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EMS Nashville, l’immersion d’un ambulancier français

Le stage

L’EMS World expo proposait à quelques privilégiés la possibilité de passer une garde avec l’EMS de Nashville. J’ai pu le faire. J’ai déjà beaucoup parlé dans les articles précédents de nos collègues ambulanciers. Que dire sur le NFD, quelles différences avec les autres? Tout d’abord leurs hallucinantes ambulances, sûrement les plus grosses que j’ai vu.

Comme à Chicago, l’EMS dépend du Fire Department. Une trentaine de casernes dans toute la ville, une ambulance par caserne, et toujours un EMT ou un médic, voir 2 médics. Ici, une fois n’est pas coutume, c’est le Chief qui prend les décisions importantes. J’ai senti un peu moins de pouvoir de décision chez ces collègues là.

Par exemple : nous intervenons pour une jeune femme retardée mentale qui visiblement, fait une crise d’angoisse devant chez elle. Elle est avec tous ses amis, c’est la veille d’Halloween. Les pompiers sont déjà là et ont déjà pris les constantes. Elle va bien, elle a peur de nous et préfère rester avec sa famille. L’ambulancier passe son bilan par radio au Chief qui décidera de la laisser sur place.

Et sinon, toujours, la passion et l’enthousiasme. Je sais, je me répète.

La visite

Enfin, j’ai eu l’occasion de visiter le Vanderbilt Trauma Center de Nashville, ses urgences et son célèbre service héliporté. 16 hélicoptères se partagent l’état du Tennessee (110000Km², 6,5 millions d’habitants).

Les urgences, ça tombait bien, j’y étais la veille, lors de mon stage avec les ambulanciers. J’ai donc pu apprécier la visite d’une salle de déchoquage, sachant que je l’avais utilisée « en vrai » quelques heures plus tard. Voici l’histoire :

Nous emmenons une femme, victime d’une agression au couteau, présentant une large plaie linéaire, profonde, région lombaire, et plusieurs petites plaies pénétrantes, région dorsale. La voie veineuse est posée dans l’ambulance, le bilan passé par radio au médecin référent des urgences, nous sommes attendus. Sans passer par l’IAO, nous fonçons au déchoc’. Là, un tableau figé nous attend dans un silence presque religieux. De mémoire, une dizaine de personnes.

Tous habillés : gants, charlottes, masques, lunettes. Ils se tiennent tous autour du lit, mains en l’air, façon bloc op’. Nous transférons notre victime. Mon collègue me fais signe de venir me positionner sur une croix de vie bleue, peinte au sol.

Je sens dans son geste qu’il faut que je m’exécute promptement. Il se tient à mes côtés, tablette à la main, et se met à réciter notre prise en charge : heure d’appel, d’arrivée sur les lieux, circonstances, traitements, antécédents, heures d’arrivée aux CH…. bref, un bilan plus que complet. Durant cet exposé, très scolaire, le silence de cathédrale est toujours de mise. Il semble que même la patiente n’ose plus gémir de douleur. L’ambulancier termine. Une femme derrière un ordinateur sur pied à tout noté. Je remarque un grand écran qui projette la scène, filmé sous plusieurs angles, dont un 380° au plafond ainsi qu’un immense chronomètre qui c’est déclenché au moment de notre entrée dans la salle . Il y a aussi un plan au mur qui rappel la place de chacun.

Une jeune femme se tient aux pieds de la blessée. Je comprends que c’est le médecin « chef ». Elle brise le silence en demandant à l’ensemble : « avec vous des questions ? [pour l’ambulancier] ». Le chœur répond non, elle salue de la tête mon collègue qui m’invite à me positionner sur une autre case au sol, marquée « observateur ».

Un autre médecin, titulaire sûrement, commence une inspection « tête aux pieds » de la patiente, décrivant à haute voix ce qu’il constate. Chacun observe, en silence. Les infirmières (il n’y a pas d’aide-soignante aux USA) déshabillent, nettoient et « scopent ». Il est temps pour moi de laisser les gens travailler.

Je m’étonne de cette discipline militaire, mon collègue me rétorque que sans cet ordre et cette discipline, des erreurs et des oublis pourraient être fatals. Je crois bien qu’il a raison. Çà me laisse rêveur.

Dans le prochain et dernière article, je vous raconterais ma participation à L’EMSWorld Expo, salon international du secours pré-hospitalier.

Bastien B.

Facebook : « bastien ambulancier »

email : ambu.dordogne@yahoo.fr

 

About Franck - Webmaster

Ambulancier Diplômé, j'ai souhaité mettre à la disposition de tous un outil d'information à but pédagogique pour centraliser le plus d'informations possibles sur le métier d'ambulancier et ce qui l'entoure. Passionné par mon job j'essaie à travers ce site; d'apprendre à chacun à mieux connaitre la profession et en parallèle offrir à mes collègues un outil pour garder leurs acquis à jour.

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One comment

  1. Jai bien aimé votre article qui décrit bien la précision et l’organisation millimétrée des services aux USA.
    Par contre j’ai travaillé 15 ans comme infirmière en Californie et nous avions des aide-soignantes (Certified Nursing Assistants) donc il y en a aux États-Unis.

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