AMLS – Advanced Medical Life Support

AMLS – Advanced Medical Life Support

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En parcourant les rubriques j’ai remarqué quelques manques ici et là. J’ai vu entre autre que je n’avais jamais abordé le sujet de l’ Advanced Medical Life Support (AMLS). Une formation spécifique qui est dispensée par un CESU en France. Donc je corrige et je vous diffuse donc la présentation de cette formation complémentaire à la formation initiale de l’ambulancier.

Qu’est ce que l’Advanced Medical Life Support – AMLS ?

L’Advanced Medical Life Support (AMLS) est un programme de formation parrainé par la NAEMT (l’Association Nationale des Techniciens d’Urgence américaine) les “paramédics” américains. Ce programme approuvé par l’Association Nationale des Médecins d’Urgence américaine (NAEMSP) s’adresse aux professionnels de santé qui prennent en charge des patients victimes de problèmes médicaux. Statistiquement, la fréquence des prises en charge nécessitant des soins médicaux dépasse nettement celle des traumatisés.

L’AMLS met l’accent sur l’étude de la situation du patient et propose une stratégie de prise en charge qui s’appuie sur une évaluation systématisée. L’enseignement compte seize heures de formation, réparties sur deux jours de cours interactifs alternant enseignement et cas pratiques en ateliers.

Le programme de l’AMLS aborde: l’évaluation initiale des patients, la gestion des voies aériennes, l’évaluation de l’état de choc, la dyspnée et les défaillances respiratoires, les douleurs thoraciques, les troubles de conscience, les douleurs abdominales, les pathologies infectieuses, métaboliques.

Au terme du cours, une évaluation diplômante détermine la délivrance d’un certificat américain reconnu de façon internationale, d’une validité de quatre ans. Les cours sont dispensés au Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence (CESU) du SAMU 68 au Centre Hospitalier de Mulhouse, par des médecins et infirmiers, professionnels de l’urgence.

Au programme de l’Advanced Medical Life Support – AMLS

JOUR 1

• L’évaluation d’un patient atteint d’une pathologie médicale
• Les états de choc
• La dyspnée et les détresses respiratoires aiguës
• Les douleurs thoraciques

• Les troubles de la conscience

• Les troubles endocriniens, métaboliques
• Les pathologies infectieuses

JOUR 2

• Les douleurs abdominales
• Les pathologies infectieuses
• Les pathologies d’origine toxiques

L’ensemble des cours dispensés sont en français.

Inscription et coût de la formation

  • L’inscription se fait par le formulaire disponible en téléchargement. Le coût de la formation, Livre AMLS et documents pédagogiques compris, s’élève à 675 euros.
  • Les frais de déplacement, d’hébergement et de repas ne sont pas inclus. Toute inscription sera accompagnée du prix de la formation soit un versement initial de 675 euros.
  • En fin de formation, une attestation de présence ainsi qu’une facture vous seront remises.
  • La lecture préalable du livre AMLS est un aspect primordial de la bonne compréhension des mécanismes physiopathologiques, permettant d’identifier les signes cliniques et les éléments anamnestiques pertinents.

Contact – informations etc : http://www.amls.fr/

Lieu : Hôpital Emile Muller (Möenschberg) (68)

Note importante : il est inutile de signaler que cette formation n’est pas utile pour un ambulancier etc etc. Aux détracteurs et autres je rappelle juste que rien n’interdit à chaque professionnel de juger lui même de l’intérêt d’approfondir ses connaissances. Je n’ajouterais rien de plus pour éviter toute polémique.

L’ambulancier et le transport psychiatrique

L’ambulancier et le transport psychiatrique

La vidéo présentée est un enregistrement réalisé par la Croix Rouge IDF lors d’une des conférences organisées pour les Jeudis du Transport Sanitaire. Ces journées sont programmées régulièrement avec un thème sans cesse différent. Pour la première fois suite à de nombreuses demandes, une vidéo a pu être réalisée et diffusée via Youtube.

Transport psychiatrique : au programme de cette vidéo :

  • La prise en charge d’un patient dans le cadre psychiatrique
  • Les pathologies, les signes,
  • La communication patient-ambulancier,
  • Les mesures de protection et de sécurités,
  • Les différents types de prise en charge (ex HDT et HO..),
  • Echanges avec le public etc.

Retrouvez Loïc CADIOU, infirmier et auteur de nombreux ouvrages, dans son cours intitulé “Les transports psychiatrique”. Surtout ne vous faites pas avoir durant les 10 premières minutes le conférencier joue un rôle avec son public qui sans le savoir se fait piéger, illustrant parfaitement une situation que l’on peut rencontrer dans ce genre de prise en charge. Moi même mis en garde je me suis fait avoir preuve que le conférencier maitrise parfaitement bien son sujet haut la main.

Un autre merci aux éditions SETE pour avoir financé cette intervention.

Un  Très Grand Merci à Laurent FACON, directeur de l’IFA Croix Rouge Ile de France qui a pu rendre ce visionnage possible, ainsi qu’à toute son équipe (Jacques andré et Alexandre) pour la réalisation de la vidéo. C’est très intéressant et ça permet à ceux qui n’ont pu se rendre sur place d’accéder au contenu de la conférence. Bon visionnage à tous. Il faut savoir saluer cette initiative qui permet aux ambulanciers de continuer à se former et à s’informer surtout lorsque’ils ne peuvent eux même se rendre à ce type de conférence.

Pour retrouver les informations des Jeudis du transport sanitaire : https://www.facebook.com/groups/364933102912/

L’ambulancier et les formalités administratives

L’ambulancier et les formalités administratives

Une petite introduction sur les formalités administratives

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Il était temps d’aborder un sujet sensible : l’ambulancier face aux formalités administratives. Je vous présente ce document ci-après qui, malgré un caractère plus ou moins incisif  suivant la vision de chacun ne s’adresse pas au personnel hospitalier mais bien à la structure hospitalière elle même.

En effet nombre de pratiques dans tous les corps médicaux et paramédicaux s’exercent quotidiennement alors que les missions sont pourtant bien définies. Fautes de moyens, faute de ne pas se faire entendre ou autre, légendes urbaines c’est vite le fouillis. Ceci est là pour rappeler que dans la mission de l’ambulancier il n’est pas stipulé qu’il doit réaliser les démarches administratives.

Même si on le fait tous plus ou moins pour rendre service ça reste malgré tout une procédure qui ne devrait pas être réalisée par l’ambulancier. NON NON et NON ! Plus important il est bon de notifier ici que l’établissement de soin, lors de la facturation du forfait hospitalier, perçoit une indemnité pour frais administratif compris dans ce même forfait.  Il est donc de la responsabilité de la structure de mettre en oeuvre soit des accords avec les entreprises avec des aménagements adaptés soit de s’assurer de la réalisation des actes administratifs par son personnel .

Certes lors d’un transport assis le patient peut en règle général se rendre au bureau des entrées. Mais comme dans toute logique vous n’allez pas l’abandonner et le laisser se perdre dans le labyrinthe de couloirs de l’hôpital. De même certains patients nécessitent un accompagnement complet pour diverses raisons justifiant le transport par un personnel qualifié.

Mais dans le cas où le patient ne peut physiquement se présenter au bureau des entrées (entre autre dans le cadre d’un transport en ambulance) la structure demande systématiquement à l’ambulancier de se rendre lui même au guichet pour faire les formalités. Ce n’est pas notre job ! C’est du temps en moins pour s’occuper correctement du patient et entraîne en règle général un bouleversement du planning (équipage bloqué) et donc du retard sur les prises en charge suivantes.  

Donc au final vous bossez gratuitement puisque ce n’est pas inclus dans le forfait réglé à l’entreprise. Bref je ne vais pas épiloguer sur le sujet et je vous laisse lire la suite. Vous trouverez en fin d’article les textes faisant référence à ce détail : détail du contenu du forfait de prise en charge ambulance et vsl remboursé par la sécurité sociale et l’article de la circulaire DHOS régissant les bonnes pratiques entre transporteurs sanitaires et structures hospitalière.

Admission médicale des patients

Vous avez, avec raison, utilisé vos avertisseurs sonores et lumineux pour amener aux urgences un patient nécessitant une prise en charge hospitalière rapide.

Le public respecte votre responsabilité, respecte l’urgence de votre patient, vous représentez la santé dont vous êtes professionnel. Lorsque vous vous présentez à l’accueil des urgences, le public vous cède donc tout naturellement le passage, car comme le SAMU ou les pompiers, vous avez une “priorité naturelle“. Le personnel hospitalier doit aller en ce sens et ne pas faire obstruction à votre mission au service du public en vous faisant attendre avec le public. L’ambulancier fait partie de la chaîne des soins et non du grand public. Faire attendre des ambulanciers dans la file du public serait un abus de pouvoir à l’opposé de toutes les règles déontologiques.

Le fait de prendre une file d’attente serait d’autant plus incompatible avec le statut et le rôle de l’ambulancier, qu’il aurait pour motif de lui faire réaliser une tâche administrative qui ne lui incombe absolument pas comme par exemple les formalités d’admission.

De telles pratiques altéreraient l’image des ambulanciers, perturberaient le déroulement de leur planning et compromettraient la ponctualité des prestations ainsi que la vie économique de l’entreprise. Dans le cas où un établissement hospitalier créerait aux ambulanciers une obligation d’attente, que se passerait-il en cas d’aggravation de l’état du malade ?

Ce serait tout d’abord aux ambulanciers de refuser clairement et fermement cet état de soumission, quel que soit d’ailleurs l’état du patient. Sur le plan purement réglementaire, contrairement aux idées reçues laissant croire que le patient est sous la responsabilité de l’ambulancier tant qu’il est sur le brancard, le patient est sous la responsabilité de l’établissement hospitalier dès lors qu’il franchit le seuil de l’hôpital, l’ambulancier restant bien évidemment responsable de ses actes et de ses gestes.

Admission administrative des patients

L’infirmière d’accueil demande les coordonnées civiles et sociales du patient. Il n’y a là rien d’anormal, dans un monde raisonnable et l’ambulancier répondra avec sollicitude aux questions, sans qu’il y ait toutefois d’attente.

Il doit cependant savoir que sa réponse est à titre de service et non d’obligation. En effet, sur un plan réglementaire, l’ambulancier ne doit communiquer que les renseignements concernant l’état de santé du patient et le dossier médical au personnel médical qui accueil le patient.

En poussant à l’extrême, l’ambulancier n’a pas le droit de révéler le nom et l’adresse du patient, ce dernier gardant le droit d’être inscrit sous X, et pouvant se plaindre de ce qu’il considérerait de la part de l’ambulancier comme une indiscrétion. L’ambulancier est également souvent sollicité pour effectuer les formalités d’admission lors d’une hospitalisation programmée ou lorsqu’il amène un patient en consultation. Il s’agit alors d’une double faute. 

D’une part parce que l’admission est un acte administratif et médical qui nécessite donc, au préalable, que le patient soit examiné par un médecin de l’hôpital (hormis l’hospitalisation de jour, le bulletin de situation ne peut être délivré qu’à l’issue de 24 heures d’hospitalisation). D’autre part, c’est au patient, de procéder aux formalités de son admission.

En cas d’incapacité, la famille est invitée à le faire. A défaut de famille, il appartient alors à la direction de l’établissement, représentée dans le service par la surveillante, de procéder à cette formalité en fonction des informations dont elle dispose (pièces d’identité du patient, enregistrements antérieurs, etc.…). En aucun cas l’ambulancier n’est tenu de procéder aux formalités d’admission de son malade.  Certaines habitudes commerciales et la course au BS (Bulletin de Situation) ont conduit certains ambulanciers à le faire, mais ce n’est pas un dû, c’est une faute.

Deux arguments sont alors opposés à l’ambulancier réfractaire

1) «On ne dépose pas un malade comme un paquet !»
Réponse : ce n’est pas aux ambulanciers de suppléer au rôle d’accueil des établissements.

2) «Sans BS, la caisse ne prendra pas en charge !»
Réponse : hormis les cas où le BS accélérerait une prise en charge à 100%, le dossier de
remboursement se limite à la fourniture d’une facture, d’une prescription médicale et, le cas échéant,
d’une entente préalable (cf Convention Nationale Caisse d’Assurance Maladie).

ATTENTION : il n’est pas question de dissuader l’ambulancier de rendre service au patient ou à sa famille. Cependant, un service ne doit pas être rendu au détriment de l’accomplissement de son travail. Les ambulanciers qui acceptent d’accomplir ces démarches administratives sont en droit d’attendre une collaboration active des personnels de l’établissement comme par exemple une priorité de passage au Guichet.

L’ambulancier qui, pour cause de formalités administratives étrangères à son rôle, ferait attendre un autre malade et perturberait le bon déroulement du planning de son entreprise, commettrait alors une faute déontologique fondamentale. Certains ambulanciers restent persuadés que l’admission fait partie de leur mission, allant même jusqu’à s’excuser à la moindre réprimande au moindre manquement à ce sujet…

S’agit-il d’une ignorance, ou d’une soumission commerciale ?

L’acte commercial a ses limites, l’intérêt du patient par exemple, ou encore la survie économique de l’entreprise… Il convient également de noter que dans le calcul du forfait journalier que l’assurance maladie règle à
l’établissement receveur, elle prend en compte les démarches administratives liées aux formalités d’admission. Donc, lorsque les ambulanciers procèdent à l’admission du patient à la place de l’établissement, l’assurance maladie paye à l’établissement hospitalier une prestation effectuée par les ambulanciers privés.

Textes de références

JORF n°70 du 23 mars 2003 page 5226, texte n° 12  / Convention nationale des transporteurs sanitaires privés prévue à l’article L. 322-5-2 du code de la sécurité sociale

Article 6  : Structure de tarification du véhicule sanitaire léger

A. – Forfait départemental ou minimum de perception

Il comprend les prestations suivantes :

  • La mise à disposition du véhicule
  • La désinfection du véhicule éventuellement
  • La prise en charge du malade au lieu où il se trouve
  • Le transport du malade jusqu’au lieu de destination
  • En aucun cas, le conducteur et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de 15 minutes.
  • Le transport du malade dans la limite de 5 kilomètres en charge.

