Hémorragie externe

Hémorragie externe

Cas concret : l’hémorragie externe, en bref

Une hémorragie externe est un écoulement de sang causé par la rupture d’un vaisseau sanguin ou d’une artère.

On distinguera trois types

  • Externe : suite à un traumatisme ayant causé une plaie
  • Extériorisée : l’écoulement de sang proviendra des orifices naturels comme la bouche, le nez etc.
  • Interne : le sang s’écoule à l’intérieur du corps comme par exemple dans une cavité interne

Sur ce cas concret c’est le cas de l’hémorragie externe sans nécessité de point de compression qui nous intéresse. A l’arrivée sur zone, l’ambulancier qui constate la présence d’une hémorragie externe doit impérativement réaliser les soins de première urgence afin d’arrêter ou limiter la perte de sang.

Deux types :

  • En nappe dans le cas d’une hémorragie veineuse
  • En jet dans le cas d’une hémorragie artérielle

Les consignes :

  • Le port de gants à usage unique en premier lieu afin de limiter le risque d’AES (Accident d’Exposition au Sang)
  • La compression de la plaie avec application d’un pansement compressif stérile (voire plusieurs si nécessaire) ou coussin hémostatique.
  • Allonger le patient pour limiter le risque de malaise qui pourrait être entrainé par la baisse de la tension artérielle et faciliter la circulation du sang.
  • Evaluation clinique avec prise constantes, rechercher les signes d’aggravation (pâleur, sueur etc) et passer un bilan rapide au centre 15 en cas de détresse circulatoire avérée pour une médicalisation rapide. Vous affinerez votre bilan après alerte.
  • Selon vos protocoles ambulancier (certaines régions n’autorisent pas l’administration d’oxygène sans avis médical en amont) placer le patient sous O² au masque Haute Concentration  à 9l/min ou supérieur suivant l’état du patient. Le débit sera adapté après transmission du bilan au centre 15 par le médecin régulateur.

Ne pas oublier :

  • Couvrir la victime pour limiter le risque de refroidissement.
  • Surveiller le saignement ne reprend pas sous le pansement.
  • Rassurer la victime et lui parler.

Fiche du cas concret

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AMLS – Advanced Medical Life Support

AMLS – Advanced Medical Life Support

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En parcourant les rubriques j’ai remarqué quelques manques ici et là. J’ai vu entre autre que je n’avais jamais abordé le sujet de l’ Advanced Medical Life Support (AMLS). Une formation spécifique qui est dispensée par un CESU en France. Donc je corrige et je vous diffuse donc la présentation de cette formation complémentaire à la formation initiale de l’ambulancier.

Qu’est ce que l’Advanced Medical Life Support – AMLS ?

L’Advanced Medical Life Support (AMLS) est un programme de formation parrainé par la NAEMT (l’Association Nationale des Techniciens d’Urgence américaine) les “paramédics” américains. Ce programme approuvé par l’Association Nationale des Médecins d’Urgence américaine (NAEMSP) s’adresse aux professionnels de santé qui prennent en charge des patients victimes de problèmes médicaux. Statistiquement, la fréquence des prises en charge nécessitant des soins médicaux dépasse nettement celle des traumatisés.

L’AMLS met l’accent sur l’étude de la situation du patient et propose une stratégie de prise en charge qui s’appuie sur une évaluation systématisée. L’enseignement compte seize heures de formation, réparties sur deux jours de cours interactifs alternant enseignement et cas pratiques en ateliers.

Le programme de l’AMLS aborde: l’évaluation initiale des patients, la gestion des voies aériennes, l’évaluation de l’état de choc, la dyspnée et les défaillances respiratoires, les douleurs thoraciques, les troubles de conscience, les douleurs abdominales, les pathologies infectieuses, métaboliques.

Au terme du cours, une évaluation diplômante détermine la délivrance d’un certificat américain reconnu de façon internationale, d’une validité de quatre ans. Les cours sont dispensés au Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence (CESU) du SAMU 68 au Centre Hospitalier de Mulhouse, par des médecins et infirmiers, professionnels de l’urgence.

Au programme de l’Advanced Medical Life Support – AMLS

JOUR 1

• L’évaluation d’un patient atteint d’une pathologie médicale
• Les états de choc
• La dyspnée et les détresses respiratoires aiguës
• Les douleurs thoraciques

• Les troubles de la conscience

• Les troubles endocriniens, métaboliques
• Les pathologies infectieuses

JOUR 2

• Les douleurs abdominales
• Les pathologies infectieuses
• Les pathologies d’origine toxiques

L’ensemble des cours dispensés sont en français.

Inscription et coût de la formation

  • L’inscription se fait par le formulaire disponible en téléchargement. Le coût de la formation, Livre AMLS et documents pédagogiques compris, s’élève à 675 euros.
  • Les frais de déplacement, d’hébergement et de repas ne sont pas inclus. Toute inscription sera accompagnée du prix de la formation soit un versement initial de 675 euros.
  • En fin de formation, une attestation de présence ainsi qu’une facture vous seront remises.
  • La lecture préalable du livre AMLS est un aspect primordial de la bonne compréhension des mécanismes physiopathologiques, permettant d’identifier les signes cliniques et les éléments anamnestiques pertinents.

Contact – informations etc : http://www.amls.fr/

Lieu : Hôpital Emile Muller (Möenschberg) (68)

Note importante : il est inutile de signaler que cette formation n’est pas utile pour un ambulancier etc etc. Aux détracteurs et autres je rappelle juste que rien n’interdit à chaque professionnel de juger lui même de l’intérêt d’approfondir ses connaissances. Je n’ajouterais rien de plus pour éviter toute polémique.

L’ENTRAVE DE PROGRESSION DES SECOURS : TEXTES

L’ENTRAVE DE PROGRESSION DES SECOURS : TEXTES

Textes de lois et entrave à la progression des secours

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Dans cet article vous retrouverez les différentes notions, issues du Code Pénal, concernant l’entrave aux premiers secours et la notion de non assistance à personne en danger. Quelques articles important puisque vous pouvez à tout moment vous retrouver dans une situation conflictuelle lors d’une intervention. Si en face de vous l’interlocuteur est en mesure de raisonner intelligemment vous pouvez lui expliquer le contenu de ces références et la portée éventuelle de ses gestes passés, présent ou futurs.

Code pénal

Article 223-6

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.

Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.

Et

Code pénal

Article 223-5

Le fait d’entraver volontairement l’arrivée de secours destinés à faire échapper une personne à un péril imminent ou à combattre un sinistre présentant un danger pour la sécurité des personnes est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100000 euros d’amende.

Source officielle : http://www.legifrance.gouv.fr/

A savoir que pour les notions juridiques et le secours à personne je vous recommande vivement l’achat de cet ouvrage : https://www.ambulancier.fr/le-guide-juridique-du-secours-a-personne/

Très complet, une bible de référence avec des explications claires sur des situations très différentes. le tout adapté avec le détail des textes mis à la portée d’un non juriste.

entrave à la progression des secours
Ambulancier, de l’orientation à la pratique professionnelle – 4

Ambulancier, de l’orientation à la pratique professionnelle – 4

De l’orientation à la pratique professionnelle partie 4

Dernier article du dossier Ambulancier : de l’orientation à la pratique professionnelle. On abordera le sujet des sélections, puis le déroulement de la formation en institut et pour terminer l’intégration de sa future entreprise.

Les épreuves d’admissibilité et d’admission

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Je vous le redis : il y a assez d’articles disponibles sur la préparation de ces épreuves et je vous invite à les lire. A vous procurer des ouvrages de préparation et vous remettre au boulot. Surtout si vous avez quitté le cursus scolaire depuis un moment. Ce n’est pas si évident les premiers temps de se remettre à réviser, calculer sans calculette comme au primaire, ou encore de faire des synthèses de textes… 

Vous faites partie des malheureux qui sont obligés de passer l’épreuve écrite. Rassurez vous moi aussi je suis passé par là. Je ne vais pas revenir sur le contenu, vous trouverez un article avec des exemples concret.

Rappelons juste que cette épreuve comporte :

Français : sujet de niveau du brevet des collèges permettant au candidat à partir d’un texte de culture générale d’une page maximum portant sur un sujet d’actualité d’ordre sanitaire et social, de dégager les idées principales du texte et de commenter les aspects essentiels du sujet traité sur la base de deux questions maximum. Cette partie est notée sur 10 points et a pour objet d’évaluer les capacités de compréhension et d’expression écrite du candidat. Une note égale ou inférieure à 2.5 points est éliminatoire.

Arithmétique : le sujet porte sur les quatre opérations numériques de base et sur les conversions mathématiques. Il ne peut être fait appel pour cette épreuve à des moyens électroniques de calcul. Cette partie a pour objet de tester les connaissances et les aptitudes numériques du candidat. Elle est notée sur 10 points. Une note égale ou inférieure à 2.5 points est éliminatoire.

Sont déclarés admissibles, les candidats ayant obtenu une note égale à 10 sur 20 à l’épreuve écrite sans note éliminatoire à l’un des deux sujets. Suite à la correction une liste est publiée avec le nom des candidats autorisés à présenter l’épreuve d’admission orale. Donc vous avez réussi avec succès l’écrit ou vous faites parties des chanceux qui accèdent directement aux épreuves d’admission orale. Donc pareil vous avez de la matière pour évaluer le contenu de l’épreuve sur le site je ne vais pas revenir dessus.

Un seul mot d’ordre : préparez vous, entrainez vous. Ne soyez pas trop confiant en vous ! Un concours même simple ça se prépare et on ne débarque pas là les mains dans les poches en sifflant la marseillaise. Après c’est vous que ça regarde. Soignez votre présentation : tenue vestimentaire, coiffure etc. L’image que l‘on apporte de soi est un élément important et peut indirectement influencer le jury. Donc attention. Lorsque toutes les épreuves sont terminées et après délibération d’une commission les résultats seront proclamés : liste principale et liste complémentaire. Ces fameuses listes je les ais détaillé auparavant.

L’entrée en institut

Voilà : vous allez intégrer une session de formation et je ne saurais que vous en féliciter. Au programme : pas mal de choses : anatomie, physiopathologie, gestes de secours et d’urgence, mise en situation, ergonomie pour vos postures et la sécurité/confort du patient, hygiène, règlementation, (mmmmh c’est la partie la plus soporifique ;p) communication etc. Le tout entrecoupé de stages comme annoncé. Investissez vous ! Posez des questions, assurez vous d’avoir bien compris chaque cours.

Concernant l’organisation des cours elles diffèrent plus ou moins selon les organismes. Si le contenu est identique pour tous, les méthodes diffèrent donc je ne peux vous expliquer plus sur ce sujet. Vous serez dans un processus de formation et d’apprentissage. Vous rencontrerez peut être des « difficultés » au départ si vous n’êtes pas retourné en formation depuis un moment mais c’est un processus tout à fait normal.

L’apprentissage massif d’informations sur un domaine inconnu est vite bourratif mais ça va passer et vous allez trouver rapidement un rythme de progression propre à chacun. On n’emmagasine pas les informations de la même façon. Chacun possède son propre rythme et sa propre façon d’apprendre. Surtout si vous rencontrez trop de difficultés faites en part à votre équipe de formateurs pour vous aider à trouver une solution adaptée.

En règle général vous alternerez les cours théoriques avec des cours de mise en situation pour favoriser la mise en place de la théorie. Lors des exercices de mise en situation lancez vous et ne restez pas timidement derrière vos collègues. La meilleure façon d’apprendre c’est de pratiquer, pratiquer et encore pratiquer. Ne vous réfugiez pas derrière des « je ne suis pas certain de moi » ou « je connais encore mal le sujet ». Plantez vous allez y, ce n’est pas grave. Les erreurs sont forcément formatrices après analyse de ces dernières par les formateurs. Plus vous pratiquerez, plus vous serez à l’aise. Il ne faut pas se baser sur le regard des autres.

C’est quelque chose de gênant au départ pour certains (« je vais me planter », « qu’est ce qu’ils vopnt penser de moi » etc ) mais il faut dépasser ce stade et ne pas rester dans son coin. Il ne faut pas oublier que la validation des modules en fin de formation c’est d’abord des épreuves de mises en situations sous l’oeil d’un jury. Donc si en plus du stress vous manquez de pratique vous irez dans le mur.

