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Epilepsie

Impressionnante mais dont la gravité reste très relative, la crise d’épilepsie est une situation somme toutes facile à gérer. Quelques rappels pour le profane et les secouristes…

Epilepsie, définition

La crise d’épilepsie, que certaines nomenclatures appellent aussi crise “comitiale“, crise de “Grand Mal“ ou de “Petit Mal” selon sa manifestation, est un trouble neurologique qu’on retrouve le plus souvent chez l’enfant dontmedical_team l’encéphale, et en particulier la gaine de myéline entourant les axones, n’est pas parvenue à maturation. Le trouble est dû à une activité électrique anormale, aiguë et passagère du cerveau. La crise comitiale ou “Grand Mal” comporte plusieurs phases. NOTE: La crise “Petit Mal” ne se manifeste que par l’“absence“ passagère du patient, semblant être ailleurs, indifférent aux stimuli extérieurs. Elle ne dure que quelques secondes, mais un EEG (électro-encéphalogramme) met très bien en évidence un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau.

Les différentes phases:

– Phase initiale ou phase de début.
Parfois – ce n’est pas systématique – la personne pousse un cri et s’effondre, avec une perte de connaissance. Le seul risque ici, est qu’elle se blesse lors de sa chute.
– Phase tonique.
Contractures généralisées des muscles. Le visage est nettement crispé et les yeux sont révulsés. Le tout s’accompagne d’un trismus et le corps entier se retrouve en hyper-extension, avec une hypersialorrhée et un écoulement de bave subséquent.
– Phase clonique.
La personne est prise de convulsions, avec morsure de la langue la plupart du temps, bien que ça ne soit pas systématique. Cette phase s’accompagne parfois d’une émission d’urines involontaire et spontanée, si la vessie était pleine (minimum 400 ml) avant le début de la crise.
– Phase de coma.
La personne se trouve dans un coma profond mais calme, sans aucune réaction aux stimulations extérieures. La durée est très variable.
– Phase de réveil.
Le réveil est très progressif et lent. L’épileptique semble obnubilé et “ailleurs”, mais il revient à lui progressivement. En revanche, il ne se souvient de RIEN. Son amnésie de la crise est totale.

Action des ambulanciers:

En premier lieu, savoir identifier le trouble si la crise est passée à l’arrivée de l’équipage. Certains signes comme la survenue brutale sans prodromes, le cri initial avant la PC, la présence d’urine, la notion de morsure de la langue ou encore l’amnésie aiguillent d’emblée les ambulanciers sur l’épilepsie, puisque le tableau clinique est net et clair. Si l’équipage arrive pendant la crise, les ambulanciers s’attacheront à prévenir les blessures que pourrait s’infliger le malade, en aménageant une “zone de sécurité” autour de la victime (dégager chaises, table etc…).
☛ Ne JAMAIS s’opposer au déroulement de la crise en tentant d’immobiliser la victime.
☛ Pendant la phase dite de “coma”, il est impératif de placer l’épileptique en PLS.

Au “retour” de la victime, bilantez et cherchez à savoir s’il s’agit là d’une crise inaugurale ou si la personne est épileptique connue en vous référant aux traitements de fond qu’elle prend ou non :
– Rivotril® (clonazépam, pour les formes graves)
– Depakine® (acide valproïque, pour les crises généralisée de moindre gravité)
NDLR: Ces deux médicaments sont les chefs de file des anti-épileptiques.
Transmettez le bilan à la régulation de votre SAMU-Centre 15 et évacuez pour bilan de crise d’épilepsie.

ATTENTION:

Il existe certains signes de gravité, comme la succession de crises de manière rapprochée. Cela nécessite, en France du moins, une médicalisation SMUR avec administration en IV de Valium® (diazépam), un benzodiazépine anxiolytique également utilisé comme anticonvulsivant…

En conclusion:

Si l’épilepsie n’est pas en soi un trouble très grave, disparaissant généralement spontanément lorsque le cerveau est “mature”, il ne faut JAMAIS négliger les “attendants“, famille ou proches, collègues de travail, pour qui une crise d’épilepsie reste toujours impressionnante et qui peut les “marquer“. Dédramatiser la situation en gardant un calme absolu sur les lieux est le meilleur moyen de faire passer le message suivant:
L’ÉPILEPSIE N’EST PAS GRAVE ET CE N’EST PAS UNE TARE.

About Jean LAENGY - Ambulancier DE

Ambulancier SMUR depuis 2001, j'ai commencé dans ce métier en 1995 en tant qu'AFPS. Une fois mes qualifications en poche, j'ai eu la chance de voyager dans le cadre de ma profession. SMUR de Colmar puis ambulancier à Biarritz en passant par le SMUR de Montbéliard avant de revenir en Alsace où j'ai entamé des études d'infirmier. Trouvant à travers mes stages le métier d'IDE peu intéressant car trop protocolaire, je suis retourné sur le terrain de l'UPH et de la PDS en tant qu'ambulancier DE. J'exerce toujours ce métier avec la même passion qu'aux débuts.

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