911 : le centre de régulation des appels de secours au Canada

911 : le centre de régulation des appels de secours au Canada

Un concept à la fois très célèbre et très peu connu : le 911 

Bonjour à tous, chers amis français (le genre masculin est utilisé pour alléger le texte). Comme vous le savez maintenant je suis étudiant paramedic au Québec, rendu possible par l’obtention d’un permis d’études (voir l’article comment sont formés les paramedics au Québec pour en savoir plus). Ce permis d’études autorise à travailler pendant 20h chaque semaine durant les sessions (voir également l’article plus haut pour savoir qu’est ce qu’une session) et en illimité durant les vacances. Pour ma part, avoir avoir été projectionniste, puis agent d’intervention dans un centre jeunesse, je me suis naturellement tourné vers la centrale 911 de ma région qui recrutait justement !

911- salle de régulation - Canada - Québec

Le 911 c’est quoi ?

Le 911 c’est l’équivalent du 15, 17, 18, 112, 104, 901, 1616, et autres numéros d’urgence européens ou dans le monde… C’est un numéro d’urgence en vigueur pour l’ensemble du Canada et des États-Unis, mais qui ne se limite pas à ça, qui traite l’ensemble des appels d’urgence à l’échelle des régions. L’article d’aujourd’hui a pour but de faire la lumière sur cet univers peu connu mais souvent fantasmé…

Comment ça fonctionne le 911 ?

Tout d’abord, il faut comprendre que dans l’organisation du 911 il existe des centres primaires, qui vont donc décrocher l’appel d’urgence et être les premiers en communication, et des centres secondaires, qui vont approfondir l’appel selon la nature de ce dernier, médical, incendie ou police. Il arrive souvent que dans une même centrale il y ait à la fois un centre primaire et un ou des centres secondaires. 

Par ailleurs, toutes les municipalités peuvent choisir le centre d’appels d’urgence avec lequel elles veulent travailler mais le centre secondaire est souvent prévu par une loi… Pour prendre un exemple concret c’est comme si vous habitiez Marseille, vous composez le 112 et c’est un opérateur de Bordeaux qui vous répond parce que la ville de Marseille a choisi de prendre Bordeaux comme centre d’appels d’urgence primaire 911 pour X raisons…

L’opérateur prend la localisation de l’appel, votre nom, la nature de l’urgence… et détermine que votre appel est de nature médicale : il va vous rebasculer, en présentant les données obtenues évidement, au « CCS » (Centre de communication santé – le fameux centre secondaire spécialisé dans le médical) de Marseille, qui va pouvoir questionner sur le plan médical puisque les agents présents dans ce centre y sont spécifiquement formés.

J’espère ne pas vous avoir perdu jusqu’ici ! Pour résumer, la centrale 911 fait affaire avec les villes qui versent un pourcentage selon leur population chaque année. Les appels 911 sont reçus dans le « centre primaire » qui détermine la nature de l’urgence et envoi l’appel au centre secondaire approprié.

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Une perte de temps me direz-vous ?

Et bien non ! En réalité une grosse partie de ces centrales portent plusieurs chapeaux en même temps ! La centrale dont je fais partie, par exemple, est un centre primaire 911 mais également un centre secondaire médical et incendie. Les seuls appels que nous transférons à un autre intervenant sont donc les appels de nature police… Lors d’un appel dans une municipalité couverte par la centrale où j’exerce, l’appelant n’aura donc qu’un seul interlocuteur du début à la fin si son appel est de nature médicale ou incendie.

Pour ceux qui ont tout compris jusqu’ici : félicitations ! Je vous invite à consulter l’article comment sont formés les paramedics au Québec vous avez sûrement un avenir dans cette branche si vous décryptez mes explications !

L’organisation d’une centrale 911 : qui est là-dedans ?

Sur le « plateau », c’est à dire dans la centrale aux postes de travail, il y a au minimum

Un chef d’équipe

Il a pour rôle d’écouter en double l’appel du preneur d’appels et de corriger si nécessaire les décisions prises, le preneur d’appels qui comme son nom l’indique, décroche les appels 911;

Un répartiteur santé

Il envoie les ambulances sur les interventions et gère les communications radio, les demandes de transferts interhospitaliers, et enfin

Le répartiteur incendie

Il est le « backup » du répartiteur santé et accessoirement s’occupe de la gestion des moyens incendie et des communications radios en cas d’intervention de leur part.

