Le risque d’intoxication au monoxyde de carbone (CO) et les ambulanciers

Le risque d’intoxication au monoxyde de carbone (CO) et les ambulanciers

Intoxication au monoxyde de carbone (Co) ça vous parle ?

Sorti des IFA les ambulanciers sont-ils sensibilisés aux risques du monoxyde de carbone (CO) ? Si cela fait partie des cas abordés en formation notamment au module 2 état clinique, il n’est pas sûr que cela leur reste en tête devant le peu de cas auxquels ils seront confrontés dans la vie courante.

Mais pourtant ce fameux monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité accidentelle par substance toxique en France et les ambulanciers sont en première ligne. Car tous les jours ils se rendent aux domiciles de patients aussi bien pour des prises en charges relevant de l’UPH (Urgence Pré Hospitalière), qu’itératives (répété plusieurs fois = consultations, séries, etc.…).

Les lieux de travail sont aussi une source d’intoxication en fonction du type d’activité.  Il est important de ce fait que les ambulanciers soient initiés aux risques et par la même occasion équipés d’appareil de détection au même titre que les médecins SOS, facteurs (dans certains secteurs), agents du gaz, sapeurs pompiers, etc.…

Si la loi française oblige dorénavant la présence de détecteur chez les particuliers, il n’en demeure pas moins que peu d’habitations en sont dotées, et si oui, encore faut il que ces détecteur soient en bon état de fonctionnement.

Il est important que les intervenants que sont les ambulanciers soient équipés. Car chaque hiver, mais aussi en période de redoux les intoxications au monoxyde de carbone concomitantes à la période de chauffe font des milliers de victimes.

Pour info en 2016/17, 1 041 épisodes d’intoxication au CO survenus par accident et impliquant 3 540 personnes ont été signalées au système de surveillance de Santé publique France et avec  malheureusement une centaine de décès en moyenne par an à la clé. Pour éviter ces intoxications et ces morts éventuelles il faut d’abord connaître les symptômes et savoir identifier les situations à risques ainsi que les mesures préventives pour éviter ces intoxications.

Ainsi l’ambulancier aura une action de prévention santé (rôle pour les ambulanciers que j’ai déjà abordé) et qui me semble importante mais aussi une attitude professionnelle dans le cadre de l’UPH.

Qu’est ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone (CO) est un produit de la combustion des matières organiques carbonées (bois, charbon, gaz naturel, gaz butane, mazout de chauffage) dans des conditions d’apport insuffisant en oxygène, qui empêche l’oxydation complète en dioxyde de carbone (CO2).

Les gaz brûlés émis par ces appareils contiennent toujours une petite quantité de CO, la combustion étant toujours incomplète. La quantité de CO qui se dégage est influencée par l’apport d’air frais et l’évacuation des gaz brûlés.

Pour une combustion efficace, l’appareil doit être correctement installé et les brûleurs bien réglés. Un usage inapproprié peut produire du monoxyde de carbone. Le monoxyde de carbone est incolore, inodore, insipide et non irritant, ce qui le rend difficile à détecter pour les personnes exposées.

tableau périodique - monoxyde carbone - site ambulancier

Monoxyde de Carbone et interaction sur la santé

Les symptômes dépendent de la durée de l’exposition et du taux de monoxyde de carbone dans le sang. C’est pour cela que de par ces connaissances (Module 2) l’ambulancier doit être capable  d’identifier ou de penser à une intoxication au CO.

L’intoxication subaiguë est souvent trompeuse : les symptômes sont peu évocateurs associant une fatigue, des maux de tête, des troubles de la mémoire, des troubles de concentration et des palpitations (pouvant même faire penser à un syndrome grippal). Attention quand même à ne pas transformer tous les états grippaux en intox au CO.

