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EMS Nouvelle Orléans – Séjour parmi les paramedics

Immersion chez les paramedics de la Nouvelle Orléans

Durant 3 nuits, 3 gardes de 12 heures, j’ai eu la chance de vivre à leurs côtés et de les observer. De leur donner un petit coup de main même. Difficile de rester les bras croisés face à une situation particulière. Et puis, leur donner un petit coup de main, finalement, ce n’est pas si compliqué : nous faisons le même métier ! Oh, j’entends déjà que ça tousse à la lecture de cette phrase (le terrible complexe d’infériorité de l’ambulancier français) et pourtant, nous faisons bel et bien le même métier. En entrant dans ce magnifique bureau, digne d’une préfecture, j’avais les mains très moites. Puis arrive mon interlocuteur, celui grâce à qui je suis là : le Chef Bouvier. Chemise blanche impeccable, multiples galons, plaque en argent qui brille, je suis ébloui. Que vais-je lui dire… Et là, un large sourire s’affiche sur son visage bonhomme. Il a l’air encore plus heureux que moi, et tout aussi impressionné. Il me fait visiter rapidement les locaux, magnifiques, puis me présente à mes futurs collègues. Je suis sous la responsabilité du Paramédic Tom Dransfield (promu depuis Lieutenant). Après avoir passé un gilet EMS (j’ai eu rêvé du prêt de leur magnifique tenue mais calmons-nous quand même) me voilà face à leur célèbre et impressionnante ambulance! Pas le temps d’en faire le tour, il me pousse à l’arrière en me criant : Let’s go !

L’ambulance

Et nous voilà parti. Je m’imagine déjà une inter de fou… La sirène retentit, avec ses « 36 » tonalités, sinusoïdale, haute ou basse fréquence, toutes plus tonitruantes. La route est longue (NO est une très grande ville, genre Bordeaux ou Marseille) et ils n’ont pas de secteur. Nous arrivons dans un quartier magnifique, une maison gigantesque, à la démesure et au kitch américain. Une femme âgée est au sol, chute mécanique, plaie superficielle au bras et surtout une douleur insupportable à la hanche droite. Rotation externe et rétrécissement. Le tableau est clair. Je suis à la fois déçu, je suis loin de l’inter de rêve, mais c’est aussi à ce moment-là que je prends conscience que, comme je le disais en préambule, lorsque vous avez toussé, nous faisons le même métier. Ce tableau je l’ai eu cent fois, mille fois. On installe la dame sur le brancard (Striker électrique) et l’embarquons dans l’ambu. C’est là, quand même, que la différence va se faire. Pendant que Tom interroge la patiente, son « auxiliaire » commence à lui poser une voie veineuse. Juste un cathéter, pas de poche sérum. Apres un ECG, Tom sort de sa pochette une ampoule, du Fantanyl, que l’EMT lui administre. La patiente sera rapidement calmée, de sa douleur et de son anxiété. La voilà donc la différence. Ils ont le pouvoir de soulager! Ça laisse rêveur. Quoi de plus insupportable que d’avoir un patient qui souffre et de ne rien pouvoir faire…. Nous l’évacuons dans une clinique privée, après avoir bien sûr rendu compte au médecin référent. Aux urgences, rien de spécial. Une IAO, des brancards, des box, des médecins qui ne disent pas bonjour… Ah si, une chose : au PAO, une petite salle de repos pour les ambulanciers avec machine à café, frigo rempli de soda, fontaine d’eau, chips, petits gâteaux et canapés en cuir… Et il y a ça dans chaque salle d’urgence de la ville. Je dis au revoir avec émotion à ma première patiente américaine.

Nous enchaînons directement avec une autre urgence : homme frappé au visage. Un quartier pauvre, des maisons en bois. Le jeune homme arrive vers nous, portable avec sa musique à fond collé à l’oreille. Il nous explique qu’il a pris un coup. La lèvre est gonflée. Pas de plaie. Tom le questionne, rien de suspect, nous repartirons avec juste quelques conseils. La suivante, dans le quartier français, est aussi une agression, un sdf s’est fait frapper dans le dos. L’homme est assis sur les marches d’une belle maison typique, Avec son barda et ses deux chiens. Mes collègues le connaissent bien. Il lui propose de l’emmener aux urgences (plus pour le décrasser que pour ses blessures qui ne sont peut-être même pas réelles) mais l’homme ne veut pas. Il voulait surtout discuter un peu… La troisième inter sera la même, à la différence que celui-là se fera évacuer à l’hôpital universitaire pour d’ancienne plaies suppurantes. Douleurs thoraciques, prise de drogue sur la voie publique, trauma… Une routine s’installe presque. J’en ai fait tellement des gardes de nuit.