Apprenez à vous sentir à l’aise. Apprenez à connaitre vos collègues et à échanger avec eux sur vos doutes, votre manière de procéder. Interpellez les formateurs lorsque vous doutez. Il ne faut pas rester avec une question ou un doute. Vous allez prendre en charge des êtres humains et donc la marge d’erreurs doit être inexistante.

Durant le cursus vous aurez des stages à effectuer on va lister ce que vous allez rencontrer :

Stage en entreprise : deux semaines. Vous allez apprendre réellement votre rôle, mettre en applications les compétences et apprendre à connaitre votre rôle dans l’équipe. La première semaine est souvent difficile car l’expérience personnelle est forcément limitée. Ne vous inquitétez pas c’est normal. Prenez des initiatives et surtout si votre collègue va trop vite demandez lui de ralentir pour vous permettre de mettre en applications des gestes et techniques. Idem si vous le voyez utiliser des techniques que vous maitrisez mal ou pas du tout. Vous formez une équipe et cette équipe doit être complémentaire.

Il est impératif que votre tuteur (référent dans l’entreprise) s’implique dans sa démarche. Si il n’est pas dans une démarche d’encadrement c’est à vous de lui en parler pour éventuellement changer. Tout le monde n’a pas la fibre pédagogique. Durant ce stage c’est à vous d’aller chercher l’info, de poser des questions, de demander à réaliser des gestes et techniques.

En entreprise les ambulanciers ont crée des automatismes qui font qu’on oublie souvent que l’élève en face de soi ne les a pas acquis. d’où l’importance pour l’élève de le rappeler afin d’avoir des techniques décomposées, une analyse de situation avant la prise en charge etc.

Stage en structure de soin : une semaine. Dans un service de l’hôpital, vous serez là pour apprendre et découvrir le fonctionnement du service et de la structure hospitalière, vous serez amené à découvrir le travail des différentes professions. Vous les aiderez au quotidien dans la réalisation de leurs actes. Intégrez vous, intéressez vous et demander à faire des choses. Ne restez pas dans votre coin et ne vous contentez pas de suivre bêtement.

C’est l’occasion d’apprendre beaucoup de choses : voir des examens, des techniques, apprendre la prise de constantes (tension etc), apprendre à mettre en application les pratiques d’ergonomie (durant une toilette, un transfert de lit au fauteuil etc), de poser vos questions à l’équipe médicale, de voir en situation des pathologies diverses, apprendre à communiquer avec les patients (communication verbale et non verbale). La durée est courte il faut donc être attentif aux situations intéressantes. Démontrez votre intérêt ! Un élève introverti sera mis sur le côté… On ne viendra pas forcément vous chercher par la main.

Stage au service d’urgence / SMUR : une semaine. Un des endroits où vous viendrez souvent ! Décryptez le fonctionnement (très important), pareil que pour le stage en structure : c’est l’occasion de voir de nombreuses choses, d’être à même de voir ce qu’il faut faire/ne pas faire : transmissions ambulancier-soignant, transfert des patients, communication etc. Montrez votre intérêt, demandez à participer car on ne viendra pas pour vous prendre par la main.

C’est un endroit passionnant (pour un élève je m’entends) où vous rencontrerez des pathologies, traumatismes que vous n’aurez peut être jamais l’occasion de revoir, mais aussi découvrir l’envers du décor, le détail de la prise en charge médicale (de l’arrivée du patient, à son orientation, la visite du médecin et le retour au domicile ou le déplacement dans un  service de soins).

Ne vous laissez pas enfermer dans un simple rôle de brancardier attention ! Rencontrez l’infirmière d’accueil et suivez avec elle son travail, analysez avec elle les éléments important qui vous seront demandés lorsque vous vous présenterez avec un patient. C’est une mise en situation réelle. Profitez en pour questionner les infirmier(ères), médecins sur vos doutes, questions ou autre lors de certains examens ou pathologies inconnues, sur le but de tel ou tel médicament, gestes, technique. Profitez en pour être curieux même si des éléments ne vous seront pas utile dans votre profession mais au moins utile pour vos connaissances personnelles.

L’évaluation de vos compétences

Au cours de vos stages vous serez systématiquement évalué sur la maitrise ou non de vos compétences. La fiche d’évaluation comporte une grille. Sur cette grille chaque module de formation possède une liste de compétence à acquérir avec une notation qui va de non maitrisé à matrisé en passant par « en cours d’acquisition » etc.

Votre référent de stage évaluera avec les personnels qui vous ont encadré les différents points. A vous donc de faire en sorte avant le stage de faire un bilan de ce que vous devez maitriser ou encore ce qui pose problème. Reste ensuite à travailler sur le sujet et demander à votre encadrement de vous aider à progresser. fixes vous une liste d’objectifs.

Cette évaluation est primoridiale. Elle entre pleinemnt dans la validation finale de votre diplôme donc soyez attentif durant les stages. La durée est courte donc à vous de faire ce qu’il faut pour démontrer votre intérêt et votre maitrise. Il est bien évident logique que suivant la période à laquelle vous serez en stage vous n’aurez pas acquis 100% de vos compétences puisque la formation ne sera pas terminée. Mais pas d’inquiétudes votre équipe de formation saura vous préparer à cela. A vous aussi de rappeler à quel niveau de connaissances vous vous situez.

La validation des modules

Pour la validation des modules c’est propre à l’organisation de chaque institut. Un seul conseil de mise : révisez, pratiquez jusqu’ à ce que chaque geste et technique soient devenus un automatisme. Apprenez la curiosité pour interroger votre patient-collèguequifailavictime. Apprenez à hiérachiser vos bilans jusqu’à ce que ça devienne le geste le plus naturel du monde.Le module règlementation est à part : par coeur ou rien du tout. Lui vous le bossez, vous dormez avec vos cours vous avalez vos fiches bristols si il le faut. C’est du par coeur du début à la fin.

Pas de méthode miracle pour réussir si ce n’est BOSSER ! Et encore vous aurez de la chance si vous loupez une validation vous aurez droit à une séance de rattrapage bande de pistonnés… C’est l’avvantage de cette formation on vous offre une seconde chance de repasser vos modules.

La validation des modules est toujours une période de stress. mais logiquement si vous avez bien suivi les conseils vous aurez tellement mangé de TP que vous aurez normalement commencé à créer des automatismes qui vous faciliteront les choses durant la prise en charge. Seul le module 6 sera validé en entreprise de transport sanitaire puisque son contenu réfère directement à tout ce qui touche à la conduite, code de la route, mécanique de base etc.

La validation du diplôme

Vous avez validé chaque module ? Félicitations mais tout n’est pas encore fini J Non puisque une commission va se réunir au cours de laquelle seront étudiés vos notes acquises lors du passage des modules et d’un bilan de vos compétences issues de vos stages pratiques. Une moyenne sera définie et vous serez ou non Diplômé d’Etat. Pour pouvoir commencer à travailler il vous faudra attendre la remise officielle du diplôme. Sans lui hors de question de poser vos fesses dans une ambulance. Si vous le faites vous serez hors la loi et le patron avec donc on prend des vacances et on attend sagement.

Dénicher un emploi

Si vous vous êtes bien débrouillé, il est possible, je dis bien possible, que l’entreprise où vous avez effectué vos stages vous propose un poste. Donc là en général vous êtes souvent au courant depuis un moment donc bénéfice pour vous. Souvent les entreprises affichent dans les instituts les offres d’emploi. Avec ça le monde de l’ambulance est très très petit.

Les infos circulent vite sur l’entreprise à fuir ou l’entreprise qui respecte l’accord cadre ou encore l’entreprise modèle. Bref je vous invite à bien étudier la question pour ne pas intégrer une entreprise où vous serez déçu en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et vous dégouter simplement de la profession. Informez vous, démarchez avec des cv. Présentez vous en personne et évitez d’envoyer des courriers.

Le démarchage physique est apprécié et il se peut que vous ressortiez du bureau avec un exemplaire de votre futur contrat. Sachez aussi que vous n’êtes pas mariés à l’entreprise et que votre délai de préavis n’est que de huit jours. Donc si vous ne vous intégrez pas où si la politique de l’entreprise ne correspond pas à vos attentes en matière de qualité…

Pour débuter rien ne vaut une entreprise de ville : la charge de travail est différente et plus concentrée mais c’est là aussi où vous serez en mesure de voir le plus de chose très rapidement. Avec tout ça vous avez un avantage : vous êtes géographiquement libre avec votre diplôme en poche : rien ne vous empêche d’aller faire une saison au bord de la mer ou à la montagne, de sillonner la France.

Votre diplôme est valable partout. si vous quittez l’hexagone il vous faudra suivre les formations adaptées à chaque pays puisque nous sommes quand même le parent pauvre des ambulanciers. Le DEA ne vaut rien ailleurs, même pas une équivalence.

Pour conclure

Après ces quatre articles j’ai pu vous faire survoler le cheminement qui vous attend. Je ne vous donnerait pas de dossier pré rempli, je ne me rendrais pas dispo pour vous trouver une place ou autre. Mon but via cette série était de vous présenter ce qui vous attends pour vous donner un ordre d’idée. Maintenant c’est à vous de vous prendre par la main et avec vos petites jambes de vous rendre là où il faut. Bon courage à tous et j’espère vous avoir rassuré, informé, ré-orienté peut être bref, du moment que j’ai su vous apporter un minimum sur la question…

La maman de Camille n’a pas eu le temps d’arriver à la maternité !

La maman de Camille n’a pas eu le temps d’arriver à la maternité !

Une belle anecdote pour les ambulanciers qui ont assuré l’intervention et de beaux souvenirs en perspective. Comme quoi les ambulanciers aussi sont formés à ce genre d’intervention bien que le grand public en doute encore ;=) Toutes mes félicitations aux parents et aux collègues qui étaient sur place :

Samedi, vers 1 h 30, Camille est née… chez elle, au lieu-dit « La Ragotte », à Vallon-en-Sully. L’accouchement s’est passé si vite que sa maman, Elodie Dechatre, n’a pu se rendre à la maternité de Montluçon, à une vingtaine de kilomètres : « J’ai appelé les pompiers pour leur dire que le bébé arrivait, mais comme la poche des eaux n’était pas rompue, ils m’ont dit qu’on avait encore le temps »

C’est finalement une ambulance qui a été envoyée, pour assurer le transport. « Les ambulanciers ont tout de suite vérifié les contractions puis m’ont mise sur le brancard, raconte la jeune maman. Mais on n’a même pas eu le temps de changer de pièce, la tête de ma fille était déjà sortie ! »

L’article dans son intégralité c’est ici : la-maman-de-camille-n-a-pas-eu-le-temps-d-arriver-a-la-maternite

Si les ambulanciers qui étaient sur place me lisent : contactez moi pour raconter cette aventure !

Le brancard cuillère ou civière de relevage

Le brancard cuillère ou civière de relevage

La civière de relevage

Appelée brancard cuillère ou civière scoop est une civière à deux éléments séparables. Réglage en hauteur avec deux verrous situés en haut et en bas du brancard permettant la séparation en deux éléments distinct. Chaque élément possède des lames courbées permettant de cueillir la victime au sol sans la déplacer et donc en respectant un maximum l’axe tête-cou-tronc.

On positionne les deux éléments sur le côté de la victime après avoir réglé la longueur en fonction de la taille du patient. Les lames passent sous la personne puis on réunit chaque extrémité afin de les verrouiller. Il est bien entendu évident qu’il faut être prudent pour ne pas pincer les vêtements ou les parties charnues.

Chaque équipier se positionne à la tête et au pied du brancard et peuvent donc soulever l’ensemble par les bords permettant une bonne prise. Ainsi une fois installée et sanglée la victime peut être déposé sur le Matelas Immobilisateur à Dépression en toute sécurité. On pratiquera l’opération inverse une fois terminé : déverouillage du brancard en haut et en bas et retrait des deux éléments qui vont glisser très facilement vu le profilage des lames

Le brancard cuillère ou civière de relevage
Le brancard cuillère ou civière de relevage

Utilité du brancard cuillère

Ce type de brancard sert dans de nombreux cas : relevage, endroit difficile d’accès pour un brancard traditionnel, victime dans une position complexe à extraire. Le second point est que c’est utilisable par un équipage de deux ambulanciers sans risque de déplacer la victime et de prendre des risques supplémentaires en cas de suspicion de traumatisme du rachis. La matière alu/ fibre ou autre permet une désinfection de l’ensemble de façon pratique et rapide. Ce brancard est utilisé dans de nombreux pays où les équipage d’ambulanciers travaillent en binôme.

