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Les « paramedic » canadiens

Ambulancier : les « paramedic » canadiens

paramedicAujourd’hui début de notre tour du monde des ambulanciers. Commençons par le Canada où la formation et le rôle de l’ambulancier est très différent avec le modèle français : une formation plus poussée ainsi qu’un rôle de soignant mis en avant. Nous vous laissons découvrir les informations que présentent les sites officiels du métier.

 Nature du travail

Les ambulanciers et le personnel paramédical donnent des soins d’urgence pré-hospitaliers aux patients blessés ou malades et les transportent au centre hospitalier ou vers d’autres centres médicaux pour des soins plus poussés. Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=3234

A) Vue d’ensemble
Au cours des dernières années, le nombre d’ambulanciers et autre personnel paramédical a augmenté fortement. Cette forte hausse s’explique essentiellement par la croissance de la demande de transport ambulancier. Étant donné que cette demande devrait continuer à croître et que les horaires de travail tendent à devenir moins exigeants, on prévoit que leur nombre continuera à augmenter fortement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront principalement de la création d’emplois, du roulement élevé et des postes qui seront libérés par les ambulanciers qui prendront leur retraite. Notons que la proportion de travailleurs qui sont âgés de 55 ans et plus y est nettement plus faible que dans l’ensemble des professions (7 % par rapport à la moyenne de 15 %, selon les données du recensement de 2006). Cette faible proportion de travailleurs âgés de 55 ans et plus s’explique principalement par le taux de roulement important. En effet, le travail dans cette profession est très exigeant sur les plans physique et psychologique. Il exige en plus beaucoup de disponibilité, car les ambulanciers travaillent souvent le soir, la nuit et les fins de semaine. Soulignons en outre que les heures de travail sont très longues et que le temps supplémentaire est courant. Les données du recensement de 2006 sont d’ailleurs éloquentes à cet égard, montrant que les ambulanciers ont travaillé en moyenne 45 heures lors de la semaine de référence du recensement en mai 2006, soit beaucoup plus que dans l’ensemble des professions (37 heures). En outre, dans le contexte du rehaussement des exigences pour occuper un emploi dans cette profession, les conventions collectives prévoient certaines mesures pour encourager les techniciens qui ne possèdent pas la formation nécessaire à prendre leur retraite ou à quitter leur emploi. Ce roulement génère bien sûr un nombre élevé de débouchés. Finalement, un certain nombre de débouchés s’ajouteront en raison de promotions d’ambulanciers à des postes de supervision et de gestion.

Bassin de main-d’œuvre

Historiquement, l’accès à cette profession dépendait des exigences particulières des entreprises qui offraient des services préhospitaliers d’urgence et de transport ambulancier, souvent comme service complémentaire aux entreprises funéraires. Les employeurs n’exigeaient souvent que le permis de conduire d’une classe appropriée. Aujourd’hui, l’accès à cette profession est réservé aux titulaires de l’attestation d’études collégiales (AEC) en techniques ambulancières. Ce phénomène se reflète clairement dans les données des recensements. Alors qu’à peine 50 % des ambulanciers étaient titulaires d’un diplôme d’études postsecondaires dans le domaine de la santé en 1991, cette proportion a augmenté très fortement par la suite, passant à 64 % en 2006. Un tel niveau d’augmentation confirme que presque tous les nouveaux arrivants dans cette profession doivent maintenant réussir une formation en techniques ambulancières. Par ailleurs, peu de débouchés devraient être pourvus par des ambulanciers en chômage ou par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car le taux de chômage est peu élevé dans cette profession et car la proportion d’immigrants était en 2006 très faible, selon les données du recensement (4 % par rapport à 12 % dans l’ensemble des professions). À ce bassin s’ajouteront en 2009 les premiers finissants du diplôme d’études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d’urgence offert depuis 2006.

Comme cette profession attire beaucoup plus de candidats qu’elle ne peut en accueillir, l’AEC et le DEC en techniques ambulancières sont contingentés et les conditions d’admission sont très sélectives. L’enquête Relance du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ne publie aucune donnée sur la situation du marché du travail des diplômés des AEC. Par contre, la Fédération des cégeps collige depuis peu des données partielles sur leur taux de placement. Ainsi, les données pour les finissants de 2000-2001, de 2001-2002 et de 2002-2003 de cette AEC nous montrent un taux de placement très élevé, à près de 100 % dans des emplois liés à leur formation, et un taux de chômage pratiquement nul. Ces données concordent avec les affirmations des établissements de formation voulant que leurs diplômés trouvent presque tous un emploi dans cette profession.