Structure de tarification de l’ambulance

A. – Forfait départemental ou minimum de perception :

  • Il est prévu pour les transports à petite distance et dans toutes les localités autres que ceux effectués à l’intérieur des villes ou agglomérations lorsque le forfait visé en C existe.
  • Il comprend les prestations suivantes :
  • La mise à disposition du véhicule et l’utilisation de son équipement ;
  • La fourniture et le lavage de la literie ;
  • La fourniture de l’oxygène en cas de besoin ;
  • La désinfection du véhicule éventuellement ;
  • La prise en charge du malade ou du blessé au lieu où il se trouve ;
  • Le transport du malade ou du blessé jusqu’au lieu de destination ;
  • Le brancardage au départ et à l’arrivée (étages compris, le cas échéant) ainsi que le chargement et le déchargement du malade ou du blessé. En aucun cas l’équipage et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de quinze minutes.
  • Il couvre le transport du malade ou du blessé pour les transports à petite distance ne dépassant pas en moyenne cinq kilomètres en charge, ou dans la limite de cinq kilomètres en charge pour les transports à moyenne ou longue distance.

CIRCULAIRE DHOS/SDO/01/2003/N°277 Du 10 juin 2003 relative aux relations entre établissements de santé, publiques et privés et transporteurs sanitaires privés

“10-   Il n’appartient pas à l’ambulancier de réaliser les formalités d’admission ou de sortie du patient, sauf accord local formalisé après avis du sous comité des transports sanitaires.”

 “Et les étiquettes c’est moi qui vais les faire peut être?”

Le but n’est pas de fustiger les IDE, AS ou autres personnes il faut savoir rester cohérent. Bon d’accord quand on vous jette à la figure les papiers sans vous avoir dit bonjour ni m… et qu’on vous grogne :

– “Et les étiquettes c’est moi qui vais les faire peut être ?” ou “Vous avez fait les étiquettes ?” (notez l’absence totale des formalités de politesse et  avec le ton hautain et méprisant, c’est du vécu si si ,je ne fabule pas je vous assure)

Je me fais un plaisir de répondre :

– “Et bien oui ! pas de bras pas de chocolat, pas de sourire, pas d’accueil décent, pas d’étiquettes non plus”

et je m’en vais en sifflant tranquillement sous les :

– “J’vais faire un rapport vous êtes obligé de les faire, on va appeler votre direction ! Je vous garantis que vous allez avoir de gros problèmes ! “

Dommage ma grande mais ton rapport tu peux le ranger euh non pas ici… et puis ma direction…. A nul endroit il n’est marqué ou inscrit que je suis salarié de la structure hospitalière donc…  De plus j’ai fait mon job correctement : mon patient est accompagné dans le service et je l’installe en remettant au personnels tous les documents administratifs indispensable : carte vitale, mutuelle, courrier du médecin etc.

Par contre combien de fois je l’ais fait avec plaisir (oui plaisir) pour rendre service à des IDE ou AS complètement débordée mais qui ont su m’accueillir moi et mon patient de façon humaine et chaleureuse. Quand ensuite elles m’expliquent qu’elles courent beaucoup et si c’était possible que je m’occupe des formalités ? Et bien oui c’est avec plaisir que je rends service !

Il faut savoir s’entraider et la prochaine fois que je viendrais dans le service je sais que je pourrais demander de l’aide et que je l’aurais… Bref je vous laisse découvrir ce sujet ô combien épineux, que tous les ambulanciers connaissent et supportent. Je ne donnerais que ce conseil : ne soyez pas trop rigide, soyez humain mais ne faites aucune pitié si on vous traite comme un chien. Le respect et le savoir vivre restent des valeurs éthiques importante pour tous les personnels qui sont dans le milieu médical et autres.

Et je rappelle encore et encore et encore : ce n’est pas le but de cet article de vous faire stopper les entrées et autres. Je le fais aussi chaque jour POUR mes patients et parce que j’estime qu’ils ont besoin de ça. Non cet article a pour but de vous rappeler que vous n’êtes pas les domestiques des centres hospitalier. Rendez service mais sachez rappeler aussi à ceux qui abusent et vous prennent pour leur coursier les règles élémentaires de courtoisie et d’organisation des services

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Ambulancier, modèle de fiche bilan

Pourquoi une fiche bilan

Je vous propose aujourd’hui une fiche bilan destinée à vos prises en charge : intervention SAMU, médecin ou autre qui nécessite l’usage d’une fiche bilan. Je rappelle que cette fiche d’intervention est indispensable car elle permet la traçabilité des informations relatives au patient : renseignements, constantes, ATCD, TTT, gestes effectués, observations, surveillance etc.

Cette fiche est un élément qui doit suivre le patient et doit être intégré à son dossier médical. Grâce à cette fiche chaque intervenant (médecin, IDE etc.) pourra vérifier ce que vous avez vu, entendu, vérifié et ainsi améliorer la qualité des soins. De plus, L’Infirmière d’Accueil et d’Orientation aura les éléments indispensable pour le patient à votre arrivée au service des urgences. Même si le patient sera questionné à nouveau elle sera en mesure de pouvoir faire le lien avec les éléments recueillis.

Une pratique trop peu répandue

C’est une pratique encore trop peu répandue chez certains collègues : d’abord par manque de formation, usage inconnu ou non intégré aux pratiques courantes, par manque de modèle de document etc. Mais il ne tient qu’à vous de prôner cette pratique au sein de votre entreprise et de démontrer à vos collègues l’importance de ce genre de traçabilité.

Fini le bout de papier sur lequel on gribouille ses constantes pour faire son bilan 15 et ensuite transmettre oralement les informations. Cette pratique permet une transmission par écrit. Divers modèles existent mais souvent à mon sens elles restent trop succincte. Il est indispensable de réunir le plus d’informations possibles sans pour autant sombrer dans l’extrême. Cette fiche est un concentré de beaucoup de fiches existantes, d’ajout personnel etc.

Personnaliser et corriger

Cette fiche est la votre. Le modèle existant est modifiable suivant vos demandes : envoyez moi un mail avec vos demandes de modifications et je ferais le nécessaire. Etant donné que j’ai réalisé cette fiche via des moyens logiciels autres que Microsoft Word et autres traitements de textes courant pour faciliter la mise en page,  je ne peux pas vous mettre à disposition un .doc et cie étant donné que ce n’est pas modifiable avec un traitement de texte.

Donc n’hésitez pas au besoin je peux personnaliser le document. Ensuite si vous constatez des erreurs, manques ou autre, surtout faites des retours via les commentaires en bas de l’article. Une fois corrigé je mettrais en ligne la nouvelle version.

Télécharger la fiche Bilan au format A3

Télécharger la fiche bilan au format A4

L’ambulancier et le transport psychiatrique

L’ambulancier et le transport psychiatrique – le transport sécurisé

Formation Ambulancier et transport psychiatrique

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L’Institut Régional de Formation de la Croix Rouge IDF propose une formation : “Ambulancier en Psychiatrie – le transport sécurisé”.

Cette formation se déroulera les mardi 29, mercredi 30 et jeudi 31 janvier 2013 sur le site de Romainville. Les inscriptions et informations sur le coût de la formation se font auprès de Mme Georges : 01.41.60.21.30

Objectifs

  • Développer des connaissances, un comportement et des aptitudes afin d’acquérir des compétences professionnels
  • Acquérir des capacités ciblées sur la prise en charge d’un patient souffrant d’une affection psychiatrique
  • Collaborer à la prise en charge médical d’un patient en hospitalisation sous contrainte
  • Assurer l’extraction et le transport d’un patient en toute sécurité pour le patient et l’ambulancier

Public concerné

Contenu de la formation

La formation est découpée en 6 séquence de 3h30 chacune :

  • Le cadre législatif
  • La prise d’appel , interroger un patient ou sa famille et orienter une prise en charge
  • Préparer l’intervention à domicile, l’entretien familiale, l’approche du patient
  • Le contact avec le patient et sa famille
  • L’extraction et le transport
  • L’analyse de l’intervention

Cette formation est toujours un “plus” dans le cursus de formation continue des ambulanciers. En effet vous pouvez être amené de façon plus ou moins régulière lors de vos interventions à réaliser ce type de transport. Il est donc très important de bien acquérir les diverses notions relatives à ce transport spécifique. De cette façon vous posséderez les éléments indispensable pour que l’ensemble de la prise en charge se déroule de façon la plus qualitative possible pour votre patient et pour la sécurité de votre équipage.

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Ambulancier et mémento des règles du code de la route

Un mémento des règles du code de la route pour les ambulanciers

Je vous propose un livret (disponible en libre téléchargement en bas de page) intitulé “mémento des règles de priorités concernant les véhicules d’intérêt général avec facilité de passage et les véhicules d’intérêt général prioritaire et règles de prudences en urgence”. Ce dépliant au format A4 se plie comme un livret et,  est destiné à votre information personnelle concernant la législation mais aussi à pouvoir expliquer en cas de contrôle par les forces de l’ordre que vous êtes en accord avec le Code de la Route (si vous les appliquez de façon correcte bien entendu).

L’ambulancier fait, comme d’autres corps de métier, partie intégrante de la chaîne de secours. Il est donc qualifié et souvent mandaté par le centre 15 pour intervenir sur des situations d’urgences à degrés variables. Seulement l’usage des avertisseurs sonores et lumineux, ainsi que les transports dit urgent sont souvent remis en cause dès lors que c’est une ambulance privée qui en fait usage.

Le but est donc de posséder un document mentionnant les textes réglementaires afin d’informer et de justifier le bon droit de la mission. Le Code de la Route a été modifié il y a quelques temps pour mieux intégrer les missions des ambulanciers au même titre que les pompiers.

Au programme du mémento

Vous y trouverez : la définition de l’urgence médicale, les divers degrés de l’urgence médicale, la définition du transport sanitaire, le contenu du courrier de la Direction Hospitalière de l’Offre de Soins remplacé par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) aux Agences Régionales de la Santé, les divers articles du codes de la route relatifs aux véhicules d’intérêt général et aux véhicules à facilité de passage, puis un rappel sur les règles de prudence lors d’un transport à caractère urgent.

Je rappelle au passage que certains ambulanciers font part des ARS de leurs régions qui leurs interdisent l’utilisation des dispositifs sonores et lumineux. Sauf erreur de ma part, n’hésitez pas à me le signaler si je me trompe, les ARS ne possèdent pas le pouvoir d’aller contre le code de la route. Les agences ne peuvent qu’effectuer un rappel et rappeler les règles d’usage et bonne pratique de ces équipements que beaucoup de monde oublie (ambulanciers mais aussi FDO, pompiers etc).

Mais attention

Ce dépliant ne vaut pas un texte de loi à proprement parler et se veut uniquement informatif. Il est destiné à être imprimé et conservé dans votre ambulance mais aussi à être correctement lu. Une page de rappel des règles de bonne conduite et de prudence est destinée à l’information des ambulanciers sur les bonnes pratiques lors d’un transport urgent.

Nous ne sommes pas des cow-boy ! Ce mémo c’est le premier que je réalise et n’est donc pas à l’abri d’erreurs, manques ou autre. Je vous invite donc à utiliser les commentaires en bas de cet article pour me faire remonter les défauts, les ajouts à envisager etc. Une nouvelle version du document sera mis en ligne au fur et à mesure des corrections.

Références

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006074228

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L’ambulancier face à l’urgence diabétique

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

Urgence diabétique : présentation

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Les urgences diabétiques représentent une part appréciable des appels aux services d’ambulance.  Nous en réviserons donc le processus ainsi que les signes et symptômes, et nous terminerons avec l’intervention préhospitalière appropriée lors d’un épisode diabétique.  Le diabète auquel nous nous intéresserons dans cet article est le diabetes melitus, ou diabète sucré.  D’autres formes de diabète existent, dont le diabète insipide.  Le diabète sucré est le seul où la glycémie du patient peut présenter un problème.

D’un côté physiologique, ce sont deux hormones qui sont responsables de maintenir la glycémie dans les limites acceptables selon les besoins.  Le glucagon est une hormone hyperglycémiante sécrétée par les cellules alpha des ilots de Langherans du pancréas.  Le glucagon va favoriser la libération de glucose dans le sang en activant la néoglycogénèse hépatique.  Autrement dit, le glucagon va provoquer la sortie des réserves de glucose du foie.

L’insuline, sécrétée par les cellules bêta des ilots de Langherans, a de son côté a deux rôles distincts.  Premièrement, elle provoque la mise en réserve du glucose dans le foie, étant donc antagoniste au glucagon à ce niveau.  De plus, l’insuline est nécessaire pour faire pénétrer le glucose dans la plupart des cellules.  Une exception notoire à ce phénomène est la cellule cérébrale, qui peut assimiler le glucose sans avoir recours à l’insuline.  Ce détail prendra toute son importance dans la prochaine section.

Lors d’un effort physique ou d’un stress le glucagon est libéré, entraînant donc une augmentation de la glycémie afin de « nourrir » correctement les muscles en énergie.  De même, lors de la digestion, l’insuline veillera à entreposer des réserves de glucose dans le foie.

Hypoglycémie, hyperglycémie…

Les signes et symptômes de l’hypoglycémie et de l’hyperglycémie peuvent facilement être confondus si l’on n’y porte pas une attention suffisante.  En effet, dans les deux cas le patient pourra présenter de la polyurie et de la  polydipsie, une grande fatigue et même de l’apathie.  Cependant, certains signes plus subtils nous permettent d’identifier plus précisément le trouble auquel nous sommes confrontés dans notre pratique préhospitalière.

Lors de l’hypoglycémie le corps entier manque de glucose, y compris le cerveau.  Le cerveau n’ayant pas besoin d’insuline pour assimiler le glucose, ce sera un des derniers organes à montrer des signes d’hypoglycémie.  Le signe le plus marquant de l’hypoglycémie cérébrale est l’altération du niveau de conscience. 

Le patient sera de plus en plus somnolent, pour éventuellement sombrer dans l’inconscience.  Mais avant l’altération du niveau de conscience, on pourrait observer des tremblements, une peau pâle, moite et froide, de la confusion, des étourdissements, une grande fatigue physique ou un épuisement.  Ces signes sont dus au fait que tous les tissus du corps manquent de glucose. 

Ils n’ont donc plus d’énergie pour fonctionner convenablement.  Et comme l’encéphale continue de son côté à assimiler le glucose jusqu’à ce qu’il disparaisse presque complètement, l’état de conscience du patient sera le dernier paramètre à être altéré.

