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Patient-détenu ou Détenu-patient : Intervenir dans l’univers carcéral

Prison 1Les civilisations modernes ont mise en place ce moyen de coercition afin d’écarter de la société les personnes ayant commis un crime ou un délit grave. La prison est un univers à part dans lequel les ambulanciers peuvent intervenir pour un transfèrement sanitaire vers un autre lieu de détention adapté, transport en vue d’une consultation ou d’une hospitalisation, appel 15 dans le cadre d’une urgence. Peut importe la raison qui vous amènera (professionnellement) en prison. L’univers carcéral a des règles strictes qu’il faut connaître pour éviter tout conflit avec l’autorité pénitentiaire.

Sécurité pour tous !

Prison 2Malgré votre tenue, la mission à accomplir et une ambulance siglée personne n’entre pas dans un établissement pénitentiaire comme il le souhaiterait. Les personnels ont une priorité, la sécurité. La leur avant tout, la nôtre évidemment mais aussi celle du détenu. Même si un patient ou un blessé souffre, se tord de douleur, aucune équipe de secours ou médicale n’investira les lieux autorisation. Le sassier (responsable du sas d’accès) n’ouvrira les portes de l’enceinte qu’après certaines obligations. Les sacs d’urgence peuvent être ouverts, les téléphones personnels peuvent être laissés en consigne, les cartes d’identités peuvent être sollicitées et l’ambulance peut être inspectée avant installation du prisonnier. Le patient peut se trouver à l’infirmerie ou bien dans sa cellule. Il faut savoir que le droit dit de confidentialité ne s’applique pas en ces lieux carcéraux. Les échanges entre ambulanciers et prisonnier sont écoutés par les surveillants. Pour le déplacement, des agents prendront place dans la cellule sanitaire. Avant le départ, le détenu aura été fouillé, menotté et entravé au niveau des chevilles. Les personnels ambulanciers ne peuvent s’y opposer, les protocoles sont ainsi et nul ne peut s’y soustraire. Le trajet peut être défini par l’autorité représentée par les personnels embarqués. Le lieu d’accueil du patient-détenu est verrouillé lui aussi et une escorte suivra l’ambulance ou ouvrira la route. A l’arrivée, s’il s’agit d’un transfèrement, vous aurez à subir les mêmes protocoles que ceux vécue à la prise en charge. Pour une consultation, le lieu sera le service dans lequel est attendue la personne, vous serez immobilisés pour ne pas « casser » l’équipe liée à cette mission. Pour une urgence, les centres hospitaliers disposent de chambres carcérales. C’est le médecin adapté au cas qui se déplace. Tous ces lieux et l’ambulance deviennent des prolongements de l’établissement pénitentiaire où doivent s’appliquer les mêmes règles de sécurité. Le détenu n’est jamais sans surveillance. Une équipe d’agents pénitentiaires restera en faction jusqu’au retour du patient.

Comportement

La raison ayant provoqué l’incarcération de la personne prise en charge n’a aucune importance dans votre mission. Cela ne vous regarde pas et risque d’interférer dans la qualité de votre mission. Retenez juste qu’un détenu-patient devient pour vous un patient-détenu qui a droit à la même qualité de prise en charge que tous les autres malades ou blessés.

Et si vous connaissez la personne détenue ?

Prison 4 BronLa mission doit s’exécuter mais cette situation peut placer l’ambulancier concerné dans une situation embarrassante. La bonne attitude, si la composition du binôme le permet, (l’ambulancier D.E. est à l’arrière avec le patient) sera de prendre le poste de conducteur. En vous soustrayant de la cellule sanitaire vous éviterez de vivre ce dilemme.

Le secret professionnel

Article L1110-4 du Code de Santé Publique

Modifié par Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 – art. 132

« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant ».

Article L1111-6 du Code de Santé Publique

« Le délit de violation du secret est constitué par son caractère intentionnel même si l’intention n’en est pas malveillante ».

Article 226-13 du code pénal 

« La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende ».

Missions normales ?

Prison 3Dire que les missions en milieu carcéral ressemblent aux autres est loin d’être vraie. Il faut savoir que les détenus sont enfermés 20 heures par jour (2h  de « promenade » le matin et un même temps l’après-midi). Les conditions de vie sont bouleversées à plus d’un point. Les prisonniers vivent avec d’autres rythmes et dans une promiscuité provoquant des tensions permanentes. La violence (physique, mentale, verbale) est présente au quotidien mais si la plus grande contrainte reste la privation de liberté. Il existe différents établissements pénitentiaires. Les maisons d’arrêt ont pour priorité d’accueillir des personnes en attente de jugement ou condamnés à de courtes peines. Les centres de détention et centrales accueillent des personnes jugées pour des peines excédant 5 ans d’emprisonnement. Enfin, hommes, femmes et mineurs ne sont jamais incarcérés ensemble et ne partagent jamais les mêmes activités.

Le système de santé en milieu carcéral

  • L’Unité de Consultation et de Soins Ambulatoire (UCSA) :Il s’agit de la fameuse « infirmerie » présente dans chaque établissement. Infirmières, médecins, dentistes et psychologue y assurent les soins et suite de soins.
  • Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) : Présentes dans 6 CHRU en France ces unités accueillent les patients-détenus hospitalisés plus de 48 h.
  • Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) : Créée en 2010 la seule unité présente est implantée au sein de l’hôpital de BRON (69). Cette unique unité accueille les patients souffrant de pathologies psychiatriques. 17 unités sont prévues dans les années à venir pour une capacité de 705 lits…
  • Service Médico-Psychologique Régional (SMPR) : 26 SMPR existent en France et les Dom-Tom. Ces services prennent le relais des USCA quand les pathologies demandent un suivi plus renforcé.

La Prison Hôpital de Fresne

Cet établissement de soins fut longtemps le seul hôpital carcéral. D’une capacité de 80 lits le turn-over était très rapide. Il assure encore l’accueil de patient-détenu en soins « lourds », palliatifs et chirurgicaux.

Pour info

Depuis 1994, les détenus sont placés dans un régime spécial de protection sociale relevant du ministère de la santé.

About Quoi2Neuf

Je suis un Correspondant de Presse Indépendant (CdPI) qui, après 20 ans en qualité de travailleur social, s'est orienté vers le métier d'ambulancier. Tout d'abord Auxiliaire Ambulancier puis Ambulancier Diplômé j'écris dans plusieurs médias suivant des sujets imposés ou choisis avec une priorité fondamentale "INFORMER sans censure". La collaboration avec "L' ambulancier pour les nuls" me permettra de parler de tout ce qui fait le quotidien des ambulanciers. Compétences, attentes, coup de coeur ou coup de blues... Et si notre métier était bien plus qu'une profession ?...

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