Cette excellente situation du marché du travail semble indiquer que le nombre de diplômés est insuffisant pour satisfaire à la demande. D’ailleurs, le gouvernement a annoncé en 2007 une augmentation de 30 % du nombre de débutants à cette AEC à laquelle s’ajoutera en 2009 la première cohorte de diplômés du DEC en soins préhospitaliers d’urgence. Comme la demande semble suffisante pour absorber cet apport supplémentaire de diplômés et comme le contingentement permet d’ajuster assez rapidement le bassin de main-d’œuvre aux besoins, leur situation sur le marché du travail devrait demeurer bonne à l’avenir.

Industries

Selon les données du recensement, environ 90 % des ambulanciers travaillaient en 2006 dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale, dont 73 % dans les services d’ambulances. Une plus faible proportion, soit 10 %, étaient à l’emploi des hôpitaux et à peine 3 % œuvraient dans les Forces armées canadiennes. Notons que les services ambulanciers sont offerts par cinq types d’entreprises : une entreprise publique (Urgences-santé dans la région de Montréal et Laval), des coopératives, des entreprises privées, des sociétés ambulancières municipales et des organismes sans but lucratif.

Tendances

L’évolution de l’emploi dans cette profession dépend principalement de la demande de transport ambulancier, de l’organisation du travail et des décisions gouvernementales concernant le champ d’intervention des ambulanciers.

– Demande de transport ambulancier
La demande de transport ambulancier dépend à la fois de facteurs démographiques et organisationnels. Du côté démographique, le vieillissement de la population et l’accroissement des maladies dégénératives qui y sont reliées favorisent bien sûr la croissance de la demande de transport ambulancier.

Du côté organisationnel, les tendances sont opposées. D’un côté, le regroupement des services médicaux dans quelques centres spécialisés a fait augmenter le nombre de transports interétablissements. De l’autre, les centres hospitaliers favorisent de plus en plus l’utilisation de modes de transport moins coûteux que les ambulances pour transporter les patients d’un établissement à l’autre : taxi, famille, transport adapté, etc.

– Organisation du travail
Certains aménagements d’horaires de travail sont survenus au cours des dernières années et d’autres sont à prévoir pour faire diminuer la charge de travail excessive des ambulanciers et améliorer le temps de réponse. Ces changements résultent autant des revendications des syndicats que des observations des employeurs et des recommandations de groupes d’études, qui s’inquiètent du fort taux de roulement, du temps de réponse inadéquat dans de nombreuses régions du Québec et des conséquences sur la sécurité des transports ambulanciers de cette charge de travail excessive. Le gouvernement a d’ailleurs mis sur pied des projets pilotes dès 2008 pour implanter des horaires de travail moins contraignants et faire augmenter le nombre d’ambulanciers en service. Pour réaliser ces projets pilotes et éventuellement étendre leur fonctionnement à l’ensemble du Québec, il haussera de plus de 30 % le nombre de débutants à l’attestation d’études collégiales (AEC) en techniques ambulancières. Toutes ces mesures favoriseront bien sûr l’augmentation de l’emploi dans cette profession.

– Champ d’intervention des ambulanciers
Historiquement, le champ d’intervention des ambulanciers se limitait presque exclusivement au transport des malades. Graduellement, leur rôle s’est élargi. Il a alors fallu organiser des activités de formation pour permettre aux ambulanciers, qui possédaient des niveaux de formation en matière de santé fort disparates, de s’acquitter adéquatement de leurs nouvelles responsabilités. Vers le milieu des années quatre-vingt, on a commencé à intégrer officiellement les services ambulanciers aux services préhospitaliers d’urgence. Ce n’est toutefois qu’en 1994 que le programme collégial en techniques ambulancières que nous connaissons actuellement a vu le jour.