Pour l’hyperglycémie, le problème n’est pas le manque de glucose mais plutôt le manque d’insuline.  Le sang est donc très « sucré », mais les cellules ne peuvent pas assimiler ce glucose.  Les cellules sont donc hypoglycémiques, même si le sang est très chargé en sucre.  Et le glucose étant une grosse molécule comparativement aux autres composantes du sang, il aura un effet direct sur l’osmolarité sanguine. 

Le sang devenant plus « épais » nous pourrons observer une augmentation de la soif, puisque le système voudrait bien diluer un peu ce sang afin qu’il circule plus facilement.  De même, du fluide sera récupéré de l’espace interstitiel, ce qui entraînera une déshydratation cellulaire qui augmentera la sensation de soif.  Les cellules manquant de glucose enverront donc des messages au cerveau afin de faire libérer encore plus de glucose dans le sang, en utilisant les réserves de tissus adipeux.  Une cellule adipeuse peut libérer rapidement ces réserves de glucose, mais avec un prix à payer.

Ce prix est la libération simultanée de corps cétoniques volatiles, qui sont acides.  Le pH sanguin va donc diminuer, le sang devenant plus acide.  L’acidose sanguine entraîne un état d’agressivité et de confusion chez le patient hyperglycémique.  De plus, les corps cétoniques sont évacués par la ventilation, ce qui contribue à donner une haleine fruitée au patient. 

Nous nous retrouvons donc devant un patient agressif et confus, ayant une peau rouge et tiède/chaude et présentant une haleine fruitée.  Vous aurez compris que ce patient a toutes les chances du monde de passer pour un individu en état d’ébriété avancé, alors qu’il a un problème glycémique majeur, pouvant le mener au coma, puis au décès.  La dernière phase de l’hyperglycémie est en effet un coma profond, souvent suivi de convulsions et du décès du patient si l’état n’est pas traité rapidement.

Traitement de l’urgence diabétique

Donc, comment traiter un patient souffrant d’un trouble diabétique ?  Il est plus facile de faire le bon traitement si l’on sait de quel côté de la glycémie se trouve le patient.  Un patient hypoglycémique a besoin de glucose pour rétablir sa glycémie et alimenter correctement ses tissus en énergie ; alors qu’un patient hyperglycémique devrait recevoir rapidement un hypoglycémiant afin de faire entrer le glucose sanguin dans les tissus.

Une bonne observation du patient est donc une phase cruciale de l’intervention auprès du patient diabétique dans un contexte préhospitalier.  Un patient pâle et diaphorétique, confus et somnolent a de fortes chances d’être hypoglycémique.  Cette suspicion peut être facilement confirmée par l’obtention d’une glycémie capillaire, qui nous indique la valeur exacte de la glycémie du patient.  Si l’on soupçonne une hypoglycémie, il convient de fournir du glucose au patient. 

La première méthode, si l’état de conscience du patient le permet, consiste à lui faire manger (ou boire) une substance sucrée.  L’idéal, pour éviter les hypoglycémies secondaires, est d’utiliser une combinaison de sucres rapides et de sucres lents.  Par exemple, une tartine (l’amidon présent dans le pain est un sucre lent) accompagnée d’un jus d’orange ou de pomme (le fructose est un sucre intermédiaire) auquel on aura ajouté une ou deux cuiller à café de sucre blanc (le glucose est un sucre rapide). 

Certains composés sucrés sont aussi proposés par les compagnies pharmaceutiques pour traiter les épisodes hypoglycémiques.  Ces composés ont l’avantage d’avoir été conditionnés pour être facilement transportables et disponibles en cas de besoin.  Il peut s’agir d’un gel dans un tube, ou de comprimés à mastiquer.

Si le patient n’est pas en mesure de protéger adéquatement ses voies respiratoires ou que son état de conscience est tellement altéré qu’il n’avalerait même pas des substances sucrées insérées dans sa bouche, l’intervenant préhospitalier doit envisager des méthodes plus invasives.  La première est l’administration de glucagon intramusculaire ou sous-cutané. 

Le glucagon faisant en sorte que le glucose mis en réserve dans le foie en est extrait, la glycémie du patient devrait remonter.  La faiblesse du traitement au glucagon est que si les réserves hépatiques sont épuisées, le glucagon ne servira à rien.  Les paramédics de niveau avancés ont dans leur arsenal un autre composé.  Il s’agit du D50W IV.  Autrement dit, un composé composé à 50% de dextrose à administrer directement dans la veine du patient.

Les effets de ce traitement, qui consiste donc à injecter directement une substance sucrée dans la circulation du patient, sont spectaculairement rapides et ne dépendent aucunement de la présence ou non de réserves de glucose dans le patient.  Un patient peut être en plein délire, pour reprendre tout à coups contact avec la réalité dans les secondes qui suivent l’administration du dextrose. 

Malheureusement, cette intervention nécessite absolument une cathéterisation d’une veine.  En effet, si le dextrose se retrouve dans le milieu interstitiel il y aura nécrose des cellules environnantes.  De même, si le patient reçoit trop de dextrose, il peut développer un œdème cérébral fatal.

Considérons maintenant le traitement de l’hyperglycémie.  Le premier défi consiste à identifier correctement l’état hyperglycémique, qui peut facilement passer pour une intoxication alcoolique.  Chez un patient coopératif, l’obtention d’une glycémie capillaire est toujours le moyen le plus simple et le plus fiable de déterminer exactement l’état du patient. 

Et ce n’est pas parce qu’un patient a bu qu’il ne peut pas être diabétique.  Une histoire récente de consommation alcoolique ne nous permet donc pas d’écarter un épisode hyperglycémique.  Outre l’identification précise du problème et le transport rapide au centre hospitalier, il n’existe pas d’autres traitements préhospitaliers. 

Le patient devrait normalement recevoir une forte dose d’hypoglycémiant, notamment de l’insuline, qui doit être soigneusement dosée en fonction de la glycémie du patient, mais aussi en fonction de sa corpulence.  Il est donc préférable que cette intervention se déroule en milieu hospitalier.

En conclusion

En terminant, j’aimerais vous rappeler que les signes et symptômes, surtout neurologiques,  d’un épisode diabétique peuvent fortement ressembler à un accident vasculaire cérébral.  Il est donc important de s’assurer que notre patient qui semble diabétique ne soit pas en fait en train de subir une attaque cérébrale.  De même, un patient présentant des signes d’AVC devrait toujours être évalués pour un problème diabétique.

Paramédicalement

Sébastien Gagnon, ACP
Paramédic en Soins Avancés

Note du webm@ster : article à caractère informatif, n’oubliez pas les limites de votre champ de compétences ! ! ! 

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

L’asthme c’est quoi ?

L’asthme est une affection communément rencontrée dans un contexte préhospitalier. Nous réviserons la pathophysiologie de l’asthme, ses signes et symptômes, et les traitements appropriés. L’asthme peut être due à différents facteurs comme la pollution environnementale, les allergies, l’effort physique ou une combinaison.  On peut aussi retrouver différents degrés selon lesquels les patients seront affectés par leur maladie. Certains contrôlent très bien leur asthme au moyen de leur médication et peuvent mener une vie presque normale, alors que d’autres seront très handicapés par leur condition, au point d’être hospitalisés à de nombreuses reprises pour arriver à contrôler les symptômes. L’asthme est une maladie chronique qui peut être contrôlée mais non guérie. Certains patients qui sont asthmatiques pendant leur petite enfance peuvent voir leur asthme disparaître à l’adolescence, puis réapparaître à l’âge adulte, alors que d’autres auront des symptômes persistants tout au long de leur vie.

Pour décrire la crise ou l’attaque d’asthme, il faut comprendre que la lumière bronchique (et donc le passage de l’air) est fortement diminuée par 3 facteurs. L’inflammation des muqueuses qui tapissent l’intérieur de la bronche, combinée à la bronchoconstriction et à la surproduction de mucus fait en sorte que le passage de l’air est très difficile non seulement lors de l’inspiration, mais aussi lors de l’expiration. C’est cette difficulté à expirer qui fait qu’un asthmatique chronique aura tendance à expirer avec les lèvres pincées et qu’il développera un thorax dit « en tonneau ».

La personne en crise asthmatique peut se reconnaître à certains signes, le premier étant une dyspnée modérée à sévère accompagnée ou non de sibilances ou de toux. La position du patient peut aussi être un bon indicateur.  Le patient en crise asthmatique aura tendance à adopter une position assise (il tolère très mal la position couchée) ou une position où il est penché vers l’avant, avec les bras appuyés sur une surface dure comme une chaise ou une table.  Cette position facilite la ventilation en permettant une meilleure expansion thoracique.

Les sibilances (wheezing) sont un signe presque certain de constriction des bronches. Ils peuvent cependant être observés chez les patients présentant une obstruction partielle des voies ventilatoires. Le stridor est un autre son respiratoire, mais son origine est plus haute dans l’arbre trachéo-bronchique. Alors que les sibilances viennent des bronches et des bronchioles le stridor, quant à lui, vient plutôt de la trachée et du larynx, incluant les cordes vocales. Les sibilances peuvent être entendues seulement lors de l’auscultation ventilatoire, ou encore à l’approche du patient, sans devoir procéder à l’auscultation. Il peut être inspiratoire, expiratoire, ou les deux.  C’est le signe le plus commun de la crise asthmatique. Par contre, son absence ou sa présence ne devrait pas être considérée comme un point de décision absolu dans le traitement. En effet, en cas de bronchoconstriction très sévère, les sibilances peuvent être absentes. Il y a donc d’autres signes et symptômes à considérer.

Outre la position du patient et la présence (ou absence) de sibilance, il y a aussi lieu de considérer l’état général du patient, la couleur et la texture de sa peau, son niveau d’activité et d’orientation et, si disponible, sa saturométrie.

Le problème réel du patient asthmatique n’est pas seulement son incapacité à faire entrer l’oxygène dans ses poumons, mais aussi à faire sortir le dioxyde de carbone de son sang. La mauvaise oxygénation peut entraîner la cyanose (d’abord périphérique puis centrale) et la position tripode. L’accumulation de CO2 dans le sang peut entraîner l’acidose, ce qui causera éventuellement de la faiblesse, de la confusion, de l’apathie et éventuellement de l’inconscience.

Les efforts ventilatoires du patient pourraient éventuellement déclencher l’utilisation des muscles accessoires de la ventilation, ce qui se entraînera le tirage intercostal et/ou sous-diaphragmatique, de même que l’utilisation des muscles sterno-mastoïdiens. Chez le jeune enfant, on pourrait aussi observer le battement des ailes du nez.

Prise en charge ambulancière

La prise en charge préhospitalière de la crise d’asthme implique autant une évaluation précise de la condition du patient qu’un traitement adéquat de sa crise. Outre les questions habituelles (OPQRST-SAMPLE), il serait pertinent de s’enquérir du niveau de dyspnée du patient, tout en étant attentif à sa façon de s’exprimer.  En effet, un patient qui est dyspnéique au point de ne pouvoir dire que 2 ou 3 mots entre chaque ventilation est dans un état extrêmement sérieux, voir critique.  Aussi, les informations sur les crises précédentes sont très pertinentes.  Si le patient a été intubé ou hospitalisé longuement suite à une crise, on peut s’attendre à ce que son état soit difficile à gérer.  Enfin, la saturométrie (ou oxymétrie de pouls, SPO2) peut donner une bonne indication mais n’est cependant pas un critère diagnostic absolu.  Obtenir rapidement une saturométrie sur les lieux, pour ensuite la comparer avec la valeur obtenue une fois les traitements initiés peut être utile, mais n’est pas essentiel.  De même, il n’y a pas de valeur de saturométrie établie pour indiquer la gravité de l’état du patient.  Certains patients ont des SPO2 moins élevées à cause de conditions médicales pré-existantes, notamment les patients souffrant de troubles ventilatoires chroniques.

Au chevet du patient, il sera important d’administrer rapidement de l’oxygène à haute concentration au patient dans les délais les plus brefs. Puisque ce patient est potentiellement hypoxique, l’oxygène d’appoint ne peut que l’aider. Et ceci est vrai même dans le cas d’un patient atteint d’un trouble ventilatoire chronique (Bronchopneumopatie Obstructive Chronique – BPOC, notamment l’emphysème, la bronchite chronique et la pneumonie). En effet, même si ces patients peuvent éventuellement subir un arrêt ventilatoire suite à l’administration d’oxygène supplémentaire (à cause du stimuli hypoxique), cette conséquence est tardive et prend quelques heures à s’installer.

Outre l’oxygène d’appoint, la position semi-assise ou assise est très nettement préférable à la position couchée. En effet, la position couchée met une contrainte supplémentaire sur l’expansion thoracique, et donc sur les mouvements ventilatoires.  Un patient présentant une dyspnée sévère, quelle qu’en soit la cause, ne devrait jamais être couché.  D’ailleurs, demander au patient dans quelle position il dort peut aussi être un bon indice. Un patient qui doit dormir assis dans un fauteuil ou avec de nombreux oreillers pour garder une position semi-assise indique un trouble plus sévère et potentiellement plus difficile à gérer.

La ventilation à pression positive peut aussi être envisagée, surtout dans les cas de crise asthmatique très grave. Un patient présentant une forte diminution de ses mouvements ventilatoires, pouvant être accompagnée par une altération de l’état de conscience, par une cyanose centrale, une diaphorèse profuse et une diminution ou une absence des sons ventilatoires à l’auscultation. Il faut cependant être prudent lors des ventilations à pression positive, afin d’éviter de provoquer un pneumothorax.  En effet, l’air entre difficilement dans les poumons, mais en ressort aussi difficilement.  Une légère pression sur le thorax lors de l’expiration peut même être bénéfique.

Évidemment, la médication reste la meilleure façon de stabiliser le patient. Un bronchodilatateur à action rapide, comme le salbutamol, est indiqué dès le début des symptômes. Son effet sur les récepteurs adrénergiques β2 provoque la relaxation des muscles bronchiques, réduisant ainsi le bronchospasme. Dans les cas plus graves, l’épinéphrine peut aussi être considérée, encore là pour l’effet sur les mêmes récepteurs, mais de façon beaucoup plus efficace.

Rédigé par : Sébastien Gagnon, ACP, AEMCA, TA-P Paramédic en Soins Avancés. Canada.

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse : en bref

Une Intoxication médicamenteuse est une intoxication causée par un ou plusieurs médicament.