Mon avis sur le brancard cuillère

Je l’utilise de façon quasi systématique au quotidien si la situation le permet : pratique, rapide à mettre en oeuvre, sécurisée c’est un outil indispensable et surtout obligatoire dans les ASSU. ce que j’ai pu constater : beaucoup de mes collègues plus anciens ne savent pas s’en servir et donc ne l’utilisent pas. Pourquoi ? tout simplement cette méthode de relevage n’était pas forcément enseigné auparavant et sa présence obligatoire dans une ambulance reste assez récente.

Un outil indispensable pour les ambulanciers et… le patient

Je n’hésite donc pas même si je suis plus jeune d’expérience à expliquer et guider mes collègues pour la mise en place de ce système. En règle générale l’essayer c’est l’adopter. Ce brancard m’a sorti de la m… un paquet de fois comme cet exemple : extraction d’une victime avec trauma de type col du fémur, algique +++, allongée dans un lit complètement défoncé et surtout dans un environnement totalement insalubre…

La victime est “enfoncée”dans le matelas, les conditions d’hygiène assurément douteuses (un truc de malade même !). Accès du brancard quasi impossible au vu de l’encombrement et de la configuration des locaux. La cuillère nous a bien aidé.

Bon j’ai explosé les lattes du lit mangé par les vers en montant dessus mais il n’était pas de première jeunesse non plus. On a eu une franche rigolade après quand même… Reste que l’extraction a été rapide, facilitée par la taille étroite de ce type de civière au passage de la porte et pour circuler dans la maison étroite. On a donc pu déposer en toute sécurité la patiente sur le coquille et la techniquer sans la faire souffrir…

Le brancard cuillère ou civière de relevage

LA FORCE C’EST BIEN, SAVOIR MASSER C’EST MIEUX !

Vidéo Réalisée par les stagiaires et l’équipe pédagogique de l’institut de formation d’ambulancier de la Croix-Rouge française d’Ile-de-France. Thème d’une importance vitale : le massage cardio-respiratoire peut sauver des vies. Faites du zèle et n’hésitez pas à recommander à vos proches d’apprendre les gestes de premiers secours. Ce n’est pas très long et ça peut surtout sauver des vies.

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

L’ambulancier face à l’urgence diabétique

Urgence diabétique : présentation

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Les urgences diabétiques représentent une part appréciable des appels aux services d’ambulance.  Nous en réviserons donc le processus ainsi que les signes et symptômes, et nous terminerons avec l’intervention préhospitalière appropriée lors d’un épisode diabétique.  Le diabète auquel nous nous intéresserons dans cet article est le diabetes melitus, ou diabète sucré.  D’autres formes de diabète existent, dont le diabète insipide.  Le diabète sucré est le seul où la glycémie du patient peut présenter un problème.

D’un côté physiologique, ce sont deux hormones qui sont responsables de maintenir la glycémie dans les limites acceptables selon les besoins.  Le glucagon est une hormone hyperglycémiante sécrétée par les cellules alpha des ilots de Langherans du pancréas.  Le glucagon va favoriser la libération de glucose dans le sang en activant la néoglycogénèse hépatique.  Autrement dit, le glucagon va provoquer la sortie des réserves de glucose du foie.

L’insuline, sécrétée par les cellules bêta des ilots de Langherans, a de son côté a deux rôles distincts.  Premièrement, elle provoque la mise en réserve du glucose dans le foie, étant donc antagoniste au glucagon à ce niveau.  De plus, l’insuline est nécessaire pour faire pénétrer le glucose dans la plupart des cellules.  Une exception notoire à ce phénomène est la cellule cérébrale, qui peut assimiler le glucose sans avoir recours à l’insuline.  Ce détail prendra toute son importance dans la prochaine section.

Lors d’un effort physique ou d’un stress le glucagon est libéré, entraînant donc une augmentation de la glycémie afin de « nourrir » correctement les muscles en énergie.  De même, lors de la digestion, l’insuline veillera à entreposer des réserves de glucose dans le foie.

Hypoglycémie, hyperglycémie…

Les signes et symptômes de l’hypoglycémie et de l’hyperglycémie peuvent facilement être confondus si l’on n’y porte pas une attention suffisante.  En effet, dans les deux cas le patient pourra présenter de la polyurie et de la  polydipsie, une grande fatigue et même de l’apathie.  Cependant, certains signes plus subtils nous permettent d’identifier plus précisément le trouble auquel nous sommes confrontés dans notre pratique préhospitalière.

Lors de l’hypoglycémie le corps entier manque de glucose, y compris le cerveau.  Le cerveau n’ayant pas besoin d’insuline pour assimiler le glucose, ce sera un des derniers organes à montrer des signes d’hypoglycémie.  Le signe le plus marquant de l’hypoglycémie cérébrale est l’altération du niveau de conscience. 

Le patient sera de plus en plus somnolent, pour éventuellement sombrer dans l’inconscience.  Mais avant l’altération du niveau de conscience, on pourrait observer des tremblements, une peau pâle, moite et froide, de la confusion, des étourdissements, une grande fatigue physique ou un épuisement.  Ces signes sont dus au fait que tous les tissus du corps manquent de glucose. 

Ils n’ont donc plus d’énergie pour fonctionner convenablement.  Et comme l’encéphale continue de son côté à assimiler le glucose jusqu’à ce qu’il disparaisse presque complètement, l’état de conscience du patient sera le dernier paramètre à être altéré.

Pour l’hyperglycémie, le problème n’est pas le manque de glucose mais plutôt le manque d’insuline.  Le sang est donc très « sucré », mais les cellules ne peuvent pas assimiler ce glucose.  Les cellules sont donc hypoglycémiques, même si le sang est très chargé en sucre.  Et le glucose étant une grosse molécule comparativement aux autres composantes du sang, il aura un effet direct sur l’osmolarité sanguine. 

Le sang devenant plus « épais » nous pourrons observer une augmentation de la soif, puisque le système voudrait bien diluer un peu ce sang afin qu’il circule plus facilement.  De même, du fluide sera récupéré de l’espace interstitiel, ce qui entraînera une déshydratation cellulaire qui augmentera la sensation de soif.  Les cellules manquant de glucose enverront donc des messages au cerveau afin de faire libérer encore plus de glucose dans le sang, en utilisant les réserves de tissus adipeux.  Une cellule adipeuse peut libérer rapidement ces réserves de glucose, mais avec un prix à payer.

Ce prix est la libération simultanée de corps cétoniques volatiles, qui sont acides.  Le pH sanguin va donc diminuer, le sang devenant plus acide.  L’acidose sanguine entraîne un état d’agressivité et de confusion chez le patient hyperglycémique.  De plus, les corps cétoniques sont évacués par la ventilation, ce qui contribue à donner une haleine fruitée au patient. 

Nous nous retrouvons donc devant un patient agressif et confus, ayant une peau rouge et tiède/chaude et présentant une haleine fruitée.  Vous aurez compris que ce patient a toutes les chances du monde de passer pour un individu en état d’ébriété avancé, alors qu’il a un problème glycémique majeur, pouvant le mener au coma, puis au décès.  La dernière phase de l’hyperglycémie est en effet un coma profond, souvent suivi de convulsions et du décès du patient si l’état n’est pas traité rapidement.

Traitement de l’urgence diabétique

Donc, comment traiter un patient souffrant d’un trouble diabétique ?  Il est plus facile de faire le bon traitement si l’on sait de quel côté de la glycémie se trouve le patient.  Un patient hypoglycémique a besoin de glucose pour rétablir sa glycémie et alimenter correctement ses tissus en énergie ; alors qu’un patient hyperglycémique devrait recevoir rapidement un hypoglycémiant afin de faire entrer le glucose sanguin dans les tissus.

Une bonne observation du patient est donc une phase cruciale de l’intervention auprès du patient diabétique dans un contexte préhospitalier.  Un patient pâle et diaphorétique, confus et somnolent a de fortes chances d’être hypoglycémique.  Cette suspicion peut être facilement confirmée par l’obtention d’une glycémie capillaire, qui nous indique la valeur exacte de la glycémie du patient.  Si l’on soupçonne une hypoglycémie, il convient de fournir du glucose au patient. 

La première méthode, si l’état de conscience du patient le permet, consiste à lui faire manger (ou boire) une substance sucrée.  L’idéal, pour éviter les hypoglycémies secondaires, est d’utiliser une combinaison de sucres rapides et de sucres lents.  Par exemple, une tartine (l’amidon présent dans le pain est un sucre lent) accompagnée d’un jus d’orange ou de pomme (le fructose est un sucre intermédiaire) auquel on aura ajouté une ou deux cuiller à café de sucre blanc (le glucose est un sucre rapide). 

Certains composés sucrés sont aussi proposés par les compagnies pharmaceutiques pour traiter les épisodes hypoglycémiques.  Ces composés ont l’avantage d’avoir été conditionnés pour être facilement transportables et disponibles en cas de besoin.  Il peut s’agir d’un gel dans un tube, ou de comprimés à mastiquer.

Si le patient n’est pas en mesure de protéger adéquatement ses voies respiratoires ou que son état de conscience est tellement altéré qu’il n’avalerait même pas des substances sucrées insérées dans sa bouche, l’intervenant préhospitalier doit envisager des méthodes plus invasives.  La première est l’administration de glucagon intramusculaire ou sous-cutané. 

Le glucagon faisant en sorte que le glucose mis en réserve dans le foie en est extrait, la glycémie du patient devrait remonter.  La faiblesse du traitement au glucagon est que si les réserves hépatiques sont épuisées, le glucagon ne servira à rien.  Les paramédics de niveau avancés ont dans leur arsenal un autre composé.  Il s’agit du D50W IV.  Autrement dit, un composé composé à 50% de dextrose à administrer directement dans la veine du patient.

Les effets de ce traitement, qui consiste donc à injecter directement une substance sucrée dans la circulation du patient, sont spectaculairement rapides et ne dépendent aucunement de la présence ou non de réserves de glucose dans le patient.  Un patient peut être en plein délire, pour reprendre tout à coups contact avec la réalité dans les secondes qui suivent l’administration du dextrose. 

Malheureusement, cette intervention nécessite absolument une cathéterisation d’une veine.  En effet, si le dextrose se retrouve dans le milieu interstitiel il y aura nécrose des cellules environnantes.  De même, si le patient reçoit trop de dextrose, il peut développer un œdème cérébral fatal.

Considérons maintenant le traitement de l’hyperglycémie.  Le premier défi consiste à identifier correctement l’état hyperglycémique, qui peut facilement passer pour une intoxication alcoolique.  Chez un patient coopératif, l’obtention d’une glycémie capillaire est toujours le moyen le plus simple et le plus fiable de déterminer exactement l’état du patient. 

Et ce n’est pas parce qu’un patient a bu qu’il ne peut pas être diabétique.  Une histoire récente de consommation alcoolique ne nous permet donc pas d’écarter un épisode hyperglycémique.  Outre l’identification précise du problème et le transport rapide au centre hospitalier, il n’existe pas d’autres traitements préhospitaliers. 

Le patient devrait normalement recevoir une forte dose d’hypoglycémiant, notamment de l’insuline, qui doit être soigneusement dosée en fonction de la glycémie du patient, mais aussi en fonction de sa corpulence.  Il est donc préférable que cette intervention se déroule en milieu hospitalier.

En conclusion

En terminant, j’aimerais vous rappeler que les signes et symptômes, surtout neurologiques,  d’un épisode diabétique peuvent fortement ressembler à un accident vasculaire cérébral.  Il est donc important de s’assurer que notre patient qui semble diabétique ne soit pas en fait en train de subir une attaque cérébrale.  De même, un patient présentant des signes d’AVC devrait toujours être évalués pour un problème diabétique.

Paramédicalement

Sébastien Gagnon, ACP
Paramédic en Soins Avancés

Note du webm@ster : article à caractère informatif, n’oubliez pas les limites de votre champ de compétences ! ! ! 

L’ambulancier et l’anamnèse du patient

L’ambulancier et l’anamnèse du patient

L’anamnèse du patient : une étape cruciale de l’intervention préhospitalière

Alors que l’évaluation primaire (le bilan) vise à découvrir des urgences vitales, l’évaluation secondaire nous permet de détecter d’autres troubles.  Ces troubles peuvent être bénins ou graves, voire mortels dans un futur proche.  L’évaluation secondaire se fait généralement en trois étapes, qui seront développées ici. Le questionnaire est une étape très importante dans l’évaluation secondaire du patient. 