En cas d’intoxication aiguë, les signes cliniques sont peu spécifiques et le plus souvent associés : maux de tête, vertiges et vomissements. Mais certaines présentations sont trompeuses : il faut donc aussi penser à une intoxication en cas de confusion mentale, d’agitation ou de désorientation. Le détecteur sera la pour affiner le bilan au même titre que le lecteur de glycémie capillaire.

Faire attention aussi en cas de manifestation des symptômes chez plusieurs patients simultanément et/ou animaux domestiques. Une intoxication grave peut entraîner un coma ou des convulsions et aller jusqu’à l’ACR. L’intoxication de la femme enceinte est toujours potentiellement grave, le monoxyde de carbone passant la barrière du placenta. Ainsi l’état clinique de la mère ne reflète pas l’impact sur le fœtus.

Pour rappel le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine pour former une molécule stable, la carboxyhémoglobine. L’hémoglobine s’associe avec le monoxyde de carbone plutôt qu’avec l’oxygène, et cette fixation est irréversible. Pour une concentration de 800 ppm de CO dans l’air, 50% de l’hémoglobine se bloque sous forme de carboxyhémoglobine.

Il en résulte une diminution de l’oxygénation cellulaire nocive pour le système nerveux central mais aussi pour le muscle cardiaque. Le monoxyde de carbone absorbe le rayonnement infrarouge d’où les paramètres peu fiables avec les saturomètres.

Conduite à tenir en cas d’intoxication au monoxyde de carbone

En cas d’intoxication au monoxyde de carbone l’ambulancier doit soustraire immédiatement la victime de l’exposition sans se mettre soi-même en danger et lui administrer de l’oxygène, en associant un examen clinique complet et le passage d’un bilan au SAMU centre 15. Ainsi le module 1 sera appliqué en corrélation avec le module 2 :

Pourquoi de l’oxygène ? Car, le principal traitement médical pour une intoxication au monoxyde de carbone est l’inhalation d’oxygène à 100 % au MHC (masque a haute concentration). L’oxygène a pour effet d’accélérer la dissociation du monoxyde de carbone de l’hémoglobine. L’oxygènothérapie hyperbare (caisson) est également utilisée dans le traitement de l’intoxication au CO. L’oxygénothérapie hyperbare augmenterait la dissociation de la carboxyhémoglobine dans une plus large mesure que l’oxygénothérapie normale.

Il est important, autant que possible de ventiler les locaux, habitations etc.…

Equipement de détection du CO

Pour une bonne protection des intervenants le mieux est d’investir dans l’achat  d’un détecteur individuel portatif. Il est dommage d’entendre des responsables de sociétés d’ambulances refuser l’achat de se genre de matériel aux prétextes du coût, du peu d’utilisation, de la matério-vigilance, etc.…

Mais quel sera le coût de prise en charge de l’employeur ou de l’assurance maladie en cas d’exposition de l’un de ses employés ou de l’équipe ambulancière complète. Si le faible temps d’exposition au monoxyde de carbone durant l’intervention au domicile pourrait être un argumentaire plausible, il n’en reste pas moins faux. En effet si l’on doit tenir compte du temps d’exposition il faut aussi et surtout tenir compte de la concentration de gaz dans le lieu d’intervention. Ainsi plusieurs cas d’intoxication ont été rapportés sans que les équipes de primo intervenant restent des heures sur place.

Certains argumenteront ce refus d’équipement par le renfort éventuel d’une équipe SMUR ou de sapeurs-pompiers. Mais encore faut-il que leur matériel soit en bon état de fonctionnement. Là aussi des dysfonctionnements ont déjà été signalés (quand l’un se mettait en alarme l’autre n’affichait rien).

Le détecteur portable fait parti à par entière des EPI au même titre que les chaussures de sécurité EN ISO 20345 et les vêtements aux normes EN 471, etc.

