Le « Damage control »

Définition

Le terme damage control (DC) signifie en anglais « maîtrise des dégâts ». C’est un principe de soin consistant à prodiguer des gestes de secours pour assurer la survie du patient sans chercher à s’occuper des atteintes secondaire. On traite ce qui tue en premier et on évacue. Cette doctrine, née durant la seconde guerre mondiale, c’est exclusivement appliqués, durant des décennies, dans les soins militaires. Depuis une dizaine d’année environ, le DM est apparue dans les soins pré hospitaliers, dans le cadre des tueries de masse ou des attentats, puis au grand public. Aux USA, un programme massif d’apprentissage de la population (bleeding control par exemple) est en cours et tout les acteurs du secours non médicaux (policiers, agent de sécurité, pompiers…) sont formé et équipé. On commence même à trouver des bornes libre service avec des garrots dans les lieux publics, comme on trouve des DAE.

En France, suite aux terribles attentats du Bataclan ou de Nice, les formations et dotations DC ont fait leur (timide) arrivée dans les SMUR et certains SDIS. Et puis les mentalités ont changé, les formations anglo-saxonnes sont (miracle!) arrivées en France, la PHTLS par exemple, et l’on se rend compte que le DC peut être aussi utile au quotidien, dans un cadre professionnel comme dans la vie de tout les jours.

Alors, certes, vous me direz : « Oui mais, des attentas, y’en a pas tout les jours et c’est pas à la veille de m’arriver ». Je vous répondrais : oui, c’est exactement ce que se disait Chloé B., 25 ans, qui buvait un verre, tranquilllou, à la terrasse du Carillon, à Paris, le 13 novembre 2015, avant de mourir sous les balles d’une Kalachnikov.
Et vous, ou en êtes vous ?

Le « Damage control »

Cas concret

Vous êtes jeune auxiliaire ambulancier, en ambulance avec votre binôme DE. Vous travaillez en campagne, dans une petite société qui fait rarement d’urgence. Vous êtes appelé par un médecin traitant pour prendre en charge un monsieur de 82 ans, présentant des troubles cognitifs important depuis le décès récent de sa femme. Sans notion d’urgence, vous arrivez sur les lieux 1h après l’appel du médecin, qui a bien sur quitté le domicile. C’est une vieille ferme en pleine campagne, le désordre règne et le chien aboie. Vous pénétrez dans la maison : personne. Le courrier médical et la PMT trônent sur la table. Votre collègue le saisie et pendant qu’il le lit, l’homme fait irruption dans la pièce, complètement paniqué, un vieux revolver à la main et tire à 3 reprises. Il retourne aussitôt l’arme contre lui et se tire dans la tête, sous le menton. Le calme revient. Votre collègue est au sol, sonné, touché à la cuisse. Le trou se voit à peine au travers du pantalon mais une large nappe de sang envahi rapidement le sol. Votre patient, également au sol, émet des râles. Seul quelques gouttes de sang sont visibles à l’orifice d’entrée du projectile.

Vous sautez sur votre portable portable pour appeler le Divin centre 15 mais… pas de réseau (les joies de la campagne) !  Que faites vous…. ?

Je pense que cette histoire n’a rien d’extravagante, ce genre de patient, nous en avons tous déjà eu et ça se passe chez nous. Des armes, il y en a pas mal dans les banlieues mais il y en a énormément dans les campagnes. Fusils de chasse ou pistolet du grand père. Nous sommes loin des fronts de guerre en Syrie ou des fusillades du Bataclan. Mais le résultat est le même : vous avez deux victimes en urgence vitale absolue. Et puis sans parler d’armes à feu, nous pourrions parler d’AVP ou le gentil cycliste que vous croisez sur le chemin du retour, à la débauche, a chuté et c’est empalé sur une branche ou avec son guidon de vélo….

Des attentats il peut y en avoir partout, tout le temps, mais il n’y a pas que ça. On pourrait parler aussi des violences conjugales, des règlements de compte, des blessures de la vie quotidienne mais aussi des catastrophes naturelles. Bref, la liste est longue et n’importe quel urgentiste aguerrie vous dira que des blessures violentes entraînant la mort par hémorragie massive, il peut y en avoir aussi partout, tout le temps.

Un des principes fondamental du secourisme en général et même de la médecine, je pense, c’est de prévoir le pire. Y pensez vous ? Votre IFA vous y a-t-il bien préparé, ou même simplement sensibilisé ? Votre employeur a-t-il ça en tête ? Votre SAMU pense t-il à vous quand il pense DM, votre ATSU sait-il de quoi il s’agit ?

Le « Damage control »

Les attentats de Paris, Nice ou Strasbourg ont été bien vite oubliés et nous constatons que bien des soignants ne sont toujours ni formés ni équipés de garrot ou pansement israélien, par exemple.

Pourtant, en France, il est maintenant facile de se procurer du matériel et surtout de se former. Plusieurs centre de formation proposent des modules tel que le Bleeding control ou le TECC (Tactical Emergency Casualty Care) par exemple . Pour plus de renseignements, contactez nous!

Dans nos ambulances, sans médicaments, la seule chose qui peut sauver une vie c’est le défibrillateur. Rajoutez un garrot (une 50ène d’euros, sans entretien ni date de péremption!) et vous aurez un 2ème outil pour sauver une vie. Pas mal, non ?

Alors, êtes vous prêt à agir ? Prêt à sauver ou regarder mourir… ?

Un outil pédagogique à avoir dans la poche :

Memento Primo – intervenants attentat Damage Control : Rassembler à travers les « maux »

Destiné aux potentiels primo-intervenants (Forces de l’ordre, SMUR, Ambulanciers, Militaires, Pompiers…) ce livret décrit une méthodologie de prise en charge pragmatique en fonction de son niveau de compétence. Ce carnet, fait référence à une technique séquentielle de prise en charge en urgence des blessés lors d’un attentat ou d’une atteinte traumatique sévère.

La première partie aborde les réactions à avoir au moment même de l’attentat, dans l’organisation des secours ainsi que des notions de tri des victimes. La seconde partie, sans doute la « plus intéressante » pour nous, les soignants, traite différentes fiches techniques qui nous concerne en grande partie. Au-delà, d’un caractère purement technique, derrière cet ouvrage, il y a une réelle volonté de rassembler les différents intervenants. J’ai pu échanger avec Monsieur Eric Laguens (IDE smur) qui m’a confié cette réelle volonté. En effet, son parcours professionnel varié a sensibilisé le coauteur à ne pas faire de « différences ». Nous sommes tous soignants, secouristes, sauveteurs…

A ce titre, NOUS, ambulanciers, sommes une réelle source en cas d’événements majeurs ! Dans un plan NovI pourquoi pas mais surtout, ne perdons pas de vue que nous sommes en mouvement permanent, nous sillonnons et quadrillons presque 100% du territoire français, la moitiés du temps avec une ambulance vide de patient. Nous sommes donc des soignants de terrain, des primo-intervenants en puissance.

Ambulancier.fr le site de référence vous propose une offre exceptionnelle : -15% sur le mémento avec envoi en lettre suivie grâce au code : AMBULANCIER

Pour se procurer le mémento : www.medhybride.fr

 

Merci à Eric Laguens pour son aide précieuse.

Bastien B.
Facebook : « bastien ambulancier »
email : ambu.dordogne@yahoo.fr

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