Il permet de faire un bilan rapide de l’état de santé habituel du patient, ainsi que la raison pour laquelle il a fait appel aux services médicaux d’urgence.  Deux acronymes aide-mémoires peuvent être utilisés.  Il est à noter que l’ordre des étapes n’a pas vraiment d’importance, tant que toutes les questions sont posées et qu’on arrive à obtenir les réponses de la part du patient ou de sa famille.

Le premier acronyme est « SAMPLE » (qui signifie « échantillon » en anglais)

  • S    Signes et symptômes (on peut se référer au « OPPQRRRST » pour cette étape) ;
  • A    Allergies connues, surtout médicamenteuses, mais aussi à certaines substances comme l’iode, à certains aliments, mais aussi à certains animaux si cela peut avoir un rôle à jouer avec la nature de l’appel
  • M    Médicaments utilisés par le patient, sur une base régulière.  Notez que l’on s’intéressera autant aux médicaments sous prescription que ceux en vente libre, de même qu’aux produits naturels, homéopathiques, vitamines, etc…
  • P    Passé médical, un résumé des problèmes médicaux déjà connu chez le patient.  Il est important de s’en tenir à ce qui est le plus pertinent.  Une appendicectomie datant de 1963 n’est sûrement pas d’une importance critique dans l’état du patient.  Par contre, une hospitalisation récente l’est beaucoup plus.
  • L    Lunch (Last oral intake – Dernier repas ingéré).  Quand est-ce que le patient a mangé/bu pour la dernière fois.  Est-ce un aliment habituel, est-ce que les autres personnes qui l’ont mangé ont les mêmes signes et symptômes, est-ce que l’on pourrait faire face à une allergie alimentaire.
  • E    Événement ayant précédé l’urgence.  Est-ce que le patient faisait une activité quelconque avant le début des symptômes. Est-ce que cette activité peut être reliée au problème ?

OPQRST

Le second acronyme nous permet d’approfondir notre bilan à propos de la raison de l’appel.  Nous irons chercher les informations pertinentes au niveau de la plainte principale, des signes et symptômes du patient.  Nous utiliserons le « OPPQRRRST ».

  • O    Onset – Début de l’épisode.  S’agit-il d’un commencement soudain, graduel, présent depuis plusieurs jours, quelques minutes, est-ce que la douleur l’a réveillé, etc.
  • P    Provocation – Qu’est-ce qui a provoqué l’apparition des symptômes.  Est-ce que le patient faisait un effort ou était au repos, etc.
  • P    Palliatif – Est-ce que le patient peut atténuer la douleur en changeant de position, en se reposant, en marchant, etc.
  • Q    Qualification de la douleur – S’agit-il d’un brûlement, d’un serrement, d’un coup de poignard.  Comment le patient décrit-il sa douleur.
  • R    Région – Dans quelle région du corps la douleur est-elle apparue, où est-elle ressentie le plus vivement.
  • R    Référence – Est-ce que la douleur principale est référée ailleurs dans le corps.
  • R    Récurrence – Est-ce le premier épisode ? Est-ce que le patient a déjà ressenti une douleur comparable ?
  • S    Sévérité – Demandez au patient d’indiquer la sévérité de sa douleur sur une échelle de 1 à 10, 1 représentant un état sans douleur et 10 représentant la pire douleur possible.  Notez que puisqu’il s’agit d’une échelle strictement subjective, son utilité est limitée à voir dans quelle mesure les traitements effectués soulagent le patient.
  • T    Temps – Depuis combien de temps la douleur est-elle présente ?

Ces deux acronymes permettent d’établir un bilan de santé global et de circonscrire et d’identifier rapidement le problème du patient.

Seconde étape : mesure des signes vitaux

La deuxième étape de l’évaluation secondaire porte sur la mesure (et la consignation) des signes vitaux.  Pour mémoire, ceux-ci comprennent :

  •  La fréquence cardiaque (indicateur de l’hémodynamie) ;
  • Le niveau de conscience du patient (indicateur des fonctions cérébrales) ;
  • La fréquence ventilatoire (indicateur de la qualité des échanges gazeux) ;
  • La pression artérielle (indicateur de la perfusion) ;
  • La température basale (indicateur de l’homéostasie) ;
  • Les pupilles (indicateur de l’état neurologique central) ;
  • L’oxymétrie ou la saturométrie (indicateur de l’oxygénation) ;
  • La couleur et la texture de la peau (indicateur de l’état général du patient) ;
  • La glycémie capillaire ;
  • L’obtention d’un ECG, qui permet de reconnaître certains troubles du rythme cardiaque.

Tous ces paramètres peuvent être évalués avec différents appareils et techniques, et permettent souvent de confirmer ou d’infirmer le diagnostic provisoire.  Par exemple, un patient étant dans un état léthargique et qui présente une glycémie capillaire basse souffre probablement d’un épisode hypoglycémique, facile à gérer pour l’intervenant préhospitalier.

La dernière partie de l’évaluation secondaire est une évaluation spécifique du ou des systèmes affectés.  Il faut donc orienter le questionnaire vers la confirmation ou l’infirmation du problème soupçonné.  Par exemple, pour un patient souffrant de douleur thoracique, il faudrait faire une évaluation exhaustive du système cardio-vasculaire et du système ventilatoire.  De même, une altération du niveau de conscience demande une évaluation neurologique, mais aussi un questionnement sur la prise de drogues, une mesure de la glycémie sanguine, etc.

Une bonne évaluation secondaire permet à l’intervenant préhospitalier de mieux répondre aux besoins de son patient.  Il pourra ainsi favoriser la meilleure prise en charge possible, et par là même un meilleur rétablissement éventuel.

Evaluation continue

Reste ensuite l’évaluation continue pendant l’intervention et le transport.  Chez un patient instable, la prise de signes vitaux (surtout le pouls, la ventilation et la pression artérielle) devrait être faite à intervalles de 2-3 minutes pour être capable de détecter rapidement un changement dans l’état du patient.  On peut naturellement adapter ce délai selon la condition du patient.  Néanmoins, même en présence d’un patient très stable, une bonne évaluation globale (signes vitaux, changements dans la condition) devrait être faite toutes les 10 minutes jusqu’au transfert de responsabilité au personnel médical.

Sébastien GAGNON, Paramedic en soins avancés. Canada.

anamnèse - patient - ambulanicer : le site de référence
AMLS – Advanced Medical Life Support

Choc : physiopathologie

Le choc : définition

Le choc est une condition qui met la vie du patient en danger. Lors d’une attaque cardiaque, d’un traumatisme massif, d’une septicémie ou encore d’une réaction anaphylactique, c’est le choc qui va finir par tuer le patient.  L’intervenant préhospitalier peut amenuiser l’impact du choc sur le patient, à condition d’en reconnaître les signes et symptômes précoces.  Nous réviserons donc la physiopathologie du choc. Les autres aspects seront abordés dans des articles subséquents.

Préambule :

De l’importance de la tension artérielle. La pression artérielle mesure plusieurs paramètres. La pression artérielle systolique mesure la force exercée sur le sang par le ventricule gauche. Elle est un indicateur direct du travail du cœur. La pression diastolique de son côté nous renseigne plutôt sur l’état des vaisseaux sanguins, puisque c’est la pression qu’ils exercent sur le sang. C’est la pression diastolique qui permet le retour sanguin au cœur ; c’est donc dire que le débit cardiaque dépend directement de la pression diastolique.

Un autre paramètre dépend des pressions systolique et diastolique. Il s’agit de la pression artérielle moyenne (PAM). La PAM est aussi connue sous le nom de pression de perfusion. C’est en effet grâce à cette pression que l’O2 et les nutriments peuvent quitter le milieu vasculaire pour se retrouver dans le milieu interstitiel.  Pour que ces déplacements puissent se faire normalement, il faut que la PAM soit de 60 mmHg au minimum. En deçà de cette valeur, l’O2 ne traverse plus la paroi des capillaires, et les tissus ne sont plus perfusés. (Pour mémoire, la PAM est calculée en additionnant un tiers de la PA systolique et deux tiers de la PA diastolique).

Le corps humain réagit donc immédiatement lorsqu’il sent une diminution de la PAM.  Une baisse marquée de la PAM va déclencher un choc.  Nous verrons plus bas les causes du choc, classées selon le facteur qui entraîne la baisse de la PAM.

Déroulement du choc

Le choc commence par une baisse de pression artérielle, qui va entraîner une diminution de la perfusion tissulaire (PAM, passage de l’O2 des artérioles vers le milieu interstitiel). Pour que la perfusion tissulaire se fasse de façon convenable, il faut que trois conditions soient satisfaites :

  • Un cœur assurant adéquatement ses fonctions ;
  • Une quantité de sang adéquate dans les vaisseaux sanguins ;
  • Des vaisseaux sanguins en bon état.

Il suffit que l’un de ces items soit affecté pour déclencher un choc. Nous verrons les types de choc selon le système affecté.

Les types de chocs

  • Les chocs dus à une défaillance de la pompe : Il y a deux types de choc qui sont dus à une défaillance de la pompe.
    • La première concerne le cœur lui-même. On parle alors de choc cardiogénique, puisque le problème est le cœur, et qu’un nouveau cœur règlerait le problème. Une grande zone du myocarde qui est infarctée et qui entrave les contractions normales, ou encore une défaillance majeure des valves cardiaques sont des exemples de conditions qui conduisent à un choc cardiogénique. L’infarctus du myocarde est la cause la plus fréquente et la plus observée du choc cardiogénique.
  • La deuxième atteint la capacité du cœur à se contracter efficacement, mais par une contrainte mécanique externe au muscle cardiaque. Par exemple, un mécanicien qui est coincé sous une voiture et qui a le thorax compressé va développer très rapidement un choc obstructif. La tamponnade péricardique ou le pneumothorax sous tension sont aussi des causes de choc obstructif.

Un cœur malade ou entravé n’est pas en mesure de pomper adéquatement le sang vers l’ensemble des tissus. Le débit cardiaque est diminué, et la pression artérielle en dépend directement. Donc, la pression artérielle va baisser, et déclencher le choc.

  • Les chocs dus à une perte de liquide dans les vaisseaux sanguins. Ici aussi, deux types de choc peuvent être observés :
    • Le choc hypovolémique implique une perte de fluide corporel, peu importe la cause (vomissements, diarrhées, déshydratation, brûlures étendues, etc.). Dans ce type de choc, les cellules perdent leur liquide, il vont donc aller en chercher dans le milieu interstitiel (autour des cellules), qui va à son tour aller en chercher dans les vaisseaux sanguins. Le sang, composé à environ 70% d’eau, va en perdre une bonne partie au profit du milieu interstitiel. Le volume sanguin va donc diminuer.
    • Le choc hémorragique, comme son nom l’indique, implique une perte de sang complet. L’hémorragie peut être interne, externe ou occulte, cela ne fait aucune différence. Il n’en demeure pas moins que la quantité totale de sang est diminuée.

 Notre corps ne contient pas assez de sang pour perfuser tous les tissus à la fois. Il y a donc une perfusion sélective qui contrôle la quantité de sang envoyée aux différents tissus selon les besoins. Une perte de volume sanguin va donc faire baisser la pression artérielle dans le corps, puisque les réserves de liquides sont très restreintes et difficilement accessibles.

  • Les chocs qui atteignent les vaisseaux sanguins. Une dilatation subite des vaisseaux sanguins entraîne une diminution de la pression artérielle tout aussi subite. De même, l’augmentation de la perméabilité des capillaires va laisser passer plus de fluides vers le milieu interstitiel. Plusieurs chocs sont classés dans la catégorie des chocs vasogéniques ou distributifs.
    • Les chocs neurogénique et spinal découlent directement de la perte de l’influx nerveux commandant les contractions des vaisseaux sanguins. Lorsqu’aucun influx nerveux ne parvient aux vaisseaux, ceux-ci se relâchent automatiquement.  Lors d’un choc neurogénique, le problème vient de l’encéphale lui-même.  Il n’est alors plus en mesure d’envoyer ses influx. Une commotion cérébrale, un traumatisme crânien, une tumeur ou l’œdème cérébral sont tous des causes de choc neurogénique. Dans le cas du choc spinal, c’est la compression ou la rupture du rachis qui est en cause. L’influx nerveux est donc bien généré au niveau de l’encéphale, mais sa transmission est bloquée par la blessure du rachis, qui n’est plus en mesure de transmettre le message aux vaisseaux cibles.
  • Les chocs toxique et septique, qui sont causés par des infections du sang (septicémie) ou des toxines (toxémie), provoquent une vasodilatation généralisée de même que l’augmentation de la perméabilité des capillaires. C’est une conséquence du relâchement des médiateurs inflammatoires dans le sang.  Dans ces deux cas, en plus de la vasodilatation, on observe un déplacement de fluides du milieu vasculaire vers le milieu interstitiel.
  • Le choc anaphylactique, en réponse à une allergie, va provoquer la même séquence de vasodilatation et d’augmentation de la perméabilité que les chocs précédents. En plus, l’œdème des voies respiratoires peut entraîner une hypoxie qui va empirer et accélérer la cascade du choc.
  • Pour les chocs distributifs, on observe une hypovolémie relative puisque le volume total des vaisseaux sanguins augmente rapidement d’une part; et qu’une quantité appréciable de fluides va migrer vers le milieu interstitiel, d’autre part.