Il faut compter à partir de 150 euros environs pour l’achat de ce genre de détecteur ce qui pour une société est faible en investissement surtout, si juste les ASSU sont équipées. D’autant que certains de ces détecteurs ont une durée de vie de deux ans et ne demandent aucun entretien. Ils sont jetables par la suite.

lot détecteurs monoxyde carbone - site ambulancier

Consignes de sécurités et de prévention

  • Avant l’hiver, faites systématiquement vérifier et entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude, ainsi que les conduits de fumée (ramonage mécanique) par un professionnel qualifié dans votre résidences principale et secondaire le cas échéant ;
  • Tous les jours, même quand il fait froid, aérer au moins 10 minutes votre logement ;
  • Maintenez vos systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement et n’obstruez jamais les entrées et sorties d’air ;
  • Respectez systématiquement les consignes d’utilisation des appareils à combustion indiquées par le fabricant : ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu ; ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, barbecue, etc.
  • Placer impérativement les groupes électrogènes et moteurs à l’extérieur des bâtiments

Sources : ars, inrs, samu/smur de France

http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2009/04/cir_3603.pdf

http://www.inrs.fr/dms/ficheTox/FicheFicheTox/FICHETOX_47-1/FicheTox_47.pdf

https://urgences-serveur.fr/intoxication-au-monoxyde-de,289.html

Secours Expo 2017

Secours Expo 2017

Secours Expo : le salon 2017

Samedi 4 février à Paris porte de Versailles se déroulait le dernier jour de Secours Expo 3 ème du nom. L’occasion pour moi d’aller voir ce qu’il ci passait, et de vérifier si cette 3 ème édition était égale aux autres, mais aussi de faire profiter ceux et celles d’entre vous qui n’ont pas eu l’occasion ou le loisir de venir, en partageant quelques photos. 

Si le salon se déroulait dans le même hall d’exposition que les autres années au parc des expositions de Paris (porte de Versailles) j’ai trouvé cependant qu’il était plus intimiste. Faute au manque de véhicules exposés ? À la météo maussade ? Ou un samedi matin avec peut être l’effet départ en vacances de la zone c. Cependant l’après midi il y avait un déjà un peu plus d’affluence.

Les ambulanciers présent cette année à Secours Expo

Au cours de ma visite qu’elle ne fut pas ma surprise de trouver des ambulanciers….car si les deux premières éditions étaient dépourvues d’ambulanciers, cette année la profession était enfin représenter. A commencer par la société Assistance Ambulances de Nantes qui avait un stand avec une assu connectée et qui donnait rendez vous aux visiteurs tout au long de la journée afin d’assister à des démonstrations de prise en charge.

Le clou de ces démos étant probablement la réalisation d’une prise en charge 15 avec un bilan ainsi que le recueil de toutes les informations liées au patient et la télétransmission au SAMU accompagner d’un électro cardiogramme tout cela réaliser à l’aide d’une solution nomade développée par la société « NOMADEEC ». L’on a pu assister aussi à une démonstration de montée et descente d’un escalier à l’aide d’une chaise à chenille.

Pour les ambulanciers privés le CATSUF (Collectif Ambulancier des Transports Sanitaires et d’Urgences de France) était présent avec un stand et participait aux démonstrations, et répondait aux questions que peuvent se poser les visiteurs mais aussi nos collègues sur notre profession. Les ambulanciers hospitalier quand a eux n’étaient pas en reste puisque le bureau directeur de l’AFASH (Association Française des Ambulanciers Smur et Hospitaliers) a participer vendredi 3 à une conférence sur la place des ambulanciers dans la chaine des secours.

Ecole, matériels et véhicules

Les écoles de formation pour ambulanciers étaient aussi de la partie avec des stands et la présence de formateurs de l’AFTRAL et de la Croix Rouge permettant ainsi de prendre contact et d’obtenir des renseignements sur les conditions d’entrée dans les écoles et les prochaines dates de sessions.

Côté exposant pur, comme d’habitude il y avait une multitude de stands, passant des livres et revues, l’occasion de trouver sur les étals le livre sur la mobilisation réaliser par la société FISTEL dont nous avons déjà parler, aux équipement en EPI ou en sacs et pochettes en tout genre et en présentation de nouveaux matériels, l’occasion de découvrir une nouvelle planche à masser chez CORPULS.