Cette tendance à l’élargissement du champ d’intervention des ambulanciers s’est accentuée au cours des années quatre-vingt-dix. Tout le secteur des services préhospitaliers d’urgence a été remis en question, du rôle des premiers répondants, tels les pompiers (voir 6262), à celui des techniciens ambulanciers. En 2002, le Collège des médecins a approuvé des projets pilotes permettant à des techniciens ambulanciers de poser certains actes médicaux en situation d’urgence, comme l’utilisation du défibrillateur cardiaque, l’intubation d’un adulte en arrêt respiratoire et l’administration de quelques médicaments. Ces actes devaient être posés en conformité avec des protocoles spécifiques élaborés par le Collège. Face aux succès de ces projets, le Collège a étendu cette autorisation à tous les techniciens ambulanciers dûment formés à partir de mars 2003.

La tendance à l’élargissement du champ d’intervention des ambulanciers devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Alors que cette tendance devrait avoir peu d’impact sur l’évolution de l’emploi dans cette profession, elle en aura beaucoup sur les exigences des employeurs et sur la formation de base et continue des ambulanciers. D’ailleurs, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a élaboré un programme de formation de trois ans en en soins préhospitaliers d’urgence, programme menant à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC). Ce programme est offert depuis l’automne 2006 par les cégeps Ahuntsic et Sainte-Foy. Compte tenu de l’ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d’ambulanciers augmentera fortement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient un peu plus de 23 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (16 %). La donnée sur le revenu annuel d’emploi (46 246 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» doit être interprétée avec prudence. Il faut tenir compte d’une part qu’elle ne concerne que les 67 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l’année en 2005 et d’autre part de la moyenne fort élevée d’heures travaillées au cours de la semaine du recensement, soit 45 heures, moyenne beaucoup plus élevée que dans l’ensemble des professions (37 heures). Des données plus récentes nous montrent que la convention collective des techniciens ambulanciers membres du «Rassemblement des employés techniciens ambulanciers paramédics du Québec» prévoyait en avril 2008 de 17,07 $ de l’heure à 23,82 $, selon le nombre d’années d’expérience. Notons finalement que les conditions de travail difficiles ne génèrent pas seulement un taux de roulement inquiétant, comme mentionné plus tôt, mais aussi un taux d’absentéisme élevé. Par exemple, selon la direction d’Urgence-santé, les heures d’absence (maladie, accidents de travail ou autres) représentaient en 2004-2005 environ 30 % des heures travaillées.

Exigences

Les exigences les plus importantes pour accéder à cette profession sont les conditions d’admission à l’attestation d’études collégiales (AEC) en techniques ambulancières (voir la section Formation). En plus, les candidats doivent savoir résister au stress et aux émotions fortes et être en mesure de bien réagir dans les situations d’urgence. La dextérité, la polyvalence, l’empathie, le dévouement, la considération pour le bénéficiaire et les aptitudes à la communication et au travail d’équipe sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé.

B) Tendances par spécialité

Même s’ils sont peu nombreux et que les tendances qui les touchent ont peu d’influence sur l’évolution globale de l’emploi dans cette profession, il faut préciser que ce groupe professionnel comprend également les techniciens médicaux et les techniciens en recherche et sauvetage œuvrant dans les Forces armées canadiennes et les techniciens ambulanciers formés en évacuation aéromédicale. La section Références offre des liens sur des sites Internet qui offrent de l’information sur ces spécialités.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut posséder une carte d’identification et d’attestation de conformité émise par les Régies régionales de la Santé et des Services sociaux ou par la Corporation d’Urgences-Santé. Pour obtenir ces cartes, il faut habituellement être titulaire d’une attestation d’études collégiales (AEC) en techniques ambulancières et avoir réussi des épreuves théoriques et pratiques de cinq cours de formation.

 Les cégeps Ahuntsic et Sainte-Foy offrent depuis l’automne 2006 un diplôme d’études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d’urgence. Il pourrait devenir une condition d’accès à cette profession ou, à tout le moins, pour certains postes en soins préhospitaliers avancés. D’autres cégeps ont depuis commencé à offrir ce programme. Le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue offre une AEC de préposé au véhicule de premiers soins à l’intention des secouristes qui œuvrent dans des milieux de travail éloignés des centres hospitaliers. Les ambulanciers doivent tenir leur formation à jour et participer à de nombreuses activités de formation continue.

