Une petite pensée pour la chair à canon rendu au front. Une pensée pour toi ambulancier désemparé. C’est trash comme introduction mais pourtant c’est je pense, d’actualité. A l’heure où j’écris ces lignes nombreux sont ceux et celles qui se sentent désemparés face à la situation. Nombreux sont ceux et celles qui sont sans munitions.

Quand l’équipement fait défaut

Tous les jours je lis des témoignages d’ambulanciers dépités. Certes pour une fois la presse et les médias parlent du métier d’ambulancier. Mais le réel problème aujourd’hui n’est pas vraiment de médiatiser la profession (même si ça fait plaisir de voir ces articles et reportages). Le vrai combat est totalement hors norme. Il est celui de la lutte pour s’équiper afin de se protéger. Se protéger contre un ennemi musclé et infiniment petit. Aller au carton sans protection. Des masques qui se raréfient et deviennent le nouvel or blanc.

Il est bien loin le kit de protection sagement rangé dans les tiroirs de l’ambulance. Celui qu’on dépoussiérait à l’occasion de la désinfection hebdomadaire. Aujourd’hui ce kit fait défaut. Il est déjà vidé et jeté depuis bien longtemps. Ce jour l’ambulancier est en galère de protection. Aller au feu sans blouse de protection, ni masque. Aller au contact permanent des patients, des familles en se servant de consommables dépassés ou inexistant. Mais sachez-le : c’est pour tout le monde pareil et dans le monde entier.

Trop vite, trop brutalement ce virus a dépassé les attentes et ravagé les rangs sans même laisser le temps de réagir, d’anticiper. Ajoutez à cela la vague d’économies substantielles réalisées sur le système de santé depuis ces dernières années et vous obtiendrez une crise sanitaire sans précédent.

Quand le mot humain devient la priorité

Mais l’ambulancier continue quoi qu’il en coûte. Avec abstraction il avance car il est soignant, il se dévoue pour son patient. Tel est son crédo. Celui d’apporter avec lui le soin, le transport, les paroles rassurantes. Il va et vient et ne sait pas si celui qu’il soigne est touché ou non, il ne sait pas si le virus viendra le taquiner, lui rentrer au travers. Il continue car c’est son travail, son crédo. IL s’occupe des patients sans se poser de questions. A défaut son seul exutoire est pour le moment de pester contre ce manque cruel d’équipement de protection.

Travailler sans filet jusqu’à attendre et guetter les possibles symptômes qui pourraient se manifester. On parle des soignants dans les hôpitaux mais parle-t-on des soignants sur le terrain encore plus exposé que d’autres. Mais avant toute chose il faut se dire qu’on est tous dans la même galère, dans cette lutte chronométrée contre ce fléau qui nous submerge, nous dépasse. Non vous n’êtes pas seuls même si on se sent abandonné. Mais c’est un système au complet qui se retrouve dépassé. Tout ça pour des économies de bout de chandelles résultat de générations de coupes franches dans des budgets institutionnels.

S’accrocher, lutter et avancer

On le sait tous que c’est la galère, on est tous en colère. On a tous un coup de gueule à passer mais on sait tous que le système est déjà dépassé. Cette saloperie de virus ravage et décime à coup de faux. Ce système de santé déjà bien ravagé par les précédents coups de couteaux donnés par des politiques d’économies qui durent depuis des décennies. Non les ambulanciers ne sont pas seuls dans cette galère. Policier, infirmiers, caissiers et j’en passe. Tous en première ligne et tous mal équipés, mal considérés et pourtant indispensable au bon fonctionnement du pays, indispensable pour s’occuper de tous ces patients démunis.

C’est affligeant de voir un système de santé aussi défaillant. Mais l’heure des comptes viendra plus tard malheureusement. Une fois de plus on se doit d’agir et de réagir sans vraiment savoir si l’impact final sera retentissant. Pour le moment laissons notre gouvernement apprendre, comprendre et s’adapter. Même si ce n’est pas parfait sachez juste que rien ni personne ne pouvait vraiment anticiper. Des ratés il y en a eu mais comme tout le monde on ne prenait pas vraiment ce virus comme il se devait. Alors pour les erreurs on verra ça après. Il n’y a que ceux qui ne font rien qui se permettent de juger.

Courage à vous tous et vous toutes

Je pense à vous sur le terrain à chaque instant, chaque moment. Je sais que c’est dur, compliqué, et que personne n’est rassuré. Alors de derrière mon écran rédigeant ce petit billet déprimant je vous adresse mes encouragements. Je salue votre dévouement. Je sais que le métier est dur, difficile, compliqué, éreintant. Mais je sais aussi que vous œuvrez pour tous ces gens, ces patients. Et un merci de plus c’est toujours ça d’offert même si le plus dur reste à faire.

Merci à toi l’infirmier,
Merci à toi l’ambulancier,
Merci à toi le routier,
Merci à toi le caissier,
Merci à toi le policier,
Merci à toi l’éboueur,
Merci à toi le docteur,
Merci à toi le professeur,
Merci à toi l’agriculteur,
Merci à toi l’ouvrier,
Merci à toi l’administratif hospitalier
Merci à toi l’aide-soignant,
Merci à toi l’ash,
Merci à toi qui lutte et œuvre, travaille pour que le système demeure fonctionnel et sans trop de failles

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