RAMPE GYROPHARE AMBULANCE

La sécurité intérieure et extérieure d’une ambulance se développe depuis quelques années mais reste encore très optionnelle chez les différents équipementiers. C’est fort dommage. Au vu des kilomètres effectués par tous les temps, par toutes les saisons, nuit, jour quotidiennement par les ambulanciers, la sécurité devrait être une priorité. Mais il n’y a pas que les conditions météorologiques ou de luminosités, il y a aussi la circulation, les autres usagers de la route, les aménagements des voiries et on peut même aborder certaines pathologies des patients transportés.

Harnais et filet de sécurité

Il existe de nombreux systèmes d’attaches pour l’ambulancier, comme la ceinture de sécurité, qui reste bien entendu LE moyen à mettre en œuvre sur chaque intervention. Il y a aussi le harnais qui s’adapte sur les parois intérieures de la cellule, cela va permettre à l’ambulancier de se lever pour effectuer son travail en toute sécurité. Au moindre coup de frein, le harnais va maintenir et plaquer l’ambulancier sur son siège pour lui permettre de résister à un éventuel choc et assurer sa protection de façon optimale. On trouve aussi le filet de protection pour l’ambulancier qui est ancré et normé 10G. Cela permet en cas de coup de frein intensif, de retenir l’ambulancier dans ce filet et non dans le meuble. Ce filet est déployé dans la cellule de l’ambulance pour amortir le choc et amortir le poids de l’ambulancier.

Caméra et sécurité vidéo

La caméra devient un outil de sécurité pour l’ambulancier. Qu’elle soit installée dans la cellule ou à l’extérieur de l’ambulance. En effet, la caméra de la cellule va permettre à l’ambulancier au volant de voir ce qu’il se passe derrière : patient agité, soins prodigués au patient (vomissements, malaise, mise en place d’une couverture…). Cette surveillance vidéo va permettre d’adapter sa conduite afin de protéger au mieux son collègue et le patient, mais aussi adapter la conduite à la pathologie du patient : limiter les douleurs etc. Bien sûr, cette caméra n’enregistre pas. Elle permet de diffuser sur un instant T sur un petit écran fixé sur le tableau de bord de l’ambulance.

Il y a aussi les caméras extérieures qui permettent une vision de l’environnement. La plus connue est la caméra de recul, qui s’allume lors de la marche arrière. Maintenant on peut voir chez certains équipementiers des caméras latérales qui s’allument lors de la mise en route du clignotant. La vision d’un cycliste, un piéton ou même d’un poteau, souvent situés dans un angle mort,  apparaissent sur l’écran de contrôle. Il y a même chez ACETECH, la vision 360°. Cette vision est activée lors d’une marche arrière ou de l’activation des clignotants. Un outil vraiment intéressant pour sécuriser les usagers se situant autour du véhicule.

Bien évidement toutes ces options n’empêchent pas l’obligation d’attention des ambulanciers, une bonne maîtrise du gabarit du véhicule et le bon réglage des rétroviseurs. Un ambulancier peut aussi descendre du véhicule pour guider son collègue. Mais néanmoins ces outils vidéo offrent une sécurité accrue et renforcent la sécurité et permettent  de se concentrer sur l’intervention de manière optimale. Les accidents dû à des manœuvres sans visibilité ont eu lieu que ce soit chez les ambulanciers, pompiers ou autres. Ces outils viennent donc renforcer l’arsenal de mesures de protections afin d’éviter de possibles drames.

Signalétique passive

Une autre thématique de la sécurité, c’est la signalétique passive et active de l’ambulance et des tenues. On peut voir l’évolution de la signalétique passive des ambulances : beaucoup de bandes réfléchissantes avec un flocage adapté pour l’identification rapide des usagers de la route. La signalétique passive permet non seulement d’être vu sur la route mais aussi protéger l’équipage sur intervention. Prenons un exemple classique :  en pleine nuit une ambulance dans une rue sombre et étroite sera plus rapidement identifiée par les usagers. Ces derniers anticiperont donc plus tôt leur comportement et auront une meilleure idée du gabarit. Cette signalétique passive renforcera donc aussi la sécurité des ambulanciers qui gravitent autour de l’ambulance.