911- salle de régulation - Canada - Québec

A quoi ressemble une journée de travail ?

Les quarts de travail sont très variables, ça va de 3h30 de travail jusqu’à 12h en fonction des besoins. Il y a un roulement d’équipes mais les étudiants n’y sont pas rattachés car nous n’avons pas les mêmes disponibilités… Le poste est assigné par le chef d’équipe en fonction des qualifications de chacun, preneur d’appels, dispatch santé ou incendie.

Quels diplômes ?

Aucun diplôme n’est exigé pour travailler en centrale, mais il en existe néanmoins un, l’AEC répartiteur en centre d’appels d’urgence, dispensée au collège Montmorency notamment.

Selon l’employeur pour lequel le répartiteur travaille, il est possible d’obtenir certains diplômes, dont le diplôme de répartiteur médical d’urgence avancé et le diplôme de répartiteur d’urgence incendie, ces deux diplômes étant délivré par l’Académie Internationale de répartition d’urgence, basée à Salt Lake City (USA).

Voilà je pense que je vous ai assez malmenés comme ça, un prochain article suivra pour approfondir ce sujet avec notamment les codes radios et les codes Clawson !

Paramedic au Québec, oui mais que faire après la formation ?

Paramedic au Québec, oui mais que faire après la formation ?

Le Québec, votre formation de Paramédic en Poche

Bonjour tout le monde ! Me revoici pour un article concernant les débouchés avec la formation du DEC en soins pré hospitaliers d’urgence, traitée dans les articles précédent. Que faire avec votre formation de Paramédic au Québec ?. Vous avez votre DEC en soins préhospitaliers d’urgence (SPU) en poche, vous avez réussi votre PNIC (programme national d’intégration clinique) et êtes donc enregistré au registre national de la main d’oeuvre, qui vous fourni votre matricule (format X0000), quoi faire avec tout ça ?

Différents types d’employeurs

Il faut savoir que le Québec compte 3 types de compagnies ambulancières qui recrutent desparamedic : les coopératives, les compagnies privées et la corporation publique d’Urgence-Santé.

Les coopératives appartiennent à leurs membres, ce sont des compagnies qui ne cherchent pas à faire du profit et réinvestissent leurs bénéfices dans l’entreprise, en matériel ou en ressources humaines généralement. Il y en a plusieurs au Québec qui, en général, regroupent plusieurs points de service, c’est à dire plusieurs casernes dans lesquelles vous pouvez être amené à naviguer avant d’obtenir un poste permanent dans une caserne donnée.

Les compagnies privées, ou plutôt « para-publiques » sont des entreprises en gestion privée, avec un conseil d’administration, qui a donc pour but de faire des bénéfices pour les reverser aux dirigeants de l’entreprise ou à des actionnaires. Qu’on se rassure on ne parle pas d’entreprises similaires à celles trouvées en France : le dirigeant d’une entreprise privée a des obligations en terme de véhicule, de matériel, de formation, auxquelles il ne peut déroger.

Enfin la corporation d’urgence-Santé a un statut particulier puisque son statut est public et dépend donc directement du ministère de la santé et des services sociaux. Les paramedics qui y travaillent ont un statut de fonctionnaire et ont en charge le territoire de Montréal et Laval.

Toutes ces compagnies, quel que soit le statut, reçoivent des subventions publiques afin de maintenir un service de secours permanent auprès de la population.

Il va de soi que la majeure partie de ces compagnies recrutent, si on parle d’urgence-Santé c’est environ 650 paramedics recherchés sur 3 ans, ou DESSERCOM une trentaine de paramedics selon les secteurs. Presque toutes les compagnies ont des sites internet sur lesquels il est possible de déposer des candidatures spontanées une fois la formation en poche.

Des équipes spécialisées

Chez certains employeurs, il existe des équipes spécialisées en fonction de certains besoins spécifiques, on notera par exemple ces dernières :

  • Équipe aéroport
  • Événements exceptionnels (manifestations…)
  • Équipe médicale tactique (accompagne la police)
  • Équipe de formation
  • Etc…

Vous avez également la possibilité de devenir pair aidant pour venir en assistance aux collègues nécessitant une prise en charge psychologique suite à une intervention.