La présence d’un seul ou d’une combinaison de ces phénomènes va entraîner une diminution de la pression artérielle. Le corps a des mécanismes de compensation pour pallier à cette chute. Ces mécanismes sont toujours les mêmes, peu importe l’étiologie du choc en question.

Tous ces mécanismes compensatoires visent le rétablissement de la pression artérielle, et certains tissus seront sacrifiés dans cette bataille. Nous verrons les mécanismes de compensation, les signes et symptômes et les traitements spécifiques dans des articles subséquents.

tension artérielle - choc - physiopathologie
Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

Traitement de l’asthme en pré-hospitalier

L’asthme c’est quoi ?

L’asthme est une affection communément rencontrée dans un contexte préhospitalier. Nous réviserons la pathophysiologie de l’asthme, ses signes et symptômes, et les traitements appropriés. L’asthme peut être due à différents facteurs comme la pollution environnementale, les allergies, l’effort physique ou une combinaison.  On peut aussi retrouver différents degrés selon lesquels les patients seront affectés par leur maladie. Certains contrôlent très bien leur asthme au moyen de leur médication et peuvent mener une vie presque normale, alors que d’autres seront très handicapés par leur condition, au point d’être hospitalisés à de nombreuses reprises pour arriver à contrôler les symptômes. L’asthme est une maladie chronique qui peut être contrôlée mais non guérie. Certains patients qui sont asthmatiques pendant leur petite enfance peuvent voir leur asthme disparaître à l’adolescence, puis réapparaître à l’âge adulte, alors que d’autres auront des symptômes persistants tout au long de leur vie.

Pour décrire la crise ou l’attaque d’asthme, il faut comprendre que la lumière bronchique (et donc le passage de l’air) est fortement diminuée par 3 facteurs. L’inflammation des muqueuses qui tapissent l’intérieur de la bronche, combinée à la bronchoconstriction et à la surproduction de mucus fait en sorte que le passage de l’air est très difficile non seulement lors de l’inspiration, mais aussi lors de l’expiration. C’est cette difficulté à expirer qui fait qu’un asthmatique chronique aura tendance à expirer avec les lèvres pincées et qu’il développera un thorax dit « en tonneau ».

La personne en crise asthmatique peut se reconnaître à certains signes, le premier étant une dyspnée modérée à sévère accompagnée ou non de sibilances ou de toux. La position du patient peut aussi être un bon indicateur.  Le patient en crise asthmatique aura tendance à adopter une position assise (il tolère très mal la position couchée) ou une position où il est penché vers l’avant, avec les bras appuyés sur une surface dure comme une chaise ou une table.  Cette position facilite la ventilation en permettant une meilleure expansion thoracique.

Les sibilances (wheezing) sont un signe presque certain de constriction des bronches. Ils peuvent cependant être observés chez les patients présentant une obstruction partielle des voies ventilatoires. Le stridor est un autre son respiratoire, mais son origine est plus haute dans l’arbre trachéo-bronchique. Alors que les sibilances viennent des bronches et des bronchioles le stridor, quant à lui, vient plutôt de la trachée et du larynx, incluant les cordes vocales. Les sibilances peuvent être entendues seulement lors de l’auscultation ventilatoire, ou encore à l’approche du patient, sans devoir procéder à l’auscultation. Il peut être inspiratoire, expiratoire, ou les deux.  C’est le signe le plus commun de la crise asthmatique. Par contre, son absence ou sa présence ne devrait pas être considérée comme un point de décision absolu dans le traitement. En effet, en cas de bronchoconstriction très sévère, les sibilances peuvent être absentes. Il y a donc d’autres signes et symptômes à considérer.

Outre la position du patient et la présence (ou absence) de sibilance, il y a aussi lieu de considérer l’état général du patient, la couleur et la texture de sa peau, son niveau d’activité et d’orientation et, si disponible, sa saturométrie.

Le problème réel du patient asthmatique n’est pas seulement son incapacité à faire entrer l’oxygène dans ses poumons, mais aussi à faire sortir le dioxyde de carbone de son sang. La mauvaise oxygénation peut entraîner la cyanose (d’abord périphérique puis centrale) et la position tripode. L’accumulation de CO2 dans le sang peut entraîner l’acidose, ce qui causera éventuellement de la faiblesse, de la confusion, de l’apathie et éventuellement de l’inconscience.

Les efforts ventilatoires du patient pourraient éventuellement déclencher l’utilisation des muscles accessoires de la ventilation, ce qui se entraînera le tirage intercostal et/ou sous-diaphragmatique, de même que l’utilisation des muscles sterno-mastoïdiens. Chez le jeune enfant, on pourrait aussi observer le battement des ailes du nez.

Prise en charge ambulancière

La prise en charge préhospitalière de la crise d’asthme implique autant une évaluation précise de la condition du patient qu’un traitement adéquat de sa crise. Outre les questions habituelles (OPQRST-SAMPLE), il serait pertinent de s’enquérir du niveau de dyspnée du patient, tout en étant attentif à sa façon de s’exprimer.  En effet, un patient qui est dyspnéique au point de ne pouvoir dire que 2 ou 3 mots entre chaque ventilation est dans un état extrêmement sérieux, voir critique.  Aussi, les informations sur les crises précédentes sont très pertinentes.  Si le patient a été intubé ou hospitalisé longuement suite à une crise, on peut s’attendre à ce que son état soit difficile à gérer.  Enfin, la saturométrie (ou oxymétrie de pouls, SPO2) peut donner une bonne indication mais n’est cependant pas un critère diagnostic absolu.  Obtenir rapidement une saturométrie sur les lieux, pour ensuite la comparer avec la valeur obtenue une fois les traitements initiés peut être utile, mais n’est pas essentiel.  De même, il n’y a pas de valeur de saturométrie établie pour indiquer la gravité de l’état du patient.  Certains patients ont des SPO2 moins élevées à cause de conditions médicales pré-existantes, notamment les patients souffrant de troubles ventilatoires chroniques.

Au chevet du patient, il sera important d’administrer rapidement de l’oxygène à haute concentration au patient dans les délais les plus brefs. Puisque ce patient est potentiellement hypoxique, l’oxygène d’appoint ne peut que l’aider. Et ceci est vrai même dans le cas d’un patient atteint d’un trouble ventilatoire chronique (Bronchopneumopatie Obstructive Chronique – BPOC, notamment l’emphysème, la bronchite chronique et la pneumonie). En effet, même si ces patients peuvent éventuellement subir un arrêt ventilatoire suite à l’administration d’oxygène supplémentaire (à cause du stimuli hypoxique), cette conséquence est tardive et prend quelques heures à s’installer.

Outre l’oxygène d’appoint, la position semi-assise ou assise est très nettement préférable à la position couchée. En effet, la position couchée met une contrainte supplémentaire sur l’expansion thoracique, et donc sur les mouvements ventilatoires.  Un patient présentant une dyspnée sévère, quelle qu’en soit la cause, ne devrait jamais être couché.  D’ailleurs, demander au patient dans quelle position il dort peut aussi être un bon indice. Un patient qui doit dormir assis dans un fauteuil ou avec de nombreux oreillers pour garder une position semi-assise indique un trouble plus sévère et potentiellement plus difficile à gérer.

La ventilation à pression positive peut aussi être envisagée, surtout dans les cas de crise asthmatique très grave. Un patient présentant une forte diminution de ses mouvements ventilatoires, pouvant être accompagnée par une altération de l’état de conscience, par une cyanose centrale, une diaphorèse profuse et une diminution ou une absence des sons ventilatoires à l’auscultation. Il faut cependant être prudent lors des ventilations à pression positive, afin d’éviter de provoquer un pneumothorax.  En effet, l’air entre difficilement dans les poumons, mais en ressort aussi difficilement.  Une légère pression sur le thorax lors de l’expiration peut même être bénéfique.

Évidemment, la médication reste la meilleure façon de stabiliser le patient. Un bronchodilatateur à action rapide, comme le salbutamol, est indiqué dès le début des symptômes. Son effet sur les récepteurs adrénergiques β2 provoque la relaxation des muscles bronchiques, réduisant ainsi le bronchospasme. Dans les cas plus graves, l’épinéphrine peut aussi être considérée, encore là pour l’effet sur les mêmes récepteurs, mais de façon beaucoup plus efficace.

Rédigé par : Sébastien Gagnon, ACP, AEMCA, TA-P Paramédic en Soins Avancés. Canada.

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

L’ambulancier et les positions d’attente et de transport

Je vous partage un article vraiment très intéressant et surtout important dans le cadre de la profession : l’ambulancier et les positions de transport. Une thématique qui nous concerne en particulier et qu’il est important de comprendre. En effet suivant la pathologie, les traumatismes une attention particulière devra être apportée.

Positions d’attente : justifications physiopathologiques et principales indications

FDNY

L’installation d’une victime en position d’attente et de transport poursuit un double but : disposer le patient dans une posture qui vise à obtenir des conditions susceptibles de préserver ou d’améliorer ses fonctions vitales (conscience, état ventilatoire, état circulatoire), tout en veillant à ne pas aggraver d’éventuelles lésions traumatiques associées. Nous nous proposons de rappeler brièvement les indications de ces positions ainsi que les grandes lignes de leurs justifications physiopathologiques. 

Lors de l’abord d’une victime, une des premières questions à se poser est la suivante : “La position spontanément adoptée par le patient est-elle celle la mieux adaptée à son état ?” En cas de réponse négative, il convient d’estimer le rapport bénéfice/risque d’un éventuel changement de position. Si cette mobilisation ne pose généralement pas de problème dans le cadre des urgences médicales, il n’en est pas de même en traumatologie.

Dans ce contexte, la hantise d’une lésion rachidienne imposera l’emploi de règles strictes de manutention (avec parfois plusieurs secouristes), seules garantes du respect de la rectitude de l’axe tête-cou-tronc. Une victime consciente aura, le plus souvent, tendance à adopter spontanément la posture dans laquelle elle se sent le mieux. Cette position sera généralement à respecter, à condition qu’elle soit en accord avec les grands principes que nous allons rappeler ici. Pour des raisons didactiques, il est pratique de classer les positions d’attente en quatre grandes catégories :

  • les positions dérivées du décubitus dorsal,
  • les positions dérivées du décubitus latéral,
  • les positions dérivées de la position assise et
  • le cas particulier du décubitus ventral.

Les techniques spécifiques qui permettent d’installer le patient dans l’une ou l’autre de ces positions sont réputées acquises par les médecins et les secouristes. Elles ne seront donc pas détaillées ici.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Décubitus dorsal, à plat dos strict

La position à plat dos strict est indiquée chez tout patient en arrêt respiratoire ou cardio-respiratoire. Elle permet la réalisation des manœuvres de réanimation cardio pulmonaire de base (libération des voies aériennes, ventilation, massage cardiaque externe) ainsi que les gestes de réanimation spécialisée (choc électrique externe, intubation, abord veineux périphérique).

Elle favorise la restauration d’un débit sanguin cérébral lors du Massage Cardiaque Externe. Elle limite le risque d’hypo débit cérébral sans s’opposer au retour veineux.

Décubitus dorsal, membres inférieurs relevés

Le décubitus dorsal avec surélévation des membres inférieurs est indiqué chez toute victime consciente présentant une hémorragie abondante (interne, externe ou extériorisée) ainsi que devant la constatation de signes d’hypovolémie sévère (collapsus, tachycardie ou bradycardie paradoxale, temps de recoloration cutané allongé, troubles de la conscience…).

