Belgique, la formation d’ambulancier

Belgique, la formation d’ambulancier

Etat de la formation d’ambulancier en Belgique 

Après avoir lu mon premier article sur l’articulation du système d’aide médicale urgente en Belgique et de la place de l’ambulancier en son sein, j’aborde aujourd’hui la formation d’ambulancier ainsi que les possibilités d’évolutions offertes dans le cadre de la profession. Tout d’abord il n’existe pas à proprement parler de Diplôme d’Etat ambulancier en Belgique, il faut distinguer normalement 2 formations qui sont nommées : Transport Médico-Saintaire (TMS) et Aide Médicale Urgente (AMU). Tout en sachant que ces formations sont des « brevets » indépendant l’un de l’autre mais qu’un ambulancier qualifié aura eu à cœur de passer son AMU et son TMS afin de pouvoir effecuter des départs d’urgences et des transports non urgents (type VSL ou taxi-ambulance).

Formation d’ambulancier en Belgique : Différentes régions et formations obligatoires

En sachant comme je l’avais indiqué dans mon premier article que tout ça dépend de l’endroit dans lequel on exerce, à savoir :

  • Bruxelles-Capitale : seul le brevet de secourisme (équivalent PSC1) suffit pour monter en ambulance (mais les employeurs consciencieux demanderont l’AMU)
  • Wallonie : brevet AMU/TMS obligatoire pour exercer la profession
  • Flandre : « pour le moment » brevet AMU minimum

AMU : (aide medicale urgente) : est un brevet de 120 heures de cours théoriques + 40h de stage dans un service d’ambulance agréé 100/112. Valable 5 ans. Recyclage: 24h/an

TMS ( transport médico-sanitaire) : Une formation spécifique d’ambulancier en transport médico-sanitaire (TMS) de 120 h est organisée . Ce brevet est obligatoire pour travailler dans un service d’ambulances TMS exerçant sur le territoire wallon.

Opportunités d’évolution

Cette formation de 3 journées inclura dans son programme les sujets suivants, avec une approche théorique et des mises en situation :

  • pose d’un collier cervical ;
  • techniques d’immobilisation et de relevage ;
  • utilisation de la planche ;
  • désincarcération ;
  • gestion de l’ABCDE [1] ;
  • échographie pré-hospitalière ;
  • analgésie – sédation(il s’agit ici de l’aide car la mise en place du protocole reste un acte médical) ;
  • mises en situation ;

Soins infirmiers  : (3 ou 5 ans) avec spécialisation en SIAMU (Soins intensifs et Aide médicale Urgenteet anasthesiologie et possibilité de travailler par la suite au PIT (pré-interventional team)

PIT : (pré-interventional team) : équipage composé d’un ambulancier et d’un infirmier SIAMU ou anesthesio protocolé capable de prendre en charge un patient au même titre qu’un SMUR sans avoir besoin pour cela de mobiliser un VIM (Véhicule d’intervention médicalisé)

Evolution future

Une réforme du système scolaire universitaire étant actuellement en cours il est de plus en plus probable que dans un avenir proche la Belgique communautaire décide d’accréditer un cursus de type universitaire pour la formation d’ambulancier, à l’instar de nos collègues paramedics canadiens.

Documentation

Retrouvez le programme AMU ainsi que la plaquette TMS au format PDF

https://www.ambulancier.fr/wp-content/uploads/2013/12/TMS-Transport-Medico-Sanitaire-module-transitoire.pdf

https://www.ambulancier.fr/wp-content/uploads/2013/12/Programme-des-cours-de-la-formation-de-base-secouriste.pdf

[1] ABCDE: roue de décision “arbre décisionnel” ambulancier permetant un check-up de l’état du patient selon le concept d’une roue perpetuelle qui se répète toute les 5min permettant de suivre l’état du patient lors du transport

formation d'ambulancier - Belgique
Formation d’ambulancier : la Belgique

SAMU/SMUR/PIT le modèle Belge

SAMU/SMUR/PIT le modèle Belge

Le système de secours préhospitalier belge : 2ème article de la série. Thomas DECK nous propose aujourd’hui de découvrir le système SMUR Belge et ses différentes équipes.