La prise en charge des hémorragies était toujours autant présente en ces temps toujours marqués par les attentats, et l’on a même pu assister à une démonstration de l’armée française dans la prise en charge des blessés en zone de combat. Au niveau véhicule pas grand-chose, mais de la qualité en puissance puisque la société BAUS présentait 4 ambulances deux fourgons tôlés, et deux cellules dont une ASSU magnifique aux couleurs d’Assistance Ambulance sur châssis Mercedes et en poids lourd de surcroît.

Bref comparativement aux années passées les ambulanciers étaient enfin représentés dans ce salon unique sur le monde du secours en France ce qui est une bonne chose, preuve que les mentalités ont changées ces dernières décennies et que les ambulanciers sont enfin reconnu comme faisant partie du système de secours et de soins en France.

Fistel Formation et la formation des ambulanciers

Fistel Formation et la formation des ambulanciers

Formation des ambulanciers, la difficulté du maintien des acquis

Malheureusement depuis quelques semaines les vacances d’été sont finies, les « grandes vacances en langage scolaire », c’est pour cela qu’en cette période de rentrée des classes en IFA (institut de formations pour ambulanciers) nous allons parler formation. En matière de formation le sujet est vaste et houleux quand on parle de formation pour les ambulanciers (auxiliaires compris), entre formations obligatoires, et formations conseillées, entre désir de l’employé et bon vouloir ou obligation de l’employeur…. Il n’est pas toujours facile de trouver chaussure à son pied et c’est dommage. Quelques ambulanciers diplômés depuis 4 ans ont la « chance » de pouvoir faire leur réactualisation d’afgsu mais pour le reste ?

Une société qui se démène pour la formation des ambulanciers

Depuis quelques années en parcourant les allées des différents salons ou congrès consacrés à la profession on s’aperçoit qu’il y a pléthore de stands de matériel, logiciels, et de véhicules mais difficile de trouver des stands traitant de la formation. Aussi sur Intéressons-nous à une jeune société qui fait de la formation pour les ambulanciers par des ambulanciers. 

Cette entreprise sort du lot des sociétés de formations qui s’adressent aussi bien aux infirmières, qu’aux aides-soignantes, qu’aux ambulanciers en passant par les autres professions de santé puisque là c’est vraiment ciblé avec une vraie connaissance de notre métier et c’est une nouveauté. Nous allons donc parler de la société Fistel Formation, basée dans le 74 et qui a maintenant 4 ans d’existence. Dès le début de sa création Fistel s’est orienté vers la formation continue pour les ambulanciers répondant ainsi à une nécessité.

fistel formation, formation des ambulanciers

Son implication dans le domaine de la formation des ambulanciers

L’avantage de cette structure c’est que l’équipe est vraiment capable de s’adapter et de faire du sur mesure et sait de quoi elle parle. Quand on discute avec Philippe Voyer Luc Chanel on s’aperçoit tout de suite que l’on parle avec des ambulanciers passionnés et qu’ils ont pleins de projets et d’envie pour la profession. Parmi les choses qui m’ont marqué ; c’est l’implication de fistel dans la formation continue des formateurs de l’atsu 74, avec un vrai cahier des charges et un vrai partenariat avec le cesu.

Il est étonnant pour moi parisien de voir une structure comme l’atsu avoir ces propres formateurs, avec des journées de recyclage et un vrai programme de formation, le tout mis en place par les formateurs atsu avec en arrière fond l’équipe Fistel. Il est ainsi au cours de deux jours de face à face pédagogique mis en place un programme pour l’année en cours avec des items.

L’équipe de Fistel formation, intervient aussi sur plusieurs modules du DEA dans des IFA du sud-est de la France, formant ainsi les futurs professionnels du monde du transport sanitaire et se faisant connaître et reconnaître en même temps.