Il convient en premier lieu de contrôler les fonctions vitales et de prendre si nécessaire les mesures classiques de réanimation. Une diminution de l’état de conscience due à une hypoglycémie, au monoxyde de carbone ou à  des morphiniques doit être immédiatement recherchée et traitée de manière adéquate. Cela vaut aussi en cas de convulsions provoquées par des intoxications.

La gravité de l’intoxication doit ensuite être évaluée sur base de l’(hétéro-)anamnèse à partir de laquelle des informations peuvent être obtenues en ce qui concerne la nature du médicament, la quantité supposée prise, le moment de la prise, la prise concomitante éventuelle d’alcool. Il faut toutefois insister sur le fait que les informations obtenues à l’anamnèse ne sont pas toujours fiables et qu’elles peuvent mener à sous-estimer la gravité de la situation.

Les renseignements obtenus à partir de l’examen clinique sont aussi importants. Il faut aussi être attentif au fait que l’absence de symptômes peut être faussement rassurante. En cas d’intoxication intentionnelle, une évaluation et une aide psychiatriques urgentes s’imposent.

 Fiche cas concret

Fiche cas concret “intoxication médicamenteuse : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Prise en charge ambulancier : la plaie

Prise en charge ambulancier : la plaie

La plaie en bref

Une plaie est une rupture de la barrière cutanée. Outre la lésion d’organes sous-jacents qui peut se produire lors de l’accident, la plaie peut entraîner la pénétration de germes pathogènes dans un organisme et provoquer une infection. Le principal risque pathogène est le tétanos. En premiers secours, on distingue les plaies simples, qui nécessitent un simple nettoyage ou une désinfection et les plaies graves qui nécessitent un avis médical.

Mais une plaie grave au sens premiers secours ne l’est pas forcément au sens médical. Par exemple, une plaie par outil est considérée comme grave en premiers secours car il faut en évaluer l’emplacement, la profondeur, les éventuelles répercussions, et ceci doit être fait par un médecin qui jugera lui si la plaie est effectivement grave ou bénigne ;

Prenons l’exemple d’une plaie par couteau à un doigt, elle sera bénigne si seule la chair est touchée, mais si un tendon est touché ou sectionné, cela nécessitera de la chirurgie au risque de perdre l’usage du doigt ; un écart d’un millimètre sur la position de la plaie peut faire la différence.

Les services d’aide médicale d’urgence peuvent donner des consignes utiles sur la conduite à tenir (se rendre chez le médecin généraliste, se rendre aux urgences de l’hôpital ou bien attendre des secours). Il ne faut pas hésiter à contacter les services d’urgence en cas de doute.

En premiers secours, une plaie simple est une petite effraction cutanée (petite coupure ou éraflure) superficielle et saignant peu, et qui n’est pas située près de l’œil ou d’un orifice naturel. On parle de plaie grave dès lors qu’un des éléments suivant survient :

  • Localisation :
    • près d’un orifice naturel (nez, bouche, oreille, sexe, anus), à l’œil ou à la face (visage, cou) ;
    • au thorax ;
    • à l’abdomen ;
  • Aspect :
    • saignement abondant (voire l’article Hémorragie) ;
    • déchiquetée ;
    • plaie étendue ou plaies multiples ;
  • Mécanisme :
    • par projectile ;
    • par outil ;
    • par morsure ;
    • par objet tranchant : couteau, cutter…

Fiche cas concret

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Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en bref

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) ou en anglais Cardio-pulmonary resuscitation (CPR), est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la circulation sanguine d’une personne s’est arrêtée (arrêt cardio-circulatoire).

En effet, lorsque la circulation du sang s’arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir : des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d’arrêt circulatoire[1]. Le fait d’oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d’éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d’accroître les chances de survie.

Méthodologie et concept

La réanimation cardio-pulmonaire est l’association de la ventilation artificielle et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).

Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l’on doit l’acronyme en anglais ABC :

  • A pour airway, libération des voies aériennes ;
  • B pour breathing, ventilation artificielle ;
  • C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.

La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c’est-à-dire :

  • inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
  • qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l’élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d’air sortir par le nez ou la bouche.

À moins d’y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime. Cette opération n’est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et elle prend un temps qui serait plus efficacement passé à réanimer la victime. Le cas d’une victime en arrêt respiratoire mais dont le cœur bat est rare, et de toutes façons la conduite appropriée dans ce cas pour le grand public est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s’écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d’abord stopper l’hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l’appareil électrique dans le cas de la victime électrisée. Dans le cas d’un adulte qui s’effondre sans raison, et lorsqu’on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l’arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP.

Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours. Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n’est disponible, on pratique la RCP deux minute avant d’aller alerter les secours car l’apport rapide d’oxygène aux cellules peut améliorer l’état de la personne. Au contraire, dans la cas de l’arrêt spontané chez l’adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne. Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d’alerter les secours et d’apporter un défibrillateur, puis commence immédiatement la réanimation.

Fiche cas concret réanimation cardio-pulmonaire

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Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis : en bref

Les fractures et instabilité du rachis cervical supérieur sont un peu différentes des fractures et luxations du rachis cervical de C3 à C7.

  • simples lésions des parties molles
  • à la paralysie ou au décès,
  • avec ou sans fractures ou luxations graves.
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Les lésions traumatiques de la colonne vertébrale cervicale ne sont souvent reconnues qu’en salle d’urgence et doivent faire l’objet d’un bilan soigneux et être prises en charge de manière à en minimiser les séquelles (pas de minerve routinière et stupide).
Un diagnostic sans retard, une contention vraie plutôt qu’une “immobilisation”, la préservation ou la restauration de la fonction de la moelle épinière et des racines, et la stabilisation définitive de la lésion sont les clés de la réussite de la prise en charge de telles lésions.

Au moins (Bohlman HH et Boada E., 1983)

  • un tiers de toutes les lésions de la colonne cervicale sont en rapport avec un accident à véhicule motorisé,
  • un tiers en rapport avec une chute d’un lieu plus ou moins élevé, et
  • le reste est le résultat d’accident de sport, de chute d’objets ou de projectiles par arme à feu.

La majorité de ces lésions est observée chez le sujet jeune et actif, adolescents ou adulte jeune.
Le deuxième grand groupe par incidence concerne l’adulte sexagénaire ou septuagénaire.

  • Dans ce second groupe, la spondylose ou la sténose exposent à de graves lésions en dépit de la faiblesse des forces mises en jeu au niveau de la colonne elle-même..

La création de centres dédiés aux lésions traumatiques de la moelle épinière est seule susceptible de faire progresser les soins en urgence, la qualité du traitement médical et chirurgical et de la reprise des activités du blessé qui souffre de lésion traumatique de la colonne vertébrale et/ou de la moelle épinière. Une équipe de prise en charge est un facteur important de résultat optimal.

Les objectifs du traitement sont

  • de préserver la vie,
  • de préserver ou restaurer la fonction neurologique,
  • d’assurer la stabilisation de la colonne cervicale, et
  • de permettre une reprise des activités optimale.

De tels objectifs sont raisonnables si des soins adéquats sont assurés.

Fiche cas concret : le traumatisme du rachis

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Traumatisme crânien

Traumatisme crânien

Traumatisme crânien : en bref

La notion de traumatisme crânien ou traumatisme crânio-cérébral (TCC) couvre les traumatismes du neurocrâne (partie haute du crâne contenant le cerveau) et du cerveau. Les manifestations cliniques dépendent de l’importance de l’impact et des facteurs associés (âge, pathologies préexistantes autres, traumatismes associés).

De par la situation anatomique de la tête, le traumatisme crânien est souvent associé à des traumatismes du rachis cervical (entorses, luxations, fractures), du visage (contusions, plaies, fractures maxillo-faciales) et oculaires. Les séquelles immédiates et à distance des traumatismes cranio-cérébraux sont souvent la conséquence des lésions engendrées sur le système nerveux central (cerveau et moelle épinière cervicale). Elles grèvent l’avenir des victimes et de leurs familles et leur coût social et financier est élevé.

Trois catégories de Traumatismes crâniens

Sur le plan clinique il existe trois catégories principales de traumatismes crâniens : légers (sans perte de connaissance et sans fracture de crâne), moyens (avec une perte de connaissance initiale excédant quelques minutes ou avec fractures de crâne) et graves(avec coma d’emblée — sans ou avec fractures de crâne associées). 

D’importants progrès ont été réalisés dans la prise en charge médicale rapide des victimes et dans le diagnostic rapide et précis des lésions qui peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical. Malgré ces progrès, plus de 50 % des cas graves décèdent ou gardent un handicap à vie.

Le pronostic est ainsi le plus souvent lié à l’importance des signes et lésions initiales (survenues au moment de l’accident). Il permet de séparer les traumatismes manifestement bénins et ceux qui vont nécessiter une prise en charge en milieu hospitalier.

Recherche d’informations

L’interrogatoire de la victime et/ou des témoins s’efforce de renseigner le type d’accident et d’impact, ce dernier ne permettant cependant pas de préjuger de la gravité des lésions. Des troubles de la conscience doivent être recherchés et quantifiés suivant l’échelle de Glasgow. 

On se méfiera systématiquement d’un possible traumatisme cervical avec un risque potentiel de tétraplégie (paralysie des quatre membres) en cas de mobilisation imprudente. De même, un traumatisme associé d’une autre partie du corps devra être cherché à titre systématique. 

Un scanner crânien devra être fait en urgence en cas d’un déficit de la conscience, même transitoire ou de survenue secondaire, en cas de déficit neurologique (baisse de la mobilité d’un membre, troubles de la parole, amnésie), au moindre doute sur une fracture crânienne, en cas de survenue de crise convulsive ou en cas de vomissements[2]. Chez l’enfant, l’indication d’un scanner est d’autant plus grande qu’il est jeune.

Fiche cas concret

Fiche cas concret “Traumatisme crânien” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Femme enceinte

Femme enceinte

La femme enceinte : en bref

La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d’une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu’à ce qu’elle puisse survivre hors du corps de la mère. Une femme en état de grossesse est dite enceinte ou gravide.

La grossesse commence avec la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde, d’où résulte la création d’une cellule œuf, qui va se diviser jusqu’à devenir un embryon, puis un fœtus. Elle se poursuit jusqu’à la naissance, ou à son interruption par un avortement artificiel ou naturel (fausse couche). Chez les humains, la grossesse dure environ 39 semaines, entre la fécondation et l’accouchement.

Elle se divise en trois périodes de trois mois chacune, communément appelées trimestres. Mais pour des raisons de convention on parle en semaines d’aménorrhée soit 41 semaines (correspondant à 39 semaines de gestation plus 2 semaines entre le premier jour des dernières règles et la fécondation), ou encore en mois de grossesse.

Fiche cas concret

Fiche cas concret “La femme enceinte” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral (AVC) : en bref

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Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général.

C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante). L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • Perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • Perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • Difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à Bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • Trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • Perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • Maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés.

Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien. Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule.

Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible. Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Fiche cas concret

Fiche cas concret “Accident vasculaire cérébral (AVC)” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Ambulancier, prise en charge de la brûlure

Ambulancier, prise en charge de la brûlure

La brûlure : en bref

La brûlure est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os.La gravité de la brûlure dépend de sa localisation, de sa profondeur (le degré de brûlure), de l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface totale) et de l’agent causal en question. La brûlure n’est pas une plaie comme les autres car elle a des répercussions sur l’état psychologique du brûlé.

Une brûlure peut être causée :

  • par le contact avec une source chaude (solide, liquide, ou gazeuse),
  • par le contact avec une substance ou un produit dit caustique,
  • par frottement
  • par l’effet de la combustion (action d’une flamme),
  • par l’effet d’un rayonnement (le coup de soleil – rayonnement Ultraviolet B – est l’exemple le plus fréquent),
  • par l’effet d’un courant électrique (électrisation),
  • par le froid (gelure).

Les brûlures graves comportent un risque vital. Les brûlures moins graves peuvent comporter un risque fonctionnel (gène à certains mouvements) ou esthétique (cicatrisation avec chéloïdes ou problème de pigmentation de la peau).

Fiche cas concret

Fiche cas concret “Brûlure”: Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Œdème aiguë du poumon

Œdème aiguë du poumon

Œdème aigu du poumon (OAP) : en bref

L’œdème aigu du poumon est une affection pulmonaire secondaire à l’inondation ou l’accumulation brutale de liquides au niveau des poumons (alvéoles ou des espaces interstitiels pulmonaires).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Cet état va être responsable de troubles des échanges gazeux et peut entraîner une insuffisance respiratoire. Le plus fréquemment, il est d’origine cardiaque et dû à une insuffisance cardiaque gauche aiguë (on parle d’œdème cardiogénique). Il peut également être lié à des lésions du parenchyme pulmonaire (on parle d’œdème lésionnel) ou à une transfusion de trop gros volume de sang.

Le sujet présente une dyspnée, c’est-à-dire une gêne respiratoire angoissante (d’installation rapide ou progressive), une orthopnée (difficulté respiratoire en position couchée). Il peut également exister une toux nocturne, une expectoration (rosée, blanchâtre, mousseuse), un grésillement laryngé.

Une “crise d’asthme” survenant à plus de 65 ans correspond dans la plupart des cas à un œdème pulmonaire. Le sujet peut également présenter des signes en rapport avec la pathologie responsable de l’œdème pulmonaire : une douleur thoracique, une fièvre… L’examen peut mettre en évidence une cyanose, une augmentation de la pression artérielle (sauf état de choc). L’ausculation cardio-pulmonaire met en évidence une tachycardie (une bradycardie étant un signe de gravité), galop gauche inconstant, des râles crépitants, des râles sibilants. On recherche systématiquement un souffle cardiaque à la recherche d’une valvulopathie.

 Fiche cas concret Œdème aigu du poumon

Fiche cas concret “Oedeme Aigue du Poumon” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Accident vasculaire cérébral (AVC)

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Présentation de l’AVC

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général. C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante).

L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

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Etiologie /Causes

Épidemiologie

L’âge moyen de survenue est de soixante-dix ans, mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d’hémiplégie (paralysie d’un côté) récente et frappent environ 100 000 sujets par an, en France. La mortalité à six mois est de 30 à 40 %.