Vous pouvez également prétendre à devenir superviseur au bout de quelques années d’expérience. Le superviseur a la tâche d’organiser l’horaire sur une période de temps donnée (remplacements et autres), de palier à un problème technique (véhicule en panne par exemple), de recueillir les plaintes éventuelles ou les observations d’une équipe ou d’une personne extérieure, il a également un rôle opérationnel (rôle de chef trieur sur les situations à victimes multiples par exemple) ou de soutien, comme sur un arrêt cardiaque.

Naturellement, des employeurs plus « exotiques » recrutent également des paramedics : mines, plate-forme offshores, associations humanitaires, organisations internationales, etc…

J’espère que ces explications ont pu vous éclairer sur les différents lieux possibles d’exercice, et comme d’habitude je vous reviens prochainement avec un nouvel article !

Comment est formé un Paramedic au Québec ?

Comment est formé un Paramedic au Québec ?

Introduction au système du Paramedic du Québec

Tout d’abord commençons par le début, il existe trois niveaux de soins au Canada et deux au Québec. Les paramedics de soins primaires et les paramedics de soins avancés, la troisième catégorie étant les paramedics de soins critiques. Le paramedic de soins primaire est le premier échelon de la réponse pré-hospitalière québécoise et c’est par cette voie que tout paramedic commence. Tout comme je le fais actuellement. Il faut avoir en tête qu’à la sortie du secondaire (l’équivalent du collège et du lycée combinés pour nous français), le québécois a devant lui une étape supplémentaire avant d’accéder à l’université : le CEGEP (Collège d’Enseignement Général et Professionnel).

Qu’est-ce que le CEGEP ?

Le CEGEP est une institution qui n’existe qu’au Québec et qui se divise en deux voies : la voie pré-universitaire avec des programmes tels que sciences humaines, sciences de la nature, arts lettres et communication, danse et arts visuels, histoire ; et la voie technique comme technique en soins pré-hospitaliers d’urgence, technique policière, technique en soins infirmiers, technique en comptabilité et gestion, technique en analyses biomédicales…

Naturellement la formation qui nous intéresse ici est la technique en soins pré-hospitalier d’urgence qui permet d’accéder au métier de Technicien Ambulancier Paramedic (dénomination officielle).

Le diplôme dont il s’agit ici est un DEC (Diplôme d’Etudes Collégiales) qui dure trois années. Chaque année étant divisée en deux sessions d’environ quatre mois : une session d’août à décembre et une autre de janvier à mai, soit six sessions en tout. Il y a une multitude de CEGEP au Québec, certains acceptent les étudiants internationaux et d’autres non, certains exigent des tests à l’entrée et d’autres non, certains sont petits, moyens, grands, énormes. Bref vous l’aurez compris chaque CEGEP est différent et a ses exigences, il n’y en a pas de « meilleur qu’un autre »…

Les cours ont l’air de quoi ?

Dans un DEC technique on trouve des cours techniques comme la réanimation, le déplacement sécuritaire, l’intervention en situations médicales, intervention en situations traumatiques, problèmes de comportement, situations particulières, l’approche pré-hospitalière du patient version médicale et version traumatique, l’introduction à la profession, la pharmacologie, l’éthique, …

Tous ces cours techniques sont enseignés par des professeurs qui sont eux-mêmes des techniciens ambulanciers paramedics, ce qui permet de pouvoir bénéficier d’une expertise terrain appréciable.

Certains cours ont plusieurs niveaux, comme la réanimation qui a trois niveaux différents correspondant à trois niveaux de prise en charge. En réa I on pratique la réanimation de base avec défibrillateur et massage tel un citoyen lambda, réa II on intube, on ventile au BIPAP, on se sert d’un MDSA (Moniteur Défibrillateur Semi-Automatique), on commence à se déplacer avec le patient tout en manœuvrant.

En réa III enfin on continue tout ceci mais en rajoutant des médicaments à administrer et avec des situations particulières, la réanimation chez une femme enceinte, un enfant obstrué en arrêt, un brancardage sur planche avec manœuvres de réanimation et matériel sur le dos…

Plusieurs cours sont à double seuil. C’est à dire qu’on ne peut réussir le cours si l’on n’a pas réussi à la fois la pratique et la théorie. Il y a pour chaque cours au moins un examen de mi-session, et un examen de fin de session..

