors en place ce qu’on nomme les tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens, signe de gravité… pouvant vite mener à des troubles de la conscience !

Traitement

La plupart du temps, les asthmatiques “connus” sont sous Ventoline® – dont la molécule, le salbutamol, est un antagoniste des ß2 (bêta 2)-adrénergique, ou ß2-mimétique, c’est-à-dire un bronchodilatateur à courte durée d’action. La Ventoline® est le chef de file des bronchodilatateurs indiqués en cas d’asthme. Mais il en existe d’autres: Bricanyl® et/ou Atrovent® – surtout utilisés en urgence pré-hospitalière sous forme de nébulisats.

Quelques conseils

Devant un tel tableau clinique, quelques conseils: Appelez ou faites appeler le SAMU qui dépêchera un SMUR à votre domicile car le pronostic vital est engagé. Respectez la position adoptée spontanément par la victime ou la faire s’asseoir, jambes pendantes, afin de favoriser les mouvements ventilatoires et d’améliorer le remplissage des cavités du coeur droit… et RASSUREZ la victime…

L’INSTALLATION EN POSITION ALLONGÉE (DÉCUBITUS) EST STRICTEMENT INTERDITE EN RAISON DU RISQUE D’ARRÊT CARDIO-RESPIRATOIRE PAR DÉSAMORÇAGE DE LA POMPE CARDIAQUE.

(Sources: EMT-P’s courses and training program on pulmonary major pathologies, Pharmacology, Vancouver Paramedic Academy. Physiopathologies de l’appareil respiratoire, CCA. Pharmacologie FAE SMUR. Feedback personnel)

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Une ou plusieurs piqûre de guêpes ou de frelons, appartenant tous deux à la famille entomologique des vespidés peuvent causer de sévères troubles de la santé, voire d’engager le pronostic vital. Les personnes allergiques au venin de ces deux hyménoptères le savent en général. Ils prennent donc des mesures particulières lorsqu’ils risquent de se voir confrontés à cette famille d’insectes, les vespidés.

Petit rappel

Guêpes et frelons sont des insectes carnivores. Leur comportement, contrairement à celui des abeilles, est, de facto agressif.
Quoique les frelons, plus gros que les guêpes, soient d’une manière générale et contrairement aux idées reçues, bien moins agressifs que ces dernières.

A noter également que le dard des guêpes et des frelons est lisse, au contraire de celui, barburé, des abeilles. De ce fait, frelons et guêpes peuvent infliger plusieurs piqûres consécutives – dites en rafale – à leur victime. La notion de danger immédiat concerne essentiellement, comme nous l’avons vu, les personnes allergiques.

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Signes

Le choc anaphylactique se déclenche dans les minutes ou, au plus tard, dans l’heure qui suit le contact avec l’allergène. Il est annoncé par un malaise intense, des sueurs, des frissons, des pâleurs, le tout suivi de rougeurs diffuses.

Peu après apparaît une dyspnée (gêne respiratoire) et nous voilà face à un Oedème de Quincke, accompagné d’un effondrement de la pression artérielle et d’une tachycardie compensatoire, signant un état de choc dit “anaphylactique“.

➥ A ce stade, le traitement repose sur l’administration immédiate d’adrénaline en IV, un remplissage vasculaire, (éventuellement l’injection de corticostéroïdes et d’antihistaminiques – quoique d’efficacité moins immédiate).

Si ces mesures ne sont pas prises à temps, le processus se poursuit, le calibre artériel continue de se dilater jusqu’à désamorçage de la pompe cardiaque.
Intervient alors le décès.

Certains cas, répertoriés au début du 20 è siècle, font état d’oedèmes très importants des zones piquées, sans pour autant que la mort ne soit venue sceller le destin du malheureux piqué, comme l’atteste la photo ci-dessous. Si vous le souhaitez, vous pouvez, via le parcours coordonné de santé, vous faire prescrire une recherche d’allegènes par votre médecin traitant qui vous dirigera vers l’allergologue le plus proche de votre domicile.