C’est la seconde cause de mortalité au niveau mondial et la sixième cause, en termes d’années de handicap. C’est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, et la première cause des handicaps physiques acquis. Le coût correspond à plus de 4 % des dépenses de santé dans les pays développés. Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d’origine ischémique.

Semiologie/Signes d’un AVC

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés. Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien.

Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule. Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible.

Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Mécanismes et formes cliniques

L’accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l’état normal, sans séquelles, c’est à dire en moins d’une heure et sans preuve d’infarctus à l’imagerie (Consensus ANAES, mai 2004). Le déficit peut être au contraire permanent. On parle alors d’ accident vasculaire cérébral constitué (AIC).

Il existe deux types d’AVC:

  • L’infarctus cérébral : par obstruction d’un vaisseau sanguin (80 % de l’ensemble des AVC).
  • L’hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant 20 % des cas).

Les AVC sont donc classés en accidents ischémiques et en accidents hémorragiques.

Accidents vasculaires ischémiques et hémorragiques

Les accidents ischémiques sont dus à l’occlusion d’une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d’oxygène et de glucose. Celle-ci entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral).

Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d’origine cardiaque), mais d’autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l’artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé. Le ramollissement cérébral d’origine ischémique peut se compliquer secondairement d’un saignement au niveau de la lésion : on parle alors de ramollissement hémorragique.

La thrombophlébite cérébrale est une occlusion d’une veine cérébrale (et non pas d’une artère). Elle est beaucoup plus rare. La lacune cérébrale est une complication de l’hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral. L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC.

Chez une personne en bonne santé, la pression artérielle doit être inférieure à 140/90 mm de mercure. En cas d’hypertension (tension > 14/9), la pression à laquelle les vaisseaux sanguins sont soumis en permanence devient trop élevée et les vaisseaux cérébraux courent un risque accru de rupture, provoquant ainsi une hémorragie cérébrale. Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d’un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l’origine et soumis à une pression sanguine excessive. Le tabac et l’alcool sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l’hémorragie peut être méningée par rupture d’un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intra cérébral (dit aussi intra-parenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire. L’hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d’apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion.

Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l’hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L’hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral. Parfois lors d’accidents hémorragiques il y a aussi une libération d’ions calcium qui induisent un vaso-spasme brutal à l’origine d’accidents ischémiques.

Principes du traitement

Une hospitalisation est nécessaire, idéalement en milieu spécialisé (« Unités de soins intensifs neurologiques »)

Après un bilan hospitalier, le traitement se confond avec celui de la cause. En aigu, on propose :

  • un traitement par anticoagulants en cas de cardiopathie emboligène, mais ce traitement doit être discuté si l’accident est important, du fait du risque majoré de survenue d’une hémorragie secondaire (Ramollissement hémorragique)
  • un traitement par médicaments antiagrégants plaquettaires en cas d’ischémie (le plus souvent de l’aspirine à petites doses),
  • Le traitement anti-hypertenseur doit permettre cependant de maintenir une pression artérielle minimale afin d’assurer une perfusion optimale du cerveau.
  • Un traitement neurochirurgical dans les cas particuliers, rares, d’hémorragie cérébrale, d’infarctus cérébelleux et d’infarctus hémisphérique malin, peut être proposé.
  • L’ Altéplase est un médicament thrombolytique (qui permet la dissolution d’un caillot par thrombolyse ou fibrinolyse) qui est proposé en cas d’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, lorsqu’il est pris en charge moins de 3 heures après les premiers symptômes. Il permet une récupération complète plus fréquente et diminue la mortalité. Cependant, étant donné ses effets indésirables potentiels (notamment les hémorragies intra-crâniennes), la marge de manœuvre entre les bénéfices de ce traitement et ses risques, est très étroite. Il ne devrait être utilisé que dans des centres spécialisés et pour des malades sélectionnés selon des critères très précis.

À distance de l’épisode

À distance de l’épisode aigu, doit être discuté une chirurgie carotidienne s’il existe une sténose carotidienne (endartériectomie). La prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire est impérative. Certains médicaments antihypertenseurs, comme le périndopril, ont prouvé une diminution significative du risque de récidive. L’arrêt du tabac, l’équilibration d’un diabète ou d’une hypercholestérolémie par le régime ou par des médicaments, sont également nécessaires.

L’aspirine, à petites doses, réduit de près d’un cinquième le risque de survenue d’un nouvel accident. Le dipyridamole (en association avec l’aspirine) et le clopidogrel ont également prouvé une certaine efficacité. La rééducation après un AVC fait partie intégrante du traitement : selon les cas, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, régime alimentaire, Activités physiques adaptées. En cas de fibrillation auriculaire, la prescription de médicaments anti-coagulants de type anti-vitamine K reste indispensable.

Pronostic

L’accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à 30 % au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de 10 % des survivants. Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l’atteinte. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an peut atteindre près de 40 %. 

Dans le monde, 5,5 millions de personnes meurent chaque année d’une attaque cérébrale. 75 % des victimes ont plus de 65 ans et les hommes sont plus exposés que les femmes. Lorsqu’un ou plusieurs symptômes d’AVC sont présents, il faut appeler d’urgence de l’aide médicale en avertissant au plus vite le médecin ou les secours. De nombreuses personnes n’en sont pas conscientes. Contrairement à un infarctus du myocarde, un infarctus cérébral est généralement indolore.

C’est pourquoi il est souvent considéré comme bénin et non mortel. On pense que cela passera et on attend. Tout phénomène plus bref et passager (AIT) doit également être pris au sérieux et examiné par un médecin. Attention, le compte à rebours est lancé dès les premiers signes. Après trois heures, un traitement anti-thrombotique n’a plus guère de chances de réussite et les dégâts cérébraux seront plus graves.

Source : wikipédia

Syndrome post-traumatique

Syndrome post-traumatique

Syndrome post traumatique ou ∑ post-traumatique, un peu d’histoire

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Pour découvrir quand est né ce concept de PTDS, il nous faut remonter au 26 février 1972, dans la petite ville minière de Buffalo Creek, W.Va (Virginie Occidentale). Comme l’indique le livre, écrit après une minutieuse enquête de plus de 3 ans menée par Gerald Stern, le PTDS, ou plutôt son concept, a été découvert peu après ce désastre humain…

Flashback à  Buffalo Creek 26 Fév. 1972, 8:00 a.m: Denny Gibson, ingénieur sur le barrage de retenue d’eau en amont de la ville minière, découvre – après les pluies torrentielles que cette région de Virginie Occidentale a subi depuis quelques jours – que le niveau de l’eau a largement dépassé la cote d’alerte.

Denny Gibson n’aura jamais le temps de passer l’alerte. Dans les instants qui suivent, le barrage cède et ce ne sont pas loin de 500 millions de mètres cubes d’eau et de débris flottants qui se déversent dans la vallée de Buffalo Creek, balayant tout sur leur passage. En moins de 3 minutes le bilan est déjà  très lourd: 125 morts, 1 100 blessés et plus de 4 000 personnes désormais sans abri. Un désastre sans précédents…

Les paramedics du comté et de tout l’Etat vont mettre des heures et des heures à parvenir sur les lieux, inaccessibles à cause des dégâts matériels et des routes rayées de la carte. D’autres personnes, nombreuses, vont encore trouver la mort entre ce jour du 26 février 1972 et l’arrivée des secours, bien plus tard. Noyade, hypothermie, polytraumatismes divers…

Quand enfin les EMTs arrivent sur les lieux, tout n’est plus que désolation. Les survivants dans la vallée sont choqués. Des cadavres et des ruines de maisons flottent. Des blessés partout… Un massacre ! Une ou deux semaines plus tard, les survivants commencent à développer des crises d’angoisse majeures, des raptus nerveux, font état de cauchemars, deviennent paranoïaques, violents pour certains.

Des médecins, des psychiatres et des chercheurs de l’Université de Virginie Occidentale, située à Morgantown, se rendront sur les lieux pour s’entretenir avec les rescapés. Il en ressortira un concept associant plusieurs symptômes qu’ils appelleront le “Post Traumatic Disorders Syndrom“.

Syndrome post traumatique : qu’en est il aujourd’hui

Aujourd’hui, ce syndrome est reconnu partout dans le monde par les autorités médicales. Il touche les victimes d’agressions, d’actes terroristes, les victimes de guerre et bien entendu, les soldats… Les examens cliniques et paracliniques (scanner, IRM), ne révèlent aucune lésion organique.

En revanche, les victimes développent a posteriori globalement toutes les mêmes symptômes: cauchemars, anxiété, insomnies, asthénie, amplification du préjudice. Le chemin vers un syndrome dépressif majeur et chronique est quasi systématique et la prise en charge hospitalière se base toujours sur la psychothérapie et l’administration parallèle de psychotropes (anxiolytiques et anti-dépresseurs)

La prise en charge du Syndrome post traumatique par l’ambulancier

Pour ce qui nous concerne nous, médico-techniciens pré-hospitaliers, au même titre que les Sapeurs Pompiers, la prise en charge est délicate puisqu’elle nous expose, de par son retentissement au vu de l’ampleur de la catastrophe, à un préjudice psychologique qu’il ne faut jamais négliger.

De manière générale, il nous faut garder à l’esprit que les gyrophares ou les feux à éclat, le bruit des sirènes, les gémissements d’autres victimes et les conditions climatiques défavorables majorent le stress de la victime dont on s’occupe. Sans parler des interjections de badauds, ou de la stupéfaction des secouristes devant l’ampleur de la crise…

Au-delà de la prise en charge physique ou physiologique, c’est en premier lieu la “sauvegarde psychologique” qu’il nous faut traiter en tentant de faire disparaître ou au moins d’atténuer les facteurs mentionnés ci-dessus. Puis l’écoute: laisser parler la victime dont on est en charge, en tenant compte des réactions de stress dépassé, telles que la sidération, la fuite panique individuelle, la réaction anxieuse aigüe voire même, dans les cas extrêmes, la réaction délirante…

La victime peut se mettre à délirer, donnant parfois un sens mystique à ce qui vient de se passer (”C’est l’Armaggedon !“, “La fin du monde est proche !” etc…). La victime peut aussi prendre à partie la foule présente, et la haranguer en ces termes mystiques…

Il faudra s’adapter à la victime quoiqu’il arrive, en mobilisant toutes nos ressources. Il n’y a pas de protocoles pré-définis sauf ceux élaborés par des techno-bureaucrates. Mais sur le terrain, c’est notre ADAPTABILITÉ qui fera la différence. La mise en place de CUMPs* tend à se systématiser (pas forcément toujours à bon escient). C’est un grand pas vers la reconnaissance en tant que “VICTIMES” des rescapés. Le devenir de ceux-ci est intriqué de manière étroite avec l’efficacité du travail que nous aurons pu faire en amont, avant la prise en charge par une CUMP*

(* CUMP: Cellule d’Urgence Médico Psychologique)

Source: l’excellent bouquin de Gerald M. Stern, “The Buffalo Creek Disaster“, publié à New-York par Random House – hélas pour les francophones, il est écrit en anglais

Syndrome de Diogène

Syndrome de Diogène

Le syndrome de Diogène

Cette pathologie, peu connue, est en fait plus fréquente qu’on ne le pense et n’est souvent révélée que lors de la découverte d’un cadavre trouvé dans le capharnaüm de son domicile. Du nom de Diogène, fils d’un banquier mais réfutant toute forme de richesse (413 – 327 Av. JC), philosophe Grec, disciple d’Anthistène, le fondateur du courant de pensée cynique, prônant la saleté, le dénuement total…

Diogène vivait dans un tonneau, nu, sans rien d’autre pour l’accompagner que la méditation. Ce personnage a donné son nom à un syndrome dont on parle peu, mais que l’on rencontre assez régulièrement, le Syndrome de Diogène.

 Le syndrome de Diogène : en résumé 

Les personnes affectées par ce syndrome vivent recluses – en ville ou à la campagne – refusant toute compagnie humaine. Leur niveau intellectuel est supérieur à la moyenne, mais elles choisissent la saleté, le désordre et la puanteur. Ainsi, à l’occasion d’une “ouverture de porte” suite à une alerte passée par un voisin importuné par l’odeur insoutenable provenant du logement de la supposée victime, les personnels de secours rendus sur les lieux découvrent souvent un cadavre mort depuis quelques jours déjà, dans un appartement aux odeurs immondes. 

Jonchés de détritus, de crottes – il y a souvent beaucoup de chats chez les malades atteints de ce syndrome – et d’une telle couche de crasse partout, on n’ose de prime abord ni toucher quoique ce soit, ni encore respirer l’air putride infestant le logement et imprégnant nos uniformes.

Les patients meurent comme ils vivent: dans la solitude, la saleté poussée à l’extrême et le dénuement le plus total. Ce syndrome touche essentiellement des personnes dont l’âge se situe au-delà de 73 ans, en moyenne. Le versant “paranoïaque”, selon la DSM IV, n’est pas à négliger dans la compréhension de cette pathologie et l’explication du choix délibéré pour la solitude et le rejet de toute autre présence humaine par les personnes atteintes de ce syndrome, dont le QI est bien supérieur à la moyenne, paradoxalement.

Il peut vous arriver, en tant qu’ambulanciers ou pompiers, de vous rendre au domicile d’une personne atteinte de cet ensemble de troubles. Ne vous étonnez pas d’être vertement reçus par cette personne. Elle cherchera avant tout à vous éloigner de son “territoire” qu’elle chérit par-dessus tout, en le laissant volontairement se dégrader, comme elle le fait pour elle-même.

syndrome de diogène

Le syndrome de Diogène et l’ambulancier : la prise en charge

La négociation d’une assistance est délicate, car votre interlocuteur dont l’intelligence est supérieure, saura trouver des arguments imparables et au besoin, saura vous promener si vous n’êtes pas vigilants ou si vous n’avez pas su reconnaître en elle une personne présentant le Syndrome de Diogène…

Le versant autolytique n’est pas cliniquement prouvé, ce qui rend la tâche d’autant plus ardue aux secouristes sur les lieux. Envisager l’HDT ou l’HO n’est pas le meilleur choix dans les cas les plus “intransigeants”, d’autant plus que la personne souffrant de cette affection a délibérément rompu tous contacts avec ses enfants, petits-enfants ou avec sa fratrie…

Le mieux est de pouvoir négocier le passage d’un médecin, ultérieurement… Si vous franchissez ce cap dans la négociation, votre mission sera “un succès dans un échec global” qui vous échappera de toutes les façons…Vous pourrez en revanche envisager de déclarer cette personne aux services sociaux appropriés. Libre à eux, ensuite, d’entamer une démarche.