SAMU/ SMUR / PIT en Belgique

 Abordons aujourd’hui le constat de la non-représentation du SAMU en Belgique, en effet j’avais indiqué dans mon premier article qu’il n’existe pas à proprement parler de SAMU en Belgique.C’est alors au préposé 100 (le Permanencier Auxiliaire de Régulation Médicale) de décider si le cas requiert un SMUR ou un PIT (Pré-Interventional Team), dans le doute le préposé diligentera une ambulance d’urgence sur place et c’est suite au bilan ambulancier que le VIM (Véhicule d’Intervention Médicale) ou le PIT sera engagé afin d’apporter un support médical à l’intervention.

Il ne faut pour autant pas croire que la Belgique est dépourvue de moyens d’intervention médicaux pour le service 112, nous avons par provinces plusieurs VIM prêts à être engagés sur différents théâtres d’opérations, le VIM est principalement composé d’un médecin urgentiste et d’un ambulancier SIAMU ( spécialisation Soins intensifs et Aide médicale urgente) ou anesthésiologiste et parfois d’un ambulancier AMU formé SMUR, mais ce n’est pas toujours le cas.

Le PIT ou Paramedical-Interventional Team

 A Bruxelles-Capitale et dans les grandes villes, il existe une équipe pionnière depuis quelques années le PIT (pour Paramedical-Interventional Team), comprenez un équipage composé d’un infirmier urgentiste SIAMU/SISU ou anesthésiologiste et d’un ambulancier AMU qui interviennent sous protocoles médicaux sur des cas de médicalisation .

Ainsi on évite de mobiliser un VIM et on gagne du temps pour une autre intervention possible, néanmoins si le PIT se rend compte que le cas dépasse la compétence protocolée il appellera de lui même le VIM pour obtenir l’aide d’un médecin qui sera à même de l’autoriser à pratiquer des gestes hors protocoles.

Le VIM ou Véhicule d’Intervention Médicale du SMUR en Belgique

 La problématique rencontrée lors d’une sortie VIM est que bien souvent le VIM ne sort qu’à 2 car par souci d’économie les hôpitaux qui sont bien souvent des structures privées ne dépendant pas de l’État, mais sous statut associatif ne souhaitent pas engager de chauffeur pour le VIM, il arrive alors très souvent que l’un des ambulanciers doive prendre le volant du VIM et si ce n’est pas possible alors l’infirmier doit reprendre le VIM et le médecin reste à bord de l’ambulance, ce qui implique également que si un geste doit être posé il faut faire un arrêt et l’infirmier doit rejoindre rapidement l’équipage de l’ambulance.

[1] PIT : pré-interventional team : équipe de première intervention médicalisée composée d’un infirmier SIAMU/SISU ou anesthesiste et d’un ambulancier AMU

[2] VIM: véhicule d’intervention médicale:  composé d’un médecin urgentiste d’un infirmier et parfois d’un chauffeur ambulancier

samu-smur-PITT- Belgique
L’Aide Médicale Urgente en Belgique

L’Aide Médicale Urgente en Belgique

Organisation de l’Aide Médicale Urgente en Belgique  et contexte ambulancier :

La Belgique terre enclavée entre 3 frontières, est un pays à part dans l’organisation des secours, d’abord parce que l’Aide Médicale Urgente (AMU) s’organise de manière « communautaire » et non fédérale, ensuite parce qu’elle est différente selon que l’on soit formé en Wallonie(au sud du pays-langue Française), en Flandre(au nord-langue Néerlandaise « de Belgique ») à Bruxelles-Capitale(au centre, la Capitale-langue officiellement trilingue, mais plus bilingue flamande et française qu’allemand ), ou dans la communauté germanophone (à l’extrême sud-est-langue principalement allemande).