Références utiles

Banque de techniciens ambulanciers du Québec
http://www.btaq.ca/

Rassemblement des employés techniciens ambulanciers paramédics du Québec
http://www.retaq.org/

Association professionnelle des paramédics du Québec
http://www.paramedicduquebec.org/

Corporation d’Urgences-santé de la région de Montréal Métropolitain
http://www.urgences-sante.qc.ca/

Diplôme d’études collégiales en soins préhospitaliers d’urgence
Collège Ahuntsic :
http://www.collegeahuntsic.qc.ca/
Cégep de Sainte-Foy :
http://www.cegep-ste-foy.qc.ca/csf/index.php?id=828

Technicien médical (Défense nationale)
http://www.forces.ca/v3/frgraph/jobs/jobs.aspx?id=737&bhcp=1

Techniciens ambulanciers formés en évacuation aéromédicale
http://www.airmedicquebec.com

Considérations importantes

Étant donné que la demande de transport ambulancier devrait croître et que les horaires de travail tendent à devenir moins exigeants, on prévoit que le nombre d’ambulanciers et autre personnel paramédical augmentera fortement au cours des prochaines années. Comme le champ d’intervention des ambulanciers tend à s’élargir, les exigences des employeurs en termes de formation de base et continue sont en hausse. L’accès à l’attestation d’études collégiales (AEC) en techniques ambulancières est très difficile. Ce programme est en effet contingenté et les conditions d’admission sont fort sélectives. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de constater que le taux de placement des finissants de cette AEC est excellent et que leur taux de chômage est pratiquement nul. Un diplôme d’études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d’urgence est offert depuis l’automne 2006. Il pourrait devenir une condition d’accès à cette profession ou, à tout le moins, pour certains postes en soins préhospitaliers avancés.

Fiche emploi type ROME

Les ambulanciers et le personnel paramédical donnent des soins d’urgence pré-hospitaliers aux patients blessés ou malades et les transportent au centre hospitalier ou vers d’autres centres médicaux pour des soins plus poussés. Ils travaillent pour des services ambulanciers privés, des centres hospitaliers, des services d’incendie, des ministères et organismes gouvernementaux, des entreprises de fabrication, des sociétés minières et d’autres établissements du secteur privé.

Fonctions principales

Les ambulanciers et le personnel paramédical exercent une partie ou l’ensemble des fonctions suivantes :

déterminer la gravité des blessures ou de la maladie des victimes de traumatisme, des patients souffrant de maladies ou de stress respiratoires, des victimes de dose excessive de médicaments ou de poison, des victimes d’accident de travail et autres individus malades ou blessés afin de déterminer les soins médicaux d’urgence nécessaires;
administrer les soins d’urgence pré-hospitaliers aux patients, tels que la réanimation cardiorespiratoire (RCR), l’oxygénothérapie, l’immobilisation spinale, les bandages ou les attelles;
administrer et maintenir en place des intraveineuses, installer l’équipement d’appoint dans le cas de problèmes de ventilation ou de circulation sanguine, donner des médicaments et fournir d’autres traitements avancés d’urgence aux patients;
utiliser les moyens de transport aériens, terrestres ou maritimes afin d’amener les patients au centre hospitalier ou à un autre centre médical pour leur prodiguer d’autres soins médicaux;
documenter et consigner la nature des blessures et des maladies et le traitement donné;
aider le personnel du centre hospitalier à dispenser les soins médicaux, au besoin;
entretenir les ambulances, le matériel et les fournitures nécessaires aux soins d’urgence;
former et superviser, au besoin, les autres travailleurs de ce groupe de base;
aider, si nécessaire, au triage des patients en situation d’urgence.

Conditions d’accès à la profession

La réussite d’un programme en techniques de soins médicaux d’urgence de deux à vingt-quatre mois, en milieu collégial ou hospitalier, ou de tout autre programme reconnu ou des cours de soins de santé d’urgence et une expérience pratique sous supervision sont exigées. L’accréditation d’un organisme de réglementation, selon le genre et la durée de la formation, est exigée à l’Île-du-Prince-Édouard, en Ontario, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Un permis de classe appropriée est exigé des conducteurs de véhicules d’urgence.

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