La technologie des gyrophares est aussi une avancée. On peut y voir l’intégration de la technologie Led qui a à elle seule a permis des innovations intéressantes : des gyrophares d’ailes, des strob dans les feux de croisement, des « vipers » derrière les pares brises, les barres arrières signalant l’arrêt du véhicule… Bref une multitude de signalétiques qui renforcent la visibilité du véhicule.

On peut même trouver des systèmes de « gâchette » situés proche du volant qui déclenchent l’avertisseur sonore du véhicule. Système vraiment pertinent car il permet ainsi au conducteur de ne pas quitter la route des yeux et de pouvoir conserver les deux mains sur le volant. Dans la même idée, on peut aussi trouver dans certains véhicules un « champignon » au plancher qui lui aussi déclenche la sirène. Mais ce dernier sera plus situé au sol côté passager. Ce qui permet au collègue de prendre la main sur certains carrefours grâce à un angle de vision différent. En effet en tant que passager le second ambulancier a une vision de la route plus étendue et libère ainsi son collègue qui peut rester concentré sur sa conduite.

Pour une meilleure anticipation des usagers de la route on peut aussi découvrir le système d’extinction de la radio FM lors de la mise en route des avertisseurs lumineux. Dans certains pays, l’ambulance qui suit les usagers « prend la main » sur la radio FM du véhicule en signalant qu’un véhicule d’urgence arrive et qu’il faut le laisser passer.

Les tenues sont aussi devenues un élément de visibilité avec des bandes réfléchissantes sur les pantalons ou les blousons afin de permettre une meilleure visibilité de l’ambulancier dès la baisse de luminosité ambiante.

La conduite, un élément de sécurité

La conduite en urgence n’est pas enseignée dans les IFA et pourtant elle est primordiale pour la sécurité de l’équipage, des autres usagers de la route et pour le confort du patient. La mise en route des avertisseurs lumineux et sonore ne signifie pas une conduite sportive. Cela permet d’avoir une plus grande fluidité, un confort et une efficacité pour que le transport se passe dans des conditions optimales. Cela permet aux usagers d’anticiper la venue de l’ambulance. Ainsi chacun pourra être en mesure de faciliter le passage. On limite de cette manière drastiquement les risques d’accident. Cela n’évitera par contra pas les mauvais comportements et incivilités. Juste une petite remarque personnelle : lors de la conduite du véhicule n’oubliez pas qu’il y a un flocage, une entité, un métier derrière toutes les actions que vous pouvez faire. Ne donnez pas une mauvaise image de l’ambulancier avec les coups de klaxons abusifs, la sirène abusive dans les zones piétonnières, la vitesse…Bref tous les comportements de « cow-boy » sont à proscrire. Urgence ne veut pas dire précipitation, urgence ne veut pas dire foncer tête baissée. Urgence veut aussi dire sécurité.

L’arrimage du matériel

L’ensemble du matériel embarqué dans l’ambulance doit être fixé, sanglé ou arrimé sur les supports adéquats. Lors de la vérification journalière de l’ambulance à votre prise de service vous devez être en mesure de faire le tour de chaque fixation et s’assurer de la bonne tenue de chaque équipement. Un équipement non arrimé devient un réel danger dans un véhicule en cas de choc. Vous êtes responsable de votre véhicule cela fait partie de vos missions.

Patient et sécurité

On va finir par le plus important : la sécurité des patients. Un patient ne choisit ni sa pathologie, ni son âge, ni sa corpulence…L’ambulancier doit s’adapter et sécuriser son patient pour s’assurer de le transporter en toute sécurité tout en étant garant de son confort dans la mesure du possible. Il est évident que la sécurité prime sur ce confort en question. Il y a des lois, des normes et vous êtes responsable pénalement de vos patients. Donc il n’y pas de « oui mais » ou des « on n’a pas le choix de ». Les textes de loi sont très clairs et explicites. Il vous incombe de les faire appliquer et de montrer votre professionnalisme. Ne vous réfugiez pas derrière « oui mais mon patron… ». Votre chef d’entreprise ne vous couvrira en aucun cas. Votre responsabilité de professionnel de santé est engagée dès lors que vous débutez une prise en charge. Nous sommes des professionnels de santé, il est primordial de ne pas l’oublier.

Bonne route à tous !

Article rédigé par : Nicolas DEJOIE

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