Aide Médicale Urgente en Belgique : qui part sur quoi

Ainsi l’AMU s’organise en une entité, au sein de laquelle se rejoignent les « secouristes-ambulanciers », les sapeurs-pompiers, les services de police (il n’existe pas de gendarmerie en Belgique), et les services médicaux. Par l’intermédiaire des centrales 100/101/112, ou respectivement pompier, police, 112, les appels sont transmis aux services concernés en fonction de la demande de l’appelant, sont alors envoyés pour un appel urgent (nous dirons appel 112), les secours les plus proches qui évacuent vers l’hôpital le plus proche agrée 100/112. Cela est principalement régi par la loi du 8 juillet 1964 sur l’organisation de l’AMU.

L’ Aide Médicale Urgente en Belgique : une organisation jeune

Vous constatez donc que l’organisation des secours en Belgique est toute jeune, il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais il existe déjà des points positifs, comme la future mise en place d’une régulation « médicale » en centrale 112(oui pour le moment il n’existe pas de SAMU en Belgique), le système de régulation actuel fonctionne sur le principe du 112, interconnexion des appels avec les services et arbre décisionnel.  

La majorité des secours AMU est assurée par les sapeurs-pompiers eux-mêmes qui possèdent la même formation que les secouristes ambulanciers(cela fera l’objet d’un prochain article), ainsi on trouve aussi bien des services AMU associatifs tel que la Croix-Rouge de Belgique(CRB), l’Amicale des Corps de Sauvetage(ACS) (qui est actuellement le service dont je dépends), et des sociétés privées « agrées 100 », que les sapeurs pompiers et la Protection civile pour effectuer les secours. Le service des secours est maintenu à flot par une majorité de bénévoles (ACS,CRB) et une tranche professionnelle, qui est mise en place chez les pompiers et à la Protection civile.

Les différents acteurs de terrains

Le centre 100 reçoit les appels, un centraliste évalue les secours nécessaires et les envoient sur place. Systématiquement une ambulance est mobilisée. S’il le juge nécessaire, un SMUR sera envoyé également. Enfin il dépêchera les moyens techniques utiles s’il dispose d’informations suffisantes.

  • L’ambulance, premier intervenant sur le terrain, est composée de 2 ambulanciers détenteurs du brevet « AMU » se déplaçant avec un véhicule contenant le matériel nécessaire à la prise en charge et au transport du patient vers l’hôpital. Si nécessaire, les ambulanciers peuvent faire appel au renfort d’un SMUR (pour les cas médicalement graves) ou des moyens techniques des services incendie (désincarcération, protection, etc).
  • Le V.I.M. ( Véhicule d’intervention médicalisé) est une équipe hospitalière dépendant du service SMUR elle est composée d’au moins 1 médecin urgentiste et 1 infirmier(ère) spécialisé(e) SISU ( Soins intensifs et Soins d’Urgences) (ce qui signifie que ce dernier a fait une année de spécialisation dite « SIAMU » ( Soins intensifs et Aide médicale Urgente qui est une 4 ème année des études d’infirmier en Belgique). Ils sont parfois accompagnés d’un chauffeur, voire d’un ou deux ambulanciers (suivant qu’ils se déplacent dans une voiture ou dans une ambulance). Sur place, le médecin prend la direction de l’intervention et peut à son tour faire appel à des moyens supplémentaires si nécessaire.
  • Les services incendie interviennent le plus souvent pour l’évacuation d’un patient couché par échelle aérienne, la désincarcération, la protection et le balisage (voies rapides et autoroutes), voir le renfort au brancardage en conditions difficiles.
  • La Régulation Médicale est ici faite par le Médecin du SMUR car il n’y a pas de centre spécifique de régulation médicale comme c’est le cas en France. Cette organisation est la même qui existait en France avant la naissance des Samu.

Financement des services de l’Aide Médicale Urgente en Belgique

Tout le financement des services d’ambulance est à la charge des personnes transportées avec intervention de certaines mutuelles (attention en Belgique une mutuelle s’entend comme la sécu française, nous parlons d’assurance complémentaire pour ce qui est de la « mutuelle » française). Le système Belge fait actuellement l’objet d’une réforme structurale qui tend vers une amélioration de service et une refonte des axes d’intervention, ce qui ne me permet pour l’heure pas d’apporter plus d’information sur le fonctionnement dans l’avenir.