Intervention atypique

Ma première intervention « atypique », la voilà : appel pour une femme de 36ans, blessure par balle. La police est déjà là ainsi que l’unité d’intervention rapide. Le quartier est bouclé. Mes 2 compères franchissent le cordon jaune sans crainte, pour eux c’est la routine. Je suis beaucoup moins serein ! Impacts à la cheville et à la cuisse. Elle n’a pas l’air de souffrir tant que ça mais elle et choquée et énervée. Il n’y a pas beaucoup de sang, les plaies sont propres, presque rondes. Le superviseur, Keelly, a déjà fait le tour de la situation. Nous l’évacuons sans délai, elle est attendue par une équipe chirurgicale. Tom pose 2 voies périphériques. En effet, en arrivant dans la salle de dechoc’, au moins 25 personnes nous attendent! Là, c’est comme dans les films! Et pas comme chez nous… Des blessures par balles, il y en aura d’autres durant ces nuits. C’est la dure réalité de leur quotidien. Encore une douleur tho avec EVA à 7/10: ECG, Aspirine et Trinitrine lui sont donnés par Tom. On arrivera Avec une EVA à 0… No comment ! Il y aura d’autres sorties « blanches », Avec toujours un petit conseil, presque amical. Fin de garde à 4h30, le plein, nettoyage de l’ambu et réarmement. Je suis avec des collègues, je le redis, des gens simples, attentionnés et respectueux. La conduite est étonnamment souple, fluide, pas un seul coup de frein. La sirène fluidifie tout ça, certes, mais le conducteur (l’EMT) est tranquille, cool sans pour autant perdre un instant. Sirène systématique au départ, et pas automatique sur l’évacuation (ce qui me semble normal et devrait se faire systématiquement chez nous). Par exemple nous prenons en charge un SDF qui a une ancienne plaie, suturée, mais suppurante. Il n’y aura pas de sirène pour lui.

Ce qui m’a frappé c’est l’amitié qui règne entre eux tous, lorsqu’ils se croisent aux urg, mais aussi avec les partenaires : IAO, pompiers, policiers… Oh bien sûr, ils n’allaient pas s’engueuler devant moi mais j’ai senti de la sincérité. Tout n’est pas rose, attention. Moi le petit stagiaire, il y en a qui n’ont même pas posé le regard sur moi ou, sur inter, m’ont fait comprendre que j’étais de trop. Il y a eu aussi des moments de rien, de vide, d’ennuie. Le travail de nuit en somme.

Je parlais des pompiers, j’en profite pour expliquer succinctement leur fonction dans la chaîne de soins : à NO, les pompiers n’ont pas d’ambulance mais dans chaque véhicule il y a obligatoirement un EMT, voir un paramédic, et du matériel de pré-diagnostic et de réanimation.  Sur pas mal d’inter, ils étaient même là avant nous, en général à 3, avec un véhicule de type VTU (véhicule toutes utilités). Pourquoi les envoyer et pourquoi sont-ils souvent en premier sur les lieux? Et bien parce que, comme partout aux USA, il n’y a pas 2 ou 3 casernes, comme chez nous, dans une ville mais tout un tas (132 à Chicago !!). Des mini-casernes avec 2 véhicules : 1 VTU, et une échelle-pompe. Donc, sur un ACR par exemple, le 911 va envoyer le VTU avec son EMT à bord afin de commencer la RCP en attendant l’arrivée des ambulanciers. Une fois sur place, les pompiers, soit aident au brancardage soit s’en vont. De toute manière, la politique du 911 aux USA c’est d’envoyer le véhicule le plus proche sur les lieux, même si c’est la police, peu importe, il faut un secouriste auprès de la victime, au plus vite, point final.

The Supervisor

Ce soir, pour ma dernière nuit, déjà, je suis avec le Lieutenant Christine Guidry, 22ans de service. Une petite bonne femme à l’air pète-sec et pas très souriante au premier abord. Après un check du 4×4, et après lui avoir offert quelques spécialités Française, nous partons. Elle aussi ne reste pas à la base, elle patrouille. Ça permet d’avoir une présence dans la ville, d’assurer un lien aussi avec la population ou les commerçants. Sans rien me dire, et attendant le premier appel (je sais qu’avec elle ça va être du très lourd). Elle m’emmène sur les bords du lac Ponchartrain, un endroit paradisiaque. Sur la jetée se tourne un film, mais la sécurité nous laisse passer sans problème. Les ambulanciers sont les bienvenus partout j’ai l’impression. Nous flânons au soleil, faisons quelques photos et discutons. Sous ses airs, c’est un amour! Retour sur Bourbon Street, une des rues principales de la ville ; un camion publicitaire distribue des boissons énergisantes. Les hôtesses nous arrêtent pour nous en refiler tout un stock. Puis, enfin, le premier appel : ACR.