L’ambulancier face à la schizophrénie

L’ambulancier face à la schizophrénie

Les pathologies de type psychiatriques sont des pathologies complexes auprès desquelles l’ambulancier n’est pas forcément formé ou habitué. Il est donc intéressant de se pencher dessus pour connaitre la conduite à tenir et les conseils pour une prise en charge du patient de qualité. L’ambulancier face à un trouble mental telle que la schizophrénie.

Schizophrènie, définition de la pathologie

Appelés hier pour une Hospitalisation demande d’un Tiers HDT chez une personne schizophrène par le SAMU, je me suis dit qu’un rappel ne serait pas inutile. La schizophrénie en quelques mots: (selon le DSM-IV). C’est un trouble mental classifié dans les psychoses, caractérisé par un morcellement de la personnalité du sujet ainsi que par une perte totale et vitale avec la réalité. Les causes ont toutes été plus ou moins totalement validées par l’expérience clinique, sans pour autant qu’une explication de l’affection ait à ce jour été fournie:

  • Disposition constitutionnelle (sujet grand, maigre, introverti…)
  • Perturbations sévères du lien mère-enfant
  • Dysfonctionnement des médiateurs ou du cheminement cérébral des médiateurs
  • Blocage mental dû a certaines injonctions rendant le sujet inapte à la résolution de conflits interpersonnels – en général familiaux.

D’une manière générale, le schizophrène est le “symptôme”, l’élément visible d’un groupe malade – la famille, où la communication a toujours été très perturbée…

Les éléments visibles ou les signes d’une telle atteinte sont essentiellement la dissociation mentale, que certains psys appellent aussi la “discordance” se traduisant dans les faits par des perturbations affectives, intellectuelles et psychomotrices: sentiments contradictoires vis-à-vis d’un objet (amour-haine), aréactivité à tous stimuli exogènes, immobilité absolue, refus de parler ou de se nourrir.

L'ambulancier face à la schizophrénie

Schizophrènie et formes

Il existe plusieurs formes de cette pathologie, évidemment, puisque rien n’est figé en la matière.

  • La schizophrénie simple (introversion, marginalité)
  • La schizophrénie paranoïde (délires mal définis, peurs organisées autour d’un thème précis, sensation éprouvée par le sujet d’être commandé ou manoeuvré par un élément extérieur)
  • Hébéphrénie et hébéphrénocatatonie (le sujet est catatonique, et répète de façon non motivée et automatique des mots, des gestes, des attitudes etc…, le tout accompagné d’un “faux déficit” intellectuel).

Le traitement repose sur la palette thérapeutique moderne (psychanalyse, psychotropes et psychiatrie institutionnelle), et permet de stabiliser voire de guérir le sujet, grâce à une prise en charge pluridisciplinaire organisée et adaptée. L’écoute et la réassurance permettent au sujet de se revaloriser en prenant en compte une réalité qui jusque là lui échappait et dont il s’excluait du fait de sa psychose.

En cas de décompensation (rupture de traitement, sevrage mal programmé, présence d’éléments familiaux ou du moins exogènes perturbateurs perçus comme une menace ou des “comploteurs” dans le cas des schizophrénies paranoïdes), la prudence s’impose aux ambulanciers, car le passage à l’acte auto- mais surtout hétéro-agressif se fait sans prodromes:

☛ Le sujet, imprévisible, passe d’un calme catatonique à une brutale violence sans que le moindre signe ait pu alerter les ambulanciers.

L’ambulancier face à la schizophrénie : quelle attitude ?

La conduite à tenir face à une décompensation schizophrénique varie d’une intervention à l’autre, car il n’existe pas deux schizophrènes identiques…! La première chose à faire, est d’évaluer le cadre de vie (appartement, maison) et l’attitude du patient en souffrance.

Ces deux premiers points devront se faire de manière instantanée, comme un cliché Polaroïd®. (NB: Si votre binôme est un “bleu”, expliquez-lui de quoi il retourne pendant le trajet jusqu’au lieu de l’intervention, en insistant sur le risque de passage à l’acte agressif (+++) et sur la sécurité de l’équipage. Insister également (+++) sur l’importance FONDAMENTALE de garder la tête froide et de ne rien laisser transparaître de ses émotions, s’il a la trouille…)

Ecoutez le patient, certes, mais ne pas “entrer dans son jeu” – bien qu’il s’agisse de tout sauf d’un jeu, pour lui. Ecoutez-le parler de ses dons pour la magie blanche ou ses conversations avec Dieu, etc, mais il faut avant tout négocier un passage à l’hôpital pour réajuster le traitement rompu par exemple (il y a toujours, dans son esprit, une excellente raison d’avoir arrêté le traitement médicamenteux !)…

La plupart du temps, les ambulanciers sont requis pour une HDT, donc il y aura probablement un médecin sur place ainsi qu’un membre de la famille – attention, ils peuvent être perçus par le patient comme des manipulateurs: isolez le patient dans une pièce à part, mais OUVERTE en cas de passage à l’acte… Pensez à la sécurité de votre binôme et à la vôtre.

Et pensez toujours à vous mettre dans la peau d’un “négociateur” qui joue la montre…Parvenus sur les lieux, présentez-vous et ne cessez JAMAIS de concentrer votre attention sur ses mimiques, ses gestes, son attitude, ses postures: elles vous renseigneront de manière significative sur un éventuel risque envers l’intégrité physique de l’équipage.

La tâche semble ardue, puisqu’il s’agit de s’entretenir avec une personne en pleine décompensation (quelle que soit la cause), en gardant la tête froide, un discours posé et calme, rassurant, mais en restant sur vos gardes. En un mot, il ne faut laisser transparaître AUCUNE émotion (votre propre crainte que cela tourne mal, par exemple…) !

En général, la négociation se termine bien et vous finissez assez rapidement à obtenir le consentement du patient à vous suivre dans l’ambulance de son plein gré (à condition de ne pas lui mentir, JAMAIS !). Dans le cas contraire, lors du bilan au SAMU-Centre 15, demandez un renfort “Forces de l’Ordre” (si et seulement si le passage à l’acte a été franchi) et SMUR pour une sédation.

Spasmophilie ou crise mineure de tétanie

Spasmophilie ou crise mineure de tétanie

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La spasmophilie ou forme mineure de tétanie ?

LA SPASMOPHILIE N’EXISTE PAS ! C’est un problème à 200 % Franco-Français ! ELLE N’EXISTE PAS JE TE DIS !…  Sauf en France bien sûr, seul pays où elle est référencée. Partout ailleurs, on parle de forme mineure de crise de tétanie. En quelques mots, la TÉTANIE est un état d’hyperexcitabilité neuromusculaire. Ce trouble du métabolisme provient d’une hyperventilation. L’organisme est blindé d’oxygène et PAF: baisse du CO2, du taux de calcium, de potassium et de magnésium, et hop: une réponse exagérée de la fibre musculaire… CQFD

Un tableau clinique

 Le ratio est d’environ 1 homme pour 3 femmes. Il n’y a parfois pas de cause particulière a priori, mais check bien et tu retrouves bien souvent une personne particulièrement émotive dans un contexte de fatigue particulière, d’émotion – Eurêka ! – de syndrome pré-menstruel ou après une injection – ou avant ! – liste non exhaustive…

A l’interrogatoire, tu retrouves un tableau souvent typique, avec constriction laryngée (boule dans la gorge), sensations de palpitations, fourmillements dans les doigts et puis aussi parfois des crampes – seuil de calcium et de magnésium en chute libre… ahh, les vieilles Katch ! En général il n’y a pas de perte de connaissance, mais la victime ne répond pas à tes questions PENDANT la crise – note, elle pourrait.

Et si les paupières sont occluses, tu les vois quand même frémir…, avec des mains “en accoucheur” et éventuellement un trismus (fourres surtout pas ton doigt dans la bouche de la victime, tu te retrouverais probablement amputé si tu tirais “Hey, rends-moi mon doigt, bordel ! “).

Bref, bref, tu fais regrimper le taux de CO2 (tu mets ta victime en hypercapnie pour restaurer l’équilibre O2/CO2, quoi) en faisant souffler dans un sac de papier ou un masque simple (non-branché, cela va de soi – je le précise, parce que j’ai déjà vu des ambulanciers ou des pompiers brancher l’O2 au masque… bravo les manches ! Ah, j’te jure !).

Mais gaffe au ressenti de “suffocation” de la victime, hein ! Nan, des fois que…! C’est souvent en public que ça se passe (alors merci de mettre ça en corrélation avec oh, disons, pff, une crise de nerfs, allez, tiens. Ben oui, ben oui, c’est comme ça !) Si il n’y a pas de pertes d’urines ou de morsures des muqueuses buccales ou de la langue, tu peux d’emblée éliminer une crise tonico-clonique épileptoïde. Donc tu oublies la VVP et tu laisses ton NaCl + ton ampoule de Valium® dans ton sac d’intervention, ok ?. Merci pour ta victime…

Asthme et prise en charge par l’ambulancier

Asthme et prise en charge par l’ambulancier

En réponse au mail d’une jeune fille de 18 ans, Isabelle, asthmatique connue, voici quelques infos utiles pour “gérer” une crise d’asthme dans l’attente des secours (Ambulanciers + SMUR).

☛ ATTENTION: ce ne sont que les conseils d’un Ambulancier SMUR

L’asthme

Respiration difficile (dyspnée), lente (bradypnée), laborieuse avec râles sibilants (sifflements inspiratoires) est une affection pouvant évoluer vers l’AAG (Asthme Aigu Grave). Il est important d’en reconnaître les signes pour enrayer le début d’une crise, même inaugurale chez un asthmatique qui s’ignore et donc non traité.

ambulancier, prise en charge de la crise d'asthme

Mécanisme

Bronchoconstriction et/ou bronchospasme, hypersécrétion de mucus bronchique et possible apparition d’un oedème de la paroi des alvéoles pulmonaires (aussi appelé oedème interstitiel).

Conséquences

Augmentation de la résistance au passage de l’air dans l’arbre bronchique, avec installation rapide d’une dyspnée. Les débits ventilatoires s’effondrent et entraînent une bradypnée, prédominants au moment de l’expiration. Le travail ventilatoire se trouve augmenté et se met alors en place ce qu’on nomme les tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens, signe de gravité… pouvant vite mener à des troubles de la conscience !

Traitement

La plupart du temps, les asthmatiques “connus” sont sous Ventoline® – dont la molécule, le salbutamol, est un antagoniste des ß2 (bêta 2)-adrénergique, ou ß2-mimétique, c’est-à-dire un bronchodilatateur à courte durée d’action. La Ventoline® est le chef de file des bronchodilatateurs indiqués en cas d’asthme. Mais il en existe d’autres: Bricanyl® et/ou Atrovent® – surtout utilisés en urgence pré-hospitalière sous forme de nébulisats.

Quelques conseils

Devant un tel tableau clinique, quelques conseils: Appelez ou faites appeler le SAMU qui dépêchera un SMUR à votre domicile car le pronostic vital est engagé. Respectez la position adoptée spontanément par la victime ou la faire s’asseoir, jambes pendantes, afin de favoriser les mouvements ventilatoires et d’améliorer le remplissage des cavités du coeur droit… et RASSUREZ la victime…

L’INSTALLATION EN POSITION ALLONGÉE (DÉCUBITUS) EST STRICTEMENT INTERDITE EN RAISON DU RISQUE D’ARRÊT CARDIO-RESPIRATOIRE PAR DÉSAMORÇAGE DE LA POMPE CARDIAQUE.

(Sources: EMT-P’s courses and training program on pulmonary major pathologies, Pharmacology, Vancouver Paramedic Academy. Physiopathologies de l’appareil respiratoire, CCA. Pharmacologie FAE SMUR. Feedback personnel)

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Une ou plusieurs piqûre de guêpes ou de frelons, appartenant tous deux à la famille entomologique des vespidés peuvent causer de sévères troubles de la santé, voire d’engager le pronostic vital. Les personnes allergiques au venin de ces deux hyménoptères le savent en général. Ils prennent donc des mesures particulières lorsqu’ils risquent de se voir confrontés à cette famille d’insectes, les vespidés.

Petit rappel

Guêpes et frelons sont des insectes carnivores. Leur comportement, contrairement à celui des abeilles, est, de facto agressif.
Quoique les frelons, plus gros que les guêpes, soient d’une manière générale et contrairement aux idées reçues, bien moins agressifs que ces dernières.

A noter également que le dard des guêpes et des frelons est lisse, au contraire de celui, barburé, des abeilles. De ce fait, frelons et guêpes peuvent infliger plusieurs piqûres consécutives – dites en rafale – à leur victime. La notion de danger immédiat concerne essentiellement, comme nous l’avons vu, les personnes allergiques.

Allergie aux vespidés et ambulanciers

Signes

Le choc anaphylactique se déclenche dans les minutes ou, au plus tard, dans l’heure qui suit le contact avec l’allergène. Il est annoncé par un malaise intense, des sueurs, des frissons, des pâleurs, le tout suivi de rougeurs diffuses.

Peu après apparaît une dyspnée (gêne respiratoire) et nous voilà face à un Oedème de Quincke, accompagné d’un effondrement de la pression artérielle et d’une tachycardie compensatoire, signant un état de choc dit “anaphylactique“.

➥ A ce stade, le traitement repose sur l’administration immédiate d’adrénaline en IV, un remplissage vasculaire, (éventuellement l’injection de corticostéroïdes et d’antihistaminiques – quoique d’efficacité moins immédiate).

Si ces mesures ne sont pas prises à temps, le processus se poursuit, le calibre artériel continue de se dilater jusqu’à désamorçage de la pompe cardiaque.
Intervient alors le décès.

Certains cas, répertoriés au début du 20 è siècle, font état d’oedèmes très importants des zones piquées, sans pour autant que la mort ne soit venue sceller le destin du malheureux piqué, comme l’atteste la photo ci-dessous. Si vous le souhaitez, vous pouvez, via le parcours coordonné de santé, vous faire prescrire une recherche d’allegènes par votre médecin traitant qui vous dirigera vers l’allergologue le plus proche de votre domicile.