Traumatisme crânien (TC)

Traumatisme crânien (TC)

Le traumatisme crânien

La mort de Natasha Richardson met en évidence la manière dont une banal accident se transforme en crise majeure et fatale. Elisa, 3 ans, se promène au musée avec son père. Elle tombe et sa tête heurte durement le sol. Elle pleure, s’arrête de pleurer puis reprend la balade avec son père. Une heure plus tard, elle se met à vomir et à convulser.

Transportée aux urgences en moins d’une demi-heure, les médecins se battent pour la maintenir éveillée, un abord veineux en place. Le scanner est prêt. Elisa a eu de la chance: il y a bien eu un oedème cérébral, mais pas d’hémorragie. Aujourd’hui, elle va très bien. Natasha Richardson n’a pas eu cette chance. Elle est morte d’un banal Traumatisme Crânien.

Mécanisme du traumatisme crânien

La tête en mouvement est stoppée brutalement par un obstacle quelconque (mur, volant, pare-brise, sol…). L’encéphale effectue un mouvement pendulaire dans la boîte cranienne: il est à son tour stoppé sur la partie frontale du crâne, puis rebondit sur la partie occipitale… Une première compression frontale. Puis une deuxième compression lors du rebond.

Siège

Le siège des lésions et leur nature sont déterminants. Un hématome épidural, accumulation de sang entre la boîte cranienne et la dure-mère) ou un hématome sous-dural accumulation de sang entre la pie-mère et le cerveau) ont un ratio de mortalité de 50 %. Une hémorragie cérébrale est plus sérieuse. D’autres blessures incluant les fractures du crâne pouvant mener à des hémorragies cérébrales et à des inconsciences prolongées ont des effets dramatiques par oedème cérébral avec de potentielles séquelles irréversibles sur l’encéphale et les fonctions cognitives.

Signes

Ils ne sont pas toujours évidents à détecter d’emblée. Céphalées allant empirant, confusion, désorientation, vomissements. Discours indistinct, somnolence, regard vague, coordination motrice altérée et “amnésies” de toutes sortes…, les signes progressent graduellement, jusqu’à atteindre le point critique où la victime ne peut plus être “réveillée”…

Actes ambulanciers: Bilan très rapide avec évaluation neuro +++, GSC, réactivité pupillaire, plus hémodynamique. L’idéal est de pouvoir appliquer la Golden Hour (une heure maxi entre l’appel et la dépose de la victime au bloc opératoire). Ce système n’est hélas pas en vigueur en France. On demandera donc un gentil renfort SMUR qui mettra 10 ou 15 minutes pour se pointer – 10 ou 15 minutes de perdues pour acheminer la victime vers le plateau technique avec bloc op’, VIVE LA FRANCE – on couvre, on rassure, on parle à la victime, on la maintient éveillée, en attendant le renfort… Puis on se met à disposition du SMUR lorsqu’il se pointe enfin…

Devenir de la victime

Il dépend des délais de réponse. Si l’entourage appelle d’abord le médecin traitant au lieu de composer le 15 d’emblée, on creuse déjà la tombe potentielle. Si les secours mettent du temps pour arriver sur place, on creuse encore un peu plus… ! En général, une hospitalisation avec la médication appropriée rétablit la victime dans ses fonctions supérieures, SI et SEULEMENT SI le délai de prise en charge a été compressé en amont. Ce qui, avec le système de secours français à rallonge de temps, est loin d’être le cas…

(Sources: Brain Injuries, Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, Dr Carmelo Graffagnino, Director of the neuroscience critical-care unit at Duke University, feedback personnel)

traumatisme crânien
L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier face à l’épilepsie

Impressionnante mais dont la gravité reste très relative, la crise d’épilepsie est une situation somme toutes facile à gérer. Quelques rappels pour l’ambulancier qui fait face à la crise d’épilepsie.