Dans le cas particulier de l’hémorragie extériorisée, les mesures d’urgence visant à arrêter le saignement (compression manuelle, pansement compressif, point de compression) priment sur l’installation en position d’attente. Devant une plaie hémorragique du membre supérieur, la surélévation du segment de membre intéressé (s’il n’existe pas de fracture associée) améliorera l’efficacité des gestes d’hémostase.

L’installation du patient en décubitus dorsal, membres inférieurs surélevés, peut en outre permettre de limiter les effets d’un malaise vagal. Cette position est contre-indiquée en cas de fracture des membres inférieurs ou du bassin. Son principe repose sur la redistribution d’une partie du sang contenu dans le système capacitif veineux des membres inférieurs, vers la partie supérieure du corps.

Décubitus dorsal, membres inférieurs fléchis

Le décubitus dorsal, cuisses fléchies, les jambes étant disposées en position repliée ou horizontale, est indiqué chez toute victime consciente présentant une plaie ou un traumatisme fermé de l’abdomen. Elle est souvent spontanément adoptée par le patient conscient présentant une douleur abdominale aiguë. Elle permet de diminuer les phénomènes douloureux en favorisant le relâchement des muscles de la sangle abdominale.

Décubitus dors en proclive à 10°

Cette position est recommandée dans le cadre de la prise en charge des neurotraumatisés. Tous les brancards des ambulances modernes permettent cette position. Le but recherché consiste à diminuer l’oedème cérébral en favorisant le retour veineux. Cette position peut avoir un effet néfaste sur la tension artérielle, qui doit être contrôlée toutes les 10 minutes.

Positions d’attente dérivées du décubitus dorsal

Position latérale de sécurité (PLS)

La PLS est indiquée en cas de troubles isolés de la conscience, c’est-à-dire en l’absence de détresse respiratoire ou circulatoire associée. Elle permet d’assurer un certain degré de liberté des voies aériennes (la tête de la victime est ramenée avec précaution vers l’arrière) et de limiter le risque d’inhalation du contenu gastrique (la bouche est légèrement ouverte et dirigée vers le sol).

La mise en PLS constitue une manœuvre à risques dans le cadre de la prise en charge d’un blessé potentiellement porteur d’une lésion du rachis cervical, mais même dans cette situation, c’est le risque vital qui prime devant l’éventuelle aggravation d’une lésion neurologique supposée. La technique de mise en PLS chez le blessé grave ou chez le polytraumatisé doit être connue de tous les intervenants de l’urgence (médecins et secouristes) et respectée scrupuleusement.

Lorsqu’elle est réalisée à trois secouristes, elle permet de respecter l’axe tête-cou-tronc lors de la mobilisation de la victime. Un collier cervical peut être mis en place avant la PLS.

La PLS peut aussi bien être réalisée à droite qu’à gauche. En cas de fracture d’un membre la victime sera tournée du côté sain, de manière à ce que le poids du corps ne comprime pas le membre lésé. Si on a le choix, on préférera néanmoins tourner la victime sur le côté gauche afin de pouvoir la surveiller plus facilement une fois qu’elle sera installée dans l’ambulance ou le VSAB (véhicules normalisés avec porte brancard à gauche). Dans le cas particulier du traumatisé thoracique présentant des troubles de la conscience, la PLS sera réalisée du côté de la lésion afin de favoriser l’efficacité des mouvements ventilatoires du poumon sain.

Position obstétricale (PLS gauche)

La position obstétricale ou PLS gauche est indiquée pour le transport de toute femme enceinte (même si elle est consciente) à partir du 7ème mois de grossesse. Elle permet de supprimer la compression exercée par le poids de l’utérus gravide sur la veine cave inférieure.

Positions d’attente dérivées de la position assise

Position assise, membres inférieurs pendants

La position assise au bord du lit (ou sur une chaise) est indiquée chez tout patient présentant une détresse respiratoire consécutive à la survenue d’un œdème aigu du poumon. Elle est souvent adoptée spontanément par la victime, qu’il n’est pas rare de trouver également debout, penchée dans l’embrasure d’une fenêtre (soif d’air). Cette posture permet de diminuer le retour veineux (précharge ventriculaire gauche) et, conséquemment, la pression artérielle pulmonaire.

Position demi assise, membre inférieurs allongés

La position demi-assise stricte est indiquée en cas de gêne respiratoire ou de détresse respiratoire chez un malade conscient (crise d’asthme par exemple). Cette posture améliore l’efficacité des mouvements ventilatoires en facilitant le jeu du diaphragme, ainsi soulagé du poids des viscères abdominaux. S’il existe une gêne ventilatoire consécutive à une blessure thoracique, le patient peut également être maintenu dans cette position, mais tourné vers le côté lésé. Le blessé indique alors lui même dans laquelle de ces deux positions il se sent le mieux.

Position demis assise, membres inférieurs fléchis

La position demi-assise, membres inférieurs fléchis constitue un cas particulier. Elle représente une combinaison de deux positions dont nous avons déjà parlé. Elle est indiquée en cas de traumatisme thoraco-abdominal. La composante thoracique est améliorée par la position demi-assise, la composante abdominale par la flexion des membres inférieurs. Avant d’adopter cette position, il est préférable de s’assurer de l’absence de lésions des membres inférieurs, du bassin et du rachis. En cas de doute, on respectera la position initialement adoptée par le patient.

Position assise, patient penché en avant

La position assise, patient penché en avant, est indiquée dans le cadre de la prise en charge et du transport des enfants (mais aussi des adultes) présentant une épiglottite. Dans ce contexte, il faut rappeler que tout passage en position allongée est strictement contre-indiqué (risque de détresse respiratoire aiguë par obstruction brutale des VAS), sauf si la victime est préalablement intubée ou si un abord transtrachéal a été réalisé.

Cette position limite la gêne respiratoire et s’oppose en partie au risque d’obstruction des voies aériennes par l’hypertrophie inflammatoire de l’épiglotte. Cette posture convient également en cas d’épistaxis (on demande au patient de réaliser simultanément une compression nasale manuelle) car elle permet de limiter le risque d’écoulement sanguin postérieur.

Positions d’attente : décubitus ventral

L’installation et le transport d’un malade en décubitus ventral reste une indication d’exception. Cette posture, particulièrement inconfortable est, en effet, susceptible d’aggraver une gêne respiratoire préexistante. Elle perturbe également la surveillance clinique du patient en empêchant l’accès aux voies aériennes (intubation) et au thorax (auscultation cardiaque, contrôle de l’ampliation thoracique).

Elle n’est indiquée que lors de la prise en charge de lésions hyperalgiques (plaies ou brûlures) de la face postérieure du tronc ne présentant pas d’association avec une atteinte des fonctions vitales. Rappelons pour mémoire que le décubitus ventral peut être utilisé, dans un but thérapeutique, chez le patient de réanimation (intubé et ventilé) dans le cadre de la prise en charge du Syndrome de Détresse Respiratoire de l’Adulte (SDRA).

Conclusion

La période de transport d’un malade ou d’un blessé grave constitue toujours une étape “à risques” au cours de laquelle les perturbations liées au déplacement de la victime (vibrations, accélérations, décélérations, mouvements d’inclinaison) contribuent à aggraver son état. Lors du transport et durant la phase qui le précède, la connaissance et l’utilisation d’un certain nombre de règles simples dans la procédure d’installation du malade sont fondamentales.

Si ces techniques reposent avant tout sur des principes élémentaires de secourisme, ces positions ne perdent cependant rien de leur intérêt lors de la phase de médicalisation des secours. Elles doivent donc être connues et utilisées par le médecin, ne serait-ce que pour vérifier que la position de la victime (spontanée ou imposée par les secouristes) est adaptée à son état neurologique, ventilatoire et hémodynamique ainsi qu’à la nature de ses lésions. L’utilisation de ces postures ne dispense en aucun cas de la surveillance de la victime, dont l’état clinique peut se modifier à tout instant et nécessiter une adaptation rapide de la stratégie de prise en charge.

Eric TORRES
Médecin Capitaine CSP Digne
SMUR de Hyères
E.mail : eric.torres@wanadoo.fr

Michel TASHAN
Médecin Capitaine SDIS 13
SAMU 04

Marie-Pierre RUDELIN
Médecin attaché
SMUR de Hyères

Cet article ambulancier et les positions de transport est issu du site urgence pratique : http://www.urgence-pratique.com/

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse

Intoxication médicamenteuse : en bref

Une Intoxication médicamenteuse est une intoxication causée par un ou plusieurs médicament.

Il convient en premier lieu de contrôler les fonctions vitales et de prendre si nécessaire les mesures classiques de réanimation. Une diminution de l’état de conscience due à une hypoglycémie, au monoxyde de carbone ou à  des morphiniques doit être immédiatement recherchée et traitée de manière adéquate. Cela vaut aussi en cas de convulsions provoquées par des intoxications.

La gravité de l’intoxication doit ensuite être évaluée sur base de l’(hétéro-)anamnèse à partir de laquelle des informations peuvent être obtenues en ce qui concerne la nature du médicament, la quantité supposée prise, le moment de la prise, la prise concomitante éventuelle d’alcool. Il faut toutefois insister sur le fait que les informations obtenues à l’anamnèse ne sont pas toujours fiables et qu’elles peuvent mener à sous-estimer la gravité de la situation.

Les renseignements obtenus à partir de l’examen clinique sont aussi importants. Il faut aussi être attentif au fait que l’absence de symptômes peut être faussement rassurante. En cas d’intoxication intentionnelle, une évaluation et une aide psychiatriques urgentes s’imposent.

 Fiche cas concret

Fiche cas concret “intoxication médicamenteuse : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Prise en charge ambulancier : la plaie

Prise en charge ambulancier : la plaie

La plaie en bref

Une plaie est une rupture de la barrière cutanée. Outre la lésion d’organes sous-jacents qui peut se produire lors de l’accident, la plaie peut entraîner la pénétration de germes pathogènes dans un organisme et provoquer une infection. Le principal risque pathogène est le tétanos. En premiers secours, on distingue les plaies simples, qui nécessitent un simple nettoyage ou une désinfection et les plaies graves qui nécessitent un avis médical.

Mais une plaie grave au sens premiers secours ne l’est pas forcément au sens médical. Par exemple, une plaie par outil est considérée comme grave en premiers secours car il faut en évaluer l’emplacement, la profondeur, les éventuelles répercussions, et ceci doit être fait par un médecin qui jugera lui si la plaie est effectivement grave ou bénigne ;

Prenons l’exemple d’une plaie par couteau à un doigt, elle sera bénigne si seule la chair est touchée, mais si un tendon est touché ou sectionné, cela nécessitera de la chirurgie au risque de perdre l’usage du doigt ; un écart d’un millimètre sur la position de la plaie peut faire la différence.

Les services d’aide médicale d’urgence peuvent donner des consignes utiles sur la conduite à tenir (se rendre chez le médecin généraliste, se rendre aux urgences de l’hôpital ou bien attendre des secours). Il ne faut pas hésiter à contacter les services d’urgence en cas de doute.

En premiers secours, une plaie simple est une petite effraction cutanée (petite coupure ou éraflure) superficielle et saignant peu, et qui n’est pas située près de l’œil ou d’un orifice naturel. On parle de plaie grave dès lors qu’un des éléments suivant survient :

  • Localisation :
    • près d’un orifice naturel (nez, bouche, oreille, sexe, anus), à l’œil ou à la face (visage, cou) ;
    • au thorax ;
    • à l’abdomen ;
  • Aspect :
    • saignement abondant (voire l’article Hémorragie) ;
    • déchiquetée ;
    • plaie étendue ou plaies multiples ;
  • Mécanisme :
    • par projectile ;
    • par outil ;
    • par morsure ;
    • par objet tranchant : couteau, cutter…

Fiche cas concret

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Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP)

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en bref

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) ou en anglais Cardio-pulmonary resuscitation (CPR), est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la circulation sanguine d’une personne s’est arrêtée (arrêt cardio-circulatoire).

En effet, lorsque la circulation du sang s’arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir : des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d’arrêt circulatoire[1]. Le fait d’oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d’éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d’accroître les chances de survie.

Méthodologie et concept

La réanimation cardio-pulmonaire est l’association de la ventilation artificielle et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).

Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l’on doit l’acronyme en anglais ABC :

  • A pour airway, libération des voies aériennes ;
  • B pour breathing, ventilation artificielle ;
  • C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.