Au-delà des cours techniques, nous suivons également des cours généraux ! Bonjour français, anglais, philosophie, conditionnement physique, sociologie, psychologie, biologie, microbiologie, cours complémentaire (de notre choix dans une liste donnée)… Les cours généraux sont également à niveaux, et comme tous les cours il peut y avoir des pré-requis (par exemple tu ne peux pas suivre réa II si tu n’as pas réussi réa I, etc…).

A l’issue du cours de français III, un examen provincial (qui concerne tout le Québec) a lieu et permet d’évaluer les étudiants sur leur capacité à maîtriser le français grâce à une dissertation critique (ne vous inquiétez pas ça s’apprend très bien).

La notation ?

Les notes au Québec sont exprimées en pourcentage. La moyenne se situant à 60%. Si vous avez 50% à la mi-session et 70% à la fin de session, good job vous passez, selon la pondération naturellement (le poids de chaque évaluation). Si votre note finale est inférieure à 60% vous « coulez », et contrairement à la France on ne redouble par au Québec, on « reprend » le cours à la prochaine session où il se donne, avec le risque d’alourdir notre emploi du temps ou de carrément rallonger sa formation…

Les bourses ?

Il existe des bourses au sein de la formation mais qui ne sont pas, comme dans d’autres pays, liées à vos revenus. En effet, les bourses sont ici au mérite ! Il existe par exemple des bourses d’excellence pour chaque année de chaque programme, des bourses si vous avez une limitation fonctionnelle (un handicap par exemple),  une si vous êtes une fille dans un métier traditionnellement masculin ou si vous étudiez en même temps que vous vous occupez d’une famille etc. 

Certaines bourses sont automatiques. C’est à dire que vous n’avez rien à faire pour l’obtenir comme les bourses d’excellence qui se basent sur les meilleurs résultats, d’autres nécessitent que vous candidatiez pour vous vendre un peu et une sélection est faite parmi les candidatures reçues.

Le coût de la formation paramedic au Québec?

Bonne nouvelle pour les frenchies ! La France a des accords avec le Québec qui permet que les français payent les mêmes droits de scolarité qu’un québécois ! Alors naturellement le coût d’une session dépend de chaque CEGEP mais dans le mien (Val d’Or) la session coûte autour de 170$CA (1$CA=0.65e à l’heure où j’écris ces lignes), donc à vos calculatrices messieurs dames…

Il faudra payer de votre poche les livres, plus ou moins chers (merci la biologie…), l’uniforme (environ 130$ vous serez équipés avec un pantalon, un polo, des rangers, un ceinturon, et votre matériel stéthoscope, lumière pour reflex pupillaires, pocket-mask, gants etc…), et votre repas (il y a toujours normalement des cafétérias ou des « bistrots étudiants » dans les CEGEP…).

Les stages ?

La formation en soin pré-hospitalier est donc, vous l’avez compris, un DEC de trois années, durant laquelle vous aurez lors de la première session un premier stage à faire en tant qu’observateur ;  sur un quart de travail avec une équipe de paramedics. Durant ce stage, qui porte bien son nom (stage d’observation) vous…observerez les paramedics travailler afin de vous assurer qu’il s’agit là du métier pour lequel vous êtes faits (j’espère néanmoins que vous vous poserez la question bien avant).

Par la suite, vous aurez le loisir d’effectuer autant de stages que vous le souhaitez auprès des compagnies qui vous intéressent, après l’accord du superviseur de la dite compagnie et celui de votre coordinateur SPU (votre programme). En 3ème année, un stage de 300h vous placera aux commandes des interventions et vous aurez la place du « leader » et commanderez donc, dans la joie et la bonne humeur, une équipe de paramedics qui vous épauleront dans vos décisions et débrieferont avec vous des points forts et des points faibles de votre jugement clinique.

Et après ?

Après ces trois années de folie, vous devrez réussir le PNIC (Programme National d’Intégration Clinique), qui est justement en train d’être assoupli vigoureusement. Le PNIC c’est l’examen provincial qui va vous donner le droit d’exercer votre métier de technicien ambulancier paramedic et permettra votre inscription au Registre de la Main d’Oeuvre (qui prouve votre statut).