Epilepsie, définition

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La crise d’épilepsie, que certaines nomenclatures appellent aussi crise “comitiale“, crise de “Grand Mal“ ou de “Petit Mal” selon sa manifestation, est un trouble neurologique qu’on retrouve le plus souvent chez l’enfant dont l’encéphale, et en particulier la gaine de myéline entourant les axones, n’est pas parvenue à maturation.

Le trouble est dû à une activité électrique anormale, aiguë et passagère du cerveau. La crise comitiale ou “Grand Mal” comporte plusieurs phases. NOTE: La crise “Petit Mal” ne se manifeste que par l’“absence“ passagère du patient, semblant être ailleurs, indifférent aux stimuli extérieurs. Elle ne dure que quelques secondes, mais un EEG (électro-encéphalogramme) met très bien en évidence un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau.

Les différentes phases:

Phase initiale ou phase de début

Parfois – ce n’est pas systématique – la personne pousse un cri et s’effondre, avec une perte de connaissance. Le seul risque ici, est qu’elle se blesse lors de sa chute.

Phase tonique

Contractures généralisées des muscles. Le visage est nettement crispé et les yeux sont révulsés. Le tout s’accompagne d’un trismus et le corps entier se retrouve en hyper-extension, avec une hypersialorrhée et un écoulement de bave subséquent.

Phase clonique

La personne est prise de convulsions, avec morsure de la langue la plupart du temps, bien que ça ne soit pas systématique. Cette phase s’accompagne parfois d’une émission d’urines involontaire et spontanée, si la vessie était pleine (minimum 400 ml) avant le début de la crise.

Phase de coma

La personne se trouve dans un coma profond mais calme, sans aucune réaction aux stimulations extérieures. La durée est très variable.

Phase de réveil

Le réveil est très progressif et lent. L’épileptique semble obnubilé et “ailleurs”, mais il revient à lui progressivement. En revanche, il ne se souvient de RIEN. Son amnésie de la crise est totale.

Action de l’ambulancier face à la crise d’épilepsie

En premier lieu, savoir identifier le trouble si la crise est passée à l’arrivée de l’équipage. Certains signes comme la survenue brutale sans prodromes, le cri initial avant la PC, la présence d’urine, la notion de morsure de la langue ou encore l’amnésie aiguillent d’emblée les ambulanciers sur l’épilepsie, puisque le tableau clinique est net et clair. Si l’équipage arrive pendant la crise, les ambulanciers s’attacheront à prévenir les blessures que pourrait s’infliger le malade, en aménageant une “zone de sécurité” autour de la victime (dégager chaises, table etc…).

☛ Ne JAMAIS s’opposer au déroulement de la crise en tentant d’immobiliser la victime.
☛ Pendant la phase dite de “coma”, il est impératif de placer l’épileptique en PLS.

Au “retour” de la victime, bilantez et cherchez à savoir s’il s’agit là d’une crise inaugurale ou si la personne est épileptique connue en vous référant aux traitements de fond qu’elle prend ou non :

– Rivotril® (clonazépam, pour les formes graves)
– Depakine® (acide valproïque, pour les crises généralisée de moindre gravité)

NDLR: Ces deux médicaments sont les chefs de file des anti-épileptiques.
Transmettez le bilan à la régulation de votre SAMU-Centre 15 et évacuez pour bilan de crise d’épilepsie.

ATTENTION

Il existe certains signes de gravité, comme la succession de crises de manière rapprochée. Cela nécessite, en France du moins, une médicalisation SMUR avec administration en IV de Valium® (diazépam), un benzodiazépine anxiolytique également utilisé comme anticonvulsivant…

En conclusion

Si l’épilepsie n’est pas en soi un trouble très grave, disparaissant généralement spontanément lorsque le cerveau est “mature”, il ne faut JAMAIS négliger les “attendants“, famille ou proches, collègues de travail, pour qui une crise d’épilepsie reste toujours impressionnante et qui peut les “marquer“.

Dédramatiser la situation en gardant un calme absolu sur les lieux est le meilleur moyen de faire passer le message suivant:
L’ÉPILEPSIE N’EST PAS GRAVE ET CE N’EST PAS UNE TARE.