La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c’est-à-dire :

  • inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
  • qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l’élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d’air sortir par le nez ou la bouche.

À moins d’y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime. Cette opération n’est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et elle prend un temps qui serait plus efficacement passé à réanimer la victime. Le cas d’une victime en arrêt respiratoire mais dont le cœur bat est rare, et de toutes façons la conduite appropriée dans ce cas pour le grand public est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s’écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d’abord stopper l’hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l’appareil électrique dans le cas de la victime électrisée. Dans le cas d’un adulte qui s’effondre sans raison, et lorsqu’on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l’arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP.

Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours. Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n’est disponible, on pratique la RCP deux minute avant d’aller alerter les secours car l’apport rapide d’oxygène aux cellules peut améliorer l’état de la personne. Au contraire, dans la cas de l’arrêt spontané chez l’adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne. Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d’alerter les secours et d’apporter un défibrillateur, puis commence immédiatement la réanimation.

Fiche cas concret réanimation cardio-pulmonaire

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Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis

Traumatisme du rachis : en bref

Les fractures et instabilité du rachis cervical supérieur sont un peu différentes des fractures et luxations du rachis cervical de C3 à C7.

  • simples lésions des parties molles
  • à la paralysie ou au décès,
  • avec ou sans fractures ou luxations graves.
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Les lésions traumatiques de la colonne vertébrale cervicale ne sont souvent reconnues qu’en salle d’urgence et doivent faire l’objet d’un bilan soigneux et être prises en charge de manière à en minimiser les séquelles (pas de minerve routinière et stupide).
Un diagnostic sans retard, une contention vraie plutôt qu’une “immobilisation”, la préservation ou la restauration de la fonction de la moelle épinière et des racines, et la stabilisation définitive de la lésion sont les clés de la réussite de la prise en charge de telles lésions.

Au moins (Bohlman HH et Boada E., 1983)

  • un tiers de toutes les lésions de la colonne cervicale sont en rapport avec un accident à véhicule motorisé,
  • un tiers en rapport avec une chute d’un lieu plus ou moins élevé, et
  • le reste est le résultat d’accident de sport, de chute d’objets ou de projectiles par arme à feu.

La majorité de ces lésions est observée chez le sujet jeune et actif, adolescents ou adulte jeune.
Le deuxième grand groupe par incidence concerne l’adulte sexagénaire ou septuagénaire.

  • Dans ce second groupe, la spondylose ou la sténose exposent à de graves lésions en dépit de la faiblesse des forces mises en jeu au niveau de la colonne elle-même..

La création de centres dédiés aux lésions traumatiques de la moelle épinière est seule susceptible de faire progresser les soins en urgence, la qualité du traitement médical et chirurgical et de la reprise des activités du blessé qui souffre de lésion traumatique de la colonne vertébrale et/ou de la moelle épinière. Une équipe de prise en charge est un facteur important de résultat optimal.

Les objectifs du traitement sont

  • de préserver la vie,
  • de préserver ou restaurer la fonction neurologique,
  • d’assurer la stabilisation de la colonne cervicale, et
  • de permettre une reprise des activités optimale.

De tels objectifs sont raisonnables si des soins adéquats sont assurés.

Fiche cas concret : le traumatisme du rachis

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Traumatisme crânien

Traumatisme crânien

Traumatisme crânien : en bref

La notion de traumatisme crânien ou traumatisme crânio-cérébral (TCC) couvre les traumatismes du neurocrâne (partie haute du crâne contenant le cerveau) et du cerveau. Les manifestations cliniques dépendent de l’importance de l’impact et des facteurs associés (âge, pathologies préexistantes autres, traumatismes associés).

De par la situation anatomique de la tête, le traumatisme crânien est souvent associé à des traumatismes du rachis cervical (entorses, luxations, fractures), du visage (contusions, plaies, fractures maxillo-faciales) et oculaires. Les séquelles immédiates et à distance des traumatismes cranio-cérébraux sont souvent la conséquence des lésions engendrées sur le système nerveux central (cerveau et moelle épinière cervicale). Elles grèvent l’avenir des victimes et de leurs familles et leur coût social et financier est élevé.

Trois catégories de Traumatismes crâniens

Sur le plan clinique il existe trois catégories principales de traumatismes crâniens : légers (sans perte de connaissance et sans fracture de crâne), moyens (avec une perte de connaissance initiale excédant quelques minutes ou avec fractures de crâne) et graves(avec coma d’emblée — sans ou avec fractures de crâne associées). 

D’importants progrès ont été réalisés dans la prise en charge médicale rapide des victimes et dans le diagnostic rapide et précis des lésions qui peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical. Malgré ces progrès, plus de 50 % des cas graves décèdent ou gardent un handicap à vie.

Le pronostic est ainsi le plus souvent lié à l’importance des signes et lésions initiales (survenues au moment de l’accident). Il permet de séparer les traumatismes manifestement bénins et ceux qui vont nécessiter une prise en charge en milieu hospitalier.

Recherche d’informations

L’interrogatoire de la victime et/ou des témoins s’efforce de renseigner le type d’accident et d’impact, ce dernier ne permettant cependant pas de préjuger de la gravité des lésions. Des troubles de la conscience doivent être recherchés et quantifiés suivant l’échelle de Glasgow. 

On se méfiera systématiquement d’un possible traumatisme cervical avec un risque potentiel de tétraplégie (paralysie des quatre membres) en cas de mobilisation imprudente. De même, un traumatisme associé d’une autre partie du corps devra être cherché à titre systématique. 

Un scanner crânien devra être fait en urgence en cas d’un déficit de la conscience, même transitoire ou de survenue secondaire, en cas de déficit neurologique (baisse de la mobilité d’un membre, troubles de la parole, amnésie), au moindre doute sur une fracture crânienne, en cas de survenue de crise convulsive ou en cas de vomissements[2]. Chez l’enfant, l’indication d’un scanner est d’autant plus grande qu’il est jeune.

Fiche cas concret

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Femme enceinte

Femme enceinte

La femme enceinte : en bref

La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d’une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu’à ce qu’elle puisse survivre hors du corps de la mère. Une femme en état de grossesse est dite enceinte ou gravide.

La grossesse commence avec la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde, d’où résulte la création d’une cellule œuf, qui va se diviser jusqu’à devenir un embryon, puis un fœtus. Elle se poursuit jusqu’à la naissance, ou à son interruption par un avortement artificiel ou naturel (fausse couche). Chez les humains, la grossesse dure environ 39 semaines, entre la fécondation et l’accouchement.

Elle se divise en trois périodes de trois mois chacune, communément appelées trimestres. Mais pour des raisons de convention on parle en semaines d’aménorrhée soit 41 semaines (correspondant à 39 semaines de gestation plus 2 semaines entre le premier jour des dernières règles et la fécondation), ou encore en mois de grossesse.

Fiche cas concret

Fiche cas concret “La femme enceinte” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral – AVC

Accident vasculaire cérébral (AVC) : en bref

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Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général.

C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante). L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • Perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • Perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • Difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à Bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • Trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • Perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • Maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés.

Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien. Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule.

Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible. Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Fiche cas concret

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Ambulancier, prise en charge de la brûlure

Ambulancier, prise en charge de la brûlure

La brûlure : en bref

La brûlure est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os.La gravité de la brûlure dépend de sa localisation, de sa profondeur (le degré de brûlure), de l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface totale) et de l’agent causal en question. La brûlure n’est pas une plaie comme les autres car elle a des répercussions sur l’état psychologique du brûlé.

Une brûlure peut être causée :

  • par le contact avec une source chaude (solide, liquide, ou gazeuse),
  • par le contact avec une substance ou un produit dit caustique,
  • par frottement
  • par l’effet de la combustion (action d’une flamme),
  • par l’effet d’un rayonnement (le coup de soleil – rayonnement Ultraviolet B – est l’exemple le plus fréquent),
  • par l’effet d’un courant électrique (électrisation),
  • par le froid (gelure).

Les brûlures graves comportent un risque vital. Les brûlures moins graves peuvent comporter un risque fonctionnel (gène à certains mouvements) ou esthétique (cicatrisation avec chéloïdes ou problème de pigmentation de la peau).

Fiche cas concret

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Œdème aiguë du poumon

Œdème aiguë du poumon

Œdème aigu du poumon (OAP) : en bref

L’œdème aigu du poumon est une affection pulmonaire secondaire à l’inondation ou l’accumulation brutale de liquides au niveau des poumons (alvéoles ou des espaces interstitiels pulmonaires).

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Cet état va être responsable de troubles des échanges gazeux et peut entraîner une insuffisance respiratoire. Le plus fréquemment, il est d’origine cardiaque et dû à une insuffisance cardiaque gauche aiguë (on parle d’œdème cardiogénique). Il peut également être lié à des lésions du parenchyme pulmonaire (on parle d’œdème lésionnel) ou à une transfusion de trop gros volume de sang.

Le sujet présente une dyspnée, c’est-à-dire une gêne respiratoire angoissante (d’installation rapide ou progressive), une orthopnée (difficulté respiratoire en position couchée). Il peut également exister une toux nocturne, une expectoration (rosée, blanchâtre, mousseuse), un grésillement laryngé.

Une “crise d’asthme” survenant à plus de 65 ans correspond dans la plupart des cas à un œdème pulmonaire. Le sujet peut également présenter des signes en rapport avec la pathologie responsable de l’œdème pulmonaire : une douleur thoracique, une fièvre… L’examen peut mettre en évidence une cyanose, une augmentation de la pression artérielle (sauf état de choc). L’ausculation cardio-pulmonaire met en évidence une tachycardie (une bradycardie étant un signe de gravité), galop gauche inconstant, des râles crépitants, des râles sibilants. On recherche systématiquement un souffle cardiaque à la recherche d’une valvulopathie.

 Fiche cas concret Œdème aigu du poumon

Fiche cas concret “Oedeme Aigue du Poumon” : Analyse de la situation et  gestes à mettre en oeuvre. Cette fiche vous permettra d’optimiser vos révisions ou encore de garder vos connaissances à jour. N’hésitez pas à la télécharger. Fiche cas concret disponible ci-après réalisée par Anthony Zinaeve.

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Accident vasculaire cérébral (AVC)

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Présentation de l’AVC

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire. L’apoplexie ou attaque d’apoplexie est un terme anciennement employé, plus général. C’est en fait l’effet visible de l’AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante).

L’hypertension artérielle est la principale cause d’attaque vasculaire cérébrale. Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l’hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).

AVC -accident vasculaire cérébral - ambulancier le site de référence

Etiologie /Causes

Épidemiologie

L’âge moyen de survenue est de soixante-dix ans, mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d’hémiplégie (paralysie d’un côté) récente et frappent environ 100 000 sujets par an, en France. La mortalité à six mois est de 30 à 40 %.

C’est la seconde cause de mortalité au niveau mondial et la sixième cause, en termes d’années de handicap. C’est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, et la première cause des handicaps physiques acquis. Le coût correspond à plus de 4 % des dépenses de santé dans les pays développés. Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d’origine ischémique.

Semiologie/Signes d’un AVC

Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • perte de la force d’un bras, d’une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d’un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d’hémiparésie.
  • perte de la sensibilité d’un bras, d’une jambe, de la face ou de tout le côté d’un corps ;
  • difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à bouger la langue, impossibilité d’avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • trouble soudain de l’équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • perte soudaine de la vision d’un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l’accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l’AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d’éblouissement, (impossibilité d’ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ;
  • maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c’est-à-dire qu’aucun signe ne survient avant la crise.

Ils peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés. Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien.

Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu’ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l’impression que la personne est saoule. Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma). Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s’agit d’une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible.

Il importe donc d’avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu’un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Mécanismes et formes cliniques

L’accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l’état normal, sans séquelles, c’est à dire en moins d’une heure et sans preuve d’infarctus à l’imagerie (Consensus ANAES, mai 2004). Le déficit peut être au contraire permanent. On parle alors d’ accident vasculaire cérébral constitué (AIC).

Il existe deux types d’AVC:

  • L’infarctus cérébral : par obstruction d’un vaisseau sanguin (80 % de l’ensemble des AVC).
  • L’hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant 20 % des cas).

Les AVC sont donc classés en accidents ischémiques et en accidents hémorragiques.

Accidents vasculaires ischémiques et hémorragiques

Les accidents ischémiques sont dus à l’occlusion d’une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d’oxygène et de glucose. Celle-ci entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral).

Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d’origine cardiaque), mais d’autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l’artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé. Le ramollissement cérébral d’origine ischémique peut se compliquer secondairement d’un saignement au niveau de la lésion : on parle alors de ramollissement hémorragique.

La thrombophlébite cérébrale est une occlusion d’une veine cérébrale (et non pas d’une artère). Elle est beaucoup plus rare. La lacune cérébrale est une complication de l’hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral. L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC.

Chez une personne en bonne santé, la pression artérielle doit être inférieure à 140/90 mm de mercure. En cas d’hypertension (tension > 14/9), la pression à laquelle les vaisseaux sanguins sont soumis en permanence devient trop élevée et les vaisseaux cérébraux courent un risque accru de rupture, provoquant ainsi une hémorragie cérébrale. Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d’un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l’origine et soumis à une pression sanguine excessive. Le tabac et l’alcool sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l’hémorragie peut être méningée par rupture d’un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intra cérébral (dit aussi intra-parenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire. L’hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d’apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion.

Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l’hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L’hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral. Parfois lors d’accidents hémorragiques il y a aussi une libération d’ions calcium qui induisent un vaso-spasme brutal à l’origine d’accidents ischémiques.

Principes du traitement

Une hospitalisation est nécessaire, idéalement en milieu spécialisé (« Unités de soins intensifs neurologiques »)

Après un bilan hospitalier, le traitement se confond avec celui de la cause. En aigu, on propose :

  • un traitement par anticoagulants en cas de cardiopathie emboligène, mais ce traitement doit être discuté si l’accident est important, du fait du risque majoré de survenue d’une hémorragie secondaire (Ramollissement hémorragique)
  • un traitement par médicaments antiagrégants plaquettaires en cas d’ischémie (le plus souvent de l’aspirine à petites doses),
  • Le traitement anti-hypertenseur doit permettre cependant de maintenir une pression artérielle minimale afin d’assurer une perfusion optimale du cerveau.
  • Un traitement neurochirurgical dans les cas particuliers, rares, d’hémorragie cérébrale, d’infarctus cérébelleux et d’infarctus hémisphérique malin, peut être proposé.
  • L’ Altéplase est un médicament thrombolytique (qui permet la dissolution d’un caillot par thrombolyse ou fibrinolyse) qui est proposé en cas d’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, lorsqu’il est pris en charge moins de 3 heures après les premiers symptômes. Il permet une récupération complète plus fréquente et diminue la mortalité. Cependant, étant donné ses effets indésirables potentiels (notamment les hémorragies intra-crâniennes), la marge de manœuvre entre les bénéfices de ce traitement et ses risques, est très étroite. Il ne devrait être utilisé que dans des centres spécialisés et pour des malades sélectionnés selon des critères très précis.

À distance de l’épisode

À distance de l’épisode aigu, doit être discuté une chirurgie carotidienne s’il existe une sténose carotidienne (endartériectomie). La prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire est impérative. Certains médicaments antihypertenseurs, comme le périndopril, ont prouvé une diminution significative du risque de récidive. L’arrêt du tabac, l’équilibration d’un diabète ou d’une hypercholestérolémie par le régime ou par des médicaments, sont également nécessaires.

L’aspirine, à petites doses, réduit de près d’un cinquième le risque de survenue d’un nouvel accident. Le dipyridamole (en association avec l’aspirine) et le clopidogrel ont également prouvé une certaine efficacité. La rééducation après un AVC fait partie intégrante du traitement : selon les cas, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, régime alimentaire, Activités physiques adaptées. En cas de fibrillation auriculaire, la prescription de médicaments anti-coagulants de type anti-vitamine K reste indispensable.

Pronostic

L’accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à 30 % au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de 10 % des survivants. Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l’atteinte. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an peut atteindre près de 40 %. 

Dans le monde, 5,5 millions de personnes meurent chaque année d’une attaque cérébrale. 75 % des victimes ont plus de 65 ans et les hommes sont plus exposés que les femmes. Lorsqu’un ou plusieurs symptômes d’AVC sont présents, il faut appeler d’urgence de l’aide médicale en avertissant au plus vite le médecin ou les secours. De nombreuses personnes n’en sont pas conscientes. Contrairement à un infarctus du myocarde, un infarctus cérébral est généralement indolore.

C’est pourquoi il est souvent considéré comme bénin et non mortel. On pense que cela passera et on attend. Tout phénomène plus bref et passager (AIT) doit également être pris au sérieux et examiné par un médecin. Attention, le compte à rebours est lancé dès les premiers signes. Après trois heures, un traitement anti-thrombotique n’a plus guère de chances de réussite et les dégâts cérébraux seront plus graves.

Source : wikipédia

Œdème aigu du poumon (OAP)

Œdème aigu du poumon (OAP)

L’Œdème aigu du poumon (OAP) c’est quoi ?

Cette détresse respiratoire (dyspnée) aigüe due à une insuffisance cardiaque gauche (ventriculaire) est une URGENCE VITALE – ou Urgence Absolue. Elle doit être détectée et traitée SANS DÉLAI, sous peine d’engager le pronostic vital du patient.

oap -oedeme aigu du poumon - ambulancier, le site de référence

Les causes de l’Œdème aigu du poumon

Le plus souvent, l’étiologie d’un Œdème aigu du poumon (OAP) est une insuffisance ventriculaire. Mais on retrouve d’autres causes telles qu’une poussée hypertensive systémique, une hypervolémie. Plus rarement, mais à ne pas négliger, la soumission à des agents infectieux (virus de la grippe, par exemple, le triste H5N1) ou encore l’inhalation d’un toxique. Le mécanisme: L’insuffisance ventriculaire (ou insuffisance cardiaque gauche) provoque des anomalies au niveau de la circulation sanguine, et, pour le cas qui nous intéresse, au niveau de la “petite circulation”, c’est-à-dire la circulation sanguine pulmonaire. Cette insuffisance ou cette défaillance cardiaque entraîne un défaut de débit sanguin, et, in extenso une augmentation de la pression sanguine intravasculaire. Il en résulte une fuite du plasma vers les alvéoles pulmonaires. Celles-ci s’inondent, n’étant de fait plus capable d’assurer l’échange gazeux O2-CO2. Le patient se noie de l’intérieur.

Les signes de l’Œdème aigu du poumon

Chez une personne présentant un Œdème aigu du poumon – OAP, les signes surviennent brutalement, sans prodromes (signes avant-coureurs), par un essoufflement intense, une toux pouvant s’accompagner d’expectorations mousseuses rosées – attention, ce n’est pas systématique ! – et des crépitements expiratoires caractéristiques. On verra aussi des turgescences jugulaires, ainsi qu’un balancement thoraco-abdominal ou des tirages sterno-cléïdo-mastoïdiens. Une tachycardie (augmentation significative de la fréquence cardiaque > 100/110 bpm, voire plus) accompagne le tableau clinique.

NB: il peut y avoir des signes avant-coureurs (essoufflement progressif à l’effort ou au repos) dans le cas d’un oedème subaigu en fonction de l’évolution plus ou moins rapide de l’insuffisance ventriculaire.

Conduite a tenir par les ambulanciers

Respecter la position adoptée spontanément par la victime (le plus souvent debout: orthopnée) ou assis. Sans antécédents de BPCO ou d’IRC, administrer de l’oxygène au masque HC à raison de 12 à 15 l/minute. Surveiller la SpO2 et rassurer la victime. Demander un renfort SMUR sans délai lors de la transmission du bilan à la régulation du SAMU-Centre 15. Le traitement in situ sera alors d’administrer par intraveineuse des diurétiques dont le chef de file, le Furosémide (en France, son nom commercial est Lasilix®) est le plus couramment utilisé. Le but est d’éliminer un maximum de liquide des alvéoles pulmonaires via le système urinaire. Une fois le patient techniqué et l’évacuation médicalisée, un ECG, un bilan sanguin avec GDS et une échographie permettront de confirmer le diagnostic posé en pré-hospitalier.

Informations

L’analyse des gaz du sang (GDS) montrera une diminution significative à la fois de l’O2 et du CO2. L’ECG quant à lui mettra en évidence une tachycardie accompagnée de troubles du rythme sinusal (pouvant être à l’origine de l’Œdème aigu du poumon – OAP). L’échographie associée à un Doppler permet de montrer l’existence d’un trouble cardiaque et de préciser quantitativement les pressions à l’intérieur de la “petite circulation” – la circulation pulmonaire.

En définitive, le traitement de l’Œdème aigu du poumon – OAP sera le traitement du facteur déclenchant: insuffisance cardiaque, HTA…

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

L’ambulancier face à l’ Accident de la voie publique – AVP

A un moment donné de sa carrière l’ambulancier devra peut être faire face à l’accident de la voie publique – AVP. Professionnel de santé en perpétuel mouvement sur les routes de France, l’ambulancier doit pouvoir maitriser la conduite à tenir en sur accident.

Accident de la voie publique : en bref

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Quotidiens, fréquents, les AVP sont loin des interventions type « maison de retraite ». Le but est de bilanter rapidement, de pallier les décompensations diverses et de techniquer la victime avec toutes les précautions d’usage. Sur le cas d’un piéton, cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est évident que la cinétique est l’élément primordial. Aussi, et même si vous n’êtes pas titulaires du PHTLS, voici quelques recommandations.

Ambualncier : en premier lieu, les éléments à rechercher

Après avoir balisé la zone de l’accident au mieux en fonction de la topographie (en ville ou à la campagne, on ne balise pas de la même manière), il importe de saisir le tableau global instantanément et de se poser d’emblée 7 questions.

  1.  Quelles sont les circonstances ?
  2. Quelle a pu être la cinétique au moment de l’impact ? ➔ Vitesse du véhicule ?
  3. Où se situe le point d’impact sur la victime ?
  4. Quel est le type de véhicule impliqué ?
  5.  Notion de “crossing”: la victime s’est-elle fait rouler dessus par le véhicule ?
  6.  Notion de “dragging”: la victime a-t-elle été traînée par le véhicule ?
  7.  Notion de “throwing”: la victime a-t-elle été projetée ?

Le bilan se fera selon l’algorithme du PHTLS, en tenant compte du type de véhicule et de fait, du siège des lésions.

  • – Si le véhicule est un deux roues: Cuisses, bassin (fourche du véhicule), abdomen et thorax (guidon), membres Sup. (fractures de projection), membres Inf (fractures par choc direct)
  • – Si le véhicule est une VL:
    • Victime percutée de face: atteinte des membres Inf. (pare-chocs), hémorragie interne fréquente (choc sur capot).
    • Victime percutée de côté ou de dos: atteinte probable du rachis cervical et dorso-lombaire.

Algorithme d’évaluation

EVENEMENT ➔ SECURITE / SITUATION ➔ EVALUATION PRIMAIRE
Si TRAUMATISME: OUI ➔ A : immobilisation manuelle du rachis cervical + voies aériennes + BCDE
Si TRAUMATISME: NON ➔ A: LVA B : ventilation : fréquence, amplitude, auscultation C : circulation : contrôle hémorragie, pouls, peau D : déficit neurologique, conscience, pupilles E : exposer / environnement
Si Environnement CRITIQUE ➔ APPEL CENTRE 15 direct pour renfort SMUR SANS DÉLAI
Si Environnement NON CRITIQUE ➔ BILAN SECONDAIRE : ➔ Constantes : FC, FR, PA, SpO2, Dextro, T°, (ECG… si vous êtes équipés ou habilités par votre autorité de référence)
Puis SAMPLE – Plainte exprimée → Examen tête aux pieds ➔ APPEL CENTRE 15 pour bilan.

Techniquage

Maintien de l’axe tête-cou-tronc et immobilisation du rachis cervico-dorso-lombaire ➔ Backstrap™ +++ avec immobilisateur de tête, ou, si vous n’êtes pas équipés de cette manière: Stiffneck™ + coquille + scoop.

Précautions chez l’enfant

Du fait de sa petite taille, un enfant ne voit pas les dangers auxquels il est exposé sur la voie publique. Les blessures sont donc d’autant plus graves que sa hauteur place sa tête et donc son encéphale au niveau de la partie saillante du véhicule « percuteur »

Évacuation

Le bon sens commande: on évitera les déports brusques ainsi que les accélérations ou les freinages intempestifs (cf. Critical Care Transport, Vancouver Paramedic Academy) afin de ne pas affecter l’hémodynamique par migration brutale de la masse sanguine ou de son substitut de remplissage (Plasmion®, Gélo- / HEAfusine®).

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