L’ambulancier et le choc obstétrical

L’ambulancier et le choc obstétrical

Choc obstétrical : définition

Ou “Insuffisance circulatoire aiguë chez une femme enceinte ou en cours d’accouchement (parturiente)”. Cette complication grave de la grossesse peut être due à une hémorragie au cours de la délivrance ou, deuxième cas, à un choc infectieux (libération de toxines dans l’organisme – endo- ou exotoxines – provoquant, par mécanismes imbriqués, une réaction en chaîne entraînant l’effondrement de la pression artérielle, puis des troubles respiratoires ou encore des troubles de la coagulation…).

choc obstetrical - prise en charge par les ambulanciers

Le choc obstétrical est devenu très rare aujourd’hui, grâce à la rigueur du suivi de la grossesse et au raccourcissement du temps de travail, mais il arrive pourtant que celui-ci se produise malgré tout. Lorsqu’un choc obstétrical se produit, des mesures d’urgence s’imposent. Le temps joue en défaveur de la mère et du foetus, si celui-ci se trouve encore in utero. Dans ce cas, le choc maternel diminue de manière brutale et significative l’apport d’oxygène au foetus, pouvant provoquer des séquelles neurologiques chez le bébé à venir, avec retards psycho-moteurs à la clé, par hypoxie voire anoxie.

Signes et conduite à tenir

Signes : Chute de la P.A, torpeur, chute de la température centrale et cyanose signent le C.O.

La césarienne doit être entreprise immédiatement, en urgence, pour éviter cette hypoxie tant redoutée pour le nouveau-né. Le traitement repose sur la suppression de la cause du choc (hémorragie, foyer infectieux) et à pallier le plus rapidement possible aux effets du choc proprement dit par une réanimation adéquate: perfusions de solutés dits “de remplissage” ou transfusions sanguines, associées à une oxygénothérapie visant à maintenir une saturation d’O2 dans le sang maternel optimale afin que le foetus, alimenté en O2 par l’ombilic n’en soit pas affecté…

NOTE: Comme tous les articles de la rubrique “PATHOLOGIES: Infos”, cet article se veut uniquement INFORMATIF.

Il n’a pas d’autres prétentions, qu’on ne s’y méprenne pas.

Source JLK rescue

https://www.jlk-rescue.fr/
Délirium tremens

Délirium tremens

Le délirium tremens

Au décours de nos missions, nous sommes parfois confrontés à ces situations de sevrage alcoolique brutal et involontaire d’un individu. La situation est grave avec une possible menace d’engagement pour le patient, et potentiellement dangereuse pour les professionnels médico-techniciens pré-hospitaliers que nous sommes.

Ce syndrome, dont le nom est souvent galvaudé par le profane, cache en réalité une gravité réelle chez un alcoolique chronique sevré brutalement, de manière volontaire ou non (pendant une hospitalisation, par exemple, ou du fait d’une maladie l’empêchant de boire). Un Pré-Délirium s’installe en général de 24 à 36 heures après la dernière absorption d’alcool, avec tremblements et agitation SANS délire. Sans prise en charge immédiate (personne vivant seule, isolée ou en difficulté sociale), s’ensuit alors le Délirium Tremens proprement dit.

délirium tremens - prise en charge par les ambulanciers

Les symptômes et les signes

Tremblements, soit généralisés, soit ne touchant qu’un ou deux des quatre membres ou encore la langue, sueurs profuses, fièvre, tachycardie nette, agitation et confusion mentale, une méchante déshydratation (mise en évidence par le “Godet” ou le “Pli cutané”), convulsions éventuelles, hallucinations (le plus souvent, il s’agit de zoopsies: le malade “voit” des animaux existant dans la réalité, ou des animaux fantastiques issus de son phantasme…). Le patient auquel nous faisons face “vit son délire” intensément et dans cette activité, peut être amené a commettre des gestes inconsidérés de type défensifs (fuite, défénestration…).

Gravité

La déshydratation mentionnée plus haut est l’un des deux risques majeurs pour la personne, par risque de collapsus cardio-vasculaire (effondrement tensionnel). Les actes dits de défense, comme la fuite par exemple, peuvent entraîner la victime vers une issue fatale de prime abord, par précipitation à travers une fenêtre, sur une chaussée etc…, l’exposant directement à la mort, selon le contexte. Il existe un troisième risque majeur, à effet moins “immédiat” ou “fulgurant”: il s’agit de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke, affection grave du cerveau par carence en vitamine B1.

La prise en charge et le traitement

Du fait des actes inconsidérés que la victime peut être amenée à commettre, l’équipage est lui aussi en “danger immédiat” dans ce sens que la victime peut prendre le binôme d’ambulanciers comme une menace dans son délire, et faire face, au lieu de fuir. La violence développée est alors sans limites, car pour la personne en état de DT, il s’agit d’“éliminer la menace”, à défaut de s’y soustraire. Pour elle, c’est une question de survie!
Il est important de garder toujours à l’esprit ce risque de passage à l’acte hétéro-agressif et d’assurer la sécurité de l’équipage. Un renfort SMUR doit être demandé, ainsi qu’éventuellement, un renfort policier.

Le traitement repose sur la réhydratation massive par intraveineuse, avec adjonction d’anxiolytiques benzodiazépiniques à action rapide comme le Triazolam (DC en France: HALCION®) ou d’autres substances anxiolytiques non-benzodiazépiniques telle que le Zolpidem (DC en France: STILNOX®), de structure moléculaire différente, mais toute aussi rapide.

Bien sûr, l’administration simultanée ou en aval de la prise en charge pré-hospitalière, de vitamine B1 aura pour conséquences d’enrayer l’apparition de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke. In fine, le Délirium Tremens est une situation explosive qu’il faut de prendre avec le même sérieux qu’un IDM, un angor instable ou encore une dyspnée aigüe.

(Sources: Of Alcohol-linked pathologies, DSM IV, EMT-P Courses, Vancouver EMT Academy, personal feedback, records & datas.)

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Dissection aortique et prise en charge par l’ambulancier

Analyse et explication d’une prise en charge d’une pathologie déclarée comme urgence vitale. En règle générale ce type d’événement est directement pris en charge par l’équipe du SMUR. Mais il est possible de rencontrer malgré tout ce type d’intervention. Il ne faut pas le négliger

La dissection aortique

Suite à la demande personnelle d’un lecteur assidu des “Z-ItoS”, voici quelques éléments de réponse au sujet de cette pathologie engageant très rapidement le pronostic vital. Physiopathologie: La DA, ou anévrysme disséquant n’est rien d’autre que la déchirure ou la rupture du média aortique (tunique moyenne de la paroi d’une artère). La plupart du temps, c’est au début de l’aorte que ça se produit, juste au-dessus des valves sigmoïdes. Lorsque le sang “pousse” dans l’aorte, il est sous pression.

Cette pression contribue, chez des sujets atteints de la maladie de Marfan (dégénérescence des fibres élastiques artérielles), par exemple, ou chez des hypertendus chroniques, ou encore suite à un traumatisme violent du thorax, à la constitution de la déchirure ainsi qu’à l’extension d’un clivage longitudinal de l’aorte. Il peut arriver que le sang retourne dans son “chenal” usuel par un deuxième point de rupture en aval. On a donc parfois deux types de circulation aortique: le “vrai chenal” et le “faux chenal”. Le résultat est catastrophique du fait de l’hemorragie massive que la DA peut impliquer… Mais pas de panique.

infarctus du myocarde - angor - prise en charge par l'ambulancier

Symptômes /signes

Lorsque vous êtes déclenchés et que vous arrivez sur les lieux, la victime se plaint de violentes ou d’insupportables douleurs thoraciques d’apparition brutale, sans prodrome et migrantes, du fait du siège de la dissection qui se déplace. J’insiste sur la douleur: dans tous les cas, l’EVA sera très élevée ! ATTENTION: diagnostic différentiel d’EP ! Merci…

 Actes pré-hospitaliers

Bilan flash. La première chose à vérifier est la symétrie du pouls radial simultanément. Si le pouls est dissymétrique, tu as une DA probable face à toi. Tu ne perds pas de temps: tu installes la victime en demi-assis, O2 à haut débit et masque HC, et tu prends une tension aux deux bras ! Pour confirmation. Tu ne perds pas de temps en palabres avec un ARM, tu demandes un renfort SMUR, point barre. Le but est d’ééviter le choc hypovolémique constituant un risque de complication systématique ou presque, sans mesures d’urgence adaptées, par la pose de VVP gros calibre avec remplissage * et ECG simultané !

En attendant le renfort, surveille régulièrement le PA aux deux bras (attention à la fistule artério-veineuse des dialysés, aux femmes ayant subi un curetage axillaire suite à un néo du sein, aux hémiplégiques suite à AVC etc…), rassure la victime, couvre-la, garde ton sang-froid. Délègue ce que tu peux déléguer à ton Auxiliaire Ambulancier (SpO2, PA…) pendant que tu continues de parler à la victime et que tu essayes de savoir si la douleur se déplace encore.

Attention: parfois, la douleur s’atténue. Eh oui… A l’arrivée du SMUR, transmissions complètes AVEC LES ÉVOLUTIONS à H+3′… H+6′ etc… au toubib. L’évacuation se fait selon les critères du Critical Care Transport: attention aux déports, aux accélérations brutales et aux freinages, attention aux côtes ou aux descentes car ça influe sur le déplacement des fluides corporels et l’incidence sur l’hémodynamique du sujet est élevée, évidemment…

* En France, le remplissage au Ringer-Lactate® est désormais interdit. On choisira donc du NaCl (sérum phy’) pour le remplissage vasculaire.

(Sources: Cardiovascular Disorders, Advanced Cardiac Life Support (ACLS), Critical Care Transport (CCT), Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, feedback personnel)

Traumatisme crânien (TC)

Traumatisme crânien (TC)

Le traumatisme crânien

La mort de Natasha Richardson met en évidence la manière dont une banal accident se transforme en crise majeure et fatale. Elisa, 3 ans, se promène au musée avec son père. Elle tombe et sa tête heurte durement le sol. Elle pleure, s’arrête de pleurer puis reprend la balade avec son père. Une heure plus tard, elle se met à vomir et à convulser.

Transportée aux urgences en moins d’une demi-heure, les médecins se battent pour la maintenir éveillée, un abord veineux en place. Le scanner est prêt. Elisa a eu de la chance: il y a bien eu un oedème cérébral, mais pas d’hémorragie. Aujourd’hui, elle va très bien. Natasha Richardson n’a pas eu cette chance. Elle est morte d’un banal Traumatisme Crânien.

Mécanisme du traumatisme crânien

La tête en mouvement est stoppée brutalement par un obstacle quelconque (mur, volant, pare-brise, sol…). L’encéphale effectue un mouvement pendulaire dans la boîte cranienne: il est à son tour stoppé sur la partie frontale du crâne, puis rebondit sur la partie occipitale… Une première compression frontale. Puis une deuxième compression lors du rebond.

Siège

Le siège des lésions et leur nature sont déterminants. Un hématome épidural, accumulation de sang entre la boîte cranienne et la dure-mère) ou un hématome sous-dural accumulation de sang entre la pie-mère et le cerveau) ont un ratio de mortalité de 50 %. Une hémorragie cérébrale est plus sérieuse. D’autres blessures incluant les fractures du crâne pouvant mener à des hémorragies cérébrales et à des inconsciences prolongées ont des effets dramatiques par oedème cérébral avec de potentielles séquelles irréversibles sur l’encéphale et les fonctions cognitives.

Signes

Ils ne sont pas toujours évidents à détecter d’emblée. Céphalées allant empirant, confusion, désorientation, vomissements. Discours indistinct, somnolence, regard vague, coordination motrice altérée et “amnésies” de toutes sortes…, les signes progressent graduellement, jusqu’à atteindre le point critique où la victime ne peut plus être “réveillée”…

Actes ambulanciers: Bilan très rapide avec évaluation neuro +++, GSC, réactivité pupillaire, plus hémodynamique. L’idéal est de pouvoir appliquer la Golden Hour (une heure maxi entre l’appel et la dépose de la victime au bloc opératoire). Ce système n’est hélas pas en vigueur en France. On demandera donc un gentil renfort SMUR qui mettra 10 ou 15 minutes pour se pointer – 10 ou 15 minutes de perdues pour acheminer la victime vers le plateau technique avec bloc op’, VIVE LA FRANCE – on couvre, on rassure, on parle à la victime, on la maintient éveillée, en attendant le renfort… Puis on se met à disposition du SMUR lorsqu’il se pointe enfin…

Devenir de la victime

Il dépend des délais de réponse. Si l’entourage appelle d’abord le médecin traitant au lieu de composer le 15 d’emblée, on creuse déjà la tombe potentielle. Si les secours mettent du temps pour arriver sur place, on creuse encore un peu plus… ! En général, une hospitalisation avec la médication appropriée rétablit la victime dans ses fonctions supérieures, SI et SEULEMENT SI le délai de prise en charge a été compressé en amont. Ce qui, avec le système de secours français à rallonge de temps, est loin d’être le cas…

(Sources: Brain Injuries, Vancouver Paramedic Academy, EMT-P Training & Practice, Dr Carmelo Graffagnino, Director of the neuroscience critical-care unit at Duke University, feedback personnel)

traumatisme crânien
La victime agitée et l’évacuation par l’ambulancier

La victime agitée et l’évacuation par l’ambulancier

Jean vous propose un article dédié à al prise en charge d’une victime agitée par l’ambulancier. Un cas de figure que vous avez déjà rencontré ou que vous serez amené à rencontrer au cours de vos interventions.

Victime agitée et transport sanitaire

On l’a tous déjà vécu maintes et maintes fois: transporter une victime agitée n’est pas une sinécure MAIS les dispositions légales sont claires. Achtung Baby, pense à tes miches et à celles de ton équipier. Qu’importe le type de pathologie induisant un état d’agitation, on n’évacue pas un agité comme on emmène Mamie chez son dermato – bien que parfois le profil de la Mamie en question peut relever du syndrome “Tatie Danielle” avec les conséquences que l’on connaît. Le transport, dans ces circonstances ne peut se faire qu’avec les garanties optimales de sécurité pour l’agité et l’équipage.

L’article 223.1 du Code Pénal est clair

“Le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.”