Le PNIC a un volet théorique, qui se déroule dans les CEGEP, et un volet pratique, qui pour l’instant consiste en plusieurs ateliers visant à démontrer que vous maîtrisez un geste donné. Ces informations sont néanmoins susceptibles d’évoluer puisque plusieurs réformes viennent toucher cet examen.

Une fois le PNIC en poche welcome dans le monde merveilleux des Paramedics ! Les compagnies se battront corps et âmes pour vous recruter et vous offriront monts et merveilles (et c’est à peine exagéré…), avec un salaire selon la convention collective qui vient de se terminer fin mars (et qui donc va être renégociée à la hausse) de 23.63$/H (15.51e/H soit environ 3780.8$CA/mois pour 40H/semaine soit 2482.65e/mois en début de carrière). Pour info le top échelon donne un peu plus de 4000e mensuel…

Comment est le marché de l’emploi ?

Vigoureux ! Les compagnies ambulancières recrutent pour la vaste majorité, avec par exemple pour Urgence-santé (la corporation publique qui gère Montréal et Laval) environ 650 paramedics recherchés en 3 ans ou chez DESSERCOM (plutôt situé dans l’ouest du Québec) une trentaine de recrutement en attente de candidats…

Le marché de l’emploi est inversé par rapport à la France. Il y a bien plus d’offres que de demandes, ce qui explique le nombre d’incitatifs offerts aux étudiants paramedics pour aller dans telle ou telle compagnie… Au hasard des offres on vous proposera de prendre en charge votre abonnement à la salle de sport, de financer votre déménagement dans une autre région, de carrément vous fournir un logement gratuitement ou de vous donner un gros chèque à la fin de votre probation.

Je suis conscient que ces informations sont très condensées et il se peut qu’il y ai des spécificités locales qui diffèrent dans certains détails émis ici. Je vous reviendrai bientôt dans un second article sur les procédures pour passer à travers l’immigration et obtenir un dossier solide ! Suivre une formation de Paramedic au Québec implique un véritable choix réfléchi.

L’auteur

Alexandre, 29 ans, ex ambulancier français maintenant étudiant paramedic en 3ème année au Québec. Je contribue régulièrement à informer les ambulanciers de France pour les encourager à sauter le pas, et à venir se former ici où le recrutement est constant et la pénurie de paramedics palpable

Comment intégrer la formation paramedic au Québec

Comment intégrer la formation paramedic au Québec

Situer le Québec sur une carte

Bonjour à tous je reviens cette fois ci pour vous parler de la procédure pour intégrer concrètement la formation québécoise pour devenir paramedic.

Avant toute chose cette décision s’adresse d’abord à ceux qui savent situer le Québec sur une carte et, en bonus, qui peuvent citer une autre ville au Québec que Montréal… Bref il est plutôt conseillé de se renseigner un minimum sur la province avant d’y passer vos trois prochaines années ça pourrait vous éviter pas mal de déconvenues.

Il faut savoir que le Québec est donc une province canadienne. Le Canada qui est un pays fédéral (à l’instar des US) dont le chef n’est autre que sa majesté la reine Elizabeth II, elle-même…

En matière d’immigration, vous allez devoir « traverser » trois étapes où chaque institution a son mot à dire :

  • Le CEGEP (Voir l’article sur la formation au Québec)
  • Le Québec
  • Le Canada

Trouver son école : CEGEP

La toute première étape, après savoir positionner le Québec sur la carte, c’est donc de trouver l’école qui nous correspond. Il n’y a pas de méthode miracle, la différence tient surtout dans la localisation du CEGEP. Aucun n’était « meilleur » ou « moins bon » qu’un autre, à part chez ceux qui aiment se trouver des admirateurs…

Certains CEGEP acceptent des étudiants internationaux, d’autres non. Il est donc utile de se renseigner sur leur site internet au préalable si vous avez un CEGEP précis en tête…

Certains CEGEP sont privés, d’autres sont publics, et pour l’admission certains utilisent une plateforme commune à plusieurs CÉGEP et d’autres une procédure d’admission directement entre l’institution et vous.

Le coût d’une session diffère également en fonction des écoles ! Ça peut aller d’environ 150$CA à environ 5000$CA pour certaines institutions privées…(ces montants concernent les étudiants de nationalité française). Renseignez-vous sur le site internet du CEGEP en question !

