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Délirium tremens

Le délirium tremens

Au décours de nos missions, nous sommes parfois confrontés à ces situations de sevrage alcoolique brutal et involontaire d’un individu. La situation est grave avec une possible menace d’engagement pour le patient, ettableau_humour_ambulanciers potentiellement dangereuse pour les professionnels médico-techniciens pré-hospitaliers que nous sommes. Ce syndrome, dont le nom est souvent galvaudé par le profane, cache en réalité une gravité réelle chez un alcoolique chronique sevré brutalement, de manière volontaire ou non (pendant une hospitalisation, par exemple, ou du fait d’une maladie l’empêchant de boire). Un Pré-Délirium s’installe en général de 24 à 36 heures après la dernière absorption d’alcool, avec tremblements et agitation SANS délire. Sans prise en charge immédiate (personne vivant seule, isolée ou en difficulté sociale), s’ensuit alors le Délirium Tremens proprement dit.

Les symptômes et les signes

Tremblements, soit généralisés, soit ne touchant qu’un ou deux des quatre membres ou encore la langue, sueurs profuses, fièvre, tachycardie nette, agitation et confusion mentale, une méchante déshydratation (mise en évidence par le “Godet” ou le “Pli cutané”), convulsions éventuelles, hallucinations (le plus souvent, il s’agit de zoopsies: le malade “voit” des animaux existant dans la réalité, ou des animaux fantastiques issus de son phantasme…). Le patient auquel nous faisons face “vit son délire” intensément et dans cette activité, peut être amené a commettre des gestes inconsidérés de type défensifs (fuite, défénestration…).

Gravité

La déshydratation mentionnée plus haut est l’un des deux risques majeurs pour la personne, par risque de collapsus cardio-vasculaire (effondrement tensionnel). Les actes dits de défense, comme la fuite par exemple, peuvent entraîner la victime vers une issue fatale de prime abord, par précipitation à travers une fenêtre, sur une chaussée etc…, l’exposant directement à la mort, selon le contexte. Il existe un troisième risque majeur, à effet moins “immédiat” ou “fulgurant”: il s’agit de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke, affection grave du cerveau par carence en vitamine B1.

La prise en charge et le traitement

Du fait des actes inconsidérés que la victime peut être amenée à commettre, l’équipage est lui aussi en “danger immédiat” dans ce sens que la victime peut prendre le binôme d’ambulanciers comme une menace dans son délire, et faire face, au lieu de fuir. La violence développée est alors sans limites, car pour la personne en état de DT, il s’agit d’“éliminer la menace”, à défaut de s’y soustraire. Pour elle, c’est une question de survie!
Il est important de garder toujours à l’esprit ce risque de passage à l’acte hétéro-agressif et d’assurer la sécurité de l’équipage. Un renfort SMUR doit être demandé, ainsi qu’éventuellement, un renfort policier. Le traitement repose sur la réhydratation massive par intraveineuse, avec adjonction d’anxiolytiques benzodiazépiniques à action rapide comme le Triazolam (DC en France: HALCION®) ou d’autres substances anxiolytiques non-benzodiazépiniques telle que le Zolpidem (DC en France: STILNOX®), de structure moléculaire différente, mais toute aussi rapide. Bien sûr, l’administration simultanée ou en aval de la prise en charge pré-hospitalière, de vitamine B1 aura pour conséquences d’enrayer l’apparition de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke. In fine, le Délirium Tremens est une situation explosive qu’il faut de prendre avec le même sérieux qu’un IDM, un angor instable ou encore une dyspnée aigüe.

(Sources: Of Alcohol-linked pathologies, DSM IV, EMT-P Courses, Vancouver EMT Academy, personal feedback, records & datas.)

About Jean LAENGY - Ambulancier DE

Ambulancier SMUR depuis 2001, j'ai commencé dans ce métier en 1995 en tant qu'AFPS. Une fois mes qualifications en poche, j'ai eu la chance de voyager dans le cadre de ma profession. SMUR de Colmar puis ambulancier à Biarritz en passant par le SMUR de Montbéliard avant de revenir en Alsace où j'ai entamé des études d'infirmier. Trouvant à travers mes stages le métier d'IDE peu intéressant car trop protocolaire, je suis retourné sur le terrain de l'UPH et de la PDS en tant qu'ambulancier DE. J'exerce toujours ce métier avec la même passion qu'aux débuts.

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