Légifrance

Evidemment – mais ceci ne nous concerne pas trop, à moins de faire partie d’un équipage héliporté ou aéroporté – l’agitation d’un patient est une contre-indication formelle à une évacuation sanitaire aérienne, compte-tenu du danger inhérent au vol en lui-même. A moins que le patient ne soit sédaté à fond les ballons…

Victime agitée et transport

Ne quittez JAMAIS les lieux d’intervention SANS un courrier médical indiquant:
– La DCI ou le nom commercial du produit injecté pour la sédation
– Sa forme (per os, IV ou IM)
– Son dosage et l’heure d’administration
– Eventuellement s’il est demandé par le médecin aux ambulanciers d’intervenir à nouveau pendant le transport, ou si des mesures doivent être prises (contention, notamment)

En cas de reprise de l’agitation pendant le transport pour “X” raisons (sous-dosage de l’inducteur de sédation, réaction paradoxale…), l’ambulancier n’aura pas d’autre choix, pour la sécurité de la joyeuse équipe, que d’avoir recours à une mesure de contention “à titre conservatoire“, décidée par le chef de bord.

Celui-ci sera alors couvert par l’article 122.7 du Code Pénal

“N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace.”

Légifrance

Si cet article tiré du Code Pénal nous dégage, en tant que chefs de bord, de la responsabilité pénale, il ne concerne en revanche pas notre responsabilité civile au cas où un dommage corporel sur le patient résulterait des mesures de contention. En clair, si tu fractures un membre ou si tu luxes une épaule, on pourra toujours venir te chercher des poux dans les cheveux … A l’inverse, si tu n’as pas contentionné ton agité et que ça foire pendant le transport, on pourra t’opposer:

– La notion de “Mise en danger d’autrui” telle que définie par l’article 223.1 du Code Pénal (vois ci-dessus)
– La notion de “Non assistance à personne en danger” telle que définie par l’article 223.6 du même Code.

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

A un moment donné de sa carrière l’ambulancier devra peut être faire face à l’accident de la voie publique – AVP. Professionnel de santé en perpétuel mouvement sur les routes de France, l’ambulancier doit pouvoir maitriser la conduite à tenir en sur accident.

Accident de la voie publique : en bref

snow

Quotidiens, fréquents, les AVP sont loin des interventions type « maison de retraite ». Le but est de bilanter rapidement, de pallier les décompensations diverses et de techniquer la victime avec toutes les précautions d’usage. Sur le cas d’un piéton, cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est évident que la cinétique est l’élément primordial. Aussi, et même si vous n’êtes pas titulaires du PHTLS, voici quelques recommandations.

Ambualncier : en premier lieu, les éléments à rechercher

Après avoir balisé la zone de l’accident au mieux en fonction de la topographie (en ville ou à la campagne, on ne balise pas de la même manière), il importe de saisir le tableau global instantanément et de se poser d’emblée 7 questions.

  1.  Quelles sont les circonstances ?
  2. Quelle a pu être la cinétique au moment de l’impact ? ➔ Vitesse du véhicule ?
  3. Où se situe le point d’impact sur la victime ?
  4. Quel est le type de véhicule impliqué ?
  5.  Notion de “crossing”: la victime s’est-elle fait rouler dessus par le véhicule ?
  6.  Notion de “dragging”: la victime a-t-elle été traînée par le véhicule ?
  7.  Notion de “throwing”: la victime a-t-elle été projetée ?

Le bilan se fera selon l’algorithme du PHTLS, en tenant compte du type de véhicule et de fait, du siège des lésions.

  • – Si le véhicule est un deux roues: Cuisses, bassin (fourche du véhicule), abdomen et thorax (guidon), membres Sup. (fractures de projection), membres Inf (fractures par choc direct)
  • – Si le véhicule est une VL:
    • Victime percutée de face: atteinte des membres Inf. (pare-chocs), hémorragie interne fréquente (choc sur capot).
    • Victime percutée de côté ou de dos: atteinte probable du rachis cervical et dorso-lombaire.

Algorithme d’évaluation

EVENEMENT ➔ SECURITE / SITUATION ➔ EVALUATION PRIMAIRE
Si TRAUMATISME: OUI ➔ A : immobilisation manuelle du rachis cervical + voies aériennes + BCDE
Si TRAUMATISME: NON ➔ A: LVA B : ventilation : fréquence, amplitude, auscultation C : circulation : contrôle hémorragie, pouls, peau D : déficit neurologique, conscience, pupilles E : exposer / environnement
Si Environnement CRITIQUE ➔ APPEL CENTRE 15 direct pour renfort SMUR SANS DÉLAI
Si Environnement NON CRITIQUE ➔ BILAN SECONDAIRE : ➔ Constantes : FC, FR, PA, SpO2, Dextro, T°, (ECG… si vous êtes équipés ou habilités par votre autorité de référence)
Puis SAMPLE – Plainte exprimée → Examen tête aux pieds ➔ APPEL CENTRE 15 pour bilan.

Techniquage

Maintien de l’axe tête-cou-tronc et immobilisation du rachis cervico-dorso-lombaire ➔ Backstrap™ +++ avec immobilisateur de tête, ou, si vous n’êtes pas équipés de cette manière: Stiffneck™ + coquille + scoop.

Précautions chez l’enfant

Du fait de sa petite taille, un enfant ne voit pas les dangers auxquels il est exposé sur la voie publique. Les blessures sont donc d’autant plus graves que sa hauteur place sa tête et donc son encéphale au niveau de la partie saillante du véhicule « percuteur »

Évacuation

Le bon sens commande: on évitera les déports brusques ainsi que les accélérations ou les freinages intempestifs (cf. Critical Care Transport, Vancouver Paramedic Academy) afin de ne pas affecter l’hémodynamique par migration brutale de la masse sanguine ou de son substitut de remplissage (Plasmion®, Gélo- / HEAfusine®).

accident de la route - avp - ambulanciers
Lipothymie ou syncope | Formation de l’ambulancier

Lipothymie ou syncope | Formation de l’ambulancier

Le “Malaise vagal” de Sarko ayant déclenché l’envoi d’un hélico pour une évac’ vers l’hôpital militaire du Val-de-Grâce me permet de faire le point sur ce qui, a tort, est appelé “malaise vagal”. En effet, le mot “malaise” n’existe pas en langage médical. On parle de lipothymie ou de syncope, selon qu’il y ait eu ou non, perte de connaissance.

La lipothymie

Elle se caractérise avant tout par la sensation de perte de connaissance imminente chez des sujets hypersensibles à la contrariété, à l’émotion (douleur subite, prise de sang, confinement de l’atmosphère) ou encore lorsque les barorécepteurs situés dans le sinus carotidien (sorte de capteurs de la PA actuelle) sont comprimés par un col ou une cravate trop serrés.

Le mécanisme de la lipothymie est l’hyperexcitation du nerf pneumogastrique (ou nerf “vague”, Xè nerf crânien, dépendant du système nerveux végétatif parasympathique), provoquant par la libération d’acétylcholine, un ralentissement significatif du rythme cardiaque. Le sujet a l’impression que sa tête est “vide” et ressent un besoin impérieux de s’allonger.

Pâle, en sueur, il peut présenter des troubles passagers de la conscience, accompagnés ou non, de nausées. Autres signes: myosis, hypersialorrhée, anxiété… La plupart du temps, le sujet “revient” spontanément, mais éprouve un gros coup de fatigue a posteriori. Attention toutefois: la lipothymie peut n’être que le prodrome d’une syncope (voir ci-dessous)

En qualité de secouristes professionnels, après avoir sécurisé la victime et effectué votre bilan primaire (A-B-C-D-E), vous attaquerez votre bilan secondaire sans perdre de temps… (cf. Algorithme ALS, quoique les items A et B soient un peu superflus : agissez avec bon sens).

Lors de votre bilan secondaire (FR – FC – SpO2 – GCS ), l’établissement d’un dextro rapide et la quantification de glucose contenue dans le sang (exprimée en g/L ou en Mmol/ L) vous permettra d’éliminer une étiologie métabolique (E.g.: crise d’hypoglycémie chez un diabétique insulino-requérant ou non insulino-requérant – IR ou NIR. Attention, un diabétique peut s’ignorer !).

Si vous disposez d’un système de télétransmission, rien ne vous empêche d’établir un ECG à 10 dérivations – “un 10 brins” – que vous télétransmettrez au moment de votre bilan au CRRA de votre SAMU-Centre 15.

NB: Ne le faites que si ce protocole est validé dans votre département: vous savez combien les médecins-régulateurs sont chatouilleux à ce sujet.

La syncope vagale

Elle est la résultante des mêmes causes que la lipothymie (hyperexcitation du nerf pneumogastrique à l’occasion d’une douleur, d’une émotion, ou de la vue du sang par exemple) et se caractérise par une perte de connaissance brutale se traduisant par un brusque relâchement complet de l’appareil locomoteur, occasionnant la plupart du temps une chute. Dans la majorité des cas, la durée de la PC n’excède pas une minute et le “retour” est spontané, très rapide, précédé d’une recoloration du visage, rapide, elle-aussi.

La prise en charge pré-hospitalière repose sur quelques éléments découlant du bon sens. Mise en PLS si ce n’est déjà fait à votre arrivée – mais en général la victime vous sourira à votre arrivée, désolée d’avoir “dû vous déranger”.

Procédez tout de même à un bilan sur l’algorithme ALS avec la même trame que pour une lipothymie ci-dessus: bilan primaire (A-B-C-D-E. Ici, les items A et B prennent tout leur sens puisqu’il y a eu PC), puis bilan secondaire avec prise des constantes (FR – FC – SpO2 – GCS – Dextro +++).

Lors du bilan secondaire, assurez-vous, cela va sans dire, que la chute n’a pas entraîné de TC ou d’autres lésions ostéo-musculo-tendineuses (contusions, entorses, luxations ou fractures) ainsi que leur siège, puis scoopez en fonction.

Un examen clinique sur le plateau technique hospitalier avec ECG et bilan sanguin avec dosage de la kaliémie (potassium, K+) suffit à établir un diagnostic et l’étiologie de la syncope.

https://www.jlk-rescue.fr/

L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier et l’épilepsie

L’ambulancier face à l’épilepsie

Impressionnante mais dont la gravité reste très relative, la crise d’épilepsie est une situation somme toutes facile à gérer. Quelques rappels pour l’ambulancier qui fait face à la crise d’épilepsie.

Epilepsie, définition

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La crise d’épilepsie, que certaines nomenclatures appellent aussi crise “comitiale“, crise de “Grand Mal“ ou de “Petit Mal” selon sa manifestation, est un trouble neurologique qu’on retrouve le plus souvent chez l’enfant dont l’encéphale, et en particulier la gaine de myéline entourant les axones, n’est pas parvenue à maturation.

Le trouble est dû à une activité électrique anormale, aiguë et passagère du cerveau. La crise comitiale ou “Grand Mal” comporte plusieurs phases. NOTE: La crise “Petit Mal” ne se manifeste que par l’“absence“ passagère du patient, semblant être ailleurs, indifférent aux stimuli extérieurs. Elle ne dure que quelques secondes, mais un EEG (électro-encéphalogramme) met très bien en évidence un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau.

Les différentes phases:

Phase initiale ou phase de début

Parfois – ce n’est pas systématique – la personne pousse un cri et s’effondre, avec une perte de connaissance. Le seul risque ici, est qu’elle se blesse lors de sa chute.

Phase tonique

Contractures généralisées des muscles. Le visage est nettement crispé et les yeux sont révulsés. Le tout s’accompagne d’un trismus et le corps entier se retrouve en hyper-extension, avec une hypersialorrhée et un écoulement de bave subséquent.

Phase clonique

La personne est prise de convulsions, avec morsure de la langue la plupart du temps, bien que ça ne soit pas systématique. Cette phase s’accompagne parfois d’une émission d’urines involontaire et spontanée, si la vessie était pleine (minimum 400 ml) avant le début de la crise.

Phase de coma

La personne se trouve dans un coma profond mais calme, sans aucune réaction aux stimulations extérieures. La durée est très variable.

Phase de réveil

Le réveil est très progressif et lent. L’épileptique semble obnubilé et “ailleurs”, mais il revient à lui progressivement. En revanche, il ne se souvient de RIEN. Son amnésie de la crise est totale.

Action de l’ambulancier face à la crise d’épilepsie

En premier lieu, savoir identifier le trouble si la crise est passée à l’arrivée de l’équipage. Certains signes comme la survenue brutale sans prodromes, le cri initial avant la PC, la présence d’urine, la notion de morsure de la langue ou encore l’amnésie aiguillent d’emblée les ambulanciers sur l’épilepsie, puisque le tableau clinique est net et clair. Si l’équipage arrive pendant la crise, les ambulanciers s’attacheront à prévenir les blessures que pourrait s’infliger le malade, en aménageant une “zone de sécurité” autour de la victime (dégager chaises, table etc…).

☛ Ne JAMAIS s’opposer au déroulement de la crise en tentant d’immobiliser la victime.
☛ Pendant la phase dite de “coma”, il est impératif de placer l’épileptique en PLS.

Au “retour” de la victime, bilantez et cherchez à savoir s’il s’agit là d’une crise inaugurale ou si la personne est épileptique connue en vous référant aux traitements de fond qu’elle prend ou non :

– Rivotril® (clonazépam, pour les formes graves)
– Depakine® (acide valproïque, pour les crises généralisée de moindre gravité)

NDLR: Ces deux médicaments sont les chefs de file des anti-épileptiques.
Transmettez le bilan à la régulation de votre SAMU-Centre 15 et évacuez pour bilan de crise d’épilepsie.

ATTENTION

Il existe certains signes de gravité, comme la succession de crises de manière rapprochée. Cela nécessite, en France du moins, une médicalisation SMUR avec administration en IV de Valium® (diazépam), un benzodiazépine anxiolytique également utilisé comme anticonvulsivant…

En conclusion

Si l’épilepsie n’est pas en soi un trouble très grave, disparaissant généralement spontanément lorsque le cerveau est “mature”, il ne faut JAMAIS négliger les “attendants“, famille ou proches, collègues de travail, pour qui une crise d’épilepsie reste toujours impressionnante et qui peut les “marquer“.

Dédramatiser la situation en gardant un calme absolu sur les lieux est le meilleur moyen de faire passer le message suivant:
L’ÉPILEPSIE N’EST PAS GRAVE ET CE N’EST PAS UNE TARE.