C’est dans une maison de retraite cossue que nous arrivons, en même temps que « l’unité » (ils n’utilisent le mot ambulance que pour désigner le véhicule). Les pompiers sont déjà là, massent et ventilent. La famille est présente ainsi que le personnel. Le lieutenant installe directement la « Lucas » (planche à masser automatique – tous les véhicules en possèdent une) puis pose une voie intra-osseuse humérale. En effet, aux USA, la pose de cette voie est systématique sur les ACR, et pratiquée par les ambulanciers. Un de ses collègues intube, l’autre pose les cathé périphériques, je scope. Environ 30mn à 40mn de réa, avec toute la médicamentation qui va avec. La dame a dans les 70 ans, avec des antécédents d’HTA. Christine fini par faire appeler le fils pour lui demander l’autorisation d’arrêter la réanimation. Elle en rendra compte au médecin référent par radio et voilà. Delta. Une petite toilette du visage de la défunte, on range et on s’en va. Ce sont les services funéraires qui viendront lever le corps et enlever les voies, ainsi que la canule endotracheale, en présence d’un agent de la mairie. L’intervention d’ensuite sera probablement la plus marquante de ma vie.

La fusillade de Franklin Avenue

Nous partons sur une fusillade, probablement 4 victimes, lieux sécurisés par la police. Voilà tout ce que nous savons.

Arrivé au bout de la rue, je vois une bonne douzaine de véhicules, un lightshow digne des plus grandes discothèques de SouthBeach ! Police et pompiers courent dans tout les sens. Le cordon jaune « police do not cross » est déjà tiré, les policiers prennent déjà des photos. On se gare, je saute sur le Lifepak, et le Lieutenant sur son sac d’inter. Nous arrivons face à une maison assez grande, en bois blanc. Un foutoir indescriptible sur le perron : des chaussures, des jouets, des habits, des bouteilles, des chaises renversées. Ça crie, les radios hurlent. Il y a du sang par terre, beaucoup, mais ça va dans le décor. Je vais m’intéresser à une femme qui tient son bébé dans les bras. Elle pleure et lui aussi. J’essaie de lui prendre mais elle refuse et en même temps baisse sa jupe, par l’arrière. Sa culotte, blanche, et maculé de sang. Dans la panique, je ne vois pas la ou les plaies. Je lui demande de déshabiller son bébé. Un très rapide examen me permet de voir qu’il n’a rien. Une autre femme l’interpelle, elles s’éloignent. Ma foi, elle tient debout ; au niveau triage elle n’est pas prioritaire. Peut-être n’était-ce même pas son sang. Mais pour le peu qu’on m’ai appris à la formation « damage control », une personne qui respire n’est pas une urgence ! (C’est une image bien sûr).

Sur le bord du perron un homme est assis. Il tient son tee-shirt rouge dans les mains. Il est un peu courbé mais ne dit rien. Je m’approche de lui et l’examine : un impact de balle a quelques centimètres de la colonne, région dorsale droite. Un petit filet de sang, une plaie de 2cm de diamètre, plutôt ovale. Un autre impact sous le bras droit et le dernier (enfin, je crois, j’espère) derrière la cuisse droite. Celle-ci coule assez abondamment, un sang rouge foncé très épais. L’homme ne dit rien. Je ne sais absolument pas ce que trafique Christine pendant ce temps. Je sais juste que des collègues sont arrivés. 5 ambulances en tout. Il y a des brancards dans tous les sens. Encore plus de policiers, des pompiers aussi. Un ambulancier passe à côté de moi et je lui montre la cuisse. Tourniquet?  Yes !

Je retrouve rapidement Christine et son sac magique pour lui voler le matériel. Je le pose Donc sur la cuisse. Comme pour tout geste, c’est toujours beaucoup plus dur que sur un mannequin.

Christine m’a rejoint. Elle me donne un kit. Il y a tout ce qu’il faut pour protéger une plaie, avec une sorte de plastique transparent pour couvrir le pansement. Ça fait un peu film plastique alimentaire mais au moins c’est propre. Tous deux, nous posons tout cela, assez grossièrement, sur la plaie dorsale. Juste une compresse sur le bras, il le mobilise bien et il n’y a pas une goutte de sang. Un policier interroge ce vieil homme qui répond assez tranquillement. Puis une équipe arrive et l’installe sur le brancard, ils disparaissent. Tout cela prit 10mn je pense, pas beaucoup plus. Je suis un autre brancard jusqu’à l’ambulance. À l’intérieur, assis sur le siège arrière, la mère de famille, sans son bébé. Un EMT la soigne, d’autres s’affairent sur le patient du brancard. Je n’ai rien à faire là, trop de monde déjà. Je reviens sur le perron, le calme est plus présent. Je ramasse mes affaires, le sac, mon rouleau de sparadrap et emmène tout ça dans le 4×4. Des véhicules partent, d’autres arrivent. La presse et les badauds aussi. Je suis un peu KO. Pas choqué (pas encore, ça se sera pour mon retour à l’hôtel où je ferais une crise d’angoisse terrible) mais abasourdi par la rapidité des choses et par le brouhaha. Je prends 2/3 photos, une petite vidéo, et je reviens encore sur les lieux. Je tourne en rond. J’observe la ruche qui travaille. Appareil photo ou calepin à la main. Le calme se fait petit à petit.