Pour ma part, j’étudie au CEGEP de Val d’Or, un campus qui fait partie du CEGEP de l’Abitibi-Témiscamingue, du nom de la région où il se situe. Ce CEGEP a une procédure d’admission par plateforme (le SRAM – https://www.sram.qc.ca ) où la demande peut être faite en ligne entièrement (délais d’environ 3 semaines pour recevoir chez vous la lettre d’admission). Pour ceux qui se poseraient la question il est nécessaire de pouvoir justifier de la réussite de la classe de 1ère, et de pouvoir fournir ses notes depuis la seconde (des arrangements peuvent être trouvés en cas de perte). Des cours de mise à niveau peuvent également être demandés par le CEGEP en cas de niveau faible dans certaines matières (principalement le français).

Bon, vous avez votre lettre d’admission de votre CEGEP préféré, vous savez où aller au Québec, vous êtes renseigné un minimum sur la vie sur place… Il est maintenant temps de demander à la province l’autorisation de venir étudier sur son territoire !

Obtenir les documents

Avec votre lettre d’admission, vous allez devoir demander un CAQ, pour Certification d’Acceptation du Québec pour études. Ce nom barbare n’est ni plus ni moins que l’autorisation de la province de vous laisser étudier pendant 3 ans sur son territoire…

Pour se faire, le Québec a quelques exigences. Vous allez devoir vous rendre sur le site du MIFI (Ministère de l’Immigration, Francisation et Intégration du Québec –  https://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/services/caq-electronique/index.html ) pour demander votre CAQ.

Le Québec exigera que vous prouviez votre capacité financière qui permettra de vous prendre en charge sur place (et donc ne pas dépendre des aides gouvernementales…). Les montants à justifier son consultables ici : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/immigrer-installer/etudiants/obtenir-autorisations/conditions-requises/capacite-financiere.html

Ils sont exprimés en $CA donc n’oubliez pas de faire la conversion ! 12 971$CA pour une personne seule correspondent à 8503€ par exemple.

Le délai pour recevoir le CAQ dans votre boîte aux lettres est variable mais comptez environ 3 semaines à 1 mois pour recevoir le précieux sésame.

Une fois le CAQ en poche, il va falloir demander l’autorisation au Canada de pouvoir rentrer à l’intérieur de ses frontières. C’est à ce niveau que va vous être délivré le visa final, sous la forme d’un permis d’études.

Pour demander un permis d’études, on passe à l’échelon fédéral ici : https://www.cic.gc.ca/francais/information/demandes/etudiant.asp

Le permis d’études va nécessiter que vous fournissiez à nouveau les preuves de capacité financière que vous aviez fournie au Québec, et quelques documents comme votre passeport et autres formulaires à remplir détaillant votre parcours professionnel.

A cette étape, il n’y a aucune raison que vous n’obteniez pas votre permis d’études si vous avez eu votre CAQ sauf si :

  • Vous avez été condamné et avez un casier judiciaire

Ou

  • Vous avez une maladie constituant un danger pour le Québec ou représentant un fardeau excessif pour le système de santé québécois

Le Canada vous demandera de passer une visite médicale auprès d’un médecin désigné par citoyenneté & immigration Canada, il y en a 8 en France cette année mais le nombre évolue régulièrement (la liste ici : https://secure.cic.gc.ca/pp-md/liste-md.aspx )

Enfin le Canada vous demandera vos données biométriques (vos empreintes digitales) afin de s’assurer que vous n’êtes pas recherché par un quelconque pays. La liste des centres est disponible ici : https://www.cic.gc.ca/francais/information/ou-fournir-donnees-biometriques.asp

Pouvoir travailler

Suite à cela vous recevrez un mail environ 15 jours après avoir fourni votre dossier complet, dans ce mail se trouve une pièce-jointe à imprimer et à fournir aux services d’immigration de l’aéroport qui vous délivreront le permis d’études en tant que tel. Félicitations !

Petit aparté : votre permis d’études vous permettra de travailler 20H/semaine pendant vos sessions et en illimité pendant les vacances. Un permis de travail est lié à votre demande puisque les stages en milieu professionnel sont obligatoires dans la formation, mais les conditions de votre permis d’études s’appliquent. Il ne permet donc pas de travailler autant que vous voulez comme un permis de travail « classique ».

Voilà pour la procédure vous savez tout, je reviendrai prochainement avec un nouvel article sur la formation de paramedic au Québec.