A noter aussi l’adaptation aux demandes des clients, de manière à être capable pour une entreprise de transport sanitaire faisant de l’appel 15 d’orienté la formation sur l’urgence, afgsu initial, ou réactualisation, damage control collant du coup à l’actualité…..mais aussi de la prise en charge de patient chroniques, ou bien de la mobilisation de patients et de l’ergonomie avec la possibilité de se déplacer avec un lit médicalisé et du matériel adapté.

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Ouvrage et mobilisation des patients

D’ailleurs début novembre Fistel formation, verra se concrétiser un projet de longue haleine : la sortie d’un livre sur la mobilisation des patients et l’ergonomie pour les ambulanciers et autres intervenants dans la prise en charge des patients sur le « terrain ». Ce livre est accompagné de photos, vidéos qui permettront de visualiser les techniques présentées. C’est le genre de livre qu’un ambulancier ou un auxiliaire mais aussi les formateurs se doit d’avoir dans sa bibliothèque (SETES édition).

Les auteurs de ce livre sont

  • Luc Chanel, ancien ambulancier SMUR, ergonome (master2), gérant de LC ergonomie, formateur en IFA, IFAS, IFSI, formateur AFGSU
  • Philippe Voyer, ancien ambulancier SMUR, président d’une entreprise d’ambulances et gérant de Fistel Formation, formateur de formateur, diplôme universitaire de formateur en manutention des patients, formateur en IFA, formateur AFGSU de Fistel formation, en collaboration avec :
  • Laurent Facon (qu’on ne présente plus), formateur de formateur, directeur d’IFA et auteur de plusieurs manuels de formation pour ADE ou AA

Aussi quand on voit le cursus des auteurs, on ne peut qu’être agréablement surpris de la qualité d’enseignement et de se dire que la formation pour ambulanciers est en bonne voie et devrait avec des structures comme celle-ci, tiré vers le haut la profession, avec comme pour beaucoup de profession avoir un panel de formation autres que celles de base.” et ci joint les photos d’accompagnement

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Plus d’informations

http://www.fistel-formation.com/

Ambulancier prévention et éducation

Ambulancier prévention et éducation

L’ambulancier acteur de la prévention ?

En pleine période de mise en place des détecteurs de fumées dans les habitations, conformément à la loi, mais aussi en plein débat de la loi santé de la Ministre Marisol Touraine http://www.gouvernement.fr/action/la-loi-de-sante faisant de la prévention une priorité, une question se pose :

L’ambulancier peut-il être un acteur actif de la prévention et de l’éducation au sein de la population au même titre que d’autres professions ?

En effet si l’ambulancier a des bases de prévention des dangers notamment par rapport au module 3 (hygiène) et du module 4 (manutention) de son diplôme d’état, ces notions ne concernent que son patient, son auxiliaire et lui-même. Au cours de sa formation l’ambulancier diplômé d’état abordera les risques  infectieux, les risques de chutes, et les risques liés à la conduite. Or ses connaissances ne seront mises en pratique qu’au moment du transport sanitaire. Malheureusement le reste du temps ces savoirs ne sont pas mis à profit par manque de temps, et d’investissement de la part des ambulanciers, et c’est bien dommage.

On pourrait donc penser que l’ambulancier puisse avoir un rôle plus actif auprès des patients et de leur entourage,  ceci dans une démarche de santé publique. Démarche facilitée de part son métier, ses acquis et sa place dans la chaine des secours, afin de faire de la prévention des risques de la vie, une véritable plus value.

Prévention, l’exemple anglo-saxon

Plus value déjà mise en place par certains, notamment par les  paramédics titulaire du PHTLS  qui font de la prévention et de l’éducation pré-évènementiel. Cependant dans les pays anglo-saxon et plus précisément grâce à la National Association of Emergency Medical Technicians (NAEMT) cette pratique est très ciblée sur les traumatismes et a permis au fil des années de réduire les accidents et leurs répercussions.