Christine me fait signe : on s’en va. On rejoint la troupe aux urgences. Le parking est plein. Je n’ose pas aller dans les box, trop de monde, trop de tension. Je reste discuter avec un policier sur le parking qui m’expliquera que le ou les tireurs et le mobile n’est pas encore connu. Un calibre 9mn visiblement. J’apprendrai le lendemain, par la presse, que personne n’a été tué mais que nous avions 6 victimes, dont un enfant de 5 ans. Je ne l’ai même pas vu sur les lieux, je n’ai même pas pu voir toutes les victimes…. Le surlendemain je reconnais mon vieil homme à la télé. Il est rentré chez lui et répond aux questions des journalistes. Un miraculé!

La nuit sera loin d’être terminée. Deux autre ACR, pas récupérés, dont un par strangulation, une crise d’épilepsie sur un enfant de 9 ans, et un trauma de cheville ouvert presque en deux, sur… un technicien du film où nous étions en promenade quelques heures avant sur la jetée du lac ! Sur cette inter nous serons rejoint par un véhicule « Rescue », appartenant à l’EMS. C’est un véhicule avec une personne à bord, un paramédic, qui dispose de nombreux matériels pour les opérations difficiles, genre matériel de plongée ou d’escalade. Une sorte de GRIMP pour ambulancier…

De là, le lieutenant m’emmène visiter un site hautement sécurisé : le central call du 911. La aussi, c’est très chic ; bois, dorure, drapeaux… J’ai visité pas mal de CRRA 15 en France et finalement celui-là est pareil… en 10 fois plus grand. Les logiciels de traitement des appels ou de géolocalisation sont similaires, l’ambiance aussi. La différence se trouve dans le fait que ce central reçoit TOUT les appels d’urgences : police, pompiers et médical. La salle est découpée virtuellement entre ses trois secteurs, et chacun a sa spécialité. Anciens ambulanciers, pompiers ou policemen répondent indifféremment aux appels et, en cas de doute, transfèrent l’appel vers un collègue plus spécialisé. Le tout, dans un bureau surélevé, surveillé et écouté par un superviseur. Ici : pas de médecin.

Pause repas autour d’un bon hamburger et d’un diet Dr Pepper (Offert, bien sûr. La tradition aux USA veut que l’on offre le café ou les boissons aux services d’urgences. j’ai pu en profiter plusieurs fois) dans un petit resto au milieu des célèbres cimetières, puis retour à la base. Temps mort… 5 heures du matin. Il sera déjà temps de nous quitter. Promesses mutuelles de se revoir, je reviens pour un stage plus long quand je veux ! Wahou… Tout cela dépasse de très loin mes espérances.

Mon expérience et mon vécu

Ce que je retiens de cette expérience c’est de m’être vraiment senti collègue. Nous avons, comme me l’a dit Tom, le même métier, la même passion, le même but : tout donner pour nos patients. Certes, notre fonctionnement en France et le leur, c’est le jour et la nuit. Peu de comparaison possible.  Est-ce mieux ici ou pire? Je ne suis pas à même de répondre, mais j’ai une vague idée, que je me permettrais de garder pour moi. Je me suis rendu compte aussi que le « scoop and run », c’est une légende! Nous avons à chaque fois pris le temps, que ce soit sur le col du fémur ou sur les ACR, de faire les choses comme il se doit, comme en France finalement. Il n’y a que sur les fusillades où nous avons fait vite pour évacuer car, comme me l’expliquera Christine, c’est de la chirurgie, de la médecine de guerre et ça, c’est à l’hôpital que ça se fait, sans délais. Tout est huilé, tout est à sa place, chacun son job. Je n’ai passé que peu de temps là-bas mais je n’ai pas vu de grain de sable dans le rouage. On leur donne vraiment les moyens de bien travailler, on leur fait confiance et je pense qu’ils y font honneur, avec fierté.

Fierté et honneur. Ça fait un peu film de guerre américain, mais n’est-ce pas un peu ce qui nous manque ici, parfois?

Bastien B.

juin 2017

PS : Ce récit est le mien, issu de ma mémoire et de mon vécu. Je livre cette expérience avec mes mots et mon ressenti d’ambulancier français, jeté dans la fosse aux paramédics. Il se peut que certains mots ou termes ne soit pas utilisés à bon escient. Veuillez m’en excuser.

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