Grâce au travail du Dr William J. Haddon qui a mis au point la Matrice de Haddon en 1970, démontrant qu’un accident est une suite de phases temporelles à savoir :

  • Le Pré-évènement ;
  • Pendant l’évènement ;
  • Le post évènement ;

Et du coup la compréhension et l’analyse de ces phases permet de mettre en œuvre des actions de prévention et d’éducation afin de modifier les comportements, réduisant ainsi la mortalité, le nombres de traumatismes et leur coût de prise en charge pour la société, sans oublier l’aspect psychologique pour les accidentés. Adaptée a notre système cette prévention permettrait de réduire les risques, les victimes, et les frais de santé participant ainsi a l’effort général tout en œuvrant pour le bien de la population. Principes que l’on pourrait apparenter à la théorie du CARE qui allie attention, soin, responsabilité, prévenance, entraide et plus…

Implication de l’ambulancier dans la prévention

Si les ambulanciers français agissaient ainsi, il y a fort à parier que le regard de la population mais aussi des pouvoirs publics changerait à leurs égards, venant compléter ainsi le travail fait actuellement par des associations de défense et de reconnaissance de la profession ambulancière, mais aussi du rapport de l’ONPA. A titre d’exemple, les quelques actions menées dans le sens de la prévention et de l’éducation par des ambulanciers privés ont été appréciées par les personnes qui ont pu en  bénéficier et ont donné une autre image que celle réductrice de transporteur sanitaire.

Exemples : fourniture de gilets haute visibilité a des écoliers pratiquant le pédibus, ou bien démonstration et découverte de l’ambulance et de son matériel, participation à des initiations aux gestes de premiers secours http://www.estrepublicain.fr/loisirs/2014/11/26/les-ambulanciers-en-demonstration ou dans des écoles avec des cadeaux remis aux élèves, et tout cela pour des coûts modérés. En pratiquant ainsi les ambulanciers pourraient au même titre que les sapeurs pompiers qui forment la population aux gestes d’urgences mais qui font aussi de la prévention (détecteurs de fumés et de monoxyde de carbone), ou les forces de l’ordre qui font de la prévention pour la sécurité routière (dans les écoles notamment) devenir des acteurs incontournables de la prévention en France.

Les ambulanciers pourraient ainsi faire de la prévention pour les problèmes de santé en général tels que les infarctus, les AVC, les accidents ménager, etc.…  mais aussi prévention des chutes et pourquoi ne pas expliquer en quelques mots les gestes de premiers secours, en procédant de cette manière la prévention permettrait la reconnaissance des signes, réduisant de fait le temps entre l’apparition des symptômes et l’appel au centre 15 en permettant des prises en charges plus rapide (AVC). Il existe en plus des moyens simples tels que le « score » FAST pour pouvoir faire cette éducation.

Conforter sa place de professionnel de santé

Au final l’ambulancier deviendrait et conforterait sa véritable place de professionnel de santé. Pour cela il faudrait que les chefs d’entreprises des sociétés de transports sanitaires acceptent ce genre d’actions en les généralisant ;  de façon à ce qu’elles ne restent plus marginales et finissent par avoir un impact national. Mais il faudrait aussi que les ADE (ambulanciers diplômés d’Etat) acceptent ce rôle en s’impliquant plus qu’ils ne le font actuellement.

Dans l’optique d’une refonte du diplôme d’ambulancier, on pourrait même aller beaucoup plus loin, en rajoutant un module sur la prévention et les risques de santé (M9) permettant de compléter les connaissances des ADE et de rendre cette notion de prévention incontournable. Le diplôme d’état d’ambulancier s’étofferait d’un module de santé publique visant à promouvoir, à protéger, à améliorer et, le cas échéant, à rétablir la santé de personnes, de groupes ou de la population entière. Ce qui est déjà quelque part le rôle des ambulanciers et rendant ainsi en quelque sorte a César ce qui appartient a César.